Hétéro
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Liber Amoris — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Liber Amoris
Chapitre 1
Le courrier était arrivé par un matin d'automne, glissé sous la porte de l'appartement parisien de Justine Delacourt comme une invitation secrète. L'enveloppe, faite d'un parchemin épais, jauni par le temps, portait un cachet de cire rouge orné d'une rose stylisée. À 27 ans, Justine était une traductrice d'exception, reconnue dans les cercles académiques et littéraires pour son talent à ressusciter des langues mortes. Elle avait donné vie à des poèmes médiévaux en vieil occitan, décrypté des grimoires alchimiques en araméen, et traduit des manuscrits grecs dont les vers hantaient encore ses nuits. Chaque nouveau texte était pour elle une aventure, un frisson semblable à celui d'une amante attendant son amant dans l'obscurité. Mais ce courrier-là… il avait une aura différente, comme s'il portait en lui une promesse murmurée.
Elle brisa le cachet, ses doigts tremblant légèrement d'excitation. À l'intérieur, une lettre manuscrite, rédigée d'une plume nerveuse mais élégante, l'invitait à rejoindre un certain Julien de Vaucourt, propriétaire d'un château médiéval en Bourgogne.
— Lors de récents travaux, écrivait-il, nous avons découvert un tunnel oublié sous les fondations du château. Là, dans une crypte scellée, reposait un livre d'une rareté inouïe : le Liber Amoris. Je crois que vous seule pouvez en percer les secrets.
Justine sentit son pouls s'accélérer. Un livre inconnu, exhumé des entrailles de la terre. Elle n'avait pas besoin d'en savoir plus. Elle répondit par télégramme, réservant un train pour le lendemain, son esprit déjà consumé par l'idée de tenir cet ouvrage entre ses mains.
Le voyage en train fut un prélude à l'aventure. À travers la fenêtre, les vignes dorées de Bourgogne défilaient sous un ciel d'ardoise, et Justine, enveloppée dans un manteau de laine gris et une écharpe rouge, laissait ses pensées vagabonder. Elle imaginait le livre : peut-être un recueil de poèmes d'amour courtois, ou un traité ésotérique déguisé sous des métaphores charnelles. Elle avait toujours été attirée par les textes qui dansaient à la lisière du sacré et du profane, ceux qui parlaient autant à l'âme qu'au corps. À son arrivée, un chauffeur l'attendait à la gare, un homme taciturne qui la conduisit à travers des routes sinueuses jusqu'au château de Vaucourt.
Le château se dressait au sommet d'une colline, ses tours de pierre grise perçant la brume comme des sentinelles d'un autre temps. Ses remparts, érodés par les siècles, semblaient murmurer des histoires de chevaliers, de banquets et de secrets enfouis. Justine gravit les marches du perron, son sac de cuir à la main, ses bottes résonnant sur la pierre. Avant qu'elle ne puisse frapper, la lourde porte de chêne s'ouvrit, révélant un homme dont la présence la frappa comme une bourrasque.
Julien de Vaucourt avait une élégance naturelle, celle d'un homme qui portait son passé avec autant d'aisance que ses vêtements. À 40 ans, il dégageait une assurance tranquille, tempérée par une pointe de mélancolie. Ses cheveux poivre et sel, légèrement désordonnés, encadraient un visage aux traits ciselés : un nez droit, une mâchoire marquée, et des yeux d'un gris orageux qui semblaient fouiller l'âme de Justine. Il portait une chemise blanche, les manches retroussées sur des avant-bras musclés, et un pantalon noir qui épousait ses formes avec une discrète sensualité. Lorsqu'il parla, sa voix grave, teintée d'un léger accent bourguignon, glissa sur elle comme une caresse.
— Mademoiselle Delacourt ? Bienvenue à Vaucourt.
— Justine, s'il vous plaît, répondit-elle, un sourire timide aux lèvres.
— Justine, s'il vous plaît, répondit-elle, un sourire timide aux lèvres.
Elle ajusta son écharpe, soudain consciente de la chaleur qui montait à ses joues sous son regard.
Julien la guida à travers un vestibule orné de tapisseries aux couleurs fanées, où des scènes de chasses médiévales côtoyaient des motifs floraux. L'air sentait le bois ciré et la pierre humide, un parfum d'éternité. Ils traversèrent une enfilade de couloirs, leurs pas résonnant dans le silence, jusqu'à une salle baignée par la lueur vacillante de chandelles. Un feu crépitait dans une cheminée massive, projetant des ombres dansantes sur les murs. Au centre de la pièce, sur une table de chêne sculptée, reposait le Liber Amoris.
Justine retint son souffle. Le livre était une œuvre d'art, un objet qui semblait vivant, pulsant d'une énergie ancienne. Sa couverture de cuir noir, lustrée par les siècles, était ornée de spirales argentées qui s'entrelacaient comme des amants enlacés. Des fermoirs de bronze, gravés de runes indistinctes, maintenaient les pages closes, et une fine couche de poussière scintillait sous la lumière, comme si le livre n'avait pas été touché depuis des siècles. Lorsqu'elle s'approcha, ses doigts effleurèrent le titre, Liber Amoris, gravé en lettres profondes. « Le Livre de l'Amour », murmura-t-elle, sa voix vibrant d'une étrange révérence. Le cuir était tiède sous ses doigts, presque charnel, et elle sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale.
Julien, debout à quelques pas, l'observait avec une intensité qui la troubla.
— Il était dans une crypte, au fond du tunnel, expliqua-t-il, sa voix plus basse, comme s'il partageait un secret.
Puis il reprit.
— Les ouvriers restauraient une aile du château quand un mur s'est effondré, révélant un passage. J'y suis descendu moi-même. L'air était lourd, saturé d'humidité, et les parois… elles étaient gravées de symboles, des cercles entrelacés, des figures humaines à peine esquissées. Au bout du tunnel, il y avait une porte de pierre, scellée par un mécanisme que nous avons mis des jours à ouvrir. Derrière, une petite salle, comme un sanctuaire. Le livre était là, posé sur un autel, intact.
Justine l'écoutait, fascinée, ses yeux passant de Julien au livre. Elle imaginait le tunnel, ses ténèbres oppressantes, l'écho des gouttes d'eau sur la pierre, l'excitation de découvrir un tel trésor.
— Pourquoi moi ? demanda-t-elle, relevant les yeux vers lui. Il y a d'autres traducteurs, d'autres experts.
Julien esquissa un sourire, à la fois énigmatique et chaleureux.
— J'ai lu vos travaux, Justine. Votre traduction des Cantiques de l'Ombre, ce recueil du XIIIe siècle… Vous ne vous contentez pas de traduire les mots. Vous ressentez leur âme. Ce livre, je le sens, a besoin de quelqu'un comme vous.
Ses mots la touchèrent plus qu'elle ne voulait l'admettre. Elle hocha la tête, cachant son trouble derrière un air professionnel.
— Je vais l'étudier. Mais je dois vous prévenir : à part le titre en latin, le texte semble écrit dans une langue bien plus ancienne. Peut-être une proto-écriture, ou un dialecte rituel. Cela pourrait prendre du temps.
— Prenez tout le temps qu'il faudra, répondit Julien. J'ai préparé une pièce pour vous.
— Prenez tout le temps qu'il faudra, répondit Julien. J'ai préparé une pièce pour vous.
Il la conduisit à un cabinet attenant à la bibliothèque, un espace intime aux murs tapissés de livres anciens. Un bureau de bois sombre, une chaise recouverte de velours vert, et une fenêtre donnant sur les vignes baignées de brume composaient un décor parfait pour son travail. Une lampe à huile diffusait une lumière douce, et l'odeur du parchemin flottait dans l'air.
Justine s'installa, le Liber Amoris ouvert devant elle. Elle sortit ses outils : carnets, plumes, dictionnaires poussiéreux, et une loupe pour examiner les détails des caractères. Les pages, épaisses et légèrement irrégulières, semblaient presque respirer sous ses doigts. Chaque lettre, tracée à l'encre noire avec une précision hypnotique, formait des motifs qui dansaient à la lisière de sa compréhension. Ce n'était pas une langue qu'elle connaissait, mais elle reconnut des similitudes avec des alphabets préhistoriques, des glyphes peut-être liés à des cultes oubliés. Elle nota des fragments, des syllabes isolées, laissant son intuition guider sa plume.
Les heures s'écoulèrent, marquées par le tic-tac d'une horloge lointaine et le froissement des pages. À mesure qu'elle progressait, une sensation étrange s'emparait d'elle. Les mots, même incompris, semblaient vibrer d'une intention, comme s'ils murmuraient à son âme. Elle sentit son corps s'éveiller, une chaleur diffuse naissant au creux de son ventre, ses lèvres s'entrouvrant malgré elle. Elle repoussa cette sensation, se concentrant sur son travail, mais chaque phrase décryptée amplifiait cette étrange énergie.
Vers huit heures du soir, épuisée mais exaltée, elle décida de faire son rapport à Julien. Elle le trouva dans le grand salon, assis près de la cheminée, un verre de vin rouge à la main. La lueur des flammes caressait son visage, soulignant les lignes de sa mâchoire et la courbe de ses lèvres. Il portait toujours sa chemise blanche, mais un bouton défait laissait entrevoir la peau de son torse, une vision qui fit vaciller Justine l'espace d'un instant.
— Alors ? demanda-t-il, se levant pour l'accueillir.
Il s'approcha, son parfum – un mélange de bois de santal, de cuir et d'une note plus sauvage, peut-être la terre du tunnel – enveloppant Justine comme un voile. Elle s'assit en face de lui, son carnet à la main, et prit une inspiration, consciente du léger tremblement de sa voix.
— J'ai déchiffré quelques bribes, dit-elle. Ce ne sont que des esquisses, mais elles sont… troublantes. Écoutez.
Elle feuilleta son carnet, trouva le passage, et lut à voix haute :
— Quand deux âmes s'effleurent, la chair s'éveille sous l'éclat d'un feu caché. Leurs souffles se mêlent, et le monde s'efface, ne laissant que la pulsation de l'instant…
À peine les mots franchirent-ils ses lèvres qu'une vague de chaleur la submergea, plus intense que dans le cabinet. Elle sentit son pouls s'accélérer, une envie soudaine, presque viscérale, s'éveillant en elle. Ses joues s'empourprèrent, et elle baissa les yeux, troublée par l'intensité de cette sensation. Les mots du Liber Amoris semblaient avoir pris vie, glissant sur sa peau comme une caresse invisible, éveillant des images d'étreintes, de doigts s'entrelçant, de lèvres effleurant la peau. Elle releva les yeux vers Julien, cherchant à masquer son trouble, mais son regard la désarma.
Il la fixait, immobile, les lèvres entrouvertes, une tension palpable dans ses épaules. Ses doigts serraient le verre de vin, et ses yeux, d'ordinaire si maîtrisés, brûlaient d'une lueur sauvage. Ce qu'elle ignorait, c'était que les mots qu'elle avait lus avaient allumé en lui la même flamme, un désir brut, presque irrépressible, qui le poussait à imaginer ses mains sur la peau de Justine, son souffle contre son cou. Il se força à rester immobile, mais l'air entre eux crépitait d'une énergie presque tangible.
— C'est… puissant, murmura-t-il, sa voix plus rauque, comme s'il luttait pour garder le contrôle.
Il s'approcha sous prétexte de remplir son verre, et lorsqu'il se pencha vers elle, leurs doigts se frôlèrent. Ce simple contact envoya une décharge électrique à travers le corps de Justine, faisant naître une pulsation entre ses cuisses. Elle recula légèrement, le souffle court, consciente de la moiteur qui gagnait ses paumes.
— Je… je devrais rentrer, balbutia-t-elle, son corps trahissant sa volonté. Mon hôtel est à quelques kilomètres.
Julien hocha la tête, mais son regard ne la quittait pas, comme s'il cherchait à graver chaque détail d'elle dans sa mémoire.
— Revenez demain, Justine. Le livre… et moi, nous vous attendrons.
Lorsqu'elle quitta le château, l'air frais de la nuit ne suffit pas à apaiser le feu qui la consumait. Dans sa chambre d'hôtel, seule avec ses pensées, elle s'allongea sur le lit, les yeux fixés au plafond. Les mots du Liber Amoris dansaient dans son esprit, mêlés à l'image de Julien – son regard brûlant, la courbe de ses lèvres, la promesse implicite dans sa voix. Une envie folle, presque irrépressible, la tenaillait : celle de céder à ce désir qui grandissait en elle, comme si le livre lui-même avait semé une graine dans son âme, une graine qui ne demandait qu'à éclore.
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Commentaires ()
Je fonce vers le chapitre deux
J'espère que la suite te plaira.
Mon imagination a encore pris le dessus. Une petite histoire originale en trois chapitres.
Vivement la suite !
Le second chapitre vient de paraitre ^^
Bonne lecture
Hâte de savoir ce qui attend Justine 😏...
Ha Justine.. la suite arrive tres vite. Je crois meme que c est aujourd hui ^^
Voilà qui promet des moments de gêne, d'incertitudes et... de plaisir (même quelque peu imposé) 😳
Je ne vais pas me répéter sur la qualité de l'écriture classique, quoique je vienne de le faire, mais il est bien plaisant de quitter un moment le Volapuk désintégré qui a cours de nos jours, wesh... 😇
J'ai toujours dit qu'un petit livre de temps en temps ... Ça fait du bien ^^
Ha bah mince alors. Mais j'espère pouvoir lire ton histoire un jour