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Couverture de Sous l’uniforme, par tounet777
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Sous l’uniforme — Chapitre 1 · La surprise

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Sous l’uniforme

Chapitre 1 · La surprise

J’ai envie de me faire baiser.
Pas demain. Pas la semaine prochaine. Ce soir. Maintenant.
Je scrolle sur Grindr, allongé sur le lit de l’hôtel, encore habillé de mon jean et de mon t-shirt, les cheveux encore un peu humides de la douche. La chambre sent le propre et le neuf. Dehors, la ville est déjà endormie. Moi, non. Mon corps est tendu depuis des semaines. L’école, les examens, la prise de fonction demain matin… tout ça tourne dans ma tête. J’ai besoin d’autre chose. Besoin qu’on me prenne, qu’on m’ouvre, qu’on me remplisse. J’ai la bite déjà à moitié dure rien qu’à y penser. J’ai envie qu’on me baise la bouche, qu’on me force les lèvres, qu’on me prenne le cul jusqu’à ce que je n’arrive plus à réfléchir.
Je fais défiler les profils. Trop de torses flous, trop de « discrétion » écrit en majuscules, trop de gens trop loin. Puis un profil apparaît. « L. ». Aucune photo de visage. Juste un corps. Grand. Large d’épaules. Poitrine musclée, ventre plat, un trait de poils qui descend sous le nombril. Un bras tendu, veines visibles. La bio est vide. Juste l’âge : 32. Distance : 1,2 km.
Je clique. J’envoie un message simple.
— Dispo ?
La réponse tombe en moins d’une minute.
— Oui. Toi ?
— Hôtel. Chambre 214. Maintenant.
— J’arrive.
Pas de prénom. Pas de photo supplémentaire. Pas de questions. Exactement ce que je veux.
Je me lève, je range les vêtements qui traînent, j’éteins la lumière du plafond et je n’en laisse qu’une seule allumée, celle du chevet. Je me regarde dans le miroir de la salle de bain. Vingt-quatre ans. Visage encore un peu jeune, mâchoire nette, lèvres pleines. Corps de taille moyenne, bien dessiné sans être massif. Je suis beau, je le sais. Ce soir, ça m’arrange. Ma bite appuie déjà contre le tissu de mon jean. J’ai trop chaud. Trop envie.
Dix minutes plus tard, on frappe. Deux coups secs.
J’ouvre.
Il est encore plus grand que sur la photo. Au moins 1m90. Épaules larges sous un simple t-shirt noir. Jean sombre. Cheveux courts, un peu en bataille. Une barbe de quelques jours, bien entretenue, dessine nettement sa mâchoire. Il a le regard froid, direct, sans sourire. Il me toise une seconde, puis entre sans un mot. Je ferme la porte derrière lui. Le verrou claque.
On ne se parle presque pas.
Il m’attrape par la nuque et m’embrasse. Sa bouche est chaude, exigeante. Sa langue s’enfonce dans la mienne sans demander la permission. Sa barbe râpe légèrement contre ma peau. Sa main glisse dans mon dos, descend, s’agrippe à mon cul à travers le jean et me plaque contre lui. Je sens déjà sa bite dure contre mon ventre. Grande. Lourde. Épaisse. Je gémis dans sa bouche, j’ouvre les jambes un peu, je frotte mon bassin contre le sien. J’ai envie qu’il me baise tout de suite.
Il me pousse vers le lit. Mes genoux cognent le bord du matelas. Il me fait basculer en arrière. Je tombe sur le dos. Il se penche au-dessus de moi, enlève son t-shirt d’un seul geste. Son torse est exactement comme sur la photo : large, musclé, un peu de poils sur le sternum, les abdominaux bien dessinés. Il a une cicatrice fine sur le bas-ventre, ancienne. Je n’ai pas le temps de la regarder plus longtemps.
Il ouvre mon jean, le tire avec mon boxer d’un coup. Ma bite sort, déjà dure, rouge à la pointe, le gland luisant de pré-sperme. Il l’attrape, la serre, me caresse une seule fois du pouce. Puis il se redresse, ouvre son propre jean et sort sa bite.
Elle est plus grosse que ce que j’avais imaginé. Longue, épaisse, le gland large et déjà humide. Entièrement lisse. Pas un poil. Ses couilles aussi sont parfaitement rasées, lourdes, bien dessinées, la peau tendue. Il s’avance, se place juste devant mon visage, une main dans mes cheveux.
— Ouvre.
J’ouvre la bouche. Il n’attend pas. Il pousse sa bite entre mes lèvres d’un seul mouvement. Le gland glisse sur ma langue, salé, chaud. Il s’enfonce plus loin. Je sens ma gorge se contracter. Il ne s’arrête pas. Il baise ma bouche. Des coups de reins lents d’abord, puis plus profonds. Sa bite frappe le fond de ma gorge. Je bave, je tousse un peu, mes yeux s’humidifient. Il tient ma tête des deux mains et continue. Ses couilles lisses cognent contre mon menton à chaque poussée. Je sens chaque veine sur ma langue. J’ai la mâchoire qui tire, la salive qui coule le long de mon menton, et ma propre bite qui pulse entre mes jambes, complètement négligée.
Il sort un instant, laisse mon souffle revenir, puis s’enfonce à nouveau jusqu’à la garde. Je le prends. J’ai envie de le prendre. J’ai envie qu’il me baise la bouche avant de me prendre le cul.
Quand il retire enfin sa bite, elle brille de salive. Un filet relie encore mon menton à son gland. Il me regarde une seconde, le regard toujours froid, puis me retourne sans un mot. À genoux, le visage dans l’oreiller, le cul en l’air. Je sens ses mains écarter mes fesses. Son souffle chaud contre mon trou.
— T’es bien ouvert ? demande-t-il d’une voix basse, rauque.
— Oui… j’ai joué tout à l’heure.
C’est un mensonge. Je n’ai rien fait. Mais j’ai envie qu’il me prenne comme ça, sans trop de préliminaires.
Il crache sur mon trou. Le liquide chaud glisse. Puis un doigt s’enfonce. Large. Il le fait tourner, l’enfonce jusqu’à la base, en sort, en remet deux. Ça brûle un peu. Je gémis dans l’oreiller. Il n’attend pas. Trois doigts. Il les écarte, me travaille, me force à m’ouvrir. Je me cambre. Ma bite frotte contre le drap, déjà mouillée de pré-sperme. Ses doigts frottent ma prostate. Je jouis presque rien qu’avec ça.
Il retire ses doigts. J’entends le froissement d’un emballage. Le claquement du latex. Il enfile une capote. Puis le poids de son corps derrière moi. La tête de sa bite appuie contre mon trou. Elle est épaisse. Plus épaisse que ce que j’avais imaginé.
Il pousse.
Lentement d’abord. Le gland force l’entrée. Je retiens mon souffle. Ça brûle. Il continue. Centimètre par centimètre. Je sens chaque veine, chaque mouvement, même à travers le latex. Quand il est à moitié, il s’arrête une seconde, puis il s’enfonce d’un coup jusqu’au bout. Son bassin claque contre mon cul. Je crie dans l’oreiller. Il est profond. Trop profond. Ma prostate est compressée, mon ventre se contracte. Ses couilles lisses sont plaquées contre les miennes.
Il ne bouge pas tout de suite. Il reste planté en moi, les mains agrippées à mes hanches, respirant fort.
— Putain… t’es serré.
Puis il commence à baiser.
Pas doucement. Des coups longs, puissants, qui me font avancer sur le lit à chaque fois. Le matelas grince. Mes mains s’agrippent aux draps. Chaque fois qu’il rentre, ça me coupe le souffle. Chaque fois qu’il sort presque entièrement, je sens mon trou se refermer autour de lui avant qu’il ne me force à nouveau. Il accélère. Le bruit de peau contre peau résonne dans la chambre. Ses couilles lisses cognent contre les miennes, lourdes, chaudes. Je bave sur l’oreiller. Ma bite bat entre mes jambes, rigide, négligée, le gland qui frotte le drap à chaque secousse.
Il se penche, plaque son torse contre mon dos. Sa barbe râpe contre mon épaule. Une main vient me saisir la gorge, pas pour m’étrangler, juste pour me tenir. L’autre main glisse sous mon ventre et attrape ma bite. Il me branle au même rythme que ses coups de reins. Trop fort. Trop juste.
— Je vais jouir… je souffle.
— Pas encore.
Il ralentit, sort presque entièrement, puis s’enfonce d’un seul mouvement lent et profond. Je gémis. Il recommence. Lent. Profond. Puis plus vite. Plus dur. Il me retourne d’un coup. Sur le dos maintenant. Il écarte mes jambes, les plie, les pousse vers mon torse. Il s’enfonce à nouveau. Dans cette position, je le vois. Son visage est concentré, les mâchoires serrées sous sa barbe courte, les yeux fixés sur l’endroit où sa bite disparaît en moi. Il baise comme s’il voulait me marquer. Chaque coup de reins me fait gémir plus fort. Ses couilles lisses claquent contre mon cul. Sa bite frappe ma prostate à chaque entrée.
Je sens l’orgasme monter, inévitable. Ma bite pulse entre nous, sans même qu’il la touche. Je jouis en gémissant, le corps qui se cambre, le sperme qui gicle sur mon ventre, sur mon torse. Mon trou se contracte autour de lui par vagues. Il continue de baiser à travers mon orgasme, plus fort, plus irrégulier.
Puis il s’arrête net. Il sort d’un coup, arrache la capote et la jette.
— Ça me gêne, dit-il d’une voix rauque. T’es clean ?
Je hoche la tête, encore essoufflé.
— Oui.
— Moi aussi.
Il se replace entre mes jambes et s’enfonce à nouveau, cette fois sans rien. Chair contre chair. La différence est immédiate. Plus chaude. Plus glissante. Plus intime. Il recommence à baiser, plus fort, plus profond. Ses coups de reins deviennent irréguliers. Ses hanches s’affolent.
Puis il sort d’un coup. Il se replace devant mon visage. Sa bite est rouge, luisante, les veines saillantes, parfaitement lisse, brillante de pré-sperme et de mon propre lubrifiant. Il m’attrape par les cheveux.
— Ouvre.
J’ouvre la bouche. Il s’enfonce. Deux, trois coups de reins profonds, puis il jouit. Le premier jet frappe le fond de ma gorge. Le second se répand sur ma langue. Chaud. Épais. Il continue à pousser, à vider ses couilles dans ma bouche pendant que je déglutis autant que je peux. Une partie coule le long de mon menton. Il reste planté un moment, le souffle court, puis il sort. Un dernier filet de sperme tombe sur ma lèvre inférieure.
Il se relève, ramasse ses vêtements sans un mot. Je reste allongé, les jambes encore écartées, le sperme qui refroidit sur mon ventre et dans ma bouche, le corps tremblant, le trou qui pulse.
Il se rhabille. T-shirt. Jean. Chaussures. Il jette un dernier regard vers le lit. Pas de sourire. Juste ce même regard froid, un peu distant, sa barbe courte soulignant la dureté de son visage.
— Bonne nuit.
La porte se referme derrière lui.
Je reste seul dans la chambre, le cœur encore trop rapide, le cul qui pulse, l’odeur de sexe partout. Je n’ai même pas son prénom. Juste le goût de son sperme sur ma langue et le souvenir de sa bite lisse en moi.
Demain, je prends mes fonctions.
Je reste ainsi plusieurs minutes sans bouger, le regard fixe sur le plafond. Mon corps est lourd, satisfait, un peu douloureux par endroits. Je sens encore le fantôme de ses doigts sur mes hanches, la pression de sa main dans mes cheveux quand il m’a ordonné d’ouvrir. Je passe la langue sur mes lèvres. Le goût est toujours là.
Finalement je tends le bras, récupère mon téléphone. L’écran s’allume. Le profil de « L. » est encore ouvert. Aucune photo de visage. Juste ce torse, ces épaules, ce trait de poils sous le nombril. Je reste un long moment à fixer la conversation. Les messages de tout à l’heure sont brefs, bruts, efficaces. Exactement comme ce qui a suivi.
J’hésite.
Puis je tape.
« C’était cool. Si ça te dit, on pourra remettre ça bientôt. »

J’envoie avant de pouvoir réfléchir plus longtemps. Le message part. Je fixe l’écran encore quelques secondes, le cœur un peu trop rapide, puis je pose le téléphone sur la table de chevet, face contre le bois. Je tire le drap sur mon corps encore chaud, je me tourne sur le côté, et je finis par m’endormir, le cul qui tire agréablement à chaque micromouvement, le goût de son sperme encore présent au fond de ma gorge.
Je me réveille plus tard dans la chambre d’hôtel.
La place à côté de moi est froide. Vide. L’homme est parti depuis des heures. Sur la table de chevet, le message que j’ai envoyé est toujours affiché, sans réponse. Je reste un long moment allongé, les yeux ouverts, le corps encore marqué. Mon trou tire légèrement quand je bouge les hanches. J’ai le goût vague du sperme dans la bouche. Les souvenirs remontent par vagues : la bite lisse qui forçait ma gorge, les doigts qui m’ouvraient, les coups de reins profonds, le moment où il a retiré la capote en disant que ça le gênait, la chaleur brute ensuite, puis le sperme épais au fond de ma bouche.
Je me force à me lever.
Sous la douche, je prends mon temps. L’eau chaude coule le long de mon dos, de mes fesses. Je passe les doigts entre elles, je sens la sensibilité résiduelle, je me lave avec soin. Je m’essuie, je m’habille en civil — jean, t-shirt, sneakers — et je sors de l’hôtel. Dehors, l’air du matin est frais. Je marche jusqu’au café du coin, celui qui ouvre tôt. Je commande un café allongé et un pain au chocolat. Je m’installe à une table près de la vitre, je regarde la rue s’animer peu à peu. Je mange lentement, sans vraiment avoir faim, juste pour occuper mes mains et mon esprit. Le message que j’ai envoyé cette nuit reste sans réponse. Je vérifie mon téléphone une fois, deux fois, puis je le range.
Quand j’ai fini, je repars vers l’hôtel.
Dans la chambre, je range les dernières affaires qui traînent, je plie le t-shirt que j’ai porté la veille, je vérifie les tiroirs. Puis je sors de ma valise une tenue. Chemise, pantalon, veste réglementaire, chaussures cirées, ceinture, tout est impeccable. Je me change méthodiquement. La chemise d’abord, bien rentrée. Le pantalon. La ceinture. Les chaussures. Enfin la veste. J’ajuste le col, je lisse les plis sur ma poitrine, je me regarde dans le miroir de la salle de bain. Vingt-quatre ans. Premier jour en unité. Le cœur bat un peu trop fort, mais d’une fierté contenue, presque solennelle. Je récupère mes valises, je descends, je charge tout dans la voiture et je prends la direction de la gendarmerie.
Le hall d’accueil est calme à cette heure-ci. L’agent de permanence lève les yeux de son ordinateur, reconnaît mon nom sur la liste du jour.
— Gendarme Lasalle ? On vous attend. État des lieux et remise des clés d’abord. Suivez-moi.
Je le suis jusqu’à l’immeuble des logements de fonction. Premier étage. L’appartement qui m’a été attribué est vacant, propre, déjà meublé avec mes propres affaires livrées deux jours plus tôt par les déménageurs. Canapé sombre, lit double, table, armoires, quelques étagères. Mes cartons de vêtements, de livres et d’affaires personnelles sont empilés proprement dans le séjour. L’état des lieux est minutieux. On vérifie les murs, les prises, les volets, l’état des sanitaires, le fonctionnement de la plaque de cuisson. Tout est en ordre. On me remet les clés. Je signe les documents. Pour la première fois, j’ai mon chez moi.
De retour à la brigade, je dépose mes valises dans les vestiaires. Je suis déjà en tenue. Je n’ai plus qu’à affronter la suite.
Ensuite commence le marathon.
Entretien dans le bureau du commandant de brigade. Le CB, un homme d’une cinquantaine d’années au regard posé et à la voix calme, m’invite à m’asseoir. L’adjoint est présent, carnet ouvert. On me demande de parler de mon parcours à l’école, de mes stages, de ce qui m’a poussé vers la gendarmerie, de ce que j’attends du terrain. Je réponds clairement, poliment, le dos droit, les mains posées sur mes genoux. On m’explique le fonctionnement de l’unité, les attentes en matière de discipline, de disponibilité, de discrétion. Le ton est bienveillant mais ferme.
Passage au secrétariat. Signature de la prise de service officielle. Vérification de l’ensemble des papiers administratifs. Enregistrement dans les systèmes informatiques internes. Ouverture des comptes du ministère de l’Intérieur. Attribution des identifiants. Accès aux logiciels de rédaction de procédures. Chaque étape est lente, précise, protocolaire.
Puis la visite complète des locaux. Bureaux des enquêteurs. Salle d’accueil du public. Salle d’armes. Locaux de garde à vue. Vestiaires. Garage des véhicules de service. Tout est propre, fonctionnel, un peu austère. On me présente les camarades présents ce jour-là. Poignées de main. Quelques sourires polis. Des regards curieux de ceux qui évaluent le nouveau. On me désigne un tuteur pour les premiers jours, un gendarme expérimenté qui m’explique brièvement les usages de la maison.
Perception du matériel local. Transpondeur radio. Badge d’accès aux différentes zones. Inscription sur le registre de l’armurerie. Vérification de l’armoire forte. On me confirme que mon armement individuel sera disponible dès le lendemain pour les patrouilles. J’écoute, je mémorise, je pose les questions nécessaires.
Briefing sur le secteur. Le commandant déroule une grande carte sur la table. Communes rattachées. Axes routiers principaux. Points sensibles. Commerces à surveiller. Zones un peu plus calmes. Tableau de service. Tours d’astreinte. Rôle du premier à marcher. Je fixe la carte, je grave chaque information, je pose deux ou trois questions pertinentes. Le commandant semble apprécier.
On m’accorde ensuite deux heures pour finir de m’installer dans mon appartement. J’y retourne, j’ouvre les cartons un par un, je range mes affaires avec méthode, je fais le lit, je pose quelques cadres, j’installe mes produits de toilette dans la salle de bain. L’appartement sent encore un peu le carton et le neuf. Je m’y projette déjà. Ce soir, je dormirai ici. Pour de vrai.
À onze heures précises, je suis de retour au rez-de-chaussée pour la suite.
Le commandant me fait entrer dans le bureau principal.
— Lasalle, ton installation s’est bien passée ? Parfait. Il est temps de te présenter ton référent sur le terrain. Tu vas tourner avec lui la plupart du temps. C’est un gars expérimenté, un peu rude au premier abord, assez froid avec les nouveaux, mais solide. Tu apprendras vite avec lui.
La porte du bureau s’ouvre.
Un homme grand entre, un dossier sous le bras. Port altier. Épaules larges. Uniforme impeccablement ajusté. Cheveux courts. Barbe de quelques jours parfaitement entretenue. Regard sévère, froid, distant.
Je me retourne.
Et le monde s’arrête.
Ma bouche s’ouvre légèrement. Aucun son n’en sort. Mes yeux s’écarquillent d’une fraction de seconde avant que je ne reprenne le contrôle de mon visage. Mais à l’intérieur, c’est le chaos absolu.

C’est lui.
Le mec de la nuit dernière.
La bite lisse, épaisse, qui m’a ouvert la bouche puis le cul.
Les couilles lourdes et parfaitement rasées qui ont cogné contre les miennes.
L’homme qui a retiré la capote en disant que ça le gênait, qui a demandé si j’étais clean, qui a joui au fond de ma gorge avant de partir sans laisser de prénom.
« L. ».
L’adjudant Léandro Sanseigne.
En face, il s’est arrêté net en m’apercevant. Une lueur de surprise traverse ses yeux sombres, très brève, presque invisible. Puis le masque professionnel se referme instantanément. Aucune expression. Aucun signe. Comme si la chambre d’hôtel, la salive, le sperme, les gémissements, le message que je lui ai envoyé cette nuit n’avaient jamais existé.
Le commandant, totalement inconscient de la tension électrique qui vient de naître dans la pièce, continue d’une voix calme :
— Adjudant Sanseigne, voici le gendarme Valérian Lasalle. C’est toi qui te charges de son amarrage sur le secteur. Vous tournerez ensemble la plupart du temps.
Il fait un pas en avant. Il tend une main ferme, disciplinée, parfaitement neutre.
— Bienvenue à la brigade, Lasalle, dit-il d’une voix posée, sans la moindre inflexion. On attaque cet après-midi. Préparez vos affaires.
Je force ma main à se lever. Nos paumes se touchent. La même main qui m’avait tenu par les cheveux la veille. La même main qui avait écarté mes fesses. La poignée est brève, professionnelle, glaciale.
— Merci, Adjudant, réussis-je à articuler, la voix presque normale.
Il hoche à peine la tête, déjà tourné vers le commandant pour récupérer le dossier. Comme si de rien n’était. Comme si ce n’était qu’un nouveau gamin tout juste sorti de l’école, un de plus à former, un de plus à endurcir.
Je reste planté là une seconde de trop, le cœur qui bat trop fort dans ma poitrine, le souvenir précis de sa bite lisse encore brûlant entre mes jambes, le message que je lui ai envoyé cette nuit encore affiché quelque part dans mon téléphone, et cette seule pensée qui tourne en boucle dans ma tête, obsédante, presque nauséeuse :
Putain de bordel de merde.

Fin du chapitre 1.
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Chapitre 2 · Une journée plutôt froide
Le lendemain de sa première nuit à l'hôtel, Valérian Lasalle prend ses fonctions à la brigade. Mais l'homme qui l'a laissé sans voix est désormais son supérieur, et le cadre réglementaire ne laisse aucune place à ce qu'il ressent. Entre les ordres secs et les regards qu'il ne sait plus comment tenir, Valérian se demande combien de temps il pourra faire comme si tout était normal.
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2 novembre 2026 à 09:10
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