Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un week-end frustrant — Chapitre 1
Auteur
Un week-end frustrant
Chapitre 1
Le ciel se charge de nuages sombres au-dessus des crêtes du col d'Agnès. Noé pédale avec une cadence régulière, ses jambes fines moulées dans son legging violet Lululemon qui épouse parfaitement ses formes délicates. Le tissu technique respire avec lui, évacuant la transpiration de cette longue journée de vélo. Son maillot assorti, aux coutures flatteuses, dessine sa silhouette androgyne avec une élégance naturelle.
Ses cheveux châtains, attachés en queue de cheval haute, dansent au rythme de ses coups de pédale. Quelques mèches s'échappent et caressent ses pommettes rosies par l'effort. Dans cette tenue, avec ses gestes fluides et sa morphologie gracile, n'importe qui pourrait s'y tromper. Mais Noé s'en moque éperdument. Il a choisi cette tenue pour son confort et son esthétique, point final.
Le bitume défile sous ses roues, serpentant entre les pins et les éboulis. Ici, sur ce col isolé, il peut être lui-même sans regard inquisiteur, sans commentaire déplacé. Loin de son bureau de graphiste où il passe ses journées enfermé devant des écrans, loin des conventions sociales qui l'étouffent parfois.
Un grondement sourd résonne dans la vallée. L'orage approche.
Ses mollets se contractent sous le tissu violet, ses cuisses travaillent avec une fluidité presque féminine. Chaque mouvement est calculé, économe, élégant. Vingt ans de vélo lui ont donné cette aisance naturelle, cette harmonie entre le corps et la machine.
Le vent se lève, portant l'odeur de la pluie. Les premiers éclairs zèbrent l'horizon, encore lointains mais menaçants. Noé connaît la montagne, il sait qu'il a peut-être une demi-heure avant que l'orage n'éclate vraiment.
Dans un virage serré, il s'arrête. Une envie pressante. Il regarde autour de lui : personne à l'horizon, juste le silence de la montagne et le murmure du vent dans les pins.
Il descend de vélo avec la grâce d'une danseuse, pose sa machine contre un rocher et ouvre sa sacoche de selle. Ses gestes sont précis, délicats. Il en sort un paquet de mouchoirs, puis, sans la moindre gêne, fait glisser son legging le long de ses jambes épilées.
S'accroupissant avec naturel, il soulage sa vessie. La cage de chasteté qu'il porte l'oblige à cette position, mais il a l'habitude. Une fois terminé, il s'essuie méticuleusement avant de remonter son legging d'un geste fluide.
Le tissu technique reprend sa place contre sa peau, épousant parfaitement ses formes. Pas de sous-vêtement, pas besoin avec ce type de vêtement de sport. La liberté de mouvement est totale, la sensation agréable.
Il repart, les jambes déjà réchauffées par l'effort précédent. Le paysage défile : rochers ocre, végétation rase, quelques genévriers tordus par le vent. Au loin, les sommets se perdent dans les nuages de plus en plus sombres.
Quelques minutes plus tard, un mouvement dans le ciel attire son attention. Il lève la tête et sourit. Des vautours planent majestueusement au-dessus de lui, profitant des courants ascendants. Ils volent bas, si bas qu'il peut distinguer leurs plumes, leur envergure impressionnante.
— Magnifiques, souffle-t-il en ralentissant.
Il s'arrête, un pied au sol, l'autre sur la pédale, et observe ces géants des airs. Leur vol est d'une élégance absolue, sans effort apparent. Ils tournoient lentement, scrutant le sol de leurs yeux perçants. Noé reste immobile, fasciné par ce spectacle gratuit que lui offre la nature.
Un vautour passe si près qu'il entend le froissement de ses plumes dans l'air. L'émotion le saisit. Ces moments-là, c'est pour ça qu'il vient ici, loin de tout, loin des regards.
Mais le grondement de l'orage se rapproche. Il faut repartir.
Il remet le pied sur la pédale et pousse sur les manivelles. Le vélo bondit en avant, mais quelque chose cloche. Un bruit étrange, puis soudain, la sensation désagréable d'une roue qui se dégonfle.
— Merde !
Il s'arrête, descend, examine sa roue arrière. Le pneu est complètement à plat. Un éclat de silex, probablement, qui a transpercé le pneu et la chambre à air.
— Putain de merde ! s'exclame-t-il en donnant un coup de pied dans un caillou.
Il ouvre sa sacoche, fouille dedans. D'habitude, il emporte toujours une bombe anti-crevaison, mais aujourd'hui, il a préféré prendre plus de nourriture. Erreur de débutant.
— Génial, vraiment génial, marmonne-t-il en regardant le ciel qui s'assombrit de plus en plus.
Les premiers éclairs se rapprochent, accompagnés de leur cortège de grondements.
Il scrute les environs, cherchant une solution. Au loin, dans un repli du terrain, il aperçoit une construction. Une grange, avec une voiture garée devant. De la fumée sort d'une cheminée.
— Bingo ! dit-il avec soulagement.
Il attrape son vélo par le guidon et la selle, et commence à marcher en le poussant. Ses chaussures de vélo claquent sur le bitume, ses jambes gainées de violet avancent d'un pas déterminé. La tenue Lululemon bouge avec lui, épousant chacun de ses mouvements sans jamais le gêner.
À chaque pas, l'orage se rapproche. Le vent forcit, faisant danser ses cheveux autour de son visage. Il accélère le pas, conscient que le temps presse.
Ses gestes restent fluides. Il porte son vélo plus qu'il ne le pousse quand le terrain devient trop accidenté. Sa silhouette androgyne se découpe contre le paysage montagnard, violet sur ocre, grâce contre rudesse.
Un éclair plus proche illumine soudain le paysage. La grange se rapproche. Il distingue maintenant les détails : des volets verts.
Quelqu'un vit ici, c'est sûr.
Ses jambes commencent à fatiguer sous l'effort combiné de la journée de vélo et de cette marche forcée avec le vélo. Mais il tient bon, concentré sur son objectif. Le tissu technique de sa tenue évacue parfaitement la transpiration, le gardant au sec malgré l'effort.
Le vent redouble de violence, soulevant la poussière du chemin. Ses cheveux s'échappent complètement de leur attache et voltigent autour de son visage. Il doit plisser les yeux pour voir où il va.
Un nouvel éclair, plus proche encore.
Noé arrive enfin devant la grange. Une maison plutôt, rénovée avec goût. La voiture, une vieille 4L bleue, semble bien entretenue. De la lumière filtre par les fenêtres.
Il s'arrête un instant, reprend son souffle, remet un peu d'ordre dans ses cheveux.
Il pose son vélo contre le mur et s'avance vers la porte, ses pas assurés malgré les circonstances. L'orage gronde au-dessus de sa tête.
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