Un peu pute !
Chapitre 1 · La vie continue
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Un peu pute ! — Chapitre 1 · La vie continue

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Un peu pute !

Chapitre 1 · La vie continue

À partir de quand me suis-je dit que ce n'était plus possible ? Je n'en garde pas un souvenir très précis, mais chamboulée par une énième séparation, j'ai pensé que cette fois, il valait mieux jeter l'éponge. Tel un boxeur sonné, je me suis pourtant relevée. Comment cet homme à qui je donne tout peut-il me trahir dès qu'un jupon passe à portée de sourire. C'est incroyable. Il est là devant moi et minaude encore, cherchant presque à me rendre coupable de ses tromperies. Une manière de m'amadouer alors que j'entasse à la hâte quelques fringues dans une valise. Pas de divorce en vue puisque nous ne sommes pas mariés.
J'entends déjà les mots de Danielle, ma mère, quand elle va me voir revenir au bercail : « je te l'avais bien dit, vivre à la colle, ça n'apporte que des ennuis ». Là-dessus, elle a tort. Ne pas avoir de papiers officiels de mariage permet de ne pas s'engager dans des démarches judiciaires longues et couteuses. Même si bien entendu, Marc a sans doute profité de ce que nous ne sommes pas en couple aux yeux de la loi pour couchailler à droite et à gauche. Malgré ses grands serments d'amour, ses beaux mots il n'a eu de cesse durant ces quatre années de vie commune, d'aller se vautrer dans d'autres lits. Parce qu'il y a les infidélités dont je suis au courant, mais surement que d'autres existent, dont je ne sais rien.
Il s'assoit sur le lit, tente d'infléchir ma décision, mais c'est trop tard. Cette fois, le vase déborde et je n'en peux plus. Comment pardonner ? La fille en question, c'est la coiffeuse du bout de la rue, celle chez qui je passe une fois par mois. En plus, elle est mariée et son mari est venu faire du raffut à six heures du matin. Plus d'explications à demander ou à écouter, non ! Je pars et bien qu'il se torde les doigts en me jurant les grands Dieux que ça n'arrivera plus, qu'il n'aime que moi, que je suis la femme de sa vie, sa rengaine, je la connais par cœur. Mon sac est prêt ! Un dernier passage à la salle de bain pour récupérer brosse à dent et trousse de maquillage et je suis sur le départ.
— Bon ! Marc ! Nous n'allons pas nous battre plus que ça. Tu peux aller coucher avec qui bon te semble, tu es désormais libre. Je passerai dans la semaine avec papa, pour reprendre les meubles qui sont à moi et les dernières affaires... que je n'emporte pas là.
— Tu ne peux pas me faire ça... Claude ! Qu'est-ce que je vais devenir sans toi ?
— Moi, c'est avec toi que je me demande où j'irais si je restais. Tu es incorrigible. Je t'ai tout donné, sans jamais rien te refuser et j'ai des cornes si hautes que je dois avoir du mal de franchir l'Arc de triomphe sans me baisser. Alors non ! C'est fini...
Il vient de se lever et me prend par la main.
— S'il te plait... ne m'abandonne pas ! Tu es la seule qui compte, les autres c'est rien... juste pour...
— Pour quoi ? Marc ? Tu prends les femmes et tu les jettes ! C'est dégueulasse en fait, et encore plus humiliant pour moi.
— Humiliant ? Tu dis n'importe quoi, mon amour !
— Ne m'appelle plus jamais comme ça. Et réfléchis deux secondes, si tu vas voir ailleurs alors que nous faisons l'amour comme tu le désires ici, ça veut tout bêtement dire que je ne te donne pas ce que tu attends. Donc... j'en conclus que je ne suis pas celle qu'il te faut. Et notre route s'arrête là !
—... Non ! Tu ne peux pas me faire ça !
— Ça suffit. Arrête tes jérémiades, il fallait y penser avant. Trop bonne, trop conne. J'ai passé l'éponge je ne sais combien de fois. Mais là, avec ce type qui est venu tambouriner à la porte... un jour, un mari jaloux va finir par te casser la figure. Trop c'est trop ! Je t'enverrai un SMS pour te dire quand papa viendra déménager ce qui m'appartient. Pas d'objection ?
— Fais comme tu veux, mais tu es une belle vache de me laisser dans la merde !
— Ben voyons... au lieu d'aller tremper ta nouille partout dans le quartier, tu vas peut-être enfin chercher un vrai boulot... ça te changera un peu du canapé et des lits des voisines.
Je claque la porte derrière moi et me voici au volant de ma voiture. Direction le village voisin, chez mes parents. C'est Marcel, mon père qui m'ouvre. Pas besoin de mots ! Mon sac suffit à lui faire comprendre.
— Oh Claude ! Ce con a encore recommencé ? Quel idiot tout de même !
— Le mari est venu sonné à l'appartement ce matin ! Je te laisse imaginer ma tronche.
— Et Marc ? Il t'a donné encore quelles excuses ?
— Il n'a pas eu le temps. Dès que le cocu est reparti, j'ai pris la décision de filer. Il ne changera jamais, je n'ai plus vraiment d'illusion. Bon, maman va m'en faire une jaunisse.
— Je suis certaine qu'elle va surtout souffler un grand coup. Elle sait bien que ton Marco est irrécupérable. On se doutait depuis un bon moment que votre couple ne pouvait pas durer. Il a cherché du boulot au moins ?
— C'est désormais son problème... par contre, tu pourras avec ta remorque m'aider à déménager ce qui est à moi ?
— Oui ! Mais je ne veux pas le croiser... je serais trop tenté de lui coller une beigne. Quel imbécile !
— Je suppose qu'il n'a pas non plus envie de te rencontrer. Mais sois sans crainte, je serai là aussi. Tout se passera bien.
— Tu es sûre de toi ? Tu ne vas pas flancher une fois de plus ?
— Non !
—... !
Le ton presque violent que je viens d'employer pour jeter ce « non » le laisse perplexe, mais papa ne dit rien. Il s'avance vers moi et me prend dans ses bras.
— Viens là, ma grande ! La vie n'est pas toujours aussi simple, tu vois. Moi... j'ai eu de la chance, j'ai rencontré ta mère et nous avons eu une existence des plus riches. J'en suis fou amoureux, tout comme au premier jour. Mais je suis certain que toi aussi, tu vas trouver. Pourquoi tu ne prends pas l'appartement où tu vivais pendant tes études, en ville ? Il est toujours disponible. Nous ne l'avons pas reloué. Ta mère a toujours su que... tu en aurais besoin un jour ou l'autre.
— C'est vrai ? Je croyais que vous vous en étiez débarrassé dès la fin de mes études !
— Tu sais bien que Danielle ne lâche jamais rien. Et... elle a toujours eu un sixième sens... Alors ? Tu t'installes en ville ?
— Ben... si ça ne dérange personne, pourquoi pas ?
— Ouais ! Et puis tu vas aussi m'éviter de trimballer deux fois tes meubles... ça pèse cette histoire-là. En plus, Marc n'y a jamais mis les pieds si j'ai bien compris. Ça va éviter qu'il te harcèle, c'est bien le genre du loustic.
— Oh, non ! Il va surtout avoir à chercher du boulot pour payer le loyer.
— Bon ! On va voir Danielle. Elle ne sait pas que tu es rentrée. Elle est dans le jardin derrière la maison !
— xXx —
Maman grince un peu des dents, puis fataliste, elle me jette simplement :
— Un peu plus tôt, un peu plus tard, de toute façon, ça devait arriver. Mais je l'aimais bien ce gars.
La messe est dite. Je suis prostrée un jour ou deux dans ma chambre d'adolescente et mes parents, heureux de me revoir dans leurs murs me dorlotent, un peu trop, sûrement. Mais combien c'est bon d'être ainsi chouchoutée ! Drôle comme on oublie ces petits clins d'œil, qui refont surface à toute vitesse, dès lors qu'on est de retour dans le giron familial. Et après le flottement dû à ce départ précipité, je me remets doucement de la rupture. Comme prévu, Marc est invisible alors que mon père, moi et un de ces amis, nous allons reprendre ce qui m'appartient dans l'appartement. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les pièces résonnent du vide laissé par le retrait de la quasi-totalité des meubles. J'ai un dernier regard chargé de nostalgie, avant de tirer la porte sur ces quatre dernières années définitivement closes.
Qu'en reste-t-il ? Des souvenirs agréables, mais tellement d'autres moins bons que la balance ne penche pas fatalement dans le positif. Ne pas non plus avouer que les bras de mon compagnon ne me manquent pas serait mentir. Mais je ne suis pas la seule à en avoir profité et ça... ça m'est insupportable à l'idée. Alors, le pincement au cœur ne dure que le temps de réinvestir le petit deux pièces cuisine acquis par mes parents pour y loger leur étudiante de fille. La vie reprend ses droits et entre bureau et installation, les jours défilent sans que je les remarque vraiment. Carine, ma collègue de bureau est aussi aux petits soins. Elle a dix ans de plus que moi, et coule des jours paisibles entre un mari adorable et son fils. Mise naturellement au courant de mes déboires conjugaux, elle me couve.
À vingt-huit ans, une femme a aussi besoin de s'épanouir ailleurs que dans le boulot, mais franchement, je ne me sens pas de sortir seule dans la ville. Au bout de quelques semaines de solitude, mon corps me rappelle à l'ordre et il m'arrive de le calmer d'une main adroite. Mais ce pis-aller ne saurait être viable de longs mois. J'éprouve de plus en plus souvent des envies démesurées qui restent la plupart du temps insatisfaites. Ça me prend même au bureau et c'est horriblement gênant de me sentir me tortiller. J'ai souvent l'impression que Carine qui est en vis-à-vis a repéré mon petit manège. En fait... il m'arrive de remuer les cuisses de manière à soulager cette tension qui monte trop vite.
Et les légers mouvements de battements que mes jambes enregistrent sous ma jupe, s'ils ne me permettent pas de vraiment jouir, au moins apaisent-ils une certaine fringale. Je dois être rouge lorsque je lève les yeux brillants et je m'aperçois que ma collègue me regarde avec un sourire au coin des lèvres. Simplement en dame bien élevée elle se tait. Nous n'entretenons pas vraiment de relations autres que professionnelles et sans doute n'ose-t-elle pas me demander ce qui se passe. Aurais-je envie d'y répondre en plus ? C'est une autre paire de manches. Là, sur mon siège, je pique un fard en devinant ce qu'elle pense. Où est le mal de toute façon ? Elle imagine, c'est tout, donc l'honneur est sauf. Le mien en tout cas.
Elle doit bien savoir que la solitude peut nous ronger et que pour une femme normalement faite, il existe des moments où le corps... veut exulter. Et un de ces temps forts me triture légèrement les méninges depuis quelques jours. Pour couper court à mes gesticulations trop visibles, je me lève de mon siège et file à la photocopieuse. Au moins debout, les frictions de mes gambettes entre elles sont moins perceptibles. Il me trotte dans le crâne un désir qui me fait serrer les dents. À la maison, il y a longtemps que j'aurais mis la main dans ma culotte, pour endiguer tout ceci. Là, c'est quasiment impossible puisque Carine n'a pas les yeux dans sa poche et ça ne se fait pas.
Le bruit des feuilles dans le chargeur couvre celui des pas de celle qui m'observe depuis le pas de la porte. C'est sa voix qui me fait sursauter.
— Tu es sûre que tout va bien, Claude ?
— Hein ? Euh oui, oui, pourquoi ?
— Oh ! Il est des choses que nous les femmes avons du mal à cacher.
— Pardon ? Tu parles de quoi là, Carine ?
— Tes mouvements un peu désordonnés, sur ton siège, ta nervosité aussi, je suppose que je dois mettre ça sur le compte de ton célibat passager.
—... ? Tu... non ! Je ne vois pas où tu veux en venir.
— Allons, c'est humain. Et puis, je connais les mêmes soucis dès que mon Bernard part en déplacement.
— Et... il part souvent en déplacement, comme tu dis ?
— Toutes les deux semaines et il reste quinze jours loin de la maison, donc je peux t'en parler savamment de ces « démangeaisons » déplaisantes.
— Je ne pige pas ! Tu veux me faire passer un message ?
— Non ! Seulement te dire que c'est notre lot à toutes, ces petites envies de nanas trop seules.
— Oui ? Mais toi lorsqu'il rentre...
— Ben, ça ne compense pas forcément le temps qu'il passe loin de moi et... j'avoue que j'ai un gros appétit dans ce domaine, tu vois !
—...
Si je vois ? Évidemment que je sais ce qu'elle veut dire. Mais je la vois si sage, si rangée, comment est-ce possible ? Et puis elle en parle ouvertement, sans ambages. Et je reste comme deux ronds de flancs. Que lui rétorquer ? Que ça me travaille les ovaires cette situation ? Que depuis bientôt une semaine, je joue en solo sur l'écrin vide des amours déçues ? Je ne vais pas décemment lui raconter que je me masturbe tous les soirs en reluquant un film porno ou en créant dans ma foutue caboche des images revenues de moments passés. Elle ne tente pas de me convaincre de toute manière. Non ! Elle est juste là à soliloquer en attendant que je libère la machine commune.
— Et puis tu sais, Claude, il y a plein de possibilités... et moi j'opte pour la liberté de faire ce que je veux !
— Mais... Carine, ton mari, ton fils, tu as une vie de femme bien remplie.
— Pour être bien remplie, je t'assure qu'elle l'est.
— Hein ? Tu m'expliques là ? Parce que franchement, je ne comprends pas grand-chose à tout ceci.
— Ben... mon homme sait que mon corps m'appartient, mais que mon amour est à lui. Et les deux ne sont pas fatalement associés, si tu saisis bien.
— Tu veux dire que tu as des aventures et qu'il est au courant ? Et il ne se fâche pas ?
— Non seulement il ne s'en plaint pas, mais en plus il m'y encourage... et je ne me fais plus prier depuis longtemps.
— Ça alors ! Je te donnerais le Bon Dieu sans confession... Mais ce n'est pas un peu risqué ?
— Oh... il suffit de savoir faire le bon choix. Et j'ai quelques habitués. Des personnages hauts en couleur. Je les choisis souvent bien plus âgés, ça limite les risques.
— Tu me coupes les jambes, là ! Mais pourquoi tu me racontes tout cela ?
— Ben, entre femmes, la solidarité ne devrait pas être un vain mot. Je sais bien la phase par laquelle tu passes en ce moment, pour l'avoir vécue dès que mon mari a commencé à vadrouiller loin de moi pour son boulot. Et si je peux te rendre service... c'est volontiers que je le ferai.
Je n'ai rien à lui répondre. J'en suis baba ! Carine qui couche à droite ou à gauche et son mari qui l'encourage ? Je n'arrive pas à me projeter dans cette histoire qui me dépasse. Mais après tout, elle est épanouie, toujours d'humeur égale au bureau, elle n'a jamais rien laissé entrevoir de sa situation personnelle. Un signal d'alarme dans ma cervelle se met à clignoter. Pourquoi est-elle venue spontanément me raconter tout ceci ? Au lieu de calmer ce qu'elle nomme « démangeaisons » mon ventre lui a des réactions contradictoires. Et il émet des grognements assez violents. Bon sang, c'est dingue ça ! Je suis à deux doigts de jouir en l'imaginant... non ! Mon siège se retrouve avec mon postérieur plus en feu qu'avant mon passage à la photocopieuse.
Carine revient elle aussi s'assoir et me fixe bizarrement. Je me plonge le nez dans mon dossier, mais elle ne lâche pas l'affaire. Et...
— Si tu veux, ce soir après notre boulot, je peux te présenter un gentil monsieur.
—... ?
— Ben, ne fait pas cette tête, je ne suis pas une pute, mais plutôt une libertine. Et ces hommes que je rencontre ne sont pas ma propriété, tout comme ils ne peuvent pas revendiquer l'exclusivité. Alors je peux t'en faire rencontrer un de temps en temps, si le cœur t'en dit. Et puis, ça calme sans doute les cris de souffrance de ton joli bidon. Tu es en manque ma belle, je ne fais que t'apporter une solution.
— Carine ! C'est dingue ! Je n'arrive pas à croire que... ton homme puisse te laisser faire des trucs avec d'autres.
— Eh ! N'aie pas peur des mots... « des trucs » ! Ça s'appelle baiser, ma chérie. Et puis avec mon Bernard, nous faisons l'amour, avec mes amants, je baise, c'est tout. Lui est toute ma vie, les autres ne sont et ne resteront que des objets sexuels que je prends et laisse, ou jette si ça ne convient pas. Des sex-toys sur pied en quelque sorte. Pour info, celui que je me propose de te faire rencontrer est trop jeune pour moi. Oh, je l'ai essayé une fois ou deux, histoire de me défouler, mais j'aime que ce soit moins fougueux, plus tendresse que bête à concours. Il serait surement parfait pour te redonner le moral.
— Tu es incroyable, Carine ! Comment peux-tu parler comme ça des types avec qui tu... ?
— Décidément, tu as du mal de finir tes phrases. Le verbe « baiser » a des difficultés pour franchir ta gorge, ma jolie ? Réfléchis seulement une seconde. Un homme qui trompe sa femme, ça fait de lui un héros aux yeux de ses potes. Une nana qui se permet la parité, c'est forcément une salope, ou pire... une pute ? Ben non ! Et puis j'ai le feu vert de mon mari et c'est aussi très jouissif pour tous les deux lorsqu'il est de retour à la maison.
—... !
— Je dois appeler Jules après le déjeuner. Si ça te chante, je lui dis que j'ai une amie... par contre, personne ne sait où je travaille, il ne fait pas exception à la règle.
— Je...
— Tu n'as pas à me donner ta réponse immédiatement. On va déjeuner ensemble ce midi et tu décides en ton âme et conscience. En plus, prendre un verre n'engage à rien. Sauf à voir s'il peut te plaire ou pas. Et ce n'est pas non plus pour en faire un mari, donc... il a ce qu'il faut au bon endroit pour une soirée... plus torride que celles dédiées à une petite séance de branlette.
— Mais...
— Tsst ! Ne me raconte pas d'histoire, je sais parfaitement ce que c'est et j'ai gouté à ce plaisir simple avant toi, Claude. Jules me parait tout indiqué pour une nuit moins solitaire.
— Va pour le déjeuner ensemble, pour le reste... je ne sais pas !
— Ça me va. Et ma foi ! C'est à toi de décider ! Je propose, tu disposes. Moi ce soir, je visite Henry... un ingénieur sympa.
—... ?
Elle se tait après ce long échange qui me laisse pantoise. Comment n'ai-je rien deviné de la duplicité de Carine ? Et dire que je la voyais dans le rôle gentillet de femme mariée bien rangée. La vérité est tout autre, bien loin de ce que je pouvais croire. Mais c'est sa vie, son corps aussi et puisque son Bernard et elle se complaisent dans cette configuration, en quoi ai-je le droit de les juger ? Ils sont libres et si je m'en réfère à ce sourire qu'elle arbore, elle respire la joie et le bonheur, donc pour moi, c'est bien. Mon dossier ne va pas se monter tout seul, donc je me remets le nez dans le guidon et ça me rapproche de l'heure du repas. Midi sonne au cocher de l'église au centre du village. Et nous allons ensemble « chez Gustave », un restaurant à prix abordable pour les employés.
— xXx —
Notre casse-croute est un moment convivial où nous côtoyons des personnes venues de toutes les entreprises des environs. Une longue tablée où nous mangeons en discutant avec des inconnus ce qui limite les conversations trop intimes. C'est donc sur le bout de trottoir qui nous conduit au bureau qu'elle me rappelle sa proposition.
— Dis-moi ! Je vais appeler Jules, tu as un peu songé à ce que je t'ai dit ?
— Franchement non ! Nous avons passé un très bon moment « chez Gustave » et ton idée m'est sortie de la tête.
— Un verre ! Pourquoi ne pas en profiter ? Ça ne peut pas faire de mal, et comme je te l'ai rappelé tu n'es pas obligée de t'engager.
— Pourquoi tiens-tu tellement à me le fourrer dans les pattes ? Je ne suis pas, comment tu dis, libertine, moi !
— Oh... parfois, les femmes le sont, mais elles l'ignorent et c'est souvent l'occasion qui fait qu'on bascule dans ce genre de petits travers.
— Mais...
— Allez, Claude, ne te fais pas prier. Tu pourrais être surprise, vas savoir.
— Bon ! Un verre et c'est tout. Et encore parce que tu insistes. D'accord et tu le rencontres où ?
— Au bar « des amis », sur la place du marché, à dix-huit heures quinze, juste en sortant du taf.
— Bon... mais c'est seulement pour te faire plaisir...
— Mais oui, mais oui !
Elle me sourit et je la sens presque rassurée. Sans trop de raison, j'en arrive à me demander si quelque part, elle n'a pas un intérêt caché à m'entrainer dans ce micmac. Je n'ai pas la solution à l'énigme que mon cerveau se complait à interpréter. Je viens donc de m'engager et je ne peux plus faire machine arrière. L'après-midi est vite à son terme, du moins en ce qui concerne le bureau. Le plus difficile arrive alors que nous remontons l'avenue qui dessert le bistrot où le dénommé Jules doit la rejoindre. Et dès notre entrée, j'ai la sensation qu'elle est une habituée du lieu. Des types de tous âges, au comptoir, lui font un signe discret du menton. Saluts muets qui font que je sais d'emblée qu'elle doit venir souvent ici.
Le serveur s'empresse d'accourir. Il se poste, droit comme un « I » devant la petite table dans un coin que Carine a choisi sciemment. Le jeune homme s'adresse donc à elle en priorité.
— Pour vous, ce sera un demi sans faux col ?
— Ben oui ! Comme d'habitude.
— Et pour votre amie...
— Il suffit de lui demander, voyons vous êtes timide ?
— Oh ! Je vais prendre la même chose, mais coupé avec de la limonade,
— Un demi-panaché et un demi... c'est parti.
Le gars retourne vers le bar et il attend que celui qui tire la bière en ait fini avec notre commande. Pendant ce temps, Carine elle, ne quitte pas des yeux la porte d'entrée.
On est un peu à l'abri des regards ici ! Mais Jules ne devrait plus tarder. Et les bibines atterrissent sur leurs sous-bocks devant nos places respectives. Le gaillard dépose aussi une soucoupe avec le ticket de caisse et au moment où il quitte notre table, un type fait son entrée. Il est plus jeune que Carine, c'est une certitude. Il est grand, svelte ou élancé, les cheveux châtains bien taillés, il fouille la salle des yeux. Immédiatement, je sais que ce loustic est là pour elle. Et mon cerveau fait de suite une passerelle en songeant que c'est peut-être pour moi, en fait. Ma collègue a donc vu l'homme et elle lève la main. Il fonce dans notre direction, sous les regards des types qui nous épient du comptoir.
— Ah ! Bonjour Carine. J'avais peur d'être en retard. Mais tu es en charmante compagnie.
— Je te présente Claude, une amie.
— Enchanté ! Tu m'avais caché que tu avais des amies d'une telle beauté.
—...
— Ça va, ne la met pas mal à l'aise avec tes roucoulades inutiles. Claude est une fille sage.
— Ah ? Ça existe encore à notre époque ? En tout cas, je ne retire rien de mes paroles... mais vous n'avez pas de langue ?
— Euh... si ! Bonjour.
Ce gaillard est un curieux personnage. Plein de gouaille et d'un franc-parler. Mon esprit me fait danser d'un pied sur l'autre en me demandant si je dois en rire ou en pleurer. Il y a chez cet homme un mélange douteux de verve et de raillerie qui me fait rester sur la défensive. Le serveur vient de nouveau pour que ce Jules se désaltère en notre compagnie et il parle de choses qui me sont étrangères avec celle que j'ai accompagnée ici. Mais ses yeux fureteurs sont prompts à revenir caresser ma poitrine qui est forcément assez proéminente pour qu'il en suppute la grosseur. Si au début, je me sens amusée, voire un zeste flattée que mes seins le fassent loucher, son insistance à ne suivre que leur courbure me met vite la pression.
Il me pose aussi quelques questions dont j'élude les réponses ou évite d'être trop précise. Et une bonne heure passe ainsi sans que rien de positif ne ressorte de ce drink quasi imposé par Carine. Et soudainement, elle jette un coup d'œil à sa montre et s'écrie :
— Oh Zut, ce que le temps passe vite. J'ai rendez-vous avec Henry à l'hôtel. Je vais devoir vous abandonner pour la soirée. Ça ne te dérange pas Claude, de tenir compagnie à Jules ?
— Euh...
— Ben, vous n'allez pas me planter là toutes les deux. Allons, je ne mange personne, madame Claude.
Sa bonne blague le fait rire ? Elle ne m'amuse pas du tout. Et comme je ne suis pas sa rigolade, il s'imagine que je n'ai pas la référence sûrement. Mais le remue-ménage créé par le départ de Carine interrompt ses explications vaseuses. Et je regarde les fesses de ma collègue qui se dandinent dans la jupe de son tailleur de petite employée modèle. Ses talons la font chalouper et sa chute de reins est l'objet de toutes les attentions des habitués du troquet. Et bien sûr, Ce Jules est comme les autres. Il me persiffle gentiment.
— Y a pas à dire, malgré les années, ça reste une sacrée belle plante. Elle a un sacrément beau cul... mais dommage, elle est plus axée sur les vieux.
—... ?
— Vous êtes au courant, non ?
— Quoi ?
— Oh... elle joue un peu la pute pour son mec. Bernard, vous le connaissez ?
— Ben non.
— Je vais vous dire un secret, alors. Même elle n'est sans doute pas au courant. Mais il fait semblant de partir au boulot pour des quinzaines entières et elle gagne un peu de fric en... je ne vais pas vous faire un dessin !
— Vous êtes bien au courant, on dirait !
— Ben... j'ai fait partie des gens que Bernard invite à la fête. Et c'est à lui que ceux avec qui elle couche s'arrangent. Sous couvert de libertinage et de cocufiage, il a bien monté son petit truc... et il ne se fatigue plus à bosser.
— Mais... c'est juste un plan pourri, non ?
— Si chacun y trouve son compte, après tout ! Lui trouve des amants à Carine et elle est heureuse. Je crois qu'ils sont amoureux comme au premier jour et que leur affaire fonctionne du feu de Dieu. À qui ça fait du mal, puisque personne n'est lésé ? Elle aime le cul et ma foi, il lui en procure de belle manière.
— ... C'est...
— Dégueulasse, pourri, vous l'avez déjà dit. Mais vous ! Parlez-moi de vous. Vous aussi aimez le sexe ?
— Hein ? Qui vous autorise à me parler de la sorte ? Je ne suis pas Carine, et vous ne pouvez pas tout vous permettre.
— Oh ! Je vais être franc ! Tu es une belle poulette, si ton croupion est du style de ta laiterie, tu as un bon potentiel. Et j'aimerais gouter à tes... friandises. Tu ne veux pas essayer ?
— Essayer quoi ? Vous êtes un peu dérangé !
— Mais non ! Elle m'a appelée ta copine. Il semblerait que ton dernier mec soit parti et que ça te chatouille un peu. Tu as envie d'un mâle ? Eh bien, je suis celui qui va te redonner la confiance perdue dans les mecs.
—... ? Vous êtes complètement siphonné, ma parole.
— Ça suffit. Je paie la note et tu me suis sans discuter. Sinon...
— Sinon quoi ? Nous sommes en plein café, vous vous prenez pour qui ?
— Je vois ! Madame veut se faire prier, implorer à genoux, peut-être ? Ben, c'est pas le genre du bonhomme. Allez, amène-toi ! J'ai ma piaule tout près... sur le trottoir d'en face.
— Mais non !
Il m'a pris la main et il la serre fort. Ce Jules à une force du diable et il me fait relever. Puis sans se soucier des piliers de bar qui picolent au zinc, il m'entraine vers la sortie. Je n'ai même pas la présence d'esprit de ruer dans les brancards. Un simple cri et il devrait me lâcher ! Pourquoi est-ce que je ne fais rien, que je le suis docilement ? Je me fais la réflexion que je suis trop conne. Une fois dehors, il sera trop tard ! Il a l'air déterminé et bon sang, mon ventre est en feu. Qu'est-ce qui me prend ? Je peux encore, il reste la porte à franchir, refuser de l'accompagner. Mais non ! L'idiote du village se laisse embarquer en douceur. La rue ! Je trottine derrière le gus qui tire sur mon bras. Plus rien ni personne cette fois, pour me sauver du naufrage.
La porte du corridor qui dessert plusieurs appartements est entrouverte. Lui s'y engouffre, et cette fois, il libère mon poignet. Il stoppe sa marche forcée.
— Tu es une chouette fille. Et je t'ai raconté des bobards ! Carine c'est une vraie libertine. Elle ne couche qu'avec des types pour faire plaisir à son mari, mais lui n'est pas son mac. Et elle m'a raconté ton histoire, enfin ta solitude et tes... désirs inavoués. Elle est une fine mouche. Elle a compris tes masturbations même au bureau, tes mouvements de cuisses... ça m'a donné envie de te connaitre et... je l'ai un peu poussé pour qu'elle te fasse venir boire un coup.
— Pourquoi tout ce cinoche, alors ? C'est dément de m'avoir trainée presque de force dans ce corridor !
— Tu es libre de partir si tu ne veux pas aller plus loin ! Mais sache que je suis prêt à te donner du plaisir.
— Vous êtes bien présomptueux. Vos manières ne sont pas celles d'un homme digne de ce nom
— Oh... je tenais seulement à m'assurer que tu n'étais pas... bon, je reconnais que j'ai été stupide, sur ce coup-là. Et je te prie de me pardonner. Tu peux venir prendre un verre chez moi et ensuite rentrer chez toi. Je sais que ta copine disait vrai. Tu es une fille sage. Mais ça n'interdit pas de nous encanailler, bien au contraire.
— ... ? Mais vous ne pensez qu'à ça, ma parole ? Tous les mecs sont-ils donc comme ça ?
— Beaucoup ! Je t'avoue que tu es... à croquer. Tu fais comme tu veux. Je suis dans l'appartement qui est au fond du couloir, le dernier sur la gauche. À toi de voir si... un bon moment peut t'aider. Salut.
Jules avance sans se retourner et me voici plantée là tel un piquet dans un couloir sombre. Mince alors ! Il m'est aisé de faire demi-tour, de retrouver le grand air de la rue et de rentrer chez moi. Alors ? Pourquoi est-ce que je reste là à tergiverser et à tourner et retourner tout ceci dans ma caboche ? Sans compter que côté sexe, je suis trempée. Le fait que ce voyou m'ait quasiment malmenée m'a mis en transe. Ma culotte doit être bonne à tordre. Que faire ? J'hésite ! Reprendre le cours de ma vie et oublier tout ça ? Marcher vers le logement de ce mec et... choix compliqué qui me fait des nœuds au cerveau. D'un côté la raison qui me souffle de filer de là à toutes jambes, et de l'autre mon corps qui me hurle : vas-y ! Va te faire baiser.
Quelle décision adopter ? Je ne sais plus et la porte s'entrouvre sur une brave dame qui me voyant là au milieu de son chemin a un beau sourire. Elle ne se doute pas de l'angoisse que je vis.
— Vous cherchez quelqu'un, madame ?
— Euh... Jules, ça vous dit quelque chose ?
— Jules ! Mon Dieu, c'est le locataire du fond à gauche. Un brave garçon... et si beau avec ça... trente ans de moins et j'envierais votre place madame... je vous accompagne si vous voulez.
Et si ceci ne s'appelle pas le destin, je ne sais plus comment le dénommer. Elle me guide vers la porte. Puis là, elle sort un trousseau de clés et disparait dans le hall d'entrée en face. Je suis de nouveau seule pour décider. Mais je n'ai pas besoin de le faire, parce que sans doute alerté par la voix douce de sa voisine, Jules vient d'ouvrir.
— Heureux de voir que tu as finalement dépassé tes peurs. Allez viens. Josette a toujours une oreille qui traîne un peu.
Vaincue, je franchis le seuil et l'huis qui se ferme sur moi m'isole du reste du monde. Lui se tient debout, sérieux et souriant.
— Ben avance, ne reste pas plantée là. Je me suis demandé si tu allais oser. Et... je suis tellement content que ça me donne envie de t'embrasser ! Je peux ?
—... ?
Pas de réponse ! Alors bien entendu que ses bras se referment autour de mon buste et que plaquée contre sa poitrine solide, je sens très vite le souffle qui court sur mon visage. J'ai juste le temps de me dire que son parfum est... excellent, que ses lippes déjà se soudent à ma bouche. Et... le ballet que jouent nos deux langues ressemble à s'y méprendre à un bal des débutantes pour moi. Je suis submergée par des émotions qui me donnent des frissons. Mon Dieu ! C'est comme si j'étais transportée au paradis. Et les paupières closes, je participe bel et bien à cette pelle qui me donne des chaleurs. Oh... les mains du bonhomme n'ont plus de limites, en tout cas elles franchissent en toute quiétude la barrière que je n'interdis pas. Jules se frotte éhontément l'entrejambe contre une de mes cuisses et... ce que je pressens là est de belle nature.
Lorsque les mains masculines font choir au sol ma veste de tailleur, je n'ai pas un geste de recul. Je crois surtout que j'accentue la pression pour m'assurer que ce qui se vautre là est... réel. Ma jupe aussi ne résiste pas très longtemps à ces doigts qui décidément se montrent bien entreprenants. Et la corole de tissu est très vite emmêlée dans la guenille qui me cache d'ordinaire le haut du corps. Lui déboutonne une à une les attaches nacrées qui gardent clos mon chemisier. Et il ne me reste plus que ma culotte humide au possible et mon soutien-gorge accordé à celle-ci. Mes seins semblent être sa première cible privilégiée. Il les sort de leur gangue de coton et sa bouche vient pour un baiser plus bouillant encore que le précédent. Succion étrange qui me tire un soupir sans borne.
— xXx —
Est-ce que j'aide à l'effeuillage du bonhomme ? Dans ma tête un grand flou, je ne veux plus m'en souvenir. Et je le laisse me lécher, m'embrasser, me tripoter sous toutes les coutures. Il n'est pas question de pénétration immédiate, non ! Jules prend la mesure de ce qui se tient là, sous ses yeux. Je ne suis pas franchement prude et il me caresse habilement, jouant de sa langue autant que de ses doigts. Et je me laisse bercer par ses attouchements de plus en plus intimes et très érotiques. Pourtant, je ne cherche pas à lui rendre coup pour coup. Je prends sans rien donner en échange et au bout d'un long moment, je le sens, pas vraiment agacé ou énervé, mais pensif. Et il stoppe sa découverte de mon anatomie pour me regarder.
— Ça ne te plait pas, c'est ça ? Je m'y prends mal sans doute ?
— Mais non ! Pourquoi toutes ses questions ?
— Ben... j'ai la nette impression que tu restes distante, que tu te laisses faire, mais sans vrai plaisir que je te caresse. Et le but c'est bien d'en avoir ensemble.
— Quoi ? Je ne pige pas !
— Tu es... inerte comme si je te faisais subir je ne sais quelle torture. Les préliminaires sont un moment de partage entre deux personnes qui se plaisent... et je ne sens chez toi aucune motivation. Je ne fais jamais aux femmes que ce qu'elles désirent. Alors si d'aventure, tu n'aimes pas, dis le Claude. Je sais faire la part des choses.
— Mais non... c'est seulement que tu ne me connais pas assez pour comprendre. J'aime que les corps perçoivent toutes les sensations que les caresses leur prodiguent et si nous nous frôlons mutuellement, la moitié de ce que nous pouvons ressentir est cachée par les câlins que nous offrons à notre partenaire. Et je suis partisane du « l'un après l'autre ».
—... ? Explique-moi ça !
— Ben... par exemple si tu me doigtes en profondeur, je ne sais pas te faire une fellation correcte, parce que tout bêtement mon esprit est pris par ce plaisir que tu me donnes, et c'est moins... violent pour toi comme pour moi !
— Ah, d'accord, alors là si je te donne le feu vert et stoppe toutes mes manigances, tu vas prendre le relais ?
— Voilà ! Nous ne sommes pas toutes faites du même bois. Et...
— Oui ?
Comment répondre puisque ma main s'empare de la tige qui lui bat le ventre ? Et que ma tête se penche pour en effleurer le prépuce. Salivé, lentement retroussé par mes lèvres en cul de poule, le gland sort de cette opération, lubrifié, tout luisant de ma bave. Jules ne se plaint plus et je branle en suçotant le vit surgonflé par un afflux de sang que son envie maintient raide et fringant. Ça ne rate pas. Un long jet, une fusée blanchâtre éclaboussent trop vite mon gosier. Il relève le front, pour épier ma réaction ? Et moi je fais comme si rien ne venait de se passer. J'insiste encore et encore et la dernière goutte assèche la lance qui suite à cette éruption spontanée baisse enfin la crête. Il me pose les mains sur les cheveux et je me repositionne de façon à ce que son bras ceigne mes épaules.
Nous n'avons pas encore fait véritablement l'amour, mais j'ai déjà joui délicatement et bu sa semence jusqu'à la dernière goutte. Blottie nue contre ce corps de mec qui me réchauffe, je songe à Carine. En cet instant, qui sait, peut-être qu'elle aussi est dans les mêmes dispositions. Je lisse le poitrail velu de ce mâle qui sait être patient. Et ma menotte va de ses tétons à son ombilic. Cratère délicieusement ourlé et noyé dans une mer de poils bruns. Il garde de son côté sa paume sur la rondeur de mon bras et sursaute à l'arrivée de mes doigts aux confins de ses bourses. Périlleux voyage que j'entreprends pour rallumer la mèche. Et... le résultat dépasse largement mes espérances. La bête relève la tête, redevient flamboyante. Je secoue un long moment ce manche et c'est moi, oui, moi seule qui vient m'empaler sur la cheville.
Mes bras en appui sur le torse de Jules, je fais bouger mes reins et donne un certain ressort à mes cuisses pour rythmer le coït que nous venons de mettre en route. Il ne tente pas de me pistonner, se contentant de suivre les mouvements de mon ventre qui tantôt rapidement, tantôt plus lentement se déhanche sur l'appendice de chair bien au chaud dans le fourreau velouté. Et petit à petit, je fais monter en moi un ouragan, une tornade libératrice. Ça explose en myriades d'étoiles ou de petites flammes, alors que tout mon être est secoué de spasmes inarrêtables. Mes gémissements se muent en cris plus gutturaux et je retombe épuisée sur le bonhomme dont les tentacules me gardent prisonnière, couchée sur sa bedaine. Il bande encore un peu et je lui murmure quelques mots.
— Laisse là mourir là, ne me la reprend pas ! J'ai horreur qu'elle soit arrachée de moi brutalement. Oh Jules ! Laisse-la quitter ma chatte sans rien faire... s'il te plait.
Je n'ai pour toute réponse qu'une main qui se balade sur mes reins, à la limite de la raie de mes fesses... Puis un doigt vient chatouiller un orifice particulier, si semblable chez tous. Je ne tente pas de fuir cette cajolerie spécifique. Il sait et moi aussi que quand nous en aurons envie... ce lieu aussi sera visité. Je n'ai plus de pensée pour Carine. Sauf peut-être un grand merci muet. Sans elle, je ne serais pas repue de sexe dans la couche de son pote Jules... et je me demande finalement si son pieux mensonge... à ce drôle de type, ne cacherait pas un fond de vérité.
Ne sommes-nous pas toutes... un peu putes quelque part ?
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Ontentetu
9 mars 2026 à 12:05
C’est drôle j’avais l’impression de lire une adaptation de Alice au pays des merveilles et que nous nous rendions jusqu’au moment où Alice entre dans le terrier ( le couloir de l’appartement) Jules le lapin en retard avec sont attitude pressée et puis elle « cour » un peu après l’ayant perdu dans le corridor, il y a la dame un peu étrange et sortie de nulle part qui l’accompagne et la pousse à faire son choix. A Corine serait le chat, mystérieuse qui donne des pistes pas trop claire et elle apparaît et disparaît.
J'étais vraiment hyper, puis il y a pas de suite et je me suis rendu compte que je me suis sans doute trompé….
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Jeunehomme66
7 juillet 2025 à 10:08
Tout d'abord, je trouve ça très bien écrit, les mots sont recherchés et le style est sur ! Une belle plume à mon sens !
Pour l'histoire, j'ai eu du mal à m attacher aux personnages de Claude et de Jules, par contre celui de Carine me plaît plus !
J'aime beaucoup l'idée que les femmes comme les hommes sont égaux en matière de sexe et de libertinage !
Niveau excitation, ce n'est pas le genre d'histoire qui me fait jouir mais j'ai pris tout de même du plaisir à la lire
Merci pour ce moment
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Saephyr
16 juin 2025 à 18:15
Très jolie histoire. On la voit en pleine découverte. Merci à toi
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