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✦ Jane Does Chemins de honte XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Chemins de honte — Chapitre 2 · Un autre printemps

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Jane Does
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Chemins de honte

Chapitre 2 · Un autre printemps

Deux paires de mirettes nous suivent alors que nous sommes en vue de la place que les deux mecs occupent au coin du bar. Et celui qui a invité Mélanie la questionne muettement, d'un regard éloquent. Il doit se douter qu'elle m'a touché deux mots de sa demande plutôt étrange. J'ai dans l'idée que de son côté, ce Noël a fait pareil avec mon cavalier. Et ça me trouble plus que je ne veux le révéler. Et François propose un autre verre, tout en cherchant à m'attirer contre lui. Il y a, outre la musique de l'orchestre, un bourdonnement de fond qui règne dans la salle et qui fausse les conversations. Il n'a d'autre choix que de se pencher pour que j'ouïsse ce qu'il veut me raconter.
— Ça va ? Votre amie Mélanie plait beaucoup à Nono...
—... ! Elle m'a parlé de sa requête plutôt... saugrenue.
— Et ? Vous en pensez quoi ? Il a une bouteille de champagne au frais... c'est sympa, je trouve. Ça ne vous intéresse pas ?
— Oh ! Mélanie fait ce qu'elle veut, mais pourquoi m'associer... ou vouloir que nous allions nous aussi chez lui ? Vous, vous êtes son ami, mais moi ? Pourquoi moi ?
— Ben... demandez-lui, finalement ce serait aussi simple de vous adresser à lui, non ? J'ai ma petite idée sur la question, pas sûre qu'elle soit à votre gout, mais sait-on jamais ?
—... ? Pourquoi ne pas me dire ce que vous savez ou pensez dans ce cas ? C'est un piège ? Un traquenard ?
— Non, bien sûr que non ! Nous aimons les jeux à plusieurs, sans forcer jamais qui que ce soit.
— Hein ? Jeux à plusieurs ? Vous me faites passer quel message ? Ma copine est assez grande pour savoir ce qu'elle veut ! Je ne suis pas certaine de bien comprendre !
— Je ne vais pas vous faire un dessin. Vous avez remarqué qu'il l'a tripoté un long moment et ils sont plus ou moins excités... et je ne vous cache pas que je le suis également. Mais Noël et moi aimons que nos copines de jeux se libèrent de leurs tabous et quoi de mieux que de vivre à quatre ce qui d'ordinaire se vit en duo ? De plus, nous savons que vous êtes venues ensemble, dans la même voiture et pour le côté pratique... enfin c'est à vous de décider de la suite des évènements. Sachez juste que j'ai aussi envie de vous que Nono aimerait faire l'amour à Mélanie. Elle, j'en suis persuadé est prête aussi à faire ce premier pas. Nono n'est pas homme à prendre en traitre qui que ce soit, et il a dû lui mettre le marché en main.
— Mais... elle ne m'a pas présenté les choses sous cet aspect-là. Elle m'a simplement dit qu'il aimerait que j'aille boire un verre chez lui...
— Alors ? Elle a surement eu peur de vous dire la proposition de Noël dans sa globalité... Qu'est-ce qu'on fait ? Vous rentrez chez vous et demain vous aurez quelques regrets ? Ou alors, vous venez finir la fête avec nous trois, au risque d'avoir seulement des remords demain ?
—... ? Je n'en sais rien... je ne suis pas très...
— Allons, Armelle ! Vous êtes seule, nous sommes célibataires, votre amie aussi, où est le mal ?
— Le mal... ? Vous avez une façon de penser ou de dire les choses, assez cynique non ? Entre regret et remords, je dois donc me résoudre à l'une ou l'autre de vos solutions ?
— C'est à vous de décider... enfin à vous et à Mélanie, bien sûr... mais demandez-lui ce qu'elle en pense ! Parce que visiblement...
Je me retourne et... le spectacle de ma collègue dans les bras de son soupirant me renvoie aux envies qu'elle a, à son besoin de calmer sa fringale. Ça bouillonne sous ma tignasse brune et je ne sais plus quelle attitude adopter. Refuser la proposition de ces deux-là, c'est mettre un terme à la relation naissante entre le type qui lui roule une pelle et elle ? Mais me résigner à les accompagner, n'est-ce pas mettre le doigt dans un engrenage dont je ne maitrise pas l'ensemble des paramètres ? Et puis je me pose la bonne question ? Est-ce que j'ai suffisamment envie de faire l'amour pour lui permettre de vivre une fin de nuit de folie ? Mélanie s'agrippe à Noël avec une ferveur et une force qui rendent délicat un refus de ma part. De plus, nous partageons tous les jours le bureau de notre travail et... j'ai peur que des tiraillements mettent à mal notre amitié.
Alors, puisque ses prunelles restent incrustées dans les miennes et que je n'aime pas les querelles, je lâche du lest. C'est avec des trémolos dans la voix que je finis par céder à ces implorants regards qui m'attristent. Bon ! Je vais suivre le mouvement, me promettant cependant de ne pas aller plus loin que l'accompagnement pour un seul verre. Pour ce qui se passera ensuite entre Mélanie et son Noël, voire avec aussi François, je n'ai nulle intention de mettre la main à la pâte. Et je me jure mentalement que je filerai à la première tentative de m'inclure dans un jeu auquel je ne tiens pas à me mêler. Et puis... au moins saurais-je où ces messieurs auront embarqué mon amie. Est-ce que ça va s'avérer suffisant pour qu'elle soit exemptée de tous risques ? Pas si sûr !
Nous voici donc sortant de la boite, deux couples qui finissent leur virée nocturne en quittant l'endroit. Au regard des éventuels témoins, tout peut paraitre « normal ». Ça l'est de toute façon, sauf surement pour mon cerveau, un peu désorienté par le discours de François. Et je m'attends à ce que Mélanie et moi parcourions le trajet dans ma voiture et je me trouve prise au dépourvu lorsque son compagnon du moment expédie quasiment son pote sur mon siège passager.
— Ça ne vous dérange pas, Armelle, si je vous enjoins mon copain François en guise de copilote ? Il connait bien la route et au moins serais-je certain que vous n'allez pas vous égarer !
— Ah... bon ! Je vois que c'est déjà organisé...
— Vous voulez bien de moi à vos côtés belle-dame ?
François s'amuse de la situation, je le sens. Et contre mauvaise fortune autant faire bon cœur. Il est donc confortablement installé lorsque nous démarrons derrière la grosse berline de celui qui a pris en charge Mélanie. Dommage ! J'aurais bien aimé tirer les choses au clair avec cette collègue qui me plonge un peu plus dans une tourmente dont je me demande comment elle va se terminer. Et j'ai bien peur d'en avoir une idée de moins en moins vague. Et au final, j'en arrive presque à me poser la question de savoir si, je ne suis pas un peu la dinde de la farce, une fois de plus. Je m'efforce pourtant de ne rien laisser voir et bien qu'à bonne distance, je roule prudemment derrière les feux rouges de l'auto qui nous précède.
Si mon accompagnateur reste un petit moment silencieux, c'est pour revenir soudain à la surface et d'une voix qui trahit une certaine tension, il ose me poser la question qui doit lui trotter depuis un moment dans la tête.
— Ça vous dérange incontestablement, n'est-ce pas ? Votre amie Mélanie a vraiment envie de cette soirée, mais vous n'êtes pas très... convaincue ?
— À vrai dire, elle me fait un peu pitié. Vous savez, je crois que depuis qu'elle est divorcée, Mélanie n'a plus jamais approché un homme d'aussi près que ce soir.
— Je vois ! Vous n'avez donc jamais de votre côté des envies de... femmes ?
— Si c'est de coucher que vous parlez, je ne vais pas vous mentir. Évidemment que ça m'arrive comme à tout un chacun, non ? Mais de là à imaginer un plan cul à quatre... il y a un sacré fossé, vous ne pensez pas ?
— Ben... jamais vous n'y avez songé ? Je veux dire que vous n'avez jamais envisagé cette possibilité que ça puisse décupler les sensations de tous les partenaires ?
— Vous ne voulez pas parler d'autre chose ? Je dois vraiment subir cet interrogatoire ?
— Comme vous y allez, c'est juste une conversation amicale ! Et puis il nous suffit d'attendre sagement que Nono et Amélie aient fini leur petite affaire... Mais je ne cherche pas à vous convaincre de nous suivre sur ce terrain, je ne veux que vous laisser imaginer... une situation qui peut être très bénéfique et sympa pour tout le monde. Ça n'a pas de caractère obligatoire, bien entendu.
— S'il vous plait... je suis mal à l'aise avec ce genre de dialogue...
— Ah ! Vous avez donc tant de tabous ?
— S'il vous plait ! Je peux me concentrer sur la route ?
— Ah... oui, oui bien sûr... mais je vous assure que vous avez un potentiel énorme et que bien des hommes aimeraient se retrouver dans votre couche... moi le premier, vous avez pu vous en rendre compte, lorsque nous dansions un peu serrés.
— Comment ça ?
— Allons ! Ne me faites pas l'injure de me faire croire que vous n'avez pas remarqué mon émoi, mon trouble...
— Mais...
— Armelle ! Vous êtes parfaitement au courant que vous m'avez fait bander et que j'en salive encore. Je me suis frotté à vous et... sans blague, c'était un régal. Je suis quasi certain que nous nous serions embrassés si les deux-là n'avaient pas eu soif.
—... ? Vous êtes incroyable, vous ! Vous ne savez donc pas faire silence ? C'est fou ! Vous voulez toujours avoir le dernier mot, c'est cela ?
— Armelle... je suis seulement en train de vous dire que vous êtes bandante et que j'ai envie de vous... de vous baiser très tendrement.
— Mais bien sûr ! Et comme par hasard, vous avez besoin de votre copain pour cela ? Et en plus de mon amie pour faire bonne mesure...
— Ben... j'avoue que deux femmes qui s'embrassent et se caressent, c'est aussi un vrai spectacle qui peut nous donner une énergie supplémentaire.
— Vous êtes en fait deux pervers, c'est bien ce que je dois comprendre ?
— Si être libertin, c'est dans votre esprit être pervers, alors oui ! Nous le sommes à priori. Et friands donc de ce genre de moments qui procurent une jouissance décuplée. Un jour qui sait... vous vous y essaierez également. Je vous pensais plus ouverte à quelques folies...
— Mais bon sang ! Nous ne savons rien de vous et vous nous proposez un plan cul, sans même que l'ombre d'un refus ne vous effleure l'esprit ? Pourquoi imaginez-vous de suite que toutes les femmes qui vont danser sont des « marie-couche-toi-là » en puissance ?
— Je n'ai jamais fait de telles allusions et puis... figurez-vous que j'ai un sixième sens pour flairer les femmes qui aiment ou vont aimer ces moments... très coquins.
— Eh bien, pour une fois, vous vous êtes trompé, voilà tout !
— Si vous le dites ! N'en parlons plus donc et... nous allons bientôt tourner à droite et arriver chez Nono... vous pourrez faire ce que vous voulez ! Rester ou nous quitter. Et ne vous faites pas de mouron pour Mélanie, nous sommes des gentlemen's, nous la ramènerons chez elle... après qu'elle se soit un peu... amusée.
Le changement de direction de la voiture qui nous précède m'indique la route à prendre. Et la fin de notre trajet s'annonce rapidement. Lorsque nos moteurs se sont tus, le silence de la nuit, allié à la noirceur de celle-là me fiche une chair de poule incommensurable. Mon passager déboucle sa ceinture et dans le geste qu'il fait pour atteindre l'attache, sa main me touche légèrement. Ça suffit pour m'électriser complètement et j'ai un vrai sursaut. Le devine-t-il ? En tout cas, il n'en montre rien. Nous sommes pratiquement ensemble sur le sol gravillonné de la cour de la maison dont on ne distingue pas seulement les contours. À quelques enjambées de là, une lampe soudainement inonde de lumière une terrasse vers laquelle François se dirige.
Mélanie et son courtisan sont déjà devant une porte d'entrée dont Noël déverrouille la serrure. Une autre source lumineuse plus intérieure, celle-ci renforce l'éclairage extérieur. Et nous avançons dans un hall qui embaume la cire. Cette odeur qui chatouille mes narines m'en rappelle d'autres. Et notre hôte se plie aux usages, en nous guidant dans un couloir qui mène à un salon dont les murs sont noyés dans une pénombre volontaire. Là, comme dans beaucoup de lieux aménagés pour le repos, deux fauteuils, un très long canapé et quelques meubles, d'où émane une fragrance de cire. Noël nous fait assoir et se replie vers une autre pièce.
Sans doute la cuisine parce que presque immédiatement, nous parviennent les bruits de verres et le chuintement d'une porte de réfrigérateur qui s'entrouvre ou se referme. C'est les bras chargés d'un plateau que notre ami rapplique. Une bouteille de champagne est là, qui trône sur la table basse désormais et dont le bouchon laisse échapper ce son si particulier qui signe l'ouverture du flacon. Dans le silence revenu, il est possible à tous d'entendre le pétillement des bulles dans les flutes que vient de remplir le propriétaire de la maison. Enfin, il tend à chacun d'entre nous un de ces contenants, avant de nous inviter à trinquer.
— À vous Mesdames... à votre beauté et à une fin de nuit heureuse pour tous.
—...
Les autres répliquent quelques mots dont je n'écoute rien. Je suis dans ma bulle, perdue dans mes pensées. Je ne vais tout de même pas aller au bout des fantasmes de ces deux mecs ? Pour Mélanie sur qui je pose mon regard, sans doute qu'il est déjà trop tard. Elle aussi est dans un autre univers et... son sourire béat reflète son abandon. Si je comprends son point de vue, je ne le partage pas pour autant. Lorsque le copain de François repose sa flute, je constate sans ambiguïté que c'est bien ma collègue qui vient au-devant des lèvres de son chauffeur. Et la pelle qu'ils se roulent devant nous, me colle aussi un coup de chaud. Assise sur un des deux fauteuils, je sens la main de François qui vient chercher la mienne. Je ne le laisse pas me la prendre.
Oh ! Aucune insistance, et comme pour me narguer, il se relève du second siège qu'il occupe et va s'agenouiller devant les genoux de mon amie qui baise à bouche que veux-tu son partenaire de la soirée. Elle n'a aucun geste de refus lorsque le gaillard remonte sa patte entre ses deux cuisses, celle-ci disparaissant de ma vue sous sa jupe. Et incrédule, mais fascinée, figée devant ce spectacle, j'assiste muette à l'effeuillage total de Mélanie. Elle ne cherche pas du tout à se rebeller, se contentant d'embrasser goulument son partenaire, alors que François lui retire sa culotte, et qu'il plonge ses doigts dans l'intimité ramenée à la lumière. Déjà, des soupirs sortent de la gorge de celle qui visiblement apprécie les caresses doubles des messieurs.
Quand est-ce que je remarque le visage de François qui me fixe, alors qu'il fouille la chatte largement exposée ? Une manière de m'inviter au festin ? Une façon de m'inciter à braver mes interdits ? Mais je suis scotchée sur mon fauteuil, sans pouvoir faire un geste. Et je ne peux qu'admirer la dextérité avec laquelle les deux mecs s'occupent de ma collègue. Sans en avoir l'air, ils parviennent en un tour de main à se retrouver eux aussi nus que des vers. Et... c'est inimaginable, mais Mélanie ne fait aucune difficulté pour prendre en bouche la trompe de Noël qu'il lui présente pendant que son pote fait aller et venir sa main dans son entrejambe. Elle a les seins à l'air et je suis là, à épier chacun des gestes des uns et des autres.
Je pourrais filer, me lever et regagner ma voiture. Je n'en fais absolument rien, gardant seulement les yeux rivés sur ce bouquet changeant que forme le trio qui n'a plus aucune pudeur. Ils sont deux à lui donner à téter leur sexe et elle ne se fait nullement prier pour gober à tour de rôle ces manches très différents l'un de l'autre. Elle parvient même à certains moments à avaler ensemble les triques raides. Tout se bouscule dans mon crâne. Je vois la bouche rouge qui joue avec les baguettes et ses doigts qui semblent soupeser les bourses pleines des deux mâles en chaleur. Incapable de bouger, j'assiste donc sans un mouvement à ces scènes de préliminaires qui ne peuvent qu'aboutir à un coït sauvage.
— xXx —
Non ! Non et non, pas question que je me livre à une telle orgie. En revanche, je ne suis pas du tout dans l'état d'esprit de me dire que regarder cela jusqu'au bout c'est mal. Non ! Je suis là et leurs jeux me fascinent, me donnent un coup de chaud. Mais il y a dans ma tête une sorte de blocage. Si j'ai bougrement envie de faire l'amour, un truc me gêne sans que je sache dire de quoi il s'agit. Mon esprit se refuse à me faire déguerpir, tout en me maintenant sur place, spectatrice privilégiée de ces attouchements charnels déments. Parce que force m'est de constater que Mélanie est une amante exceptionnelle. Elle se donne à l'un comme à l'autre avec des gémissements et des cris qui me font serrer les poings. Elle n'est pas immobile, loin de là. Sa participation active à ce trio n'est plus à démontrer.
Rattrape-t-elle le temps perdu ? En tout cas, elle ne s'interdit rien et les fellations qu'elle distille à l'un ou l'autre de ses partenaires sont captivantes. Voir entrer et sortir le sexe hyper bandé de François ou de Noël, les regarder aller et venir entre les lèvres de mon amie, ça me creuse le ventre. Et mes yeux restent plantés sur le nombril de celui avec qui j'ai fait le chemin de retour. Un ombilic bien ourlé, perdu dans une mer de poils sombres, et l'homme qui m'invite juste du regard, à suivre ses manœuvres, ou qui sait à les rejoindre ? Cette fois, elle veut passer à la vitesse supérieure ? Elle se redresse, repousse la table basse qui sépare le canapé des fauteuils et se case sur le tapis de laine qui couvre le sol.
Elle joue de ses muscles, dans une danse indécente, allongée devant trois paires de mirettes qui scrutent son corps sans fard. Lorsqu'elle se repositionne sur les genoux, en levrette, elle a le visage tourné vers moi qui fait tache dans le salon. Je demeure la seule entièrement vêtue et je me doute bien que c'est aussi surréaliste dans cette ambiance de sexe débridée. Je ne peux qu'admirer l'index en crochet qui fait signe à Noël de venir au-devant de son corps. Il obéit évidemment. Et sans un mot, il est pressé de se coucher sur le dos, sexe face au visage de la dame. Il n'hésite pas du tout et se place comme elle semble le désirer. Et j'ai sous les yeux, tout proche de moi, ce manche qui trop raide ne pointe pas vers le plafond. Non ! Il est collé au ventre du gus.
Je m'attends à une nouvelle sucette de la part de Mélanie, offrande de son gosier à ce mât qui l'espère. Il n'en est rien. Elle laisse retomber sa croupe sur la face du bonhomme, et ses menottes quittent le sol pour venir à la rencontre de mes genoux. Là, elles atterrissent doucement puis longent l'intérieur de mes cuisses, font pression sur celles-là, comme pour en ouvrir le portail niché au tréfonds de mes vêtements. Un léger tressaillement et je vois sa frimousse avancer dans ce couloir entrouvert, mais non dénudé. François quant à lui vient de s'agenouiller derrière la femme qui remonte lentement son fessier. Et alors que les doigts de la miss atteignent ma culotte, sa chatte est investie par la queue impatiente.
Mais ce ne sont pas les attouchements de Mélanie, qui insiste sur ma fente, pas non plus l'image de cette bite qui la lime désormais qui me font mouiller. Ceci y contribue bien entendu, mais la source la plus virulente me vient des pensées du visage de ce Noël qui doit avoir une vue imprenable sur la possession par son pote de mon amie. Drôle d'idée, puisque je ne peux pas voir ce qui se déroule sous le ventre de ma collègue. Mais les coups de reins de François qui la baise de plus en plus fort l'empêche de me tripoter davantage, trop occupée qu'elle est par le coït féroce auquel elle est soumise. Et je dois bien avouer que je n'ai nul besoin d'autres suggestions pour tremper mon sous-vêtement. Ça dure de longues minutes avant que les acteurs n'échangent leur place. Les postures évoluent et mon fauteuil est « oublié » de nouveau, par ceux qui baisent à tout va.
Viennent les premiers signes de fatigue, avant que trois corps emmêlés demeurent sans bouger sur la carpette. Je me lève, récupère mon sac à main et cette fois, je quitte le lupanar. J'en ai assez vu pour cette nuit. Ils ramèneront bien Mélanie, qui est de toute manière, entre de bonnes mains. J'en sais assez sur les deux hommes pour comprendre qu'elle va encore prendre cher, sans qu'elle s'en plaigne surement. J'ai découvert là une autre facette de Mélanie. Mais plus intrigant encore, c'est surtout que j'ai aimé au-delà de tout, mater ces épisodes de cul plutôt hard. Et bien sûr que mon envie est là, ancrée en moi, que j'aurais pu, mais que je n'ai pas voulu. Le ferais-je un jour ? Je n'en sais rien, ne veux pas le savoir. Et... il est l'heure pour moi d'aller dormir.
— xXx —
Le retour au bureau ce lundi matin est... ombrageux. Mélanie et moi évitons le sujet de cette soirée. L'une comme l'autre savons bien que ça va devenir ingérable si nous n'évoquons pas de près ou de loin cette virée nocturne. Et je ne tiens pas plus qu'elle a envenimer une situation déjà bien étouffante. Alors vers dix heures, lors d'une pause-café, je lui apporte sa tasse.
— Tiens, ma belle !
— Merci... je... tu n'es pas trop fâchée pour ce que tu sais ?
— Mais non ! Tu t'es fait plaisir ? C'est bien là l'essentiel, non ?
— Je ne sais pas ce qui m'a pris, c'est comme si quelqu'un d'autre avait le contrôle de mon corps, de mes sens ! Trop de privations durant de longs mois ? En tout cas, je suis heureuse d'être sortie avec toi, Armelle. Mais pourquoi as-tu filé à l'anglaise lorsque nous en avons fini avec nos galipettes ?
— J'étais crevée et ces gars-là n'avaient aucune mauvaise intention. Ils t'ont ramené chez toi ?
— Oui... mais j'ai bien senti que François était déçu. Je crois qu'il nourrit des sentiments sincères pour toi.
— Ah ? Ben, les grands serments et les mots d'amour... je dois dire que j'en ai soupé et que je suis d'une méfiance absolue.
— Tous ne sont pas des salauds en puissance, enfin je veux le croire.
— Ouais... parlons d'autre chose, veux-tu ! Tu ne parviendras pas à me faire changer d'avis...
— Je... je dois aussi m'excuser pour mes gestes... trop... enfin, tu vois ce que je veux dire, je n'aurais surement pas dû te toucher...
— N'en parlons plus ! Mais tu as un sacré tempérament, ma belle ! Je n'aurais jamais cru que tu sois insatiable de cette manière.
— Tu veux que je te dise, Armelle...
—... ? Quoi ?
— Eh ben, j'aurais vraiment aimé que toi et moi... nous allions plus loin. Va savoir pourquoi ! Mais j'ai senti un incroyable besoin de te découvrir, de... te toucher et ce n'est pas vraiment dû à l'ambiance érotique de notre fin de nuit, non ! C'est tout autre chose !
— Érotique la soirée ? Tu plaisantes là, il ne peut pas s'en trouver de plus pornographique, tu veux dire ! Tu t'es laissée tringler par tous les bouts...
— Ah non !
— Mmm ! Pas par-derrière ? D'accord ! Mais sinon, ils ont joué avec ton corps autant qu'ils l'ont voulu et désiré. Tu ne leur as rien refusé.
— Ca fait si longtemps que... c'était comme une seconde chance, une renaissance quoi ! Mais... il m'a manqué... toi !
— Mais non ! Moi je suis hétéro à cent pour cent et je n'ai pas vraiment l'intention de virer ma cuti.
— Oh ! J'ai toujours pensé cela aussi et... je suis certaine que j'ai un petit béguin pour toi. Je ne suis donc plus aussi catégorique. Jamais non plus je n'aurais songée me taper deux types ensemble, déjà qu'un seul c'était galère, alors... un duo, tu parles si je suis ébahie.
— Ce n'est pas tout à fait la même chose.
— Tu... pas même une seule fois, pour voir, pour essayer, pour nous faire plaisir ? J'adorerais l'idée...
— Mélanie... arrête, veux-tu !
— Bon ! Mais c'est... dommage. Nous aurions fait la fête.
— Nous nous remettons au boulot ? J'ai une pile de dossiers en retard ! Que les gens profitent des week-ends pour poser des réclamations m'interpelle toujours !
— On mange ensemble ce midi ?
— Si tu veux... mais où ?
— Tu n'as rien contre le fait d'aller chez moi ? J'ai préparé hier soir pour le déjeuner... et puis le restaurant c'est bien, mais je préfère la cuisine plus simple. Une brandade de morue... ça te dit ?
— Tu plaisantes ? C'est pour te moquer ou quoi ?
— Hein ? Mais non ! Pourquoi réagis-tu de cette manière ?
— Après ta proposition... une brandade de morue, voyons, réfléchis cinq secondes.
— Quoi ? Je ne vois pas...
— D'accord ! Mais tu es vraiment cocasse... si en plus tu ne l'as pas prémédité, le destin se fiche de moi !
Elle rit de bon cœur et du coup je lui emboite le pas. Mais pour la pause déjeuner, j'ai le sentiment que c'est de toute autre chose qu'elle a besoin et... j'hésite bougrement avant de lui donner mon accord. Un repas en commun me convient, mais si le dessert est « une dame blanche » j'ai un peu plus de réticences. Pourtant elle a de la suite dans les idées et réitère sa demande.
— Alors ? C'est oui ou non pour manger chez moi ?
— Ben... je serais plutôt pour, si ça se limite à un repas... tu piges.
— Oh, bien sûr ! Voyons Armelle, comment peux-tu seulement imaginer que je vais te sauter dessus ? Ces choses-là ne s'imposent jamais. Elles se font en parfaite harmonie ou n'ont pas lieu d'être. C'est aussi simple que ça. J'ai envie de toi, mais sans ton accord tacite et explicite, je ne bougerai jamais, tu peux me faire confiance.
Il y a dans son attitude une lassitude qui me raidit. Évidemment qu'elle ne va pas me tripoter sans mon aval, mais bon sang, j'ai la nette impression que je lui mets le moral en berne. Alors dans un murmure, j'acquiesce à sa requête.
— C'est bon alors ! Je veux bien gouter à ta brandade de morue ma belle. Tu me donneras la recette ?
— Oh oui ! Je peux même te montrer comment je fabrique ça... c'est tout bête.
Ouf ! Immédiatement, son attitude change. Elle se projette dans autre chose et ça ne semble pas spécialement mieux pour moi. Je ne vais pas encore la démonter en lui laissant entendre que non, je ne veux pas qu'elle me serve de cuisinière. Alors je clos mes lèvres et ne montre qu'une risette de circonstance. Nous reprenons nos fauteuils pour finir cette matinée qui s'éternise. Et ce sont toujours les cloches qui nous rappellent que le temps de fermer nos PC est là. Si bien que nous remontons la rue sous un soleil éclatant. Les fers de ses talons claquent sur le bitume du trottoir et instinctivement, je marche au pas. Pas très longtemps puisqu'elle réside à quelques centaines de mètres de notre job. Un petit appartement où nous avalons sa purée au poisson, ce qui n'est pas si mauvais en fait.
Et nous regagnons notre bureau sans qu'elle ait remis sur le tapis son envie de câlins. Ce qui soit dit en passant m'arrange pour de bon. Notre deuxième partie de la journée de travail se passe sans que nous relevions le nez de nos dossiers et alors que je vais à la photocopieuse pour garder une trace d'une lettre que je vais mettre au courrier, elle arrive dans mon dos. Sans trop que je m'y attende, elle se colle littéralement contre moi, m'encercle de ses bras, nouant ses mains sur mon ventre, juste sous ma poitrine. Sa bouche vient me souffler dans le cou. Je ne tiens pas plus que cela à la rejeter rudement et... ne bronche pas.
Se sent-elle encouragée par ma passivité ? Peut-être, parce que sa bouche vient se plaquer sur ma nuque, et j'ai la sensation qu'elle me lèche la base du cou, ce qui me fait véritablement frissonner. Sans que je songe à la repousser, elle dirige ensuite ses lèvres gourmandes vers mon oreille gauche et dès qu'elle en déniche le lobe, de ses petites dents de souris, elle se met en devoir de me mordiller cette zone qui chez moi est hyper sensible. Indescriptible ce qui m'émeut soudain ! Oui, je me sens toute bizarre et n'ai aucune réaction convenable à lui opposer. Mélanie prend cela pour une permission sans doute. Elle se croit autorisée à aller de l'avant. Ses mains toujours nouées sur mon ventre se désolidarisent et l'une des deux vient se plaquer sur le devant de ma robe.
Bien trop bas pour que ce soit honnête. Puisque je suis de nouveau libre de mes mouvements, je me retourne pour lui interdire d'aller plus loin. Mais mon geste ne fait que la renforcer dans son idée. Elle s'imagine peut-être que c'est sa bouche que je veux et elle est terriblement plus prompte que moi. Ce qui fait que je me retrouve avec son museau scotché au mien. Sa petite langue pointue s'ouvre un chemin entre mes babines. Complètement prise par surprise, je suis comme amorphe et... l'impensable se produit là, alors que le ronronnement de la machine couvre les bruits de nos soupirs. Mélanie me baise la bouche avec une emphase inouïe. Et... j'en suis bouleversée par la douceur et la chaleur qui en découlent de ce pâlot trop... efféminé.
Oserais-je nier que le second baiser est de mon fait ? Bien sûr que non et comment aussi expliquer que nos bras nous serrent l'une contre l'autre ? Je me sens fondre sous la main qui rampe sous les pans de ma jupe. Et n'est-ce pas aussi de mon propre chef que mon bas-ventre vient à la rencontre de la petite patte qui écarte le triangle de soierie qui me cache le cul ? Tout comme cet index ou ce majeur qui prend quelques libertés avec les bonnes mœurs, en s'insinuant entre mes grandes lèvres, s'octroyant le droit de frôler mon clitoris. Pas de réaction hostile à cette intrusion dans mon intimité et je peux me rendre compte que la timide Mélanie a fait un sacré bout de terrain depuis son trio. Elle se sent pousser des ailes et je ne fais absolument pas un seul mouvement pour stopper ses tripotages.
Je suis pliée en avant sous cette lame de fond qui me ravage le sexe. Elle a réussi à me chauffer à un tel point que je n'ai plus du tout envie de la chasser. Et lorsqu'elle se met à genoux pour remplacer sa main par sa langue, la tête enfouie sous mes jupons, je n'ai aucun recul si ce n'est celui de m'appuyer le dos contre la photocopieuse et de râler sous sa léchotte qui me fait tressaillir. Pas de fausse pudeur, c'est tout bonnement divin et je suis conquise. Elle me fait une minette bien plus réussie que bien des hommes avant elle. Mon Dieu. Je suis bien incapable de lui demander de stopper sa manœuvre folle. Pire même, mes mains viennent compresser sa tête sur mes vêtements, lui intimant ainsi l'ordre indirect de continuer à me faire frissonner.
Il ne se passe guère plus de trois ou quatre minutes avant que l'eau ne me monte à la bouche. Je me sens totalement liquéfiée et sans doute que mon sexe ruisselle, coulant à grosses gouttes, voire expulsant des jets d'un liquide dont elle se repait. Le flot est si conséquent que ça me dégouline le long des cuisses et sur les mollets. Je jouis avec une violence inouïe, la force de celle-ci étant sans aucun doute décuplée par l'endroit et la surprise du moment. Il me faut de longues secondes avant de voir ressurgir de sous ma jupe la trogne ravagée de Mélanie. Ses joues sont luisantes de ce que mon ventre a libéré. Et son chemisier que ses seins tendent anormalement est largement auréolé d'une tache significative. Ses prunelles sont d'un brillant si vif que j'ai l'impression qu'elles sont fiévreuses...
Elle se relève gentiment, me prend dans ses bras et de nouveau elle me susurre quelques mots.
— Ben dit donc... une vraie marée. C'était trop bon pour moi... jamais je n'ai connu un tel plaisir... et je n'ai fait que te lécher... imagine si nous avions fait vraiment l'amour... oh ! Armelle, tu es... merveilleuse.
—... Mélanie... qu'est-ce qui nous est arrivée... nous n'aurions pas dû faire ça !
— Tu as des remords ou des regrets ? Armelle, dis-moi que ça t'a plu ! S'il te plait...
— Je... je ne sais pas, je dois digérer ce qui vient de se passer entre nous. Je n'arrive pas encore à tout analyser.
— Je... Armelle, je te promets que je t'aime...
— Mais non ! Ce n'est pas possible... laisse-moi un peu de temps pour...
Elle a l'air toute penaude et je me sens plus que conne. Comment ai-je pu ne pas repousser ces avances trop prévisibles ? Et puis... il y a cet arrière-gout de bien-être, ce moment rare où elle a si bien su faire monter en moi un orgasme comme je n'en ai jamais, vraiment jamais, connu. Elle et moi reprenons nos affaires et il est l'heure de fermer le bureau. Silencieuses, nous nous quittons gênées sur le trottoir en face de chez moi. Elle poursuit sa route pour les quelques mètres qui la séparent de son domicile. Cependant à de multiples reprises je la vois s'arrêter et scruter dans ma direction... espérant quoi ? Un geste de la main, un signal quelconque ? Rien de tout ceci ne vient de ma part.
— xXx —
Ma soirée est vite un enfer. Je n'arrête plus de revisiter dans ma caboche les images d'un film qui me fait baigner dans une envie quasi permanente. Bon sang ! C'est dingue de me sentir accro à des caresses exclusivement féminines. Et à plusieurs reprises, je fais mine de me tripoter. Mais ce n'est pas ce que mon corps réclame et je dois avouer que toutes mes tentatives pour me faire plaisir avortent à cause de ces images qui remontent en boucle dans ma tête. Et c'est au moment de visionner le film après les informations que je craque. Pourquoi est-ce que mon téléphone me brule les doigts ? Je le tiens, le repose, et finis par disjoncter. Le numéro de Mélanie est en mémoire, je n'ai même pas à le composer. Deux sonneries sont suffisantes pour que sa voix me claque dans les oreilles.
— Allo ! Armelle ? Il y a un problème ?
— Euh... je ne sais pas si c'est vraiment un problème...
— Oh ! Tu as une voix inhabituelle ! Dis-moi ce qui ne va pas...
— Ce serait mieux de vive voix, enfin je crois...
— Humm ! Je suis en nuisette... tu vois le genre de fringues très... transparentes et... pas très envie de me rhabiller.
— Ah ! C'est... bête !
— Oh ! Pas tant que cela, il te suffit de venir frapper à ma porte. Mais je reste telle que je suis là ; tu es prévenue.
— Ben... ça ne te dérange pas que je vienne ?
— Non, et pour être tout à fait franche j'espérais terriblement ton appel ou mieux, ta visite.
— Toi aussi ? Alors... j'arrive.
— Oui ! Nous ne pouvons pas en rester là, tu es d'accord ?
— Je... euh !
— C'est bon, nous en discuterons lorsque tu seras chez moi. J'ai quelques joujoux... je peux peut-être les préparer ?
— Des quoi ?
— Des jouets ! Tu vois, le genre qui remplace les messieurs absents. C'est très doux, mais c'est un pis-aller, tu t'en doutes bien. Encore que, maniés par des menottes expertes... c'est peut-être bénéfique et bluffant. Mais viens ! Ne nous faisons pas languir plus longtemps. Viens... j'en ai certainement autant besoin que toi !
— Je... j'arrive !
Folie, je sais que c'en est une et cependant, je vais m'enfoncer dans celle-là jusqu'à plus faim, plus soif, je le sais déjà. Fébrilement, je passe une veste, et me voici dans la rue. Un peu plus calme côté circulation à cette heure tardive. Cinq minutes de plus et je suis devant chez ma collègue. Ma marche nocturne n'a pas ralenti cette pression qui se répercute dans mon ventre à chacun de mes pas. Et je me sens... totalement en chaleur, alors que mon index écrase le bouton de la sonnette. Les mules qui trainent sur le sol m'avertissent de l'ouverture imminente de celle que je viens visiter. Et dans la lumière qui éclaire son corps par-derrière, je peux constater que le négligé est véritablement diaphane.
Les contours de ses cuisses sont plus obscènes que si elle était nue. Je demeure plantée devant cette apparition qui me remue bien plus que je ne veux le dire. Elle m'attrape par la main, m'obligeant par ce geste à avancer.
— Allons, entre ! On ne va pas rester plantées là, sur le perron.
—...
Je fais les deux pas qui me ramènent dans son hall d'entrée et c'est du pied qu'elle pousse la porte pour nous isoler de l'extérieur. Ses deux bras se font tentacules et me serrent contre elle. Sa poitrine écrase la mienne, alors que son visage colle sa joue dans le creux de mon épaule.
— J'ai rêvé de cet instant depuis... le local de la photocopieuse ! Incroyable ! Je suis incapable de définir ce qui m'arrive. C'est comme si j'avais toute ma vie attendu ce moment. Je... oui, c'est impensable et pourtant...
— Mélanie, je...
— Chut ! Ne dis rien ! Laisse-moi seulement agir. Allons, nous savons toi et moi pourquoi nous sommes là ! Et... j'en suis heureuse.
De nouveau, sa bouche cherche visiblement mes lèvres. Je ne les lui refuse pas et ce baiser à un parfum de miel. Envahie par des sentiments indéfinissables, je suis sans réaction. Elle m'entraine dans son salon et bien vite, elle m'effeuille telle une marguerite. Elle garde pour la bonne bouche, ma culotte en place. Et me voici allongée sur l'assise de son sofa, à la merci de ses mains, de sa langue et... je suis impatiente que les unes et les autres se mettent à l'ouvrage. J'attends avec anxiété leur venue sur cette peau qu'elle contemple avec un air ravi. Ce qui me frôle en premier dans la position où je gis, ce sont ses cheveux. Oui, ses tifs qui me chatouillent la bouille alors qu'elle se penche, lippes entrouvertes dans l'intention flagrante de m'embrasser.
Je ne cherche pas à me dérober. Je suis chez elle pour ce motif, c'est mon choix, c'est mon délire. Et... mon Dieu que sa langue qui me fouille le palais est agréable. La mienne se prend au jeu et nos salives s'échangent avec frénésie. Ensuite, tout devient plus vague, même si je suis active dans cette affaire. Mais c'est assez brouillon et il n'y a pas de schéma directeur. Disons que c'est à l'envi que nous jouons de l'archet de nos mains sur le violon de nos corps, vibrant de tous nos sens. Et la pièce s'emplit de gémissements, de petits cris et aussi je l'admets, du ronronnement peu familier des petits moteurs électriques dont sont équipés les fameux joujoux de Mélanie.
Elle sait l'usage de chacun et ne renâcle pas pour m'en apprendre le fonctionnement. M'invitant tacitement à en user, voire en abuser autant sur moi que sur elle. Quand je dis sur, ils s'en trouvent qui sont plus profondément ancrés et apportent des sensations inqualifiables, terriblement excitantes. Tout se joue en douceur dans ce salon où règne au bout d'un moment, une fragrance érotique faite de ses senteurs exhalées par nos épidermes en surchauffe, par nos ventres qui ne se font pas prier pour distiller des eaux bénites issues de fonts baptismaux féminins qui débordent de ces flux intimes. Nous alternons nos ébats de caresses et de baisers qui au bout du compte, nous enivrent davantage. Le temps n'a plus cours dans cette pièce où seul le sexe est roi.
Il est indéniable que toutes les meilleures choses ont également une fin et c'est faute d'énergie que nous abdiquons, repues, les sens assouvis. Et nous restons sur le lit de fortune qui nous a vus nous livrer un combat des plus singulier. La guerre du sexe terminée, l'armistice se signe dans un plongeon vers un sommeil réparateur. Et... mon réveil se joue entre rêve et réalité. Ce sont de bien douces caresses que me distille ma partenaire de la nuit, et elle sait si bien rallumer un feu dont les braises n'ont besoin que de son doigté pour être ravivées. Un pur bonheur, à vrai dire.
Que penser de ces battements affolés du moteur qui bat dans ma poitrine ? Alors que je la serre contre mon torse, que je berce telle une enfant celle qui sait si bien rallumer toutes les étincelles qui me font grimper aux rideaux, je ne sens étrangement prête à toutes les compromissions. C'est dingue de ne pouvoir me détacher de l'étreinte de la femme qui n'en finit plus de m'embrasser. Petits bisous sonores, agrémentés de longues pelles embrument l'ensemble de mon esprit, ensorcèle mon corps tout entier. Jamais avec un mec, je ne me suis trouvée dans une telle situation. À me sentir... amoureuse. Oui ! C'est le bon vocable ! Amoureuse de cette Mélanie qui cache si bien son jeu.
Petit déjeuner pris ensemble, comme la douche qui le précède et enfin notre journée de taf, dans un bureau qui semble trop petit pour abriter tous nos regards. Pas de bruits autres que ceux de nos claviers, et à chaque relevé de menton, nous constatons l'une comme l'autre que nous sommes les yeux rivés sur celle qui bosse en face. Les jours suivants deviennent pour moi, pour Mélanie aussi peut-être des instants d'une intensité jamais égalée. Je me sens totalement attirée, éprise comme une collégienne lors de son premier béguin. Et que nous soyons du même sexe ne parvient pas à me faire changer d'avis. Comment ai-je pu passer des mois, des années sans la remarquer ? Il faut si peu de chose pour que tout bascule.
— xXx —
Un énorme gâteau arrive auréolé de dix bougies sur lesquelles nous soufflons de concert, Mélanie et moi. Oui... une décennie que nous vivons sous le même toit. Une maison que nous avons achetée en commun, grâce à l'argent de la vente de nos biens respectifs. Nous voulions tirer un trait sur le passé et la seule méthode pour faire table rase, était cet achat qui nous lie. Nous vivons heureuses, comme tous les couples du monde. Nous avons connu bien des regards réprobateurs, des quolibets dans notre dos, des tentatives de dragues masculines également, sans jamais nous départir de cet amour qui nous colle aux tripes et à la peau. Ceux qui se sentent dérangés par notre union n'ont qu'à s'éloigner, ne pas trainer dans notre cercle intime.
Peu de gens nous critiquent ouvertement et nous n'avons que faire de leur morale. L'amour ne se commande pas, il nous étreint un jour, un soir, une nuit ou un matin, se moquant éperdument du genre et du sexe. J'ai appris depuis longtemps qu'il ne faut jamais dire jamais. Tout nous tombe dessus sans crier gare et le bonheur n'est pas toujours dans une mixité absolue. Mélanie possède des tas de qualités et en fin de compte, c'est notre cœur qui a décidé pour nous. Il suffit simplement de savoir écouter, ouvrir grand les yeux et se laisser bercer par la vie. Les quelques amis qui sont à notre table pour partager une part de moka sont les plus fidèles d'entre tous. Et mon amour sert les flutes. Lorsque toutes sont remplies...
Les doigts de nos invités s'emparent des pieds de ces longs cous où pétillent les bulles.
— A votre santé, mesdames... À Armelle et Mélanie... un des plus beaux couples qu'il nous a été donné de croiser...
Nous sommes front contre front et ce qui se lit dans nos deux paires de mirettes n'appartient qu'à elle et moi. Ses lèvres murmurent...
— Je t'aime, Armelle !
Alors que mon cœur bat la chamade et que de mon côté je lui réplique... avec un large sourire...
— Moi non plus, mon amour !
Fin !
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Frederyc
11 juin 2025 à 16:12
Magnifique récit !
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L'homme des bois
11 juin 2025 à 15:50
Très très bien écrit, plein de suspense,un fin des plus heureuse et inattendue.
Merci pour cette belle histoire
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