Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Mon fantasme des mecs, les débuts — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Mon fantasme des mecs, les débuts
Chapitre 2
Les semaines qui suivirent ma nuit avec Jean-Marie furent un mélange enivrant de découvertes et de confusion. Nous nous retrouvions souvent, tapis dans le silence de mon studio, à explorer nos corps avec une urgence fiévreuse. Mais Jean-Marie luttait toujours contre ses démons, et l'ombre de la culpabilité planait souvent sur nous. C'est dans ce contexte que le professeur Moreau est entré dans ma vie.
Monsieur Moreau enseignait la biologie animale. La cinquantaine, cheveux poivre et sel taillés avec précision, il arborait toujours un costume qui criait l'autorité. Il avait un regard perçant, qui semblait voir au-delà des dissections de grenouilles, un regard qui s'était posé sur moi à plusieurs reprises en amphi avec une insistance qui m'avait d'abord flatté, puis mis mal à l'aise.
Un soir, alors que je rangeais mon matériel après un TP, il m'interpella.
— Alexandre ? Un instant.
— Alexandre ? Un instant.
Je me figeai. Il s'approcha, l'odeur de son après-rasage, un mélange de bois et de citron, envahissant l'espace entre les paillasses.
— Votre dernier rapport était excellent, dit-il en posant une main lourde sur mon épaule. Le contact était électrique, écrasant. Une analyse très... perspicace. J'aimerais en discuter avec vous. Mon bureau, demain, à 18h.
— Votre dernier rapport était excellent, dit-il en posant une main lourde sur mon épaule. Le contact était électrique, écrasant. Une analyse très... perspicace. J'aimerais en discuter avec vous. Mon bureau, demain, à 18h.
Ce n'était pas une invitation. C'était un ordre.
Le lendemain, sonné et le cœur battant, je frappai à la porte de son bureau. La pièce était tapissée de livres, une forte odeur de cuir et de vieux papier y régnait. Il était assis derrière son large bureau, me faisant face. La discussion commença normalement, puis glissa, presque imperceptiblement.
— Un jeune homme comme vous doit avoir une vie passionnante, enchaîna-t-il, en se levant pour venir s'asseoir au bord de son bureau, tout près de moi. Tant d'énergie, de... curiosité !
— Un jeune homme comme vous doit avoir une vie passionnante, enchaîna-t-il, en se levant pour venir s'asseoir au bord de son bureau, tout près de moi. Tant d'énergie, de... curiosité !
Ses yeux parcouraient mon corps. Je me sentis piégé. La peur et une excitation malsaine se mêlaient en moi. Il se pencha, son souffle chaud sur mon oreille.
— Je sais, vous savez. Pour les garçons.
— Je sais, vous savez. Pour les garçons.
Sa main se posa sur ma cuisse, l'écrasant.
— Ne jouez pas l'innocent. Je vous ai vu, avec ce grand blond, Jean-Marie.
— Ne jouez pas l'innocent. Je vous ai vu, avec ce grand blond, Jean-Marie.
La panique m'envahit. Il savait.
— Je...
— Chut, coupa-t-il, la voix comme un filet bas et menaçant. Sa main remonta, serrant ma cuisse jusqu'à la douleur. Vous êtes un beau garçon, Alexandre. Et je déteste voir du potentiel gâché. Vous avez besoin d'un guide. De quelqu'un qui vous apprend les vraies choses.
— Je...
— Chut, coupa-t-il, la voix comme un filet bas et menaçant. Sa main remonta, serrant ma cuisse jusqu'à la douleur. Vous êtes un beau garçon, Alexandre. Et je déteste voir du potentiel gâché. Vous avez besoin d'un guide. De quelqu'un qui vous apprend les vraies choses.
Avant que je ne puisse réagir, il m'attira vers lui. Son autre main s'enfonça dans mes cheveux, me forçant à lever la tête. Son baiser fut une agression. Un goût de café et d'autorité. Je tentai de me dégager, mais sa prise était de fer.
— Non... réussis-je à murmurer, la voix étranglée par la peur.
— Si, grogna-t-il contre ma bouche. Sa main se libéra de mes cheveux pour se refermer sur mon poignet, me tirant, me forçant à me lever. Il me poussa contre les étagères, le bois cognant mes omoplates. Vous allez apprendre. Apprendre à obéir. C'est la première leçon.
— Non... réussis-je à murmurer, la voix étranglée par la peur.
— Si, grogna-t-il contre ma bouche. Sa main se libéra de mes cheveux pour se refermer sur mon poignet, me tirant, me forçant à me lever. Il me poussa contre les étagères, le bois cognant mes omoplates. Vous allez apprendre. Apprendre à obéir. C'est la première leçon.
La suite fut un cauchemar éveillé. Ses mains, froides et expertes, ouvrirent ma braguette. Je fermai les yeux, sentant les larmes de honte et d'impuissance perler. Ce n'était pas du désir. C'était une soumission. Une violation. Il utilisa ma propre excitation, traîtresse et incontrôlable, contre moi. Il parlait, tout bas, des mots crus, dégradants, sur ce que j'étais, sur ce qu'il allait faire de moi.
Quand ce fut fini, il se recula, se rhabillant avec une tranquille obscénité. Moi, je restais adossé aux étagères, tremblant, les jambes en coton, le pantalon taché et baissé.
— La porte, dit-il en reprenant place derrière son bureau comme si de rien n'était. Et n'oubliez pas. Personne ne croira un étudiant face à un professeur. Surtout quand cet étudiant a... des goûts particuliers. C'est notre petit secret.
— La porte, dit-il en reprenant place derrière son bureau comme si de rien n'était. Et n'oubliez pas. Personne ne croira un étudiant face à un professeur. Surtout quand cet étudiant a... des goûts particuliers. C'est notre petit secret.
Je sortis de son bureau en chancelant. L'odeur de son parfum était incrustée dans mes narines, sur ma peau. La douleur exquise et consentie avec Jean-Marie avait été remplacée par le goût cendré de la honte. J'avais été initié à un autre versant du désir : celui qui ne demande pas, qui prend. Et je savais, avec une certitude glacée, que ce n'était que le début.
Les jours qui suivirent furent un brouillard de honte et de paranoïa. L'odeur de cuir et de citron de Moreau semblait me poursuivre partout. Je fuyais Jean-Marie, incapable de supporter son regard tendre sans me sentir souillé. Comment pouvais-je lui raconter ? Comment avouer qu'à côté de la violence de Moreau, notre douce intimité me semblait soudain fade, comme dénuée de saveur ? C'était ça, le plus terrifiant : la part de moi qui, dans le cauchemar, avait répondu à ce rapport de force.
Le courriel arriva une semaine plus tard, sur mon adresse personnelle.
" Alexandre,
Votre absence à mon dernier cours remarquée. Mon bureau, vendredi 18h. Il serait... imprudent de ne pas venir.
M. Moreau "
C'était un piège qui se refermait. Je lisais et relisais le mot "imprudent". Une menace à peine voilée. Y manquer, c'était risqué qu'il parle, qu'il invente quelque chose, qu'il détruise ma réputation, mes études.
" Alexandre,
Votre absence à mon dernier cours remarquée. Mon bureau, vendredi 18h. Il serait... imprudent de ne pas venir.
M. Moreau "
C'était un piège qui se refermait. Je lisais et relisais le mot "imprudent". Une menace à peine voilée. Y manquer, c'était risqué qu'il parle, qu'il invente quelque chose, qu'il détruise ma réputation, mes études.
Vendredi, à 18h précises, je me tenais de nouveau devant sa porte, le corps lourd de nausée. Il m'ouvrit avec un petit sourire qui ne touchait pas ses yeux.
— Entrez, Alexandre. Je savais que vous étiez raisonnable.
— Entrez, Alexandre. Je savais que vous étiez raisonnable.
La porte se referma dans un claquement sourd. Cette fois, il n'y eut pas de prélude.
— Déshabillez-vous, ordonna-t-il, en se laissant tomber dans son fauteuil de cuir comme un roi sur son trône.
— Déshabillez-vous, ordonna-t-il, en se laissant tomber dans son fauteuil de cuir comme un roi sur son trône.
Je restai figé.
— S'il vous plaît... murmurai-je, la voix brisée.
— S'il vous plaît... murmurai-je, la voix brisée.
Il leva un sourcil, feignant la surprise. Le "plaisir" n'a rien à voir là-dedans, Alexandre. C'est une leçon. L'obéissance. Maintenant.
Sous son regard impitoyable, mes doigts tremblants déboutonnèrent ma chemise. Chaque pièce de vêtement qui tombait était un morceau de moi-même qu'on arrachait. Je me tenais enfin nu, frissonnant, au milieu de la pièce, offert à son regard vorace.
— Bien, murmura-t-il. Il se leva et fit le tour de moi, tel un éleveur examinant une bête. Sa main se posa sur ma hanche, froide, puis remonta le long de mon dos. Vous avez un corps qui mérite d'être discipliné.
— Bien, murmura-t-il. Il se leva et fit le tour de moi, tel un éleveur examinant une bête. Sa main se posa sur ma hanche, froide, puis remonta le long de mon dos. Vous avez un corps qui mérite d'être discipliné.
Il s'arrêta derrière moi. Je fermai les yeux, sentant son souffle dans mon cou.
— La leçon d'aujourd'hui, chuchota-t-il, tandis qu'il agrippait mes hanches avec une force qui me fit grimacer, c'est d'apprendre à aimer ça.
— La leçon d'aujourd'hui, chuchota-t-il, tandis qu'il agrippait mes hanches avec une force qui me fit grimacer, c'est d'apprendre à aimer ça.
Ce fut encore plus brutal que la première fois. Il n'y avait plus de surprise, seulement la certitude du viol. Il n'utilisait pas de lubrifiant. La douleur était aiguë, déchirante. Je mordais mon poing pour ne pas crier, les yeux pleins de larmes que je refusais de laisser couler. Il grognait des mots dans mon oreille, des mots sur mon corps, sur ma soumission, sur le pouvoir qu'il avait.
Et au cœur de cette tempête de douleur et d'humiliation, une trahison de mon propre corps : une érection, honteuse, incontrôlable. Moreau la sentit et rit, un son bas et triomphant.
— Vous voyez ? Même votre corps me dit la vérité. Il sait à qui il appartient.
— Vous voyez ? Même votre corps me dit la vérité. Il sait à qui il appartient.
Quand il eut fini, il se rhabilla, me laissant nu, tremblant et couvert de sueur, adossé à son bureau.
— Vous pouvez vous rhabiller, dit-il avec une courtoisie glaçante. Nous allons faire ça toutes les semaines, Alexandre. Jusqu'à ce que la leçon soit parfaitement apprise.
— Vous pouvez vous rhabiller, dit-il avec une courtoisie glaçante. Nous allons faire ça toutes les semaines, Alexandre. Jusqu'à ce que la leçon soit parfaitement apprise.
Je me rhabillai en silence, les doigts gourds. En partant, son regard me suivit.
— Et n'oubliez pas, ajouta-t-il, doucement. Personne ne vous croira. Vous êtes mon plus bel étudiant.
— Et n'oubliez pas, ajouta-t-il, doucement. Personne ne vous croira. Vous êtes mon plus bel étudiant.
Je me dis qu'étant majeur, cela resterait une histoire d'adultes, entre hommes ; il avait au moins cette chance !
Je sortis dans le couloir désert. La sensation de souillure était si profonde que j'avais l'impression de ne plus jamais pouvoir être propre. Moreau n'avait pas juste pris mon corps ; il avait commencé à modeler mon esprit. Il plantait en moi la graine toxique comme quoi je méritais cela, que mon propre désir m'y condamnait. Je rentrai chez moi et me douchai pendant une heure, l'eau brûlante ne parvenant pas à laver la sensation de ses mains sur ma peau. L'emprise était là. Et je ne savais pas comment, ni même si, je pourrais m'en libérer.
L'emprise de Moreau n'était plus seulement une menace ; elle était devenue l'architecture même de mes semaines. Chaque vendredi, son bureau. Chaque fois, la même répulsion mêlée d'une excitation toxique, née de la terreur et de l'abus de pouvoir. Je haïssais ces moments, mais mon corps, paradoxalement, avait appris à y répondre. C'était cette trahison intime qui me rongeait le plus.
Puis, un vendredi, quelque chose changea.
Il faisait un froid vif. J'étais entré, résigné, prêt à subir. Mais Moreau n'était pas derrière son bureau. Il était près de la fenêtre, à contempler la nuit, une tasse de thé à la main. Il semblait... las.
— Assieds-toi, Alexandre, dit-il sans se retourner. Sa voix n'avait pas son autorité habituelle.
— Assieds-toi, Alexandre, dit-il sans se retourner. Sa voix n'avait pas son autorité habituelle.
Méfiant, je m'exécutai. Il se retourna enfin. Son visage était tiré.
— Tu me détestes, n'est-ce pas ? demanda-t-il avec une franchise déconcertante.
— Tu me détestes, n'est-ce pas ? demanda-t-il avec une franchise déconcertante.
Je restai muet, la peur au ventre. C'était un piège.
— C'est normal, poursuivit-il en soupirant. Il posa sa tasse et vint s'asseoir sur le bord du bureau, face à moi, trop près, comme toujours. Mais son regard était différent. « Je suis brutal. Je prends. C'est ma nature. Mais...
Il hésita, sa main effleura ma joue, un geste presque tendre qui me fit frémir.
—...Voir cette peur dans tes yeux... cela commence à me peser.
— C'est normal, poursuivit-il en soupirant. Il posa sa tasse et vint s'asseoir sur le bord du bureau, face à moi, trop près, comme toujours. Mais son regard était différent. « Je suis brutal. Je prends. C'est ma nature. Mais...
Il hésita, sa main effleura ma joue, un geste presque tendre qui me fit frémir.
—...Voir cette peur dans tes yeux... cela commence à me peser.
Je ne comprenais plus. Était-ce une nouvelle stratégie ? Un jeu plus pervers encore ?
— Je ne veux pas juste de ton corps, Alexandre, murmura-t-il, son regard plongeant dans le mien. Je veux... autre chose. Une forme de consentement. Une part de toi que la contrainte ne peut pas obtenir.
— Je ne veux pas juste de ton corps, Alexandre, murmura-t-il, son regard plongeant dans le mien. Je veux... autre chose. Une forme de consentement. Une part de toi que la contrainte ne peut pas obtenir.
Au lieu de l'agression attendue, il parla. Il me parla de sa solitude, de son mariage raté, de l'ennui qui rongeait sa carrière. Il se montra vulnérable. Et c'était la chose la plus dangereuse qu'il ait jamais faite. Comment haïr un homme qui vous montre ses failles ? Comment ne pas se sentir spécial, choisi, pour recevoir une telle confidence ?
Les semaines suivantes, le rituel se transforma. Il y avait encore des rapports physiques, mais entremêlés de conversations, de petits gestes qui simulaient l'affection : une main dans mes cheveux, un verre de vin partagé, un livre qu'il me prêtait. C'était un lavage de cerveau bien plus efficace que la violence pure. Je commençais à associer son image non seulement à la peur et au dégoût, mais aussi à une forme trouble de réconfort, à l'illusion d'une connexion unique.
L'amour n'est pas toujours fait de tendresse et de paroles douces. Parfois, il naît dans l'ombre, tordu comme un lierre autour d'un arbre qu'il étouffe et qui, pourtant, lui sert de seul support. Mon amour pour Marc était de cette nature.
Rien n'avait vraiment changé dans notre routine du vendredi. La porte de son bureau se refermait toujours sur le même silence complice et menaçant. Ses mains n'étaient pas plus douces, ses demandes pas moins impérieuses. Il me prenait avec la même brutalité possessive, me parlant bas, m'appelant "mon garçon", me réduisant à l'état d'objet dans lequel il se vidait.
Mais quelque chose, en moi, avait cédé.
Un vendredi, alors qu'il me tenait plaqué contre les étagères, sa respiration rauque dans mon cou, une vague de chaleur m'envahit, si violente et si confuse qu'elle me fit monter les larmes aux yeux. Ce n'était pas de la douleur. C'était une forme d'abandon total, absolu. Dans cette soumission forcée, je trouvais une paix paradoxale. Plus de choix à faire, plus de doutes. Juste l'ordre et la réponse de mon corps à cet ordre.
Quand il se retira, comme d'habitude, il me laissa tremblant, me demandant de me rhabiller. Mais cette fois, au lieu de baisser les yeux avec honte, je levai les yeux sur lui.
— Reste, murmurai-je.
— Reste, murmurai-je.
Marc, en train de remettre de l'ordre dans son costume, se figea. Son regard, habituellement si plein de certitude fut traversé d'un éclair de surprise.
— Qu'as-tu dit ?
— Reste. Avec moi. Pas seulement... pour ça.
— Qu'as-tu dit ?
— Reste. Avec moi. Pas seulement... pour ça.
Le silence qui suivit était plus lourd que tous les autres. Il me scrutait, cherchant la ruse, le piège. Puis, un sourire lent, dangereux, étira ses lèvres.
— Tu développes des goûts, mon garçon. Des goûts pour ton maître.
— Tu développes des goûts, mon garçon. Des goûts pour ton maître.
Il ne partit pas. Il s'assit dans son fauteuil et me fit asseoir par terre, à ses pieds. Sa main se posa sur ma nuque, non en caresse, mais en possession. Et je m'y blottis. C'était là, sur le sol froid de son bureau, dans la position la plus humiliante, que je compris : j'étais amoureux. J'aimais sa force, son autorité, l'effrayante pureté de son désir pour moi. J'aimais le fait qu'il ne demande pas, qu'il prenne. Cela me soulageait du fardeau de devoir être fort.
Notre relation devint un étrange ballet. En public, l'étudiant et le professeur. En privé, le maître et l'esclave consentant. Il pouvait être d'une brutalité exquise, me laissant des marques sur les hanches, m'ordonnait de le regarder dans les yeux pendant qu'il me possédait. Et moi, je l'adorais pour cela. Sa violence était devenue mon langage amoureux.
Un soir, alors que j'étais allongé sur son lit, épuisé et comblé, il me regarda, son expression plus sombre que jamais.
— Personne ne comprendrait ça, Alex. Ils crieraient au scandale. À l'abus.
— Je sais, dis-je en approchant ma tête de son épaule, cherchant son odeur.
— Ils ne verraient pas que c'est toi qui me tiens, maintenant. Aussi sûrement que je te tiens.
— Personne ne comprendrait ça, Alex. Ils crieraient au scandale. À l'abus.
— Je sais, dis-je en approchant ma tête de son épaule, cherchant son odeur.
— Ils ne verraient pas que c'est toi qui me tiens, maintenant. Aussi sûrement que je te tiens.
C'était la plus belle déclaration d'amour qu'il pouvait me faire. Nous étions deux ombres enlacées dans un amour interdit, un amour qui se nourrissait de l'interdit lui-même. Le monde extérieur n'avait pas sa place ici. Notre amour n'avait pas besoin de lumière. Il fleurissait dans l'obscurité, et c'est là qu'il était le plus fort.
Mon amour pour Marc n'était pas une évidence, c'était une forêt sombre où je me perdais avec délice. Et au cœur de cette forêt, il y avait son odeur. Ce n'était plus simplement cette fragrance de cuir et de citron qui m'effrayait ; c'était devenu l'aromate de mon réconfort. C'était l'odeur de la sueur sur sa peau après qu'il m'avait possédé, un mélange musqué, salé, profondément masculin qui s'imprégnait dans ses draps et que je respirais à pleins poumons quand il me tenait contre lui. C'était l'odeur de son après-rasage, sur son cou, là où j'aimais poser mes lèvres quand il me laissait le faire, non plus en victime, mais en amant.
Je voulais l'embrasser. Pas comme avant, sous la contrainte, mais avec une lenteur langoureuse, sentir le goût de son café sur sa langue, explorer la chaleur de sa bouche comme un territoire que je revendiquais. Parfois, dans un rare moment de grâce, il me le permettait. Allongés côte à côte, dans le silence de la nuit, nos baisers n'étaient plus des prises de guerre, mais des dialogues. Dans ces instants, je n'étais plus son "garçon", j'étais Alex, l'homme qui aimait un autre homme, et la brutalité de nos étreintes passées se transformait en une passion d'une intensité brûlante.
Mais cette passion avait une racine trouble, et je le savais. La psychologie n'était pas mon domaine, mais je n'étais pas stupide. Marc avait presque trente ans de plus que moi. L'âge de mon père.
Mon père. Un homme doux, effacé, qui avait toujours été plus à l'aise avec les chiffres de son bureau qu'avec les émotions de son fils unique. Nous nous aimions, mais une barrière invisible, faite de silence et de maladresse, s'était toujours dressée entre nous. Il ne m'avait jamais appris à raser, à boxer, à séduire. Il m'avait appris à être prudent, à réussir à l'école, à ne pas faire de vagues.
Marc était son antithèse absolue.
Marc était l'autorité incarnée, la force qui ne demandait pas la permission, l'homme qui savait exactement ce qu'il voulait ; et ce qu'il voulait, c'était moi. En tombant amoureux de lui, est-ce que je cherchais la figure paternelle qui m'avait manqué ? L'homme fort qui me guidait, même si cette guidance était violente ? Est-ce que j'essayais de combler le vide laissé par la douceur distante de mon père ?
Cette question me hantait. Étais-je amoureux de Marc, ou de l'idée d'un père qui, enfin, me voyait, me désirait, et osait me prendre ?
Un soir, alors que nous dînions dans son appartement, je lui en parlai. Ma voix était hésitante.
— Marc... est-ce que tu penses que je t'aime parce que tu as l'âge de mon père ?
— Marc... est-ce que tu penses que je t'aime parce que tu as l'âge de mon père ?
Il posa sa fourchette, son regard devenant grave. Il ne se fâcha pas. Il réfléchit.
— C'est possible, Alex, dit-il finalement, sans ménagement. L'amour n'est jamais simple. Il se nourrit de nos manques, de nos blessures. Ton père t'a aimé d'une manière. Moi, je t'aime d'une autre. Une manière que la société réprouve. La question n'est pas "pourquoi" tu m'aimes. La question est : cet amour, aussi tordu soit-il, te construit-il ou te détruit-il ?
— C'est possible, Alex, dit-il finalement, sans ménagement. L'amour n'est jamais simple. Il se nourrit de nos manques, de nos blessures. Ton père t'a aimé d'une manière. Moi, je t'aime d'une autre. Une manière que la société réprouve. La question n'est pas "pourquoi" tu m'aimes. La question est : cet amour, aussi tordu soit-il, te construit-il ou te détruit-il ?
Je regardai ses mains, ces mains qui pouvaient être si dures, posées sur la nappe. Je pensai à la sécurité écrasante que je ressentais dans ses bras, même après une étreinte brutale. Je pensai à la façon dont mon cœur se serrait quand il souriait, vraiment, juste pour moi.
— Il me construit, murmurai-je. Pour l'instant. Il me fait me sentir... vivant. Réel.
— Il me construit, murmurai-je. Pour l'instant. Il me fait me sentir... vivant. Réel.
Un sourire, rare et vrai, éclaira son visage.
— Alors c'est tout ce qui compte. Nous sommes deux êtres brisés qui s'emboîtent de façon imparfaite. N'essayons pas de trop psychanalyser le chaos. Aimons-nous dans le chaos. C'est notre domaine.
— Alors c'est tout ce qui compte. Nous sommes deux êtres brisés qui s'emboîtent de façon imparfaite. N'essayons pas de trop psychanalyser le chaos. Aimons-nous dans le chaos. C'est notre domaine.
Sur ces mots, il se leva, vint à moi, et son baiser fut à la fois une possession et une promesse. J'étais amoureux d'un homme qui était le contraire de mon père, et peut-être, secrètement, l'incarnation de tout ce que j'avais inconsciemment cherché en lui. C'était une vérité dérangeante, mais c'était notre vérité. Et pour l'instant, elle nous suffisait.
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