Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Avant l'aube — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Avant l'aube
Chapitre 1
C'était un de ces soirs d'été que j'avais déjà connus mille fois.
Une soirée entre amis, quelque part dans la campagne autour de Lyon. Grande maison, vaste jardin, piscine scintillante... le genre d'endroit où les apparences prennent de l'ampleur une fois la nuit tombée. Je n'attendais rien. Et c'est souvent dans ces moments-là que quelque chose se passe.
Une soirée entre amis, quelque part dans la campagne autour de Lyon. Grande maison, vaste jardin, piscine scintillante... le genre d'endroit où les apparences prennent de l'ampleur une fois la nuit tombée. Je n'attendais rien. Et c'est souvent dans ces moments-là que quelque chose se passe.
J'étais arrivé pile à l'heure. Le premier, pensais-je. Jusqu'à ce que tu te gares juste à côté de moi. Deux portières qui claquent en même temps. Deux regards qui se croisent dans la lumière tombante. Tu as souri. Pas franchement, mais assez pour qu'on sente le trouble derrière la politesse.
On s'est avancés ensemble vers la porte. Notre hôte nous a accueillis avec l'enthousiasme bruyant de ceux qui aiment remplir les silences. J'en ai profité pour me pencher vers toi et glisser mon prénom, presque imperceptible, au creux de ton oreille. Ma joue a frôlé la tienne. Juste un contact. Une respiration partagée. Ton corps a réagi, presque malgré toi. Une raideur discrète dans la nuque. Un soupir étouffé. Et ce regard, fuyant, soigneusement mesuré.
Tu n'étais pas prête à ce que quelque chose commence. Mais c'était déjà trop tard.
La soirée s'est étirée comme tant d'autres. Des visages connus, des verres qui s'entrechoquent, des conversations à moitié creuses. Et toi, déjà ailleurs. Tu passais dans mon champ de vision comme une ombre – jamais assez longtemps pour qu'on t'arrête, toujours assez pour qu'on te remarque.
Tu ne te montrais jamais vraiment. Tu étais à la marge. En périphérie. C'est là que je t'ai cherchée.
Je n'étais pas le seul à vouloir capter ton attention, mais j'étais le seul à ne pas la réclamer. Je laissais les autres t'assaillir de questions. Moi, je me contentais d'être là, à distance. Je savais que tu sentais ma présence. Je le voyais dans la manière dont tu changeais légèrement d'attitude quand je passais non loin : un silence soudain, un geste ralenti.
Un jeu s'est installé. Tu ne l'as pas nommé. Moi non plus. Mais il existait.
Plus tard, je t'ai vue près du bar, hésitante. Un moment suspendu, anodin en apparence.
— Tu cherches quelque chose ?
— Quelque chose de pas trop sucré, as-tu dit, sans vraiment me regarder.
— Quelque chose de pas trop sucré, as-tu dit, sans vraiment me regarder.
Je t'ai préparé un gin-tonic. Précis, net, comme une promesse. Tu as accepté le verre avec un demi-sourire. Nos doigts se sont effleurés, à peine. Mais dans ce presque rien, il y avait déjà beaucoup de non-dits.
Tu as bu une gorgée. Tu as soutenu mon regard une seconde de trop. Puis tu es repartie.
Tu savais que je te suivrais. Pas immédiatement. Pas comme les autres. Mais inévitablement.
Au bord de la piscine, à la lumière douce des lampions, je t'ai retrouvée. Assise seule, les pieds dans l'eau. Tu semblais ailleurs, mais je savais que tu étais exactement là où tu voulais être. Je me suis approché, sans bruit.
— Tu fuis le monde ?
— Je l'observe.
— Je l'observe.
Tu as tourné la tête vers moi, et cette fois, tu m'as vraiment regardé. Il n'y avait plus de masque. Juste nos battements de cœurs qui accéléraient.
Je me suis assis près de toi. Tu n'as pas bougé. L'espace entre nous était tendu, vibrant. Tu semblais à la fois prête à t'éloigner et incapable de le faire.
Puis tu t'es levée. Sans un mot. Tu as marché lentement vers le fond du jardin. Tu n'as pas regardé derrière toi. Mais tu savais. Et moi aussi.
Je t'ai laissée quelques instants, pour que tu puisses calmer tes battements de cœur, reprendre la maîtrise de tes émotions. Puis je t'ai rejoint.
Tu étais assise sur une chaise longue, un peu en retrait, entre les ombres et la lumière. Je me suis arrêté à un mètre de toi.
— Tu veux que je parte ?
— Non.
— Non.
Ta réponse était simple. Déposée comme un fil tendu dans l'air tiède. Rien de précipité... Mais quelque chose venait de céder.
Je me suis approché. Une main sur l'accoudoir, un souffle contre ta peau.
— Tu sais ce que tu fais ?
— Je crois que oui.
— Je crois que oui.
Tu as levé les yeux vers moi. Ils n'avaient plus rien de flou. Ils étaient ancrés. Conscients. Vivants et criants.
Le jardin s'est vidé lentement. Les voix se sont estompées. Les derniers rires ont flotté comme des échos lointains. Il ne restait plus que nous. Une maison presque endormie. Une piscine calme. Et toi, juste là.
Tu t'es allongée sur une chaise longue. Moi, assis à côté. Nos doigts se sont frôlés, encore. Cette fois, ni l'un ni l'autre ne s'est retiré. Tu respirais plus profondément. Pas de peur. Juste... de l'intensité. Un frémissement discret, qui disait : je suis prête, mais pas pour tout. Et ça m'allait. Parfaitement.
Je me suis penché. Lentement. Mes lèvres ont effleuré ta tempe, puis ta mâchoire. Je n'allais pas plus loin. Tu m'as regardé. Longtemps.
— Tu veux ?
— Oui.
— Jusqu'où ?
— Jusqu'à ce que je dise stop.
— Oui.
— Jusqu'où ?
— Jusqu'à ce que je dise stop.
Tu venais de poser les règles. Et j'ai respecté chacune d'entre elles.
Rien n'a été trop. Tout a été choisi. Les gestes, les souffles, les silences. Ce n'était pas un feu d'artifice. C'était une tension qui montait par paliers, chaque regard une question, et chaque geste, une réponse. Ton corps qui se rapprochait sans jamais se livrer tout entier, comme si tu attendais d'être sûre que je ne te prendrais que ce que tu étais prête à donner.
Et je l'ai fait.
Ce n'était pas une conquête. Pas une soumission. Juste un équilibre. Subtil et instinctif.
Le ciel pâlissait à vue d'œil. Une lueur timide perçait déjà à l'horizon. Tu t'es glissée contre moi, ton front posé contre mon épaule. On ne disait rien. Il n'y avait rien à ajouter. La traque était finie. Le jeu, terminé. Ce n'était pas une fin. Juste un commencement.
Et dans ce silence fragile qui n'existe qu'avant l'aube, j'ai su que tu reviendrais.
Pas pour fuir.
Mais pour continuer.
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