Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Dame du Val en Thym — Chapitre 1 · Défi Saint Valentin 2025, en partenariat avec Monsieur Plume
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Dame du Val en Thym
Chapitre 1 · Défi Saint Valentin 2025, en partenariat avec Monsieur Plume
Après trop de 14 février vestiges,
L'absence que je t'afflige est regrettée.
L'absence que je t'afflige est regrettée.
Mon mal-aimé,
C’est les mains tremblantes que je déplie ta lettre, écrite par la tienne que je n’effleurerai plus jamais. Le papier s’imprègne encore de ton être, ce doux parfum qui s’attarde alors que toi, tu es parti. Comment décrirais-je l’onde chagrin qui m’envahit, lorsque j’éprouve tes mots d’amour comme des échos venus de l’évanoui ? Une mélodie qui raisonne mon chœur à jamais marqué.
Chaque mot, chaque phrase, en une lame douce pénètre mon âme, retrempe, accorte et subtile, des souvenirs qui, en lieu de réconfort, ravivent une blessure que ma culpabilité rend désormais incurable.
Je ne puis qu’imaginer tes traits, l’espoir ichor à tes larmes mêlé, vers moi tourné, attendant mon cœur qui n’est jamais venu ; il s’assassine en se serrant à cette pensée, aussi souffre d’a-sang-timent. À défaut de pardon, trop tard je te livre mon histoire.
L'existence n’a été qu’une sempiternelle concaténation de soleils sans ardeur, où les javelines même n'auraient jamais échaudé mon immaculée candeur. Confinée dans cette maison ; à la fois prison, à la fois tombeau ; rien que l’ombre de celle que tu as connue. Une silhouette défaite parmi des murs où la clarté ne pénètre qu’à grande peine, étouffée par les épées rideaux de l’indifférence. Mon existence. Mon devoir se résumait à un enchaînement de gestes vides, de sourires forcés, d’obéissance noble à des noms qui me rappellent d'occurrence en cabosse mon obligation de soumission à la volonté des hommes. Chaque matin, je me levais plus carcasse que la veille, revêtais des apparats posthumes en une peau étrangère qui masquait la vérité de mon être : un ectoplasme à con-paraître.
Ma vie ici se dressait en théâtre de convenances où mon rôle imposé, de la fiancée docile à l'épouse servile, noyau dur d'un mariage arrangé, ne jouait que les intérêts du jeu des pactes. Une transaction ignorante jusqu'à mes désirs. Les rictus frigides de mes parents, les accolades figées. J'en préservais avec honneur mon esprit, cependant appris de l'infection. Rien qu'une pièce du grand jeu, un pion déplacé en directive des plans, à milles enfers de l’amour sincère et passionné que tu m’as fait apprécier. Chaque repas partagé autour de cette table inter-minables prétextait la moindre occasion afin d'humilier davantage mes rêves de chimères.
Ne serait-ce qu'en pensée j'ai entrepris la dérobe.
Invariablement ramenée à ma brutale réalité par les mots durs de mon imposé. Cet homme, que l'on qualifiait de fiancé d'abord, mari ensuite, ne voyait en moi qu'un objet à posséder, un trophée à exhiber. Or, sous ses sourires et ses compliments m'attentaient ses chaînes dorées en tendresses déguisées. Violence sourde ; qui s'abat sans prévenance au milieu d'un orage qui gronde en silence.
Un bibelot au milieu de bric et de broc, que quelques os gardaient liés un peu de peau et d'esprit, entre ces murs témoins muets de mes cris étouffés, aussi parfois de mes supplications dans le noir murmurés. Sous de fins tissus j'ai appris par la force des choses à dissimuler le bleu de ses emportements. Le regard baissé, j'ai laissé fautive le venin s'insinuer en tout sang aux confins de mon cœur. Je n'étais que femme. Obéir. Endurer. Se taire.
Ainsi tout perdre.
Pensais-je, amour et liberté des souvenances douloureuses.
Or.
Ainsi tout perdre.
Pensais-je, amour et liberté des souvenances douloureuses.
Or.
Un élan de révolte m'a arraché du néant lors que j'eus appris la mise en vente du chêne. Et un jour de colère, identique à tant d'autres pourtant, j'ai pêché. Pour nous. Pour toi ; pardonne-moi, j'ai grand offert mes chairs au gratteur de pièces et de rond. J'ai joué mes mélodies les plus enchanteresses, soufflé à ses oreilles les plus indécentes promesses, envoûté l'ai-je assurément pour que les fonds soient miens. Sans honte, ni remords, j'ai détourné rien que l'argent rutilant qui comptait à ses yeux seulement.
Le sais-tu d'où que tu puisses entendre mes pleurs, j'ai racheté ce lopin de terre si cher à ton bonheur, cet arbre fabuleux témoin de nos premiers émois. Là, où nos noms sont gravés encore à l'écorce, j'ai le pouvoir de redonner vie au beau, à ton amour résistant, aux saisons et aux tourments du temps.
Le dos meurtri, des efforts de la terre et de l'écorce à ma peau, ce poème ai-je écris, car le sais-tu de confidence, on en sait toujours plus à ne rien dire.
Le dos meurtri, des efforts de la terre et de l'écorce à ma peau, ce poème ai-je écris, car le sais-tu de confidence, on en sait toujours plus à ne rien dire.
Sous l'arbre témoin de nos serments cachés,
Ombre d'un amour que je n'ai su garder,
Nos noms unis ruinent là où tout a commencé.
Chêne silencieux, gardien de mes maux,
Aux racines profondes repose mon fardeau,
Dans la terre sombre, englouti par ses cahots.
Auprès de toi, j'ai semé du thym précieux,
Voici que son parfum t'évoque encore mieux,
Rappelle à mon cœur nos instants merveilleux ;
Et là, sous les branches, je respire apaisée.
Sous ce sol lourd, sans sourire s'en est allé.
Oublie mes peines, ressens mon amour,
Un seul instant, je te revois pour toujours,
Sous la terre lui dort, privé de retour.
La terre embaume, des fleurs à ta mémoire,
Et dans chaque bise, je ressens notre histoire,
Souvenir d’un bonheur que je n'ai su croire.
Racines l'enserrent, et je me sens enfin libre,
Ainsi se brise l'emprise de son livre,
Chant de délivrance, je ne suis plus captive,
Ici, notre amour fleurit dans l’éphémère,
Nous étions promesse, au vent et à la mer,
Et sous ce chêne, j'aspire ta lumière.
Seules les ravines l’enterrent, sans prière.
Ombre d'un amour que je n'ai su garder,
Nos noms unis ruinent là où tout a commencé.
Chêne silencieux, gardien de mes maux,
Aux racines profondes repose mon fardeau,
Dans la terre sombre, englouti par ses cahots.
Auprès de toi, j'ai semé du thym précieux,
Voici que son parfum t'évoque encore mieux,
Rappelle à mon cœur nos instants merveilleux ;
Et là, sous les branches, je respire apaisée.
Sous ce sol lourd, sans sourire s'en est allé.
Oublie mes peines, ressens mon amour,
Un seul instant, je te revois pour toujours,
Sous la terre lui dort, privé de retour.
La terre embaume, des fleurs à ta mémoire,
Et dans chaque bise, je ressens notre histoire,
Souvenir d’un bonheur que je n'ai su croire.
Racines l'enserrent, et je me sens enfin libre,
Ainsi se brise l'emprise de son livre,
Chant de délivrance, je ne suis plus captive,
Ici, notre amour fleurit dans l’éphémère,
Nous étions promesse, au vent et à la mer,
Et sous ce chêne, j'aspire ta lumière.
Seules les ravines l’enterrent, sans prière.
Un lieu de grâce, d'entame et de rétame, un océan de fragrance, viride à perte de vue s'étend, tant à présent que je ne puis contenir à mon cœur vaillant l'amour débordant. Des inconnus, des âmes errantes, que l'autre guerre que tu n'as pas connu a griffé au sang, en échange de sustente et d'un toit chaud, sont arrivés au Val afin de me prêter main forte. Sans un mot, ont tracés sillons, défrichés aussi leurs haillons ; et je n'ai pû refuser donner le baume que mon méfaits leur apporter. Les gens de la ville me voient énigme, femme qui, malgré mes parures et mes titres, s'éloigne chaque coup de bêche de ce que l'on attend d'elle.
C’est alors là, au milieu des parfums et des brises, que je m’évade enfin des chaînes invisibles qui m’étreignent. Lorsque je glisse mes doigts sur ces plantes délicates, j’y sens ton souffle, ton rire, nos promenades d’autrefois. Le thym pousse librement, sauvage et indomptable, tout comme l’amour que je te dédie après autant de dédain. Chaque matin, je me rends au Val seule. J’y travaille la terre, volontairement je m’y perds. Et à l'abri du chêne, je joue ma dernière folie, note après note, blanche puis noire, les touches s'enfoncent et le piano s'envole.
Je suis restée enchaînée par des liens que je ne pouvais briser, mais je n’ai jamais oublié. Ton souvenir est gravé en moi aussi profondément que sur ce vieux chêne. Chaque jour, sous ce ciel immense, je revis notre histoire, nos moments volés, et je pleure ce que nous aurions pu vivre. Mais là, dans ce Val qui nous appartient encore un peu maintenant, je garde la promesse de ne jamais t’effacer.
Je ne viendrai pas te rejoindre, pas encore. Mais sache que chaque brin de thym qui fleurit est une déclaration silencieuse de mon amour, un signe que je suis à ma manière encore tienne. Mon existence est marquée par cette lutte incessante contre l’oubli, par ce désir de te retrouver là où personne ne peut nous séparer.
Mon cher Valentin, je t’appartiens encore, même dans cet absurde imposé. Mon cœur est à toi, gardien de notre amour inachevé. Qu’il fleurisse à jamais dans le Val, là où je suis libre de t’aimer, loin des ronces regrettées.
Ta toujours,
Celle que le vent me souffle au sillage de mon passage,
L'amère appellation, néanmoins brise d'amour ;
La Dame du Val en Thym.
Celle que le vent me souffle au sillage de mon passage,
L'amère appellation, néanmoins brise d'amour ;
La Dame du Val en Thym.
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Commentaires ()
Avec vos deux lettres à @Monsieur Plume et toi, on va de Renoir à Van Gogh ! J'ai toujours cette nette impression d'admirer une peinture, que j'ai eu avec le texte de Monsieur Plume.
Merci pour cette lecture !
Merci
😘
Je ne suis que boutade, soyez-en certaine.
Mais non, mais non 🥺... J'ai trouvé ça très beau.
Et au vu des autres commentaires, cela vient sûrement de moi, rassure-toi 😉.
Mais je préfère être sincère plutôt que de faire semblant.
Et puis, on peut apprécier une œuvre sans en comprendre tous les aspects (quand je regarde un Picasso, on ne peut dire que je comprends tout 😅).
Votre plume, jouant avec les mots, les rimes, joue également avec mon imagination et les images que celle-ci projette dans ma tête.
Merci pour ce doux moment, vous avez réalisé avec Monsieur Plume une superbe performance !
Cette lettre est belle, poétique, un peu mystérieuse parfois et avec une écriture toujours parfaitement maîtrisée. Notre collaboration sur ce défi d’écriture a été un vrai plaisir !
Bon, comme d'habitude, quand je te lis, Essaim, je ne comprends pas tout, mais c'est pas grave... c'est très beau ^^.
J'espère que ton Valentin au plumage étincelant l'appréciera... Mais je n'en doute pas une seconde :).
Très beau travail, en tout cas ^^.
Merci de votre lecture !