Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hier encore — Chapitre 3 · Quand le chat n'est pas là !
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Hier encore
Chapitre 3 · Quand le chat n'est pas là !
Il est rentré chez lui en me laissant avec un malaise croissant. D'une part parce que pour une obscure raison, mon cerveau ne répond plus normalement à mes tentatives d'apaisement et pour vraisemblablement le fait que mon homme et son pote partagent un secret. Celui d'une discussion dont apparemment j'ai fait l'objet entre eux. Que se sont-ils raconté ? Qu'est-ce que Pierre a bien pu bavasser à ce Marc ? Puis visiblement je l'ai jugé un peu hâtivement et fine mouche, il a su trop bien me le faire savoir. Un samedi ensoleillé pourtant entaché d'un gros nuage, que mes doutes, craintes rendent bien trop sombre. Et le déjeuner que je prends seule n'arrange pas mes idées noires.
Dans ma caboche, tout tourne en boucle et je me demande ce que les deux lascars ont imaginé, en dehors de leurs souvenirs d'enfance. Pierre rentre tard, vers dix-neuf heures, et de suite, je sens sa mauvaise humeur latente. Bon ! Le temps des explications va attendre. Il n'est jamais à prendre avec des pincettes lorsqu'il est d'astreinte. Celle qu'il vient de vivre laisse des stigmates sur son visage. Les traits fermés, la mine renfrognée, pas besoin que j'en rajoute une couche qui pourrait nous valoir une scène de ménage. Et je ronge mon frein sur le canapé. Lui si prompt d'ordinaire à venir au-devant des plaisirs de la chair, reste distant, lointain.
Le boulot explique-t-il à lui seul cet état ? Je songe que parfois, après les gardes à vue et autres menus plaisirs de la justice, il doute de ce qu'il fait. Il ne le dit pas d'une manière claire, mais tout chez lui transpire de ce contact prolongé avec la misère humaine. Et les paroles de son pote Marc sont bien le reflet de la complexité du système judiciaire. De plus, quel que soit le pays, la justice est faite par des hommes et c'est là que le bât blesse. Je suppose qu'en fonction de la sensibilité du moment de celui qui est censé être « juste », elle ne se rend pas toujours équitablement. Les « aveux » spontanés aux accents d'une sincérité que je n'ai pu que constater chez Marc me montrent que tout n'est jamais blanc ou noir.
Ce qui m'inquiète ce sont pourtant ces échanges à mon sujet. Et bien que ça me brule les lèvres de poser des questions, je respecte le silence de cet homme que j'aime. Il doit d'abord évacuer le stress, le spleen, enfin les tourments engendrés par ce qu'il a vécu lors de cette première journée d'astreinte. Il me faut donc reporter mes demandes à lundi, jour de récupération. Difficile de faire la part des choses, tout autant que sentir près de moi, mon loulou tendu, anxieux ! Dans ces moments-là, c'est presque douloureux pour lui et il n'est pas enclin à la gaudriole ni à s'ouvrir à une discussion de salon. Oui ! Je dois le laisser digérer sa journée, laisser passer l'orage qui bouillonne en lui.
Ma main se pose sur la sienne, sans réaction aucune de Pierre. Alors, je prends l'initiative, sans trop être certaine que ça puisse donner un résultat positif.
— Tu veux un petit massage Pierre… pour te détendre ?
— Humm !
— Humm !
Il ne bronche pas trop, et je le fais s'allonger de tout son long sur le canapé. Il retire son peignoir de bain puisque la première chose qu'il a faite en rentrant, c'est de filer sous la douche. Une immédiateté qui prouve bien son besoin de se débarrasser de la crasse fictive de sa journée. Là, comme un gosse, il me laisse à la manœuvre. Nous avons, il y a quelque temps déjà opté pour l'achat d'une table qui permet une relaxation totale, et qui est prévue pour que l'on puisse en faire le tour, ce qui facilite grandement les massages. Ce soir, il va donc bénéficier d'un moment câlin qui peut aussi joindre l'utile à l'agréable. Il s'étale donc sur le ventre sur l'autel où je vais officier tranquillement.
Nul besoin de parler, de discuter, et dans le huis clos de notre salon transformé en salle de massage, il se laisse dorloter sans dire un mot. Huiles essentielles et douceurs des mains, tout va pour le mieux. Je débute donc par les épaules et mes doigts s'enfoncent dans sa chair, l'étirent, la malaxent et je le sens qui lentement se relâche d'une pression omniprésente. Sur son dos ainsi proposé à mes pattes, je vais et viens avec une sorte de bonheur qui le fait soupirer. Il a gardé son slip et par jeu, je n'y touche pas, me contentant de contourner le rectangle de tissu qui lui cache les fesses. Cette fois c'est sur sa cuisse que s'exercent mes phalanges.
Je ne sais combien de temps durent ces passages et il est toujours muet comme une carpe, bien que je sois certaine qu'il apprécie mes gestes précis qui lui offrent un plaisir bienvenu. Mais je romps le silence ambiant.
— Tu peux te retourner si tu veux que je m'attèle au côté face, mon chéri.
— … ah… oui, mais tu vas pouvoir admirer les effets de tes manœuvres.
— Tiens, tiens, monsieur sort de son mutisme. Tu apprécies au moins ? Ce que je te fais ?
— Vois un peu !
— … ah… oui, mais tu vas pouvoir admirer les effets de tes manœuvres.
— Tiens, tiens, monsieur sort de son mutisme. Tu apprécies au moins ? Ce que je te fais ?
— Vois un peu !
Et pour voir, je reconnais que ça ne passe pas inaperçu. La bosse qui déforme le tissu de son caleçon est visible comme un nez au milieu d'un visage. Il me regarde et sourit… donc il va mieux et son coup de blues s'estompe un peu ? Je recommence alors par ses tempes que je frictionne délicatement, puis mes mains glissent vers sa nuque et la naissance de sa poitrine. Il se laisse faire, les paupières closes. Ça me va bien. J'accentue mes mouvements et le mets le plus possible à l'aise. Je sais que dans ces instants-là, il est plus enclin aux confidences et j'ai besoin de savoir. J'attends encore le bon moment, l'instant « T » où il ne pourra plus me résister. Mes doigts sont à la limite de cette excroissance qui tend la cotonnade.
Je fais mine d'oublier l'endroit de nouveau, mais lui ne l'entend plus de cette oreille. Il fait exactement ce que j'omets de faire. Il baisse résolument son slip et sa tringle est là, en érection maximum, avec son gland violacé décalotté qui frémit d'impatience. Je souris alors qu'il balance le chiffon sur le canapé tout proche. Et je remonte donc mes paumes par l'intérieur de cette cuisse que je viens d'entreprendre. Fatalement j'arrive à la jonction de ses deux jambes. Et je frôle les coucougnettes de ce mari qui soupire d'aise. Rien que l'idée que je suis prête à jouer avec son engin doit le faire saliver. Alors je les attrape délicatement et serre doucement le petit sac qui les contient. Je le sens qui se raidit sous la caresse.
Et c'est à nouveau ma voix qui troue le calme de notre salon.
— Alors mon chéri ? Tu te sens en forme là ?
— Oui… oui mon cœur ! J'adore tes mimines qui me font un bien fou.
— Ouais ? Mais avant que je continue, il me serait agréable d'apprendre ce que toi et ton pote vous avez mijoté.
— Comment ça ? Mijoté ? Ça veut dire quoi ?
— Oh ! Ne me prends pas pour plus idiote que je ne le suis. Vous vous êtes fait des confidences et je tiens à en connaitre la teneur…
— Pas certaine que ça te plaise et puis… c'est difficile à dire.
— Si je tords ce truc-là… ? Tu sens ?
— Oui… oui ! Mais c'est de la torture ma belle… et malgré elle, je ne sais pas si je peux te dire ce que nous nous sommes raconté… ce ne serait pas loyal envers lui.
— Ce n'est pas envers moi que tu devrais l'être, loyal ? Allez, dis-moi ce que tu lui as raconté… ton rêve, il n'a pas voulu me le révéler, mais je suis sûr que vous avez parlé de moi… alors, accouche, bon sang !
— Martine ! Bon sang, ne t'énerve pas de la sorte, tu me fais mal pour de bon !
— Ah oui ? Pardon alors, mais je veux savoir. Tu n'as pas le droit de me cacher quoi que ce soit…
— Tu veux vraiment que je te le dise ? Parce qu'à mon avis, tu vas t'en mordre les doigts…
— Dit toujours ! C'est à moi de juger, il me semble, non ?
—… tant pis pour toi donc !
— Oui… oui mon cœur ! J'adore tes mimines qui me font un bien fou.
— Ouais ? Mais avant que je continue, il me serait agréable d'apprendre ce que toi et ton pote vous avez mijoté.
— Comment ça ? Mijoté ? Ça veut dire quoi ?
— Oh ! Ne me prends pas pour plus idiote que je ne le suis. Vous vous êtes fait des confidences et je tiens à en connaitre la teneur…
— Pas certaine que ça te plaise et puis… c'est difficile à dire.
— Si je tords ce truc-là… ? Tu sens ?
— Oui… oui ! Mais c'est de la torture ma belle… et malgré elle, je ne sais pas si je peux te dire ce que nous nous sommes raconté… ce ne serait pas loyal envers lui.
— Ce n'est pas envers moi que tu devrais l'être, loyal ? Allez, dis-moi ce que tu lui as raconté… ton rêve, il n'a pas voulu me le révéler, mais je suis sûr que vous avez parlé de moi… alors, accouche, bon sang !
— Martine ! Bon sang, ne t'énerve pas de la sorte, tu me fais mal pour de bon !
— Ah oui ? Pardon alors, mais je veux savoir. Tu n'as pas le droit de me cacher quoi que ce soit…
— Tu veux vraiment que je te le dise ? Parce qu'à mon avis, tu vas t'en mordre les doigts…
— Dit toujours ! C'est à moi de juger, il me semble, non ?
—… tant pis pour toi donc !
Et là, il me débite une histoire qui me crucifie. Ils ont évidemment parlé de sexe, de cul quoi. Et le fameux fantasme de mon Pierre. Un truc pas très original dans la caboche de beaucoup de mecs, je m'en doute. Me voir en clair coucher avec lui et son ami d'enfance. Au fur et à mesure qu'il avance dans son récit, je me sens toute bizarre. Gênée d'une part qu'il puisse m'imaginer baiser avec un autre devant lui.
— Comment peux-tu croire que je peux me laisser faire et coucher avec lui devant toi ? Tu dérailles là ?
— Je n'ai pas dit devant moi… mais plutôt avec lui, nuance subtile, mais qui change tout ! Tu piges ?
— Comment ça ? Tous les deux, tu veux dire ? Ensemble lui et moi ? Tu rigoles j'espère ?
— Mais pas du tout… outre le fait que ça me fait bander rien qu'en y songeant, je peux t'assurer que lui ça le met aussi dans tous ses états.
— Ben, tu parles ! Bien sûr que baiser la femme de son pote, ça doit lui donner des ailes. Tu n'as donc aucun respect pour moi ? Comment peux-tu discuter de ce genre de projet avec ce mec que je ne connais que depuis peu ?
— Parce que si tu le connaissais mieux, ce serait plus facile ? Et puis, nous n'avons fait qu'une blague sur le sujet ! Bon, j'admets que je lui ai laissé peut-être entendre que ça me faisait bander de l'imaginer… avec toi, mais…
— Tu mériterais que je couche avec lui toute seule, pour t'apprendre !
— Pour m'apprendre quoi ? Pour moi le faire dans ton dos serait te tromper. C'est valable dans les deux sens. Mais si l'affaire se passe alors que nous sommes tous les deux ensemble et entièrement d'accord, je veux croire que les risques sont limités pour moi, mais aussi pour toi.
— Limiter… les risques ? Tu as le sens de la formule, Pierre ! Je ne conçois pas que tu puisses avoir envie de me voir me faire sauter par ce type… ni un autre du reste. Il te manque quelque chose avec moi ?
— Non ! Non, ce n'est pas exactement ça. C'est, je ne sais pas expliquer, un vieux rêve de mâle. En avançant en âge on a des fantasmes et celui-ci est le mien… depuis quelque temps, je l'avoue.
— Et il t'apporterait quoi exactement ? Je n'en vois pas la finalité ?
— Disons ma chérie, que te voir jouir est quelque chose de merveilleux ! Et tu imagines bien que lorsque nous faisons l'amour tous les deux, je ne suis pas en mesure de te regarder prendre ton pied !
— Et pourquoi cela, je te prie ?
— Tout bêtement parce que la plupart du temps, je suis de mon côté trop pris, trop envahi par le mien de plaisir… c'est compréhensible. Nous sommes fusionnels et tu ne peux de ton côté pas non plus dire la tête que je fais lorsque j'éjacule pendant que toi tu grimpes aux rideaux…
— Ouais… de là à ce que je couche avec le zigoto qui refait surface dans ta vie, il y a tout de même un sacré fossé.
— Oh ! Que nous en parlions me procure déjà un surcroit d'adrénaline et un regain d'envie… regarde…
— Je vois… monsieur devient pervers sur ses vieux jours. Changeons de sujet veux-tu ?
— Je n'ai pas dit devant moi… mais plutôt avec lui, nuance subtile, mais qui change tout ! Tu piges ?
— Comment ça ? Tous les deux, tu veux dire ? Ensemble lui et moi ? Tu rigoles j'espère ?
— Mais pas du tout… outre le fait que ça me fait bander rien qu'en y songeant, je peux t'assurer que lui ça le met aussi dans tous ses états.
— Ben, tu parles ! Bien sûr que baiser la femme de son pote, ça doit lui donner des ailes. Tu n'as donc aucun respect pour moi ? Comment peux-tu discuter de ce genre de projet avec ce mec que je ne connais que depuis peu ?
— Parce que si tu le connaissais mieux, ce serait plus facile ? Et puis, nous n'avons fait qu'une blague sur le sujet ! Bon, j'admets que je lui ai laissé peut-être entendre que ça me faisait bander de l'imaginer… avec toi, mais…
— Tu mériterais que je couche avec lui toute seule, pour t'apprendre !
— Pour m'apprendre quoi ? Pour moi le faire dans ton dos serait te tromper. C'est valable dans les deux sens. Mais si l'affaire se passe alors que nous sommes tous les deux ensemble et entièrement d'accord, je veux croire que les risques sont limités pour moi, mais aussi pour toi.
— Limiter… les risques ? Tu as le sens de la formule, Pierre ! Je ne conçois pas que tu puisses avoir envie de me voir me faire sauter par ce type… ni un autre du reste. Il te manque quelque chose avec moi ?
— Non ! Non, ce n'est pas exactement ça. C'est, je ne sais pas expliquer, un vieux rêve de mâle. En avançant en âge on a des fantasmes et celui-ci est le mien… depuis quelque temps, je l'avoue.
— Et il t'apporterait quoi exactement ? Je n'en vois pas la finalité ?
— Disons ma chérie, que te voir jouir est quelque chose de merveilleux ! Et tu imagines bien que lorsque nous faisons l'amour tous les deux, je ne suis pas en mesure de te regarder prendre ton pied !
— Et pourquoi cela, je te prie ?
— Tout bêtement parce que la plupart du temps, je suis de mon côté trop pris, trop envahi par le mien de plaisir… c'est compréhensible. Nous sommes fusionnels et tu ne peux de ton côté pas non plus dire la tête que je fais lorsque j'éjacule pendant que toi tu grimpes aux rideaux…
— Ouais… de là à ce que je couche avec le zigoto qui refait surface dans ta vie, il y a tout de même un sacré fossé.
— Oh ! Que nous en parlions me procure déjà un surcroit d'adrénaline et un regain d'envie… regarde…
— Je vois… monsieur devient pervers sur ses vieux jours. Changeons de sujet veux-tu ?
Dans ses yeux, il y a cette petite étincelle que je connais si bien. Et sa bite est si raide qu'elle me donne des idées. Je dois admettre que ses explications ne me laissent pas non plus de marbre. Lui dire serait un aveu de faiblesse et il n'est pas question qu'il jubile intérieurement de mes questionnements. Alors ? Eh bien, je détourne la conversation par un oral qu'il ne refuse pas et bien entendu que la situation ne peut que finir par un coït qui nous rapproche et nous expédie en fin de compte aux pays des orgasmes. Et le mien est démentiel… exacerbé sûrement par ce que vient de me raconter mon mari.
— oOo —
Nous ne ramenons plus sur le tapis cette histoire un peu glauque. Le fantasme de Pierre ne refait pas surface et je m'en félicite. L'oubli vient peu à peu, mais c'est sans compter sur le destin qui parfois sait si bien nous faire des croche-pieds. Une bonne quinzaine de jours plus tard, je suis loin de songer au trio dont mon mari se fait tout un film. Et c'est au détour d'un étal au marché du village que je me heurte à l'encombrant ami de Pierre. Le volailler qui me prépare ma pintade pour dimanche salue un homme dans mon dos.
— Bonjour ! Je finis avec la petite dame et je suis à vous…
— Oui… pas de problème ! Prenez votre temps…
— Oui… pas de problème ! Prenez votre temps…
La voix ! Je suis d'un coup, surprise par celle-ci. Je la reconnais de suite et je ne peux m'empêcher d'avoir un mouvement de la tête. Il est là ! Oui, il s'agit de Marc, le copain de Pierre. Il parait aussi médusé de me retrouver ce matin.
— Martine… comment tu vas ? Si je m'attendais à te voir ce matin ! Pierre est avec toi ?
— Bonjour ! Euh… non, il bosse.
— Ah oui… le travail d'abord et la famille au second plan.
— Je ne me plains pas… C'est son métier et je l'ai épousé en toute connaissance de cause, donc c'est normal…
— Ouais… si tu le dis. Tu m'attends une minute ? Je prends un steak et on va se boire un pot au bistrot du coin ?
— Je… je n'ai pas vraiment le temps !
— Juste une minute ! Bon sang, je ne vais pas te bouffer.
— Bonjour ! Euh… non, il bosse.
— Ah oui… le travail d'abord et la famille au second plan.
— Je ne me plains pas… C'est son métier et je l'ai épousé en toute connaissance de cause, donc c'est normal…
— Ouais… si tu le dis. Tu m'attends une minute ? Je prends un steak et on va se boire un pot au bistrot du coin ?
— Je… je n'ai pas vraiment le temps !
— Juste une minute ! Bon sang, je ne vais pas te bouffer.
Il commande sa viande, est servi et il me guide vers le « café des sports » bondé en ce jour de marché. Là, je me sens dans mes petits souliers.
— Ça va vous deux, alors ?
— Ben oui…
— Tant mieux. Je n'ai pas revu ton mari depuis l'autre jour… tu es toujours aussi… belle.
—…
— Ben oui…
— Tant mieux. Je n'ai pas revu ton mari depuis l'autre jour… tu es toujours aussi… belle.
—…
Merde ! Ma parole, il me drague, là au milieu de tout ce petit monde. Il y a sans doute des tas de gens qui savent qui je suis et dans les petits bleds comme le nôtre, ça jase vite. Mais bon, je n'ai pas bien trop le choix. Marc insiste et nous trinquons, un verre de bière à la main. Je ne sais pas quelle attitude adopter. Il me pose des tas de questions et j'y réponds évasivement. Enfin, d'une manière plutôt polie, sans me découvrir. Je sens ses regards qui accrochent mon torse à la hauteur de la table. Il faut dire que mon décolleté en montre sûrement un peu trop. Et ce type n'a pas ses quinquets dans sa poche.
Je suis pressée de finir mon demi et de rentrer chez moi, alors ce Marc m'accompagne jusqu'au parking où mon véhicule est garé. Je lui tends la main pour lui dire au revoir, mais ce gars à une autre idée derrière la tête. Il ne fait aucun cas de cette patte qui vient à la rencontre de la sienne. Et c'est carrément son visage qu'il approche du mien. Je ne réagis que trop tardivement et en voulant détourner ma joue, ma caboche ne part pas dans le bon sens et se retrouve confrontée à ses lippes. Ce qui fait que je sens d'un coup sa bouche qui se colle à la mienne. Deux bras solides me serrent soudain contre la poitrine mâle.
Un simple geste suffirait pour le repousser et l'envoyer paitre. Mais… rien de tout ceci n'arrive et je dois admettre que mes lèvres sans vraies raisons s'entrouvrent pour laisser le passage à la langue de Marc. Il m'embrasse là, au cul de ma voiture, sans que je refuse sa pelle. Pire, je crois bien que je l'encourage en y répondant avec ferveur. Mince alors ! Je ne me contrôle donc plus ? Je suis dans un flou absolu. Et il me faut quelques secondes pour me décoller de ce type qui me cramponne. J'ai l'air bête et ne sais pas quoi dire. Lui me sourit avec une certaine suffisance, s'abstenant pourtant de tous commentaires.
Il me lâche et je me redonne une certaine contenance en farfouillant dans mon sac, à la recherche des clés de mon véhicule. Il reste à deux pas, indécis sur la suite à donner. Mes doigts tremblent bougrement pour ouvrir la portière. Lui me tend un bristol et il me parle doucement.
— Si tu as un moment de libre… voici mon numéro de téléphone et mon adresse. Viens me voir quand tu le peux… ou le veux ! Je t'attendrai.
—…
—…
Médusée par un tel aplomb, aucun mot n'arrive plus à franchir ma gorge. Je suis là, telle une cruche, sans aucune réaction, avec dans la pogne sa carte de visite qui me brule les doigts. Comment est-ce possible ? Je me glisse sous le volant et je mets le moteur en route. Marc est toujours à deux enjambées de ma berline et il me sourit. Je veux refermer la porte, mais il avance et la retient. Il se penche vers moi, l'air grave.
— Tu sais Martine ! J'ai envie de te baiser depuis que je t'ai vue… n'hésite pas à me rendre visite… et tu sais ce que j'apprécierais beaucoup ?
—… ?
—… ?
De nouveau, je lève les yeux vers lui, incapable de sortir une parole. Et il se penche plus encore pour me glisser dans le creux de l'oreille… une phrase que je n'arrive pas à croire.
— Et si tu viens… tu dois être sans culotte ni soutien-gorge… comme une bonne petite pute. Compris ?
—…
—…
Je recule sans mot dire. Totalement déboussolée par cette rencontre inexplicable. Mais c'est surtout ce qui me remue les tripes qui me rend anxieuse. Comment vais-je bien pouvoir raconter à Pierre ce qui vient de se passer ? Lui narrer ce baiser ? C'est l'effet très étrange de celui-là qui me fait peur. Je suis… remuée au fond de moi et la pointe d'envie qui est née de cette pelle, elle ne me quitte pas. J'en suis toute humide. Du reste la première chose que je fais en arrivant à la maison, c'est de foncer à la salle de bain. Je retire ma culotte, la jette dans la panière de linge sale et passe le gant de toilette sur ma chatte. C'est fou, je ne comprends plus rien aux contrecoups de mon corps.
Plus j'y pense et plus je me dis qu'il peut toujours courir, toujours attendre s'il espère ce type, me voir aller sonner à sa porte. Surtout comme une poule ! Une poule ? Une pute plutôt, oui ! Non, mais, quel toupet ! Et c'est après moi que je râle. M'être ainsi laissée allée à embrasser ce mec… quelle folie. Plus j'y songe et plus je suis en rogne… après moi ! Pas moyen de me sortir cette scène de la caboche. Je prépare le repas de midi tout en pestant contre la seule fautive de ce micmac. Jamais… non, jamais je ne veux revoir ce Marc.
Le déjeuner est juste prêt pour le retour de Pierre. Il me parle de son taf et je lui relate ma matinée. Pourquoi est-ce que j'omets la partie « Marc » ? Je n'en sais rien. Un peu la honte de lui mentir pour le baiser ? Alors le mieux, c'est de ne rien mentionner du tout. Et je reste donc sur ma position, c'est-à-dire : black-out total sur mes retrouvailles gênantes avec son ami. Notre mangeaille se passe bien et il repart à son bureau sans être au courant de ma semi-tromperie. Je n'en suis pas fière. Il est trop tard pour revenir en arrière de toute façon. De plus, sous ma chevelure brune, tout le déroulé de cette affaire me fait flipper.
Je n'arrive pas à passer outre ce qui est arrivé. Moi, si sage, si amoureuse de mon mari, comment et pourquoi ai-je ces pensées saugrenues ? Ce Marc n'est rien pour moi, je ne m'en suis pas amourachée, et cependant, il est là, encore et toujours présent dans mon crâne. Ses paroles aussi… celles qu'il m'a murmurées avant de me laisser repartir. Lancinantes et même chiantes, pas moyen de m'en débarrasser.
« Si tu viens… tu dois être sans culotte ni soutien-gorge… comme une bonne petite pute. Compris ? »
Aucun de ses mots ne veut me lâcher la grappe. Zut alors ! C'est dingue.
« Si tu viens… tu dois être sans culotte ni soutien-gorge… comme une bonne petite pute. Compris ? »
Aucun de ses mots ne veut me lâcher la grappe. Zut alors ! C'est dingue.
Tout l'après-midi, je ne fais que ressasser ces quelques paroles, bien peu flatteuses pour ma pomme pourtant. Le fait qu'il me considère comme une « pute », c'est ça sûrement qui m'interpelle. Et aussi idiot que ça puisse paraitre, ce mot « pute » il me touche bien plus que je ne veux le montrer. Quel goujat ! Dire que Pierre voudrait que nous baisions tous les trois. Ce n'est pas demain la veille qu'il va être dans notre lit ce salopard. Dix fois dans mon cerveau, je lui crache dessus et malgré tout, dix fois je me sens troublée. Un sentiment très désagréable de ne pas savoir où je me situe en définitive.
En fin de compte, au retour de mon homme, je suis excitée comme une puce et s'il ne saisit pas le pourquoi de ma précipitation sur lui, il n'en fait pas état. Il profite de mes bonnes dispositions et nous faisons l'amour à la cuisine sans attendre. Il n'a aucune question, il prend avec un certain flegme ma façon de lui mettre le grappin dessus, à peine est-il rentré. Je n'ai pas envie de préliminaires, de caresses, non ! Je suis tellement mouillée que c'est du sexe brut que je réclame, que je revendique aussi. Ce n'est pas la première fois que j'agis de la sorte, donc, il ne se formalise pas. En tout cas, il ne marque pas de surprise.
Et ma culotte simplement poussée sur le côté, les fesses posées sur le bord du plan de travail entre évier et plaque de cuisson, jupe retroussée sur les hanches, je guide sa queue en moi. Il reste debout et me lime de longues minutes, changeant de rythme, de cadence et je ne suis pas longue à feuler, tigresse jouisseuse en un début de soirée ordinaire. Par contre, le visage crispé pour ressentir chaque ruade de mon mari, c'est cette foutue phrase qui accompagne la montée de mon plaisir… oui ! Les mots de Marc… me permettent de jouir avec Pierre. Mais de cela, mon mari n'a pas besoin d'être au courant.
Retour aux choses plus terre à terre, bien que je ne sois pas parvenue à me défaire de ce baiser farfelu qui me travaille. Notre petit galop d'essai non plus ne remet pas totalement les pendules à l'heure. Il a détendu mes nerfs, sans calmer les affres qu'entraine ce retour de Marc dans mon existence. Je suis plutôt câline toute la soirée avec ce mari qui ne se doute de rien, et ça me rend triste pour lui. Il y a un petit quelque chose qui m'attire chez son voyou d'ami. Quoi ? Je ne sais pas le dire, mais il me fait peur. Pas physiquement bien évidemment. C'est plus subtil que ça, plus insidieux. La part de mystère sans doute ? L'attrait de l'interdit ?
À moins que ce ne soit la réunion du fantasme de Pierre et les agissements presque sauvages de son pote. Les deux comportements liés en corrélation donnent un mélange détonant, dans mon esprit. Je n'arrive plus à penser sainement, à réagir « normalement » non plus. Et les jours qui suivent cette pelle inavouable, je suis tiraillée entre le désir de faire ce pas vers Marc et l'idée que je ne peux pas faire ça à mon mari. Reste qu'il est possible encore d'accepter ce trio dont Pierre m'a parlé. Mais pour ce genre de plan, je ne suis pas vraiment prête dans ma tête. Ce qui est très singulier parce que quelque part, je trouve moins moche de le tromper carrément que faire avec lui ce qu'il espère.
C'est bien là la complexité de mon cerveau. Plus les jours avancent et désormais à chaque rapport sexuel avec mon mari, c'est l'image en filigrane de son copain voyou qui s'immisce dans nos ébats. Il est tellement présent dans ma tête que je dois faire très attention de ne pas crier son prénom dans les moments cruciaux et ça me pourrit quelque peu mes jouissances. Loin de s'arranger, le phénomène empire au fil du temps. Dire que c'est Pierre qui m'a quasiment fourré ce type dans les pattes ! Et ce vendredi soir, le voici qui m'annonce tout à trac en rentrant de son bureau, un truc qui me fiche le bourdon.
— Martine… dimanche soir, je vais prendre le train pour Paris. Je dois aller au ministère avec deux collègues.
— À Paris ? Mais pourquoi dimanche soir ?
— Parce que notre rendez-vous est lundi à neuf heures pile… Il n'y a pas de train qui part assez tôt de notre gare… il nous faut partir la veille et passer la nuit à l'hôtel. Tu veux m'accompagner ?
— À Paris ? Ça ne m'enchante pas vraiment…
— Comme tu veux. De toute façon, je rentre dans la journée, c'est juste un aller et retour.
— Alors pourquoi ne prenez-vous pas une voiture ?
— Paris et la voiture ? Ce n'est pas une sinécure, ma belle… Tu es déjà restée seule plus longtemps, non !
— Oui ! Ce n'est pas le sentiment de solitude qui me chagrine… c'est…
— Oui ? Qu'est-ce que c'est alors ?
— Je n'en sais rien… finalement tu as raison… je ne vais pas mourir pour une soirée devant ma télé…
— Voilà, je t'aime, tu sais !
— D'accord… et tu veux que je t'aide pour ta valise ?
— Non ! Juste des sous-vêtements propres et de quoi faire ma toilette, je devrais m'en sortir tout seul…
— À Paris ? Mais pourquoi dimanche soir ?
— Parce que notre rendez-vous est lundi à neuf heures pile… Il n'y a pas de train qui part assez tôt de notre gare… il nous faut partir la veille et passer la nuit à l'hôtel. Tu veux m'accompagner ?
— À Paris ? Ça ne m'enchante pas vraiment…
— Comme tu veux. De toute façon, je rentre dans la journée, c'est juste un aller et retour.
— Alors pourquoi ne prenez-vous pas une voiture ?
— Paris et la voiture ? Ce n'est pas une sinécure, ma belle… Tu es déjà restée seule plus longtemps, non !
— Oui ! Ce n'est pas le sentiment de solitude qui me chagrine… c'est…
— Oui ? Qu'est-ce que c'est alors ?
— Je n'en sais rien… finalement tu as raison… je ne vais pas mourir pour une soirée devant ma télé…
— Voilà, je t'aime, tu sais !
— D'accord… et tu veux que je t'aide pour ta valise ?
— Non ! Juste des sous-vêtements propres et de quoi faire ma toilette, je devrais m'en sortir tout seul…
Il me sourit. Le ferait-il s'il pouvait lire ce qui me trotte dans la caboche ? Drôle comme d'un coup, tout bascule vers l'abîme. Parce qu'à n'en pas douter, mon esprit s'est mis en alerte. Un truc bien tordu qui me fait frissonner, et si Pierre remarque ma chair de poule, il ne peut que songer que c'est son départ qui m'interloque. Pourtant, c'est tout autre chose, qui me chatouille le cerveau. Notre diner se passe tranquillement et la soirée qui s'ensuit est toute aussi zen. Seulement ponctuée par le visionnage d'un film et par un nouvel interlude sexuel qui nous charme tous les deux. La nuit porte conseil dit-on ! La mienne en tout cas ne me laisse aucun souvenir.
Le samedi qui précède son départ est dans la droite ligne de la soirée de la veille. Mon mari et moi allons faire les courses, puis, il se plonge dans un match de rugby télévisé, le tournoi des « six nations » et je l'abandonne à son sport canapé favori, pour lire au calme sur la terrasse, loin du boucan et des commentateurs agités qui sont comme Pierre, pris par le jeu. Le soleil est bon, la balancelle mollement secouée par un vent pas très violent. Tout est parfait. En ouvrant mon bouquin, un bristol est là qui me brule les yeux. Celui de ce Marc… qui n'a de cesse de me remonter à l'esprit.
Les heures qui nous mènent à notre chambre à coucher, celles qui précédent notre endormissement sont occupées une fois de plus d'agréable façon. Peau contre peau, bouche-à-bouche et sexe tendre, de quoi nous rassurer sur l'état de nos amours, mais jusque-là, nous n'avons sûrement pas besoin de l'être. Le dimanche est un peu plus fébrile et il est environ dix-huit heures lorsque les deux avocats, collègues de mon mari s'annoncent. Les hommes boivent un verre avant de quitter la maison, direction la gare SNCF. Je suis maintenant seule. Et mon esprit est ailleurs.
Pas vraiment dans le TGV qui doit filer à toute vitesse sur la capitale avec les trois hommes. Non ! Mes doigts tournent et retournent depuis quelques minutes une foutue carte de visite. Je fais un saut à la salle de bain, me redonne un coup de peigne, fais un raccord de rouge sur mes lippes. J'hésite, je marche de long en large dans la maison vide. J'y vais ? Avec toutes les conséquences que ça peut entrainer ? Ou je reste là, à me morfondre devant l'écran plat du salon ? Difficile de décider. Une bonne dizaine de fois, je vais jusqu'à la porte qui mène de la cuisine au cellier, passage intérieur obligé pour me rendre au garage où dorment nos deux voitures.
Soudainement la décision est prise, irrémédiable, et une fois celle-ci définitive, je sors. C'est la voiture de Pierre qui est en position de m'emmener. Tant pis, je prends celle qui est donc en première ligne. Oh ! L'adresse GPS est rapidement programmée sur mon téléphone portable et me voilà roulant vers l'inconnu. J'ai beau me dire que c'est une connerie, une monumentale erreur, que je risque fort de m'en mordre les doigts, rien n'infléchit ma décision. Ce qui m'amène, une trentaine de minutes plus tard devant une maison plutôt bien rénovée et à l'écart de toutes celles de son quartier.
Là… je suis un peu tremblante en marchant vers la porte qui se découpe dans un encadrement en pierres de taille apparentes, sur fond de mur blanc. Je m'apprête à appuyer sur le bouton de la sonnette qu'une petite lumière rend visible. C'est à cet instant qu'un léger détail me revient en mémoire. Il bien dit : « Si tu viens… tu dois être sans culotte ni soutien-gorge… ». Que faire ? Je suis figée derrière le panneau clair qui me garde à l'extérieur. D'un regard circulaire, je fouille les environs et tout est désert. Alors sans plus réfléchir, ma main droite se faufile sous ma jupe. Elle fait glisser le long de mes jambes, la culotte qui me couvre les fesses.
Un jeu d'enfant aussi de dégrafer mon soutif, de le retirer sans rien ôter de mes vêtements. Je fourre l'ensemble dans mon sac et bien que tremblotant, mon index entre en contact avec la sonnette électrique. Le bruit dans la maison me parvient étouffé, comme lointain. Un remue-ménage se fait entendre, raclement bizarre dont je ne devine pas la provenance. Enfin, une clé qui sort le penne de son logement et Marc est là ! En polo et pantalon de toile, il marque le coup. Son visage interrogatif à l'ouverture s'éclaire en voyant qui se tient là, face à lui.
— Martine ? C'est bien toi ?
— Oui…
— Oui…
Il avance sur le perron, à l'extérieur de chez lui, comme pour scruter les environs.
— Tu n'es pas accompagnée de Pierre ?
— Non… Je peux entrer ? Ou dois-je rentrer chez moi ?
— Euh… ah oui, oui entre… vous vous êtes disputés ?
— Quoi ?
— Vous vous êtes engueulé ton mari et toi ?
— Non… pourquoi ?
— Ben… qu'est-ce que tu fais là à une pareille heure alors ?
— Tu m'as bien dit de passer te voir quand je le désirais, non ?
— Oui… et il me semble t'avoir fait aussi une autre recommandation. Tu me montres ?
—… ? Ma parole ne te suffit pas ?
— Si… mais c'est pour le fun…
— Non… Je peux entrer ? Ou dois-je rentrer chez moi ?
— Euh… ah oui, oui entre… vous vous êtes disputés ?
— Quoi ?
— Vous vous êtes engueulé ton mari et toi ?
— Non… pourquoi ?
— Ben… qu'est-ce que tu fais là à une pareille heure alors ?
— Tu m'as bien dit de passer te voir quand je le désirais, non ?
— Oui… et il me semble t'avoir fait aussi une autre recommandation. Tu me montres ?
—… ? Ma parole ne te suffit pas ?
— Si… mais c'est pour le fun…
Je ne fais aucun geste et c'est lui qui, une fois que l'huis nous sépare du monde extérieur, tend la patte vers le bas de ma jupe. Mon cœur bat à tout rompre et je me sens prise dans un piège que j'ai toute seule mis en route. L'ourlet de mon court vêtement remonte lentement et dès que ses quinquets frôlent mon buisson, il a la certitude que j'ai obéi, il n'insiste pas.
— Bonne fille… tu es donc venue ! Je ne m'attendais plus à ta visite. Mais elle me fait plaisir. Passons au salon, veux-tu ?
—… euh… Oui !
— Suis-moi alors, c'est tout droit.
—… euh… Oui !
— Suis-moi alors, c'est tout droit.
Je me sens très décontenancée. Mon cœur bat à tout rompre et j'ai les guibolles qui flageolent. Il y a tout un tas de trucs contradictoires dans ma caboche. Qu'est-ce que je fiche ici ? Bien sûr qu'il doit jubiler et se dire que je suis venue pour me faire « sauter ». A-t-il tort vraiment ? Je ne sais plus trop comment réagir. Je suis dans l'antre du loup et si la peur est là, pénétrante, insidieuse, elle me procure un sentiment tout à fait différent de ceux que je connais avec Pierre. Il joue ce type… au chat, et la souris s'appelle Martine. Une fois arrivés tous les deux dans un salon vieillot, il s'assoit sur un fauteuil, sans m'inviter à faire de même.
Alors je reste plantée au milieu de meubles qui ont vécu quelques vies. Lui est confortablement installé et ses yeux bleu acier me gardent sous leur coupe. Il se repait sûrement du spectacle pitoyable de cette bourgeoise qui se tord les doigts sans savoir quelle attitude adopter. Donc, lorsque sa voix rompt le silence, elle me fait tressaillir, me rappelant soudain que lui a une idée précise du pourquoi de ma présence.
— Alors comme ça, Miss Martine a osé passer outre ses convictions personnelles ? Tu sais ce qui t'attend, n'est-ce pas ?
—…
— Tu as perdu ta langue ? Pierre sait-il que tu es chez moi ?
— Non !
— Tu es prête à le tromper ce soir, alors que tu me toisais lors de notre dernière rencontre, comme si j'étais de la merde. Tu te rends compte de ce que tout cela peut avoir de désobligeant pour moi ?
—…
— Parle, bon sang ! D'habitude tu as la langue bien pendue.
— Je…
— Tu veux que je prenne les choses en main, ta destinée nocturne à bras le corps ? Si je te demande de faire certains trucs là, tu vas m'obéir ?
—… Je ne sais pas.
— Pourquoi es-tu là ? Où est Pierre d'abord ?
— Parti à Paris…
— À Paris ? Tout seul ?
— Non ! Avec deux de ses collègues pour aller au ministère demain matin !
— Tu es donc libre toute la nuit, si je comprends bien !
— Ou… oui, mais…
— Ne commence pas à mettre des conditions. Tu es venue de ton plein gré, c'est bien que tu as une idée derrière la tête. Peut-être même plus bas que cela ? Sous la ceinture par exemple ?
—…
— Tu as perdu ta langue ? Pierre sait-il que tu es chez moi ?
— Non !
— Tu es prête à le tromper ce soir, alors que tu me toisais lors de notre dernière rencontre, comme si j'étais de la merde. Tu te rends compte de ce que tout cela peut avoir de désobligeant pour moi ?
—…
— Parle, bon sang ! D'habitude tu as la langue bien pendue.
— Je…
— Tu veux que je prenne les choses en main, ta destinée nocturne à bras le corps ? Si je te demande de faire certains trucs là, tu vas m'obéir ?
—… Je ne sais pas.
— Pourquoi es-tu là ? Où est Pierre d'abord ?
— Parti à Paris…
— À Paris ? Tout seul ?
— Non ! Avec deux de ses collègues pour aller au ministère demain matin !
— Tu es donc libre toute la nuit, si je comprends bien !
— Ou… oui, mais…
— Ne commence pas à mettre des conditions. Tu es venue de ton plein gré, c'est bien que tu as une idée derrière la tête. Peut-être même plus bas que cela ? Sous la ceinture par exemple ?
— oOo —
À suivre...
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Commentaires ()
Jane Doe nous fait lanterner depuis trois épisodes. Mais elle le fait avec talent. Nous y sommes.
Nous vivons le quotidien banal de ce couple banal qui devient extraordinaire et haletant.
Bravo Jane Doe.
Pierre l’avait rassurée: » Si on fait ça les deux ensemble il n’y a pas de tromperie parce que nous sommes tous les deux consentants ».
Moi de mon côté, c’est certain que ça ne passerait pas!
D’ailleurs plus rien ne passerait. L’avenir se passerait dorénavant en célibataire et loin de ma traîtresse.
La confiance brisée une fois est brisé pour toujours.
Une chance qu’il n’y a pas d’enfants dans l’histoire!
La danse est bien menée. On semble aller vers la catastrophe...car Pierre veut bien participer à un trio, mais ne veut pas être cocu....les bonnes résolutions semblent lointaines pour Martine et Marc.... hier encore, j'étais fidèle
A moins que ce ne soit un coup monté et que Pierre surgisse du chapeau....
Mais c'est votre histoire