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✦ tounet777 Le trou noir XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le trou noir — Chapitre 1

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Le trou noir

Chapitre 1

Je m'appelle Nicolas Tournier, j'ai vingt-huit ans, et je vis ma vie comme un marathon sans fin. Mes cheveux roux virent au châtain ces derniers temps – le stress, ou simplement le temps qui passe. Du haut de mon mètre quatre-vingt, je suis plutôt athlétique ; je cours tous les matins avant l'ouverture du restaurant pour garder la forme et évacuer les tensions. Je dirige "Le Coin Gourmand", un petit resto sympa en centre-ville où nous servons des plats simples mais faits maison, avec une touche personnelle qui fait revenir les clients. C'est mon bébé, ce resto, que j'ai monté de zéro il y a cinq ans après avoir bossé comme serveur dans des endroits plus grands. C'est dur, mais c'est à moi.
Je suis gay et je l'assume pleinement. Pas de honte, pas de cachotteries. Mais depuis quelques mois, je suis célibataire, et j'en ai marre des coups d'un soir et des applis qui ne mènent nulle part. Je cherche de la stabilité, un partenaire avec qui partager les hauts et les bas, quelqu'un qui comprendrait les horaires fous d'un restaurateur. Ma famille ? Zéro. Pas de parents, pas de frères ou sœurs. J'ai grandi en foyer, ce qui m'a rendu indépendant, mais la solitude pèse parfois comme un sac de plomb. J'ai quelques connaissances qu'on voit de temps en temps pour un verre ou un match de foot à la télé, mais aucun grand confident à appeler à trois heures du matin. C'est comme ça, je fais avec.
Ce samedi soir, le restaurant est complet et l'ambiance électrique : les rires fusent, les verres tintent, l'odeur des plats chauds embaume l'air. J'adore ces moments où tout roule. Je suis en salle pour superviser, sourire aux clients fidèles et ajuster les commandes, épaulé par une équipe jeune et dynamique. Mais vers vingt-deux heures, Sophie, l'une de mes serveuses, vient me chercher en cuisine, le visage rouge et tendu : un groupe de cinq mecs costauds, bourrés et tatoués à la table douze, sème le désordre, insulte les clients voisins et a mis la main aux fesses de Laura.
Mon cœur se serre. Je déteste ces situations. Je pose mon torchon, ajuste ma chemise et m'approche de la table avec calme et fermeté pour leur demander de baisser d'un ton par respect pour les autres. L'un d'eux, un grand brun aux yeux ténébreux et à la barbe bien taillée, me regarde de travers en réclamant le droit de s'amuser un samedi soir. Je garde mon sourire professionnel malgré la tension, mais dix minutes plus tard, Sophie revient m'alerter qu'ils ont renversé un verre sur la table voisine.
Cette fois, je perds patience et les somme de partir ou d'appeler la gendarmerie. Le brun se lève en chancelant, provocateur, soutenu par ses potes hilares. L'alcool les rend imprévisibles, et la peur se mêle à la frustration dans mon estomac. Je dois protéger mon resto, mon équipe et mes clients. Finalement, après avoir craché par terre et qualifié l'endroit de trou à rats, il balaie la table d'un revers de main en partant : verres et assiettes volent en éclats dans un vacarme assourdissant. Je les escorte dehors en silence, le cœur battant, tandis qu'ils continuent de hurler des insultes et renversent une poubelle.
Je reste sur le seuil bras croisés jusqu'à leur départ. Le calme revient, je souffle et le reste de la soirée se déroule bien avec des clients compréhensifs et des pourboires généreux. Vers minuit, je ferme la caisse, compte les recettes, verrouille la porte et éteins les lumières. La rue est déserte et l'air frais me fait du bien. J'habite juste à côté, dans la rue d'après, au dernier étage d'un petit immeuble sympa avec un duplex et une grande terrasse sur le toit où je passe mes soirées d'été. C'est mon havre de paix décoré de meubles modernes et de plantes. Je traverse la rue clés en main, pensant à ma douche chaude.
C'est alors que le drame se produit. Un rugissement de moteur, des phares surgissant de nulle part, et je n'ai pas le temps de réagir. La voiture me percute de plein fouet. Une douleur fulgurante explose dans mes jambes et ma tête. Je vole, je tombe, l'asphalte dur frappe mon crâne, et tout s'efface dans un silence absolu. C'est un délit de fuite.
À mon réveil, c'est la confusion totale dans une chambre blanche aux bips incessants et à l'odeur d'antiseptique. Ma tête pèse une tonne, mes jambes sont engourdies. Le docteur Lefèvre, un médecin d'une cinquantaine d'années aux lunettes graves, m'apprend que je suis à l'hôpital depuis deux semaines, plongé dans le coma à cause d'un traumatisme crânien sévère suite à un délit de fuite. Mon cœur s'emballe face à ce trou de mémoire.
Les jours s'étirent interminablement, mais ma première hantise est mon établissement. Madame Vallet, l'assistante sociale petite et ronde aux lunettes rondes, vient me rassurer avec son dossier épais : grâce au fonds de garantie et à la solidarité admirable de mon équipe, "Le Coin Gourmand" tourne en mon absence. En revanche, le retour chez moi s'annonce sportif à cause des escaliers internes de mon duplex, malgré l'ascenseur. Elle m'organise une aide à domicile et un suivi physique intensif avec un kiné libéral venant six jours sur sept.
Le lundi matin, je rentre enfin chez moi. L'appartement vide est d'un silence pesant. Je m'installe sur le canapé avec ma jambe en attelle, et à neuf heures pile, on sonne. Je déverrouille à distance et la porte s'ouvre sur Allan Lejeune. Il est immense (un mètre quatre-vingt-sept), avec des cheveux bruns ondulés sur le dessus, rasés sur les côtés, une barbe taillée sur une mâchoire carrée, et un regard marron foncé d'une intensité perçante. À trente et un ans et kiné depuis sept ans, il dégage une force physique et une assurance calme incroyables sous son t-shirt noir moulant. Il est drôlement sexy.
Après un échange bref et pro, il s'installe tout près de moi pour examiner ma jambe d'une voix profonde et rocailleuse, dégageant une odeur fraîche et boisée. Il m'annonce qu'il doit palper la fracture du fémur et masser les tissus pour l'œdème, prévenant que ce sera très douloureux. Quand il pose ses mains larges, chaudes et fermes sur ma cuisse, la douleur explose comme une lame rougie dans l'os. Je serre les dents, et alors qu'il remonte vers mon adducteur, une chaleur inattendue et humiliante se propage dans mon bassin. Une érection se forme sous mon short de sport. Je ne dis rien par peur de passer pour un lourd et de gâcher ma rééducation, tandis qu'il reste parfaitement professionnel en proposant une longue séance.
Au fil des semaines et des six séances hebdomadaires, la glace se rompt. Un mercredi, alors qu'il me soutient debout, nous discutons de nos passions et de notre tempérament de fonceur – lui pour le trail et la montagne, moi pour mon restaurant. Son sourire m'achève, et je garde mes sentiments pour moi. Un samedi, après une épreuve de vingt minutes dans les marches de mon escalier intérieur, je m'effondre en sueur et il m'essuie doucement le front avec une serviette, son visage à quelques centimètres du mien, avant de me fixer un rendez-vous pour le lundi.
Le dimanche est une épreuve de solitude, jusqu'à ce que l'interphone sonne à treize heures. C'est Allan, qui passait dans le quartier et débarque en civil — jean brut et pull marine — les bras chargés de lasagnes de traiteur italien et d'une bouteille de vin. Nous partageons le repas sur la terrasse ensoleillée, découvrant des passions communes comme la photographie argentique et nos solitudes partagées. La tension électrique entre nous est palpable.
La nuit suivante, les cauchemars de l'accident me reviennent en plein fouet, me réveillant en hurlant et en nage. Le lundi matin, Allan remarque mes cernes et pose une main ferme et réconfortante sur mon épaule, un contact protecteur qui me bouleverse. Il m'impose de changer d'air pour notre première sortie.
Soutenu par son flanc protecteur sur le trottoir hostile, je marche en fixant son regard intense pour chasser la peur des voitures. Chaque frôlement de sa main dans mon dos me procure un mélange de terreur et de désir brûlant. De retour dans l'ascenseur, sa proximité et la pulsation de son cou me font réaliser que ce lien dépasse de loin la simple kinésithérapie, et cela m'effraie autant que l'accident.
Fin du chapitre 1.
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Chapitre 2
Nicolas Tournier, patron de restaurant, se noie dans ses cauchemars depuis l'accident. Chaque nuit, les phares de la voiture reviennent le hanter. Allan, son kinésithérapeute, est le seul à tenir la distance — professionnellement d'abord, puis avec une chaleur qui dépasse largement le cadre du soin. Entre la piscine municipale et les murs du duplex, une tension s'installe, dense et inévitable. Jusqu'où Allan est-il prêt à aller pour aider son patient à tenir debout ?
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