Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le rendez-vous inconnu — Chapitre 1 · La rencontre
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le rendez-vous inconnu
Chapitre 1 · La rencontre
C’est une des pires journées de ma vie. Voilà deux semaines que Louise m’a quitté, elle a trouvé quelqu’un après une soirée chez une copine, un gars plus avenant, plus romantique, plus à l’écoute. Et moi, après quatre ans, je me retrouve comme un con dans cet appartement qu’on avait choisi à deux, cet appartement qu’elle avait décoré, coloré et rendu chaleureux, qui aujourd’hui voit juste vagabonder un homme perdu. À trente-quatre ans, sans femme ni enfant, dans un boulot qui m’emmerde, et avec des amis qui peu à peu se rangent dans de jolies petites vies de famille.
Ce jour-là, je rentre chez moi complètement saoulé de la journée que j’ai passée, des réunions sans fin et ennuyeuses à mourir, dans un costard ridicule, des collègues qui me sortent par les yeux, et mes humeurs du moment ne m’aident pas à gérer ce genre de tension. Je passe la lourde porte d’entrée de l’immeuble et vois des cartons partout dans le hall, des bruits de pas sportifs descendent les escaliers à toute vitesse. Un jeune homme dans la trentaine, il porte un short de sport et un débardeur un peu large, qui laisse entrevoir la musculature de ses pectoraux. Il est en sueur et semble avoir déjà fait quelques allers-retours. Je comprends que c’est lui qui va prendre la place de Mme Denis du cinquième étage.
— Bonjour ! Je suis le nouveau voisin, je m’installe au…
— Oui au cinquième, je le coupe. Tu veux peut-être un peu d’aide ? j’enchaîne poliment.
— Oh non, je ne veux pas t’embêter ! Il me reste que cette dizaine de cartons, ça va le faire.
— Je suis au deuxième, je peux déjà les monter jusque-là. Au fait, je m’appelle Alex.
— Enchanté et merci vraiment, moi c’est Andrea.
— Andrea ?! je dis, assez surpris par la connotation féminine.
— Oui c’est italien, un peu comme André pour les Français, me dit-il avec un ton amusé qui laisse paraître son sourire aux dents blanches et parfaitement alignées.
— Oui au cinquième, je le coupe. Tu veux peut-être un peu d’aide ? j’enchaîne poliment.
— Oh non, je ne veux pas t’embêter ! Il me reste que cette dizaine de cartons, ça va le faire.
— Je suis au deuxième, je peux déjà les monter jusque-là. Au fait, je m’appelle Alex.
— Enchanté et merci vraiment, moi c’est Andrea.
— Andrea ?! je dis, assez surpris par la connotation féminine.
— Oui c’est italien, un peu comme André pour les Français, me dit-il avec un ton amusé qui laisse paraître son sourire aux dents blanches et parfaitement alignées.
J’aurais dû m’en douter, il a en effet le style de l’Italien typique, avec ses cheveux longs en arrière et son teint typé. Arrivés au deuxième étage, je ne me vois pas laisser les cartons sur place et le laisser se débrouiller, on continue de récupérer les cartons le temps de s’échanger les banalités de la première rencontre. Un coach sportif qui cherchait un appartement plus grand, un vrai célibataire endurci de vingt-sept ans. Je suis fatigué physiquement et moralement alors je refuse la bière qu’il me propose mais on se promet de reporter ça à une autre fois.
Je passe une soirée des plus déprimantes après avoir réchauffé une pizza congelée devant un porno de mauvais goût. Je me surprends encore à penser à Louise, deux semaines c’est court mais quand t’es dedans, quand t’es dans la peine de cœur, c’est juste terriblement long, tu veux juste que ça passe. Je m’endors sur le canapé en regardant le plafond, pendant mes vacances qui commencent dans deux jours. Le lendemain matin, je croise à nouveau Andrea avant de partir au boulot, on se donne rendez-vous autour d’une bière le soir même, chez lui.
La journée a été plutôt longue et je rentre chez moi tard, il est dix-neuf heures quinze et je me rends compte que je suis donc en retard. Je monte au cinquième prévenir Andrea que je rentre à peine, je file prendre une douche et j’arrive.
— Pas de problème, je t’attends, je ne bosse pas demain, j’ai le temps.
Je m’empresse de prendre une douche rapide et d’enfiler un jogging et un tee-shirt, c’est bien comme ça que je suis à l’aise. Je le rejoins au cinquième, il est dix-neuf heures trente, et je vais me poser enfin, et parler avec quelqu’un qui a l’air cool, j’essaie de profiter du moment et de penser à rien. L’appartement est encore dans son jus, le séjour est jonché de papier peint comme on n’en voit plus, mais on voit tout le potentiel de l’appartement. On discute vraiment de tout et de rien, je comprends que c’est un homme à femmes, qui refuse toute relation sérieuse ou sentimentale. Les bières s’enchaînent et les langues se délient, on parle plus ouvertement et notamment de nos aventures, on rigole pas mal et on aime le même type de femmes, les belles brunes voluptueuses.
Le temps passe à grande vitesse et quand je regarde l’heure il est une heure du matin passé.
— Putain ! Je bosse demain moi, je vais devoir y aller mec, en tout cas c’était vraiment cool de te rencontrer.
— Pareil pour moi, passe à la salle quand tu veux, je te fais un coaching !
Je rentre chez moi vidé, je ne profite même pas d’une petite branlette avant de dormir et je m’affale sur le lit à plat ventre, les bras grands écartés, et je m’endors comme ça, face contre le drap. C’est mon téléphone qui sonne, le réveil, qui me sort de mon coma, et là je n’ai vraiment pas la force. De toute façon je suis en vacances ce soir, j’envoie un message à mon boss en prétextant être malade, et je me rendors jusqu’à onze heures. Le réveil est un peu dur, mais je suis soulagé d’être de repos, j’ai deux semaines devant moi dont une prévue en Thaïlande. Je devais y aller avec Louise, mais finalement… j’irai seul. Je n’ai jamais voyagé seul, c’est une période de ma vie particulière, je pense que ça va me faire le plus grand bien. Après un café et une bonne douche, je file au supermarché faire quelques courses. Sur le pas de ma porte, un petit colis. Un paquet noir, sans scotch, sans étiquette. Je regarde bêtement autour de moi, puis je m’accroupis et récupère le mystérieux paquet. À l’ouverture, c’est vide. La boîte ne contient seulement qu’un bout de papier blanc, sur lequel il est noté une adresse, un jour et une heure, qui correspond à demain, vingt et une heures, à deux pâtés de maisons. Je pose la boîte sur une étagère et mets le mot dans ma poche, puis continue de faire ma virée courses.
Ma journée se passe assez normalement, je ne cours pas après le temps, je savoure mes vacances. Je prends le temps d’aller voir un ami bientôt papa, d’appeler mes parents, d’appeler ma sœur, de faire du rangement à la maison, mais l’idée de ce rendez-vous sur papier m’intrigue au plus haut point, je me questionne et me demande même si ce mot n’était pas plutôt destiné à Louise qui ne vit plus ici…
Une heure avant la soirée, la tension monte sérieusement, je ne sais pas vraiment sur qui je vais tomber, je ne connais personne vivant à cette adresse. Je décide de choisir une tenue décontractée mais quand même un peu habillée, un jean et un polo feront l’affaire. Je taille les contours de ma barbe de trois jours et huile légèrement mes ondulations qui me retombent sur le visage, n’ayant pas vu le coiffeur depuis un peu trop longtemps. Il est vingt heures cinquante et je quitte l’immeuble, j’y vais à pied histoire de prendre l’air et de me détendre. Je ne sais même pas pourquoi je stresse, il faut que je transforme ça en excitation. J’arrive devant ce pavillon, les lumières sont allumées mais ont l’air tamisées, je ne vois aucune silhouette à travers les rideaux. Je regarde l’heure, il est vingt et une heures cinq, je me lance, je sonne. Lorsque la porte s’ouvre, je vois un homme ouvrir la porte, la lumière dans la maison est très basse, j’aperçois du bleu et du rose, du rouge aussi. Il est plutôt grand et bien bâti, il est classe et porte un masque vénitien. Ce qui me surprend quelque peu, je reste stoïque, en attendant qu’on me dise ce que je fous là, jusqu’à ce qu’il lève son masque.
— Mais ?! J’y crois pas ! je dis en hurlant presque.
À vrai dire, là, je suis un peu sonné, je ne m’attendais pas à trouver derrière cette porte un visage familier…
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