Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
À la flamme des sanglots de joie, au sang bouillonnant — Chapitre 1 · Dressage de la table
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
À la flamme des sanglots de joie, au sang bouillonnant
Chapitre 1 · Dressage de la table
À la flamme des sanglots de joie, au sang bouillonnant
Dressage de la table
Elle rentrait tout juste chez elle après le dîner, je le sus parce que je l'attendais, ne quittant pas des yeux sa fenêtre, impatient de voir la lumière éclairer sa chambre et de voir sa silhouette se dessiner sur ses voilages. Je les aimais ces voilages, autant que je les haïssais ! Quelle beauté de la voir en silhouette, et quelle frustration en même temps, de savoir qu'un si fin tissu m'empêchait à cet instant d'apprécier chaque courbe, chaque détail, chaque relief délicat de son corps, de son intimité...
J'avais tout organisé, tout anticipé, y compris l'imprévu, le danger, le risque, l'inconnu. Voyant la lumière s'allumer, je tendis l'enveloppe à Mitsuko, ma chère amie, toujours prête à m'aider à réaliser mes idées les plus osées.
Mitsuko disparut à travers les arbres. Le son de ses pas s'évanouissait. Mon cœur commença doucement à tambouriner dans mon torse. La musique résonnait en moi, elle m'appelait, j'avais hâte et je savourais en même temps chaque seconde d'attente, chaque étape de la minutieuse préparation que j'avais orchestrée.
Soixante secondes, c'est à peu près ce qu'il fallait à Mitsuko pour arriver devant la porte de ma bien-aimée. À cet instant, j'étais jaloux, je souhaitais être devant cette porte à sa place et pouvoir toucher le bois rugueux. Alors, je pourrais écouter chaque petit bruit en collant mon oreille contre la surface froide, et essayer d'attraper le moindre effluve s'échappant de sa chambre, chaque onde dégagée par le sujet de mes désirs les plus chauds. Mais ce n'était pas mon moment, pas encore. Je me languissais d'elle, je me délectais de mon impatience, de ma frustration et de cette passivité forcée. Ces sentiments ne firent qu'attiser le feu qui me consumait au fil des secondes, elle était tel un doux vent sur les braises de mes désirs.
Je fixais toujours la fenêtre, j'imaginais Mitsuko glissant l'enveloppe sous la porte, toquant 2 coups lents, puis 2 coups vifs, avant de s'éclipser une fois sa mission accomplie.
Mon amour savait, elle connaissait notre rythme, alors qu'elle se dirigeait vers la porte pour l'ouvrir, elle sentit la chaleur des braises, elle sut alors que j'étais sur le point d'allumer le feu. Non ! Que je l'avais déjà allumé. Elle vit l'enveloppe, elle comprit alors qu'il était inutile d'ouvrir la porte, mais elle ne put s'en empêcher. Elle savait qu'elle n'en avait pas le droit, mais ne pouvait pas réprimer cette envie. Elle sauta sur la poignée, l'ouvrit et précipita un regard dans le couloir. À gauche, rien. À droite... Rien non plus... Elle fut déçue, mais pas surprise, il n'était pas facile de m'avoir alors que j'écrivais moi-même les règles du jeu.
Mon amour savait, elle connaissait notre rythme, alors qu'elle se dirigeait vers la porte pour l'ouvrir, elle sentit la chaleur des braises, elle sut alors que j'étais sur le point d'allumer le feu. Non ! Que je l'avais déjà allumé. Elle vit l'enveloppe, elle comprit alors qu'il était inutile d'ouvrir la porte, mais elle ne put s'en empêcher. Elle savait qu'elle n'en avait pas le droit, mais ne pouvait pas réprimer cette envie. Elle sauta sur la poignée, l'ouvrit et précipita un regard dans le couloir. À gauche, rien. À droite... Rien non plus... Elle fut déçue, mais pas surprise, il n'était pas facile de m'avoir alors que j'écrivais moi-même les règles du jeu.
Je vis alors Mitsuko réapparaître entre les arbres, avec la grâce d'une lionne qui se réveilla avant d'aller chasser. Et alors que la messagère s'avançait vers moi, mon esprit était toujours dans la chambre de mon amour tel un spectateur clandestin. Je la regardais se baisser, saisir l'enveloppe de ses doigts délicats, glisser son index dans l'ouverture, s'interrompre quelques secondes, comme pour savourer l'instant, puis elle ouvrit la missive. Son visage s'illumina, avant même d'apercevoir l'encre, avant même d'avoir lu un seul mot. L'odeur de mon parfum, délicatement imprégné sur l'invitation, envahit alors sa chambre. Elle inspira à pleines narines, elle voulait elle aussi être envahie par cette fragrance. Délicatement, elle saisit le petit morceau de carton, et lut à haute voix :
"Je t'invite à vivre ce qui ne saurait être vécu. Voici la partition qu'il te faudra suivre, les notes de la mélodie que tu joueras cette nuit, celles qui se joindront aux miennes pour créer notre symphonie corporelle : " À la flamme des sanglots de joie, au sang bouillonnant "
1 - De ma robe préférée tu seras vêtue
2 - Du pendentif que je t'ai offert tu seras parée
3 - Entre tes lèvres humides, tu dissimuleras mon dernier cadeau
4 - Entre tes fesses tu apporteras le fruit de ton choix
5 - À 22h, tu sortiras de chez toi, et tu te dirigeras vers la silhouette au parapluie sous un lampadaire, alors même que la seule averse annoncée ce soir, aura lieu entre tes jambes.
A."
À la lecture de ces ordres, un frisson parcourut son corps, ses lèvres devinrent électriques... Toutes ses lèvres...
C'est en tout cas ainsi que je l'imaginais.
Mitsuko me dit quelque chose comme "amuse-toi bien" avant de s'enfuir pour écrire sa propre mélodie avec son amoureuse.
C'est en tout cas ainsi que je l'imaginais.
Mitsuko me dit quelque chose comme "amuse-toi bien" avant de s'enfuir pour écrire sa propre mélodie avec son amoureuse.
Une heure, c'est le temps dont j'avais besoin pour finir de préparer les derniers petits détails que je n'avais pas encore mis en place.
Je me dirigeai vers la scène du péché que je m'apprêtais à réaliser.
Une fois dans la pièce secrète, je déposai la corde là où elle devait être. La chaîne était déjà en place, je vérifiai à nouveau chaque point d'accroche que j'avais prévu d'utiliser. Bien qu'il n'était pas prévu que nous en ayons besoin, je pris également le temps de m'assurer avec une attention toute particulière que la trousse de soins était complète. Tout était fin prêt, jusqu'à la pénombre tout juste fendue de la lueur d'une bougie. L'odeur de la vieille cire devait embaumer la pièce avant notre arrivée, chaque détail devait être parfait. Dernière étape de la préparation, après avoir refermé le passage secret dans la bibliothèque, je plaçai subtilement les bandeaux de soie sur le livre pourpre, notre bouquin.
Il était 21h30, j'avais encore un peu de temps pour passer dans ma chambre, me parfumer, recoiffer mes cheveux avec attention, et bien entendu, attraper mon parapluie avant de me diriger, en savourant chaque pas, chaque note, vers la symphonie de cette nuit.
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