Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mal de dos — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mal de dos
Chapitre 1
Le mois dernier, je me suis fait mal au dos, bêtement, en me baissant pour ramasser un sac plastique qui traînait par terre, je voulais ranger tout ce bazar dans cette maison. Complètement bloqué, des douleurs atroces. Il s’en est suivi une visite de 16h aux urgences au milieu de personnes bien plus malades et en détresse que moi, les infirmières bourdonnant toute la nuit autour de nous, patiemment allongés dans des brancards, perfusés et vêtus d’une simple blouse, protocole de prise en charge oblige, d’un caleçon et d’une simple paire de chaussettes. J’attends mon tour pour un scanner, la nuit s’étire.
Il y a là une vieille dame paumée qui chouine continuellement, un vieil Alzheimer en hypothermie recouvert d’une couverture chauffante, il se fait dessus, s’arrache les perfs et se coince les jambes dans les barreaux du lit, il est totalement perdu, absent. Je lève tant bien que mal la main pour faire signe à une infirmière derrière la vitre, occupée à faire des rapports, remplir des dossiers médicaux sur l’ordi, pour qu’elle vienne aider ce pauvre homme. Elle m’a vu :
— C’est ce monsieur-là, il est bloqué.
Elle file appeler de l’aide, et trois infirmières débarquent en quelques secondes, toutes sont serrées dans leurs blouses blanches :
— Monsieur Poteré ! Voyons ! Vous êtes tout coincé !
En attendant, une autre dame baragouine et crie dans un langage inconnu, une sorte de patois sorti d’une grotte néandertalienne, un jeune de 15 ans écoute sa musique à fond sur son portable, il doit pas avoir bien mal lui... Un autre derrière le rideau, blague joyeusement avec une jeune infirmière :
— Vous savez quel âge j’ai ?
— Je ne sais pas, peut-être 75 ans ?
— Hey, vous êtes loin, j’en ai 92 !
— Wouah vous êtes en forme, dis donc.
— Oui, toujours en forme, et vigoureux !
— Oh ça, vous savez, je ne veux pas savoir !
— Le problème, c’est ma femme qui n’arrive plus à suivre ...à votre âge, on était complètement déluré, on était tout le temps l’un sur l’autre à faire des galipettes. Vous avez un ami cher demoiselle ?
— Oui oui, ne vous inquiétez pas pour moi ! dit-elle pour s’échapper rapidement de cette situation.
— Martine, viens aider ! L’Alzheimer se fait la belle ! (La belle, c’est bien toi, Martine) Elle rejoint l’équipe à la hâte pour sortir Monsieur Poteré de son embarras. Autour de lui ça s’agite, il y a cette grande blonde à lunettes plutôt élancée qui parle franchement et qui motive tout le monde d’un ton direct, presque joyeux :
— Je ne sais pas, peut-être 75 ans ?
— Hey, vous êtes loin, j’en ai 92 !
— Wouah vous êtes en forme, dis donc.
— Oui, toujours en forme, et vigoureux !
— Oh ça, vous savez, je ne veux pas savoir !
— Le problème, c’est ma femme qui n’arrive plus à suivre ...à votre âge, on était complètement déluré, on était tout le temps l’un sur l’autre à faire des galipettes. Vous avez un ami cher demoiselle ?
— Oui oui, ne vous inquiétez pas pour moi ! dit-elle pour s’échapper rapidement de cette situation.
— Martine, viens aider ! L’Alzheimer se fait la belle ! (La belle, c’est bien toi, Martine) Elle rejoint l’équipe à la hâte pour sortir Monsieur Poteré de son embarras. Autour de lui ça s’agite, il y a cette grande blonde à lunettes plutôt élancée qui parle franchement et qui motive tout le monde d’un ton direct, presque joyeux :
— Bah alors, mon bon Monsieur, on tente une cavale ? Vous êtes pas bien chez nous ?
— Attends, il a les jambes coincées, souffle la petite brune 1.60m, toute fine comme une brindille, qui peine à soulever la jambe du vieillard.
— C’est pas la première fois qu’il vient lui ! s’exclame la râleuse, plutôt costaude, le regard aussi dur que ses cuisses.
— Il s’est déssondé, il a pissé partout, la poche s’est vidée !
— Attends, il a les jambes coincées, souffle la petite brune 1.60m, toute fine comme une brindille, qui peine à soulever la jambe du vieillard.
— C’est pas la première fois qu’il vient lui ! s’exclame la râleuse, plutôt costaude, le regard aussi dur que ses cuisses.
— Il s’est déssondé, il a pissé partout, la poche s’est vidée !
J’observe toute cette agitation. Les corps se penchent, se redressent, les postérieurs se plient et se tendent dans tous les sens. Je vois les paires de fesses s’agiter, certaines serrées dans des culottes laissent deviner leurs traces à travers les pantalons blancs. C’est un spectacle captivant de les voir se trémousser. La petite Martine est là, juste devant moi, je ne peux m’empêcher de reluquer ostensiblement son derrière. Elle s’accroupit, puis se relève dans un geste vif. Son pantalon porté un peu plus large que celui de ses collègues, ne suivit pas tout à fait la rapidité du mouvement, un reflet subtil, un jeu de lumière artificielle, un tissu qui s’étire ...et là, une dentelle, fugace, bleu marine posée sur sa peau pâle. Vision presque irréelle. Cette dentelle me fit frémir un instant. Du désir, non — ou si, mais flou, brouillé, une secousse intérieure. Et là, tout déraille.
Je m’imagine dans une grande pièce blanche, allongé sur une estrade, sous le projecteur trop puissant, entouré d’un public d’éclopés en fauteuil roulant tenant de leurs mains, leurs perches de perfusion à roulette, les voilà qu’ils se mettent à crier. Martine entre sur scène en furie, accompagnée d’un chœur de soignantes chantant à tue-tête. Elle tourne sur elle-même, la blouse se soulève et la dentelle pailletée s’illumine comme un artefact sacré. L’une des résidentes s’évanouit de stupeur, un autre hurle au miracle en tapant du pied. Spot publicitaire : Mattel sort une édition spéciale de Barbie «aide-soignante sensuelle à culotte lumineuse».
Je cligne des yeux, m’ébroue. Les analgésiques font bien trop leurs effets ! Retour à la réalité. Monsieur Poteré est redressé tant bien que mal, les filles plaisantent :
— Eh beh, sacré Alzheimer !
— Restez bien en place sous la couverture, monsieur Poteré ! Vous êtes en hypothermie ! Il faut rester bien au chaud !
— Restez bien en place sous la couverture, monsieur Poteré ! Vous êtes en hypothermie ! Il faut rester bien au chaud !
Martine se passe la main dans les cheveux, le souffle court, le pantalon de travers sur les hanches. Moi je suis toujours là, l’âme à moitié fondue dans une rêverie embarrassante, la bouche pâteuse comme après un rêve bizarre. Quelque part proche d’une fascination absurde, entre l’érotisme furtif et le grotesque quotidien.
Cette vision de dentelle me tient encore aujourd’hui. Ce petit éclat bleu marine, furtif, presque irréel, s’est imprimé dans ma mémoire. Martine, elle, souriait. Pas à moi, mais à une collègue. Je n’étais qu‘un patient sur une liste de patients, un visage noyé dans la masse des milliers de visages qu’elle croise, soigne, soulève, rassure, oublie. Elle est devenue un fragment de roman dans ma tête. Elle ne sait pas que cette dentelle, cette lumière sur sa peau pâle, ce geste banal, s’est transformée en scène quasi sacrée pour un esprit solitaire en manque de poésie, dans un monde saturé de néons blafards et de gants en latex.
C’est mon tour d’être pris en charge :
— Bonjour Monsieur, je suis l’interne, Henri, je vais m’occuper de vous cette nuit.
La phrase tombe, sans écho. Cette nouvelle silhouette vient briser ma rêverie. Plus grande, plus carrée, genre meuble IKEA mal monté. Blouse à peine froissée, badge qui brille comme s’il l’avait astiqué à la salive juste avant d’entrer. Henri. Pas de dentelle, pas de lumière bleue, juste une présence pragmatique.
Je cligne des yeux hagards. Sans prévenir, le lit se mue dans ce couloir en direction du bloc 4. Il referme la porte coulissante, s’installe, consulte mon dossier, sort ses instruments et commence ses vérifications.
— Inspirez, expirez, vous avez mal là, là, oulà ? Oulalah.
Tout est propre, efficace, rationnel dans ses gestes. Dans un coin de mon crâne, Martine continue de passer en boucle. Elle s’accroupit. Elle se relève. Elle s’accroupit. Elle se relève, se relève, se relève... La dentelle vibre, scintillement sur mes rétines.
— Oui j’ai bien mangé, je réponds mécaniquement, alors que le futur docteur Henri ne m’a rien demandé depuis deux minutes. Il pose sa main sur ma cuisse, et remonte sous la toge médicale. Cette cape molle qui ne protège plus grand-chose. Je ne dis rien. J’observe le plafond taché d’ombres, ces continents gris beige et marron, dessinés par des années de fuites et de réfections mal faites, sans doute aussi d’éclaboussures humaines.
Je me demande s’il y a des motifs de dentelle incrustés dans le faux-plafond, camouflés entre deux dalles.
La main d’Henri passe sur mon flanc, puis franchit la frontière du caleçon. Mon cerveau s’agite, ma colonne vertébrale se redresse d’un rien, les capteurs internes s’illuminent. Martine, Martine, signal d’alerte, intrusion en zone sensible ! Henri, imperturbable, poursuit sa mission médicale. Il remonte la toge au nombril. Et insère profondément ses mains dans mon abdomen, ce qui me fit réagir.
— Urgl !
— Hum, vessie presque pleine.
— Hum, vessie presque pleine.
Ayé, j’ai envie de pisser maintenant, c’est malin. Il rapproche le chariot d’échographie à lui
— On va voir l’intérieur maintenant. Ça va être froid. Je vais baisser votre caleçon. Je lève la tête engourdie, pour vérifier si la porte du bloc est bien fermée. Il s’exécute, me désape jusqu’aux chevilles.
Sa main explore calmement. Il me tâte le sexe, pouêt pouêt, en toute simplicité, le soulève de deux doigts, puis de l’autre main, vient sur mes bourses et presse mes testicules une à une, les faisant rouler entre ses doigts gantés avec une attention qui frôle la tendresse. J’adore ça.
— Pas de douleurs ici ?
Dans ma tête, la sirène continue de retentir. Martine ! Je secoue la tête, ou du moins je crois
— Nan, pas.
Martine ! La porte est entrouverte, je crois observer des allées venues dans les couloirs, j’ai le sexe à l’air et une main d’homme dessus. Quelqu'un vient. La porte s’ouvre doucement. Martine, Martine en blouse. Martine en formation. Martine avec un carnet, un stylo et un sourire.
— Parfait. Te voilà, tu peux observer, je vais passer à l’échographie testiculaire.
Martine hoche la tête, note un truc. Moi, j’ai le sexe à l’air, les jambes ouvertes. Et Martine là, dans la lumière crue du néon. Je suis totalement à découvert, Dentelle ! Un frisson traverse mon corps, mon sexe sursaute malgré lui.
— Tiens-moi ça.
Il demande à Martine de me prendre le bout. Elle n’a pas de latex au bout des doigts. Maladroite, elle saisit mon gland entre le pouce et l’index. Henri applique le gel froid sous les testicules. Je frémis.
Martine se penche au-dessus de moi pour observer mon sexe qui tressaute. Le doc commence à manipuler la sonde.
— Vous êtes à l’aise ? demande Henri.
J’ouvre la bouche pour répondre. Mais rien ne sort. À la place, je regarde Martine. Elle me regarde aussi, brièvement. Mon sexe grossit inexorablement. Elle voit. Bien sûr qu’elle voit. Gênée, elle détourne aussitôt son regard sur l’écran, voir les organes en nuances de gris, les veines, les structures internes.
Moi, je vois tout le reste. Sa blouse entrouverte et légère, ses cheveux bruns désormais relevés en une belle queue-de-cheval qui laisse son cou parfaitement dégagé, vulnérable, presque offert, qu’on pourrait effleurer d’un baiser du bout des lèvres. Et cette mèche souple, paresseuse sur l’œil pour se dissimuler. Elle ne dit rien. Elle reste là. Mais moi, mes yeux glissent. Son encolure ouvertement élargie laisse apparaître : Dentelle ! Wink wink, je vois ! Un soupçon de son soutien-gorge, une bretelle bleu marine, à la naissance de sa poitrine. Assorti ! Le soutien-gorge est assorti à sa culotte, vision éphémère. Je ne sais pas pourquoi ça compte.
Mais ça compte. Martine à la plage en maillot de bain, Martine en dessous bleu marine, Martine surprise. Des tressauts de mon chibre devenu géant, que deux doigts ne suffisent plus à tenir. Le voilà décalotté, elle le tient maintenant fermement, trois doigts, quatre doigts et le pouce, de sa poigne vibrante, le muscle de son bras, son biceps durcit est maintenant veiné d’une force herculéenne ! Bientôt, je serai si gros, qu’elle s’y agrippera, comme un lémurien à un tronc ! Mon gland rougeoyant palpite, plip plip plip. Le doc lui, me masse la prostate avec la sonde. Un de ses doigts glisse jusqu’à mon étoile. Le gel aidant, il ne force pas vraiment et insère une phalange dans mon anus. Je me contracte. Il continue ses mouvements en regardant l’écran. Il me stimule de l’intérieur. Me caresse les bourses de l’extérieur, Martine, d’une main, me tient raide en pressant fortement ma verge devenue bouillante, de l’autre elle s'appuie de son poids frêle sur mon torse.
Regarde, ça va venir, on va le voir sur l’écran. Ah oui, on voit les palpitations que je ressens dans la main. Cette zone-là, c’est ce qu’on surveille chez les hommes.
Le doc continue ses mouvements méthodiques circulaires dans mon cul. Etonnamment, je me détends, résister ne sert à rien. Il en profite. Ses gestes deviennent plus profonds, plus précis et enfonce maintenant deux doigts.
— Voiiiilà ! Tout seul. Comme une serrure qu’il vient d’ouvrir.
Martine regarde l’écran. Elle se penche.
Ses cheveux effleurent l’air au-dessus de moi. Un frisson invisible traverse mon ventre. Moi, je regarde Martine et cette bretelle ! Dentelle ! Posée sur cette délicate clavicule.
Mais dans ma tête, c’est flou, je me dis : reste. Les doigts.
Toi, Martine.
Juste là. Encore un instant.
Ses cheveux effleurent l’air au-dessus de moi. Un frisson invisible traverse mon ventre. Moi, je regarde Martine et cette bretelle ! Dentelle ! Posée sur cette délicate clavicule.
Mais dans ma tête, c’est flou, je me dis : reste. Les doigts.
Toi, Martine.
Juste là. Encore un instant.
Je tente de me redresser sur les coudes. De son poids plume, Martine me retient. Je vois sa main, sur mon chibre, le bout rouge qui dépasse de sa main. Le Doc s’active plus rapidement encore en moi. Du bout de ses extrémités gantelées de latex, il presse, caresse, tâte, effleure palpe. Le rythme s’accélère. Mon souffle aussi, si bien que le désir monte rapidement en moi.
— Tu es prête ? On y est ... Un, deux...
— Tu es prête ? On y est ... Un, deux...
Stimulation intérieure et plaisir intense à son paroxysme, cette montée inexorable...
— Trois !
Tout lâche, plus rien ne retient rien, ce n’est pas un simple spasme, c’est une vague submersive dans une brèche ouverte au fond du ventre ! Je jouis profondément sans prévenir, en éructant fortement, un cri de gorge, viscéral, animal.
D’un réflexe sorti d’on ne sait où, que ni elle ni moi ne comprenons, Martine se jette, la bouche ouverte la première, venant intercepter quelque chose, gobant mon gland, elle avale mon éjaculation ! Surpris par la réaction de Martine, Henri recule d’un bond, sur son tabouret à roulettes, les bras en l’air, la sonde toujours en main, l’autre qui sort violemment de mon cul, pousse le chariot qui valse plus loin contre ce mur dans la pièce.
Le néon grésillant au-dessus. La tension redescend. Les aiguilles stridentes de l’imprimante déroulent la mémoire de la machine. Des lignes, des pics, des tremblements. Toute la séance est enregistrée.
Le néon grésillant au-dessus. La tension redescend. Les aiguilles stridentes de l’imprimante déroulent la mémoire de la machine. Des lignes, des pics, des tremblements. Toute la séance est enregistrée.
Maintenant de ses deux mains mon glaive, Martine contourna de sa langue chaleureuse mon bourrelet brillant, nettoyant tous les recoins, se délectant du moindre interstice. Henri, tentant de remettre de l’ordre dans ses affaires, ajuste ses lunettes.
— On a un bon relevé, s’exclama-t-il fièrement en analysant le spectre.
Martine se redresse, lentement. Elle se passe la langue sur les lèvres, simple réflexe, sûrement. Remonte sa mèche derrière l’oreille.
— Ihih désolée pour ça ...
L’air un peu gênée. Henri ajuste mon caleçon, referme la toge comme s’il rangeait un livre dans une bibliothèque, puis note quelque chose sur sa tablette.
— Ce n’est rien, lui dit-il en la prenant par l’épaule. Et ils sortent tous deux. C’est tout de même surprenant ton réflexe.
— ihih j'sais pas du tout d’où ça vient... Si tu veux, je te propose d’éclaircir ce mystère autour d’un verre à la maison ?
— ihih j'sais pas du tout d’où ça vient... Si tu veux, je te propose d’éclaircir ce mystère autour d’un verre à la maison ?
Et moi, resté là, nu sous la toge froissée, je respire pour la première fois comme si c’était nouveau. Avec pour seule compagnie, le bourdonnement du néon blanc.
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