Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
J'ai toujours su que tu étais... — Chapitre 1 · Premières inclinaisons
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
J'ai toujours su que tu étais...
Chapitre 1 · Premières inclinaisons
J'approchais de la trentaine. Après de longues études assez inutiles et une période précaire qui m'avait vu enchaîner divers emplois subalternes, j'avais fini par trouver un travail dans une médiathèque, et c'est pour cela que j'étais venu habiter cette petite ville de province.
Je venais de m'installer dans mon nouveau logement. Et je m'estimais très chanceux de l'avoir déniché. A vrai dire, je n'y étais pour rien, il m'avait été proposé par la directrice de la médiathèque qui avait servi d'intermédiaire entre moi et les propriétaires, dont j'ignorais tout, puisqu'il fut entendu que le loyer me serait directement prélevé sur mon salaire sans que j'aie à ne m’occuper de rien, ce qui m'arrangeait. C'était exactement ce que je cherchais, à la limite de la ville, dans un quartier calme et récent, au bout d'une allée bordée de maisons mitoyennes la plupart modestes comme la mienne et dotée d'un petit jardin d'environ un are. J'occupais l'avant-dernière demeure. La maison voisine, la dernière de l'allée, était beaucoup plus vaste et se détachait un peu de mon lotissement, enfin un grand jardin arboré la cachait en grande partie.
J'étais amené à passer souvent devant sa façade, car la route se transformait à son niveau en un sentier qui permettait de rejoindre à travers un petit bois le grand parc et le lac où de nombreux citadins venaient se promener ou comme moi faire leur jogging.
J'avais pris depuis un mois, c'est-à-dire depuis mon emménagement cette résolution d'entretenir un peu mon corps et dépenser mon énergie autrement qu'en séance de masturbation. Il faut dire que j'étais devenu au fil des ans un véritable obsédé sexuel. Peut-être cela venait que je n'avais jamais pu satisfaire mes désirs. Oui, j'étais encore puceau à cet âge. Et je n'avais guère d'imagination: j'étais excité par les entrejambes féminins, les fesses et les poitrines. Je bandais à la moindre occasion.
La simple vue d'une femme marchant dans la rue quelque temps devant moi avait déjà suffi à me faire éjaculer. Et lorsque je n'avais pas déchargé involontairement, dès que j'étais rentré chez moi, je me branlais devant des images de femmes nues, ou, tout aussi bien, légèrement vêtues,
ce qui je pense est le cas de beaucoup de puceaux, ou d'autres d'ailleurs, qui n'ont pas besoin de mise en scène très poussée, mais qui, cependant, préfèrent à la réalité certaines images plus aériennes, comme on apprécierait plus un parfum de fleur que la véritable odeur d'un vagin. Une petite ride sous une fesse, une chaste culotte très opaque surlignée d'un demi-centimètre de dentelle, une gaine de tulle violette totalement transparente sur une chatte qui essaierait de rester complètement invisible suffisaient à me faire rendre rapidement les armes.
Si je ne touchais pas de femmes, cela ne m'avait pas empêché d'avoir été très amoureux. En particulier de Viviane, ma grande amie depuis toujours. De l'école maternelle jusqu'à l'université, j'avais été dans sa classe ou du moins dans le même établissement. Je l'avais aimée follement à chaque instant de ma vie, follement et secrètement, car elle n'avait manifesté à mon égard que les gestes d'une tendre amitié. Et je l'avais vue passer entre les mains de bien des garçons puis d'hommes jusqu'à son mariage qui avait fini par nous éloigner définitivement.
Je n'avais en effet plus eu de contacts ni d'échanges avec elle depuis quelques années et mon seul lien demeurait ses réseaux sociaux, desquels elle ne m'avait pas exclu puisque, finalement, il n'y avait eu qu'un simple éloignement sans l'ombre d'une dispute. L'idée même d'une dispute entre elle et moi aurait été par ailleurs absurde et incongrue puisqu'elle n'avait toujours été que pure bienveillance à mon égard.
Bien sûr, j'avais fait aussi de véritables tentatives de séduction, auprès d'autres femmes cette fois-ci, mais après avoir essuyé quelques échecs humiliants, je m'étais assez vite résigné. Je me touchais secrètement en imaginant comment toutes ces femmes pouvaient être, celles dont j'étais amoureux ou les passantes, lorsqu'elles étaient nues ou en sous-vêtements. Je me branlais aussi régulièrement sur d'anciennes photos de Viviane ou sur de plus récentes, celles qu'elle avait postées sur internet et où on la voyait en compagnie de ses amis, certainement les plus virils étaient ses amants, me disais-je, et enfin avec son mari en compagnie duquel elle adorait poser.
J'en étais arrivé à ne plus véritablement souhaiter concrétiser mes fantasmes de rencontres amoureuses et de pénétration. Souvent sur les images des magazines ou des écrans, il y avait des hommes auprès des femmes, eux aussi nus. Et j'avais rapidement compris que je ne soutenais pas la comparaison.
Sans doute, il n'était pas absolument nécessaire d'être aussi grand et musclé que ces étalons pour gagner les faveurs des femmes, n'est-ce pas ? Mais, renseignements pris, comment dire... Je n'étais pas sûr de pouvoir donner satisfaction, et j'étais même certain de ne pas pouvoir ! Et je préférais repousser à plus tard le moment embarrassant où j'aurai à baisser mon caleçon devant une femme.
Pour en revenir à la pratique du jogging, elle m'avait certes permis de diminuer un peu la fréquence de mes séances d'onanisme, mais elle m'avait aussi donné un regain de forme donc, bien entendu, je continuais d'être perpétuellement en chaleur. Et par conséquent curieux de tout ce qui pouvait ressembler à une présence féminine dans mon environnement.
La grande maison voisine me donna matière à réfléchir et à fantasmer. La plupart du temps, je voyais entrer et sortir par le portail un gros SUV blanc. D'autres fois, il pouvait être simplement garé devant la maison. Et immanquablement à son volant, je voyais ce qui me sembla donc être l'habitant régulier des lieux : un homme barbu plutôt massif et trapu, bien qu'assez grand, à la fois gras et musclé et qui devait avoir bien dépassé la cinquantaine.
Mais cette découverte, assez décevante de mon point de vue, fut vite occultée dans mon esprit par les allées et venues, certains jours, plutôt le week-end, d'autres véhicules avec d'autres occupants plus à mon goût, en l'occurrence des occupantes. Il y avait ainsi un autre SUV, celui-là de couleur noire, et une mini Cooper de dernière génération d'un joli bleu ciel.
Mes observations, que ce fut à l'extérieur, sur le parvis de la maison ou à travers la haie de mon jardin, me permirent de conclure que le premier véhicule était toujours conduit par une femme mûre, le teint hâlé, grande et élégante, sans doute la compagne de mon voisin. Elle était parfois accompagnée d'une jeune femme que j'imaginais être leur fille, grande, vive et brune, comme celle qui devait être sa mère. D'autres fois, celle-ci venait seule et elle conduisait alors la petite voiture bleu ciel.
Dès que se faisait entendre dans l'allée un bruit de moteur, je me précipitais à la fenêtre dans l'espoir de voir arriver l'une de ces automobiles, et lorsque c'était le cas, je courais dans mon jardin pour passer de longs moments à guetter à travers les branches.
Ma prise de fonction à la médiathèque ainsi que mon établissement dans mon nouveau logement dataient du mois de mars, mais ce n'est qu'un mois plus tard que je pris conscience que mon voisin recevait la visite de ces deux créatures si intéressantes. Je voyais avec plaisir les jours se réchauffer. Jusqu'à présent, je n'avais pu apercevoir d'elles que peu de choses. A une dizaine de mètres de mon poste d'observation se trouvait la terrasse du voisin. Il y avait aménagé un salon de jardin à l'abri d'un auvent, avec tables, chaises longues et canapé. Mais à cause de la fraîcheur printanière, je n'y voyais pas souvent les visiteuses, et quand j'avais sorti mon sexe au moment où je croyais qu'elles allaient s'installer, elles décidaient plutôt de se promener dans le jardin.
Je devais me contenter d'entrapercevoir leurs silhouettes élancées, alors que mon voisin, plus résistant sans doute aux basses températures, semblait prendre plaisir à vapoter sous mes yeux en caressant sa barbe charbonneuse ou en passant sa grosse main dans sa tignasse bouclée. Je le voyais étendre ses jambes épaisses et écarter sans gêne ses cuisses en soupirant d'aise pendant que ses femelles déambulaient non loin sous son regard blasé. Moi je tripotais frénétiquement mon petit vermisseau dès que m'était donné de voir un peu du cou ou des épaules de l'une des femmes, un morceau de cheville, sur un pull l'ombre arrondie d'une poitrine, la forme d'une fesse dans le voile d'une robe ou sous le tissu d'un jean.
J'observais avec une certaine frayeur mon goût pour le voyeurisme s'affûter au fil de ces heures épuisantes de guet. Je parvenais à jouir de presque rien, une silhouette, le dos d'un siège d'où ne dépassait que la pointe d'une sandale, un simple éclat de rire, j'en avais honte, j'imaginais Viviane me toiser du regard, elle dans les bras de son mari, et moi tombé si bas et se moquer, mais même de cette honte, je parvenais à tirer un plaisir pervers.
Il arriva qu'un soir, je trouvai une nouvelle matière à alimenter ce curieux penchant. J'avais ce jour-là guetté en vain et l'obscurité m'avait poussé à regagner ma chambre qui était à l'étage. J'ouvris grandes les fenêtres pour faire entrer dans la pièce la douceur du mois de mai ainsi que le parfum du grand tilleul qui pousse en face, dans le jardin des voisins.
J'allais pour me mettre sous les couvertures quand vint à moi, par les fenêtres, ce que je reconnus immédiatement être la voix de la femme de mon voisin. Mais elle ne parlait pas, elle ne riait pas non plus, elle poussait de puissants gémissements qui ne laissaient aucun doute quant à leur nature ni quant à leur origine, la bite du voisin qui la pénétrait. Je tendais l'oreille, fasciné. Les vocalises restèrent longtemps régulières, assez graves, sans aucune retenue, relâchées, faciles. J'imaginais le voisin qui officiait en rythme, derrière elle ou devant, ça, il ne m'était pas donné de le savoir. Cela me fit tout de suite bander. Combien cela dura ainsi ? Un quart d'heure, une demi-heure ?
Puis, peu à peu un souffle rauque de mâle se mêla aux effusions de la femelle et à mesure que celui-ci gagnait en force, celles-ci montèrent graduellement de plus en plus haut dans les aiguës, puis enfin s'enchaînèrent sans aucune règles ni continuité, intégralement désorganisés comme les wagons d'un train qui déraille et se disloque en tombant d'une montagne.
Il y eut alors plusieurs secondes de quasi-silence où l'on n'entendait plus que l'homme respirer bruyamment et s'échauffer ; puis soudain, sortant des ténèbres, une plainte étrange prit le dessus, un nouveau son qui n'avait rien de féminin, mais où je devinai le timbre de la femme, elle poussa dans le silence de la nuit un grand râle d'agonie, lourd et profond, comme un brame de cerf qui se prolongerait longtemps, avec de longues saccades douloureuses.
Je n'entendis alors plus aucun bruit. Le calme était complètement revenu sur le jardin. Je pris conscience que mon sexe s'était entièrement vidé et j'allais nettoyer ma main souillée avant de me coucher.
Ainsi c'était comme ça qu'un homme véritable faisait l'amour à une femme. J'imaginais ainsi Viviane heureuse et épanouie sous les coups de boutoir de son mari. Je finis ma soirée en éjaculant une seconde fois sur une photo de leur couple prise récemment au bord de la mer. On la voyait enlacée par son homme qui la regardait amoureusement, tandis qu'elle, bouche entrouverte, fixait le photographe avec des yeux brillants comme si elle venait de jouir.
Le lendemain matin, je regrettai d'abord de devoir partir travailler en laissant derrière moi mon couple d'amoureux. Mais alors que j'allais me glisser à l'intérieur de ma voiture, voilà qu'à côté le portail s'ouvrit. A l'avant de la Volvo, la voisine tenait d'une main son volant, et laissait aller son autre bras nonchalamment à l'extérieur. Le SUV passa lentement devant moi, elle me regardait tranquillement, me jaugeant de pied en cap. Et avant de détourner la tête, elle m'adressa un petit sourire entendu et en agitant délicatement ses doigts, elle me fit de sa main un signe amical.
Il va sans dire que mes pensées toute la journée revinrent à cet instant fugace et recomposèrent mille fois les beautés de son visage : Sa chevelure noire et brillante tirée en arrière, le dessin net et fin de ses sourcils, ses pommettes hautes, son nez droit et parfait, l'impénétrabilité de son regard qui, lui, s'enfonçait en vous aussi facilement que le métal d'une aiguille dans de la pâte à modeler, et enfin ses lèvres rubis dont les deux courbes supérieures remontaient et s'élargissaient naturellement, ce qui devait lui donner en permanence un air à la fois hautain et animal.
Le soir finit par arriver et c'est un garçon totalement épris de sa voisine qui revint chez lui, n'ayant qu'une pensée : la revoir. J'allais au jardin, mais de là je n'avais pas de vue sur l'endroit où les voitures pouvaient se garer, sans compter que cette vaste maison comptait un garage intérieur que l'on devinait à travers le portail. Je me résolus donc à attendre, le regard inspectant les fenêtres et l'oreille aux aguets. Mais la nuit vint et seul le chanceux voisin se laissa voir de temps en temps passant devant à l'une ou l'autre de ses fenêtres. Je dînais sans grand enthousiasme et je me mis rapidement au lit, décidé à me masturber en pensant à la voisine. Cependant au même moment que la nuit dernière, le miracle eut de nouveau lieu. Aux pensées obscènes qui m'occupaient se mêlèrent des sons tout aussi obscènes, mais ceux-là bien réels, c'étaient les mêmes merveilleux sons que la veille.
Le même concert fut joué, le même rythme et la même musique, et enfin la même apothéose finale eut lieu avant que le silence ne retombât. Il eut également pour moi la même conséquence, c'est-à-dire le passage nécessaire à la salle de bain pour nettoyer la main que mon sexe avait encore salie. Enfin comme la veille, j'eus recours à la même photo de Viviane, celle où elle se montrait si câline avec son époux, et je me vidais une deuxième fois pour m'apaiser, imparfaitement, mais suffisamment pour que je puisse trouver le sommeil.
Le lendemain, j'espérais bien revoir ma musicienne repasser devant moi à l'heure du départ, et là encore je ne fus pas déçu. La même scène se reproduisit dans les moindres détails, le même sourire et le même léger mouvement de doigts. A ceci près que cette fois-ci, j'aurais juré que la dame juste avant de se détourner m'adressa un clin d'œil !
Je passai une autre journée dans un état second. Etait-il possible que cette déesse s'intéressât à mon insignifiante personne ? Allais-je encore la revoir, n'allait-elle pas disparaître ? Tout cela était-il bien réel ?
Que l'attente fut longue jusqu'à la venue de la nuit ! Et que la récompense fut à la hauteur ! La femme était pour la troisième fois consécutive revenue dans le lit de son amant pour se faire si bien baiser. A travers l'espace qui séparait les deux maisons, elle m'exprimait sa satisfaction et me disait chaque plaisir que ce mâle savait lui donner. Ce clin d'œil ce matin ! Oui, elle devait avoir deviné que le jeune voisin l'écoutait se faire prendre, c'était volontairement que leur fenêtre restait ouverte pendant qu'ils forniquaient. Peut-être l'homme aussi savait. Peut-être que chaque gémissement, que chaque grand coup de bite qui l'avait provoqué, tout cela m'était aussi destiné !
Après la jouissance commune et le retour du silence, j'effectuai encore le même rituel comme pour que le miracle puisse se répéter identiquement chaque soir. J'imaginais le couple formé par Viviane et son mari prenant le même bruyant plaisir en toute liberté, nullement dérangés à l'idée que je puisse les entendre. Pire, je commençais à me demander si je n'aurais pas aimé les voir faire, être spectateur de leurs ébats, comme j'aurais voulu voir mon voisin besogner sans retenue sa compagne et la rendre si heureuse. Non que je me crus capable de les imiter, ces mâles avec qui j'avais si peu en commun. Et, de fait, la nature du plaisir que j'eus pu en retirer m'était assez floue puisque, pour moi, une telle situation n'aurait engendré que de la frustration et de la honte.
Inutile de préciser que le lendemain matin, exactement à la même heure, j'attendais le passage du SUV noir. Il passa effectivement. Mais cette fois-ci plus rapidement et vitres fermées. Sans que la conductrice ait un regard. Déstabilisé, je perdis toute contenance et le suivis bêtement des yeux, le corps tourné vers lui sans me rendre compte du ridicule de ma réaction. Les feux arrière s'allumèrent alors que la voiture m'avait dépassé de quelques mètres. Le véhicule se stabilisa un peu plus loin. Une dizaine de secondes s'écoulèrent, la vitre s'abaissa et je vis sortir un bras. La jolie main d'un geste vif se débarrassa de quelque chose. Immédiatement après, la voiture redémarra et disparut bien vite au coin de la rue.
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Commentaires ()
La suite, vite, par pitié !