Réel
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
What we do in the summer shadows ? — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
What we do in the summer shadows ?
Chapitre 1
CHAPITRE 1: LE VOYEUR
Deacon et Astrid s'entremêlent et s'enlacent passionnément depuis presque deux ans , depuis leur premier rendez-vous dans les eaux d'une rivière au coeur d'un orage, et leurs sentiments se sont faits plus forts, les liens plus intenses.
De caractères très différents, ils se sont pourtant très vite trouvé des points communs rassembleurs, notamment des goûts invraisemblablement semblables en cuisine : ils adorent les fromages mais n'aiment pas le cantal, ils adorent le chocolat noir, les framboises, les poivres, ils mangent du coeur, mais pas de l'andouille...
Deacon est un homme avenant et réfléchi. Il est plutôt solitaire : il occupe son temps libre à glaner des champignons dans les bois qui entourent sa petite maison, ou à la bricole. Il fourmille toujours de mille projets pour améliorer le confort de son cocon, retardés par les menues réparations qui imposent leur priorité au programme. Un de ses dadas: le détournement d'objets vintages en luminaires. Parmi les plus beaux; un buste féminin qui rougit devant leurs positions scabreuses lorsqu'il prend Astrid dans son petit salon de cuir anglais, dans les lueurs pailletées projetées par un ventilateur de cuivre.
Astrid est plus follette, toujours pétillante et entourée d'amis pour lesquels elle aime concocter des expériences culinaires ravissantes: elle est d'une curiosité intarissable, d'un appétit de vivre furieux. Elle ne se pose que lorsque elle se laisse envahir par son fantasmarium fertile pour le coucher sur le papier.
Car Astrid et Deacon ont une appétence immodérée pour le sexe et ils s'y adonnent corps et âmes, en tout lieu et en toute heure.
Astrid sécrète son désir humide au moindre clin d'oeil, au plus léger frôlement sur les muscles de son amant bandés par l'effort, ou simplement quand elle pose les yeux sur ses mains aux larges paumes et aux longs doigts effilés.Si leurs yeux se croisent... C'est l'étincelle qui provoque l'incendie !
Quand Astrid orbite virevoltante autour de Deacon dans ses petites robes, il ne résiste pas à la tentation de découvrir du bout des doigts ce qu'elle cache dessous. Bien souvent elle est nue... Parfois il trouve une petite culotte ouverte à l'entre cuisses, ou une lingerie fine perlée, dont les perles peuvent rouler sur le bouton rose de plaisir de celle qu'il appelle son petit astre. S'il trouve une barrière plus importante il s'amuse à exercer les attouchements qui mouilleront le tissu, il glisse sur les bordures et parfois introduit un doigt hardi dans la vulve impatiente. Flirtant avec l'interdit de la frontière soyeuse, il le retire presque aussitôt pour s'imprégner de ses effluves et de son goût, et laisser le jeu de l'attente distiller son effet. Cette exploration à l'aveuglette de sa peau douce et frémissante accompagne la danse enroulement de leurs langues. Et les réactions érectiles se font sentir aussitôt !
Ils forment un joli couple. Elle, dame potelée au teint clair, Astrid n'a jamais cédé à la dictature anti pilosité et arbore un petit buisson doré à reflets roux, et les jambes les plus douces qui soient, n'ayant jamais connu le feu du rasoir qui tanne la peau. Sourire permanent, yeux verts derrière une frange rousse complètent le tableau.
Lui, malgré son prénom, ses tenues vestimentaires soignées et ses manières pétries de flegme britannique, une fois nu, il révèle son animalité. Sec, les muscles dessinés et les veines saillantes de l'homme au sang chaud, Deacon est cent pour cent naturel lui aussi, couvert d'un duvet soyeux des pieds à la tête. Ses douces fesses et son dos sont épargnés, mais ses cheveux courts sont noir corbeau, épais, bien qu'il frise la cinquantaine.
Ils sont en vacances. Deacon le bricoleur a aménagé son fourgon pour l'occasion et ils ont tout le confort dont on puisse rêver en camping. Pour son petit astre mitron, il a rangé sous le lit une cuisine d'été qu'il monte en un éclair pour qu'elle puisse préparer la dinette et leur offrir tous les plaisirs du palais.
Le théâtre qu'ils ont choisi pour cette nuit de pleine lune : un village abandonné au cœur des Pyrénées Espagnoles. Ils arrivent dans l'après midi et prennent possession des lieux, excités par cette étrange ambiance de monde post-apocalyptique au sein de l'immense splendeur naturelle des hauts sommets montagnards.
Sur la grand place du hameau, dans l'eau de la claire fontaine, elle se baigne toute nue, chantonnant de vieux airs bien connus...
Et puis, la peau ruisselante nimbée de soleil, Astrid s'expose dans des attitudes lascives et provocantes, sous l'oeil photographique de son homme. Juchée au dessus de la source, la tête renversée en arrière, les yeux fermés, elle s'offre quelques doigts de plaisir, ô combien vivante évocation de femme fontaine.
Cependant, trois randonneurs, Ludo , Dario et Felupo viennent d'arriver au village abandonné. Et tandis que deux installent leur campement en haut de la colline, un autre spectateur assiste à cette scène charmante et pittoresque, un brin coquine: Ludo, un homme blond et beau comme un soleil, se tapis dans une ruine pour profiter du tableau sans interrompre les amants.
Il est sur le point d'extraire de son froc sa verge qui se gorge de sang pour s'onaniser, quand le petit couple se rhabille et s'en va guilleret explorer le village. Il fait quelques aller retour sur sa trique turgescente, resserre sa main sur son frein en grognant dans un coup de rein, et il souffle pour calmer ses ardeurs en regardant le couple s'éloigner. Il quitte alors sa cachette pour accomplir sa mission initiale : déposer des bières dans le bassin pour les rafraîchir ! Il boit goulûment l'eau jaillissante, repassant mentalement le film de cette fontaine femelle mêlant ses flots de cyprine à ceux qu'il lape maintenant.
Les deux amoureux reviennent de leur balade au crépuscule. Ils ouvrent une bouteille de vin rouge espagnol et trinquent à leurs amours. Puis Deacon sort un jouet du camion ; il va tester son drone. Quand à Astrid, elle décide de mirer le lever de lune confortablement alanguie sur un fauteuil relax. Échaudée par sa masturbation à la fontaine et par l'érotisme puissant qu'exerce la simple présence de son amant dans son champ visuel, elle a disposé une petite malette à côté de son verre de rouge.
Nue sous une robe de mousseline fluide légèrement transparente, elle se coule dans le fauteuil en écartant les cuisses, la table d'orientation faisant office de repose-pieds. Elle pioche une petite fiole dans la malette. Sorcière lubrique, elle applique au goutte à goutte son onguent lubrifiant et chauffant sur son clitoris à l'instant où l'oeil rond de la lune surgit de derrière la chaîne Pyrénéenne, dans un flamboiement crépusculaire.
Au même instant un chant de loups émane de la colline à la sortie du village et Deacon découvre la présence des trois campeurs. Voyeur à son tour, il mate par la lorgnette du drone sa compagne jouant avec ses potions et l'envie lui vient de la rejoindre, tandis que des scénarios au soupçon de perversité poignent déjà dans son fantasmarium.
Il dépose un baiser furtif sur les lèvres d'Astrid et un autre, caressant, sur ses cuisses.
– Je vais refaire un saut à la fontaine me rafraîchir et je te rejoins, petit astre brûlant !
Les randonneurs sont trois amis proches dans l'âme, mais éloignés géographiquement par leurs vies professionnelles, Dario à Toulouse, Ludo à Bruxelles et le dernier, Felupo, resté au pays d'origine, à Venise. Différents, ils le sont aussi en apparence, offrant au regard une synergie de mâles trentenaires composée d'un Ludo blond pétillant aux cheveux ondulés, à la mâchoire carrée, et aux grands yeux d'une noirceur insondable. À l'opposé, Dario est d'une finesse gracieuse: imberbe, il arbore une chevelure noire et lisse contrastant avec sa peau et ses yeux d'une étonnante clarté dans un visage aux traits réguliers. Felupo, lui, est une étrange apparition, d'une beauté atypique remarquable: fort et massif, couleur bronze, un nez légèrement busqué, il a des cheveux à larges boucles dans une teinte cuivrée aux cinquante nuances de reflets, tout comme ses yeux vairons qui transpercent ceux qui s'y plongent. Des trois il est le seul à porter la barbe, et comme le blond, il a le corps couvert de duvet.
Ce sont eux qui hurlent à la lune, tels des loups attirés par l'onde sensuelle, l'énergie sexuelle magnétique de cette femme, en bas de la colline : Ludo vient de conter à ses compères la scène qu'il a surprise tantôt !
Ils fomentent une approche...
Dario le Toulousain part tenter sa chance.
Astrid se recroqueville instinctivement dans un sursaut quand elle le voit soudain apparaître à travers ses cils, dressé devant elle entre ses cuisses où ses mains bruissent délicatement. La silhouette gracile de l'homme aux cheveux sombres se dessine en contraste sur l'astre nocturne sans pour autant atténuer la clarté de ses yeux captivants qui détaillent le corps de la dame et fouille le sac à malices débordant de godemichés.
Astrid est subjuguée par cette vision comme il semble l'être lui aussi. Leurs yeux s'interpénètrent pour une courte éternité qu'elle brise en prenant la parole :
–Vous m'avez fait peur! À rêvasser en attendant les Vampires, je ne vous ai pas senti arriver !
– Pardonnez-moi si je vous ai surprise belle dame ! Je vous rejoins totalement : cette nuit semble propice à l'ouverture entre les mondes et aux errements des créatures ténébreuses, Vampires, ou peut être même... Loups garous ? Avez-vous peur des loups ?
Elle éclate d'un rire espiègle et réplique :
– Pourquoi donc devrais je craindre les enfants de la nuit puisque je suis là dans mon élément ?
Il se présente, Dario, et admire leur petite cuisine si bien équipée, l'œil plus vissé sur les mamelons tendus qui transparaissent sous la robe que sur le matériel de camping.
– Vous connaissez l'histoire des trois gars qui partent camper dans la montagne ?
– Non, mais je vais la savoir bientôt ?
– C'est l'histoire de trois gars qui campent dans la montagne. Un Belge , un Italien et un Français, un Toulousain, plus précisément. Il a apporté une bonne boîte de cassoulet au canard confit bien de chez lui. Ils sont affamés, ils ont grande envie de se repaître de cette chair fondante... Mais ils n'ont pas d'ouvre boîte !
– Haha ! Et bien, vous avez frappé à la bonne porte, je serai votre sauveuse, dit elle en s'extrayant du fauteuil !
Il la suit au cul du camion, reluquant encore ostensiblement le sien à travers le tissu diaphane.
– Et que diable êtes vous venus vous égarer en ce village perdu ?
– Nous prenons du bon temps, tout simplement. Pour la nuit des étoiles filantes et pour fêter mon demi siècle, nous avons pensé que de se trouver hors du monde et de ses pollutions lumineuses, loin de la foule, on ne saurait rêver mieux !
– Prendre du bon temps, quel programme alléchant ! Et je fuis moi aussi les lumières de la ville, venu ici pour immortaliser les perséides en photographie. Mais quinquagénaire ! Non, charmante voisine, je n'y puis croire !
Elle se passe la langue sur les babines dans une grimace évocatrice en émettant un petit gloussement et cligne de l'oeil... Elle vient s'accoler à son oreille pour chuinter :
– How did you guess it Dario?! In truth, I'm really really much older! Mouhahaha !
Elle lui tend l'ouvre boite et retourne sur son siège. Elle farfouille entre les godes pour attraper une de ses fioles. Il reste planté là, souriant benoîtement : la belle allumeuse va t'elle se toucher devant lui?
– Bon, alors, tu vas le faire cuire ton cassoulet, j'étais très occupée à musarder moi! Tes camarades t'attendent pour partager la chair du petit canard tendre!
– Grmpf... À plus tard peut être alors, Astrid: que dirais-tu d'essayer mon appareil pour les prises de vues nocturnes ?!
Et il s'en retourne sans attendre de réponse.
– Vil tentateur, lance t'elle dans son dos!
Cependant, au village Deacon découvre la flotille de cannettes dans le bac juste au moment où le Belge blond déboule sur la place. Ils partagent quelques rasades du frais breuvage ambré et déambulent bientôt dans le village bras dessus bras dessous comme deux vieux compères. Ils échangent déjà leurs numéros de téléphone.
En visitant la vieille église, Ludo passe aux aveux :
– Quelle admirable compagne que la tienne, Deacon le veinard ! J'ai assisté à votre shooting à la fontaine tantôt !
– Ho ho! Un voyeur! Pourquoi es-tu resté caché ?
– J'étais sous le charme ! Et pour rien au monde je n'aurais voulu briser votre intimité !
– Tu aimerais bien voir les clichés ?
– Ha ça! Diable sait comme j'aime à regarder les femmes ! Elle est sacrément bandante ta garcelette lubrique !
– Ok, à toi de jouer alors. Pose nu ici maintenant derrière l'église. Si ta photo à l'art de lui plaire, tu verras les siennes !
Ludo ne se laisse pas démonter et s'exhibe alors, sourire narquois, posture désinvolte... Il n'ignore pas qu'il plaît aux femmes et apprécie le défi lancé par cet homme étonnant qui a réagi sans aucune jalousie!
Et puis chacun s'en retourne à son campement.
Dès qu'ils se retrouvent en tête à tête, les amants se racontent leurs rencontres respectives.
Astrid estime le jeune loup blond arrogant mais charmant. Alors de but en blanc, Deacon souffle :
– Ma chérie, ce soir c'est ton soir. Pour ton demi siècle, pour la nuit des étoiles, pour la lune rousse, je t'offre une brochette de jeunes loups fougueux ! Qu'ils pénètrent ton fantasmarium et assouvissent tous tes désirs ! Prépare nous quelques mises en bouche, je m'en vais les inviter à partager notre table !
Elle répond d'un baiser voluptueux en signe d'acquiescement.
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Commentaires ()
Merci à toi, Wedreca, dont l'avis m'est si précieux. C'est si bon les grillades et les tenues légères de l'été. Mais pour la dégustation, le chapitre 2, "le frustré" pourrait encore en laisser l'un ou l'autre sur sa faim.
Vous pourrez le lire dès le 20 novembre!
Quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup aimé tant la description de la relation de couple que vos jeux inventifs avec les mots (fantasmarium, que c'est joli !). J'ai hâte de voir qui va dévorer qui entre les jeunes loups et les deux noctambules.
Toujours la tête dans les étoiles mais un peu plus près du réel, développer un peu plus les personnages au lieu de me concentrer sur l'instant frénétique, c'était l'objectif. Et à la lecture de vos toujours pertinents commentaires je pense que malgré l'évolution du style je n'ai pas tout à fait perdu mon âme à l'exercice.
Bravo, ma Queen ! J'attends avec hâte la dégustation de ces fameuses brochettes :P.