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L'inconnu de Montparnasse — Chapitre 4 · Pas un adieu.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'inconnu de Montparnasse
Chapitre 4 · Pas un adieu.
L'appartement était baigné d’une lumière douce, tamisée par les stores à lamelles blanches. Claire entra dans le salon où sa mère, comme la veille, était assise. Elle prit place en face d'elle dans le canapé après l'avoir embrassée affectueusement.
— Bonjour Maman.
— Ma chérie… je suis contente que tu sois là.
— Je voulais te retrouver un peu plus tôt ce matin. Je pensais arriver avant que tu ne sois levée.
Sa mère semblait plus vive qu’hier, les joues légèrement colorées, la voix un peu plus claire.
— Comment te sens-tu ce matin ?
— Comme quelqu’un qui voit la vie d’un seul œil mais qui la voit mieux qu’hier. C’est déjà pas mal, non ?
Claire sourit et s’assit sur le fauteuil près du lit. Un silence s’installa. La vieille dame tourna un peu la tête vers sa fille.
— Tu as ce petit air… comment dire… ailleurs. Ça ne t’était pas arrivé depuis longtemps.
Claire esquissa un sourire, un peu prise au dépourvu.
— Tu trouves ?
— Oh oui. Ce n’est pas la fatigue, ni le stress. C’est… autre chose. Je ne suis pas née de la dernière pluie, tu sais.
Claire baissa un instant les yeux, troublée. Sa mère continua, d’un ton doux, presque espiègle :
— J’ai toujours été fidèle à ton père. Jusqu’au bout. C’était un homme bon. J’ai eu de la chance, tu sais. Mais… (elle marqua une pause) avec les années, la tendresse était là, mais le feu s’était éteint. On s’est installés dans une routine confortable. Trop confortable, peut-être.
— Tu regrettes ?
— Non. Mais parfois… j’ai rêvé de choses que je n’ai pas vécues, d’occasions que je n’ai pas saisies. À l’époque, on ne posait pas trop de questions, on faisait ce qu’on attendait de nous.
Elle tourna légèrement la tête vers Claire, son œil valide pétillant de lucidité.
— Toi, tu es d’une autre époque. Tu as le droit de vivre différemment, d’écouter ce que tu ressens. Même si c’est… inattendu.
Claire sentit un nœud se défaire au creux de son ventre. Elle n’avait rien dit, mais sa mère avait tout deviné. Sans jugement. Avec cette infinie délicatesse des femmes qui ont vécu longtemps et aimé profondément.
— Tu sais maman, je ne voulais pas te parler de ça… je ne voulais pas te mêler à…
— Ne t’en fais pas. Je ne veux pas de détails, enfin… pas trop ! (elle rit doucement), mais je suis contente que tu sois venue. Et si ce séjour t’a offert autre chose qu'un rôle de garde malade, alors tant mieux.
Elles se sourirent, les mains jointes un instant, comme deux complices de la même histoire féminine, à des décennies d’écart.
Puis la vieille dame reprit, sur un ton faussement anodin :
— D’ailleurs… mon second œil sera opéré dans quelques mois, au printemps prochain. Je ne te l'avais pas encore dit pour ne pas que tu te sentes obligée. Le chirurgien me l'a confirmé après l'opération.
— Ah bon ? Déjà ? Et… tu me le dis comme ça, l’air de rien ?
— Eh bien… ça te laisse le temps de t’organiser, non ? De voir si ton ami parisien a envie de redescendre…
Claire éclata de rire, à la fois émue et touchée. Elle se leva, se pencha, et serra sa mère dans ses bras.
— Tu es incroyable.
— Non, ma chérie. Je suis juste ta mère.
Il était un peu plus de vingt heures quand Claire monta les marches du Grand Hôtel. Bordeaux s’étirait dans la lumière dorée d’un soir doux. Elle avait laissé sa mère assoupie dans son fauteuil préféré, un plaid léger sur les genoux, une tasse vide à côté d’elle. Elles s’étaient embrassées tendrement. Aucune des deux n’avait eu besoin d’ajouter quoi que ce soit.
Marc l’attendait dans la chambre. Il avait ouvert les fenêtres, laissant entrer l’air tiède et lointainement parfumé. Il ne dit rien lorsqu’elle entra. Il s’approcha simplement, posa les mains sur ses hanches, et l’attira contre lui. Ils restèrent ainsi un moment, front contre front, dans ce silence dense, enveloppant, où les mots auraient été de trop.
— J’avais envie de toi toute la journée, murmura-t-elle enfin, dans un souffle presque timide.
— Moi aussi, mais ce que je ressens va au-delà du désir.
Elle leva les yeux vers lui. Il n’y avait pas de jeu, pas de conquête. Juste cette vérité nue entre eux.
Ils s’embrassèrent longuement. Ce n’était plus le feu du premier soir, mais une chaleur douce, profonde, qui montait lentement des reins jusqu’à la gorge. Claire le déshabilla avec des gestes lents et précis. Il fit de même avec elle, dans une tendresse grave. Chaque vêtement ôté semblait être une couche de vie mise de côté, un fardeau déposé.
Lorsqu'ils furent entièrement nus l'un et l'autre, Claire s’accroupit devant Marc. Voulait-elle lui laisser un souvenir impérissable ? Peut-être. Peut-être voulait-elle aussi, dans un dernier élan, exprimer tout ce qu’elle ne savait pas dire autrement.
Ses mains glissèrent doucement le long des cuisses de Marc, ses yeux levés vers lui, brillants d’un mélange d’audace et de tendresse. Il la regardait sans un mot, touché, fasciné par la beauté de ce geste inattendu.
Elle effleura sa peau de ses lèvres avant d’embrasser lentement la naissance de sa virilité, comme on découvre un secret, comme on s’incline devant une évidence. Marc sentit un frisson lui parcourir l’échine, non seulement de plaisir, mais d’émotion.
Claire l’embrassait avec une douceur infinie, alternant baisers et caresses, prenant tout son temps, comme si chaque geste était une prière muette, une reconnaissance silencieuse de ce qu’il lui avait fait vivre.
Elle s’appliquait, attentive à chacune de ses réactions, comme si elle lisait sur son corps les mots qu’ils n’auraient jamais le temps de se dire. Marc passa une main dans ses cheveux, dans un geste à la fois tendre et possessif, bouleversé par la beauté de l’instant.
Quand elle releva enfin la tête, ses lèvres encore humides de leurs fluides mélangés, leurs regards se croisèrent longuement, et Marc sut qu’il n’oublierait jamais ce moment. Elle avait gravé en lui bien plus qu’un souvenir charnel : une empreinte. Une offrande. Une femme libre et nue dans toute sa vérité.
Cette nuit là, ils firent l’amour dans le calme, sans précipitation. Des regards prolongés, des mains qui caressaient plus qu’elles ne prenaient. Claire frissonna sous ses doigts, sous sa bouche, sous cette attention presque sacrée qu’il lui portait. Elle s’abandonna, toute entière. Pas seulement son corps, mais son souffle, ses pensées, son besoin d’exister pleinement, là, dans cet instant.
Il la porta jusqu’au lit et l’aima encore, plus doucement, comme s’il cherchait à graver leur histoire dans sa mémoire à elle, dans sa peau, dans ce creux entre les côtes où bat l’essentiel.
Après, ils restèrent allongés, enlacés. Les draps froissés sentaient leur peau, leur fièvre apaisée, et un soupçon de tristesse.
Claire caressa le torse de Marc du bout des doigts.
— Je ne veux pas que ce soit un adieu.
Il tourna la tête vers elle, les yeux sombres, calmes.
— Ce n’est pas à moi de le décider.
Elle sourit doucement, un peu plus assurée.
— Ma mère sera réopérée dans un mois. Je reviendrai. Si tu es là… si tu en as envie…
Il posa une main sur sa joue.
— Je réserverai cette chambre.
Elle ferma les yeux à cette promesse. Pas une chaîne. Juste une possibilité. Une liberté.
— Ne fais pas de projets, souffla-t-elle. Mais garde-moi une place.
Il l’embrassa dans les cheveux. Ils ne dirent plus rien. Et l’aube pouvait bien attendre.
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Commentaires ()
Cela donne envie de découvrir cela.
Vont ils se retrouver dans un mois?