Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Confinements et conséquences — Chapitre 1 · Visite Patronale
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Confinements et conséquences
Chapitre 1 · Visite Patronale
Le lit est ravagé. Paul et moi, nous venons de passer un moment hors du temps. Bon, c'est vrai que depuis plus de deux ans, c'est dément. Nous faisons l'amour partout, tout le temps et je ne compte plus les orgasmes. Si bien évidemment, nos corps se reconnaissent et s'apprivoisent depuis tout ce temps, c'est un vrai savoir-faire, un art dans les préliminaires qui font que mon Paul me fait grimper aux rideaux et... je n'exagère pas. Là, devant la télévision qui nous a encore distillé une série insipide, un de ces « meurtres à... » suivi d'un nom de ville, il m'a caressé longuement. Et de fil en aiguille, je me suis encore laissée prendre au jeu, avant de l'être totalement et tout simplement.
Quand je dis tout « simplement », dans mon esprit ça veut dire avec branlettes et sucettes, les grands moments forts de nos jeux d'adultes. Et plus nous les renouvelons, moins j'ai envie que ça s'arrête. Tant et si bien que je deviens une folle du cul dès qu'il m'électrise du bout de la langue sur le lobe d'une oreille, ou que la pointe de celle-ci vient flirter avec mon clitoris. Surtout que la plupart du temps, lui aussi se laisse entrainer par ses désirs et... c'est bien plus en profondeur que ce soir il a de nouveau dérapé sur toute la longueur de mon sexe totalement détrempé. Si naturellement sa salive est une des causes de l'humidité du lieu, il en est une autre bien plus subtile due à mes propres sécrétions.
Oui ! J'avoue que je ne résiste plus au plaisir de ses doigts, de sa bouche, de ses caresses en général et que je pars en vrille, lui rendant coup pour coup dans des pipes qui durent jusqu'à ce qu'il me repousse. Non pas pour me rejeter vraiment ! C'est seulement parce qu'il est incapable de contrôler plus longuement la montée d'une sève sur le point d'exploser dans mon gosier. Ce n'est pas ce qu'il attend, alors bien sûr que nous adoptons ensuite toute une panoplie de positions qui changent au gré de ses coups de reins. Et mes cris, mes gémissements sont à la hauteur de ses aller et retour en moi. Je dois aussi reconnaitre que j'ai l'orgasme bruyant. Il arrive donc à Paul de se souvenir que nous avons des voisins.
Ce soir encore sa main est venue sur ma bouche pour tenter d'éteindre mes braillements que mon état d'excitation engendrait. Et du coup, presque par bravade, par jeu, j'ai planté mes quenottes dans le dos de sa main. Il a lui aussi émis un braiment qui s'apparentait plus à de la douleur qu'à un cri d'amour. Mais bon ! Il a vraisemblablement raison, de l'autre côté de la cloison, si j'entends le son de la télé du garçon qui vit seul, là, il ne fait aucun doute que lui aussi doit être bercé par mes vocalises amoureuses. Et c'est drôle, parce que si je n'y pense jamais, Paul me fait remarquer que... ça doit lui faire grimper la température... ou l'excéder un max. Bon ! Il est vrai que je m'en fiche. De toute manière, je ne l'ai aperçu qu'une fois ou deux.
Et nous sommes là, las aussi évidemment. Mais étendue sur notre pieu dont les draps sont froissés, ma tête posée sur la bedaine de mon loulou, je me sens heureuse. D'une part parce que nous venons de nous époumoner une fois de plus et puis un peu également parce que depuis quelques minutes, il me caresse amoureusement le visage, me lisse les cheveux et que je sens dans cette tendresse masculine toute l'étendue de son amour. Nus comme deux vers avec en bruit de fond le son de la télé et nos respirations qui reviennent au calme, nous sommes zen et détendus, dans tous les sens du terme. Qu'ils sont magiques ces instants que nous vivons là !
Au bout de longues minutes de ces câlins trop bien appliqués, je finis par sentir, à la base de la nuque que son engin reprend vie. Un engouement passager que je m'efforce d'observer en tournant le visage vers l'objet qui se redresse. Et la chose à demi molle encore est là, à portée de lèvres. De là à venir la frôler du bout de ma langue, il n'y a que quelques millimètres que je n'hésite pas à franchir. Le corps sur lequel ma tête repose a un sursaut, mais malgré ce tressaillement juste perceptible, Paul ne fait rien pour éviter le baiser que je lui prépare. Mieux, il donne un léger coup de reins, histoire de plonger sa hampe plus profondément dans ce four que j'ouvre largement. Et... une fellation assez musquée reprend là, raidissant au possible l'increvable bâton de chair. Je m'applique en tournant cette fois d'un quart de tour, l'ensemble de mon corps et mon amant n'a plus que mon dos sous les yeux. Il s'empresse de longer ma colonne vertébrale ainsi remise en évidence, pour dégringoler lentement de ses doigts tendres, jusqu'à la limite de mes fesses. Là où les visiteurs stagnent un peu, la longueur du bras masculin n'étant surement plus suffisante pour descendre davantage.
Se met là en place un second round et tant pis pour le voisinage. C'est plus feutré naturellement, plus long aussi pour mon Paul, pour venir. La deuxième tournée de sperme à survenir est moins rapide et je peux tout à loisir bénéficier de cette patience que nos jeux précédents imposent à nos organismes. Et c'est dans ces instants-là que la maestria de mon loulou se fait jour. Il est inventif, imaginatif et sait bien me faire jouir à petites doses. Il n'a pas besoin de faire d'efforts pour se prémunir d'une éjaculation trop hâtive. Je suis comblée et râle à m'en fendre l'âme alors qu'il me laboure avec un certain flegme. C'est... merveilleusement bon !
Mais cette fois, nous sommes au bout de nos forces. Le moindre frottement, le plus petit effleurement en devient pour mon sexe, presque douloureux. Paul sait qu'après ce long coït d'une âpreté sans égale, il est inutile d'insister... j'ai besoin de temps pour recharger mes batteries et sans qu'il veuille l'admettre, lui également. Mais nous ne nous endormons pas tout de suite et sommes dans les bras l'un de l'autre alors que le bruit mat d'un objet qui tombe au sol vient perturber notre quiétude. Mon amant fait un bond sur la couche et dresse l'oreille.
— C'est quoi ça, Mira ?
— Ben... je ne sais pas ! On dirait que ça vient de...
— Ben... je ne sais pas ! On dirait que ça vient de...
Je ne précise pas, me contentant de pointer mon pouce vers le mur contre lequel nos oreillers sont adossés. Et je lis dans les yeux marron de Paul, une sorte d'incrédulité. Il jette un coup d'œil au réveil sur la table de nuit et me sourit. Il me chuchote deux ou trois mots, comme si soudain il craignait d'être entendu par celui qui crèche dans l'appartement derrière nous. Ça me fait rigoler et je lui balance gentiment ce qui me passe alors par la tête.
— Avec le ramdam que nous avons fait... il est forcément éveillé. Alors un peu plus un peu moins... tu crois que ça lui fait quoi de nous écouter nous envoyer en l'air ?
— Comment veux-tu que je le sache ? Il se fait du bien tout seul peut-être !
—... ? Tu crois ? Tu ferais ça toi si tu étais à sa place ?
— Ben... s'il sait qui tu es, je ne doute pas qu'il ait des envies aussi... on devrait l'inviter un soir !
— Quoi ? Ça ne va pas dans ta tête ? L'inviter, pour quoi faire ?
— Humm ! Je t'imagine bien à poil comme en cet instant, devant lui...
— Tu es malade ma parole ! C'est dingue d'avoir de telles idées. Tu peux toujours courir mon vieux ! Ça n'arrivera jamais...
— Rabat-joie ! On n'a même plus le droit de rêver ? Et puis qui sait... deux mecs pour toi toute seule... ça serait le pied, non ?
—... ? T'es sérieux là ? Tu me prends pour qui ou quoi, Paul ?
— Merde... rien que l'idée me fait... bander ! Regarde, je ne plaisante pas. Ouais... ça doit être hyper jouissif de voir sa nana baiser par un autre...
— Tu devrais prendre un haut-parleur aussi, comme ça tout l'immeuble serait au courant des fantasmes de cinglé de mon homme. Enfin Paul, si nous entendons ses bruits, il doit aussi... nous entendre parler.
— Grand bien lui fasse ! Il se branle peut-être encore en salivant de savoir que j'aimerais voir ça...
— Pff ! Tu es... ah ! Et puis zut ! J'ai sommeil pour de bon, maintenant, il est temps de dormir... bonne nuit...
— C'est tout ? Pas même un bisou avant de fermer tes jolis yeux, Mira ? Madame a eu ce qu'elle espérait, alors je ne compte plus que pour du beurre. Elle est belle, tiens, la femme qui me jure un amour éternel.
— Ça suffit... dors et tais-toi !
— Comment veux-tu que je le sache ? Il se fait du bien tout seul peut-être !
—... ? Tu crois ? Tu ferais ça toi si tu étais à sa place ?
— Ben... s'il sait qui tu es, je ne doute pas qu'il ait des envies aussi... on devrait l'inviter un soir !
— Quoi ? Ça ne va pas dans ta tête ? L'inviter, pour quoi faire ?
— Humm ! Je t'imagine bien à poil comme en cet instant, devant lui...
— Tu es malade ma parole ! C'est dingue d'avoir de telles idées. Tu peux toujours courir mon vieux ! Ça n'arrivera jamais...
— Rabat-joie ! On n'a même plus le droit de rêver ? Et puis qui sait... deux mecs pour toi toute seule... ça serait le pied, non ?
—... ? T'es sérieux là ? Tu me prends pour qui ou quoi, Paul ?
— Merde... rien que l'idée me fait... bander ! Regarde, je ne plaisante pas. Ouais... ça doit être hyper jouissif de voir sa nana baiser par un autre...
— Tu devrais prendre un haut-parleur aussi, comme ça tout l'immeuble serait au courant des fantasmes de cinglé de mon homme. Enfin Paul, si nous entendons ses bruits, il doit aussi... nous entendre parler.
— Grand bien lui fasse ! Il se branle peut-être encore en salivant de savoir que j'aimerais voir ça...
— Pff ! Tu es... ah ! Et puis zut ! J'ai sommeil pour de bon, maintenant, il est temps de dormir... bonne nuit...
— C'est tout ? Pas même un bisou avant de fermer tes jolis yeux, Mira ? Madame a eu ce qu'elle espérait, alors je ne compte plus que pour du beurre. Elle est belle, tiens, la femme qui me jure un amour éternel.
— Ça suffit... dors et tais-toi !
Je tire grossièrement le drap qui est avachi au fond de la couche et m'étire de tout mon long, couchée sur le flanc, ne présentant plus que mon dos et évidemment mon fessier à ce gaillard qui rit toujours de sa blague. Il vient se caler contre moi et son corps est bouillant, mais son sexe est au repos. Ouf ! J'ai bien cru qu'il allait me réclamer un tiers temps et je n'en peux plus physiquement. Je ferme les yeux et lui coupe la lumière, nous plongeant dans le noir total. Il ne faut guère plus de cinq minutes pour que sa respiration régulière m'indique qu'il est au royaume des songes. Mais moi, je n'arrive pas du tout à plonger aussi dans le néant réparateur. Non ! Je suis là à ruminer les images de ce qui vient de se passer.
— xXx —
Je maudis ce sommeil qui se refuse à moi, alors qu'à quelques centimètres mon chéri dort à poings fermés. Ma main sur son torse m'apprend que sa respiration est régulière, qu'il est bien loin de moi. Dire que je me force à rester immobile dans ce grand lit pour ne pas le réveiller, un comble tout de même puisque c'est bel et bien moi qui aie réclamé ce repos. Mes oreilles aux aguets perçoivent les moindres bruits les plus petits craquements et dans le lot de ceux qui m'arrivent, il me semble que chez notre voisin, un drôle de son quasiment constant se répète à intervalles réguliers. Au bout d'un moment, j'en suis à me poser la question de savoir si... le type n'est pas lui aussi en train de faire l'amour. Mais non ! Je n'entends que les grincements appuyés de son sommier qui gémit.
C'est ce que mon cerveau imagine en tout cas et ça perdure dans la nuit un sacré long moment. Ce qui finalement me laisse songeuse. Sont-ce mes cris terminés depuis un bout de temps cependant qui lui donnent ce besoin de... et j'en souris béatement dans la nuit qui m'entoure. Une sorte de râle troue le silence et un grincement nettement plus violent, assez prolongé également et puis, plus rien. Je sais que c'est idiot pour ne pas dire con, mais j'arrive à penser qu'il vient de finir de s'astiquer le manche en songeant à nos parties de cul que nous n'avons pas du tout insonorisées. Et cette idée me file des fourmis et des frissons partout dans le corps. Et pour la énième fois, je me retourne dans notre lit.
Le sommeil, celui que j'ai vainement appelé de tous mes vœux me tombe dessus par surprise, sans que je sache comment et ce sont les rayons d'un soleil matinal qui viennent me lécher le visage qui me ramènent dans le monde des vivants. Peut-être aussi et plus surement la patte douce de Paul qui d'une phalange s'évertue à écrire virtuellement un ou des mots sur la peau de mon dos ? Éveil tendresse, éveil feutré et mon désir est immédiatement rallumé. Tout mon corps répond aux sollicitations de mon amoureux. Et bien entendu, je ne sais pas lui refuser une fête charnelle qui me sied à ravir. Rebelote donc. Sur le métier nous remettons notre ouvrage et aux mêmes causes, les mêmes effets.
Ce n'est qu'après de longs miaulements de chatte qui s'est coincé la queue dans une porte, et là forcément ailleurs, que je réalise que notre gentil voisin invisible va avoir de quoi se tripoter un moment. Et je souris à l'image de cet inconnu qui se branle peut-être avec frénésie en écoutant mes vocalises que j'ai omis de refréner. Notre partie de jambes en l'air prend fin parce que mon doudou a faim et qu'un petit déjeuner serait le bienvenu. Nous quittons donc la chambre en même temps et il prépare la cafetière alors que j'ouvre la fenêtre pour aérer. Nos ébats nombreux nous laissent quelques effluves qu'il faut bien chasser. Une belle journée se prépare et c'est heureux. Le café pris dans de bonnes conditions a-t-il vraiment un gout plus sympa ?
Difficile à dire. Et voilà que nous avons après une douche assez longue, parce que prise en commun, le reste d'une journée de repos à occuper. Et... je sais déjà que si nous passons ces heures creuses dans l'appartement, c'est en position allongée que ça va encore dériver. Il me faut vite dégoter un but et m'y tenir.
— Tu n'as pas envie de sortir, Paul ?
— Pourquoi pas ? Et où voudrais-tu que nous allions nous balader ?
— Je ne sais pas ! Mais allez marcher, c'est possible par un beau temps pareil !
— Ouais... on peut aller faire le tour du lac ou aller faire un tour en forêt, qu'en dis-tu ? La nature est plus que belle en cette saison... on ne sait pas de quoi demain sera fait côté météo !
— Tu as raison. J'aimerais revoir l'endroit où nous nous sommes rencontrés la première fois...
— Ah... c'est une bonne idée ça, ma chérie...
— Mmm !
— Mira...
— Oui Paul ?
— Je suis raide dingue de toi... tu es trop belle, et je me souviens de la petite jupe noire et de ton pull marine...
— Je vois ! Mais tu me promets que tu ne me tripotes pas ?
— Euh... je n'aime pas faire des promesses que je suis souvent incapable de tenir. Tu es... bon, on y va sinon, le voisinage va encore imaginer des choses...
— Il y a longtemps qu'ils ont dû comprendre les voisins... surtout celui qui dort dans la chambre mitoyenne à la nôtre. Le pauvre... s'il n'a pas de copine, il doit bougrement souffrir.
— Mira... tu veux que je te dise ? On s'en tape des gens des alentours. L'essentiel c'est bien que nous vivions quelque chose de grand, de beau !
— Oui... mais je ne sais pas pourquoi, mais après que tu te sois endormi... je suis presque certaine qu'il a...
— Et alors ? Il s'est branlé en songeant à la petite nana d'à côté ? Grand bien lui fasse et puis... c'est rassurant de savoir que ce type aime les femmes...
— Oh ! Rien ne dit mon chéri que c'est en pensant à moi qu'il se...
— On y va ou on fantasme toute la journée sur un bonhomme qui se pignole en pensant à tes fesses...
— Ou aux tiennes ! Est-on jamais certain de cela ?
— Pourquoi pas ? Et où voudrais-tu que nous allions nous balader ?
— Je ne sais pas ! Mais allez marcher, c'est possible par un beau temps pareil !
— Ouais... on peut aller faire le tour du lac ou aller faire un tour en forêt, qu'en dis-tu ? La nature est plus que belle en cette saison... on ne sait pas de quoi demain sera fait côté météo !
— Tu as raison. J'aimerais revoir l'endroit où nous nous sommes rencontrés la première fois...
— Ah... c'est une bonne idée ça, ma chérie...
— Mmm !
— Mira...
— Oui Paul ?
— Je suis raide dingue de toi... tu es trop belle, et je me souviens de la petite jupe noire et de ton pull marine...
— Je vois ! Mais tu me promets que tu ne me tripotes pas ?
— Euh... je n'aime pas faire des promesses que je suis souvent incapable de tenir. Tu es... bon, on y va sinon, le voisinage va encore imaginer des choses...
— Il y a longtemps qu'ils ont dû comprendre les voisins... surtout celui qui dort dans la chambre mitoyenne à la nôtre. Le pauvre... s'il n'a pas de copine, il doit bougrement souffrir.
— Mira... tu veux que je te dise ? On s'en tape des gens des alentours. L'essentiel c'est bien que nous vivions quelque chose de grand, de beau !
— Oui... mais je ne sais pas pourquoi, mais après que tu te sois endormi... je suis presque certaine qu'il a...
— Et alors ? Il s'est branlé en songeant à la petite nana d'à côté ? Grand bien lui fasse et puis... c'est rassurant de savoir que ce type aime les femmes...
— Oh ! Rien ne dit mon chéri que c'est en pensant à moi qu'il se...
— On y va ou on fantasme toute la journée sur un bonhomme qui se pignole en pensant à tes fesses...
— Ou aux tiennes ! Est-on jamais certain de cela ?
Paul éclate de rire et nous nous chaussons dans le hall d'entrée avant de disparaitre dans la cage d'escalier. Une demi-heure plus tard, nous sommes sur un petit sentier où des tas de couples se baladent mains dans la main. Tous ces gens-là ont l'air heureux et les salutations sont lancées joyeusement par ces inconnus qui profitent eux aussi, de cette journée d'automne digne d'un été indien. Mon amour me tient par la taille et nous nous bécotons tous les dix mètres. Ça donne le sourire à d'autres qui nous imitent dès qu'ils nous ont distancés de quelques mètres ou qu'ils se croient bien à l'abri des regards, dans la végétation terriblement épaisse.
Nous bifurquons au bout d'un sentier, pour nous enfoncer dans une clairière, loin de la route principale et... je dois repousser les mains trop baladeuses de mon homme. Il rit, insiste pourtant avec juste ce qu'il faut de mimique pour que je sente qu'il joue un peu. Plaquée à la fin contre un grand hêtre, les smacks gentillets du début de promenade se muent en un vrai baiser. Et... celui-là me remet le feu au ventre. Mais j'ai trop peur d'être surprise par des gêneurs ou des promeneurs, voire peut-être d'être épiée de loin par des individus peu recommandables. Je mets donc un terme à ces polissonneries que Paul voudrait voir progresser plus... amoureusement.
Je me dégage de son étreinte et cours me réfugier sur la voie passante que nous avons quittée quelques centaines de mètres plus loin. Il me rattrape et sa main vient cueillir la mienne. Il y a dans ses yeux, une fièvre que je connais trop bien. Et sa bouche quémande un nouveau baiser fou. Il l'obtient, mais je le prie de laisser ses pattes au repos.
— Non ! Non, Paul. Il y a plein de monde et puis... gardons-en un peu pour ce soir ! Je n'ai pas envie de ça ici.
— Mmm ! Ma chérie... moi j'ai toujours envie de toi... tu sais cela, non ?
— Sois raisonnable ! Je ne te refuse rien d'ordinaire, mais là, nous sommes à la vue de tous, partout...
— Oh... s'il te plait ! Juste une caresse, juste un peu, s'il te plait.
— Non ! C'est non, pourquoi tu insistes comme ça ?
— On fait un deal alors ?
— Un quoi ?
— Un deal... je ne te touche pas, mais à la maison, on... joue un peu. Pour le fun !
—... ? C'est ce que nous faisons tous les jours, non ?
— Ben... on pourrait aussi corser le jeu et mettre des gages...
— Quoi ? Je te vois venir avec tes gros sabots mon cœur... dis-moi le fond de ta pensée...
— On fait... je ne sais pas moi... enfin tu me promets de ne pas te fâcher ?
— Bon ! Paul, qu'est-ce que c'est que ce cinéma ? Si tu as un truc à me dire, ne tourne pas autour du pot ! Je suis grande et sais dire non si ce que tu veux proposer ne me convient pas !
— Ben... c'est déjà non d'office à mon avis.
— Et voilà : monsieur fait les demandes et les réponses ! Ça s'appelle un monologue et non plus un dialogue.
— Bon... on invite notre voisin un soir et...
— Te revoilà avec ça dans la tête ? C'est une manie chez toi ? Je t'ai donné mon avis sur la question cette nuit, n'est-ce pas ?
— Seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis, tu sais mon amour... et imaginer qu'en plus il puisse se branler en pensant à toi, c'est... regarde-moi ça.
— Hein ?
— Mmm ! Ma chérie... moi j'ai toujours envie de toi... tu sais cela, non ?
— Sois raisonnable ! Je ne te refuse rien d'ordinaire, mais là, nous sommes à la vue de tous, partout...
— Oh... s'il te plait ! Juste une caresse, juste un peu, s'il te plait.
— Non ! C'est non, pourquoi tu insistes comme ça ?
— On fait un deal alors ?
— Un quoi ?
— Un deal... je ne te touche pas, mais à la maison, on... joue un peu. Pour le fun !
—... ? C'est ce que nous faisons tous les jours, non ?
— Ben... on pourrait aussi corser le jeu et mettre des gages...
— Quoi ? Je te vois venir avec tes gros sabots mon cœur... dis-moi le fond de ta pensée...
— On fait... je ne sais pas moi... enfin tu me promets de ne pas te fâcher ?
— Bon ! Paul, qu'est-ce que c'est que ce cinéma ? Si tu as un truc à me dire, ne tourne pas autour du pot ! Je suis grande et sais dire non si ce que tu veux proposer ne me convient pas !
— Ben... c'est déjà non d'office à mon avis.
— Et voilà : monsieur fait les demandes et les réponses ! Ça s'appelle un monologue et non plus un dialogue.
— Bon... on invite notre voisin un soir et...
— Te revoilà avec ça dans la tête ? C'est une manie chez toi ? Je t'ai donné mon avis sur la question cette nuit, n'est-ce pas ?
— Seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis, tu sais mon amour... et imaginer qu'en plus il puisse se branler en pensant à toi, c'est... regarde-moi ça.
— Hein ?
Paul qui tient toujours ma main dans la sienne la fait se frotter à son entrejambe, tout en m'embrassant une fois de plus. Et... je dois dire que je n'ai pas véritablement un sursaut pour empêcher ma menotte de lui toucher la bosse qui déforme visiblement son pantalon au niveau de la braguette. Il soupire et... évidemment que je ne me cabre pas pour reculer mes doigts. De là à opter pour son « appel à un ami », il y a un gouffre que je ne tiens pas à combler. Il doit se contenter de cette pression que j'exerce sur la clarinette gonflée à bloc et très à l'étroit dans son futal. Notre retour à la maison est des plus... coquin.
Nombreux sont ses dérapages du levier de vitesse à ma cuisse abordable lors de notre trajet qui nous ramène chez nous. Dans la cage d'escalier, c'est quasiment à chacune des marches que j'ai droit à un baiser. Que je ne repousse pas et auquel je participe plutôt activement, je me dois d'être honnête. Et ma veste tout comme mon chemisier sont plus arrachés que retirés gentiment dès que la porte sur nous s'est refermée. De là au salon, j'ai depuis un moment l'eau à la bouche et... je ne suis pas du tout surprise par cette scène qui nous réunit, moi à genoux sur l'assise du divan et lui qui me cramponne par les hanches. Sincèrement, cette prise de possession assez dépouillée de mon corps me rend dingue de désir...
Mon orgasme est à la hauteur de nos attentes respectives. Et s'il est vrai que je ne suis plus en mesure dans de tels instants de me rendre compte de ce qu'éprouve Paul, je veux croire qu'il prend son pied aussi magistralement. Tant et si bien que nous sommes de nouveau alanguis sur le canapé qui pour la énième fois supporte nos frasques charnelles sans broncher. Là, très tendrement, pour me faire savoir combien il m'aime, mon amant me caresse doucement le visage alors que j'enfouis ma bouille dans le creux de son épaule.
— Oh ! Paul... c'est toujours aussi bien ! J'adore faire l'amour avec toi.
— Oui ? Tu n'as guère de points de comparaison, pourtant !
— Quoi ? Je ne comprends pas !
— Ben quand tu dis avec « toi », tu ne peux pas juger vraiment, puisque tu ne l'as jamais fait qu'avec moi.
— Ah ! Mais je dis ce que je ressens, c'est mal ?
— Bien sûr que non ! Dommage que tu n'aies pas le courage d'essayer...
— Encore ? Tu ne vas tout de même pas me ramener sur le tapis ton histoire de voisin ?
— On peut en parler, tu ne crois pas ? Tout le monde à des fantasmes. Et en parler booste souvent la libido et gonfle nos envies. J'en rêve et ça me procure des envies monstrueuses.
— Attends... quand on fait l'amour, tu penses à ça ? Dis-moi que ce n'est pas vrai, que je comprends mal...
— Et toi ? Tu ne penses jamais à rien quand on... joue ?
— Si ! Je songe au plaisir que tu vas me donner, je pense à ta... enfin à ton sexe qui va me rendre folle.
— Et jamais tu ne t'imagines que quelqu'un d'autre pourrait être à ma place ?
— Mais non, voyons ! C'est toi qui me fais du bien et je ne vois pas pourquoi je rêverais d'une autre... tu es vicieux, c'est ça ?
— Mon amour... nous avons tous nos petits rêves, nos petits fantasmes et les exprimer ce n'est pas spécialement les réaliser...
— Encore heureux ! Je ne me vois pas coucher avec X ou Y pour ton plaisir...
— Oh ! Te voilà bien catégorique. Le tien n'entrerait donc pas en ligne de compte ? Peux-tu être certaine à cent pour cent que tu y découvrirais une différence ? Tu sais dans ces instants où le corps est en mode « chaleur », je ne suis pas persuadé que tous nos sens soient contrôlables. Pas plus les miens du reste que les tiens.
— Ouais... ben, ne compte pas sur moi pour mettre en pratique tes théories hasardeuses...
— Humm ! Mais le fait d'en discuter calmement ouvre déjà bien des perspectives. Touche-moi ça !
—... ?
— Oui ? Tu n'as guère de points de comparaison, pourtant !
— Quoi ? Je ne comprends pas !
— Ben quand tu dis avec « toi », tu ne peux pas juger vraiment, puisque tu ne l'as jamais fait qu'avec moi.
— Ah ! Mais je dis ce que je ressens, c'est mal ?
— Bien sûr que non ! Dommage que tu n'aies pas le courage d'essayer...
— Encore ? Tu ne vas tout de même pas me ramener sur le tapis ton histoire de voisin ?
— On peut en parler, tu ne crois pas ? Tout le monde à des fantasmes. Et en parler booste souvent la libido et gonfle nos envies. J'en rêve et ça me procure des envies monstrueuses.
— Attends... quand on fait l'amour, tu penses à ça ? Dis-moi que ce n'est pas vrai, que je comprends mal...
— Et toi ? Tu ne penses jamais à rien quand on... joue ?
— Si ! Je songe au plaisir que tu vas me donner, je pense à ta... enfin à ton sexe qui va me rendre folle.
— Et jamais tu ne t'imagines que quelqu'un d'autre pourrait être à ma place ?
— Mais non, voyons ! C'est toi qui me fais du bien et je ne vois pas pourquoi je rêverais d'une autre... tu es vicieux, c'est ça ?
— Mon amour... nous avons tous nos petits rêves, nos petits fantasmes et les exprimer ce n'est pas spécialement les réaliser...
— Encore heureux ! Je ne me vois pas coucher avec X ou Y pour ton plaisir...
— Oh ! Te voilà bien catégorique. Le tien n'entrerait donc pas en ligne de compte ? Peux-tu être certaine à cent pour cent que tu y découvrirais une différence ? Tu sais dans ces instants où le corps est en mode « chaleur », je ne suis pas persuadé que tous nos sens soient contrôlables. Pas plus les miens du reste que les tiens.
— Ouais... ben, ne compte pas sur moi pour mettre en pratique tes théories hasardeuses...
— Humm ! Mais le fait d'en discuter calmement ouvre déjà bien des perspectives. Touche-moi ça !
—... ?
Il prend ma main et la guide vers ce centre de lui qui a repris une vigueur inouïe. C'est donc réel ? Ça le fait véritablement bander de s'imaginer de telles horreurs ? Mais bon sang, tous les mecs sont donc guidés par leurs plus bas instincts ? Je n'en reviens pas ! Et cependant, c'est d'un geste machinal que mes doigts encerclent le cylindre de chair raide et chaud. C'est tout aussi mécaniquement que je donne de petites amplitudes à mon poignet, ce qui a pour effet de faire apparaitre et cacher le gland rose luisant ? Avec ces mouvements, les papillons de mon ventre rouvrent leurs ailes et... j'admets que chez moi aussi l'envie renait de cette branlette inopinée. Il en résulte que nous rejouons la scène avec une simplicité toute relative.
Sur le dos, Paul sur moi, à la missionnaire nous refaisons l'amour avec une lenteur exaspérante. Et je garde les paupières ouvertes, appréhendant chacun de ses gestes alors que le visage crispé par ce qu'il me fait, il me prend. Je tente de garder le contrôle, ce qui devient mission impossible au bout de seulement quelques aller et retour. Et... lui marmonne des mots pas forcément tendres. J'en capte une partie, le reste se perdant dans les oubliettes des sensations que je ressens. Mais il me parait fort clair que tous ne sont pas des vocables d'amour. Il me pistonne et je ne peux que crier sans que mon cerveau soit en mesure de calmer ces gémissements qui m'affolent.
— Salope, j'ai envie de te voir baiser par un autre, tu es ma plus belle pute ! J'ai envie de te voir sucer, bouffer une autre bite... Ah oui ! C'est trop bon, tu es ma chienne, tu es ma salope !
—...
—...
J'ai capté la majeure partie de son vocabulaire de charretier. Et je ne vais pas faire la fine bouche. Les mots ont un pouvoir euphorisant qui me fait très vite perdre pied. Allié à ses coups de boutoir, je dois dire que ça me fait monter dans les tours et je jouis là comme une démente. Plus aucune retenue, je ne suis plus qu'une longue plainte et ce qu'il me raconte se dilue dans l'orgasme très long qui me tétanise de la racine des cheveux, à la pointe de mes orteils. Ce qu'il me radote n'est plus qu'un murmure inaudible et de mon côté, je n'ai plus le sens des réalités. Je parle vraisemblablement, répondant peut-être même à des questions dont les à-propos m'échappent complètement.
— xXx —
C'est moi ou j'ai la nette impression que de plus en plus souvent dans les semaines qui suivent nous en arrivons à remettre sur le tapis, l'obsession de Paul. Il me parle pratiquement à chaque fois de son drôle de souhait et à force de l'entendre, il me parait que ça fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête. Bien sûr, ce ne sont que des paroles, mais elles nous emportent chaque fois sur des vagues d'un délire de plus en plus fort. Et ce soir encore, il me cause de ça et je l'écoute d'une oreille distraite. Depuis quelques jours aussi, il est tout fier de m'annoncer qu'il va avoir un poste plus important dans sa boite. Et il ne tarit pas d'éloges sur son boss, qui lui permet de prouver sa valeur sur le marché du boulot.
Il me parle de ce type que je n'ai jamais vu, comme d'un brave gars, d'une cinquantaine d'années et qui sans trop que Paul s'étende sur le sujet, est dans la bouche de mon amour, décrit comme un type qui traverse une crise conjugale. Je ne suis pas très attentive, et je ne pige pas complètement où il veut en venir. De plus, lorsqu'il me tanne pour que nous invitions le chef d'entreprise à diner à la maison, je ne vois là chez Paul qu'un moyen de lui témoigner sa reconnaissance. Et une date est donc prise avec mon aval, pour ce diner très banal en somme. C'est donc tout naturellement que le vendredi soir suivant, je me colle aux fourneaux pour popoter.
Vers dix-sept heures, mon chéri rentre du boulot et file à la douche. Dès qu'il revient vers moi dans ma cuisine, je l'abandonne, pour de mon côté aller me rafraichir. Et bon ! Je veux faire honneur à mon homme, quoi de plus normal ? Un long passage sous le jet tiède, un maquillage assez bien exécuté, un zeste de parfum et me voici présentable. Paul et moi nous dressons ensemble les couverts, et bien entendu je dois repousser sans arrêt ses avances plus ou moins prononcées. Il rit de me voir aussi tendue. Pas question qu'il me chauffe trop, je me défile du mieux possible. Et l'heure de l'arrivée du bonhomme approche. Plus ponctuel, ça n'existe pas !
À vingt heures pétantes, la sonnerie de la porte retentit et mon chéri file dare-dare ouvrir à notre invité. Je reste un peu en retrait et ne devine dans l'embrasure de la porte qu'un énorme bouquet de fleurs. Des roses blanches... signe que Paul lui a tendu la perche. Sinon comment pourrait-il avoir deviné ma préférence florale ? Et puis ils sont tous les deux face à moi. Le gars qui vient d'arriver a des tempes argentées, et il est aussi grand que mon amant. Habillé bon chic bon genre, il me regarde tout surpris. Je le suis tout autant. Ce mec à une belle allure et se montre au demeurant fort sympathique. Paul me le présente simplement.
— Mira... je te présente monsieur Henry, mon patron. Monsieur Henry, Mira, ma compagne !
— Heureux de faire votre connaissance, madame. Je me suis permis de vous apporter ceci... elles sont loin d'avoir votre éclat.
— Euh... merci ! Il ne fallait pas, c'est gentil... et Paul me parle si souvent de vous et de son travail... je suis heureuse de mon côté de mettre enfin un visage sur votre prénom.
— Oh ! Paul est un bon élément. Il ira loin dans notre entreprise.
— Mais venez, ne restons pas dans le hall d'entrée. Paul, tu veux bien installer monsieur Henry dans la salle à manger pendant que je mets ces belles dans un vase ?
— Oui... oui, mon cœur !
— Heureux de faire votre connaissance, madame. Je me suis permis de vous apporter ceci... elles sont loin d'avoir votre éclat.
— Euh... merci ! Il ne fallait pas, c'est gentil... et Paul me parle si souvent de vous et de son travail... je suis heureuse de mon côté de mettre enfin un visage sur votre prénom.
— Oh ! Paul est un bon élément. Il ira loin dans notre entreprise.
— Mais venez, ne restons pas dans le hall d'entrée. Paul, tu veux bien installer monsieur Henry dans la salle à manger pendant que je mets ces belles dans un vase ?
— Oui... oui, mon cœur !
Je sens peser sur moi ces deux paires d'yeux avant que mon chéri guide son boss vers la table préparée. Ils discutent tous les deux et je ne cherche pas à savoir de quoi, trop occupée à dénicher un récipient pour abreuver les fleurs. Une fois ceci fait, il ne me reste plus qu'à rejoindre les deux hommes qui m'attendent pour trinquer. Et je me sens dans mes petits souliers, les gaillards ne me quittant pas des mirettes. Paul et ce Henry gardent leurs prunelles fixées sur moi et c'est bizarre, mais j'ai là un pressentiment qui germe dans mon cerveau. L'insistance est trop prononcée pour que ce ne soit pas dérangeant. Mais je ne réalise pas vraiment le pourquoi de ces regards appuyés.
Suis-je mal vêtue ? Ou un truc dans ma façon d'être ne va pas ? Mince ! Est-ce que j'aguiche trop les deux mâles ou... une idée me traverse l'esprit ? Paul n'a pas fait ça ! Inviter son boss pour réaliser son fantasme ! Non ! Je ne veux pas croire qu'il soit capable de faire un truc pareil. Et pourtant, du coup le fait de songer à ça me ramène à leurs regards. Notre diner se déroule dans une ambiance assez ambiguë. Chacun de mes mouvements, de mes gestes est comme disséqué, épié par les deux convives. Et je suis de plus en plus... mal à l'aise. Mal à l'aise ? Tiens donc ! Et pourquoi alors est-ce que j'ai ce foutu creux aux reins qui ne veut pas me lâcher ? Ils sont assis côte à côte, face à moi.
Je peux ainsi comparer les deux visages qui me reluquent. Paul... je le connais par cœur, et sais presque deviner ce qu'il pense au moment où il le pense. Mais pour ce Henry, il y a dans ses yeux une lueur que je ne définis pas. Il me scrute, me jauge peut-être ? Et zut, un frôlement sur un de mes pieds me fait repousser mes deux jambes le plus en arrière possible sous ma chaise. Mais je ne pense pas que notre hôte se soit déchaussé. Il ne peut donc s'agir que d'une manœuvre subtile de mon conjoint. Et lorsque la jambe masculine vient se loger entre mes deux cuisses, sur l'assise de mon siège, aucun des deux devant moi ne semble avoir bronché. La bouteille de vin de Bordeaux est vide.
Un prétexte crédible pour me défiler et me rendre dans la cuisine.
— Je vais chercher une autre bouteille. Vous en reprendrez bien un verre ?
— Volontiers, Mira... vous avez su marier mets et grand cru... j'admire Paul de vous avoir à ses côtés.
—...
— Volontiers, Mira... vous avez su marier mets et grand cru... j'admire Paul de vous avoir à ses côtés.
—...
Je suis déjà debout et attrape au vol la bouteille vide. C'est en revenant de la cuisine avec un contenant tout neuf que je visualise sous la table. Paul est en chaussette et ses yeux brillants me montrent combien il est fiévreux. Oui ? Mais pourquoi me chauffer de la sorte, en sachant pertinemment que nous ne pourrons rien faire tant que... ce type sera là ? Je me pose des tas de questions... et notre diner suit son cours. Les deux mecs bien sûr sont en grande conversation sur des sujets dont je n'ai aucune idée précise. J'ai moi dans le crâne bien d'autres préoccupations plus terre à terre. C'est idiot, mais les manigances de Paul m'ont mise dans un état pas possible. Et le vin que je n'ai pas l'habitude de boire en aussi grande quantité n'arrange rien.
Je baisse les yeux, pour ne pas affronter le regard de notre invité. À quoi peut-il bien rêver en me dévisageant sans cesse ? Que se sont raconté les deux hommes dans la boite où forcément, ils se côtoient ? Je me paume dans mes pensées farfelues et suis d'un coup rattrapée par la voix doucereuse de mon chéri.
— Mira... eh Mira ! Tu n'es plus avec nous ?
— Hein ? Oh pardon... je...
— Nous passons au salon ! Tu nous apportes des verres à Cognac ?
— Des... verres... ah oui, oui, bien sûr.
— Hein ? Oh pardon... je...
— Nous passons au salon ! Tu nous apportes des verres à Cognac ?
— Des... verres... ah oui, oui, bien sûr.
Ils se lèvent les deux et bon sang, les prunelles claires de ce Henry sont au niveau de mes seins. Je respire plus rapidement. Cette fois, le doute n'est plus permis, ce type me kiffe et me reluque sans vergogne.
— Vous êtes un véritable cordon bleu, Mira ! Votre diner, un vrai régal ! Je vous en remercie. Paul a bien de la chance !
—... Euh... je vais chercher des verres...
—... Euh... je vais chercher des verres...
Ils sont déjà dans le salon et je n'ai plus de jambes. Trop de vin ? Un coup de chaud que je ne m'explique pas ! Bon, trois verres et un plateau... demi-tour à droite et je fonce vers le salon. Paul est sur le canapé, Henry dans un des deux fauteuils. Où dois-je m'assoir ? Qu'est-ce que me prend d'hésiter ainsi ? Je colle donc mes fesses sur le rebord de l'assise, tout près de mon amant. L'autre de sa position lorgne sur mes cuisses. Si j'avais mis un pantalon aussi, quelle conne ! Je serre davantage mes genoux et évite ainsi de me positionner le dos contre le dossier. Je suis diablement inconfortable.
Le flacon de liquide ambré et là devant moi et je me penche en avant pour le saisir. Cette action fait que mes seins ballottent sous ma chemise trop décolletée. Et... je rougis de songer que l'autre là, à une vue plongeante sur mes nibards. Merde ! Ça tourne à l'obsession cette histoire. Paul ! Salaud, je suis certaine qu'il a prémédité son coup. Et Henry... qui ne détourne pas les yeux ! C'est immonde, non ? Pourtant, je n'arrive pas à comprendre pourquoi cette situation plus que fâcheuse m'excite à un point que j'en mouille ma culotte. La folie de mon Paul doit déteindre largement sur moi ! Comment en suis-je arrivée là ?
Ce qui coule dans ma gorge renforce davantage la sensation de feu qui envahit mon corps. Mes mouvements sont-ils toujours aussi fluides ? La main de Paul qui se pose sur ma cuisse, je la repousse mollement. Elle revient à plusieurs reprises et je finis par accepter qu'elle me refoule un peu plus profondément sur le long siège. Et je baisse la garde sans m'en rendre compte. Je remonte donc mes jambes sous moi, protection dérisoire face aux regards de celui qui assiste sans plus dire un mot aux approches sensuelles de Paul. De nouveau la patte de mon homme sur ma cuisse, qui visiblement veut absolument longer celle-ci par l'extérieur. Une manière simple de faire glisser vers le haut l'ourlet de ma jupe, décidément trop courte.
Là aussi, au bout de cinq tentatives que je fais avorter, j'abdique et mon chéri peut tout à loisir me caresser le haut de la jambe, mettant en lumière une partie de ma fesse. Je suis de moins en moins rétive et je me sens gagnée par son envie de sexe. La présence de son boss me garde encore un reste de dignité, mais celle-là s'effrite au fur et à mesure que mon ventre monte en température. Je me sens presque disponible à des caresses plus ciblées. Et le fait qu'un type qui quelques heures plus tôt m'était totalement inconnu nous mate ne parvient plus à freiner mon besoin de Paul. Il le savait, j'en jurerais. Et il profite de la situation. Bien sûr que je devrais me lever, filer et envoyer balader tout cela. Mais il a tellement mis dans mon cerveau les bienfaits de cette affaire que je ne parviens plus à faire la part des choses.
Sa patte... elle se faufile entre mes cuisses et c'est bien toute seule que je les écarte pour la laisser trouver son chemin. J'ai les paupières obstinément closes et je ne veux plus rien voir de ce qui m'entoure. Il me semble qu'il y a maintenant du mouvement dans mon entourage. Et le sursaut que j'ai n'est dû qu'au sentiment qu'une main froide vient de se poser sur mon genou. Je ne veux rien savoir, et colle ma tête dans le creux de l'épaule de mon homme. La nouvelle venue elle aussi désormais rampe le long de cette cuisse qui est accessible et bien visible, puisque dénudée en quasi-totalité par mon Paul. Mon Dieu ! Je frissonne de me savoir tripotée par un deuxième homme. Un type dont je ne sais rien d'autre que ce que ces deux-là ont bien voulu m'en dire.
Il n'y a dans le salon plus d'autres bruits que nos soupirs. Enfin, les miens sont plus bruyants et je serre les dents et les poings, quand deux mains différentes sont sur deux endroits espacés d'à peine quelques centimètres. Je dois convenir que ces deux hommes sont complices et que mon amant est bien décidé à me « prêter » à son patron. C'est de toute évidence prévu et je vais devenir la salope de celui qui jusque-là est le seul à bénéficier de ce droit de cuissage qu'il autorise à ce Henry. Ai-je encore une once de lucidité ? Suis-je capable de reculer, de dire stop à ce qui me dépasse largement ? Paul sait me garder sous pression. Il me cajole la chatte, sait avec exactitude où me tripoter pour que je perde toutes convenances.
Je me blottis plus fort contre lui, quand je sens que les doigts inconnus s'insinuent dans la raie de mes fesses. Mon derrière n'est pas collé au dossier du divan et le type a assez de place pour décaler la ficelle de mon string. Je mords le cou de mon chéri lorsque je perçois le frôlement d'une phalange sur mon œillet. Oh ! Pas de tentative d'intrusion, non ! Seulement de petits ronds sur les muscles de mon anus, une caresse hautement érotique qui me propulse davantage dans les bras de mon conjoint, contre son épaule amie. Et lui qui insiste sur mon clitoris, par des titillements qui me font ronronner. Je sais, sens que je dois arrêter tout ceci, ou... aller au bout de ce qui risque fort d'être un véritable trio. Si je laisse faire une minute de plus, sûre que je ne saurais plus reculer.
Ça se bouscule dans ma tête. Je suis touchée de partout et il me devient de plus en plus compliqué de reculer. Alors... c'est Paul qui se redresse à demi, m'entrainant dans son mouvement pour que je m'allonge sur le divan. Il me clôt la bouche par un baiser époustouflant et sans que j'en prenne pleinement conscience, je me retrouve les deux jambes largement écartées. Ce n'est en aucun cas mon amant qui peut les ouvrir puisque de son côté, il me serre dans ses bras et de sa voix aux accents que je ne reconnais pas, trainante et comme enrouée, il me murmure des mots trop doux pour être honnêtes.
— Oh ! Mon amour, tu es si belle. Si tu savais comme je t'aime. Laisse-nous t'aimer, laisse Henry t'embrasser... il bande pour toi ! Il a envie de te faire l'amour et moi, je voudrais te tenir la main... pendant que...
—...
—...
Je n'ai aucune réaction, et qui ne dit mot consent, n'est-ce pas ! Et je sens déjà le souffle de notre invité qui court sur le point de jonction qui relie mes deux gambettes. Puis alors que de nouveau les lèvres et la langue de Paul me coupent la parole, c'est mon string qui glisse le long de mes jambes. Il m'est retiré tout en douceur et je tourne mon visage, honteuse de me laisser ainsi aller à faire ce que me demande mon homme. Il ne se passe guère de temps pour que le groin du boss de Paul s'insinue dans le compas qu'il garde béant. Et... c'est trop tard pour que je rue dans les brancards. Il vient me lécher sur toute la longueur de mon sexe dont le cœur est trempé. Il ne peut que constater que je mouille comme une folle.
Je me raidis au contact de cette langue qui envahit le centre de mes grandes lèvres, en écarte les plis et vient cueillir cette eau qui en suinte. Ma main se crispe dans celle de mon homme, alors que ma bouche s'abandonne à ses baisers fougueux. Et mes seins aussi sont pris d'assaut, je ne veux pas savoir par lequel des deux. Je tremble de cette embrassade qui insiste sur mon sexe et la pointe qui titille désormais mon clitoris me rend totalement dingue. Mais je suis maintenue en place par les deux tentacules solides de Paul. Je ne sais plus vraiment quoi faire, et suis incapable d'articuler deux syllabes d'affilée. Mon visage est toujours sous la coupe des baisers que mon conjoint s'acharne à me distribuer.
Pas moyen de penser sainement et... ouf ! Un moment de répit. L'autre vient d'abandonner ma chatte. Mais mon amant lui me garde toujours enfermée dans l'étau de ses bras, et je ne tente surtout pas de m'en évader. Il y a dans mon entourage de drôles de sons que je ne veux surtout pas analyser. Mais je me doute bien de quoi il s'agit. Et j'ai bien la confirmation que ce Henry s'est défringué lorsqu'il revient et que c'est tout autre chose qui me caresse cette fois. Plus du tout ni sa main ni sa langue. C'est ça ! Je devine que ce qu'il frotte sur toute la longueur de ma chatte, c'est... son pénis. Et je mords furieusement ce que je peux atteindre de mes dents chez Paul, juste à l'instant où je me sens possédée par le bonhomme.
Il s'enfonce jusqu'à ce que son ventre vienne en buttée contre le mien et puis délicatement, ses mains s'emparent de mes talons, les soulèvent de manière à ramener mes jambes par-dessus ses épaules, et il prend un rythme de croisière. Il me lime sans à coup avec une amplitude qui fait que toutes les parcelles de sa queue sont en contact avec mes muqueuses. Je suis longuement fouillée et bien que je serre les dents pour ne rien laisser entrevoir de ce qui me remue les tripes, force m'est d'admettre que d'un coup je craque et me libère complètement. Je bouge au rythme des coups de bite qui me secouent toute entière. C'est l'instant que choisit Paul pour lui aussi relâcher son étreinte.
Il ne me tient plus et pourtant je bouge sans m'en rendre compte. Je soupire alors que l'autre me bourre de son vit et mes gémissements n'ont rien de cris de douleurs ou de refus ! Non ! J'apprécierais même plutôt cette possession. Je ne tente pas de rattraper Paul, qui à mon sens se relève sans que je sache trop pourquoi. Là encore, l'explication me parvient rapidement lorsque près de mon visage j'ai la sensation de son poids qui enfonce les coussins du sofa. Et il est nu aussi. J'ai beau avoir les yeux fermés, je pressens l'arrivée de la queue de mon homme près de mes lèvres. Je pourrais dire que je la sens, parce que là, je réalise que le sexe bandé a une odeur bien particulière. Et... plutôt par réflexe, j'ouvre mes mâchoires et me prends au jeu.
Je suce, lape sa bite, alors que je suis littéralement ramonée par le boss de Paul. Le salon est rempli de nos respirations saccadées, de nos gémissements qui s'entremêlent et aussi d'une fragrance indéfinissable, une odeur de cul prononcée. Loin de me dégouter, j'ose dire qu'elle m'enivre bien davantage et que je rue comme une diablesse, à la recherche d'une délivrance qui a bien du mal de monter en moi. C'est soudain, c'est vertigineux. Mon ventre émet comme un bruit incongru et tout à coup, je suis entièrement submergée par ce qui me fait trembler de partout. Je râle, hurle même. C'est si puissant que Paul met sa main en travers de mon bec, espérant de la sorte atténuer mes cris hystériques. Tout en mon être n'est plus que jouissance. En fait, je suis un gigantesque orgasme... oui !
Ça ne vient pas de l'intérieur de moi, c'est moi l'orgasme et je me liquéfie dans une palette de couleurs totalement inconnue. Je suis aérienne, comme hors de mon propre corps. Je suis littéralement en transe et plus rien n'est contrôlé chez moi. Les deux mecs sont désarçonnés, impuissants devant l'ampleur de ce qui me ravage. Je halète, je cherche de l'air et m'écroule sur le divan dans des spasmes d'une intensité jamais connue. Il me faut un long, très long moment pour recouvrer une partie de mes esprits. Ils sont tous les deux penchés au-dessus de mon visage. Et l'air inquiet de Paul qui me regarde avec de la crainte dans les yeux, je reviens à moi.
Sans un mot, je cherche à me redresser, aidée dans mes mouvements par Henry, vite suivi par Paul. J'évite les regards des deux hommes, attrape mon string qui git sur un accoudoir du canapé et la tête basse, je file, directement à la salle de bain. Là, quelques minutes plus tard, je suis rejointe par celui par qui tout ceci est arrivé.
— Ça va mon cœur ? Tu... as repris tes esprits.
— Paul...
— Oui ma chérie...
— Dis-lui de partir ! Je ne veux pas le voir... j'ai trop honte. Demande-lui de s'en aller, s'il te plait !
—... Comme tu veux mon amour.
— Paul...
— Oui ma chérie...
— Dis-lui de partir ! Je ne veux pas le voir... j'ai trop honte. Demande-lui de s'en aller, s'il te plait !
—... Comme tu veux mon amour.
Le ton suppliant de ma voix le persuade que je n'ai pas le courage d'affronter les yeux de son patron. Et il quitte la salle de bain où je termine lentement mes ablutions. Pourquoi est-ce que je frotte mon corps avec une telle vigueur ? La salissure de celui-là n'est-elle pas plus importante dans ma tête que dans ma chair ? En tout cas, je me frotte le sexe à m'en user la peau, avec une amertume bizarre au fond du cerveau. Bon sang ! Quelle idiote, pourquoi ai-je accepté cela ? Et... si je n'arrive pas à me trouver d'excuse, je ne parviens pas plus à comprendre le fait que... j'ai adoré ce qui s'apparente en partie à un véritable trio. Mince ! Je suis donc cette salope que Paul désire tellement ?
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Commentaires ()
Un régal, comme d'habitude :)
Bravo Jane, n’arrêtez jamais d’écrire.