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✦ Jorgunheim Dans l'ascenseur XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Dans l'ascenseur — Chapitre 1

12 minutes
20.3k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Jorgunheim
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Dans l'ascenseur

Chapitre 1

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je me lance dans une autre suite d'histoire (je poursuis toujours mon autre série « La Redécouverte ») en lien avec mon immeuble. Je ne sais pas si ça vous est arrivé d'imaginer ce que vivent vos voisines et vos voisins une fois les portes de leurs domiciles fermées ? Moi si, tout le temps. Cette série est donc issue de mes observations, mes fantasmes et pourquoi pas, mes aventures... Bienvenue dans ma copropriété ! N'hésitez pas à laisser un petit mot dans le hall si vous le souhaitez :D
Mais quel Noël de merde ! Un vingt-quatre au soir, coincé dans l'ascenseur avec cette voisine que je ne supporte pas. Tout n'avait pourtant pas trop mal commencé... Mardi vingt-quatre donc, réveil tranquille vers 10 H, une bonne nuit de sommeil pour finir l'année et me permettre d'envisager le repas de ce soir avec plaisir. Au programme, raclette pour tout le monde, bon vin, et ce jusqu'à minuit. Nous partagerons alors les cadeaux achetés pour les uns et les autres, pour ensuite nous glisser, ma femme et moi, dans les draps propres de notre lit pour faire l'amour tendrement.
C'est donc avec le moral que j'envisage cette journée. Les choses sont claires et bien prévues, glande jusqu'à 17 h pour ensuite aller faire les dernières courses pour le repas de ce soir.
17 h 30 donc, je fais l'inventaire des dernières choses à acheter au marché qui, en cette fin de journée, est exceptionnellement ouvert.
Fromage et charcuterie OK, il ne me manque que le champagne et quelques bricoles pour agrémenter le repas. J'ai déjà fait mes cadeaux, inutile donc de me livrer aux derniers achats frénétiques de cette période bénie. J'enfile mes vêtements, prends un sac et après être sorti de chez moi, je me dirige vers le caviste chez lequel j'ai mes habitudes.
Ma femme est sortie pour aller chez le coiffeur, mes ados glandent encore (ben des ados quoi...) et je projette même de me prendre une petite bière de Noël dans l'un des troquets proches du marché. Une fois mes emplettes réalisées, je m'installe donc à mon café préféré, commande ma bière et sors le bouquin que j'ai emporté pour l'occasion afin de me livrer à une de mes activités favorites, prendre du temps pour moi. Après une demi-heure de lecture, je repose mon livre, paye ma consommation et me dirige vers la maison pour commencer de tout préparer. À 18 h 30, j'ai encore du temps devant moi, je vais pouvoir me prendre un verre de vin, et, tout en écoutant de la musique dans la cuisine, préparer le plateau pour tout à l'heure.
C'est donc en sifflotant que je reprends le chemin vers la maison. Arrivé dans ma rue, à quelques pas devant moi, marche une de mes voisines d'immeuble. Enfin, pas n'importe laquelle de mes voisines... il s'agit de Séverine, une petite brune à la peau mate, assez ronde, qui entretient avec ma femme des relations d'amitié très proches. Cela a commencé il y a quelques années, au gré des échanges de voisinages, elles se sont trouvé des points communs et ont commencé à se fréquenter assez régulièrement. C'est assez simple finalement quand on habite le même immeuble de passer chez l'une ou chez l'autre pour boire le café, ou s'organiser pour aller ensemble faire des courses, se balader ou autre.
Rien de bien méchant, me direz-vous, mais voilà, cette Séverine ne m'aime pas. Enfin, plus exactement ne m'aime plus. Outre sa difficulté avec les hommes (qu'elle considère au mieux comme des animaux de compagnie, au pire comme des prédateurs dont il faudrait couper la bite), elle a peu à peu pris une place dans mon quotidien de couple que je n'apprécie pas.
Si au départ je partageais avec plaisir sa compagnie et celle de son mari lors de dîner de couples, nous avons, à plusieurs reprises (et sans doute aidés par la désinhibition liée à l'alcool), échangé des propos cinglants.
Aujourd'hui, ce ne sont donc entre elle et moi que des « bonjour » froids et distants, et lorsque je croise son mari, je ne peux m'empêcher de le regarder avec la pitié qu'un pitbull aurait vis-à-vis d'un caniche émasculé...
Bref, elle marche devant moi dans ma rue, habillée d'un long imperméable et sa petite taille n'est même pas rehaussée par les chaussures à talons qu'elle porte. Mais bon, elle aussi doit rentrer pour préparer Noël, j'ai hâte de me mettre au chaud et je ne vais pas attendre qu'elle monte jusqu'au dernier étage de l'immeuble pour ensuite appeler l'ascenseur.
Elle pénètre dans l'immeuble juste devant moi, me tient à peine la porte maintenant qu'elle m'a vu, entre dans le hall et se poste devant la porte de l'ascenseur après l'avoir appelée d'un doigt à l'ongle fraîchement manucuré.
Les portes s'ouvrent et c'est à ce moment que j'aurais dû faire attention. Le bruit que font les battants de l'ascenseur est anormalement fort. Pas excessif, mais différent du glissement feutré qu'ils produisent habituellement. Trop occupé à maintenir une tête renfrognée et une expression neutre, je pénètre à sa suite dans la large cabine et appuie sur le bouton du premier étage.
Les portes se ferment, l'ascenseur commence à monter et dans une secousse brutale, s'arrête violemment, nous faisant manquer de perdre l'équilibre. Séverine pousse un petit cri de stupeur, fort ridicule ma foi, tandis que bien évidemment, je conserve mon flegme et mon sang-froid à toute épreuve (hors de question de me montrer faible devant cette personne !). Les lumières s'éteignent, ne reste plus que l'éclairage de secours, et la seule source de lumière de la cabine désormais à l'arrêt est le bouton rouge d'urgence qui clignote sous nos yeux.
Putain, mais ce n’est pas vrai, pas là, pas aujourd'hui, et surtout, pas avec elle !
S'ensuit un long moment de silence, empreint de l'espoir que la cabine se remette en marche toute seule, interrompu par une voix mécanique qui résonne
— Veuillez garder votre calme, une panne vient de survenir, nos équipes sont alertées et vont prendre contact avec vous très rapidement.
Séverine laisse alors échapper un long soupir blasé, celui d'une personne qui contrôle toutes les situations, suivi d'un léger :
— Pfff, ce n’est pas vrai, et ce soir en plus.
Un grésillement plus tard, une voix masculine cette fois s'adresse à nous, et à la mauvaise qualité de l'échange, il s'agit bien d'un être humain.
— Allo ? Allo ?
Je prends ma voix la plus calme et pourtant un peu indignée du mec qui est sûr d'être dans son droit.
— Oui, nous sommes coincés dans l'ascenseur.
Bon, ce n’est pas non plus brillant comme intervention, mais j'avoue qu'à ce moment, je ne vois pas trop quoi répondre d'autre. J'entends distinctement ce que prononce à voix basse Séverine.
— Bien joué Sherlock, brillante déduction.
Décidé à feindre l'ignorance et le mépris, je poursuis en me rapprochant du micro.
— L'ascenseur s'est arrêté brutalement, nous sommes coincés à l'intérieur entre deux étages. Pouvez-vous intervenir ?
— Bonjour monsieur, toutes nos équipes sont saturées en ce moment, c'est le pire moment de l'année pour nos interventions d'urgence.
Bien décidé à ne pas entendre pendant dix minutes l'énumération des difficultés de sa profession, de ces soirées d'astreintes, des équipes réduites, de la guerre dans le monde, etc. je décide de couper court.
— Oui, je comprends bien, mais quand pensez-vous pouvoir intervenir ? Je suis attendu vous imaginez bien.
Séverine s'approche elle aussi du micro et lance d'une voix un peu plus aiguë que d'habitude :
— Moi aussi je suis attendue, c'est Noël merde !!!!
L'opérateur reprend :
— Calmez-vous, madame, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour venir vous aider. Restez connectés, je reviens vers vous le plus vite possible.
— Évidemment qu'on reste connecté, ce n’est pas comme si on était dans un ascenseur à attendre que vous nous appeliez, lancé-je d'un ton acerbe, mais l'autre a déjà raccroché...
Je me laisse glisser au sol, sors mon portable d'une main décidée, et envoie un message à ma femme pour lui indiquer ce qu'il en est.
— Coincé dans l'ascenseur, ils font tout leur possible, mais je pense que la soirée va être longue.
Quelques messages après, assuré de son soutien psychologique, je laisse mes pensées divaguer en attendant que Schindler nous rappelle. Soudain, Séverine m'interpelle doucement :
— Tu pourrais me prêter ton téléphone s'il te plaît ?
Inutile de dire à quel point je suis ravi de son petit ton mielleux maintenant qu'elle a compris qu'elle ne pouvait communiquer son retard que grâce à moi... Magnanime et grand prince, je lui tends mon mobile avec un léger sourire narquois. Elle s'en saisit, compose un numéro et discute quelques minutes avec son mari, je suppose.
— Je suis coincée dans l'ascenseur...
— Oui, ils vont intervenir, mais je ne sais pas quand, c'est la pire nuit pour ce type de problème...
— Comment ? Mais attends-moi, ça va peut-être durer peu de temps...
Puis, après un lourd silence et en hochant la tête :
— Comme tu veux, je te tiens au courant...
Elle me tend l'appareil après avoir raccroché et part s'installer comme moi, en tailleur, à l'autre coin de la cabine. J'entends alors quelques bruits de reniflements, et levant la tête, je la vois doucement sangloter. Alors oui, je ne l'aime pas. Mais coincé dans un ascenseur avec une personne qui pleure, même moi qui peux être le roi des connards, ça me fait quelque chose.
— Ca va pas durer longtemps, ne t'inquiète pas, lui dis-je dans le silence de la cabine. En tentant de retenir ses reniflements, elle me répond tristement.
— Oh, ce n’est pas ça. Au point où ça en est, l'ascenseur peut bien rester comme ça jusqu'à trois heures du matin. Il va aller au restaurant sans moi, retrouver nos amis. Et moi je reste là, assise par terre comme une conne à attendre que des techniciens viennent nous délivrer.
Nouveau silence
— Ne prends pas ça pour toi, mais ce n'est pas réellement ce que j'appelle une soirée de Noël réussie...
Je souris, effectivement, ce n'est pas une franche réussite qui se profile devant nous. Et en même temps, on ne va pas quand même se morfondre. Je sors de mon sac une des bouteilles de champagne que j'avais achetées pour ce soir. Je la lève devant mes yeux, attrape le bouchon et l'ouvre dans un bruit amplifié par l'espace clos dans lequel nous sommes. Elle lève la tête, me regarde, regarde la bouteille, et sourit à son tour.
— Et puis merde, tu as raison, on ne va pas se laisser aller.
Je bois une longue rasade et lui tends la bouteille, dont elle essuie précautionneusement le goulot avant de boire elle aussi à long trait. Après m'avoir repassé la bouteille, un nouveau silence s'installe, plus léger celui-là, dans lequel chacun d'entre nous repart dans ses pensées. Sans un mot, la bouteille passe de l'un à l'autre, et je constate après deux allers-retours, qu'elle n'essuie plus le goulot, comme quoi, l'alcool détend vraiment les considérations d'hygiène ! Alors que je constate qu'il fait de plus en plus chaud dans la cabine, la voix de l'opérateur résonne à nouveau :
— Allo ? Allo ? Vous êtes là ?
— Non ! Non, on était parti se balader, mais du coup on est revenu.
Séverine pouffe derrière moi, le champagne semble lui faire voir les choses de manière plus légère.
— Bon, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est qu'on a une équipe qui peut intervenir pour venir ouvrir l'ascenseur.
— Et la mauvaise ?
— C'est qu'ils ne seront pas là avant une heure du matin...
Là, Séverine ne rigole plus du tout.
— Mais c'est quand même fou ça, plus de cinq heures enfermés avant qu'on vienne, mais vous vous foutez de la gueule du monde. C'est inadmissible et...
— Je comprends madame, désolé, j'ai d'autres urgences en cours.
Et il raccroche. Ma voisine est au bord de l'explosion. Si le champagne lui avait fait retrouver le sourire, j'ai l'impression que maintenant il décuple son énervement. Tout le monde y passe, ce putain d'ascensoriste, cet enculé de syndic, ces bâtards de la copro, ces fils de putes de compagnies qui s'engraissent sur les gens, et surtout, surtout, son gros connard de mari, sans couille et égoïste.
Et elle éclate à nouveau en sanglots... Bon, là, je fais un petit arrêt sur image... Alors évidemment le champagne m'est aussi un peu monté à la tête, évidemment rester dans l'ascenseur pendant que ma femme et mes enfants réveillonnent sans moi, ça pourrait être supportable. Mais cinq heures avec cette voisine que je déteste et qui insulte tout le monde, c'est au-delà de mes forces.
Alors qu'elle en est à taper de toute ses forces sur les portes de l'ascenseur, je la prends par les épaules et la secoue énergiquement. Oh évidemment, il ne s'agit pas de lui faire mal ou de l'assommer, juste de provoquer un retour à la réalité pour ne pas avoir à gérer une crise de nerfs dans un espace confiné.
Et ça marche ! Elle me regarde soudain avec de grands yeux et me décoche superbement une gifle. Ma joue me brûle, mais au moins elle ne crie plus, et, calmée, retourne s'asseoir dans son coin de cabine.
Je m'apprête à vivre les cinq heures les plus longues de ma vie...
Quel Noël de merde !
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Jorgunheim
24 juillet 2025 à 19:04
:-)
Soyez respectueux
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Photo de profil de pacific Bastien
pacific Bastien
24 juillet 2025 à 17:32
Bon debut, la suite etant sortie aujourd'hui,je m empresse d aller la lire
Soyez respectueux
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Photo de profil de Fosgate
Fosgate
18 janvier 2025 à 02:16
Hâte de voir la suite
Soyez respectueux
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Jorgunheim
16 janvier 2025 à 15:00
Trop sympa, merci de cet encouragement ! Ça me motive !
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de steph2716
steph2716
16 janvier 2025 à 00:29
Très bon début. J'adore ton style écriture !
Soyez respectueux
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Jorgunheim
15 janvier 2025 à 21:58
La suite (en cours d'écriture) va montrer que je n'ai pas l'endurance que Pioupiou83 évoque, mais que la température va quand même monter d'un cran :-)
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de pioupiou83
pioupiou83
15 janvier 2025 à 15:16
moi aussi je veux la baser dans l'ascenseur pendant 4 heures
Soyez respectueux
Répondre

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