Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sabrina l'éveil interdit — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sabrina l'éveil interdit
Chapitre 1
Je m'appelle Sabrina, j'ai 45 ans, et je suis mariée à Vincent depuis plus de vingt ans. Nous avons deux enfants : notre fils, qui poursuit ses études dans une autre ville, et notre fille, qui a un handicap moteur qui la rend dépendante pour beaucoup de choses au quotidien. Heureusement, je travaille de chez moi, ce qui me permet de m'occuper d'elle tout en gérant mes tâches professionnelles. Elle bénéficie de journées dans un centre spécialisé trois fois par semaine, ce qui me donne un peu de répit, mais le reste du temps, c'est moi qui veille sur elle. Vincent, lui, est commercial itinérant ; il quitte la maison aux aurores et rentre tard, souvent épuiser par ses déplacements. Ma vie ressemble à un éternel recommencement, une boucle sans fin qui se répète jour après jour, presque à la minute près. Le réveil sonne à 6 heures précises, je prépare le petit-déjeuner pour ma fille, je l'aide à se lever, à s'habiller, et je m'assure qu'elle est prête pour sa journée.
Puis, je m'installe à mon bureau pour travailler, tout en gardant un œil sur elle – des appels clients, des rapports à rédiger, des mails qui s'accumulent. Les pauses sont rares, et quand Vincent part, je sais que je gère l'essentiel seul jusqu'à son retour vers 20 heures. Cela commence à me peser, cette routine immuable, ces horaires gravés dans le marbre qui ne laissent aucune place à l'imprévu. Quand notre fils était encore à la maison, il m'aidait énormément : il prenait le relais pour les repas, les jeux avec sa sœur, ou même les petites corvées. Maintenant, c'est plus compliqué ; je ne dis pas que Vincent ne fait rien, bien au contraire, il est là quand il peut, il gère les week-ends ou les soirées tardives, mais c'est moi qui porte le plus gros du fardeau au quotidien.
J'essaie de gagner le plus de temps possible, que ce soit pour avancer sur mon travail ou pour passer des moments précieux avec ma fille – lire une histoire, faire un puzzle, ou simplement la serrer dans mes bras. C'est pour ça que j'ai fixé des jours précis pour les tâches administratives : les papiers et les rendez-vous, c'est toujours le mardi matin, quand elle est au centre. Pour les courses, j'ai ma technique bien rodée ; je passe ma commande sur une application dédiée, je sélectionne ce dont on a besoin en quelques clics depuis mon téléphone, et je vais chercher le tout au drive du supermarché – ça me prend beaucoup moins de temps qu'une virée complète dans les allées. Mais parfois, quand j'ai besoin de changer d'air ou de vérifier un produit de mes yeux, je me rends directement au magasin pour faire mes emplettes, slalomant entre les rayons avec ma liste en main, en espérant que ça ne déborde pas sur le reste de ma journée.
Le mercredi soir, c'est mon moment privilégié pour préparer les courses de la semaine. Vincent rentre un peu plus tôt ce jour-là, vers 18 heures, et il prend le relais avec notre fille – il l'aide à dîner, à jouer ou à se préparer pour le coucher. Cela me laisse un précieux créneau de tranquillité. Je m'installe confortablement dans le canapé, ma tablette sur les genoux, une tasse de thé à portée de main. J'ouvre l'application du supermarché, je parcours les rayons virtuels : fruits et légumes frais, produits laitiers pour ma fille qui adore les yaourts, des ingrédients pour des repas simples et nutritifs. Je coche, j'ajoute, j'ajuste les quantités en pensant à nos besoins pour les jours à venir. Ça me prend une bonne demi-heure, mais sans stress, et je valide la commande pour une récupération le lendemain matin. C'est pratique, efficace, et ça me permet de me détendre un peu avant de rejoindre la famille pour la soirée. Le jeudi matin suit son rituel bien huilé.
Après avoir préparé ma fille – le petit-déjeuner, la toilette, les vêtements adaptés à ses besoins – un véhicule spécialisé vient la chercher à 7 h 30 précises. Je lui fais un bisou, je la regarde partir avec un pincement au cœur, mais je sais qu'elle est entre de bonnes mains au centre. Vers 8 h 30 ou 9 h, une fois que j'ai avancé un peu sur mon travail, je prends ma voiture pour me rendre au drive. C'est à peine dix minutes de trajet, une petite échappée qui me sort de la maison. Je me gare sur l'emplacement dédié, j'envoie un message via l'application pour signaler mon arrivée, et on vient me livrer directement dans le coffre. La plupart du temps, c'est la même personne qui s'occupe de moi.
Bastien, un jeune homme de vingt-trois ou vingt-quatre ans, grand, avec une silhouette sportive et élancée. Il a les cheveux Châtains clair un peu en bataille, des yeux d'un bleu très clair qui attrapent la lumière, et surtout ce sourire permanent, franc et lumineux, comme s'il était toujours content de vivre. Au début, c'étaient juste des « Bonjour, ça va ? » Rapides, le temps qu'il charge le coffre. Mais à force de se croiser presque chaque jeudi, on a pris l'habitude de bavarder une minute ou deux. On parle de tout et de rien : la météo qui n'en finit pas de pleuvoir, un film qu'on a vu, les embouteillages sur la rocade, les promos absurdes du magasin. Rien de bien profond, mais c'est léger, naturel, et ça me fait du bien. Il a cette façon de poser les sacs avec soin
Je repars toujours avec le sourire, même si je ne le réalise qu'en roulant. Dix minutes plus tard, je range les courses, je referme les placards, et la maison retrouve son calme habituel. Puis la semaine reprend son cours, jusqu'au jeudi suivant, où je sais que Bastien sera là, avec son sourire et ses yeux bleus, pour égayer ces quelques instants volés à la routine.
Fin novembre, un vendredi gris et froid. J'ai passé la journée à jongler entre mes dossiers et les soins de ma fille : kiné à domicile le matin, jeux adaptés l'après-midi, un peu de travail coincé entre deux. Vers 19 h 30, la porte d'entrée claque enfin. Vincent est là, fatigué mais souriant, et derrière lui, une grande silhouette familière apparaît dans l'encadrement.« Surprise ! » lance mon fils en ouvrant grand les bras, son sac à dos encore sur l'épaule.Ma fille pousse un cri de joie depuis son fauteuil, Vincent rit, et moi je sens les larmes me monter d'un coup. En deux secondes, la maison s'emplit d'un bruit qu'on n'avait plus entendu depuis des mois : des éclats de voix, des rires,
Je reste plantée là, les bras ballants, à regarder ce tableau que je n'osais plus espérer. Le week-end devient une bulle hors du temps. Samedi matin, on bricole tous les quatre une sortie : on emmitoufle ma fille dans son manteau épais, on charge le fauteuil dans le coffre, et direction le parc près du lac. L'air est glacial, mais le soleil bas fait briller les feuilles mortes. Mon fils pousse le fauteuil en courant, Vincent marche à côté de moi, main dans la main comme au début. On fait des photos ridicules, on rit pour rien, on s'arrête de boire un chocolat chaud. Le soir, on cuisine ensemble : mon fils aux fourneaux avec son père, moi qui prépare le plateau pour ma fille, musique à fond, odeur de gratin qui emplit la maison. Dimanche, on traîne au maximum. Partie de cartes adaptée, vieux films de Noël qu'on connaît par cœur, câlins en pagaille sur le grand canapé.
Je savoure chaque seconde, je regarde mon fils caresser les cheveux de sa sœur, Vincent qui le taquine sur ses études, et je me dis que c'est ça, le bonheur : ces moments rares où tout est à sa place.
Et peu vient de l'heure du train. Sur le quai de la gare, le vent de novembre nous fouette le visage. Mon fils embrasse sa sœur une dernière fois, elle agrippe son écharpe de ses petites mains maladroites. Vincent et lui se font une accolade virile qui dure un peu trop longtemps. Moi, je le serre contre moi comme si je pouvais retenir le temps. Le train entre en gare, les portes s'ouvrent, il monte, nous fait un dernier signe derrière la vitre. Le convoi s'éloigne, emportant avec lui la chaleur du week-end.
Lundi matin, le réveil sonne à 6 heures. Et tout recommence, comme avant. Comme toujours.
La semaine qui suit ce week-end de rêve est un enchaînement de galères. Rien ne va plus : la chaise roulante de ma fille tombe en panne, il faut gérer les réparations et les rendez-vous urgents ; le logiciel de mon travail plante à répétition, les délais s'accumulent ; la pluie incessante rend chaque déplacement plus compliqué. Vincent, lui, est pris à 100 % par une grosse tournée qui le fait rentrer encore plus tard, parfois après 22 heures. Je gère tout seule, encore plus,ation, encore plus qu'avant. Les nuits sont courtes, les journées interminables, et la fatigue s'accumule comme une dette que je ne pourrai jamais rembourser.Vendredi soir, il rentre enfin un peu plus tôt. Je suis à bout, les nerfs à vif. Il me regarde ranger la cuisine, voit ma tête, et tente une remarque, une réflexion sur le fait que je devrais souffler un peu ou déléguer ». Quelque chose explose en moi.
La semaine qui suit ce week-end de rêve est un enchaînement de galères. Rien ne va plus : la chaise roulante de ma fille tombe en panne, il faut gérer les réparations et les rendez-vous urgents ; le logiciel de mon travail plante à répétition, les délais s'accumulent ; la pluie incessante rend chaque déplacement plus compliqué. Vincent, lui, est pris à 100 % par une grosse tournée qui le fait rentrer encore plus tard, parfois après 22 heures. Je gère tout seule, encore plus,ation, encore plus qu'avant. Les nuits sont courtes, les journées interminables, et la fatigue s'accumule comme une dette que je ne pourrai jamais rembourser.Vendredi soir, il rentre enfin un peu plus tôt. Je suis à bout, les nerfs à vif. Il me regarde ranger la cuisine, voit ma tête, et tente une remarque, une réflexion sur le fait que je devrais souffler un peu ou déléguer ». Quelque chose explose en moi.
Une dispute éclate, brutale, sans cris mais avec des mots qui claquent, des reproches qui fusent, des silences qui coupent plus fort que les paroles. Rien n'est résolu. On se tourne le dos, on dort à l'extrême bord du lit.Le week-end est l'opposé du précédent : discussions réduites au minimum, réponses froides, piquantes, regards qui se détournent. On fait ce qu'il faut pour notre fille, mais entre nous, l'air est glacial.Lundi, je replonge à fond dans le travail dès 6 heures. Le soir, repas en tête-à-tête avec Vincent : on mange en silence, les couverts tintent trop fort, aucun ne lève les yeux.Mardi, ma fille est au centre toute la journée. J'ai rendez-vous chez mon gynécologue pour le suivi annuel. Les questions habituelles défilent : sommeil, stress, contraception. Puis vient celle-là, posée calmement :
- Et avec votre mari, vous avez encore des rapports sexuels ? »Je reste figée une seconde.
- Et avec votre mari, vous avez encore des rapports sexuels ? »Je reste figée une seconde.
La réponse sort d'elle-même, nette, sans hésitation, presque surprise de sa propre franchise :
— Non. Plus depuis longtemps. »
La gynéco me regarde avec douceur, sans jugement.
— Madame, à votre âge, le désir peut s'éteindre quand on est épuisée, quand on porte tout… Mais le corps a besoin de ça aussi. Ça fait partie de l'équilibre. Essayez de vous retrouver, même un peu. Parlez-lui, ou prenez l'initiative. Vous avez encore tout à fait le droit d'avoir du plaisir. » Je hoche la tête, un peu gênée, un peu touchée. Le rendez-vous se termine ; je règle, je sors, l'esprit ailleurs.
— Non. Plus depuis longtemps. »
La gynéco me regarde avec douceur, sans jugement.
— Madame, à votre âge, le désir peut s'éteindre quand on est épuisée, quand on porte tout… Mais le corps a besoin de ça aussi. Ça fait partie de l'équilibre. Essayez de vous retrouver, même un peu. Parlez-lui, ou prenez l'initiative. Vous avez encore tout à fait le droit d'avoir du plaisir. » Je hoche la tête, un peu gênée, un peu touchée. Le rendez-vous se termine ; je règle, je sors, l'esprit ailleurs.
Je dois récupérer un colis commandé en ligne : un nouveau fauteuil de repos pour ma fille, plus ergonomique. En arrivant au magasin, on me l'apporte… Et je réalise l'ampleur de la bête : un carton énorme, lourd, impossible à porter seule. L'employé m'aide à le charger dans le coffre ; je le remercie mille fois.
Ensuite, je fais quelques courses rapides.
Je termine mes emplettes, deux sacs lourds qui me scindent déjà l'avant-bras. À peine sortie de la caisse, je traverse la galerie quand une voix joyeuse me rattrape.
— Bonjour, madame Bellegarde !
Bastien, mains dans les poches, sourire éclatant.
— Bonjour Bastien, quelle bonne surprise !
On s'arrête, contents de se croiser. Je lui demande ce qu'il fait là.
— Je viens de finir ma journée et je passe au magasin récupérer le cadeau de Noël offert par l'entreprise , explique-t-il avec son habituel sourire lumineux.
Je penche la tête, curieuse.
— Et c'est quoi cette année ?
— Des cartes-cadeaux », répond-il en haussant légèrement les épaules.
— Cinquante euros chacun, c'est déjà ça ! Je ne vais pas me plaindre.
Son regard tombe sur mes deux sacs qui me scient les bras.
- Laissez-moi vous aider avec vos courses. »Je n'ai même pas le temps de protester poliment qu'il me prend déjà les sacs, comme si c'étaient des plumes.
On marche côte à côte jusqu'au parking. Devant la voiture, j'ouvre le coffre.
— Je viens de finir ma journée et je passe au magasin récupérer le cadeau de Noël offert par l'entreprise , explique-t-il avec son habituel sourire lumineux.
Je penche la tête, curieuse.
— Et c'est quoi cette année ?
— Des cartes-cadeaux », répond-il en haussant légèrement les épaules.
— Cinquante euros chacun, c'est déjà ça ! Je ne vais pas me plaindre.
Son regard tombe sur mes deux sacs qui me scient les bras.
- Laissez-moi vous aider avec vos courses. »Je n'ai même pas le temps de protester poliment qu'il me prend déjà les sacs, comme si c'étaient des plumes.
On marche côte à côte jusqu'au parking. Devant la voiture, j'ouvre le coffre.
Bastien éclate d'un rire franc en découvrant le carton géant qui occupe presque tout l'espace.
— Eh bien, c'est déjà bien rempli, dites-moi ! »Je ris avec lui, un peu gênée.
—C'est le nouveau fauteuil de ma fille… j'ai sous-estimé le poids.
Il cale soigneusement les sacs sur les côtés, referme le hayon. Je le remercie chaleureusement ; il me fait un petit signe de tête courtois et commence à s'éloigner.
Je pose la main sur le coffre… et la panique me rattrape : impossible de porter ce carton seule.
— Euh… Bastien ! »
Il se retourne aussitôt.
- Je suis désolée de vous demander ça, mais… vous pourriez m'aider avec ce colis ? Il est très lourd, et toute seule je n'arriverai jamais à le sortir ni à le porter jusqu'à la maison.
Il sourit, sans la moindre hésitation.
— Pas de problème, j'ai le temps. Je vous suis avec ma voiture.
On échange un regard rapide, presque complice malgré le vouvoiement. Je monte dans mon véhicule, il rejoint le sien deux rangées plus loin.
— Eh bien, c'est déjà bien rempli, dites-moi ! »Je ris avec lui, un peu gênée.
—C'est le nouveau fauteuil de ma fille… j'ai sous-estimé le poids.
Il cale soigneusement les sacs sur les côtés, referme le hayon. Je le remercie chaleureusement ; il me fait un petit signe de tête courtois et commence à s'éloigner.
Je pose la main sur le coffre… et la panique me rattrape : impossible de porter ce carton seule.
— Euh… Bastien ! »
Il se retourne aussitôt.
- Je suis désolée de vous demander ça, mais… vous pourriez m'aider avec ce colis ? Il est très lourd, et toute seule je n'arriverai jamais à le sortir ni à le porter jusqu'à la maison.
Il sourit, sans la moindre hésitation.
— Pas de problème, j'ai le temps. Je vous suis avec ma voiture.
On échange un regard rapide, presque complice malgré le vouvoiement. Je monte dans mon véhicule, il rejoint le sien deux rangées plus loin.
Dans le rétroviseur, je vois ses phares s'allumer. Il se place derrière moi et me suit tranquillement jusqu'à la maison.
Je tourne dans la cour, coupe le moteur. Bastien se gare juste devant, sur le trottoir. Il descend aussitôt
On sort le carton à deux : il le soulève par un côté, moi par l'autre. C'est lourd, mais avec lui ça passe sans effort. On franchit le seuil, on traverse le couloir.
— Où est-ce que vous voulez que je le pose ? » demande-t-il, essoufflé mais toujours souriant.
— Dans le salon, contre le mur là-bas, ce sera parfait.
Il pousse le carton exactement où il faut, se redresse, essuie ses mains sur son jean.
— Voilà, mission accomplie.
On sort le carton à deux : il le soulève par un côté, moi par l'autre. C'est lourd, mais avec lui ça passe sans effort. On franchit le seuil, on traverse le couloir.
— Où est-ce que vous voulez que je le pose ? » demande-t-il, essoufflé mais toujours souriant.
— Dans le salon, contre le mur là-bas, ce sera parfait.
Il pousse le carton exactement où il faut, se redresse, essuie ses mains sur son jean.
— Voilà, mission accomplie.
— merci infiniment. Vous m'avez vraiment sauvée. Acceptez au moins un verre d'eau, un café, quelque chose ?
Il hésite une demi-seconde, puis hoche la tête.«
— Volontiers, un café si ce n'est pas trop abuser. Je l'invite au salon. Il s'assoit sur le canapé, regarde autour de lui avec discrétion : la rampe le long du mur, le fauteuil roulant replié dans le coin, les jouets adaptés sur l'étagère basse. Il ne fait aucun commentaire lourd, juste un petit :
— C'est bien pensé, tout ça.
Il hésite une demi-seconde, puis hoche la tête.«
— Volontiers, un café si ce n'est pas trop abuser. Je l'invite au salon. Il s'assoit sur le canapé, regarde autour de lui avec discrétion : la rampe le long du mur, le fauteuil roulant replié dans le coin, les jouets adaptés sur l'étagère basse. Il ne fait aucun commentaire lourd, juste un petit :
— C'est bien pensé, tout ça.
Je reviens avec deux tasses, on boit en silence quelques instants, un silence agréable.La tasse vide, il la pose sur la table basse.
Bon, votre après-midi, c'est quoi le programme ? je lui demande pour relancer la conversation.
— Rien de spécial. Rentrer, me faire un truc rapide à manger, m'affaler devant une série ou un match. Profiter, quoi. Et vous ?
— Ma fille revient vers 16 h 30-17 h avec le transport adapté. Avant ça… rien de prévu.
Je me surprends moi-même à ajouter :
— Si vous n'avez vraiment rien de prévu, restez manger avec moi. Ça me ferait plaisir
Il sourit, les yeux pétillants.
— Avec plaisir. À condition que je vous aide à cuisiner
Je ris, soulagée sans savoir pourquoi.
— Marché conclu.
Bon, votre après-midi, c'est quoi le programme ? je lui demande pour relancer la conversation.
— Rien de spécial. Rentrer, me faire un truc rapide à manger, m'affaler devant une série ou un match. Profiter, quoi. Et vous ?
— Ma fille revient vers 16 h 30-17 h avec le transport adapté. Avant ça… rien de prévu.
Je me surprends moi-même à ajouter :
— Si vous n'avez vraiment rien de prévu, restez manger avec moi. Ça me ferait plaisir
Il sourit, les yeux pétillants.
— Avec plaisir. À condition que je vous aide à cuisiner
Je ris, soulagée sans savoir pourquoi.
— Marché conclu.
On se retrouve dans la cuisine, côte à côte, comme si on avait déjà fait ça cent fois.Je sors du frigo ce que j'ai sous la main : un poulet, des pommes de terre, des oignons, un pot de crème, quelques herbes. Bastien enlève son blouson, le pose sur le dossier d'une chaise, retrousse ses manches.
— Qu'est-ce qu'on fait ? demande-t-il en se lavant les mains.
—Un poulet à la crème et aux champignons, ça vous va ? C'est simple.
— Parfait.
—Un poulet à la crème et aux champignons, ça vous va ? C'est simple.
— Parfait.
Il attrape le couteau comme s'il l'avait toujours connu. Les gestes sont précis, rapides : il épluche les pommes de terre en longues spirales parfaites, coupe les oignons sans une larme, émince les champignons en tranches fines. Je le regarde faire, un peu fascinée.
— Vous cuisinez souvent ?
je demande en mettant le poulet à dorer dans la cocotte.
— Quand je suis chez moi, oui. Ma mère m'a appris tôt, et puis vivre seul, faut bien se débrouiller.
Il me tend le saladier de légumes déjà prêts ; nos mains se frôlent une seconde. Je sens la chaleur me monter aux joues, je me détourne pour verser la crème.On travaille en rythme. Il remue la sauce pendant que je coupe le pain, je lui passe le thym, il me tend le sel. De temps en temps, nos épaules se touchent quand on se croise dans l'espace étroit. À chaque fois, un petit frisson que je fais semblant de ne pas remarquer.
—Goûtez , dit-il en me tendant la cuillère en bois.Je me penche, il tient la cuillère juste devant mes lèvres.
— Vous cuisinez souvent ?
je demande en mettant le poulet à dorer dans la cocotte.
— Quand je suis chez moi, oui. Ma mère m'a appris tôt, et puis vivre seul, faut bien se débrouiller.
Il me tend le saladier de légumes déjà prêts ; nos mains se frôlent une seconde. Je sens la chaleur me monter aux joues, je me détourne pour verser la crème.On travaille en rythme. Il remue la sauce pendant que je coupe le pain, je lui passe le thym, il me tend le sel. De temps en temps, nos épaules se touchent quand on se croise dans l'espace étroit. À chaque fois, un petit frisson que je fais semblant de ne pas remarquer.
—Goûtez , dit-il en me tendant la cuillère en bois.Je me penche, il tient la cuillère juste devant mes lèvres.
Je goûte, nos regards se croisent. C'est bon. Très bon même. Je hoche la tête.
— Parfait. Un peu de poivre peut-être ?
Il sourit, ajoute une tournée de moulin, puis repose la cuillère. On reste là, à quelques centimètres l'un de l'autre
— Parfait. Un peu de poivre peut-être ?
Il sourit, ajoute une tournée de moulin, puis repose la cuillère. On reste là, à quelques centimètres l'un de l'autre
Je sens son regard sur moi, plus long que nécessaire. Je baisse les yeux, attrape les assiettes pour mettre la table, histoire de bouger.
On installe tout.
puis Je coupe le feu. Il reste là, adossé au plan de travail, bras croisés, à me regarder faire les derniers gestes. Le silence est doux, presque électrique.
On installe tout.
puis Je coupe le feu. Il reste là, adossé au plan de travail, bras croisés, à me regarder faire les derniers gestes. Le silence est doux, presque électrique.
— Merci d'être resté, je murmure.
— Merci de m'avoir invité, répond-il simplement.
— Merci de m'avoir invité, répond-il simplement.
Le repas est lent, presque trop lent. On mange en se regardant plus qu'on ne regarde les assiettes. Les phrases sont simples, mais les silences entre elles sont lourds, pleins de choses qu'on ne dit pas encore. On rit d'une broutille, on se resserre du vin, on se penche en même temps pour prendre le pain et nos doigts se frôlent, s'attardent une seconde de trop. À chaque contact, une décharge. À chaque regard, une seconde plus longue que la précédente.
Bastien pose sa fourchette, appuie ses avant-bras sur la table, me fixe sans détour. Ses yeux bleus ont changé : plus sombres, plus fixes. Je sens mon cœur taper dans la gorge.
Le plat est fini. Je me lève trop vite, un peu étourdie.
— Ne bougez pas, je vais débarrasser
, je dis d'une voix qui tremble légèrement. Je ramasse les assiettes, les verres, tout ce qui me tombe sous la main. J'ai besoin de bouger, de mettre de la distance, même deux mètres. Je me dirige vers l'évier, dos à lui, pose le tout bruyamment, ouvre l'eau chaude plus fort que nécessaire.
Le plat est fini. Je me lève trop vite, un peu étourdie.
— Ne bougez pas, je vais débarrasser
, je dis d'une voix qui tremble légèrement. Je ramasse les assiettes, les verres, tout ce qui me tombe sous la main. J'ai besoin de bouger, de mettre de la distance, même deux mètres. Je me dirige vers l'évier, dos à lui, pose le tout bruyamment, ouvre l'eau chaude plus fort que nécessaire.
Je sens plus que je n'entends ses pas derrière moi. Lents. Déterminés.
Je me retourne.Il est là, à quelques centimètres. Son corps dégage une chaleur qui me frappe avant même qu'il ne me touche. Nos regards se verrouillent.
Il n'a pas le temps de demande, Il avance d'un pas, pose une main sur ma taille, l'autre effleure ma joue. Je ferme les yeux une fraction de seconde ; quand je les rouvre, ses lèvres sont déjà sur les miennes.Le baiser est immédiat, profond, presque urgent. Comme si on avait attendu ce moment depuis des semaines sans le savoir. Mes mains trouvent sa nuque, ses doigts se crispent sur mes hanches. Le monde se réduit à la chaleur de sa bouche, au goût du vin et du poulet à la crème, au grondement sourd qu'il laisse échapper quand je réponds avec la même faim. On s'embrasse comme si c'était la dernière chose raisonnable qu'on ferait de la journée.
Je me retourne.Il est là, à quelques centimètres. Son corps dégage une chaleur qui me frappe avant même qu'il ne me touche. Nos regards se verrouillent.
Il n'a pas le temps de demande, Il avance d'un pas, pose une main sur ma taille, l'autre effleure ma joue. Je ferme les yeux une fraction de seconde ; quand je les rouvre, ses lèvres sont déjà sur les miennes.Le baiser est immédiat, profond, presque urgent. Comme si on avait attendu ce moment depuis des semaines sans le savoir. Mes mains trouvent sa nuque, ses doigts se crispent sur mes hanches. Le monde se réduit à la chaleur de sa bouche, au goût du vin et du poulet à la crème, au grondement sourd qu'il laisse échapper quand je réponds avec la même faim. On s'embrasse comme si c'était la dernière chose raisonnable qu'on ferait de la journée.
Ses mains glissent sous mes fesses, fermes, assurées, et d'un mouvement fluide, il me soulève comme si je ne pesais rien. Je pousse un petit cri surpris, mes bras s'enroulent instinctivement autour de son cou, et il me dépose sur le plan de travail froid de la cuisine.
On s'embrasse encore, plus lentement maintenant, comme si on voulait savourer chaque seconde avant que ça n'échappe. Ses doigts attrapent le bas de mon pull. Je lève les bras, il le fait glisser par-dessus ma tête, dévoilant mon soutien-gorge en dentelle noire, simple mais ajusté, qui moule mes seins avec une douceur qui contraste avec la rudesse du moment.
Je tire sur son polo à mon tour, il l'enlève d'un geste sec, révélant un torse athlétique, sculpté par le sport – des épaules larges, un ventre plat où se dessinent les abdos sans excès, juste ce qu'il faut pour que mes doigts aient envie d'explorer. On continue comme ça, lentement, sans hâte : je déboutonne son jean, il descend la fermeture Éclair du mien, nos souffles se mêlent. Mon pantalon glisse le long de mes cuisses, emporté par ses mains qui caressent ma peau au passage, et je me retrouve en culotte assortie, en dentelle noire fine, presque transparente sur le devant
Je tire sur son polo à mon tour, il l'enlève d'un geste sec, révélant un torse athlétique, sculpté par le sport – des épaules larges, un ventre plat où se dessinent les abdos sans excès, juste ce qu'il faut pour que mes doigts aient envie d'explorer. On continue comme ça, lentement, sans hâte : je déboutonne son jean, il descend la fermeture Éclair du mien, nos souffles se mêlent. Mon pantalon glisse le long de mes cuisses, emporté par ses mains qui caressent ma peau au passage, et je me retrouve en culotte assortie, en dentelle noire fine, presque transparente sur le devant
Il enlève son jean, son boxer suit presque aussitôt, et je le vois enfin, dressé, impressionnant dans sa rigidité. On est nus maintenant, ou presque – moi encore en lingerie, lui complètement exposé. Ses mains reviennent sur moi, défaisant l'agrafe de mon soutien-gorge d'un geste expert, libérant mes seins lourds qui se dressent sous son regard affamé. La culotte suit, glissée le long de mes jambes que je décroise juste le temps qu'il la retire, avant de les refermer autour de lui, plus serré.Les préliminaires commencent là, sur le plan de travail, sans un mot. Il descend lentement, embrassant mon cou, mes épaules, traçant un chemin de feu jusqu'à mes seins qu'il prend en bouche tour à tour, suçant doucement les tétons durcis, les faisant rouler entre sa langue et ses dents jusqu'à ce que je gémisse, les mains dans ses cheveux châtains. Ses doigts écartent mes cuisses, effleurent l'intérieur, descendant plus bas
je retiens mon souffle. Sa bouche trouve mon sexe, chaude, humide, et c'est un tourbillon de sensations : sa langue plate qui lèche d'abord lentement, explorant les plis, puis plus insistant, cercle autour de mon clitoris gonflé, aspirant doucement, rythmé, comme s'il voulait me faire fondre. Je m'agrippe au bord du plan de travail, les jambes tremblantes malgré son étreinte sur mes hanches, et c'est sensuel, excitant au-delà des mots – chaque coup de langue envoie des ondes qui me traversent entière, me font cambrer, haleter, supplier sans voix. Il alterne, lent et profond, puis rapide et taquin, ses yeux levés vers moi par moments, guettant mes réactions, et je sens l'orgasme monter, inexorable, comme une vague qui s'amplifie.Mais il s'arrête juste avant, se redresse, m'embrasse avec mon propre goût sur ses lèvres, et je le sens dur contre moi, prêt.
On descend du plan de travail dans un enchevêtrement de membres, riant presque de notre maladresse, et on quitte la cuisine, nus, main dans la main, pour le salon.
Je le fais asseoir dans le canapé, large et confortable, et il obéit, les jambes écartées, le regard brûlant. C'est à mon tour. Je m'agenouille entre ses cuisses, le cœur battant, et ma main trouve son sexe, chaud, velouté sous mes doigts. Je l'entoure doucement, le serre juste assez pour le sentir palpiter, et je commence à le masturber, lent d'abord, remontant de la base jusqu'au gland sensible Je m'approche plus près, mon souffle sur sa peau, et je le prends en bouche enfin – d'abord la langue qui tournoie autour du bout, salée et douce, puis je l'engloutis plus profond, suçant avec une avidité que je ne me connaissais pas, alternant succions et léchages longs, ma main continuant le rythme en bas. Ses mains dans mes cheveux, pas pour guider mais pour s'ancrer, et ses hanches qui remuent imperceptiblement, cherchant plus. C'est moi qui contrôle, qui le fais gémir et pour la première fois depuis si longtemps, je me sens vivante, désirée, puissante.
Après quelques minutes de ce plaisir buccal où je le sens durcir encore dans ma bouche, où ses gémissements rauques me font accélérer le rythme, il est temps d'aller plus loin. Je me relève lentement, les lèvres gonflées, le regard rivé au sien, et Bastien m'attrape par les hanches d'un geste possessif. Il me tire vers lui
et m'installe à califourchon sur ses cuisses musclées. Ses mains glissent sur mes fesses, me guident avec une précision qui me fait haleter. Je sens la tête de son sexe contre mon entrée, chaude, insistante, et d'un mouvement lent, précis, il me pénètre. Cette sensation que j'avais presque oubliée – cette plénitude brûlante, cette invasion délicieuse qui étire et comble en même temps – me fait frissonner de la tête aux pieds. Un petit cri de plaisir m'échappe, incontrôlable, comme un sanglot libéré après des années de sécheresse.Les allers-retours commencent lents, chargés d'un plaisir brut, primal. Je m'empale sur lui à mon rythme, descendant jusqu'à la garde avant de remonter, nos corps se cherchant, se trouvant. Nos respirations se synchronisent, saccadées, comme un duo essoufflé qui danse sur le fil du désir.
Mes mains plongent dans ses cheveux châtains, les tirent doucement pour cambrer son visage vers moi, tandis que sa tête se niche entre mes seins, sa bouche avide qui suce, mordille, aspire un téton durci pendant que l'autre frotte contre sa joue rugueuse. Chaque poussée me traverse d'une onde électrique, me rapproche du bord, et je sens mes muscles intimes se contracter autour de lui, le serrant comme pour ne plus le lâcher.On continue ainsi, emportés, jusqu'à ce que le plaisir m'emporte enfin. L'orgasme arrive en cascade, libérateur, me secouant de spasmes qui me font crier
Il s'arrête net, immobile en moi, ses mains caressant mes cuisses tremblantes, me laissant le temps de me ressaisir, de reprendre mon souffle dans ses bras qui m'enlacent comme un refuge.
—On va dans la chambre ?
je murmure d'une voix rauque, encore essoufflée. Je me retire lentement, un vide frustrant me remplit un instant, mais c'est pour mieux nous lever. Nus, enlacés, on quitte le salon en titubant presque À peine la porte franchie, Bastien me fait pivoter, me pousse doucement vers le lit à quatre pattes. Il me prend en levrette, mais cette fois plus brutal, plus animal : ses mains agrippent mes hanches, et il s'enfonce d'un coup sec qui me fait hoqueter. La sensation est intense, presque trop, et je réagis aussitôt en cambrant le dos, en poussant mes fesses contre lui.
— Continue, oui, comme ça
je gémis, l'encourageant d'une voix brisée par le plaisir.
—On va dans la chambre ?
je murmure d'une voix rauque, encore essoufflée. Je me retire lentement, un vide frustrant me remplit un instant, mais c'est pour mieux nous lever. Nus, enlacés, on quitte le salon en titubant presque À peine la porte franchie, Bastien me fait pivoter, me pousse doucement vers le lit à quatre pattes. Il me prend en levrette, mais cette fois plus brutal, plus animal : ses mains agrippent mes hanches, et il s'enfonce d'un coup sec qui me fait hoqueter. La sensation est intense, presque trop, et je réagis aussitôt en cambrant le dos, en poussant mes fesses contre lui.
— Continue, oui, comme ça
je gémis, l'encourageant d'une voix brisée par le plaisir.
Il obéit, accélère le rythme, claquant contre moi avec une force qui fait trembler le matelas, ses doigts s'enfonçant dans ma chair. Mais c'est trop bon, trop fort ; mes bras flageolent, et je n'arrive plus à tenir, s'effondrant à plat ventre sur les draps froissés.Bastien ne se décourage pas : toujours en moi, il s'adapte instantanément, se couchant sur mon dos, son poids chaud et rassurant me plaquant contre le lit. Il reprend ses va-et-vient, plus profonds maintenant, plus lents pour me laisser respirer, et je gémis sans retenue, la joue écrasée contre le lit.
Mes mains attrapent la couette, la serrent fort comme dernier appui avant de sombrer complètement, les ongles enfoncés dans le tissu doux.
— Tu vas me tuer
je halète entre deux plaintes, mi-rire mi-supplique, et il ralentit, se retire doucement, me laissant pantelante, le corps encore vibrant.Je me tourne sur le dos, les yeux mi-clos, et sans un mot, il me rejoint en missionnaire, glissant de nouveau en moi d'un mouvement fluide. Ses va-et-viens reprennent, intenses mais contrôlés, son bassin roulant contre le mien à chaque poussée qui me remplit jusqu'au fond. Je noue mes jambes autour de sa taille, l'attire plus profond, et on se perd dans ce rythme hypnotique, nos regards verrouillés, nos souffles mêlés. Bientôt, il se tend, ses muscles se crispent, et il me prévient d'une voix grave, presque un grognement :
— Je vais venir…
— Finis en moi , je réponds sans hésiter, les ongles dans son dos pour l'encourager.
— Tu vas me tuer
je halète entre deux plaintes, mi-rire mi-supplique, et il ralentit, se retire doucement, me laissant pantelante, le corps encore vibrant.Je me tourne sur le dos, les yeux mi-clos, et sans un mot, il me rejoint en missionnaire, glissant de nouveau en moi d'un mouvement fluide. Ses va-et-viens reprennent, intenses mais contrôlés, son bassin roulant contre le mien à chaque poussée qui me remplit jusqu'au fond. Je noue mes jambes autour de sa taille, l'attire plus profond, et on se perd dans ce rythme hypnotique, nos regards verrouillés, nos souffles mêlés. Bientôt, il se tend, ses muscles se crispent, et il me prévient d'une voix grave, presque un grognement :
— Je vais venir…
— Finis en moi , je réponds sans hésiter, les ongles dans son dos pour l'encourager.
Il ne lui faut que trois ou quatre allers-retours de plus, puissants, désordonnés, avant que je sente son sexe se contracter violemment en moi. Trois jets chauds, puissants, me remplissent d'un coup, me submergeant d'une chaleur liquide qui prolonge mon propre plaisir en échos tremblants.
Le calme revient dans la chambre comme une marée qui se retire, laissant derrière elle un rivage apaisé. Nos respirations, encore haletantes, se fondent en un rythme partagé, sourd et régulier, comme un écho du plaisir qui nous a secoués. Bastien est toujours sur moi, son poids léger maintenant, son front contre le mien, une main paresseuse traçant des cercles sur mon ventre. Je ferme les yeux, savoure ce silence complice, l'odeur de nos corps mêlés qui imprègne les draps. C'est fini, mais pas vraiment ; c'est comme si on avait ouvert une porte que j'avais fermée sans m'en rendre compte.Après quelques minutes, il se redresse sur un coude, me regarde avec un sourire en coin, un peu timide soudain.
— C'était… intense , murmure-t-il, et je hoche la tête, riant doucement. On en parle vite, sans entrer dans les détails : c'était inattendu, parfait, sans regrets. Mais l'horloge sur la table de nuit nous rappelle la réalité
— C'était… intense , murmure-t-il, et je hoche la tête, riant doucement. On en parle vite, sans entrer dans les détails : c'était inattendu, parfait, sans regrets. Mais l'horloge sur la table de nuit nous rappelle la réalité
ma fille rentre bientôt.
—Faut que j'y aille , dit-il en se levant, et je sens un pincement au ventre, pas de tristesse, juste le retour du monde.Encore nus, on retourne dans le salon, nos peaux se frôlant dans le couloir comme pour prolonger l'instant. Les vêtements sont éparpillés
—Faut que j'y aille , dit-il en se levant, et je sens un pincement au ventre, pas de tristesse, juste le retour du monde.Encore nus, on retourne dans le salon, nos peaux se frôlant dans le couloir comme pour prolonger l'instant. Les vêtements sont éparpillés
À la porte, on s'embrasse une fois de plus, doux, sans urgence. « Merci pour tout », je dis, et il répond « C'est moi qui te remercie, Sabrina. À bientôt ? » avec un clin d'œil qui promet. Il sort, monte dans sa voiture, et je referme la porte, le cœur battant encore.Je m'effondre dans le canapé, toujours nue, les jambes repliées sous moi.
et je laisse mon corps se détendre enfin, les muscles lourds de fatigue et de satisfaction. Je ferme les yeux, respire profondément, et pour la première fois depuis des lustres, je ne pense à rien – ni au travail, ni à ma fille, ni à Vincent. Juste à cette chaleur qui persiste en moi, ce secret brûlant qui est à moi seule. Après un moment de cette détente volée, je me lève, file à la douche. L'eau chaude ruisselle sur ma peau, emporte les traces de l'après-midi, mais pas le souvenir. Je m'enveloppe d'une serviette, me prépare pour la routine.Fin d'après-midi, le véhicule adapté klaxonne dans la cour. Ma fille rentre, fatiguée mais joyeuse, avec ses dessins du centre et son bavardage muet fait de gestes et de sourires. Je l'installe, on fait un goûter ensemble, et la maison reprend vie autour de nous. Le soir, Vincent franchit la porte à son heure habituelle
On dîne, on parle du week-end à venir, de la pluie qui menace. La vie reprend son cours, fluide, prévisible, mais quelque chose en moi a bougé – une fissure par où l'air entre enfin.Le jeudi suivant, au drive du supermarché, je me gare comme d'habitude. Bastien apparaît avec les sacs, son sourire en prime. Nos regards se croisent, plus longs, plus chargés. « Bonne semaine ? » demande-t-il en chargeant le coffre, et je réponds « Mieux que prévu », avec un sous-entendu qu'il capte aussitôt. On se dit au revoir, mais ce n'est pas un adieu. Depuis cet après-midi-là, ma vie a repris son chemin.
Mais j'ai appris à m'accorder des moments pour moi : une heure de lecture volée le matin, une promenade seule quand elle est au centre, des nuits où je dors mieux, plus profondément. Et Bastien… on se revoit de temps en temps, sans pression. Chez lui
Mais j'ai appris à m'accorder des moments pour moi : une heure de lecture volée le matin, une promenade seule quand elle est au centre, des nuits où je dors mieux, plus profondément. Et Bastien… on se revoit de temps en temps, sans pression. Chez lui
Chez moi, un après-midi où la maison est vide et qu'on redécouvre nos corps comme la première fois. Ce n'est pas une histoire d'amour, juste un secret qui allume des étincelles dans ma routine, un rappel que je suis encore vivante, désirée, entière. Et ça, ça change tout.
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