Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le vert de ses yeux — Chapitre 1 · Quand le regard d’un inconnu brûle tout sur son passage…
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteure
Le vert de ses yeux
Chapitre 1 · Quand le regard d’un inconnu brûle tout sur son passage…
Me voilà partie, les mains dans les poches, capuche sur la tête par les petits chemins boueux...
Les rues du petit village sont vides et silencieuses. Seul le murmure de la pluie fine résonne à mes oreilles et susurre à mon oreille des frissons de désir. Chaque goutte de cette pluie douce glisse jusqu'à moi, effleurant mes pensées. Je lève la tête, le ciel est haut, de doux rayons de soleil tentent de transpercer la grisaille. L'arc-en-ciel n'est pas loin.
Les rues du petit village sont vides et silencieuses. Seul le murmure de la pluie fine résonne à mes oreilles et susurre à mon oreille des frissons de désir. Chaque goutte de cette pluie douce glisse jusqu'à moi, effleurant mes pensées. Je lève la tête, le ciel est haut, de doux rayons de soleil tentent de transpercer la grisaille. L'arc-en-ciel n'est pas loin.
Pourquoi ?
Parce que je repense à hier.
Alors que j'étais affairée dans le jardinet devant la maisonnette, à genoux dans la terre, grattant, ramassant, arrachant, arrosant, j'ai perçu le souffle saccadé d'un joggeur approcher. Il allait à un bon rythme, j'entendais la foulée souple sur le bitume bouillant. Je me redressais à son approche, truelle à la main, toute terreuse dans ma petite robe légère plutôt ajustée. Il tourne la tête vers moi en passant et manque de se prendre un poteau en pleine figure et ça me fait rire. Il s'arrête et me regarde d'un air amusé, il s'approche du portail et saisit les barreaux de celui-ci de ses grandes et fines mains. Il est grand, plutôt bien bâti, l'allure est sportive, la petite cinquantaine, plutôt très beau, le visage doux, des yeux moqueurs et rieurs tirant sur le vert, les cheveux courts légèrement poivre et sel.
Parce que je repense à hier.
Alors que j'étais affairée dans le jardinet devant la maisonnette, à genoux dans la terre, grattant, ramassant, arrachant, arrosant, j'ai perçu le souffle saccadé d'un joggeur approcher. Il allait à un bon rythme, j'entendais la foulée souple sur le bitume bouillant. Je me redressais à son approche, truelle à la main, toute terreuse dans ma petite robe légère plutôt ajustée. Il tourne la tête vers moi en passant et manque de se prendre un poteau en pleine figure et ça me fait rire. Il s'arrête et me regarde d'un air amusé, il s'approche du portail et saisit les barreaux de celui-ci de ses grandes et fines mains. Il est grand, plutôt bien bâti, l'allure est sportive, la petite cinquantaine, plutôt très beau, le visage doux, des yeux moqueurs et rieurs tirant sur le vert, les cheveux courts légèrement poivre et sel.
— Salut, t'es nouvelle dans le coin ?
— Oui, enfin non... Quelques jours de congés...
— Oui, enfin non... Quelques jours de congés...
Il me trouble, ma bouche est très sèche tout à coup. Je parviens difficilement à soutenir son regard qui me déshabille tranquillement sans le cacher. Mais étrangement, cela ne me dérange pas, et je sens même une chaleur intense saisir mes entrailles et le rose monter à mes joues. J'ai soif, je me penche pour attraper ma gourde d'eau au sol, et je sens le tissu de ma robe remonter sur le haut de mes cuisses et le décolleté qui s'entrouvre. Je me redresse, et bois une grande rasade d'eau, à genoux, pleine de terre, sous ses yeux éblouis par le soleil. Je bois, avide, quelques gouttes d'eau s'échappent, glissent le long de mon menton, dans mon cou, et je ferme les yeux en sentant la braise s'apaiser en moi.
— Tu m'en donnes ?
Je le regarde, interloquée.
— De l'eau. Tu m'en donnes s'il te plaît ? J'ai oublié la mienne et je suis déshydraté.
Je me lève et m'approche du portail, je lui tends ma gourde en souriant, en espérant qu'il ne lise pas dans mes pensées. Il la saisit en me rendant mon sourire, mais avec une intensité dans le regard, qui me fait presque perdre pied...
Il le sait, il le voit, il boit tout en ne me quittant pas des yeux, il me rend ma gourde avec un sourire en coin des plus coquins et en me déshabillant du regard sans aucune gêne.
Il le sait, il le voit, il boit tout en ne me quittant pas des yeux, il me rend ma gourde avec un sourire en coin des plus coquins et en me déshabillant du regard sans aucune gêne.
— Je m'appelle Raphaël, et toi ?
— Marion.
— Merci Marion ! Si tu veux aller te balader dans la campagne environnante, je te conseille d'emprunter ce petit chemin là-bas entre les maisons, il y a un lac plus loin, c'est très agréable, surtout quand il fait chaud comme aujourd'hui, tu y trouveras un peu de fraîcheur. J'aime bien aller courir là-bas.
— Marion.
— Merci Marion ! Si tu veux aller te balader dans la campagne environnante, je te conseille d'emprunter ce petit chemin là-bas entre les maisons, il y a un lac plus loin, c'est très agréable, surtout quand il fait chaud comme aujourd'hui, tu y trouveras un peu de fraîcheur. J'aime bien aller courir là-bas.
Sa bouche était charnue et rouge, sa voix douce et agréable malgré un petit ton légèrement autoritaire qui me mettait en émoi.
C'était une invitation, non ? Presque une convocation même... Ce mec débarque, et me gère comme si j'étais à sa disposition, il est timbré ! Et moi encore plus de trouver ça terriblement sensuel et érotique, non ?
C'était une invitation, non ? Presque une convocation même... Ce mec débarque, et me gère comme si j'étais à sa disposition, il est timbré ! Et moi encore plus de trouver ça terriblement sensuel et érotique, non ?
Il me tend la main, et nous nous saluons très conventionnellement, il dit que peut-être nous nous croiserons de nouveau...
Sa poignée de main était ferme, mais très douce, presque tendre, j'étais électrisée... Une nuée de papillons est venue danser au-dessus du feu qui se consumait déjà en moi...
Il lâche ma main, ses doigts caressent subrepticement les miens, il les retient presque, et me lance un "bonne soirée" dans un souffle qui ne masque aucune de ses intentions animales à mon égard.
Il se retourne, et s'en va en petites foulées, j'en profite pour le détailler. Sa nuque très très sexy doit être tellement agréable à mordiller (oui, c'est la partie du corps d'un homme qui peut me faire vriller, mais bon, je ne suis pas certaine qu'un " t'as une belle nuque, tu sais" soit terriblement accrocheur...). Ses épaules sont amples, son dos musclé et un fessier de ouf, des cuisses longues et puissantes. Il doit être basketteur.
Sa poignée de main était ferme, mais très douce, presque tendre, j'étais électrisée... Une nuée de papillons est venue danser au-dessus du feu qui se consumait déjà en moi...
Il lâche ma main, ses doigts caressent subrepticement les miens, il les retient presque, et me lance un "bonne soirée" dans un souffle qui ne masque aucune de ses intentions animales à mon égard.
Il se retourne, et s'en va en petites foulées, j'en profite pour le détailler. Sa nuque très très sexy doit être tellement agréable à mordiller (oui, c'est la partie du corps d'un homme qui peut me faire vriller, mais bon, je ne suis pas certaine qu'un " t'as une belle nuque, tu sais" soit terriblement accrocheur...). Ses épaules sont amples, son dos musclé et un fessier de ouf, des cuisses longues et puissantes. Il doit être basketteur.
Et donc le voilà parti, et je reste là, pantelante devant mon portail, toute sale, toute mouillée, bouillonnante, et débraillée.
Et depuis hier, cette rencontre ne me quitte plus. Et aujourd'hui, sous la pluie, je sautille presque parmi les maisons, jusqu'à ce petit chemin de terre, très verdoyant, parsemé de fleurs sauvages, mon cœur est transporté et mon cul chaloupant, vu le temps, je suis persuadée de ne croiser personne et surtout pas lui, et je chantonne, je saute même dans quelques flaques éclaboussant mes jambes nues, les constellant d'eau boueuse, mais je m'en fiche, aujourd'hui, j'ai 16 ans dans ma tête, je suis bien.
Et depuis hier, cette rencontre ne me quitte plus. Et aujourd'hui, sous la pluie, je sautille presque parmi les maisons, jusqu'à ce petit chemin de terre, très verdoyant, parsemé de fleurs sauvages, mon cœur est transporté et mon cul chaloupant, vu le temps, je suis persuadée de ne croiser personne et surtout pas lui, et je chantonne, je saute même dans quelques flaques éclaboussant mes jambes nues, les constellant d'eau boueuse, mais je m'en fiche, aujourd'hui, j'ai 16 ans dans ma tête, je suis bien.
Ça sent le bois mouillé, l'herbe fraîche, la terre gorgée d'eau, et je suis enveloppée d'une langueur qui me caresse des pieds à la tête, je m'adosse à un arbre pour décharger ce flux incessant à un autre être vivant lorsque j'entends quelqu'un arriver à ma rencontre sur le chemin. Je ne veux pas être vue dans cet état par qui que ce soit, je me suis déjà vue dans cet état-là et je sais que ça va m'être compliqué de dissimuler mon trouble nymphomane, qui m'a parfois entraînée dans des situations inextricables et folles, mais qui m'ont toutes permis de vivre des expériences insensées et m'ont laissé des souvenirs et des sensations très troublants.
Je reste là, silencieuse, je retiens mon souffle, mon cœur bat la chamade, je me colle dos à l'arbre en priant pour ne pas être vue, les pas approchent, je ferme les yeux...
— Tiens tiens... Qu'est-ce que tu fais là toi ?
C'est LUI... Je ne veux pas croiser son regard, je me retourne dos à lui, face à un lac immense surplombé d'un arc-en-ciel féerique. Il ne pleut plus, et abasourdie par tant de beauté, je retire ma capuche et je réponds :
— J'admire le paysage. Regarde...
J'entends ses pas se rapprocher de moi... Il s'arrête à quelques centimètres de moi... Je peux sentir la chaleur de son corps... Je penche la tête sur le côté et l'appuie à l'arbre...
— Oh, comme c'est beau ! me dit Raphaël.
Et là, je sens un baiser chaud et humide à la naissance de mon cou... Juste un... tellement doux que je fonds littéralement... Ma tête bascule sur son épaule, il se rapproche encore de moi, je peux m'appuyer sur lui, ses bras encerclent ma taille très tendrement et il me souffle à l'oreille qu'il n'a jamais assisté à un tel spectacle. Je manque de m'étrangler lorsque je sens son sexe contre mes fesses...
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Commentaires ()
Tu as parfaitement résumé ce que j’ai cherché à faire : ne pas y toucher tout en y touchant… laisser le désir s’installer dans les interstices, là où l’imagination fait parfois bien mieux le travail que les mots. 😉
Merci pour ce très beau retour et pour ta lecture. Bisous de celle qui l’a à l’air 😘
Merci... ❤️ Comme quoi, la délicatesse n’est pas toujours très sage… Il suffit parfois d’un regard qui s’attarde, d’une main qui traîne un peu et hop… la température monte toute seule. 😉 Merci pour ta lecture et ce joli retour !
Pour votre premier diptyque, vous avez réussi quelque chose de délicat et d'assez rare construire une sensualité latente, douce-amère, si profondément féminine dans sa texture qu'elle fait presque oublier la noirceur de certains personnages. C'est un équilibre difficile à tenir et vous le tenez, au moins pour une bonne partie du chemin.
On sent que vous avez travaillé vos plans narratifs avec soin, que les deux premiers chapitres ont été pensés, construits, habités. Juste une petite chose et je le dis avec toute la douceur du monde la deuxième partie s'emballe un peu, comme si le souffle s'était précipité là où il aurait gagné à rester posé. Ce n'est rien qu'un peu de patience ne puisse corriger.
Ce que j'attendrais pour la suite, si vous me permettez de le dire gentiment : allez plus loin dans les personnages, dans le corporel, dans cette richesse sensorielle que vous effleurez déjà avec beaucoup de grâce. Il y a là quelque chose de beau qui mérite d'être creusé.
Une seule petite déception et vraiment petite votre dominant manque encore un peu de carrure. Il ressemble davantage à un prédateur qu'à un dominant véritable, et la nuance est immense. Un dominant qui s'assume, ça se construit, ça se pose, ça n'a pas besoin de brusquer pour exister. J'espère qu'il grandira avec l'histoire.
Mais voilà mon verdict et il est sincère et chaleureux : ces deux premiers chapitres méritent les plus belles chiques. Continuez sur ce chemin, enfoncez vous dans les recoins les plus obscurs de nos sexualités avec cette même plume délicate que vous avez.
Je pense que je risque plus d'une fois de fantasmer sur la suite.
Tu as mis des mots très justes sur plusieurs choses que je cherchais à construire, parfois même sans en avoir totalement conscience.
Savoir que ces premiers chapitres ont pu éveiller quelque chose chez toi me touche sincèrement.
Merci d’avoir plongé dans ces eaux-là avec autant de finesse.
Et je t’avoue que savoir que l’histoire t’a donné envie de fantasmer sur la suite est probablement l’un des plus beaux compliments qu’on puisse faire à ce récit.
Même si je sais que tu n'es pas là seule, ça fait toujours plaisir de le lire 😉😘
Cette fraicheur d’écriture pleine de sensibilité ,
une phrase me fait particulièrement craquer :
....Je suis enveloppée d’une langueur qui me caresse des pieds à la tête , je m’adosse à un arbre pour décharger ce flux incessant à un autre être vivant ....
C’est très beau .
Et puis tous ces ressentis , déjá magnifiés par l’intuition d’une belle aventure , qui ne peuvent être écrits que par quelqu’un qui les a déjà vêcus .
On est beaucoup je pense à avoir vêcu ça , mais encore faut il pouvoir en parler d’aussi belle façon que tu le fais l’Episto 😍
Il y a la joie naturelle , de la part de l’héroïne , à vouloir vivre une aventure qui s’inscrit parfaitement avec le cadre des petits chemins, bois , lacs , ciels et arc en ciel...
Mais pour tout dire, ce tempérament d’amoureuse , si mignonne si sensible si fofolle
Semble bien cacher un côté beaucoup bouillonnant , volcanique .
Cette adorable mignonette pourrait facilement devenir une arme de destruction massive , comme dans la chanson de G.Brassens : une jolie fleur dans une peau d’vache une jolie vache déguisée en fleur....😃
Bravo à l’auteure et merci pour ce très beau récit😋
Tes mots donnent envie de continuer à semer des petits chemins… pour voir jusqu’où tu accepterais de te perdre 😋
Tu as perçu la douceur… et le feu dessous. C’est troublant, et assez délicieux, je dois l’avouer 😘
Connaissant désormais la suite, vous savez que vous avez vu juste. Quel oeil ascéré !
J’ai adoré à la fois le style et la fraîcheur avec laquelle tu t’exprimes.
J’aime beaucoup la façon dont tu te dévoiles, par petites bribes de ta réalité.
C’est clair que cette histoire aurait pu et même du faire partie de l’expérience « Cultivons xStory » !
Bravo @"L’épisto à l’air" !
J’imagine que ce n’est pas un coup d’essai ?
J’ai bien noté pour le concours, peut-être une prochaine fois. J’essaierais d’être plus audacieuse.
Ravie que mon style et mes quelques bribes t’aient parlé. A très bientôt sous l'arc en ciel ;)