Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sous les dômes — Chapitre 1 · Offensive
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sous les dômes
Chapitre 1 · Offensive
Chapitre 1 - Offensive
Laura rentrait de l'université lorsque son bracelet-écran vibra. Un message de Judy :
Laura rentrait de l'université lorsque son bracelet-écran vibra. Un message de Judy :
— Regarde ça !!! suivi d'un lien.
Elle lança la vidéo.
Sous le gigantesque dôme de Los Angeles, les néons découpaient une avenue immaculée. Les façades réfléchissantes renvoyaient l'image d'une ville parfaite, climatisée, protégée de la fournaise extérieure et de la populace. Et au centre, avançant lentement sur le tapis rouge menant au cinévirtuel... Elisa Korries.
Sous le gigantesque dôme de Los Angeles, les néons découpaient une avenue immaculée. Les façades réfléchissantes renvoyaient l'image d'une ville parfaite, climatisée, protégée de la fournaise extérieure et de la populace. Et au centre, avançant lentement sur le tapis rouge menant au cinévirtuel... Elisa Korries.
La star portait des talons vertigineux, qui allongeaient encore sa silhouette déjà sculpturale. Chaque pas résonnait avec une assurance théâtrale. Mais, surtout, rien ne cachait son corps. Les caméras zoomaient sans pudeur. On distinguait tout. Elle ne tentait pas de dissimuler quoi que ce soit.
Les commentateurs, surexcités, parlaient d'« acte historique », de « liberté absolue », de « nouvelle ère artistique ». Bien sûr, tous faisaient référence à l'épisode survenu quelques années plus tôt, quand Livia Hale, chanteuse engagée, et Mara Venturi, actrice récompensée à Hollywood, avaient décidé de riposter contre la déferlante de faux contenus qui exploitait leur image.
Pendant des mois, leurs visages avaient été collés sur des corps qui n'étaient pas les leurs, dans des vidéos falsifiées devenues virales du jour au lendemain. Malgré les alertes et les plaintes, personne ne contrôlait plus rien. Le public exigeait toujours plus de scandale et s'en fichait du vrai.
Alors, lors du Met Gala, sous les flashs et les hurlements des journalistes, elles avaient soulevé leurs désormais classiques robes transparentes, révélant simplement la réalité : leur corps tel qu'il était, sans filtres ni montages. Un geste à la fois de défi et de désespoir, pour reprendre un minimum de contrôle.
Ce soir-là, elles avaient dit au monde :
— Vous nous avez déjà mises à nu sans notre accord. Alors, autant choisir comment.”
Le scandale avait fait trembler la planète pendant trois semaines...
Puis, comme toujours, les gens s'étaient habitués.
Et alors. Est-ce que c'était ce qui avait poussé Elisa Korries ce soir-là ?
La rébellion ? La liberté ? Le pouvoir ?
Son visage, pourtant, racontait une autre histoire. Un mélange étrange de fierté éclatante et de vulnérabilité à peine contenue. Ses yeux brillaient comme si elle se disait “je peux le faire... mais soyez indulgents”.
Les cris admiratifs du public donnaient à la scène un air de cérémonie sacrée.
Laura avala difficilement sa salive.
Judy apparut dans le chat vocal :
Puis, comme toujours, les gens s'étaient habitués.
Et alors. Est-ce que c'était ce qui avait poussé Elisa Korries ce soir-là ?
La rébellion ? La liberté ? Le pouvoir ?
Son visage, pourtant, racontait une autre histoire. Un mélange étrange de fierté éclatante et de vulnérabilité à peine contenue. Ses yeux brillaient comme si elle se disait “je peux le faire... mais soyez indulgents”.
Les cris admiratifs du public donnaient à la scène un air de cérémonie sacrée.
Laura avala difficilement sa salive.
Judy apparut dans le chat vocal :
— Alors ? On n'est pas en train d'assister à un tournant majeur de civilisation ? Ouais, je sais, t'es toujours trop sage. Tu crois que c'est pire que la pub avec Sasha Oz ? On a tous vu des choses plus provocantes sur les murs du centre commercial. Les marques misent sur le choc, parce que plus rien d'autre ne marche.
Laura resta silencieuse un moment avant de souffler :
— Oui bon... Et puis Sasha Oz, dans la pub... c'est une pornstar. OK elle était nue, mais on ne voyait rien de gênant. Là... on voit tout. Absolument tout.
Judy haussa le ton, comme si elle savourait son rôle d'experte :
— Rien de gênant ? Elle était quand même en train de sucer une glace avec tout son professionnalisme. C'est pareil, juste un cran plus loin. Et le public adore. Ils veulent du réel, du brut. L'âge des secrets est mort.
Elle gloussa.
— Et puis, tu trouves pas qu'Elisa est magnifique ? Ce port de tête... la confiance...
La jeune fille ajouta avec une voix joueuse.
— Et, tu sais, je vous trouve un air de ressemblance.
Laura détourna les yeux de l'écran.
— Je ne lui ressemble pas du tout, arrête...
— Mais si ! Tu lui ressembles un peu, je te jure ! insista Judy. T'as ce genre de beauté naturelle. Donne-toi quelques années, et... qui sait ?
— Mais si ! Tu lui ressembles un peu, je te jure ! insista Judy. T'as ce genre de beauté naturelle. Donne-toi quelques années, et... qui sait ?
Laura se leva et observa son reflet dans la vitre assombrie de sa chambre.
Ses cheveux châtains retombaient en une tresse presque sage. Pourtant, la lumière du soir soulignait un petit nez délicat, des pommettes légèrement marquées et des yeux noisette expressifs qu'elle n'avait jamais vraiment regardés autrement que pour traquer des défauts. Ses lèvres, qu'elle jugeait trop fines, dessinaient en réalité un sourire doux, qu'elle ne remarquait jamais lorsqu'elle souriait.
Depuis qu'elle avait quitté l'âge ingrat de son adolescence, elle aurait presque pu se trouver jolie, si elle n'avait pas immédiatement pensé à Elisa.
Elle rosit, agacée par son propre trouble :
Ses cheveux châtains retombaient en une tresse presque sage. Pourtant, la lumière du soir soulignait un petit nez délicat, des pommettes légèrement marquées et des yeux noisette expressifs qu'elle n'avait jamais vraiment regardés autrement que pour traquer des défauts. Ses lèvres, qu'elle jugeait trop fines, dessinaient en réalité un sourire doux, qu'elle ne remarquait jamais lorsqu'elle souriait.
Depuis qu'elle avait quitté l'âge ingrat de son adolescence, elle aurait presque pu se trouver jolie, si elle n'avait pas immédiatement pensé à Elisa.
Elle rosit, agacée par son propre trouble :
— Non... c'est ridicule. Rien à voir.
Judy répondit avec son enthousiasme provocateur :
— Tu verras. C'est juste le monde qui change. On doit changer avec lui.
Laura éteignit la vidéo, mais l'image restait imprimée dans sa tête :
Elisa, avançant seule au centre de toutes les attentions, belle et fragile à la fois... dans un monde où l'on ne savait plus très bien s'il fallait admirer, ou s'inquiéter.
Elisa, avançant seule au centre de toutes les attentions, belle et fragile à la fois... dans un monde où l'on ne savait plus très bien s'il fallait admirer, ou s'inquiéter.
**
*
Dans la tour Brixton, mille mètres au-dessus des rues lustrées de Manhattan, Jane avalait son café encore brûlant en fixant l'écran mural. A des milliers de kilomètres, le défilé de Los Angeles tournait en boucle sur toutes les chaînes.
Elisa Korries avançait, radieuse, nue et applaudie, comme si la pudeur était une superstition du passé.
Un léger bourdonnement accompagna l'arrivée de Nadia, le robot de service. Enfin, si on pouvait encore appeler ça un robot. Une silhouette humanoïde, texture siliconée reproduisant à la perfection la peau, mouvements précis, intelligence artificielle. Sa démarche imite si bien celle d'une jeune femme de chair qu'on en oubliait la mécanique.
Elisa Korries avançait, radieuse, nue et applaudie, comme si la pudeur était une superstition du passé.
Un léger bourdonnement accompagna l'arrivée de Nadia, le robot de service. Enfin, si on pouvait encore appeler ça un robot. Une silhouette humanoïde, texture siliconée reproduisant à la perfection la peau, mouvements précis, intelligence artificielle. Sa démarche imite si bien celle d'une jeune femme de chair qu'on en oubliait la mécanique.
— Votre jus d'orange, Jane, annonça-t-elle d'une voix douce, calibrée.
Jane serra la mâchoire. Chaque matin, la même irritation.
Car, comme chaque jour, Nadia était juchée sur des talons hauts ne portant qu'un ensemble de lingerie fine - tanga de dentelle blanche et soutien-gorge à l'avenant, rien de plus. Et encore, si au moins, les deux articles n'étaient pas à moitié transparents.
— Dis à mon père qu'il pourrait au moins t'habiller correctement, grommela-t-elle en jetant un regard furtif à la machine.
L'humanoïde s'immobilisa une seconde, son système cherchant s'il devait répondre. Elle cligna des yeux, comme une vraie personne, puis reprit son service silencieusement.
Jim Brixton, milliardaire dans la robotique, adorait rappeler qu'il avait « pris de l'avance sur le futur ».
Le futur, apparemment, avait la silhouette d'une jeune femme d'une vingtaine d'années, aux traits délicats, au sourire trop parfait... d'apparence à peine plus jeune que Jane.
Et surtout : remplaçable.
Jim Brixton, milliardaire dans la robotique, adorait rappeler qu'il avait « pris de l'avance sur le futur ».
Le futur, apparemment, avait la silhouette d'une jeune femme d'une vingtaine d'années, aux traits délicats, au sourire trop parfait... d'apparence à peine plus jeune que Jane.
Et surtout : remplaçable.
— Je te le répéterai autant de fois qu'il le faudra, lança Jane vers le plafond, sachant que la sonorisation de l'appartement rapporterait tout à son père. Si tu voulais une compagne, tu pouvais en trouver une vraiment adulte. Pas... ça. Pas une copie low cost de maman, en version plus jeune et plus docile.
Pas de réponse.
Comme d'habitude.
Elle soupira, attrapa son sac transparent réglementaire, fit une grimace en regardant encore une fois l'écran : Elisa Korries levait le bras au-dessus de la foule.
Comme d'habitude.
Elle soupira, attrapa son sac transparent réglementaire, fit une grimace en regardant encore une fois l'écran : Elisa Korries levait le bras au-dessus de la foule.
— Super, marmonna Jane. La révolution selon les riches : se mettre à poil pour qu'on oublie qu'ils vivent dans des cages de luxe.
Elle coupa la diffusion d'un geste agacé.
Direction l'université, où — ironie du siècle — elle étudiait l'éthique des intelligences artificielles.
À mesure qu'elle sortait, l'humanoïde inclina la tête, presque triste de la voir partir. Ou peut-être que c'était juste une illusion bien programmée.
Jane n'arrivait plus à faire la différence.
Direction l'université, où — ironie du siècle — elle étudiait l'éthique des intelligences artificielles.
À mesure qu'elle sortait, l'humanoïde inclina la tête, presque triste de la voir partir. Ou peut-être que c'était juste une illusion bien programmée.
Jane n'arrivait plus à faire la différence.
**
*
Dans le dôme de Seattle, la villa du patron de la megabiotech Novacrine industries, le Dr. Adrian Xandros surplombait la baie artificiellement refroidie. Une forteresse de verre, d'acier et de luxe.
Sous le plafond lumineux, qui imitait un ciel d'été alors que dehors les nuages toxiques s'accumulaient au-dessus du dôme, l'homme, qui jouissait d'un physique de séduisant quarantenaire entretenu par ce que sa compagnie savait faire de mieux, savourait la vue tandis qu'il tenait son holophone à la main.
Sous le plafond lumineux, qui imitait un ciel d'été alors que dehors les nuages toxiques s'accumulaient au-dessus du dôme, l'homme, qui jouissait d'un physique de séduisant quarantenaire entretenu par ce que sa compagnie savait faire de mieux, savourait la vue tandis qu'il tenait son holophone à la main.
— Ton film est brillant, Yohan, dit-il avec un sourire que la communication holo ne pouvait qu'accentuer. Et je ne parle même pas de la promo. Magnifique. La liberté à portée de flash.
De l'autre côté du fil, Yohan Reese, magnat des studios AngelWorks, ricana :
— Je savais que ça te plairait. On ne peut pas éternellement vendre des super-héros classiques. Le public veut du vrai. Et le vrai, aujourd'hui, c'est le corps. Je suis content qu'Elisa ait accepté ma petite demande. Elle n'était pas convaincue au début, mais elle a compris son intérêt et j'ai même la faiblesse de croire qu'elle a aimé ça.
Xandros ricana à son tour.
— Ca valait le coup. Prochaine fois que je viendrais à LAX, tu me la présenteras cette petite. Elle gagne à être connue.
Sans attendre la réponse de son comparse, il ajouta, un peu plus vague :
— Et puis, il faut dire. Les humanoïdes de Brixton sont... divertissants, je le reconnais. Mais il leur manque quelque chose. Une chaleur humaine. Une imperfection. Une audace.
Il jeta un regard autour de lui.
La salle à manger était vaste, décorée avec une opulence intimidante : table en marbre noir, colonnes vivantes — des arbres génétiquement modifiés — et une lumière douce, calibrée au degré près pour flatter les visages.
La salle à manger était vaste, décorée avec une opulence intimidante : table en marbre noir, colonnes vivantes — des arbres génétiquement modifiés — et une lumière douce, calibrée au degré près pour flatter les visages.
Face à lui, sa jeune femme, Alys, impeccablement coiffée, gardait une posture figée dans sa robe qui coûtait un an de salaire moyen. Son regard se perdait parfois vers le vide. Derrière elle, une humanoïde se tenait droite, silencieuse, prête à anticiper la moindre demande.
Son apparence était jeune, et aucune parcelle de sa peau laiteuse n'échappait aux regards ; ses cheveux blonds étaient noués en un chignon parfait ; elle imitait le professionnalisme jusqu'à l'excès. Ses yeux semblaient attendre une autorisation pour exister.
À la droite de Xandros, une seconde humanoïde était agenouillée, tout aussi nue, et respectant à la lettre le protocole de service conçu pour paraître délicat et déférent. Elle portait un plateau sur lequel elle venait d'apporter l'holophone.
Son visage, fin, presque juvénile, affichait un calme absolu et une légère rougeur aux joues simulait juste assez la honte pour attiser l'utilisateur. Une beauté calibrée : proportions idéales, peau sans la moindre variation, respiration simulée juste assez pour sembler réelle.
Xandros observa ses créatures, fier de pouvoir posséder une telle technologie... mais tout aussi critique de ses propres limites.
— Elles sont parfaites, mais la perfection... lasse, ajouta-t-il d'un ton presque ennuyé.
— On y travaille, répondit Reese avec légèreté. Livia et Mara ont ouvert la marche. Elisa enfonce les portes. Les mentalités suivent.
— On y travaille, répondit Reese avec légèreté. Livia et Mara ont ouvert la marche. Elisa enfonce les portes. Les mentalités suivent.
Un silence pesa une seconde, le temps que les circuits et les ambitions s'ajustent.
— Ouais, c'est bien tout ça, mais... je veux que ça avance, déclara le magnat de Seattle en laissant traîner chaque syllabe.
Sur l'holo-écran, le vieux producteur esquissa un sourire prudent.
— Et toi, tu as déjà ta petite idée, pas vrai ? répondit-il, amusé, mais méfiant.
Le milliardaire ne réagit pas immédiatement.
Il fit claquer ses doigts. Un geste, simple, précis, un ordre.
L'humanoïde agenouillée comprit instantanément. Elle se leva avec une fluidité plus qu'humaine, déposa le plateau sur une console, puis revint se tenir près de lui : sur la pointe des pieds, talons relevés, jambes écartées de la largeur des épaules, reins cambrés, mains entrelacées derrière la tête. Un protocole de disponibilité parfait.
Le patron de Novacrine industries se cala dans son fauteuil :
Il fit claquer ses doigts. Un geste, simple, précis, un ordre.
L'humanoïde agenouillée comprit instantanément. Elle se leva avec une fluidité plus qu'humaine, déposa le plateau sur une console, puis revint se tenir près de lui : sur la pointe des pieds, talons relevés, jambes écartées de la largeur des épaules, reins cambrés, mains entrelacées derrière la tête. Un protocole de disponibilité parfait.
Le patron de Novacrine industries se cala dans son fauteuil :
— Bon. Il va falloir que ta petite Elisa fasse deux ou trois télés pour la promo, non ?
Reese se redressa, déjà dans son rôle de stratège médiatique :
— C'est calé. Mardi chez Carson Blake — énorme audience, même hors dôme. Et mercredi sur Global Prime, influenceurs premium inclus.
Xandros l'interrompit d'un souffle agacé :
— Bien. Tu lui rappelleras l'intérêt de poursuivre dans cette voie. Elle est courageuse. Le public la dévore. Mais il faut que ce soit son choix. Qu'elle se sente maîtresse de son image. On ne veut pas d'un autre MeToo.
Reese leva à peine les yeux, haussa les épaules :
— Pour elle, ça devrait passer, dit-il. Elle aime qu'on parle d'elle. Mais je dis quoi aux chaînes ? Un discours forcé, ça se voit à dix kilomètres... Et puis, les régulateurs vont pas aimer.
Le milliardaire tapota doucement la table de marbre :
— Je vais passer quelques appels. Ils comprendront l'intérêt national de soutenir la liberté.
Le vieux renard d'Hollywood inspira, intrigué :
— D'accord... mais à part une tempête médiatique... je vois pas ce que tu veux déclencher.
Un sourire dangereux s'étira sur le visage du maître du dôme de Seattle :
— Justement, on va l'avoir. Tu te souviens de cette femme à New York... Celle qu'on appelle la Baronne ?
Un rire bref éclata du côté du producteur :
— Si je m'en souviens ! Éléonore Voss. Quarante ans, millionnaire excentrique, anarchiste revendiquée... Toujours entourée de ses jeunes hommes nus, ses “toutous” comme elle les appelle, moitié à quatre pattes rampant derrière elle...
— Exact, répondit Xandros. Une icône. Une provocatrice. Si elle soutient publiquement la liberté et l'autonomie de ta petite protégée... même face aux autorités les plus coincées de notre belle nation... Alors les moralisateurs passeront pour des réacs en panique. Et nous consoliderons le narratif.
— Exact, répondit Xandros. Une icône. Une provocatrice. Si elle soutient publiquement la liberté et l'autonomie de ta petite protégée... même face aux autorités les plus coincées de notre belle nation... Alors les moralisateurs passeront pour des réacs en panique. Et nous consoliderons le narratif.
Reese prit une seconde pour mesurer l'impact :
— Pas mal... vraiment pas mal. Mais tu crois pas que Brixton va flipper avec ton offensive ? Ses robots de compagnie lui rapportent des fortunes...
Xandros balaya l'argument d'un revers de main :
— Brixton a de quoi financer une diversification. Et puis, là aussi, j'ai mon plan.
Il approcha sa main du visage de l'humanoïde, juste pour vérifier sa réactivité. Elle suivit du regard, parfaitement calibrée. Comme il présenta deux doigts devant son visage, elle le laissa faire en ouvrant ses lèvres. Après quoi, il sentit sa bouche chaude se refermer sur lui et la fille entama quelques délicats va-et-vient, le regard légèrement baissé, d'une trop parfaite docilité.
Il se retourna légèrement vers sa femme qui observait la scène. Il savait les pensées qui la traversaient - humiliation, jalousie... et une fatigue profonde. Pourquoi suis-je encore ici ? Tous deux connaissaient la réponse : aucune échappatoire sous le dôme. Et hors du dôme... l'état de nature reprenait ses droits, impitoyable. Elle le savait, elle en venait.
Les doigts d'Alys se crispèrent sous la table, hors de vue. C'était devenu sa seule liberté : un geste invisible.
Xandros poursuivit :
Il se retourna légèrement vers sa femme qui observait la scène. Il savait les pensées qui la traversaient - humiliation, jalousie... et une fatigue profonde. Pourquoi suis-je encore ici ? Tous deux connaissaient la réponse : aucune échappatoire sous le dôme. Et hors du dôme... l'état de nature reprenait ses droits, impitoyable. Elle le savait, elle en venait.
Les doigts d'Alys se crispèrent sous la table, hors de vue. C'était devenu sa seule liberté : un geste invisible.
Xandros poursuivit :
— Et puis, on ne va pas lui faire de mauvaise publicité à ce vieux chacal. À partir de maintenant, on va montrer davantage nos robots, reprit-il. La fierté... ça se partage.
Un rire éclata, riche, vibrant, réverbéré par le verre et l'acier.
Le producteur sourit à son tour :
Le producteur sourit à son tour :
— Alors... on part en guerre ?
— Non, répondit calmement l'autre en se redressant. On lance l'offensive.
— Non, répondit calmement l'autre en se redressant. On lance l'offensive.
L'hologramme se dissipa.
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Commentaires ()
Dur a suivre au début, mais on comprend ce chapitre d'exposition des personnages et des prémisses de l'histoire.
J'attend la suite et son développement.
P.S. j'aime bien le jeu de mot de ton speudo ! :)