Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Réconfort & vieilles dentelles. III. La location d’été — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Réconfort & vieilles dentelles. III. La location d’été
Chapitre 2
Le premier jour je rangeai mes maigres affaires (ce fut vite fait), puis j’allai faire quelques courses ; je n’eus pas le courage de faire grand-chose d’autre, une petite ballade jusqu’au lac, regarder les quelques vacanciers en mobile homme ou en camping-car, les baigneurs courageux ; puis au retour une petite sieste pour évacuer la fatigue accumulée en cette fin d’année de travail.
Le second jour je traînai un peu. Le temps de me décider à entreprendre quelque chose il était déjà onze heures passées.
Je décidai de partir en début d’après-midi à V.T.T., un peu à l’aventure, mais fus vite freiné par de nombreuses côtes. J’avais oublié que sous les côtes de Meuse le relief est impitoyable. Je m’accrochai, je suai des ronds de chapeau. Je pris même des chemins qui traversaient les champs.
En tout cas le manque d’entraînement (un coup de vélo par mois à partir du mois d’avril n’est pas ce qu’il y a de mieux pour garder la forme sur une selle, surtout à plus de quarante-cinq ans) se faisait ressentir.
Bon je devais être plus cool. J’étais en vacances, je n’avais aucun challenge.
Je décidai de partir en début d’après-midi à V.T.T., un peu à l’aventure, mais fus vite freiné par de nombreuses côtes. J’avais oublié que sous les côtes de Meuse le relief est impitoyable. Je m’accrochai, je suai des ronds de chapeau. Je pris même des chemins qui traversaient les champs.
En tout cas le manque d’entraînement (un coup de vélo par mois à partir du mois d’avril n’est pas ce qu’il y a de mieux pour garder la forme sur une selle, surtout à plus de quarante-cinq ans) se faisait ressentir.
Bon je devais être plus cool. J’étais en vacances, je n’avais aucun challenge.
Je rentrai vers 18H30, assez content de moi finalement.
A peine j’étais sorti de ma douche, avais passé un short, que je redescendais à l’étage du bas.
Je tombai sur ma logeuse qui m’apportait un panier plein de légumes et de fruits de son jardin.
A peine j’étais sorti de ma douche, avais passé un short, que je redescendais à l’étage du bas.
Je tombai sur ma logeuse qui m’apportait un panier plein de légumes et de fruits de son jardin.
« - Bonjour. Je suis passée vous apporter ça.
— Oh je vous remercie, c’est bien gentil !
— Tout se passe bien.
— Oui, très bien. J’ai fait un grand tour de vélo, je suis rentré il y a peu.
— Oui j’étais passé il n’y a pas longtemps, vous n’étiez pas encore rentré. »
— Oh je vous remercie, c’est bien gentil !
— Tout se passe bien.
— Oui, très bien. J’ai fait un grand tour de vélo, je suis rentré il y a peu.
— Oui j’étais passé il n’y a pas longtemps, vous n’étiez pas encore rentré. »
Là-dessus elle me demanda où j’avais été me promener, me parla de la région qu’elle connaissait bien ; maintenant en tout cas, puisqu’elle avait passé pratiquement toute sa vie en banlieue parisienne.
Elle semblait s’inquiéter de moi, de mon moral, mais sans oser aller très loin dans ses questions.
C’était une personne peu démonstrative, peu extravertie, d’ailleurs peu souriante, mais qui semblait – même si elle ne le montrait pas – se soucier des autres, en tout cas de moi, en l’occurrence.
Ce soir-là je me montrai, pour ma part, souriant, affable, souhaitant lui faire comprendre que j’étais reconnaissant de ses attentions, de son humanité.
Elle semblait s’inquiéter de moi, de mon moral, mais sans oser aller très loin dans ses questions.
C’était une personne peu démonstrative, peu extravertie, d’ailleurs peu souriante, mais qui semblait – même si elle ne le montrait pas – se soucier des autres, en tout cas de moi, en l’occurrence.
Ce soir-là je me montrai, pour ma part, souriant, affable, souhaitant lui faire comprendre que j’étais reconnaissant de ses attentions, de son humanité.
Elle repartit, me souhaita bonne soirée.
Je pensais qu’elle allait m’inviter – ce soir ou un autre soir de la semaine – à venir dîner avec elle et son mari, mais elle ne le fit pas, ce qui m’arrangea bien.
Même si c’étaient des gens courtois et aimables, j’avais envie de paix, de dîner seul, de faire ce que je voulais.
Je sais, j’ai toujours été un peu ours. Et même si je savais qu’ils étaient des gens simples, j’ai horreur des mondanités ; ce qui veut dire pour moi être poli, entretenir la conversation, respecter les conventions, d’autant que ça n’était pas des amis, et je ne pouvais pas me laisser aller à la sincérité, la spontanéité.
En fait, j’aime bien quand les choses se passent naturellement, tout à fait par hasard, reflétant une envie partagée de passer du temps ensemble, que ce soit avec des amis ou des connaissances de passage.
Je pensais qu’elle allait m’inviter – ce soir ou un autre soir de la semaine – à venir dîner avec elle et son mari, mais elle ne le fit pas, ce qui m’arrangea bien.
Même si c’étaient des gens courtois et aimables, j’avais envie de paix, de dîner seul, de faire ce que je voulais.
Je sais, j’ai toujours été un peu ours. Et même si je savais qu’ils étaient des gens simples, j’ai horreur des mondanités ; ce qui veut dire pour moi être poli, entretenir la conversation, respecter les conventions, d’autant que ça n’était pas des amis, et je ne pouvais pas me laisser aller à la sincérité, la spontanéité.
En fait, j’aime bien quand les choses se passent naturellement, tout à fait par hasard, reflétant une envie partagée de passer du temps ensemble, que ce soit avec des amis ou des connaissances de passage.
Le lendemain je me levai avec une humeur assez détestable.
Il y a des jours comme ça.
Je sentais que ça allait être une journée de merde, morose.
Je traînais longtemps, ne regardant jamais l’heure, puis prenant un sac avec quelques vivres je partis au hasard, un petit plan dans la poche malgré tout.
Il y a des jours comme ça.
Je sentais que ça allait être une journée de merde, morose.
Je traînais longtemps, ne regardant jamais l’heure, puis prenant un sac avec quelques vivres je partis au hasard, un petit plan dans la poche malgré tout.
J’avais le bourdon, le moral dans les chaussettes. Je marchais et fulminais.
Quand je n’ai pas le moral tout me fout en rogne. Ma femme – comme toutes les femmes de ma vie – ne le comprenait pas ; elles ne voyaient pas quand j’étais démoralisé : elles voyaient un mec énervé, pestant pour tout, se mettant en colère pour un rien. J’avais beau expliquer que les mecs c’est comme ça, c’était difficile. Les mystères de la planète Mars.
Quand je n’ai pas le moral tout me fout en rogne. Ma femme – comme toutes les femmes de ma vie – ne le comprenait pas ; elles ne voyaient pas quand j’étais démoralisé : elles voyaient un mec énervé, pestant pour tout, se mettant en colère pour un rien. J’avais beau expliquer que les mecs c’est comme ça, c’était difficile. Les mystères de la planète Mars.
Tout en randonnant j’avais ruminé, passé dans ma tête des idées noires.
De mauvaise foi je me demandais ce que j’étais venu foutre dans ce coin perdu. Tout était merdique, ce lac aménagé mal entretenu, un peu crade. Le meilleur coin en accès payant.
La plupart des sentiers de randonnée étaient impraticables parce que laissés à l’abandon. Pas assez fréquentés.
Je me laissais porter par ma mauvaise humeur, alors que je savais pertinemment que faute de fric, cette région peu touristique n’avait pas les mêmes moyens que la Côte où je me serais cogné à des milliers de vacanciers et où j’aurais pesté, aurais encore moins supporté la foule ; je me serais énervé à cause des embouteillages, du bruit etc.
De mauvaise foi je me demandais ce que j’étais venu foutre dans ce coin perdu. Tout était merdique, ce lac aménagé mal entretenu, un peu crade. Le meilleur coin en accès payant.
La plupart des sentiers de randonnée étaient impraticables parce que laissés à l’abandon. Pas assez fréquentés.
Je me laissais porter par ma mauvaise humeur, alors que je savais pertinemment que faute de fric, cette région peu touristique n’avait pas les mêmes moyens que la Côte où je me serais cogné à des milliers de vacanciers et où j’aurais pesté, aurais encore moins supporté la foule ; je me serais énervé à cause des embouteillages, du bruit etc.
En rentrant tôt dans la soirée, j’avais faim mais n’était pas assez courageux pour me faire un vrai repas.
Je mangeai ce que j’avais dans le frigo, me réchauffai une boîte et regardai les conneries qui passaient à la télé avec un Bourbon (j’en avais fait provision.)
Il faisait chaud et comme d’habitude j’avais laissé les portes et les fenêtres ouvertes.
Je mangeai ce que j’avais dans le frigo, me réchauffai une boîte et regardai les conneries qui passaient à la télé avec un Bourbon (j’en avais fait provision.)
Il faisait chaud et comme d’habitude j’avais laissé les portes et les fenêtres ouvertes.
Ma logeuse entra et se fit entendre. Elle me sentit renfrogné. J’étais affalé dans le canapé, mon verre à la main.
« - Bonsoir » me dit-elle. « Je voulais m’assurer que tout allait bien.
— Oui tout va bien » lui répondis-je avec une voix qui devait être un peu pâteuse, « …je vous remercie. »
— Oui tout va bien » lui répondis-je avec une voix qui devait être un peu pâteuse, « …je vous remercie. »
J’étais malgré tout étonné. Deux soirs de suite, sa visite. Probablement un hasard.
Elle s’approcha.
Elle s’approcha.
« - Je vous ai apporté des mirabelles. Vous aimez ça ?
— Oh oui bien-sûr. J’aime tous les fruits de la région » lui lançai-je d’un air qui se voulait goguenard. « Mais vous n’êtes pas de la région » pensai-je, « j’avais oublié. Enfin, je ne vais pas lui dire ça, je vais la faire fuir. »
— Oh oui bien-sûr. J’aime tous les fruits de la région » lui lançai-je d’un air qui se voulait goguenard. « Mais vous n’êtes pas de la région » pensai-je, « j’avais oublié. Enfin, je ne vais pas lui dire ça, je vais la faire fuir. »
Dans la demi-obscurité, dans la clarté bleuâtre du téléviseur, je fus étonné de la voir venir s’asseoir à côté de moi, et le pire, de me dire :
« - Ça n’a pas l’air d’aller, vous… »
Tiens, serait-elle psychologue ? Ou infirmière. Prendrait-elle son rôle de bonne hôtesse à cœur ? Personne ne lui en demande autant. Pas même moi.
Bon, bien-sûr, elle m’offrirait son gros cul ça serait le top. C’est encore ce qui me ferait le plus de bien. Mais pas ce soir, je ne suis pas en état.
Bon, bien-sûr, elle m’offrirait son gros cul ça serait le top. C’est encore ce qui me ferait le plus de bien. Mais pas ce soir, je ne suis pas en état.
Je me décidai à lui répondre, après avoir bu une rasade de mon précieux breuvage :
« - Qu’est-ce que vous voulez ? Il y a des jours avec et des jours sans…
— C’est de revenir ici, hein ? Ça n’était pas la meilleure idée, n’est-ce pas… ?
— Ça n’a rien à voir… enfin, ça n’est pas ça. Ailleurs ça serait pareil. J’ai parfois des moments comme ça. C’est comme ça, c’est la vie. »
— C’est de revenir ici, hein ? Ça n’était pas la meilleure idée, n’est-ce pas… ?
— Ça n’a rien à voir… enfin, ça n’est pas ça. Ailleurs ça serait pareil. J’ai parfois des moments comme ça. C’est comme ça, c’est la vie. »
Un long silence s’ensuivit. Elle était assise tout près de moi, les jambes repliées. Nous étions sur ce petit canapé. Je pouvais sentir son odeur de femme, sa présence. Je percevais sa présence près de moi, le volume de son corps dans l’espace. C’est peut-être idiot mais ça m’apaisait, me rassurait peut-être. En tout cas ça me faisait du bien.
J’étais assez bourré mais je n’osais pas trop bouger. Peur d’être inconvenant, d’avoir une attitude ridicule, d’avoir honte qu’elle ne voit que l’homme bourré, voire pitoyable, balourd, stupide.
Soudain, par compassion sans doute, et parce qu’elle ne trouvait pas quoi dire pour me consoler ou parce qu’elle avait peur peut-être de me brusquer avec une parole maladroite, elle posa sa main sur mon avant-bras, dans un geste d’apaisement, voulant sans doute me transmettre son empathie.
Tout naturellement alors, je me laissai aller sur le côté, jusqu’à ce que ma tête rencontre son épaule et y repose. Je me laissai ainsi m’appuyer sur elle, respirant sa chaleur, et posai doucement ma main sur son bras plein.
Je ne fis rien de plus, elle n’eut aucun mouvement de retrait. Elle me laissa ainsi apaiser mon cœur.
Je ne fis rien de plus, elle n’eut aucun mouvement de retrait. Elle me laissa ainsi apaiser mon cœur.
J’aurais voulu à ce moment-là rester ainsi et me laisser bercer par Louis Amstrong ou Billie Hollyday. Mais dans les brumes de l’alcool je n’entendais plus les débilités débitées par la télé, et ça m’allait.
Elle devait se demander comment elle allait maintenant pouvoir me laisser. J’en avais conscience mais j’étais bien décidé à faire durer ce moment unique qui me faisait tant de bien.
Je ne voulais pas la gêner, non plus.
A un moment, après avoir attendu de longues secondes, peut-être trois ou quatre minutes, je lui dis doucement, presque dans un soupir :
Je ne voulais pas la gêner, non plus.
A un moment, après avoir attendu de longues secondes, peut-être trois ou quatre minutes, je lui dis doucement, presque dans un soupir :
« - Je vous remercie. Ça me fait du bien. Beaucoup de bien. Ça ne vous semble peut-être pas grand-chose mais pour moi c’est tellement. »
Ce fut pour elle comme un signal. Elle porta sa main à mon visage, me caressa un peu la joue, comme une mère qui calmerait son enfant. Elle ne devait pas savoir comment me quitter sans se sentir coupable.
J’ajoutai :
« - Ça va aller. Ne vous en faites pas. Aujourd’hui c’était un jour sans. Mais ça ne dure pas. Demain ça sera différent, ça sera fini.
— Vous êtes sûr ? » demanda-t-elle, un peu inquiète.
« - Mais oui. Je me connais. Je vous remercie beaucoup, Marie-Annick. Je suis très touché de votre attention. »
— Vous êtes sûr ? » demanda-t-elle, un peu inquiète.
« - Mais oui. Je me connais. Je vous remercie beaucoup, Marie-Annick. Je suis très touché de votre attention. »
C’était la première fois que je l’appelais par son prénom. Ça aurait pu paraître bizarre. Mais après tout, cette proximité de nos corps et son élan envers moi pouvaient l’autoriser.
C’était un peu comme si maintenant je la traitais comme une parente éloignée. C’était ma façon pudique et respectueuse de lui témoigner ma gratitude.
C’était un peu comme si maintenant je la traitais comme une parente éloignée. C’était ma façon pudique et respectueuse de lui témoigner ma gratitude.
J’aurais pu à ce moment-là lui dire qu’elle pouvait rentrer chez elle, retourner auprès de son mari, mais je ne voulais pas mentionner celui-ci ; et puis je n’eus pas à le faire, elle se décida à se lever, sans doute rassurée, et s’étant senti autorisée par mes paroles.
« - Je passerai vous voir demain …Si ça ne vous dérange pas, bien entendu.
— Ça ne me dérangera pas. C’est très gentil à vous. Bonne nuit Marie-Annick.
— Bonne nuit, Mr D. »
— Ça ne me dérangera pas. C’est très gentil à vous. Bonne nuit Marie-Annick.
— Bonne nuit, Mr D. »
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Commentaires ()
Oui j'avais prévenu que ça n'était pas une histoire très rapidement sexuelle... La partie croustillante sera pour le prochain épisode (je ne fais pas de courses aux points mais je n'aime pas poster des épisodes trop longs, qui peuvent être lassants pour le lecteur... D'autant que la dernière partie fera près de 7 pages word... Je n'aime pas couper en plein action ;))
Ces histoires peuvent être réalistes : c'est Wolinski (qui s'était retrouvé veuf assez jeune) qui disait que le veuvage avait été pour lui un terrible atout pour draguer et queuter ! :)
PM