Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les heures en suspens — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteure
Les heures en suspens
Chapitre 1
Je m’appelle Olena.
Et si je ferme les yeux, je peux encore sentir le goût du café qu’il m’a tendu ce matin-là, brûlant, amer, presque trop fort.
Je n’aimais pas le café. Mais ce jour-là, j’ai bu jusqu’à la dernière goutte, simplement parce qu’il me regardait.
Et si je ferme les yeux, je peux encore sentir le goût du café qu’il m’a tendu ce matin-là, brûlant, amer, presque trop fort.
Je n’aimais pas le café. Mais ce jour-là, j’ai bu jusqu’à la dernière goutte, simplement parce qu’il me regardait.
Il s’appelait Antoine.
Il avait ce genre de présence tranquille qui apaise tout.
Dans un monde saturé de bruit et de vitesse, il était le silence.
Pas un silence vide. Un silence habité.
Celui qui écoute, celui qui comprend.
Il avait ce genre de présence tranquille qui apaise tout.
Dans un monde saturé de bruit et de vitesse, il était le silence.
Pas un silence vide. Un silence habité.
Celui qui écoute, celui qui comprend.
Nous travaillions dans le même open space.
Rien de romantique, à première vue : des écrans, des gobelets de plastique, la lumière blanche des néons.
Et pourtant, au milieu de ce décor sans âme, nos regards se croisaient comme deux braises qu’on aurait oublié d’éteindre.
Rien de romantique, à première vue : des écrans, des gobelets de plastique, la lumière blanche des néons.
Et pourtant, au milieu de ce décor sans âme, nos regards se croisaient comme deux braises qu’on aurait oublié d’éteindre.
Il m’a d’abord parlé de choses sans importance : une réunion, un mail, la pluie.
Mais il y avait dans sa voix une lenteur rassurante, une attention rare.
Chaque mot semblait pesé, offert, presque fragile.
Mais il y avait dans sa voix une lenteur rassurante, une attention rare.
Chaque mot semblait pesé, offert, presque fragile.
Peu à peu, j’ai appris à reconnaître ses gestes, la manière dont il glissait ses mains dans ses poches quand il réfléchissait, ou ce petit froncement de sourcils quand il essayait de cacher un sourire.
J’ai appris à l’attendre sans le dire.
J’ai appris à l’attendre sans le dire.
Nos promenades ont commencé un soir de novembre.
Il m’avait proposé de rentrer à pied, « pour respirer un peu ».
Nous avons marché longtemps dans le froid, les pas rythmés par le bruit des feux rouges et le vent.
Il ne m’a pas touchée, pas même frôlée, mais j’avais l’impression qu’entre nous, quelque chose battait déjà discret, profond, comme un cœur de réserve.
Il m’avait proposé de rentrer à pied, « pour respirer un peu ».
Nous avons marché longtemps dans le froid, les pas rythmés par le bruit des feux rouges et le vent.
Il ne m’a pas touchée, pas même frôlée, mais j’avais l’impression qu’entre nous, quelque chose battait déjà discret, profond, comme un cœur de réserve.
Chaque soir, il m’attendait.
Et chaque soir, je faisais semblant d’être surprise.
C’était notre jeu, notre rituel.
Et chaque soir, je faisais semblant d’être surprise.
C’était notre jeu, notre rituel.
Je crois que je l’ai aimé avant même de le savoir.
Avant même qu’il me regarde autrement.
Avant même qu’il me regarde autrement.
Le premier baiser n’a pas été un choc.
C’était un souffle, un aveu à demi-mot, au détour d’une phrase qui s’est perdue.
Il a posé sa main sur ma joue, très doucement, comme s’il craignait de me briser.
Puis il a approché ses lèvres, hésitant.
Et tout s’est arrêté.
C’était un souffle, un aveu à demi-mot, au détour d’une phrase qui s’est perdue.
Il a posé sa main sur ma joue, très doucement, comme s’il craignait de me briser.
Puis il a approché ses lèvres, hésitant.
Et tout s’est arrêté.
Ce n’était pas un feu d’artifice.
C’était une lumière simple, essentielle.
Quelque chose en moi s’est apaisé.
J’avais trouvé ma place.
C’était une lumière simple, essentielle.
Quelque chose en moi s’est apaisé.
J’avais trouvé ma place.
Pendant un temps, nous avons vécu hors du monde.
Les jours étaient tissés de rires, de gestes ordinaires devenus sacrés : partager un croissant, se disputer pour un film, s’endormir dans la même respiration.
J’avais toujours cru que l’amour devait être violent, ravageur, spectaculaire.
Avec lui, j’ai compris qu’il pouvait être calme, presque transparent.
Une paix rare.
Les jours étaient tissés de rires, de gestes ordinaires devenus sacrés : partager un croissant, se disputer pour un film, s’endormir dans la même respiration.
J’avais toujours cru que l’amour devait être violent, ravageur, spectaculaire.
Avec lui, j’ai compris qu’il pouvait être calme, presque transparent.
Une paix rare.
Un soir, il m’a dit :
— Olena, j’ai longtemps cru que l’amour, c’était se perdre.
Avec toi, j’ai compris que c’est se retrouver.
Avec toi, j’ai compris que c’est se retrouver.
Je n’ai rien répondu.
Mais je me souviens de la chaleur de sa main, de la lumière dorée sur son visage.
Et dans mon cœur, ces mots-là se sont gravés comme une prière.
Mais je me souviens de la chaleur de sa main, de la lumière dorée sur son visage.
Et dans mon cœur, ces mots-là se sont gravés comme une prière.
Puis est venue la distance.
Pas une trahison, pas une faute.
Juste la vie, avec ses routes qui se séparent sans prévenir.
Pas une trahison, pas une faute.
Juste la vie, avec ses routes qui se séparent sans prévenir.
Il a reçu une proposition de travail à l’étranger.
Un an, disait-il.
Un an, disait-il.
— On se verra, on s’écrira, ce n’est rien.
Je l’ai cru.
Parce que je voulais y croire.
Parce qu’aimer, c’est parfois apprendre à mentir au vide.
Parce que je voulais y croire.
Parce qu’aimer, c’est parfois apprendre à mentir au vide.
Les messages ont commencé à se raréfier.
Les appels aussi.
Ses mots sont devenus polis, précis, mais vides.
Je sentais le froid s’infiltrer, lentement, comme une marée qu’on ne peut retenir.
Les appels aussi.
Ses mots sont devenus polis, précis, mais vides.
Je sentais le froid s’infiltrer, lentement, comme une marée qu’on ne peut retenir.
Et un matin, sans drame, sans cris, j’ai su.
Il n’était plus à moi.
Peut-être ne l’avait-il jamais été.
Il n’était plus à moi.
Peut-être ne l’avait-il jamais été.
Il est revenu un été.
Je ne l’attendais plus.
J’étais assise à la terrasse d’un café, un livre entre les mains, quand j’ai senti son regard sur moi.
J’ai levé les yeux, et le temps s’est replié sur lui-même.
Je ne l’attendais plus.
J’étais assise à la terrasse d’un café, un livre entre les mains, quand j’ai senti son regard sur moi.
J’ai levé les yeux, et le temps s’est replié sur lui-même.
Même sourire, même voix, mais quelque chose avait changé.
Il portait une distance en lui, une ombre qu’il ne voulait pas montrer.
Nous avons parlé longtemps.
Des banalités.
De son travail, du soleil, des années passées.
Il portait une distance en lui, une ombre qu’il ne voulait pas montrer.
Nous avons parlé longtemps.
Des banalités.
De son travail, du soleil, des années passées.
Et moi, je regardais ses mains.
Ces mains qui m’avaient autrefois tenue comme on tient le monde entier.
Ces mains qui m’avaient autrefois tenue comme on tient le monde entier.
Quand il m’a prise dans ses bras pour me dire au revoir, j’ai senti une larme couler, pas de tristesse, mais de reconnaissance.
J’avais aimé. Vraiment.
Et cela suffisait.
J’avais aimé. Vraiment.
Et cela suffisait.
Aujourd’hui, quand je marche seule le soir, je repense à lui parfois.
Pas avec douleur.
Avec une tendresse un peu lointaine, comme pour une chanson qu’on aimait autrefois.
Pas avec douleur.
Avec une tendresse un peu lointaine, comme pour une chanson qu’on aimait autrefois.
J’ai appris que certaines histoires n’ont pas besoin de durer pour être vraies.
Que l’amour n’est pas toujours un destin, mais parfois une traversée.
Et qu’il laisse en nous quelque chose de précieux : une trace de lumière.
Que l’amour n’est pas toujours un destin, mais parfois une traversée.
Et qu’il laisse en nous quelque chose de précieux : une trace de lumière.
Je ne regrette rien.
J’ai connu ce que c’était que d’être vue, vraiment vue.
Aimée, non pour ce que je faisais, mais pour ce que j’étais.
Et si c’était à revivre, je le referais.
Exactement de la même manière.
Même si je savais que la fin serait la même.
J’ai connu ce que c’était que d’être vue, vraiment vue.
Aimée, non pour ce que je faisais, mais pour ce que j’étais.
Et si c’était à revivre, je le referais.
Exactement de la même manière.
Même si je savais que la fin serait la même.
Parfois, quand le vent souffle au crépuscule, j’ai l’impression d’entendre sa voix dans le lointain.
Pas un mot, juste un souffle.
Et je me dis qu’il pense peut-être à moi, quelque part, en silence.
Pas un mot, juste un souffle.
Et je me dis qu’il pense peut-être à moi, quelque part, en silence.
Alors je souris et je continue à marcher.
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Commentaires ()
Et une histoire simple mais poignante (qui me rappelle des souvenirs...), tout en retenue, en pudeur ,; une définition de ce qu'est aussi l'amour : quelque chose de précieux, de fragile, d'éphémère parfois. Et qu'on ne peut retenir parfois, tel un oiseau sauvage et captif.
Bravo pour ce premier écrit, sincère et beau.
Un peu mélancolique mais empreint de douceur et de tendresse.
Merci beaucoup !