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✦ maisondecampagne Bagatelle estivale XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Bagatelle estivale — Chapitre 1 · Rencontre avec un hérisson

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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maisondecampagne
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Bagatelle estivale

Chapitre 1 · Rencontre avec un hérisson

Le premier juin restera à jamais un jour symbolique. Le camion de déménagement de tes parents est arrivé dans l'allée bordée de tilleuls. Trois hommes en sont sortis et quelques heures plus tard il est reparti, laissant devant la maison au crépis anis une montagne de cartons. Trois jours plus tard tes parents dînaient à la maison. Les miens dans un élan social les avaient invités tout comme le reste de la rue. Je ne pense pas qu'ils aient mangé chez eux de la semaine.Tu n'étais pas là, tu venais d'avoir ton premier boulot stable. Prof de philo dans un lycée de la ville, tes parents étaient tellement fiers d'en parler…
Moi j'avais vingt ans. Je trompais l'ennui de l'été qui s'annonçait en lisant des mauvais romans et en travaillant au supermarché du village d'à côté. L'université ne reprenait pas avant septembre et je ne savais pas comment j'allais faire pour survivre à la chaleur amollissante des trois longs mois qui commençaient.
Ta mère était habillée en rouge, un carré brun un peu trop court et un rire communicatif. Ton père énorme et sympathique, le bas du visage et le cou dévoré par une barbe grisonnante. Sylvie et Firmin, un couple étrange et fascinant mais dont la compagnie n'était pas désagréable. Eux et mes parents s'invitèrent mutuellement les semaines qui suivirent. Je trouvais le moyen d'éviter les repas, préférant à eux la compagnie doucement érotique de mes lords et autres corsaires.
C'était un vendredi, ma mère m'avait laissé un message vocal alors que je travaillais au supermarché pour me dire que j'étais attendu chez tes parents pour vingt et une heure. J'avais donc quarante minutes pour rentrer à vélo et me laver après la fermeture du magasin. Un client s'éternisant je ne partis pas avant vingt heure trente et n'avais pas le temps de me doucher si je voulais arriver à l'heure.
J'ai pédalé à toute berzingue sur les chemins en terre, trempant mon front et mes vêtements de sueur. La poussière ambiante s'y collant tout comme les mèches de mes cheveux qui s'étaient échappées de ma tresse au long de la journée. Quand je remontais enfin l'allée aux tilleuls, je ne ressemblais plus à rien, pleine de sueur et le front terreux, un filet salé me courait le long de la colonne vertébrale. 
J'aurais très bien pu être frappée par la foudre, mais alors que je venais m'excuser à l'avance de mon retard avant d'aller prendre une douche, ta mère m'a sourit avec cet air ravi et t'a appelé. “Simon”. Tu es sorti sur la terrasse une assiette de canapés dans les mains et tu m'a détaillée. Avec ces yeux sombres et les joues couvertes de la même barbe que ton paternel. Tu avais vingt-cinq ans et un air de ces pirates que je retrouvais dans mes Harlequins.
La loque que j'étais s'est pris les pieds dans les pédales de son vélo. À l'arrêt. Et s'est éraflé le tibia. Je me mordais les joues pour ne rien laisser paraître et couper court à l'humiliation. Me hurlant de ne pas rougir non plus. Tu me fixais avec cet air amusé, et quand tu t'es détourné de moi, sans satisfaire mon envie d'attention j'ai eu envie de hurler encore plus. Mais pas pour les mêmes raisons cette fois-ci.
Vingt minutes plus tard j'étais de retour. J'avais passé un pantalon ample pour cacher ma jambe abîmée et un débardeur en satin. Mes cheveux encore humides étaient retenus en un chignon informe au-dessus de mon crâne et la sensation de tes yeux découvrant ma nuque fut sans pareille. Je n'ai rien laissé paraître, ni de mon émoi, ni de mon agacement de réagir autant à la présence d'un inconnu parfait.
Nos parents ravis de nous avoir présentés nous écoutèrent nous parler, et dieu sait que tu me cherchais. Quelques allusions à la fac, quelques critiques acides sur la vie étudiante et la supériorité de la vie active. Avec le sourire je t'ai piqué sur les statistiques de suicides dans ta profession et la relative inutilité de la philo. Me gardant bien de te dire que c'était la matière que j'avais préféré en terminale.
Nos échanges bien que tendus sont restés cordiaux et nos parents ont fini par reprendre le cours de leurs discussions. Tu étais assis en face de moi, les pieds croisés devant toi, les mollets à l'air. J'ai espéré que les moustiques te dévorent ce soir-là. Que le lendemain tu te gratte les jambes jusqu'au sang pour m'avoir fait enrager à ce point.
Personne n'est mort et j'ai tenu jusqu'au digestif avant d'annoncer que je rentrais me coucher, fatigué par ma journée de travail. La lueur dans tes yeux voulait tout dire.Tu me trouvais lâche au mieux, au pire répugnante. Et je ne pouvais pas supporter ça. Je me suis dépêchée de rentrer sentant ton regard brûlant sur mon cou et plus bas. Cette nuit-là mes rêves s'emplirent de pirates à la barbe et aux yeux sombres. De brigands charismatiques à la langue de vipère.
***
Une semaine plus tard, ma sœur rentrant de soirée vint me voir les joues roses pour me raconter sa prise du jour. Un beau gosse à la queue magique selon elle. Elle regrettait de n'avoir pas pris son numéro. Un brun, rasé de près, l'air intellectuel et aux mains épaisses. J'adore ma sœur et ses histoires de fesses. Mais ce soir-là je rêvais de mon propre fantasme et ma solitude personnelle m'était trop insupportable. Je lui ai sourit et j'ai prétendu être fatiguée, une fois de plus, pour échapper aux questions.
Pourquoi faut-il que je ne supporte pas le poids des regards des autres? Pourquoi l'intime est pour moi si difficile à aborder ?
Le vas et viens d'invitations continuant tes parent vinrent manger chez les miens, accompagnés de ton plus jeune frère. Il était sympathique, attachant et destiné à être aussi beau que toi. Tu n'étais pas là. “Sorti voir du monde” selon ta mère. Ton père avait ricané à ces mots. Je n'ai rien demandé de plus, profitant de la compagnie agréable de ton frangin.
Les jours se suivirent, affreusement semblables dans leur touffeur, et je désespérais de te revoir tout en me haïssant de te désirer autant. Mes rêves n'étaient que de toi et chaque jour j'espérais te voir au supermarché. Je me faisais pitié.
Le quatorze juillet un groupe de mecs entre juste avant la fermeture. Ils rient forts, dévalisent le rayon spiritueux et empoignent chacun plus de chips pour qu'un humain normalement constitué puisse avaler. Leurs vannes pourries me font sourire et je retiens quelques traits d'humour pour plus tard. Je ne fais pas vraiment attention à qui j'ai en face de moi, fait payer chaque personne, encaisse et passe à la suivante. Un instinct étrange me fait relever les yeux.
Tu es là ! Avec tes amis, qui te disent qu'ils t'attendent sur le parking et moi incapable de dire quoi que ce soit. Le cerveau en train de frire sous tes yeux amusés. Je prends l'article suivant et le passe. Un bip perce le brouillard mental qui m'avale toute entière. Je ne vois que toi et me retiens de faire quelque chose de stupide en serrant la boite en carton dans mes mains. Un peu trop fort je l'avoue, comme si la douleur m'avait jamais rendue moins conne.
Ton visage s'éclaire quand tu me reconnais et tes yeux pétillent quand tu me demande de te passer tes capotes. Parce que de toutes les choses que j'aurais pu serrer dans mes mains pour me maîtriser, il a fallu que ce soit un paquet de préservatifs… Je le lâche avec un drôle de couinement et il frappe l'inox de la caisse avec un bruit humiliant. J'ai envie de disparaître sous terre mais la journée ne semble pas vouloir s'améliorer. David le propriétaire du supermarché arrive et commence à m'enguirlander, ma vitesse ne lui convient pas. Bien entendu le magasin est vide à part toi et tes prunelles acajou. Tu n'as plus la barbe qui te donnait des airs de brigand. Je rentre la tête dans les épaules et marmonne une excuse avant de t'annoncer les yeux baissés le montant de la facture.
Sous les yeux scrutateurs de David tu me tends un billet de cinquante. J'ouvre la caisse, en frotte machinalement la surface du bout de l'ongle. C'est un vrai. Je te rends la monnaie en ne résistant pas à l'envie de te toucher, et quand mes doigts entrent en contact avec ta paume mon cœur s'emballe et le sang en moi s'échauffe. Tout comme mes joues. Le sourire amusé mais pas dénué d'intérêt que tu m'adresse me détruit à l'intérieur. J'ai envie de toi, de tes lèvres sur ma peau, de ton souffle qui se mélange au mien. Je te veux et mon obsession me fait mal.
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Monsieur Plume
28 juillet 2021 à 19:55
Tu avais raison : la fiction peut être un baume. Cette histoire, douce et tendre comme certains souvenirs de jeunesse, en est la preuve. Merci beaucoup.
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Utilisateur supprimé
24 février 2021 à 11:57
C'est super bien fait pour une introduction.
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Fuchsia
16 février 2021 à 22:05
Très joli
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bonlecteur
3 février 2021 à 10:44
je ne sais si c'est du vécu mais ça y ressemble fortement pour ma par vous me ramené à ma jeunesse ou étant du côté du jeune homme de cette histoire je m'amusais des réactions de certaines jeunes filles au même travail à mon passage à leur caisse ...
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Photo de profil de Duchesse
Duchesse
26 janvier 2021 à 09:26
Maisy est amazing, une valeur sure. Ton texte est particulièrement touchant, ton style adorable, comme ton personnage auquel je n’ai aucun mal à m’identifier. Ses émotions me rappellent de bons souvenirs de jeune adulte .
Bravo
D
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Utilisateur supprimé
25 janvier 2021 à 23:20
Ah ouiii, trop trop bon, vivement la suit, j'ai trop hâte...
Je plaisante, ce commentaire fait généralement suite aux histoires d'inceste ou de zoo, très loin de ton univers. Je trouve que tu as un univers bien à toi, que j'ai découvert lors d'un petit poème qui m'avait fait sourire et que j'avais beaucoup apprécié. Alors, ne change pas, garde ce ton, ce style d'écriture, c'est cela que j'apprécie et que tes lecteurs, je pense, apprécient également. Avec bien sûr, pour la suite, un peu de sexe, quand même car c'est le but du site mais juste ce qu'il faut, pas de descriptions trop explicites.
Sur le forum, tu as changé et tu commences à sortir tes griffes, alors pour tes histoires ne va pas trop vite, garde ce style en finesse, ne dévoilant pas tout et trop vite mais faisant monter progressivement la tension et le désir.
Enfin, c'est ce que j'aimerais, je verrai où tu nous mèneras.
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Lantillais
25 janvier 2021 à 22:39
J'ai peur de laisser un commentaire depuis tes autres histoires tellement je qu'il ne reflétera jamais vraiment la hauteur de tes mots.
J'ai une impression de vécu tellement chaque lu et une image précise.
Merci et non merci car attendre la suite et très éreintante.
Wouaw
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maisondecampagne
25 janvier 2021 à 20:49
Toujours cette belle plume, toujours cette montée du désir, toujours rien à en redire !!

Flatteur ! ;)

Non, pensé et mérité :)

Merci alors :)
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Utilisateur supprimé
25 janvier 2021 à 20:41
Karl a dit l'essentiel :)

Tu prends le temps d'installer ton histoire, d'y mettre un cadre, de donner de l'épaisseur à tes persos...

J'aime beaucoup certaines tournures de phrases et/ou expressions.

Joli coup ! (encore)
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Photo de profil de maisondecampagne
maisondecampagne
25 janvier 2021 à 20:13
Toujours cette belle plume, toujours cette montée du désir, toujours rien à en redire !!

Flatteur ! ;)
Soyez respectueux
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