Le train des inconnus
Chapitre 1
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le train des inconnus — Chapitre 1

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Roppers
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Le train des inconnus

Chapitre 1

Je prends le train en direction de la gare de Lyon... Le trajet est devenu un rituel : même place, même posture un peu avachie, sac calé contre la vitre. Le paysage défile sans que je le regarde vraiment.
Je lance une série, plus par habitude que par réel intérêt. Les minutes passent, calmes, presque molles. Le wagon bruisse doucement : conversations étouffées, froissement de manteaux, le ronronnement régulier du train.
Puis mon téléphone vibre.
Une notification inhabituelle.
Quelqu'un souhaite vous envoyer du contenu via AirDrop.
Je fronce les sourcils. D'ordinaire, je refuse sans réfléchir. Trop souvent de la pub, ou des tentatives maladroites. Mais là... je suis dans le train, coincé pour encore un moment, et une curiosité paresseuse me gagne.
J'accepte.
L'écran s'ouvre.
Et je reste immobile.
C'est une photo.
Sur l'image, une femme est assise. On ne voit pas son visage. Juste le haut de son corps, cadré avec une précision troublante. Elle porte un t-shirt blanc, fin, presque trop. La lumière le rend légèrement transparent.
À travers le tissu, on devine la courbe d'un sein. Et le relief d'un téton, net, assumé.
Une main apparaît dans le cadre. Posée par-dessus. Les doigts refermés avec lenteur, comme s'ils prenaient leur temps. Ils pincent délicatement, à travers le coton, sans brutalité. Juste assez pour suggérer le geste. Juste assez pour faire travailler l'imagination.
Mon cœur accélère légèrement.
Je relève les yeux, presque par réflexe, balayant le wagon. Des inconnus partout. Personne ne me regarde. Personne ne sait.
Je baisse de nouveau les yeux.
Sous la photo, une phrase :
Je m'ennuie terriblement et je fantasme sur l'inconnu.
Si tu oses m'envoyer un équivalent...
... qui sait ce qui peut se passer ?
Je sens une chaleur diffuse me traverser.
Un sourire me vient malgré moi.
L'inconnu.
Dans un train lancé à pleine vitesse, rempli de gens qui s'ignorent, quelqu'un a choisi moi. Ou peut-être pas moi précisément. Peut-être juste celui qui oserait répondre.
Je verrouille mon téléphone un instant.
Puis je le rouvre.
Et je commence à réfléchir à ce que je pourrais envoyer.
Je reste un instant figé, le téléphone encore chaud dans ma main.
L'excitation pointe doucement, presque timidement. Une chaleur diffuse s'installe dans mon corps, s'étire, descend, se concentre quelque part dans mon ventre. Pas brutale. Insidieuse.
Je verrouille l'écran.
Non, me dis-je.
Je n'oserai jamais.
Je pose le téléphone sur la tablette, comme pour m'en éloigner physiquement. Mon regard se perd par la fenêtre. Les paysages défilent, flous, hivernaux. Je me laisse aller à une rêverie étrange, flottante, où le réel et l'imaginaire commencent à se confondre. Je pense à cette femme sans visage. À cette main. À ce geste suspendu.
Quelques minutes passent.
Je tente de relancer ma série. Les images bougent, les voix parlent, mais rien ne pénètre vraiment. Mon esprit est ailleurs. Toujours ramené à la même question, obsédante, presque absurde.
Est-ce que j'oserais, moi aussi ?
Mais quoi envoyer ?
Les femmes ont mille manières d'être troublantes à travers une photo. On a des références, des codes. Pour les hommes, tout semble plus maladroit. Plus frontal. Et je suis dans un train. Impossible de disparaître dans les toilettes pour une photo qui ne me ressemble pas. Et de toute façon, ce n'est pas ce que j'ai envie d'envoyer. Pas comme ça. Pas sans que ce soit désiré.
Et puis, soudain, une idée me traverse.
Un souvenir précis.
Il y a quelque temps, j'avais échangé des photos avec quelqu'un. Des images que je n'ai jamais supprimées. Je pense à l'une d'elles en particulier. Je me revois assis sur un lit, accroupi, le dos légèrement penché en arrière. Une couette recouvre entièrement mes jambes, cache l'essentiel, ne laissant deviner que la base, juste assez pour suggérer.
Mon corps est visible. Viril, dirait-on selon les standards. Musclé sans excès. Poilu. Un rayon de lumière traverse la pièce depuis la fenêtre et découpe des ombres franches sur ma peau. Le contraste est beau. Presque artistique.
Je dois l'admettre : cette photo me plaît. J'en suis plutôt fier.
Et surtout... on n'y voit pas mon visage.
Je rouvre mon téléphone.
Je la regarde longuement.
Les hésitations reviennent. Les doutes. Les et si. Puis quelque chose bascule. Ce n'est plus seulement de l'excitation. C'est une décision.
Je saute le pas.
Je sélectionne la photo. Mon doigt reste suspendu au-dessus de l'écran, juste une seconde de trop. Puis j'appuie.
Il ne reste qu'un détail.
Les mots.
Je respire.
Je tape lentement, simplement :
Je ne sais pas si je serai votre inconnu...
,mais j'ai toujours fantasmé la mienne.
Je relis.
Je n'ajoute rien.
Et j'envoie.
Au moment précis où j'envoie, mon cœur s'emballe.
Un battement trop fort. Puis un autre. J'ai cette sensation familière et désagréable d'avoir franchi une ligne invisible. Comme si j'avais fait une bêtise. Quelque chose de peut-être irréversible.
Le temps se dilate.
Je fixe l'écran.
Rien.
Une minute passe. Puis deux. Cinq. Dix.
Chaque seconde alourdit un peu plus le poids dans ma poitrine. L'excitation s'effrite, remplacée par une gêne sourde. Je me sens idiot. Naïf. J'ai livré quelque chose de personnel à un parfait inconnu — ou pire, à quelqu'un qui s'amuse.
Je commence à rationaliser, presque malgré moi.
Et si ce n'était même pas une femme ?
Et si la photo venait d'ailleurs ?
Et si tout ça n'était qu'une mauvaise blague, un jeu cruel pour tuer l'ennui ?
Je détourne le regard, comme si ça pouvait effacer ce que j'ai fait. Le train poursuit sa course, imperturbable. Autour de moi, les gens vivent leur vie, inconscients de ce petit drame intérieur qui se joue dans le silence.
Je me sens... bête.
Et puis, soudain—
Mon téléphone vibre.
Le son me traverse comme une décharge. Je le prends trop vite, presque fébrilement. Une nouvelle notification. Le même nom. Le même AirDrop.
Je bloque ma respiration une fraction de seconde avant d'ouvrir.
Quelques mots seulement. Mais ils suffisent.
Monsieur mon inconnu,
vous avez tout mon intérêt.
Je relis. Une fois. Deux fois.
La chaleur revient. Différente. Plus profonde. Un sourire incontrôlable se dessine sur mon visage. Ce n'est pas explicite. Ce n'est pas pressant. Mais c'est clair. Il y a une intention. Une curiosité réciproque. Je lève les yeux, instinctivement. Je balaie le wagon. Je cherche un détail, un signe, un regard qui durerait une seconde de trop. Chaque silhouette devient soudain une possibilité.
L'inconnue est là. Quelque part. Et pour la première fois depuis le début du trajet, je ne suis plus pressé d'arriver.
Un second message apparaît presque aussitôt.
J'aimerais vous voir en vrai avant de me dévoiler.
Voici ce que je vous propose, si vous l'osez.
Rendez-vous au wagon-bar. Prenez un café. Installez-vous au fond.
Je tâcherai de vous reconnaître.
Mon cœur repart de plus belle. Plus vite encore.
Cette fois, ce n'est plus seulement du jeu. Il y a une dimension nouvelle, tangible. Un déplacement. Une exposition.
Alors peut-être...
Mais le doute s'invite aussitôt. Est-ce que j'oserais vraiment suivre les instructions d'un inconnu ? La crainte s'installe, discrète, mais tenace. Et si c'était quelqu'un de bizarre ? Quelqu'un qui s'amuse à pousser trop loin ? Je pèse le pour et le contre, assis là, immobile, tandis que le train continue d'avaler les kilomètres.
Je regarde autour de moi. Rien n'a changé. Les mêmes passagers, les mêmes gestes anodins. Pourtant, tout me semble différent. Comme si une couche invisible venait de se superposer au réel.
Et puis, presque malgré moi, une pensée simple s'impose : aller boire un café au wagon-bar... ça n'a jamais coûté grand-chose. Ce n'est ni un engagement ni un aveu. Juste un déplacement. Un pas de côté.
Je me redresse légèrement. Je sens encore l'adrénaline dans ma poitrine, mais aussi une curiosité plus calme, plus déterminée.
Je prends mon manteau. Je jette un dernier regard à ma place, comme si je pouvais y laisser mes hésitations.
Puis je me lève. Le couloir est étroit, les mouvements lents. Chaque pas me rapproche d'elle — ou de rien du tout. Je ne sais pas encore. Mais cette incertitude même a quelque chose d'étrangement grisant.
Quand la porte du wagon-bar s'ouvre, l'odeur du café chaud m'accueille.
Je respire profondément.
Et j'entre.
Il y a un peu de monde, mais sans plus.
Deux personnes font la queue devant le comptoir. Un duo qui ressemble à de finance bro's est accoudé plus loin, cafés à la main, ordinateurs entrouverts. De l'autre côté de la pièce, une vieille dame lit son journal, parfaitement imperméable au reste du monde.
Je scrute.
Rien.
Aucun signe. Aucun regard qui s'attarde. Personne qui pourrait être mon inconnue.
Une déception discrète me serre la poitrine. J'hésite à faire demi-tour. À me dire que tout ça n'était qu'un jeu un peu idiot, une parenthèse qui se referme déjà. Je jette un coup d'œil vers la porte.
Et puis... à quoi bon partir ?
Maintenant que je suis là, autant aller au bout de ce geste banal. Prendre un café. Me fondre dans le décor. Faire comme si tout cela n'avait été qu'une histoire de plus, vouée à se dissoudre dans le mouvement du train.
Je commande. Un café allongé, simple. Je m'installe au comptoir, légèrement en retrait. La tasse est chaude entre mes mains. La vapeur monte lentement. Je prends une première gorgée, brûlante, presque trop. Elle m'ancre. Me ramène au présent.
Je me dis que je vais profiter de ce moment. Regarder les gens. Écouter le bruit feutré du wagon-bar. Laisser retomber l'adrénaline. Bientôt, je retournerai à ma place. J'oublierai la photo. Les mots. L'inconnue.
C'est ce que je me répète.
Mais malgré moi, mon regard continue de glisser, lentement, d'un visage à l'autre. Pas avec espoir. Plutôt avec cette curiosité résiduelle qu'on ne parvient pas tout à fait à éteindre.
Juste au cas où.
Quelques minutes passent.
Au début, elles me semblent interminables. Chaque seconde s'étire, lourde, presque pesante. Puis, peu à peu, quelque chose se détend en moi. Une forme de résignation s'installe. Comme si l'histoire s'était déjà achevée, sans bruit.
Je finis mon café.
Je pose la tasse.
Je m'apprête à me lever.
Et c'est à cet instant précis que mon téléphone s'allume. Mon cœur se serre avant même que je lise.
Mon inconnu,
j'ai vu tout ce qu'il me fallait.
Et vous me plaisez.
Je reste immobile.
Autour de moi, le wagon-bar continue de vivre, indifférent. Mais en moi, tout s'accélère de nouveau.
La suite apparaît.
Si vous l'osez, rendez-vous dans les toilettes de la voiture 6,
à l'étage du bas.
Entrez.
Ne verrouillez pas la porte.
Je sens une vague d'excitation me traverser, mêlée à une appréhension franche. La chaleur s'empare à nouveau de moi et semble s'installer sournoisement dans mon bas-ventre. Cette fois, il n'y a plus d'ambiguïté. Ce n'est plus seulement un échange de mots ou d'images. C'est un acte. Un déplacement précis. Un risque.
Je lis la dernière phrase.
Si d'ici quinze minutes vous n'y êtes pas,
vous n'aurez plus de nouvelles de moi.
Quinze minutes.
Le compte à rebours s'enclenche aussitôt dans ma tête. Je regarde l'heure. Je relève les yeux. Je prends conscience de ma respiration, plus courte, plus haute.
Est-ce que j'ose vraiment ? Ou est-ce que je vais rester là, assis, à regarder cette opportunité se dissoudre lentement ?
Je me lève lentement du tabouret. Je range mon téléphone dans ma poche. Puis je le ressors presque aussitôt. Comme si le message pouvait disparaître.
La voiture 6.
L'étage du bas.
Je fais un pas vers la sortie du wagon-bar. Puis je m'arrête. Une dernière hésitation. Un dernier instant où tout est encore possible — y compris le renoncement.
Quinze minutes. Le train file droit devant.
Et moi, je dois choisir dans quelle direction aller.
Une autre pensée s'impose alors, plus froide, plus rationnelle.
Et si, au fond... elle ne me plaisait pas ?
Je n'ai vu qu'un fragment. Un corps. Certes sublime, troublant même. Mais rien de plus. Aucun visage. Aucun regard. Rien qui permette de savoir si le désir serait partagé autrement que par projection.
Cette idée me ralentit.
Elle s'impose suffisamment pour que je m'arrête net dans le couloir.
Je sors mon téléphone.
Je réfléchis rapidement avant d'écrire. Les mots se forment lentement, comme s'ils devaient être justes, équilibrés entre audace et retenue.
J'en rêve,
,mais comment savoir si, moi aussi, vous me plaisez ?
Pourrions-nous échanger une photo...
ou un moyen de vous apercevoir ?
J'envoie.
Cette fois, je m'attends à attendre. Mais la réponse arrive presque instantanément. Brutale dans sa simplicité.
Non.
Je ne vous enverrai pas de photo.
Je sens un frisson me parcourir.
Ce refus net, sans justification, a quelque chose de déstabilisant... et étrangement excitant. Je me sens dominé.
Le message continue.
Soit vous osez,
soit c'est terminé pour vous.
15 minutes.
Voiture 6.
Porte ouverte.
Je relis.
Encore.
Il n'y a plus de négociation possible. Plus de compromis. Juste un choix binaire, presque cruel. Avancer ou renoncer. S'exposer ou disparaître.
Je regarde l'heure. Le compte à rebours reprend, implacable.
Je range lentement mon téléphone. Je sens mon cœur battre plus fort, mais aussi une clarté nouvelle. Cette situation me dépasse, et en même temps, elle me révèle quelque chose de très simple.
Ce n'est pas seulement elle que je vais peut-être rencontrer. C'est aussi la version de moi qui décide, ou non, d'oser.
Je reprends ma marche dans le couloir. Chaque pas me rapproche d'un point de non-retour — ou d'une histoire qui s'arrêtera là, à jamais invisible.
Je suis dans un état d'hébétude. Je réfléchis trop, et pourtant mes jambes avancent toutes seules. Sans vraiment décider, je marche vers la voiture 6. Elle est à l'opposé de la mienne. Cette proximité me trouble plus que si elle avait été à l'autre bout du train.
Je traverse la voiture en scrutant les visages.
Toujours rien.
Aucun signe.
Aucun regard qui s'attarde.
Personne qui pourrait être elle.
Presque bêtement, je descends à l'étage inférieur. Le bruit du train change aussitôt, plus sourd, plus présent. Les vibrations se font plus fortes sous mes pieds. Les toilettes sont là.
Je m'arrête devant la porte. Un dernier regard autour de moi. Le couloir est vide. Personne ne passe. Personne ne semble me prêter attention.
J'entre.
Je referme la porte derrière moi, sans la verrouiller. Juste la pousser, comme demandé.
La lumière est faible, un peu crue. Le bruit du train est plus fort ici, enveloppant, presque hypnotique. L'espace est étroit, clos, hors du temps.
Je reste immobile.
J'attends.
Le temps se met à faire quelque chose d'étrange. Il ne s'écoule plus normalement. Chaque seconde semble s'étirer, devenir épaisse. Je n'ose pas regarder mon téléphone. Comme si voir les minutes défiler rendrait l'attente réelle — et donc vaine.
Je fixe un point devant moi. J'écoute ma respiration. Le battement de mon cœur. Le moindre bruit dans le couloir me fait lever la tête.
Une éternité passe.
Finalement, je cède. Je sors mon téléphone, jette un coup d'œil rapide.
Les quinze minutes sont passées.
Je ressens une drôle de sensation. Un mélange de déception et de soulagement.
Encore une, me dis-je. Une seule minute. Et je pars.
Je relève la tête.
C'est exactement à ce moment-là que la porte s'ouvre.
L'air du couloir entre d'un coup. Une silhouette se dessine à contre-jour. Je n'ai pas le temps de distinguer un visage, seulement une présence. Réelle. Proche. Inespérée.
Je me fige.
Le train continue de rouler, imperturbable, mais pour moi, tout vient de s'arrêter.
Une jeune femme entre.
Brune. Belle. Vraiment belle.
Ses yeux sont verts, d'un vert clair, presque lumineux. De minuscules taches de rousseur parsèment son visage, si légères qu'il faut les regarder de près pour les remarquer. Elles lui donnent quelque chose de vivant, de réel. Elle porte un gilet entrouvert, et dessous... je reconnais aussitôt le tee-shirt blanc. Le même. Légèrement transparent.
C'est elle.
Elle existe. Je ne suis pas fou.
Tout ce que j'avais imaginé se matérialise d'un coup, sans prévenir. L'espace semble encore plus petit, chargé d'une présence nouvelle. Je sens mon cœur cogner contre ma poitrine, presque douloureusement. J'ai besoin d'air. J'essaie de respirer. De rassembler assez de courage pour dire quelque chose. N'importe quoi.
Un mot.
Mais avant que je n'y parvienne, elle lève la main. Elle pose un doigt sur sa bouche. Doucement. Ses lèvres s'entrouvrent à peine.
— Chhhut.
Aucun autre son.
Aucun sourire appuyé.
Juste ce geste simple, précis, qui me coupe net.
Je reste figé.
Mon corps comprend avant mon esprit. Le silence devient soudain essentiel. Chargé. Le bruit du train semble s'éloigner, comme étouffé par ce minuscule espace et par ce regard posé sur moi.
Elle ne me quitte pas des yeux.
Je n'ose plus bouger.
Je n'ose plus parler.
Je suis là.
Présent.
Et entièrement à elle, l'espace d'un instant suspendu.
Elle me regarde avec une expression qui tient du défi, presque un jeu silencieux. Puis elle se détourne de moi et ferme la porte à clé. Le déclic résonne dans l'espace étroit, net, définitif.
En se retournant, elle fait glisser son gilet de ses épaules et le pose calmement sur le côté. Le geste est lent, maîtrisé. Je n'ose toujours pas bouger. Je la regarde faire, fascinée.
Elle attrape ensuite le bas de son tee-shirt et le remonte doucement le long de son corps. J'aperçois son ventre nu, la ligne de son nombril, la douceur de sa peau sous la lumière artificielle. Sa poitrine se dévoile, petite et aussi belle que le laissait suggérer la photo où tout a commencé. Ses tétons semblent durs, dressés vers moi, je l'espère par désir. Tout est simple. Naturel. Et pourtant terriblement troublant.
Son corps est... magnifique. Sans effort. Sans mise en scène.
Elle me sourit. Un sourire discret. Assuré. Comme si elle savait exactement ce que je ressens à cet instant précis. Comme si elle avait toujours su que j'irais jusqu'au bout.
Je reste immobile, incapable de détourner le regard.
Le silence est dense. Chargé.
Elle réduit l'espace entre nous. Le parfum qu'elle dégage est léger, une note fleurie mêlée à la chaleur de sa peau, une odeur qui envahit mes sens bien plus vite que l'air n'entre dans mes poumons. Elle ne dit toujours rien, mais ses yeux verts semblent sonder l'intensité de mon trouble.
Elle lève ses mains et les pose à plat sur mon torse. À travers le tissu de mon tee-shirt, je sens la fraîcheur de ses doigts, puis la chaleur de ses paumes qui se diffuse. C'est un contact électrique. Je sens mes muscles se contracter sous leur légère pression. Elle fait glisser ses mains lentement, remontant vers mes épaules, avant de s'attarder sur ma nuque.
Le train tangue brusquement dans une courbe. Son corps bascule légèrement contre le mien. Ce choc sourd, cette proximité soudaine, brisent mon inertie. Mes mains, presque d'elles-mêmes, trouvent le chemin de sa taille. Sa peau est d'une douceur incroyable, un grain satiné qui semble vibrer sous mes doigts.
Elle bascule la tête en arrière, m'offrant la ligne courbe de son cou. Ses yeux se ferment à demi. Je sens son souffle s'accélérer, une respiration courte qui soulève sa poitrine contre moi. L'audace me gagne. Je laisse mes doigts s'aventurer plus haut, suivant le contour de ses côtes, jusqu'à effleurer la base de ses seins. Un frisson parcourt son corps, et je l'entends laisser échapper un soupir étouffé, le premier son qui déchire ce silence électrique.
Elle se redresse, attrape mon visage entre ses mains et me force à plonger mon regard dans le sien. — Vous tremblez, Monsieur mon inconnu, murmure-t-elle, amusée.
Elle ne me laisse pas répondre. Elle guide ma tête jusqu'à son cou. Mes lèvres goûtent sa peau, puis, prises d'une frénésie charnelle, descendent le long de son torse pour se poser sur sa poitrine que mes mains pétrissent fermement. Un téton se love sous ma langue, avant que je ne le mordille doucement. Je sens son corps réagir, se crisper sous un plaisir naissant.
Vorace et encouragée par ses gémissements, ma bouche ne peut arrêter sa course. Elle quitte sa poitrine et poursuit sa descente le long de ses côtes, non sans les chatouiller au passage. Mes lèvres effleurent son nombril et goûtent la chair de poule qui s'empare de son bas-ventre. Mû par le désir, j'attrape mon inconnue sous les fesses pour la poser sur le rebord de la cabine. Mes mains s'emparent du bouton de son jean, que je ne tarde pas à retirer.
À genoux devant elle, désormais simplement vêtue d'une culotte, je marque une pause, étourdi par l'irréel de la scène. Mais le désir me rattrape rapidement et ma bouche reprend son œuvre. J'embrasse l'intérieur de ses cuisses, remontant des genoux vers son sexe. Jouant avec son impatience, je frôle son intimité, faisant courir mon souffle chaud à travers le tissu. Je retarde l'inévitable, et pourtant tellement convoité, moment du contact.
N'en pouvant plus, j'écarte alors son sous-vêtement sur le côté, dévoilant son sexe. Mes lèvres s'approchent et entrent en contact avec sa fente. Dans un mouvement ascendant, ma langue remonte avant d'atteindre son clitoris. Encouragé par ses gémissements, je m'attarde sur ce bouton sensible ; je le lèche, l'aspire et le mordille. Ses mains m'encouragent, me guident.
Sentant son plaisir monter, j'aventure deux doigts en elle tout en continuant mes caresses. Par de légers mouvements de va-et-vient, je semble l'inviter à s'offrir davantage. Son plaisir s'intensifie clairement jusqu'à une ultime contraction. Dans un cri étouffé, elle se libère enfin. Prise de tremblements, elle jouit, d'abord silencieusement, le souffle coupé, puis avec de petits cris hachés alors qu'elle tente de reprendre sa respiration. La tête en arrière, elle finit par se redresser en reprenant ses esprits. Libérant ses jambes, je me lève. Nos regards se croisent.
Je brûle.
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Photo de profil de Nathalie43ans
Nathalie43ans
11 mars 2026 à 18:19
Hummmm super excitant
Ça m'a fait mouiller grave
Soyez respectueux
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Photo de profil de khoubilai2
khoubilai2
11 mars 2026 à 13:34
Bravo. De l'érotisme de situation et du sexe bien dosé ( sans jeu de mots). De quoi attendre une suite de qualité équivalence
Soyez respectueux
Répondre

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