Fumer rend cocu
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Fumer rend cocu — Chapitre 1

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On est happé dès le départ par cette voix de femme qui brûle en silence au milieu d'une fête. Ce qui accroche, c'est le mélange d'humour pince-sans-rire et de désir sincère, presque douloureux — le tout porté par une écriture vive, qui sait alterner tension sensuelle et petites contrariétés du réel. L'art de la narratrice, c'est de rendre chaque détail de la fête secondaire face à cette seule urgence intérieure. On tourne les pages pour voir comment la soirée va tourner.

Fumer rend cocu

Chapitre 1

Sylvain discute avec les invités, à l'aise. Je le regarde. J'adore quand il parle avec cette intensité-là, quand son regard s'illumine, que sa voix devient grave. Ses mains ponctuent ses phrases et sa barbe souligne chaque sourire. Ses yeux verts scrutent ceux qui l'écoutent avec une attention sincère. Son costume bleu nuit le rend encore plus désirable. Large d'épaules, taille fine, une allure presque féline, il rayonne. Et moi, je sens une envie irrésistible monter en moi.
Cela fait plus d'une semaine que nous n'avons pas fait l'amour. Une semaine à accumuler du manque. Depuis le réveil, un peu plus frustrée de cette situation, je n'ai pas pensé à grand-chose d'autre. Mon corps s'est mis en veille sur le monde, concentré uniquement sur lui. Ma culotte est restée humide toute la journée, comme une note laissée à son attention : « je t'attends ».
Alors je tente quelque chose, je m'approche. Un regard, un geste, et il me suit. Je l'entraîne vers la piste, comme si j'avais envie de danser. Mes bras viennent s'enrouler autour de son cou, je me serre contre lui. Son torse me plaque doucement, ses bras m'entourent.
— Tout va bien ? me murmure-t-il.
Je m'approche de son oreille et lui souffle :
— J'ai envie d'un moment... juste toi et moi.
Il esquisse un sourire léger, presque moqueur.
— T'as chaud, dis donc... et tu veux faire ça comment ?
Sa réponse me refroidit un peu, mais je ne lâche rien. Mes lèvres effleurent sa nuque.
— Je vais demander où est notre chambre. Tu m'y rejoindras. J'ai emporté la dentelle que tu m'as offerte.
Il me regarde différemment cette fois. Un éclair dans ses yeux, il se souvient. Le moment précis où j'avais choisi cette robe de demoiselle d'honneur. Et moi, qui avais murmuré que je n'avais rien à porter dessous. Il a retenu, bien sûr qu'il a retenu.
Il se penche à son tour et d'une voix basse :
— Tes dentelles savent me creuser l'appétit.
Je souris.
— Après ça, tu n'auras ni faim ni soif, je vais chercher les clés.
Je cherche Mathilde, une mariée, ça ne peut pas se cacher, ça brille, et surtout ça attire les gens comme les guêpes sur du sucre. Et effectivement, elle est là. Assise dans un grand fauteuil, la robe légèrement relevée sur les chevilles, entourée d'une dizaine d'invités installés au sol, suspendus à ses mots. Elle raconte sa future lune de miel avec enthousiasme.
J'essaye de l'interrompre en douceur, mais c'est loupé. Trop de regards, trop d'oreilles. Alors je m'approche un peu plus, penche la tête et lui souffle discrètement à l'oreille :
— Tu sais où on dort ce soir ? J'aimerais poser mes affaires.
Mensonge élégant. Ce que j'ai surtout envie de poser, c'est mon cul sur le visage de mon mec.
Elle se penche vers moi, presque complice, et me glisse :
— Toi et Sylvain, chambre 6. Premier étage.
Je m'éloigne d'un pas rapide, mais pas trop. Juste assez pour que mon dos reste une promesse. Je fais un détour par Sylvain, lui effleure l'épaule au passage.
— Chambre 6.
Il me regarde, un peu pris de court, la main dans la poche de sa veste. Il esquisse un sourire en coin, un brin ailleurs.
— J'arrive. Je viens de m'allumer une clope.
Mauvais choix.
Je me détourne sans répondre, direction l'entrée. Je récupère nos sacs, le cœur un peu plus rapide. Ce n'est pas plus mal s'il met un peu de temps. Ça me donne l'avantage. Le temps de me préparer, d'installer la scène. Et surtout, de le faire saliver avant même d'ouvrir la porte.
En haut de l'escalier, les planches craquent. Mes doigts cherchent l'interrupteur, je progresse lentement dans le couloir, plongée dans une pénombre épaisse. Les chiffres sur les portes sont à peine visibles.
— Ah, voilà la 6.
La chambre est propre, un peu vieillotte, mais charmante. Le lit large et ferme trône au centre comme une invitation. Une porte mène à une petite salle de bain attenante. J'ouvre la fenêtre, la lumière de fin d'après-midi coule dans la pièce. En bas, dans la cour, je l'aperçois.
Sylvain, sa clope dans la main et maintenant un verre dans l'autre.
Quel con.
Je le regarde un instant. Il rit avec un type que je ne connais pas. Visiblement, il n'est pas pressé. Trop distrait pour remarquer ce que je suis en train de faire pour lui.
J'essaie de ne pas me laisser gagner par l'agacement. On ne va pas gâcher cette journée. Notre couple tangue un peu, c'est vrai. Mais je n'ai pas envie de tirer encore sur la corde. Il est dix-huit heures, c'est le mariage de Mathilde, on devrait juste célébrer, pas compter les maladresses.
Je m'arrache à la fenêtre, défais ma valise. J'en sors ma robe de soirée, l'ensemble en dentelle qu'il m'a offert et mes talons. Une douce anticipation me parcourt. Peut-être qu'il me rejoindra sous la douche. Peut-être qu'il se souviendra de ce que je peux déclencher en lui.
Dans la salle de bain, je laisse tomber mes vêtements au sol. Mon reflet me fixe dans le miroir : brune, la peau claire, les cheveux longs et lisses me coulent dans le dos. Mes yeux noisette brillent sous la lumière. Mon sourire est discret, mais il est là. Mon corps est fin, musclé juste ce qu'il faut, cinquante-cinq kilos bien dessinés sur un mètre soixante-cinq. Ma poitrine, douce et ronde, remplit parfaitement le bonnet B de mon soutien-gorge. Et puis, ce détail, ce petit anneau argenté qui traverse mon nombril discret, mais diablement suggestif.
Sous l'eau chaude, je ferme les yeux. Mes mains glissent lentement sur ma peau. Mes doigts s'attardent et m'explorent. Ils s'aventurent plus bas, mes cuisses encore sensibles de toute cette tension accumulée. Je suis brûlante et la moiteur qui s'en dégage ne laisse aucun doute : je suis toujours animée de cette pulsion animale.
Je reste là, dix bonnes minutes. Dix minutes à espérer entendre la porte. Dix minutes à me nourrir d'un manque.
Mais il ne vient pas.
Quand je sors enfin de la douche, un peu plus frustrée que lorsque j'y suis entrée, je jette un regard vers la fenêtre. Il est toujours là. Une nouvelle cigarette au bout des doigts.
Je soupire, sans colère. Il se rattrapera ce soir. Il a intérêt.
Je ferme les volets, l'obscurité envahit la pièce. La chambre devient intime. La serviette glisse à mes pieds.
Le string en dentelle couleur crème épouse mes hanches avec une précision obscène. Clairement, il appelle à ce qu'on vienne me dévorer le fessier.
Le soutien-gorge rehausse mes seins avec justesse, laissant deviner leur forme sous la robe que j'enfile ensuite. Une robe de soie fluide et légère. Le décolleté est discret, mais précis. Le dos nu, quant à lui, est relié par une fine chaîne dorée qui effleure ma peau à chaque pas. La fente glisse jusqu'à mi-cuisse, dévoile un peu, suggère le reste.
Autour de mon cou, je clipse une chaîne fine en or. Une autre, plus discrète, vient orner ma cheville gauche.
J'enfile mes talons hauts, le cuir épouse mes pieds et contourne mes chevilles. Je suis prête.
Il ne sait pas ce qu'il a raté, mais il l'apprendra ce soir.
En sortant du gîte, je le croise. Sylvain s'approche avec ce petit air penaud, l'air désolé, presque mignon.
— J'ai oublié le numéro de la chambre... je suis désolé chérie.
Je le coupe net, sourire forcé, sans ralentir le pas :
— T'as intérêt à te rattraper ce soir.
Et je file en direction du bar, un verre de blanc à la main avant que les tensions ne s'installent. Ce soir, pas de dispute. Juste du champagne, des rires et quelques jeux de jambes sous la table.
Ça fait dix-huit mois qu'on est ensemble. Il est fiable, doux, ambitieux. Un homme solide, sûr de lui. Il coche toutes les cases : boulot stable, projets plein la tête, confiance tranquille. Un homme à marier, comme disent les mamans.
Au lit, ça se passe bien, pas de fausse note. Mais parfois, une nostalgie se glisse. Celle d'avant lui, mon ex. Ce corps qui savait jouer du mien comme personne. Celui qui m'a fait découvrir ce que « perdre le contrôle » voulait vraiment dire.
Je me souviens très précisément de cette nuit-là. Couchée sur le dos, un coussin sous mes fesses, les jambes enroulées autour de lui pendant qu'il me baisait comme si c'était la dernière fois. Mon corps hurlait et dans cet orgasme brûlant, un liquide a jailli. Pas cet abondant jet ridicule des films X, non. Un flot fragile, chaud, s'est libéré comme si l'on renversait une fiole. Les draps s'en souviennent encore et moi aussi.
Ça ne m'est jamais arrivé avec Sylvain. Pas encore. Et je n'ai jamais osé lui en parler. De peur qu'il cherche à provoquer ce miracle au lieu de simplement m'emporter.
La soirée file, nous sommes au dîner, la table est parfaite. Demoiselle d'honneur oblige, j'ai droit aux meilleures places. Yann est là, évidemment. Mon roc, mon meilleur ami depuis quinze ans. On a tout fait ensemble : soirées, cuites mémorables, galères sentimentales, confidences à deux heures du matin, fous rires jusqu'à l'aube.
À côté de lui, Prune. Une rousse sublime, la peau pâle comme du lait, de grands yeux verts qui avalent la lumière et des boucles cuivrées qui lui tombent en cascade sur les épaules. C'est une amie proche du marié, mais c'est surtout moi qui ai supplié Mathilde de les placer côte à côte. Ces deux-là, je les imagine déjà main dans la main.
Et je ne m'étais pas trompée. Ils ne se quittent plus des yeux. Ils rient à gorge déployée, se frôlent, se répondent du tac au tac. Prune penche la tête en riant, ses boucles effleurent l'épaule de Yann, qui la regarde comme un môme devant un feu d'artifice. À ce rythme-là, on risque de les retrouver collés l'un à l'autre dans les toilettes avant minuit.
Mathilde s'approche, elle veut savoir si la soirée se passe bien. Merveilleusement, à vrai dire. Tout le monde semble baigner dans une sorte d'euphorie douce. Les corps se rapprochent. Les barrières tombent.
Avant de partir trinquer avec d'autres invités, Mathilde se penche vers nous :
— Pour ceux qui dorment au premier étage, ne faites pas trop de bruit en rentrant... Un bébé dort dans la chambre 7.
La 7, juste à côté de la nôtre.
Parfait.
Moi qui comptais me faire secouer toute la nuit, les draps collés au dos, en hurlant à la lune... c'est compromis.
Mais ce n'est pas si grave. Le sexe discret a sa magie. Il exige du contrôle, ça m'excite tout autant.
La nuit tombe, les rires s'élèvent, le vin coule et les gens dansent. Il est deux heures du matin. Je sors pour la nième fois, direction les toilettes. L'alcool me joue des tours, ma vessie est aussi capricieuse que mes pensées. Je suis à fleur de peau, impossible de profiter pleinement de la soirée tant j'ai envie de Sylvain. Prune et Yann ont passé la soirée à se rouler des pelles et je n'ai aucun doute sur la suite de leur programme. Je suis morte de jalousie alors que je devrais me réjouir pour eux.
J'ai besoin de Sylvain là maintenant. J'ai envie qu'il me serre, qu'il me prenne jusqu'à l'oubli, que mes jambes se dérobent sous l'orgasme et que j'en perde connaissance.
Et soudain, une idée.
Puisqu'il aime tant la dentelle... je vais lui en servir une bouchée bien chaude.
Je glisse la main sous ma robe et détache mon soutien-gorge. Mes seins se libèrent sous la soie. Je le plie, soigneusement, comme un présent. Je fouille dans mon sac, sors mon petit carnet et déchire une page. Je griffonne en lettres nettes :
Chambre 6 - Ton repas est chaud.
Je replie le mot et l'accompagne du tissu encore tiède.
En sortant des toilettes je scrute la foule et repère Sylvain dehors, une cigarette entre les doigts. Toujours cette foutue clope. Je m'approche sans bruit, le cœur qui bat dans les tempes et le bas ventre. Je glisse mes bras autour de lui, colle mon corps au sien. Mon ventre contre son dos, mes seins libres qui l'effleurent. Et ma main... glisse le mot et la dentelle dans la poche de sa veste.
Je me hisse vers son oreille d'un ton bas et autoritaire.
— Ne tarde pas cette fois.
Je le sens sourire, il se retourne, me lance un regard. Cette fois il a compris.
Je m'éloigne sans me retourner. Je sais qu'il me regarde, qu'il sent déjà le goût de ce qui l'attend. Et cette fois... je n'ai pas l'intention d'être patiente.
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Chapitre 2
Dans le silence d'une maison endormie, une femme attend son compagnon Sylvain. Talons, string, obscurité totale : le piège est tendu, le désir à fleur de peau. Elle a tout préparé, tout voulu, et quand enfin une silhouette franchit le seuil, elle s'y jette sans hésiter. Mais dans le noir absolu, les sens s'affolent, les certitudes vacillent — et une question sourde commence à monter, que personne dans cette maison ne veut entendre poser.
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