Po-Li : Une fin
Chapitre 1
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Po-Li : Une fin — Chapitre 1

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cocolst
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Po-Li : Une fin

Chapitre 1

Note de l'auteur



Po-Li est une série particulière. Des histoires indépendantes mélangeant le réel et l'imaginaire dans des proportions différentes. Elles parlent de moi, mais aussi des deux seules femmes dont j'ai été amoureux.
 
Ici, il s'agit de Pauline.
 
Une référence au texte “En toute intimité - Le baiser” y est mise.
 
Bonne lecture.
 
Je me doutais bien que cela arriverait un jour. Alors, la boîte à chaussure à côté de moi sur le lit, je regarde chaque photo prise de Pauline pour les enregistrer dans ma mémoire. En dehors des sexy, des nus d'elle, il y a toute une histoire autour. Ce n'est pas juste pour une dernière branlette, mais pour me remémorer de bons moments passés.
 
La première pochette, photos prises sur mon lit de ma précédente chambre d'étudiant, quelques petits jours après qu'elle m'a offert mon premier vrai baiser ; quelques jours après avoir découvert entre ses bras l'amour, le sexe. Elle était surprise lorsque je lui avais dit que je n'avais jamais posé mes lèvres avant sur quelqu'un d'autre. Elle ne m'avait pas cru au départ, trouvant que je me débrouillais bien. J'en étais flatté, sentiment étrange ; compliment presque étranger. 
 
Dès le début de notre relation, nous étions dans la discussion. Elle n'était jamais dans le jugement, m'aidant à être de moins en moins complexé alors que je me trouvais trop poilu, alors que je n'arrivais pas à prendre le moindre gramme malgré ce que je mangeais. Ces complexes, je les ai toujours, mais moins. Je suis fin, léger. Peut-être que c'est grâce à ça que j'arrive à sauter aussi haut lors de matchs de volley, arrivant au-dessus du filet devant des types d'une tête de plus que moi. Ils me sous-estiment au début, mais lorsque je frappe dans la balle, ils comprennent rapidement leur erreur.
 
Elle a été patiente, m'aidant, me rassurant jusqu'à ce que j'arrive enfin à bander pour elle alors que ma première fois nu sous ses yeux, rien ne se levait, même si j'étais excité, même si j'avais envie de découvrir. J'avais une pudeur extrême, contrairement à elle.
 
Il ne se passa vraiment pas longtemps après avoir découvert les sensations agréables d'un vagin le long de ma verge pour qu'elle accepte de poser pour moi, sachant que j'aime la photographie. Là, sur ces clichés, elle est nue sur le lit de ma petite chambre d'étudiant ; mes colocataires dans le salon étaient en train de discuter. Ils se doutaient bien de ce qu'il se passait. Peut-être pas précisément, mais au moins qu'on faisait des cochonneries.
 
Je n'ai pas dit à Pauline que, alors que nous allions enfin les rejoindre, j'avais oublié de verrouiller la porte de cet espace nécessitant une intimité profonde juste avant. La honte si l'un d'eux était entré. 
 
Cette première fois m'en rappelle une autre qui s'est passée quelques jours plus tard. Cela s'était déroulé sur son lit à elle, dans l'une de nos positions préférées. Je la prenais avec force alors qu'elle était en levrette. Mon sexe était sorti à cause d'un coup trop brusque, repartait pour rentrer, mais se trompa de trou. Je suis incapable d'imaginer la douleur qu'elle eut, se couchant aussitôt sur le côté, se serrant contre son oreiller, n'arrivant même pas à crier, sa main au niveau du cul.
 
Je me suis excusé un milliard de fois, au moins, me sentant vraiment mal pour elle. Elle ne m'en voulut pas ; le risque du métier quelque part. J'avais tout de même dû me serrer la ceinture deux jours, le temps que la douleur s'évanouisse totalement.
 
La fois suivante, elle me demanda d'y aller plus doucement, mettant une main devant son petit trou afin d'éviter le moindre accident. C'en était devenu une sorte de jeu entre nous en la faisant croire que j'allais y entrer. Mais, la sodomie ne l'intéressait pas, et à moi non plus. 
 
Il y a tout de même une pratique que nous aimions tous les deux : j'adorais lécher son petit trou plissé que je sentais se détendre sous mes coups de langue, s'ouvrir petit à petit. Elle adorait que je m'occupe ainsi de son anus, gémissant, jouant du clitoris en même temps jusqu'à se faire jouir.
 
Cependant, la sodomie était un sujet de discussion récurrent… Un jeu lorsque ne couchions ensemble… Un jeu de plus en plus tentant pour tous les deux. Un jeu, jusqu'à ce que je lui dise, mon gland à l'entrée de cet orifice : 
— Attention, je vais entrer.
— Tu n'oseras jamais.
 
J'avais poussé un peu pour l'embêter, la tenant par les hanches. Je n'avais pas l'intention de la pénétrer, mais l'envie était bien présente. Elle se moquait de moi, me provoqua avec sa tête contre son oreiller, ses mains sur les fesses à les écarter, ses yeux coquins.
 
J'ai poussé encore un peu, un jeu pour savoir qui abandonnerait en premier. Mon gland est entré ; elle m'a demandé de continuer. Elle eut un peu mal au début, mais désirait connaître ces nouvelles sensations. Moi aussi. Ce fut sa première sodomie qu'elle apprécia un peu. La seconde, fut plus agréable, mais moins que la suivante. C'était comme si, en pratiquant davantage, le plaisir devenait plus fort, plus profond.
 
Finalement, je n'arrive même pas à bander en regardant ces photos de mon ancienne amoureuse, pourtant sexy, nue dessus, provocante. Elles me rappellent toutes un moment passé entre nous comme celles-ci, sur le toit aménagé en terrasse de l'immeuble de chez ses parents, vivants au dernier étage.
 
Des photos d'elle nue, tout simplement, portant ses lunettes de soleil, un chapeau de paille, une clope au bec. Elle avait sa petite chatte fraichement rasée, un plaisir à regarder, un délice à lécher. Elle posait pour moi, juste pour de l'artistique, pas d'érotique. Il faisait beau, le temps était agréable. Heureusement qu'il n'allait pas pleuvoir car nous étions coincés là pendant un bon bout de temps. Il n'y avait aucun vis-à-vis, donc, rien de gênant. Il fallait juste patienter pour pouvoir redescendre.
 
En effet, la femme de ménage était arrivée entre temps. Le risque de la croiser et qu'elle surprenne Pauline dans son plus simple appareil était très grand, trop grand. Il ne nous restait qu'à attendre qu'elle parte en espérant qu'elle ne se décide pas à venir sur la terrasse. Ma pellicule finie, je n'en avais même pas une en réserve pour continuer à jouer.
 
Profiter pour faire l'amour ? Ni elle, ni moi n'en avions envie à ce moment. Elle regrettait de ne pas avoir pris de vêtements, de ne pas avoir pris avec elle un de ses magazines préférés qui parlent de mode, avec des quiz débiles du genre “Quelle femme fatale êtes-vous ?”, “Comment savoir si votre copain vous trompe ?”.
 
L'ennui ne dura pas : un hélicoptère survola la ville. Il était encore loin, mais nous l'entendions parfaitement. Il se rapprochait petit à petit. Nous étions debout à l'observer. Puis, nous sentant à porter de sa vue, Pauline me demanda : 
— Tu crois qu'il peut nous voir ?
 
Elle connaissait aussi bien la réponse que moi, et sa voix ne trahissait aucune crainte. Il y avait le choix entre la peste et le choléra : partir et se retrouver face à face avec la femme de ménage qui connait Pauline depuis des années, ou rester sur la terrasse à la vue de ce ou ces inconnus, mais moi habillé. Pour Pauline, les options étaient différentes : soit elle allait être humiliée par une connaissance qui allait la découvrir nue avec son minou sans poil comme sur les magazines porno, soit…
 
Elle se déhancha un peu, de façon sexy, vérifiant que le chapeau était bien placé sur sa tête, remontant ses lunettes noires sur ses yeux. La bouche entre-ouverte, alors que l'engin continuait à s'approcher, elle sortit : 
— De toute façon, même si je me fais filmer, on ne pourra pas me reconnaitre.
 
Elle devenait de plus en plus exhibitionniste avec le temps, peut-être par ma faute aussi. Dommage que notre relation se soit noircie avant que nous n'en jouions vraiment. Et l'hélicoptère s'approchait de plus en plus avec Pauline bien en face de lui, sans chercher nullement à se couvrir avec ses bras, ses mains. Il fit un vol stationnaire à 50 m de nous au plus. Pauline fit semblant de regarder les plantes de la terrasse, comme si elle s'en occupait, se penchant, se montrant sous toutes les coutures.
 
Je restais à l'écart, près de la sortie au cas où elle changerait d'avis. Mais, ma présence ne servait qu'à la rassurer, se sentir protéger. Nous ne pouvions savoir combien de personnes jouaient les voyeurs sur elle, ni même ce qu'elles faisaient. Nous n'avions qu'une certitude du fait qu'il s'agissait d'un hélicoptère d'une chaîne de télé.
 
Et ma jolie exhibitionniste, munie d'un tuyau d'arrosage, humidifiait les plantes en passant de l'une à l'autre, se penchant tout en se cambrant pour celles qui étaient au niveau du sol, les jambes suffisamment écartées. Ses lèvres étaient humides, autant celles du haut que celles du bas. Pouvaient-ils le remarquer également ?
 
L'engin resta quelques minutes à cette distance sans bouger, à part les hélices qui tournaient, ne sachant pas si, réellement, ils la regardaient. Puis, il reprit son chemin, passant juste au-dessus de nos têtes. Aucun mot ne fut échangé entre Pauline et moi car il n'y avait rien à dire. Elle alla s'allonger sur le transat. Elle se prit une cigarette. Elle retira le chapeau, les lunettes alors qu'elle s'avait très bien que l'objet volant risquait de revenir. 
 
Tout en fumant, elle commençait à se caresser, se toucher, se masturber. Ses jambes s'écartaient de plus en plus sous ses gestes doux et lents. Je ne sais pas sur quoi elle fantasmait ; je n'étais alors qu'observateur, un simple voyeur à rester à quelques mètres de mon amoureuse. Je savais qu'elle n'avait pas envie que je vienne la rejoindre ; je ne tenais pas à être le perturbateur qui allait dévorer son fantasme du moment alors qu'elle ne voulait qu'un simple plaisir solitaire. J'étais démuni de n'avoir pas de pellicule vierge pour en profiter également.
 
L'hélicoptère se rapprocha à nouveau. Elle tenait sa cigarette dans la main gauche qui se consumait seule. Ses doigts se mirent à s'accélérer sur ce clitoris que j'imaginais bandé et sensible. Elle jouit alors que l'engin réalisait un nouveau passage quasiment au-dessus de nos têtes, avançant lentement. 
 
Elle reprit son souffle pendant quelques secondes avant de remettre le chapeau de paille sur sa tête, ses lunettes de soleil sur le nez. Sa cigarette n'était plus qu'un mégot. Elle en sortit une autre qu'elle alluma. Elle se recroquevilla sur elle-même pour cacher sa nudité, la honte se dessinant sur son visage d'ange à moitié caché. L'hélicoptère s'éloigna et ne revint plus.
 
J'ai fini de regarder chacune de ces pochettes, une dernière fois. Chacune me rappelle un souvenir avec elle, qu'il fut bon ou mauvais, qu'il fut sexuel ou un simple moment de la vie quotidienne. Il y aurait tellement à raconter. 
 
Je prends la boite à chaussure que je mets dans mon sac à dos, prêt à aller chez elle. Elle m'aurait demandé de les lui rendre il y a deux mois de ça, j'aurais refusé de façon nette. Mais, elle n'a pas confiance en ma petite amie actuelle.
 
Je pense qu'elle a pris cette décision suite à ce que je lui ai avoué. J'ai donné une photo de moi nu, service trois pièces totalement apparent, à ma copine pour ses soirs sans moi, à garder secrètement caché. Malgré sa promesse, elle l'a montrée à ses deux meilleures amies sans m'en parler avant, des nanas dont je vais faire la connaissance ce weekend. Elles me connaissent déjà à poil, exhibé comme si j'étais un trophée et cela ne m'enchante pas du tout. Je me sens humilié, trahi.
 
Alors, je comprends Pauline. Et je ne compte pas lui demander en retour de me rendre la pochette contenant les photos de moi travesti en fille lors d'une petite séance amusante alors qu'elle s'était mise derrière l'objectif pour changer un peu les rôles. Je ne me fie pas beaucoup à mon instinct, mais là, ça me parait être une évidence.
 
Pauline ne trouve aucun intérêt à ma nouvelle copine. Elle, elle est jalouse de mon ex. Alors, oui, je comprends sa crainte maintenant. 
 
Allez, il est l'heure d'y aller.
 
 
~~ oooOOooo ~~
Même si, juste après notre séparation, nous nous sommes évités un moment, je suis content que nous ayons réussi à devenir amis. Nous nous appelons souvent et la conversation dure rarement moins de deux heures. Nous nous confions l'un à l'autre, gardant pour nous ce qui n'est pas bon à dire ou trop intime.
 
Alors, je suis bien là, dans son appartement que nous avons partagé un temps, assis sur la moquette avec une pizza sur la table basse. Elle se frotte la poitrine devant moi en me disant que ses bandages la grattent et qu'il faudra qu'elle aille les retirer d'ici peu. Nous nous échangeons des regards. Elle est belle, je le reconnais. Même si nous nous parlons beaucoup, nous ne nous disons pas tout. À aucun moment, j'oserais lui avouer que je dois penser à elle pour réussir à bander et à faire l'amour à l'actuelle.
 
Elle me parle de ses vacances au Club Med de Sainte Lucie. Elle me dit qu'elle n'a pas été sage, et je sais très bien ce que cela signifie. Alors, j'ose la question : 
— Tu as couché avec combien de type ?
— Beaucoup trop. 
— Plus que les doigts de ma main ?
— … Plus que les deux.
— Ah oui, tout de même. Et seulement en deux semaines ?
 
Nous rions ; nous nous allumons une cigarette. Un nouvel échange de regard, un sourire partagé. Elle se frotte encore la poitrine en faisant une petite grimace.
 
— Et ton copain ?
— Évidemment, il ne sait pas. De toute façon, je le quitte ce weekend.
— Oui. En même temps, il était bien trop jaloux de moi, ah ah ah.
— Il l'est toujours autant.
 
Et nous rions encore. Peut-être m'a-t-elle trompée aussi, sans compter Alexandre, mais, comme elle me dit non, je la crois. Là, je ne sais même pas à quoi ressemble ce type. Il paraît que je l'ai croisé à la sortie de l'une des trois représentations de théâtre que nous avons faites. Je ne me souviens plus du tout de lui. 
 
Je jouais le suppôt de Satan dans la pièce “Diable d'homme” de Robert Lamoureux. Elle était l'une de mes victimes que je devais séduire. Pauline m'avait convaincu d'y participer avec elle, mais nous étions en couple à ce moment-là. Durant la pièce, je devais l'embrasser, moment compliqué lors des représentations, faisant semblant pour que ça fasse vrai mais pas trop non plus.
 
C'est aussi grâce aux répétitions que Pauline et moi avions renouées contact ; elles m'ont aussi permis de faire la paix avec Caroline qui y jouait également. Je me souviens d'un appel téléphonique de l'organisatrice : 
— Salut. Tu es dispo pour une répète improvisée ce weekend ?
— Oui, pas de soucis.
— Super. Tu peux demander à Pauline aussi ?
— Ben, pourquoi tu ne le fais pas toi-même ?
— Je n'ai pas envie qu'elle me vole dans les plumes. Avec son caractère, on ne sait jamais… Il vaut mieux que ce soit toi qui lui demandes. Tu sais comment tourner les choses avec elle.
 
Beaucoup la craignent, et je les comprends. Ils ne la connaissent pas autant que moi, c'est pour ça. Elle a une carapace pour se protéger. En dehors d'être une fille belle, d'être intelligente, cultivée, elle est surtout très sensible et manipulable.
 
À nouveau, elle se frotte la poitrine en me regardant, cette poitrine que j'ai aimé à ne pas réussir à m'en détacher. Ces seins qui me faisaient perdre le contrôle au point où, parfois, je passais une main dessus alors que nous étions en public, qu'elle me laissait peloter discrètement dans les transports en commun.
 
Une musique qui passe à la radio, elle se met à chanter. Je plisse des yeux, fais une grimace. Malgré les nombreuses qualités qu'elle a, le chant n'en fait pas partie. Ce n'est pas seulement qu'elle chante faux, c'est tout un ensemble totalement incohérent qui fait mal aux tympans.  
 
— Arrête, par pitié, sinon les chiens vont encore hurler à la mort.
 
Encore cet échange de regard. Mes yeux se posent sur ses lèvres pulpeuses, brillantes. Comme j'ai aimé les embrasser dans le passé. Comme j'ai aimé sa façon de jouer de sa langue sur la mienne, me faisant bander en un éclair.
 
Ses mains sur sa poitrine, elle me dit : 
— Ça te dérange si je vais enlever mes bandages ? Je ne les supporte plus.
— Oui, et je vais en profiter pour faire pipi.
 
Elle se lève, tout comme moi, et retire son débardeur qu'elle laisse trainer dans le salon. Elle n'a jamais été la reine du rangement. Elle se dirige vers la salle de bain, laissant la porte entre-ouverte ; je vais aux WC.
 
J'urine en me remémorant toutes les fois où elle avait la tête penchée au-dessus de la cuvette à gerber alors que je lui tenais les cheveux. Un trop plein d'alcool, ou tout simplement malade, mais, quelque part, de bons souvenirs de complicité entre nous, de tendresse, de confiance.
 
Je tire la chasse d'eau et je sors. Je la surprends dos nu dans la salle de bain. J'ai envie de poser mes mains sur cette peau, de l'embrasser, renifler à nouveau l'odeur de son corps qui m'envoutait tant. 
 
Je m'approche ; elle me regarde à travers le miroir. J'observe quelques instants sa nouvelle poitrine encore marquée par la chirurgie. Elle est belle, je le reconnais. Alors, je lui dis : 
— Tu as eu raison de la faire rétrécir.
 
Elle me répond par un sourire. Mon échec a été de ne pas réussir à lui faire aimer celle qu'elle avait avant. Mais, elle jouait bien trop sur sa santé physique et mentale, trop grosse pour ce petit corps frêle.
 
J'ai envie de poser mes mains sur ses hanches, de mettre ma tête dans son cou pour l'embrasser, le lécher, lui offrir un dernier suçon. Je me retiens alors qu'elle continue à me regarder à travers nos reflets ; ses yeux sont doux et brillants.
 
J'ai envie d'enlever sa ceinture, de déboutonner son pantalon noir moulant parfaitement ses jolies petites fesses, de le baisser pour m'agenouiller et embrasser son cul qui ferait bander un eunuque. Mais, je me retiens ; elle a l'air de lire dans mes pensées.
 
J'ai envie de la prendre dans mes bras, de l'embrasser avec passion, de l'emmener sur son lit, de la faire jouir avec mon visage entre ses jambes, mes doigts dans son vagin. Mais, je me retiens alors qu'elle masse doucement avec de la crème ses seins qui semblent aimer, aux pointes qui se tendent.
 
J'ai envie de lui faire l'amour pour une dernière étincelle, la bloquer sous mon corps mince recouvrant pourtant le sien, l'emprisonner avec mes bras pour qu'elle m'appartienne une dernière fois. Mon bassin entre ses cuisses ouvertes, je la pénètrerais avec délicatesse. Je me délecterais de sentir ses chairs s'ouvrirent pour m'accueillir, son souffle chaud dans mon cou réchauffant ma peau. Elle baisse les paupières, sa bouche s'entrouvre, sa respiration devient lourde ; ses paumes caressent toujours sa poitrine, ses pouces effleurant ses bouts.
 
Je me raisonne, lui disant, me rendant compte en même temps que mes mains se sont posées sur ses hanches, un toucher qui attise mon envie d'elle : 
— Je vais y aller. Merci pour cette soirée.
— D'accord. Merci encore de m'avoir ramenée les photos.
— Ce n'a pas été une partie de plaisir.
— Ah ah ah. Je veux bien te croire… Stan, prends bien soin de toi. Je n'ai vraiment pas confiance en elle.
— T'inquiète pas, je suis un grand garçon maintenant.
— Tu m'appelles pour me dire que tu es bien arrivé ?
— Je n'appelle déjà pas ma mère…
— Et ne traverse pas par le parc, c'est dangereux à cette heure.
— Je sais… À bientôt, Pauline.
— Appelle-moi lorsque tu es arrivé, c'est un ordre !
 
Je la laisse ; je rentre à mon studio. Si physiquement, elle m'attire toujours autant, cette soirée a été une révélation : je ne suis plus amoureux d'elle. Je ne suis amoureux que des souvenirs de tous ces moments que nous avons passés ensemble, même les mauvais. Et en trois ans, il y en a eu beaucoup.
 
Dans mon lit, je m'en remémore à nouveau quelques-uns, ma bite bien dure entre mes mains, mon bras de bébé comme appelle mon actuelle, celle qui va tenter de me détruire dans le futur et qui réussira presque. Je me masturbe discrètement alors que Pauline est à l'autre bout du fil, l'entendant pousser un souffle de plaisir par moment tout en essayant de me faire croire qu'elle regarde une émission à la télévision.
 
Avait-elle dit vrai lorsque nous avions décidé de nous séparer ? 
 
“Nous nous sommes rencontrés trop tôt”.
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Monsieur Plume
22 octobre 2025 à 08:28
Un joli texte empreint d'une nostalgie quin'est jamais triste.
J'aime bien l'idée des photos qui permettent de passer d'un souvenir à l'autre.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Wedreca
Wedreca
21 octobre 2025 à 16:40
Mais, @Wedreca, tu as déjà eu le temps de la lire ? 😶
Trop, forte 😏

Je lis trèèès vite 😋 !

C'est surtout que tu l'avais déjà lue ailleurs, non ?

🤫
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de L'abeille
L'abeille
21 octobre 2025 à 13:08
Elle est chouette cette histoire entre vous, une complicité rare.
Il y a de l'amour la dedans, à n'en pas douter.

Oui c'est possible : vous vous êtes rencontrer un peu trop tôt.
Quoique...
Non, finalement, vous vous êtes rencontrés au bon moment... Et tu n'aurais pas pu vivre meilleur dépucelage qu'avec elle.

Tu te livres sans fard, c'est un exercice qui n'est jamais évident
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de L'abeille
L'abeille
21 octobre 2025 à 13:06
Mais, @Wedreca, tu as déjà eu le temps de la lire ? 😶
Trop, forte 😏

Je lis trèèès vite 😋 !

C'est surtout que tu l'avais déjà lue ailleurs, non ?
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Frederyc
Frederyc
20 octobre 2025 à 23:33
Hummm excellente histoire ! Ce partage entre tentation, souvenirs, regrets, lucidité.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de cocolst
cocolst
20 octobre 2025 à 21:51
Mais, @Wedreca, tu as déjà eu le temps de la lire ? 😶
Trop, forte 😏
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Wedreca
Wedreca
20 octobre 2025 à 21:46
La voilà qui débarque ici 😊 !
Sacrée Pauline 😌 !
Modifié 20 octobre 2025 à 21:47
Soyez respectueux
Répondre

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