Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'amour trouve toujours un chemin — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'amour trouve toujours un chemin
Chapitre 1
Un jour, mon petit monde vole en éclats tandis que mon cœur d'adolescent est brisé en morceaux. Suite à une violente dispute entre mes parents, je me retrouve sur la route avec mon père blessé physiquement et moralement. Direction la maison de mes grands-parents paternels. Pour mon désarroi, je change donc complètement d'environnement. Ce jour, je me jure de ne jamais vendre mon cœur à qui que ce soit. Ou ce qui reste de mon cœur arraché, déchiqueté, cassé, piétiné, brûlé. Je me jure de ne jamais tomber dans le piège de l'amour.
À l'âge de seize ans, j'entre au lycée professionnel. Mes études se passent bien jusqu'à ce que le sol se dérobe sous mes pieds. Décidément, je n'ai pas besoin de ça. Alors que je ne cherche absolument pas de petite copine, trois filles essaient de me caser avec une de leurs amies. Comme si j'avais besoin de ça. Fais chier. Je n'ai pas le choix de tenter de m'en débarrasser en usant d'un minimum de tact. Je promets aux filles d'y réfléchir.
Mon souhait de me tenir très loin de ce poison qu'est l'amour remonte aujourd'hui à vingt-cinq ans. J'emploie donc une stratégie d'évitement que je pense efficace. Jour après jour, je fais tout pour ne pas trop croiser ces filles dans les couloirs du bahut, et tout particulièrement dans un bâtiment en particulier. Je change mes horaires de train pour rentrer chez moi, car en plus il y en a deux qui utilisent la même ligne. Le pire, c'est à la cantine. L'endroit où je suis le plus malchanceux de les croiser. Je deviens donc un expert du Manger Express tout en réfléchissant à mon plan de résistance clandestine. Pas vu, pas attrapé, pas conquis, pas empoisonné, mais libre. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser à dire oui, mais souvent le non l'emporte.
Je mange par conséquent aussi rapidement qu'il est possible de le faire. Avec intelligence ou bêtise pensez-vous, je me contente du plat principal et du dessert. Si le dessert est à emporter, c'est encore mieux. Hormis mon attente dans la queue, j'avale mon repas comme si ma vie en dépend, dissimulé derrière les plantes vertes. J'espère qu'elles vont finir par se lasser et passer à autre chose. Mais c'est sans compter sur leur détermination, car ce que je fais n'a que l'effet inverse et me colle une étiquette de timide.
Timide mon cul oui. Je ne vois pas d'où elles peuvent en tirer cette conclusion. C'est simplement que les horreurs gravées comme au fer rouge dans mon esprit sont trop glauques pour être racontées et me donner envie d'être en couple. Vous souhaitez bien le savoir. Êtes-vous sûrs de le vouloir ? Eh bien mes chers petits curieux, ouvrez vos grandes oreilles. Le TransTraumaInfernal démarre.
Vingt-cinq ans qu'un gamin de quinze ans voit sa propre mère attaquer son père non violent avec un couteau de boucher. Ça marque l'esprit.
Vingt-cinq ans que le gosse qui vous parle garde le souvenir de son père ensanglanté et mordu jusqu'au sang. La marque du fer brûle encore.
Vingt-cinq ans que les cris d'une petite sœur résonnent. Elle n'a que huit ans, mais ne peut voir le couteau taché de sang.
Vingt-cinq ans que la sœur au cerveau lavé par la mère est devenue une inconnue pour son frère.
Vingt-cinq ans que frère et sœur sont séparés.
Quinze ans que cette maudite sœur est morte à ses yeux après l'avoir insulté un jour de tous les noms.
Vingt-cinq ans que cette maudite mère est morte à ses yeux après avoir jeté un ustensile sur lui sa chair ce jour-là quand celui-ci est intervenu, car la sœur ingrate pleure dans le couloir.
Vingt-cinq ans que le cœur du fils est empli de haine pour sa mère.
Quinze ans que le cœur du frère est empli de haine pour sa sœur.
Aujourd'hui, une proche me raconte que ma sœur ingrate cherche à renouer avec moi pour soi-disant partager d'heureux événements et son bonheur. Hélas ma sœur n'existe plus. C'est un mirage, une pierre tombale immatérielle que seul mon esprit voit. Le temps du deuil est éloigné.
Voilà pourquoi l'amour est un poison.
Mais un jour, les filles parviennent à faire choir mes défenses.
Ce jour-là, je me rends au lycée pour tomber nez à nez sur elles et sur ma première amoureuse.
Celle-ci me déclare sa flamme. Je lui demande d'être patiente en lui disant que je lui offre mon amitié le temps de la connaître un peu plus. Résignée, elle finit par accepter. Les liens se tissent puis un jour nous échangeons notre premier baiser. L'amour finit apparemment par trouver un chemin. Même lorsque l'on se forge une carapace, l'amour la casse. Une porte blindée fermée à double tour n'a aucune chance contre l'amour.
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Commentaires ()
Félicitations, pour moi, un texte c'est l'émotion. C'est gagné.
Des êtres chers perdus impossible à remplacer et énormément de tristesse.
J'en profite pour adresser un message aux parents qui se haïssent, ayez une pensée pour vos enfants en ne cherchant pas à les séparer dans le chaos. Cela fait d'énormes dégâts que vous ne pouvez imaginer. Les enfants ne devraient pas être comme moi des victimes collatérales.
Mais je suis heureuse que tu aies franchi le pas. Je suis sûre que c'est là la première brique à la construction d'un nouveau toi.
Merci pour ce partage.
Terrible témoignage que ce récit, bien écrit et prenant, très triste aussi, malgré l'espoir qui jaillit tel un geyser.
J'espère, je souhaite même, que tu nous racontes ce moment-là, un jour quand la cicatrice sera refermée...
De terribles blessures, de vilaines cicatrices et un jour, quelqu'un pour en prendre soin et apaiser la douleur.
Merci pour ce partage.