Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Oui... ma fille est une métalhead ! — Chapitre 1 · Histoire de Vincent
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Oui... ma fille est une métalhead !
Chapitre 1 · Histoire de Vincent
Me voilà enfin de retour chez moi, dans le majestueux Arc lémanique. Mon pays, la Suisse, m'a manqué depuis six ans.
Durant ces six années, je ne reste pas les bras croisés. Je travaille dur, mais je souffre surtout énormément. Le plan était pourtant simple.
J'accepte en effet d'être transféré par mon employeur aux États-Unis, à Orlando, pour diriger nos opérations financières outre-Atlantique. Le poste est risqué, épuisant, peu intéressant, mais s'il est bien mené, il me garantira une retraite confortable en famille avant mes quarante ans.
Durant ces six années, je ne reste pas les bras croisés. Je travaille dur, mais je souffre surtout énormément. Le plan était pourtant simple.
J'accepte en effet d'être transféré par mon employeur aux États-Unis, à Orlando, pour diriger nos opérations financières outre-Atlantique. Le poste est risqué, épuisant, peu intéressant, mais s'il est bien mené, il me garantira une retraite confortable en famille avant mes quarante ans.
Au niveau familial, je dois m'installer là-bas pendant les vacances d'été et ma femme Janine, ainsi que notre fille unique Elisa, nous rejoindront à la rentrée scolaire du lycée francophone local.
Mais rien ne se passe comme prévu. Janine trouve sans cesse des excuses pour repousser leur venue, ce qui me met dans l'embarras avec l'administration américaine, mes nouveaux collègues, les employés et les structures parascolaires pour Elisa.
Mais rien ne se passe comme prévu. Janine trouve sans cesse des excuses pour repousser leur venue, ce qui me met dans l'embarras avec l'administration américaine, mes nouveaux collègues, les employés et les structures parascolaires pour Elisa.
Tout cela se termine par un divorce particulièrement odieux qui révèle la mesquinerie de mon ex-femme. Pour faire simple, son comportement vis-à-vis de notre fille est interprété comme une forme d'enlèvement parental et j'obtiens la garde exclusive. La réalité de ma situation professionnelle, mon emploi du temps chargé et surtout cette femme qui est devenue ma pire ennemie me poussent à lui laisser la garde de mon plein gré. Elle tente par tous les moyens de m'empêcher de communiquer correctement avec Elisa : elle s'introduit dans nos conversations Skype et finit par couper presque tout lien. Lors de mes retours en vacances en Suisse, elle s'arrange toujours pour partir avec elle.
Côté professionnel, tout se passe au mieux. Je deviens littéralement riche. Tellement riche que je tente un coup de poker : je démissionne et lance une startup qui corrige de nombreux défauts de mon ancien employeur. Là, je gagne encore davantage. La retraite espérée avant quarante ans devient réalité, et je peux assurer un train de vie parfait à plusieurs familles.
J'en profite pour reprendre une de mes plus grandes passions d'avant mon mariage : la guitare. J'avais des instruments, du matériel, des groupes, mais ma femme trouvait cela infantile. Je finis par tout vendre et abandonner ce monde. Avant de partir aux États-Unis, il ne me reste qu'une vieille guitare classique accrochée au mur de l'appartement.
Bref, je décide de me faire plaisir. Après avoir acquis un grand appartement, j'achète les plus belles guitares, des pédales d'effets légendaires et des amplis qui envoient. Le tout installé dans une pièce parfaitement insonorisée. Je m'amuse, mais toujours avec cette culpabilité de laisser ma fille hors de ma protection.
—********** Retour définitif ***********
Mon entreprise est désormais un acteur majeur du secteur. Je réalise que je peux la gérer depuis la Suisse grâce à mes directeurs de business units et à un vice-président de confiance. Cela ne représente plus que trente pour cent de mon temps par semaine… le rêve.
Je m'achète une belle maison, plutôt modeste en taille, mais bien située, avec un grand jardin, un étage et un sous-sol spacieux où installer un studio de répétition. Ma chambre possède un petit balcon d'où j'aperçois, au loin, le lac Léman. La maison est entourée de quelques villas très cossues.
Trop impatient de revenir en Suisse, je rentre avant que mes affaires traversent l'Atlantique. Je me contenterai du strict minimum pendant quelques jours.
Mais le plus important reste de revoir ma fille. Je ne l'ai pas vue depuis six ans et elle aura bientôt dix-neuf ans.
Je préviens mon ex-femme de mon retour, mais je n'obtiens aucune réponse. Quelques jours après mon arrivée dans la nouvelle maison, le téléphone sonne. C'est Janine.
Je m'achète une belle maison, plutôt modeste en taille, mais bien située, avec un grand jardin, un étage et un sous-sol spacieux où installer un studio de répétition. Ma chambre possède un petit balcon d'où j'aperçois, au loin, le lac Léman. La maison est entourée de quelques villas très cossues.
Trop impatient de revenir en Suisse, je rentre avant que mes affaires traversent l'Atlantique. Je me contenterai du strict minimum pendant quelques jours.
Mais le plus important reste de revoir ma fille. Je ne l'ai pas vue depuis six ans et elle aura bientôt dix-neuf ans.
Je préviens mon ex-femme de mon retour, mais je n'obtiens aucune réponse. Quelques jours après mon arrivée dans la nouvelle maison, le téléphone sonne. C'est Janine.
— J'en peux plus de cette gamine. Elle est incontrôlable ! Tu la récupères, je ne veux plus la voir.
J'essaie d'encaisser ces premiers mots, les premiers que j'entends de sa voix depuis des années. Comment ai-je pu épouser cette femme ?
Au loin, j'entends une voix féminine crier et pleurer. C'est sûrement Elisa. Je ressens sa détresse.
Je prends immédiatement sa défense.
Au loin, j'entends une voix féminine crier et pleurer. C'est sûrement Elisa. Je ressens sa détresse.
Je prends immédiatement sa défense.
— Janine, tu m'as exclu de façon odieuse de la vie de notre fille. Sans même chercher à savoir ce qu'elle voulait…
— Bla bla bla, tu as fini ? me coupe-t-elle sèchement. Je te l'amène maintenant. Tu habites où ?
— Non, je n'ai rien pour l'accueillir correctement. La maison est vide. Laisse-moi au moins lui préparer une chambre décente.
— Si je ne peux pas te la laisser demain, elle dormira dehors ! Envoie-moi ton adresse par WhatsApp.
— Est-ce que je peux parler à Eli…
— Bla bla bla, tu as fini ? me coupe-t-elle sèchement. Je te l'amène maintenant. Tu habites où ?
— Non, je n'ai rien pour l'accueillir correctement. La maison est vide. Laisse-moi au moins lui préparer une chambre décente.
— Si je ne peux pas te la laisser demain, elle dormira dehors ! Envoie-moi ton adresse par WhatsApp.
— Est-ce que je peux parler à Eli…
Elle raccroche.
Il est dix heures trente du matin. Je fonce chez Ikea, car je sais exactement ce qui va se passer : elle va me l'amener ce soir. Je retarde un peu l'envoi de l'adresse pour gagner du temps.
J'achète tout le nécessaire pour aménager une chambre de jeune femme. De retour à la maison, j'envoie enfin l'adresse à mon ex-femme.
Un petit excès de vitesse sur l'autoroute, je lave rapidement les draps neufs et je monte le lit et une petite armoire simple (elle pourra toujours la changer plus tard). Entre deux meubles, je fais sécher les draps dehors. Dieu merci, il fait plus de trente degrés. À dix-sept heures douze précises, j'ai terminé et je suis épuisé. À dix-sept heures trente-neuf, j'entends le bruit de roulettes d'une valise – sûrement très vieille – sur le chemin. Elles ont dû prendre le train. J'ouvre le portail à distance.
À peine arrivé à la porte d'entrée, Janine l'ouvre brutalement.
Il est dix heures trente du matin. Je fonce chez Ikea, car je sais exactement ce qui va se passer : elle va me l'amener ce soir. Je retarde un peu l'envoi de l'adresse pour gagner du temps.
J'achète tout le nécessaire pour aménager une chambre de jeune femme. De retour à la maison, j'envoie enfin l'adresse à mon ex-femme.
Un petit excès de vitesse sur l'autoroute, je lave rapidement les draps neufs et je monte le lit et une petite armoire simple (elle pourra toujours la changer plus tard). Entre deux meubles, je fais sécher les draps dehors. Dieu merci, il fait plus de trente degrés. À dix-sept heures douze précises, j'ai terminé et je suis épuisé. À dix-sept heures trente-neuf, j'entends le bruit de roulettes d'une valise – sûrement très vieille – sur le chemin. Elles ont dû prendre le train. J'ouvre le portail à distance.
À peine arrivé à la porte d'entrée, Janine l'ouvre brutalement.
— Dis donc, tu ne te refuses rien… Quartier cossu. Pendant que certaines galèrent, toi tu t'offres tout ce que tu veux.
— Tu es la seule responsable, tu…
— Tu es la seule responsable, tu…
Je m'interromps en apercevant la silhouette d'Elisa, à demi cachée derrière la porte. Elle me tourne le dos. Elle porte un hoodie avec la capuche rabattue, alors qu'il fait encore trente degrés. En bas, un pantalon large noir. Elle doit crever de chaud. Mon inquiétude et mon empathie me rassurent : je n'ai pas perdu mon instinct protecteur.
Je me détourne de Janine et m'approche de ma fille.
Je me détourne de Janine et m'approche de ma fille.
— Élis…
— C'est où ma chambre ? sanglote-t-elle sans se retourner.
— Élis…
— C'est où ma chambre ? sanglote-t-elle sans se retourner.
— Élis…
En une fraction de seconde, elle se retourne et me hurle :
— Elle est où ma chambre !?
Ses yeux sont gorgés de larmes et de haine.
— À l'étage, au fond du couloir.
Elle traîne sa valise dans l'escalier. Une porte claque. Je suis terrifié par ce qui vient de se passer.
Mais ce qui suit me terrifie encore plus. Janine éclate de rire.
Mais ce qui suit me terrifie encore plus. Janine éclate de rire.
— Ah ah ah, bon courage !
— …
— …
Je la fixe en silence. Elle s'éloigne, puis se retourne.
— Au fait, tu n'as pas cent francs pour le train ?
Je reste stupéfait et ferme la porte à double tour.
—**************** Retrouvailles *****************
Je ne perds pas une seconde et monte à la chambre d'Elisa. Je frappe.
— Elisa ?
— Laisse-moi tranquille, hoquette-t-elle entre deux sanglots.
— Laisse-moi te voir, ma puce. Laisse-moi te prendre dans mes bras.
— Ma puce.
— Personne ne m'a appelée comme ça depuis six ans. Tu m'as abandonnée ! Tu m'as laissée dans les griffes de maman, tout ça pour l'argent !
— Laisse-moi tranquille, hoquette-t-elle entre deux sanglots.
— Laisse-moi te voir, ma puce. Laisse-moi te prendre dans mes bras.
— Ma puce.
— Personne ne m'a appelée comme ça depuis six ans. Tu m'as abandonnée ! Tu m'as laissée dans les griffes de maman, tout ça pour l'argent !
Je commence à pleurer à mon tour. Sa détresse me touche profondément, mais je réalise surtout à quel point mon ex-femme m'a diffamé auprès d'elle. Je bouillonne intérieurement. Au lieu d'exploser, je choisis une approche plus sage.
— Je ne t'ai jamais abandonnée… Au contraire. Attends, je reviens.
Je vais chercher mon ordinateur portable dans mon bureau et je lui montre tout : mes mails, ceux de mon avocat, les réservations de vols annulées, les hôtels proches d'activités pour elle, les preuves que sa mère partait systématiquement quand je venais les voir, l'argent envoyé et gaspillé on ne sait où. Elisa se décompose devant ces preuves, mais cette fois de soulagement.
Au bout d'une demi-heure, elle me saute au cou.
Au bout d'une demi-heure, elle me saute au cou.
— Papa, tu m'as tellement manqué. C'était horrible avec maman. C'est un monstre.
Elle me raconte alors toutes les horreurs que Janine lui a fait subir. C'est révoltant.
La voyant épuisée, je lui propose de dormir. Avant de fermer la porte, elle m'interpelle.
La voyant épuisée, je lui propose de dormir. Avant de fermer la porte, elle m'interpelle.
— Papa, les draps sentent super bon… Merci.
Ces mots, si simples, me touchent au plus profond.
—**************** Nos goûts communs *****************
Le lendemain matin, je prépare un petit-déjeuner frugal : du pain et de la bonne confiture. Elisa descend l'escalier. Je la vois enfin vraiment. C'est une belle jeune femme, pas très grande – un mètre soixante –, très fine, mais avec de très jolies formes. Ses cheveux noirs intenses tombent jusqu'au haut de ses fesses et contrastent avec sa peau particulièrement pâle.
— Bonjour papa.
Elle m'embrasse sur la joue. Elle n'a plus rien à voir avec la veille : elle est souriante, enjouée, blagueuse. Elle me pose mille questions sur les États-Unis. Je lui parle de mon travail, mais c'est plutôt ennuyeux. Je lui retourne la question.
— Et toi, qu'est-ce que tu aimes faire dans ton temps libre ?
— Du temps libre ? Avec maman ? rigole-t-elle.
— Du temps libre ? Avec maman ? rigole-t-elle.
Je ris avec elle.
— Elle ne me laissait presque aucune liberté. Je ne voyais mes copines qu'à l'école, du coup je les perdais. On n'avait pas d'argent pour des activités. La seule chose que j'avais, c'était la musique.
— Ah bon ? Quelle musique ?
— Il y avait quelques cartons de vieux CD et cassettes rétro avec des lecteurs. Je les ai écoutés en boucle pendant des années.
— Ah bon ? Quelle musique ?
— Il y avait quelques cartons de vieux CD et cassettes rétro avec des lecteurs. Je les ai écoutés en boucle pendant des années.
Je comprends immédiatement : elle a découvert mes vieux supports de metal, heavy, thrash, progressif, hard rock… Elle ajoute :
— Mais c'est surtout quand j'ai eu un smartphone que j'ai pu écouter tout ce que je voulais. Ce qui m'a vraiment fait tenir, c'est la guitare…
Ding dong. La sonnette retentit.
— Merde, c'est maman, dit-elle, soudain inquiète.
— C'est comme Beetlejuice… On prononce trop souvent son nom.
— Putain, t'es con papa ! éclate-t-elle de rire.
— C'est comme Beetlejuice… On prononce trop souvent son nom.
— Putain, t'es con papa ! éclate-t-elle de rire.
Elle a compris la blague. J'adore ma fille.
— Je pense que ce sont les livreurs. Mes affaires des États-Unis arrivent.
— Ah, génial !
— Ah, génial !
On ouvre. Les livreurs déposent une quantité impressionnante de caisses dans le salon. Je signe et ils repartent.
— On dirait que tu as dévalisé les magasins.
Je désigne une caisse particulière.
— Celle-ci va te plaire.
On l'ouvre ensemble. Dedans, de longues mallettes.
— Dis-moi pas que tu t'es acheté des flingues là-bas, plaisante-t-elle, un peu inquiète.
— Ouvre la première.
— Ouvre la première.
Clac clac. Elle défait les fermoirs. Ses yeux s'écarquillent.
— C'est une Jackson Randy Rhoads ?
— Tu es une femme de goût. Il y en a d'autres.
— Tu es une femme de goût. Il y en a d'autres.
Elle ouvre la suivante.
— Une LTD ?
— ESP !
— ESP !
Ses yeux brillent.
— La guitare accrochée au mur chez maman, je ne t'ai jamais vu en jouer.
— Il suffisait d'une note pour que ta mère pète un câble.
— Je sais, j'en ai fait péter des plombs moi aussi ! rit-elle.
— Tu as vraiment joué sur cette vieille chose ?
— Oui, et c'était la galère de l'accorder toutes les quinze minutes.
— Tu as appris la guitare là-dessus ?
— Sans ça… je crois que je me serais foutue en l'air.
— Il suffisait d'une note pour que ta mère pète un câble.
— Je sais, j'en ai fait péter des plombs moi aussi ! rit-elle.
— Tu as vraiment joué sur cette vieille chose ?
— Oui, et c'était la galère de l'accorder toutes les quinze minutes.
— Tu as appris la guitare là-dessus ?
— Sans ça… je crois que je me serais foutue en l'air.
Un silence s'installe. Elle baisse les yeux sur la guitare et demande doucement :
— Dis, je peux l'essayer ?
— Pas tout de suite…
— Pas tout de suite…
Je cherche les amplis et les pédales d'effets dans les autres caisses. Un quart d'heure plus tard, tout est prêt. Elisa a le regard d'un enfant le matin de Noël. Elle teste quelques accords avec hésitation – elle n'a pas l'habitude d'un matériel qui tient l'accord – puis se lâche. Je lui ajoute de la distorsion. Elle attaque l'intro de Master of Puppets de Metallica. Une vague d'adrénaline me submerge. Je branche ma guitare et enchaîne avec elle. Nous jouons les huit minutes du morceau, puis un autre, une impro, encore un autre.
Le temps n'existe plus jusqu'à ce que…
Ding dong. Boom boom boom.
Le temps n'existe plus jusqu'à ce que…
Ding dong. Boom boom boom.
— Merde, quelle heure est-il ? demande-t-elle.
— De toute évidence, trop tard.
— De toute évidence, trop tard.
Dehors, il fait nuit noire. Nous sortons vers le portail.
— Nom de Dieu, vous avez vu l'heure ? hurle un homme accompagné de sa femme. Ce sont les voisins.
— Nous sommes vraiment désolés. Nous n'avons pas vu le temps passer.
— Oui, désolée monsieur, ajoute Elisa. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas vu mon…
— J'espère que ça ne se reproduira pas, coupe le voisin.
— Ne vous inquiétez pas.
— … Bon, j'espère que nous pourrons repartir du bon pied demain avec votre femme, ajoute-t-il.
— Oui, oui. On vous apportera un petit cadeau d'excuse.
— Nous sommes vraiment désolés. Nous n'avons pas vu le temps passer.
— Oui, désolée monsieur, ajoute Elisa. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas vu mon…
— J'espère que ça ne se reproduira pas, coupe le voisin.
— Ne vous inquiétez pas.
— … Bon, j'espère que nous pourrons repartir du bon pied demain avec votre femme, ajoute-t-il.
— Oui, oui. On vous apportera un petit cadeau d'excuse.
Les voisins repartent sans agressivité. Elisa me rejoint.
— Votre femme?
Tu aurais peut-être dû le reprendre, dit-elle avant de rentrer sans attendre ma réponse.
Je lui souhaite bonne nuit. Nous nous faisons une accolade et montons nous coucher. Dans mon lit, je repense à sa dernière phrase et mets une demi-heure à m'endormir.
—******************** Dressing désormais bien fourni *****************
Le lendemain matin, je remarque qu'Elisa porte toujours les mêmes vêtements. Elle voit mon regard sur son t-shirt large noir et prend les devants.
— Je peux faire une lessive ?
— Bien sûr, mais tu n'as pas d'autres affaires dans ta valise ?
— Eh ben… non, presque rien.
— Tu veux qu'on aille en ville t'en acheter ?
— Pas besoin de sortir pour ça. Trois t-shirts, c'est largement suffisant.
— Bien sûr, mais tu n'as pas d'autres affaires dans ta valise ?
— Eh ben… non, presque rien.
— Tu veux qu'on aille en ville t'en acheter ?
— Pas besoin de sortir pour ça. Trois t-shirts, c'est largement suffisant.
Je sens qu'elle n'est pas à l'aise. Elle ajoute :
— De toute façon, je n'ai pas de goût et rien ne me va.
— C'est toi ou ta mère qui dis ça ? Moi, je me fiche complètement de ce que tu portes. Achète ce que tu…
— OK, ça marche ! On y va après le petit-déj ? coupe-t-elle, le visage illuminé.
— D'accord, d'accord. Tout de suite après. Près d'Ikea, il y a plusieurs centres commerciaux.
— C'est toi ou ta mère qui dis ça ? Moi, je me fiche complètement de ce que tu portes. Achète ce que tu…
— OK, ça marche ! On y va après le petit-déj ? coupe-t-elle, le visage illuminé.
— D'accord, d'accord. Tout de suite après. Près d'Ikea, il y a plusieurs centres commerciaux.
Dans la voiture, je lui prends son numéro et lui transfère mille cinq cents francs par Twint.
— T'es malade ! Je n'ai pas besoin d'autant !
— Tu repars de zéro. Il te faut de quoi tenir toute l'année. Ça va partir vite.
— On commence par quel magasin ?
— Toi seule décides.
— Vraiment ? Je peux prendre ce que je veux ?
— Bien sûr.
— Tu repars de zéro. Il te faut de quoi tenir toute l'année. Ça va partir vite.
— On commence par quel magasin ?
— Toi seule décides.
— Vraiment ? Je peux prendre ce que je veux ?
— Bien sûr.
Je suis surpris qu'elle soit surprise. La pauvre a vraiment été privée de tout.
Pendant qu'elle fait ses courses, je m'installe dans un petit café PMU avec wifi. Je prends un café, sors mon ordinateur et travaille. Au bout de deux heures, je l'appelle. Elle n'a pas fini et le coffre est déjà plein. Je lance une visio avec des collègues, puis joue un peu sur ma Switch.
Trois heures plus tard, Elisa apparaît, sourire aux lèvres, avec un nouveau t-shirt à l'effigie d'un groupe que je connais bien (je fais semblant de ne rien remarquer).
Pendant qu'elle fait ses courses, je m'installe dans un petit café PMU avec wifi. Je prends un café, sors mon ordinateur et travaille. Au bout de deux heures, je l'appelle. Elle n'a pas fini et le coffre est déjà plein. Je lance une visio avec des collègues, puis joue un peu sur ma Switch.
Trois heures plus tard, Elisa apparaît, sourire aux lèvres, avec un nouveau t-shirt à l'effigie d'un groupe que je connais bien (je fais semblant de ne rien remarquer).
— Super, on rentre ?
— … OK.
— … OK.
Elle est un peu vexée, mais j'ai un plan.
Dans la voiture, elle me montre son t-shirt.
Dans la voiture, elle me montre son t-shirt.
— Tu l'as vu ?
— Je t'ai dit : habille-toi comme tu veux.
— T'es un peu boomer, toi. Tu n'aimes que les vieux trucs, me taquine-t-elle.
— Je t'ai dit : habille-toi comme tu veux.
— T'es un peu boomer, toi. Tu n'aimes que les vieux trucs, me taquine-t-elle.
Je ne réponds pas, allume l'autoradio et lance ma playlist. En premier : Road of Resistance de Babymetal.
— Nooooooon !
— Si tu étais née plus tard, je t'aurais appelée Yui.
— T'es un génie !
— Je les ai vus en concert à Orlando. Avec les musiciens en blanc.
— Nooooooon !
— Si tu étais née plus tard, je t'aurais appelée Yui.
— T'es un génie !
— Je les ai vus en concert à Orlando. Avec les musiciens en blanc.
— Nooooooon !
Un trajet retour mémorable.
—********************* Gothique woman ***********************
À peine rentrés, Elisa monte essayer ses achats. Mais il y a tant de sacs et de boîtes à chaussures que je propose mon aide. Elle refuse. Je prépare le dîner – oui, je suis un excellent cuisinier.
— Un poulet avec une sauce betterave-soja, ça te tente ?
— Oui, carrément !
— Oui, carrément !
Une heure plus tard, j'entends des pas lourds et rythmés dans l'escalier. Je me retourne et reste bouche bée.
Elisa se tient à l'entrée de la cuisine, jambe droite croisée devant la gauche. Aux pieds, des bottines style Docs Martens mais plus fines, avec un talon moyen. Ses jambes fines et pâles, une jupe courte dentelée noire, un bustier sobre avec des motifs damier irréguliers sur les côtés. Ses lèvres sont maquillées d'un rouge très foncé. Ses longs cheveux noirs tombent librement dans son dos.
Cette beauté est ma fille ? On dirait la femme dont j'ai toujours rêvé. Cette pensée me trouble profondément.
Elle éclate de rire et gigote.
Elisa se tient à l'entrée de la cuisine, jambe droite croisée devant la gauche. Aux pieds, des bottines style Docs Martens mais plus fines, avec un talon moyen. Ses jambes fines et pâles, une jupe courte dentelée noire, un bustier sobre avec des motifs damier irréguliers sur les côtés. Ses lèvres sont maquillées d'un rouge très foncé. Ses longs cheveux noirs tombent librement dans son dos.
Cette beauté est ma fille ? On dirait la femme dont j'ai toujours rêvé. Cette pensée me trouble profondément.
Elle éclate de rire et gigote.
— Je suis trop contente ! C'est trop cool ! Et… ça te plaît ?
Elle me fait un sourire charmeur.
— Wow, tu es sublime, ma puce. Vraiment belle !
— Ta « femme » te plaît ? dit-elle en mimant les guillemets.
— Ta « femme » te plaît ? dit-elle en mimant les guillemets.
Elle me saute au cou sans attendre de réponse.
Nous dînons en riant de l'aspect très gothique du plat. Enthousiaste, Elisa propose de jouer de la guitare.
Nous dînons en riant de l'aspect très gothique du plat. Enthousiaste, Elisa propose de jouer de la guitare.
— Pas ce soir, à cause des voisins.
Elle fait la moue.
— Mais demain, des ouvriers viendront insonoriser le sous-sol. Après, on pourra faire tout le bruit qu'on veut.
— Trop cool ! En attendant, on peut jouer en acoustique dans le jardin ?
— Bien sûr.
— Trop cool ! En attendant, on peut jouer en acoustique dans le jardin ?
— Bien sûr.
Nous sortons avec des chips, nos guitares acoustiques et un accordeur. Elisa joue vraiment bien. Je la regarde et la trouve incroyablement belle. Tellement belle que je rate quelques notes.
— Dis donc, tu débutes ou quoi ? me taquine-t-elle.
— Il manque quelque chose…
— Il manque quelque chose…
Je rentre et reviens avec deux packs de bière.
— Voilà ce qui manquait.
— Tu préfères une bière légère ou une bonne belge ?
— Une belge, voyons !
— Ma fille a du goût. Attention, elle est à huit virgule cinq pour cent.
— Tu comptes conduire ? ironise-t-elle.
— Tu préfères une bière légère ou une bonne belge ?
— Une belge, voyons !
— Ma fille a du goût. Attention, elle est à huit virgule cinq pour cent.
— Tu comptes conduire ? ironise-t-elle.
Nous les savourons. À la fin de la première, je lui joue quelque chose de différent.
— Tu connais le classique ?
— Led Zep ?
— Non, vraiment classique.
— Led Zep ?
— Non, vraiment classique.
Je joue le premier mouvement de la Sonate au clair de lune de Beethoven. Elle écoute religieusement en ouvrant une deuxième bière. À la fin :
— C'est beau ! Vous devriez en jouer plus souvent ! crie une voix au loin.
C'est le voisin. Je m'approche de la haie, écarte une branche (j'en casse une par accident, ouvrant une brèche de quinze sur cinquante centimètres). Je vois maintenant parfaitement sa propriété : belle villa, piscine, salons de jardin.
— Merci, je note. Venez partager une bière !
— Avec plaisir, mais nous recevons des amis. Une prochaine fois.
— Désolé pour le thuya. Je mettrai une toile pour boucher.
— Laissez, ça repoussera. Profitez bien tous les deux, il fait encore chaud.
— Bonne soirée !
— Bonne soirée… Et à vous aussi, bonne soirée ! ajoute-t-il en rentrant.
— Avec plaisir, mais nous recevons des amis. Une prochaine fois.
— Désolé pour le thuya. Je mettrai une toile pour boucher.
— Laissez, ça repoussera. Profitez bien tous les deux, il fait encore chaud.
— Bonne soirée !
— Bonne soirée… Et à vous aussi, bonne soirée ! ajoute-t-il en rentrant.
La formulation est étrange. Elisa revient à la charge.
— À vous aussi, bonne soirée.
— Qu'est-ce qu'il a voulu dire ?
— Aucune idée.
— Qu'est-ce qu'il a voulu dire ?
— Aucune idée.
Elle tente de regarder par la brèche, titube un peu sous l'effet de l'alcool.
— Ça va ?
— Ouais, ouais. Pas mal chez le voisin !
— Ouais, ouais. Pas mal chez le voisin !
Nous retournons nous asseoir. Elle ouvre une troisième bière – elle le regrettera demain, mais je ne dis rien.
—***************** Le tournant *********************
Nous abandonnons les guitares et profitons de la douceur de la soirée, allongés sur l'herbe, à siroter nos bières. Nous parlons de tout et de rien, rions beaucoup. L'alcool nous gagne. Elisa est déjà bien éméchée.
Nous nous lançons dans une discussion philosophique absurde sur les étoiles, le parmesan et les câbles de fibre optique sous les océans, entrecoupée de longs silences.
Pendant l'un d'eux, nous entendons une femme glousser chez le voisin. Intrigués, nous nous levons d'un même mouvement et nous approchons de la brèche. L'alcool a visiblement émoussé notre jugement.
Nous voyons le voisin, nu, de dos. Devant lui, une jeune femme – pas son épouse – nue, à quatre pattes sur un fauteuil de jardin. Il se retourne, en érection, et applique une grande quantité de lubrifiant. Ils rient. Il la pénètre analement. Leurs rires se muent en gémissements.
Pendant l'un d'eux, nous entendons une femme glousser chez le voisin. Intrigués, nous nous levons d'un même mouvement et nous approchons de la brèche. L'alcool a visiblement émoussé notre jugement.
Nous voyons le voisin, nu, de dos. Devant lui, une jeune femme – pas son épouse – nue, à quatre pattes sur un fauteuil de jardin. Il se retourne, en érection, et applique une grande quantité de lubrifiant. Ils rient. Il la pénètre analement. Leurs rires se muent en gémissements.
La jeune femme est très belle : grande, mince, cheveux roux mi-longs frisés, poitrine moyenne parfaitement dessinée.
Puis la femme du voisin apparaît.
Puis la femme du voisin apparaît.
— Cochons ! Vous n'avez pas honte ?
Les amants tournent la tête sans s'arrêter. Elle embrasse passionnément son mari. Après quelques secondes, il se retire, elle s'agenouille et le prend en bouche. Puis il reprend la jeune femme pendant que son épouse pratique un cunnilingus.
Les cris montent. Une lucidité me revient. Je jette un œil à Elisa : elle fixe la scène, mordille sa lèvre inférieure. Plus bas, ses cuisses se serrent et se frottent l'une contre l'autre. Elle est excitée. Moi aussi. Mon sexe est dur comme jamais depuis des années ; le simple contact du tissu suffit presque à me faire jouir.
La jeune femme crie longuement. Le voisin jouit à son tour. Ils rient encore, essoufflés. La femme du voisin semble tout nettoyer à coups de langue. Puis ils rentrent.
Le monde reprend son cours normal. Je réalise soudain ce que nous venons de faire : espionner les voisins, côte à côte, pendant de longues minutes.
Je regarde Elisa. Nos regards se croisent. Elle esquisse un petit sourire.
Les cris montent. Une lucidité me revient. Je jette un œil à Elisa : elle fixe la scène, mordille sa lèvre inférieure. Plus bas, ses cuisses se serrent et se frottent l'une contre l'autre. Elle est excitée. Moi aussi. Mon sexe est dur comme jamais depuis des années ; le simple contact du tissu suffit presque à me faire jouir.
La jeune femme crie longuement. Le voisin jouit à son tour. Ils rient encore, essoufflés. La femme du voisin semble tout nettoyer à coups de langue. Puis ils rentrent.
Le monde reprend son cours normal. Je réalise soudain ce que nous venons de faire : espionner les voisins, côte à côte, pendant de longues minutes.
Je regarde Elisa. Nos regards se croisent. Elle esquisse un petit sourire.
— Bon, je vais me coucher.
Elle s'éloigne en roulant légèrement des hanches – sûrement pour se soulager dans sa chambre.
Je constate, penaud, que j'ai joui dans mon short sans même me toucher. Une pensée me traverse : cela fait six ans que je n'ai pas fait l'amour.
En montant à ma chambre, j'entends de petits bruits provenant de la sienne. Aucun doute : Elisa se masturbe.
Je constate, penaud, que j'ai joui dans mon short sans même me toucher. Une pensée me traverse : cela fait six ans que je n'ai pas fait l'amour.
En montant à ma chambre, j'entends de petits bruits provenant de la sienne. Aucun doute : Elisa se masturbe.
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Commentaires ()
Merci pour le commentaire, j'ai fait une réponse un cran au-dessus et pour l'instant rien n'a changé. J'ai l'importance qu'ils s'en fichent un peu. 4 mois et demi c'est long.
Le début était vraiment prometteur et il serait vraiment dommage de perdre cette histoire ! Elle a vraiment un potentiel énorme.
la suite de mon histoire est toujours en attente de publication et ceci depuis le mois de mars. Je dois dire que je suis assez exaspéré de tout ça et ma motivation pour faire une partie 3 s'estompe de jour en jour. Il est possible que cette histoire s'arrête à la partie 2 alors que encore 3 chapitres étaient esquissés.
Je suis désolé mais pour moi c'est triste de voir mon travail mis sur le côté. Alors que je peux voir toutes les semaines des histoires impliquant des chiens, des chevaux ou mettant le doute sur un consentement mises en scène dans un gonzo absurde sans queue ni tête.
Désolé à tous ceux qui attendaient une conclusion aux histoires de Vincent et Elisa. Peut-être qu'a l'avenir je trouverai à nouveau la motivation à réécrire.