Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
J'aurais dû céder plus tôt. — Chapitre 1 · Des années de fanstasmes, pour dix minutes d'instinct.
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
J'aurais dû céder plus tôt.
Chapitre 1 · Des années de fanstasmes, pour dix minutes d'instinct.
J'ai toujours eu des envies homosexuelles. Particulièrement depuis la fin de mon adolescence.
C'est en moi, je me sens plus « femelle » que « mâle », malgré ma force, mon regard et ma présence. Sexuellement parlant, j'ai envie d'être soumis, conquis, de sentir des mains me plaquer contre une surface, me coucher, me maîtriser. Je veux qu'on me prenne, qu'on se serve de mon corps pour prendre du plaisir, pour se satisfaire d'être un homme, pour se vider de ses frustrations de la journée, de sa violence.
En résumé, on me traite de chienne sur une certaine appli' de plans cul. Quand j'y perds mon temps à hésiter.
Je me suis demandé pendant des années si j'allais sauter le pas, craquer, m'offrir et laisser faire un mâle, quoiqu'il veuille de mon corps. Je me suis touché en fantasmant, j'ai testé des godes, j'ai perdu le contrôle plusieurs fois, haletant comme une pute, à me laisser aller en ondulant du bassin sur ces pieux de silicone, jusqu'à en jouir sans les mains, abruti par le plaisir.
J'ai regretté de manquer de volonté, de me dégonfler avant d'aller plus loin avec des « actifs » potentiels... mais j'ai fini par m'abandonner à mes idées.
Début d'hiver, cliché, on se sent tous plus seuls, plus vulnérables.
C'était devenu beaucoup trop tentant pour moi cette année de mes 26 ans. J'ai retrouvé mon compte Grindr, celui avec une belle photo de ce que j'ai à offrir en évidence sur mon profil, et j'ai laissé « la demande » me solliciter.
On me dit beau mec, souvent, et ça n'a rien d'exagéré. Athlétique, un regard bleu intense, naturellement cambré, cul et cuisses galbés, blond, les cheveux longs, etc. j'avais de quoi me vendre, et j'ai eu l'embarras du choix.
En restant exigeant, le lendemain même, j'avais un plan de prévu. Je l'ai choisi pour sa taille, ses 22 centimètres de queue, et son envie de venir se servir de mon corps plusieurs fois par semaine, qu'il avait exprimée sans retenue. Sa façon de me parler me faisait bander, c'était incroyable de sentir mon corps désirer son sexe, rien qu'en lisant ses mots, rien qu'en me faisant l'image de ce que j'allais vivre.
J'appréhendais simplement de le ghoster par lâcheté, de revenir à la case départ, mais c'était impossible. Je n'explique toujours pas pourquoi, mais je sentais que je ne pouvais pas me le permettre, je me sentais déjà soumis, je me sentais à lui.
Il était censé se pointer vers midi, un dimanche. A quelques minutes du plan, j'étais dans un état second, je me sentais acculé. Je savais que je ne résisterais en rien. Il aurait pu se ramener avec deux, trois, quatre potes à lui, peu importe, j'aurais écarté les cuisses et relevé mon cul pour chacun d'entre eux.
Vu l'état d'excitation dans lequel j'étais, je les aurais probablement suppliés de me prendre deux fois chacun si ç'avait été le cas...
Je lui ai laissé la porte ouverte, il n'a pas eu à frapper. On a échangé deux-trois mots, moi tremblant d'anticipations. Il s'est déshabillé nonchalamment, je l'ai suivi dans son geste. Plus grand encore qu'en photo, un bon mètre quatre-vingt-cinq, musclé, maghrébin, son sexe tanguait entre ses cuisses. La queue que j'allais devoir sucer.
Je ne me suis même pas vu me mettre à genoux. J'étais tremblant, presque tétanisé. Tout s'est emboîté quand j'ai instinctivement commencé à lui embrasser les boules. Je me sentais comme sa pute, délivrant un genre de performance, c'était mon rôle de le faire bander. C'était évident pour moi que j'étais son inférieur, à genoux, mes lèvres sur son sexe maintenant ferme auquel je commençais à vouer un culte. Je l'ai pris en bouche franchement, ma façon de lui faire comprendre que je lui étais dévoué à cent pour cent. Je m'appliquais à passer ma langue le long de sa hampe, concentré, à peine attentif à sa main derrière ma tête, prête à me retenir si jamais mon enthousiasme se dissipait. Aucun risque.
Je salivais abondamment, à peine capable de la prendre en entier. C'était comme si tout s'emboîtait chez moi. Je savais où était ma place.
Et j'ai eu envie de lui en moi.
C'était incroyable à ressentir. Je me suis positionné d'instinct : cuisses naturellement écartées, mon cul relevé au maximum, inspiré des clips porno' que j'avais souvent en tête. Des pulsations électrisaient mon sexe... tremblant d'anticipation, à sentir mon corps s'ouvrir, accepter ce qui allait suivre, je me suis offert à lui en levrette sans un mot. Comme une chienne, le ventre et le visage chauds, ça m'a rendu heureux. Satisfait.
Au départ, je n'ai pas saisi. Son gland était moins perceptible que ce que j'avais imaginé. Quand j'ai senti le glissement en moi, son sexe buter au fond de mon corps, c'est là que j'ai compris que j'avais passé le point de non-retour, avec un râle de surprise. Un mec venait de faire de moi une femelle. Je me suis senti me relâcher, et me tendre de nouveau, j'ai soupiré de plaisir, de « révolte » également : mon corps d'homme luttait malgré lui contre ce nouveau rôle qu'on lui attribuait quasiment de force, et échouait à contenir son plaisir.
Ma propre queue était chaude, je n'ai même pas réalisé sur le moment que je me masturbais déjà. Mon mâle était lent, précis, il me labourait avec pas mal de souplesse, appliqué à me faire ressentir chaque coulissement de son sexe au fond de moi. Il me plaquait contre le tissu de mon canapé à chaque coup de reins. Il était parvenu à m'éteindre, je me laissais aller complètement, dominé à cent pour cent, je craignais presque sa queue en moi, la prochaine estocade, sans résistance pourtant, je ne m'étais jamais senti aussi vulnérable. Je sentais son plaisir, attentif à son souffle et ses grognements lourds.
Et puis un moment d'arrêt, un soupir étouffé, explicite. Une pause évocatrice. J'ai mis un temps à comprendre. Il était en train de jouir en moi. Je n'aurais jamais eu la force d'exiger une capote. Je ne sentais pas son foutre, ça m'a laissé frustré, presque désespéré. C'est instinctivement que j'ai commencé un va-et-vient, mes deux mains cherchaient son corps à tâtons. Ses mains à lui m'enserraient le dos, il prenait son temps. Je sentais que mon corps prendrait tout son foutre, qu'il ne me lâcherait pas tant qu'il pouvait encore me remplir ne serait-ce qu'un peu plus. Vainqueur de mon corps, il me caressait le cul d'une main.
C'est une fois son membre retiré que j'ai recommencé à me toucher, d'instinct encore, un sourire de satisfaction aux lèvres, complètement indifférent à la présence de mon mâle qui lui se régalait du spectacle. J'avais chaud, mon dos se raidissait, mon corps entier encore en position de soumission. J'ai joui en quelques dizaines de secondes, en lâchant un gémissement que je n'avais jamais poussé auparavant, dominé par l'orgasme et les contractions de mes muscles, de mon sexe ; ma peau brûlait de plaisir, mon foutre chaud avait quelque chose d'obscène sur le moment.
Un liquide similaire commençait à couler le long de mes cuisses, achevant de me rendre malade d'excitation.
Ce sont ces sensations qui m'ont ouvert les yeux, qui ont balayé mes doutes. J'avais les preuves que je cherchais depuis tout ce temps : j'étais capable de faire jouir un mec, j'étais de ceux qui y prennent un plaisir monstre, j'aurais été à même d'en satisfaire un autre immédiatement, et un autre encore, j'aurais été la chienne de meute d'une dizaine d'hommes si j'en avais eu la chance.
Et au-delà de ça, l'expérience m'avait laissé avide de recommencer, quand je pensais au contraire qu'elle me laisserait satisfait, et indifférent à l'idée de la retenter.
Les choses ne sont plus les mêmes depuis. Je sais maintenant qu'un mec n'aurait qu'à insister avec envie, me montrer qu'il me veut, voire me forcer un peu, et il ne lui faudrait pas longtemps avant d'avoir ses mains sur mon corps, et sa queue en moi. Presque contraint de le satisfaire, de le prendre lui et aussi ceux qui attendraient leur tour un ou deux pas derrière nous, si ça devait arriver. Je sais que je ne pourrais rien refuser.
Je me savais pute, mais peut-être pas à ce point.
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