Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
J’irai camper chez vous — Chapitre 2 · La crique
Auteur
J’irai camper chez vous
Chapitre 2 · La crique
La porte se referme et le silence de la maison m’assomme. Je reste là, le cœur battant, à repasser la scène en boucle.
Pourquoi est-ce que je me suis mise dans un état pareil ? C’est moi qui le dévorais des yeux. Lui, il a simplement été aimable. Et moi, j’ai pris la fuite comme une gamine. Merde, ça ne me ressemble pas !
La soirée s’étire interminablement. Je n’ose même pas regarder dehors, de peur de l’apercevoir.
La nuit est atroce. Mon cerveau ne trouve rien de mieux à faire que de me repasser en boucle les images les plus troublantes. Lui, nu. Nos corps l’un contre l’autre. Moi, sans rien pour me cacher. Je sens le désir revenir et, avec lui, cette envie insistante de me caresser.
Sérieusement, je ne vais quand même pas passer la nuit à fantasmer sur lui !
Au matin, je me réveille dans des draps trempés. Impossible de me souvenir de mes rêves. Est-ce la chaleur qui m’a fait transpirer autant, ou mon imagination qui a continué à s’emballer ?
Je pars directement prendre ma douche, puis me préparer pour aller prendre, comme à mon habitude, mon petit-déjeuner en terrasse.
J’allais remettre ma nuisette comme d’habitude, mais je me souviens que je ne vais pas être toute seule.
Je passe à la place rapidement une robe que j’aime bien mettre en été quand je suis seule chez moi.
Je sors avec un plateau chargé de thé, de brioche et de confiture de figues maison. La toile de sa tente vibre déjà sous le soleil matinal. Je pose le plateau légèrement tremblant entre mes mains, quand j’entends le bruit d’une fermeture éclair s’ouvrir.
Il émerge de sa tente en se frottant les yeux, les cheveux bruns dressés en désordre, le torse nu et bronzé contrastant avec le blanc simple de son caleçon. Il s’étire longuement, les muscles de son dos se dessinant clairement, et met un moment à percevoir ma présence. Quand son regard me trouve enfin, son visage s’éclaire immédiatement d’un sourire large. Pas feint, sincère. Le soulagement qu’il ne m’en veut pas me traverse.
Je lève timidement la main. Il répond par un signe de tête chaleureux et se dirige vers moi, sa trousse de toilette sous le bras, pieds nus sur les dalles chaudes.
— Bonjour. Tu as bien dormi ?
— Très bien, merci. J’ai fait de très beaux rêves, j’étais épuisé, dit-il d’une voix encore ensommeillée.
— Très bien, merci. J’ai fait de très beaux rêves, j’étais épuisé, dit-il d’une voix encore ensommeillée.
Je lui propose de partager le petit-déjeuner.
Il acquiesce avec gratitude et se dirige vers le robinet extérieur pour se laver les mains, l’eau coulant sur ses doigts tandis que les gouttes scintillent au soleil.
Quand il revient, nous prenons place sur les tabourets hauts, autour de la table extérieure.
Sur la table, j’ai disposé du thé, des œufs brouillés, de la brioche, du pain, du beurre, de la confiture et deux verres de jus d’orange fraîchement pressés. Nous attaquons le petit-déjeuner.
Il sort de son sac une carte et commence à m’expliquer la route qu’il a parcourue.
Il est très volubile.
Je sens une de mes bretelles descendre. Je m’apprête à la relever, mais je me demande au bout de combien de temps il se rendrait compte que je la perds.
Le tissu glisse doucement, découvrant peu à peu mon sein droit.
Lui poursuit le récit de son voyage, tout absorbé par ses découvertes.
Puis, à un moment, il relève la tête. Son regard s’arrête sur mon sein dénudé.
Je suis son regard, je feins de découvrir ce qui vient de se dévoiler et remonte aussitôt le tissu.
Je constate avec plaisir qu’il continue à me prêter attention.
Il me parle d’un joli panorama qu’il aimerait découvrir, pas très loin d’ici. Il paraît que la vue y est superbe. À mesure qu’il me le décrit, je reconnais et lui fais part que c’est l’un de mes parcours habituels, que je fais presque tous les matins.
Il plaisante en disant qu’il est prêt à abandonner son fidèle vélo si c’est pour profiter de ma compagnie.
Le trajet est délicieux. Il me raconte ses voyages et m’interroge sur les miens. Je lui confie que, de mon côté, je m’évade beaucoup à travers les livres.
Je découvre avec plaisir qu’il connaît bon nombre des ouvrages que j’évoque. La conversation est passionnante.
Il ne peut toutefois pas s’empêcher de me taquiner à nouveau, insinuant que ce ne sont pas vraiment ceux-là qu’il m’a vue lire.
Je lui rétorque, avec un sourire malicieux, que je suis parfaitement capable de lire quatre livres en même temps.
Quelques minutes plus tard, nous arrivons au point de vue. Il prend le temps d’admirer le panorama avant de sortir son téléphone pour immortaliser le paysage.
Je trouve que notre promenade a été bien trop courte et j’ai envie de prolonger ce moment avec lui.
Je lui parle alors d’un autre endroit que j’adore, un petit coin secret que je n’ai encore jamais fait découvrir à personne.
Mais je le préviens, avec un sourire malicieux, que pour découvrir mon petit paradis, il va falloir le mériter.
— Dis-m’en plus !
— C’est une crique. Presque personne ne la connaît, et c’est justement ce qui fait tout son charme. Et elle est inaccessible à vélo ! ajoute-je avec un sourire complice.
— C’est une crique. Presque personne ne la connaît, et c’est justement ce qui fait tout son charme. Et elle est inaccessible à vélo ! ajoute-je avec un sourire complice.
Il me regarde avec des yeux de gamin, soudain tout excité par l’idée.
— Carrément ! Je veux voir ça ! lance-t-il, les yeux brillants.
Nous quittons alors le sentier balisé pour nous engager dans un passage discret, à travers un petit bosquet. Après quelques minutes, nous arrivons devant de gros rochers qu’il nous faut escalader.
De l’autre côté, le terrain s’arrête brusquement. Un anneau métallique est scellé dans la roche, auquel est attachée une corde qui descend le long de la falaise.
Je lui explique qu’il faut s’aider de la corde pour rejoindre une petite corniche, quelques mètres plus bas. De là, il ne reste qu’une courte descente entre les rochers pour atteindre la crique.
Il descend en premier.
Il est en dessous de moi. Je suis en robe. Il voit forcément ma petite culotte.
Je lui dis qu’il peut se décaler, que je sais faire.
Il se déplace alors, mais ne semble pas rassuré. Il est vrai que ma descente est plutôt hasardeuse. Je vois qu’il est prêt à tout instant à intervenir.
Mais je descends malgré tout sans encombre et j’arrive dans ce lieu si idyllique : sable blanc, falaise de chaque côté, une mer bleue, le soleil brûlant.
Il est fou de joie.
Moi-même, je ne m’aventure plus très souvent jusqu’ici. La descente à la corde me rend désormais plus prudente. Il suffirait d’un faux mouvement pour qu’un accident arrive.
Il contemple la mer quelques instants.
— Impossible de ne pas se baigner là !
— Punaise, je n’ai rien prévu pour me baigner, je pense.
— Tu fais comme tu veux, mais là, c’est juste parfait ! lance-t-il.
— Punaise, je n’ai rien prévu pour me baigner, je pense.
— Tu fais comme tu veux, mais là, c’est juste parfait ! lance-t-il.
Sans hésiter, il balance ses tongs, retire son tee-shirt, baisse son short et fonce vers la mer, cul nu, en poussant un cri de joie.
Je le regarde s’ébattre dans l’eau comme un gamin.
— Allez, viens ! me crie-t-il.
J’en meurs d’envie, moi aussi. Mais je n’ai vraiment rien prévu pour ça.
— Retourne-toi ! je lui lance.
— Je vais nager un peu ! me répond-il avant de s’éloigner du rivage.
— Je vais nager un peu ! me répond-il avant de s’éloigner du rivage.
Je le regarde partir, puis me décide. Hors de question de mouiller ma robe ou ma culotte. Je retire donc tous mes vêtements et les dépose soigneusement sur un rocher.
Je m’avance prudemment dans l’eau, attentive aux pierres sous mes pieds. Elle est fraîche et me saisit d’abord, mais une fois immergée, la sensation est délicieuse. Je me laisse glisser un peu plus loin, savourant cette liberté inattendue.
J’oublie parfois la chance que j’ai de vivre ici. Les livres, c’est bien pour s’évader, mais il ne faudrait pas en oublier le monde réel.
J’avance doucement dans l’eau, savourant sa fraîcheur sans parvenir à me décider à m’immerger complètement.
Je le regarde nager au loin, sa silhouette sombre se découpant sur l’eau scintillante. Il s’est déjà beaucoup éloigné, et je commence à m’inquiéter.
Lorsqu’il fait enfin demi-tour, un frisson me parcourt. Je réalise que je n’ai de l’eau que jusqu’en haut des cuisses. Vite, je m’avance encore pour qu’elle recouvre au moins mes fesses avant son retour.
Le contact de l’eau fraîche sur mon entrejambe nu me saisit et me fait hésiter à aller plus loin.
Il se rapproche rapidement. Je prends soudain conscience que je suis là, les seins nus devant lui, et, curieusement, je n’en éprouve aucune gêne.
Arrivé à ma hauteur, il m’éclabousse sans prévenir.
— Hé ! Attends, je veux y aller doucement ! je proteste spontanément.
— Pas question ! s’écrie-t-il en riant.
— À ce rythme-là, tu vas mettre une plombe !
— Pas question ! s’écrie-t-il en riant.
— À ce rythme-là, tu vas mettre une plombe !
Il m’attrape par les hanches et me plonge entièrement dans l’eau. À peine ai-je repris mes esprits qu’il revient à la charge, bien décidé à continuer de m’embêter. Je me débats en riant et, dans l’agitation, ma main vient accidentellement le heurter au visage.
— Oh, pardon !
Je me rapproche aussitôt. Le jeu s’arrête net. Nos visages ne sont plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Dans ce silence soudain, le contact de nos corps mouillés prend une tout autre dimension.
C’est alors que je sens son sexe dur contre mon ventre.
Un rire de surprise m’échappe, totalement involontaire. Il recule aussitôt, visiblement vexé.
Mince, ce n’est pas du tout ce que je voulais ! Bien au contraire, je suis flattée. Et loin d’être indifférente à ce rapprochement. Chez lui, son désir est évident. Chez moi, il ne se voit pas, mais je sens bien à quel point je suis excitée.
Je me rapproche avec un sourire.
— Approche, je vais te faire un bisou pour me faire pardonner, je lui murmure.
Il revient vers moi et je dépose un doux baiser sur sa joue.
Sa main effleure alors mon bras, remonte lentement jusqu’à mon épaule. Il marque une pause, comme s’il attendait un signe de ma part.
Je ne bouge pas.
Alors ses doigts poursuivent leur chemin, glissent le long de mon cou et viennent caresser doucement ma joue.
Nos corps se frôlent, s’effleurent sous l’eau tiède. Je sens de nouveau son sexe dur contre ma jambe. Je plonge ma main pour aller à sa rencontre. Je ferme les yeux quand je la sens palpiter sous mes doigts.
Il m’attrape la bouche. Il met la langue, il met la fougue. Il enserre ses mains autour de moi, vaillamment. De ma main, je commence des va-et-vient sur sa verge.
Il m’invite à arrêter, alors il me soulève facilement dans l’eau et me positionne sur lui. Mes bras se nouent derrière sa nuque, mes jambes s’accrochent à ses flancs. Je plonge ma bouche dans la sienne. Il m’enfonce alors lentement, jusqu’à ce que je le sente tout au fond de moi.
L’eau amplifie chaque mouvement, chaque poussée. Je ne pèse plus rien. Chaque fois qu’il entre en moi, un frisson remonte le long de ma colonne. Je ressens de plus en plus intensément chacun de ses mouvements.
La vague de plaisir arrive sans prévenir, me submerge, me fait trembler contre lui.
À son tour, il jouit en se retirant. Des volutes laiteuses s’étirent dans la mer et se dissolvent lentement dans le bleu.
Je rouvre les yeux dans les siens.
Nous rigolons.
En regagnant la plage, je me demande ce qui vient de se passer. J’ai encore du mal à y croire. Tout me semble presque irréel.
Il remarque mon air pensif et semble deviner les questions qui me traversent l’esprit.
Il veut me rassurer en me disant que c’est juste une parenthèse.
— Enchantée, j’ajoute avec un sourire.
— J’espère bien, oui !
— J’espère bien, oui !
Je m’approche et dépose un baiser sur ses lèvres, puis je murmure, sans tout à fait m’éloigner :
— Mais maintenant, cette parenthèse est refermée.
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