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✦ Docile20A Magali, la jolie Tarnaise XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Magali, la jolie Tarnaise — Chapitre 4 · Notre première nuit

18 minutes
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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Docile20A
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Ce qui retient vraiment, c'est la façon dont l'auteur installe le lendemain matin : le silence d'une maison qui vient de changer, le corps encore dans l'après, la tête qui commence à douter. Le désir y est traité avec une légèreté presque comique et quelque chose de terriblement honnête en même temps. On est dans la tête de Guillaume sans qu'il force rien, et c'est précisément ce qui rend le tout si juste.

Magali, la jolie Tarnaise

Chapitre 4 · Notre première nuit

Je donne un dernier coup de bassin. Les derniers centimètres entrent, jusqu’à la garde, et elle s’ouvre encore pour les prendre. Ses yeux sont un véritable miroir. J’y vois l’étonnement et le plaisir entremêlés, le bleu trop grand, la pupille dilatée, quelque chose qui n’a pas de mot et qui ne cherche pas à en avoir. Elle ne ferme pas les paupières. Elle me laisse voir. Ses doigts s’activent au même rythme que mon bassin. Quand je monte, elle pince. Quand je redescends, elle tourne, juste assez pour que le frisson parte des tétons et rejoigne le sexe en elle. Les oh oui deviennent incessants, plus courts, collés les uns aux autres, l’accent perdu. Notre jouissance est proche. Nous le savons tous les deux, sans nous le dire. Elle s’offre. Elle se contracte, fort, autour de moi, puis elle relâche pour encore mieux me serrer à la poussée suivante. Le ventre travaille. La perle frotte mon bas-ventre à chaque descente.
Le plaisir monte par deux chemins à la fois. La pénétration, d’abord : cette chaleur étroite qui m’avale, qui pulse, qui ne me laisse rien. Et ses doigts sur mes tétons, experts maintenant, qui tirent exactement quand il faut, qui transforment chaque coup de rein en quelque chose de plus aigu. Les deux se rejoignent au creux du ventre. Je ne distingue plus ce qui vient d’elle et ce qui vient de moi. L’organisme est commun. Son souffle règle le mien. Quand elle se contracte, je ralentis pour la sentir. Quand je pousse jusqu’au fond, elle gémit et ses doigts se crispent, et ça me ramène plus haut. La chambre n’existe plus. Il n’y a que ce va-et-vient, la lumière chaude sur ses seins, la frange collée, le sexe qui la remplit et les pointes dures sous ses doigts.
Ça casse en même temps. Elle se serre une dernière fois, longue, irrépressible, le oh oui qui ne finit pas. Je jouis en elle, profond, le bassin plaqué, les tétons encore pris entre ses doigts. Le plaisir est blanc, serré, trop plein. Je reste enfoncé le temps que ça passe, les mains sur ses hanches, à la tenir là.
Lorsqu’elle revient à elle, le souffle encore court, elle me regarde. L’air est rempli d’innocence, presque grave, les grands yeux bleus lavés. Et elle dit, tout bas :
— Merci, monsieur Guillaume.
Après avoir joui, je ne me retire pas tout de suite. Je reste en elle le temps que le souffle revienne, puis je l’entraîne vers moi, une main dans le creux des reins. Elle suit. D’une façon toute naturelle, elle se love dans mes bras, la tête sous mon menton, une jambe passée sur les miennes, les seins petits contre mon torse. La frange est humide. La peau sent le sexe, le vin, la chaleur de la lampe. L’instant est presque irréel. Il y a une heure elle était une inconnue au portail. Maintenant elle tient dans mes bras comme si la place avait été prévue.
Je caresse ses épaules. Tout naturellement, sans y penser, le plat de la main sur la courbe, le long du bras, le retour. Elle ne parle pas. Son pouls bat encore vite contre ma côte. Et l’envie de l’embrasser me surprend. Pas le désir de la reprendre. Autre chose, plus simple, qui n’était pas dans le programme de la nuit.
Mes lèvres se rapprochent. Elle sent le mouvement. Elle lève le visage, elle ouvre la bouche, et nous partageons un baiser d’une sensualité inouïe. Lent. Profond. Sa langue trouve la mienne sans la précipitation de tout à l’heure, et le baiser dure, se reprend, s’adoucit. Elle a le goût de ce que je viens de lui faire, et le sien. Elle-même semble étonnée. Quand nos bouches se quittent, les grands yeux bleus restent ouverts, un peu perdus, comme si elle ne s’était pas autorisée celui-là dans tout ce qu’elle avait imaginé.
Je passe la main dans ses cheveux, derrière la frange.
— Tu veux rester ?
Une seule réponse, petite, presque incrédule.
— Je peux ?
Je la prends et je la serre dans mes bras, plus fort, le menton sur sa tête, son corps nu contre le mien. Pour lui confirmer, sans phrase de trop, que j’ai plaisir à ce qu’elle reste. Dehors la route est vide. Dans la chambre, la lampe brûle encore, et elle ne fait pas mine de se lever.
Nous nous endormons enlacés. Elle se love encore un peu plus, le front contre mon cou, une main ouverte sur mon torse, et le sommeil vient sans qu’on ait éteint la lampe. Je sens son souffle s’allonger. Le mien suit. La chambre sent le sexe et le bois de la cheminée, plus bas. À un moment je crois qu’elle murmure quelque chose. Je ne comprends pas. Je ne demande pas.
Au matin, je me réveille seul.
La lumière est grise, celle d’avant le jour, collée aux volets. Je regarde l’heure à moitié endormi. Six heures. Le réveil sur la table de nuit, le même chiffre deux fois. Et l’autre côté du lit est vide. Le drap est froid. Pas tiède : froid, comme si personne n’y avait dormi, ou comme si elle était partie depuis longtemps.
Je reste incrédule. La main passe sur l’oreiller. Rien. Pas de frange, pas de chaleur, pas de parfum. J’aurais rêvé. L’idée s’installe avant que j’aie le temps de la chasser. Je repense à la lettre. L’enveloppe sans timbre, le prénom seul, Magali, l’écriture penchée. À la Citroën rouge dans l’allée, à vingt et une heures dix. À la robe noire, aux grands yeux bleus, à la culotte de dentelle, à la perle. À la façon dont, en quelques minutes, elle m’a fait comprendre qu’elle n’était pas venue pour le travail. Au lit. Au pied d’enfer, les oh oui, les doigts sur mes tétons, le merci monsieur Guillaume dit avec cette innocence-là, après. Et je me réveille, et elle n’est plus là.
J’ai vraiment dû rêver.
Le bizarre est dans les détails qui ne collent pas. Le seau à vin est peut-être encore dans le salon, ou je l’ai rangé hier sans y penser. Les deux verres. Ou un seul. Je ne me lève pas tout de suite. J’écoute. La maison est silencieuse, comme tous les matins avant que Serge arrive. Pas de moteur qui s’éloigne. Pas de porte. Pas de pas dans le couloir. Si elle est partie, elle l’a fait sans bruit, pieds nus ou chaussures à la main, et le portail n’a pas grincé, ou j’ai dormi trop fort pour l’entendre.
Je me redresse. Le drap sent quelque chose. Ou je l’imagine. Une trace plus sombre sur l’oreiller, un cheveu noir, peut-être, que la lumière grise n’éclaire pas assez pour que j’en sois sûr. Mon sexe est au repos, un peu sensible, ce qui ne prouve rien : on bande aussi dans les rêves, on jouit parfois sans que personne soit là. La lettre, elle, je l’ai mise dans le tiroir. Si le tiroir est vide, j’ai tout inventé, la voix, la robe, la perle, le baiser. Si la lettre y est, alors elle est venue, elle a dormi, et elle est partie avant six heures sans laisser un mot.
Je reste assis au bord du lit, les pieds sur le parquet froid, incapable de trancher. Le village n’est pas encore levé. Dehors, rien ne passe. Et le creux à côté de moi a exactement la forme d’un corps qui n’est plus là, ou d’un corps qui n’y a jamais été.
Je me lève enfin. Les pieds sur le parquet froid, l’incrédulité encore collée aux épaules. Les WC, la salle de bain : tout est exactement comme hier. La serviette à sa place, le verre à dents sec, pas une trace d’eau sur le lavabo, pas un cheveu noir dans la bonde. Rien ne laisse penser que quelqu’un s’est lavé, ni même arrêté devant le miroir. Si elle est passée, elle n’a touché à rien. Ou elle n’est pas passée du tout.
Je vais dans la cuisine. J’allume. La lumière est trop forte, je plisse les yeux, le néon qui claque sur la pierre. Je prépare le café comme tous les matins, le geste automatique, l’eau, la dosette, le bruit de la machine qui couvre le silence de la maison. Et c’est lorsque je me retourne pour m’attabler que je découvre que je n’ai pas rêvé.
Posée sur une feuille, sa petite culotte en boule. Dentelle blanche, froissée, reconnaissable entre toutes. Elle l’a laissée là, au milieu de la table, comme on laisse un mot qu’on ne veut pas qu’on rate.
Je m’assois. Avant même de porter les lèvres à la tasse, je porte la culotte à mes narines. L’odeur est là. Ses fragrances, franches, suave, le sexe de la nuit, un peu de sa peau, rien d’inventé. Le tissu est encore légèrement humide au centre. Je n’ai pas rêvé. La certitude arrive d’un coup, physique, et mon sexe se redresse dans le pantalon de nuit, dur, immédiat, ridicule à six heures du matin devant une tasse qui fume.
Je déplie la feuille. Quelques mots, tracés sur le papier blanc sans précipitation. La même écriture que sur l’enveloppe : penchée, soignée, les boucles un peu trop rondes.
Merci Monsieur Guillaume. J’ai dû partir car je commence le travail de bonne heure. En espérant que vous voudrez bien me revoir.
Magali
Le numéro est en dessous, les dix chiffres bien séparés, les mêmes.
L’incrédulité ne disparaît pas tout à fait. Elle change de nature. Je tiens la preuve dans une main, l’odeur dans l’autre, et quelque chose en moi refuse encore d’aligner les faits : la lettre, la Citroën, la robe, la perle, le merci dit dans le lit, et maintenant ce mot de cuisine, poli, presque sage, comme si la nuit pouvait se résumer à une formule et à un numéro. Le plaisir est là, bas, tenace, le sexe tendu contre la table, le souvenir de son ventre qui se contractait. Et l’étonnement avec : qu’elle soit partie sans un bruit, qu’elle ait laissé ça, précisément ça, au lieu d’un bout de papier seul. Qu’elle écrive encore Monsieur. Qu’elle espère, sans demander, que je voudrai bien la revoir.
Le café refroidit. Dehors, le jour se lève sur la route vide. Je repose la culotte sur la feuille, je la reprends. Je n’ai pas rêvé. Elle était là. Et elle a choisi de me laisser de quoi ne pas en douter.
Je bois mon café en tournant et retournant la petite culotte entre mes doigts. La dentelle passe sur le pouce, se froisse, se déplie. Mon sexe ne faiblit pas. Il reste dur, gênant contre la cuisse, comme si la nuit n’avait rien réglé et n’avait fait qu’ouvrir quelque chose.
Je finis par me lever. Salle de bain, toilette, douche trop chaude. L’eau ne chasse rien. Sous le jet je revois la perle, les yeux bleus, le merci dit contre mon torse. Je sors, je saute dans mon pantalon et ma chemise, le col ouvert, les mains encore un peu moites. Je me refais un café. Avant de quitter la cuisine, je glisse la petite culotte dans ma poche. Le seul contact de la dentelle, à travers le tissu, me fait rebander. C’est absurde. C’est immédiat.
Je prends conscience que la situation est presque démoniaque. Me voilà accro d’une parfaite inconnue. Pas d’une idée, pas d’un souvenir arrangé : d’elle, de son ventre, de la façon dont elle s’est offerte, et j’ai envie de la posséder au plus vite, de recommencer, de vérifier que la feuille sur la table n’était pas le dernier mot. Le numéro est dans ma tête. Je ne le compose pas.
Serge arrive un peu avant dix heures, sac en bandoulière, odeur de cigarette au bout de l’allée. Il me trouve bizarre. Il le dit sans le dire, un regard en coin pendant que je rate une marge, que je relis trois fois la même légende. On se met au travail. Les planches de novembre, le rouge qui tire encore vers le rose, l’imprimeur à rappeler. Je réponds à côté. La culotte est dans ma poche. Chaque fois que je bouge, elle me rappelle qu’elle est là.
À onze heures je n’y tiens plus. Ses petits seins, son petit cul, les oh oui, la voix qui cassait sur monsieur Guillaume : rien ne quitte l’esprit. Le bureau est trop clair. Serge parle d’un client. Je hoche la tête sans l’entendre.
Je veux lui répondre. Je ne sais pas quoi lui écrire. Je tourne et retourne les phrases. Un mot d’amour ? C’est prématuré, et ce n’est pas ça, pas encore, ou pas seulement. Lui dire que j’ai adoré ? Je suis sûr que j’en ai encore beaucoup à découvrir, et l’écrire me semble déjà trop petit. Lui dire de revenir ce soir, sans détour ? J’ai peur que ça sonne comme un ordre, et peur en même temps que ça n’en soit pas un. Je n’arrive pas à me décider. Le téléphone reste à plat sur le bureau, à côté du clavier. Serge sort fumer. La maison redevient silencieuse.
Puis enfin la lumière. Simple. Assez nette pour ne pas se perdre, assez courte pour ne pas se justifier.
20 h 30 chez moi pour dîner. Sois sexy. Guillaume.
J’envoie avant de relire une quatrième fois. Le message part. Je remets le téléphone face contre le bois, comme si ça pouvait ralentir ce qui va revenir.
Le retour ne se fait pas attendre. Deux lignes, et des petits papillons.
J’y serai. Merci Monsieur. 🦋🦋
L’euphorie arrive la première. Deux papillons sur l’écran, et le bureau change de lumière. Elle viendra. Ce soir. Vingt heures trente. J’ai envie de sourire comme un imbécile, et je me retiens parce que Serge est rentré, parce que les planches sont encore ouvertes, parce que je ne sais pas mettre un nom sur ce qui me traverse.
La crainte suit de près. Je suis surpris de ce que je ressens pour cette petite nana. Jolie, menue, les seins à peine une poignée, les yeux trop grands pour le visage, et tellement prometteuse que le mot même me gêne. Prometteuse de quoi. D’une nuit de plus. D’un corps qui obéit. Ou d’autre chose, que je n’ai pas demandé et qui s’installe quand même. Hier matin elle n’existait pas. Ce matin sa culotte est dans ma poche et son merci me reste dans l’oreille. Ça va trop vite. Je le sais. Je ne ralentis pas.
Chaque fois que je mets la main dans la poche, je sens son intimité. La dentelle froissée, l’odeur qui n’a pas tout à fait disparu, le tissu qui glisse sous les doigts. Et je ne peux pas m’empêcher de bander. Pas un peu. Dur, immédiat, ridicule entre deux corrections de légende. Serge me parle de l’imprimeur. Je réponds oui. Ma main reste au fond de la poche plus longtemps qu’il ne faudrait.
L’a-t-elle fait sciemment, en se doutant de ce que cela allait provoquer chez moi, ou innocemment, un oubli arrangé en cadeau, laissé sur la table parce qu’elle ne savait pas quoi écrire d’autre ? Ai-je vraiment envie de le savoir. La question tourne. Si c’est calculé, elle joue déjà. Si ce n’est pas calculé, c’est pire : c’est elle, simplement, et moi qui m’accroche à un bout de dentelle comme à une preuve.
Je me dis que le mieux que j’aie à faire, c’est de vivre l’instant. Jouer avec ma poupée le temps qu’il m’est permis d’en jouer. La recevoir ce soir, la déshabiller, la reprendre, la laisser au bord, entendre encore le monsieur Guillaume. Ne pas construire autour. Ne pas demander d’où elle vient, ni ce qu’elle fait de bonne heure le matin, ni pourquoi Chantal, ni pourquoi ma grand-mère. Profiter. Refermer la parenthèse quand elle se refermera.
Mais je découvre autre chose, et ça ne rentre pas dans le programme. C’est moi qui ai les papillons dans le ventre. Chaque fois que je caresse la culotte au fond de la poche, chaque fois que l’odeur me revient, ce n’est pas seulement le sexe qui répond. C’est plus haut. Une chaleur idiote, une impatience qui n’a rien à voir avec l’heure du dîner. J’ai envie de plus en connaître. Pas seulement le corps, pas seulement la perle et la façon dont elle jouit à genoux. Elle. Ce qu’elle pense dans la voiture en venant. Pourquoi elle est partie sans bruit. Ce que le travail de bonne heure veut dire. Si les papillons, de son côté, sont un jeu ou la même chose que les miens.
Serge range ses affaires en début d’après-midi. Il me laisse les fichiers, il claque la portière, le bruit s’éloigne. Je reste seul avec la main dans la poche et le téléphone sur le bureau. Vingt heures trente est loin. L’envie, elle, ne fait que croître. Et je ne suis plus très sûr de savoir qui, de nous deux, tient l’autre.
Le reste de l’après-midi passe comme ça. Tel un adolescent qui connaît son premier émoi, je suis impatient de la voir arriver, et je n’arrive à rien d’autre. Les fichiers de Serge restent ouverts. Je les regarde sans les voir. La main revient dans la poche, trouve la dentelle, la caresse du pouce comme si le geste pouvait avancer l’heure. Mon sexe répond à chaque fois, durcit, retombe à peine, recommence. C’est ridicule. Je le sais. Je ne m’arrête pas.
Vers cinq heures je me décide pour le repas. Quelque chose de simple, qui n’attend plus qu’à être réchauffé, pour ne pas être aux fourneaux quand la Citroën montera l’allée. Une daube, déjà mijotée dans l’après-midi, le bœuf qui se défait, les carottes, un peu de vin, le plat en fonte qui n’aura besoin que du four. Du pain. Une salade que je laverai au dernier moment. Du fromage, si on arrive jusque-là. Rien qui demande de l’attention. Pendant que ça cuit, je tourne dans la cuisine, je vérifie le vin, je sors deux assiettes, je les range, je les ressors. Et la main retourne dans la poche. La culotte est tiède maintenant, à force d’être touchée. Son odeur a faibli. Elle est encore là.
Dix-neuf heures trente. Je n’y tiens plus. Je vais prendre une douche. L’eau chaude, le savon, l’envie de me dépêcher et celle de faire durer, parce qu’après il n’y aura plus que l’attente. Je m’habille d’un pantalon noir en toile, d’une chemise blanche, le col ouvert, les manches un peu retroussées. Pieds nus sur le carrelage, puis les chaussures, puis pieds nus de nouveau. Je glisse la culotte dans la poche du pantalon propre. Le contact, à travers la toile, me fait rebander aussitôt. Je ne la sors pas.
Je me sers un whisky. Un doigt, pas plus. Le verre à la main, je sors sur le pas de la porte. Le portail est ouvert. L’allée est vide. Le jour baisse sur les murs de pierre, la même lumière grise que la veille, au matin, quand je ne savais pas encore qu’une lettre m’attendait. Je bois une gorgée. Le whisky brûle. Je regarde la route.
Vingt heures. Vingt heures dix. Chaque phare qui passe au loin me redresse. Aucun ne ralentit. La daube est au four, basse température. La table est mise pour deux, simple, sans bougie, sans mise en scène. Je ne veux pas avoir l’air d’avoir trop préparé. J’ai trop préparé. La main caresse la dentelle au fond de la poche, et j’attends, impatient, que la petite voiture rouge s’arrête devant le portail.
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Moby Dick 64
8 octobre 2026 à 14:06
ce que un bout de tissus peux faire révé
Soyez respectueux
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