Mon nouvel appartement
Chapitre 1
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Mon nouvel appartement — Chapitre 1

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Pygmalion
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Mon nouvel appartement

Chapitre 1

C'était en avril, il faisait beau. Le soleil inonde le séjour vide, sa lumière rebondit sur le parquet et les murs blancs. Je contemple cet espace, mon espace. Derrière la vitre, le monde tourne en silence comme un film muet, j'aime ce calme, dommage qu'il ne passera pas l'été. Je n'ai ramené aucun meuble de chez ma mère hormis mon bureau, deux bibliothèques et leurs appoints pour mes CD et DVD. Mes cartons arriveront dans la journée, déposés par mon oncle, le frigo, ma nouvelle chaise de bureau et mon nouveau lit sont en route. Un lit deux places, stable, que je n'aurai pas besoin de caler avec mon gros Bailly
Dictionnaire grec ancien-français
, mon gros Gaffiot
dictionnaire latin-français
et un dico des synonymse pour le maintenir debout. Un lit que je pourrai partager…
Je signe les derniers papiers pour le proprio, après quoi il me remet deux clés et un badge. On se serre la main et il me quitte en m'assurant que je serai bien dans cet appartement. Je suis d'accord. Le nom sur la sonnette n'a pas encore été changé, je m'en occuperai ce week-end, en attendant, j'ai donné aux premiers visiteurs celui de l'ancien locataire, histoire de ne pas déranger tous les voisins. Je regarde mon téléphone, 12 h 42, les livreurs arriveront dans une heure ou deux en principe. J'attrape mon sac à dos et m'assied sur le rebord de la fenêtre, je sors mon bento dans lequel j'ai rangé deux tartines, un œuf dur et une mandarine. Je mange à ma fenêtre, en tête à tête avec la ville, observant les gens aller et venir dans tous les sens comme les pièces d'une mécanique complexe. C'est pas grand-chose mais c'est mon premier repas chez moi, je jette un œil à la partie cuisine, pas immense mais avec une table d'appoint en guise de plan de travail, ça devrait le faire, je vais pouvoir expérimenter. Je termine, mes mains sentent la mandarine et collent un peu. Je les rince dans la salle de bain et… merde, j'ai rien pris pour m'essuyer. Tant pis, je vais prendre un mouchoir en papier, j'en ai toujours dans mon sac.
Bon, reste plus qu'à attendre alors. Je sors mon exemplaire des Contemplations de Victor Hugo. Je savoure sa poésie lentement, presque mot par mot. Certains poèmes m'exaltent, j'y trouve des concepts, des vers, des mots qui résonnent dans mon être. Il faudra que je me rappelle lesquels pour y mettre des signets plus tard, quand mes affaires arriveront. La sonnette me tire de ma lecture et me fait sursauter. Ce sont les livreurs. Ils montent le frigo et l'installent, puis déposent en plein milieu du salon les cartons contenant les deux meubles en kit et le matelas en boudin avant de repartir. Bien, je vais pouvoir faire quelques courses, mais d'abord, je déballe le matelas et l'étale au sol pour le laisser reposer.
Je fais un petit tour dans le quartier. Je le connais déjà un peu pour m'y être promené auparavant. Il y a un parc à quelques rues, je vais pouvoir prendre l'air, le soleil et du bon temps là-bas. Pour les commerce de proximité par contre, il faut pousser un peu plus loin, mais bon, c'est pas grave. J'achète des pâtes, des œufs, du pain, du beurre, de l'eau, de quoi préparer des repas simples pour quelques jours. La météo est avec moi et ça rajoute à ma bonne humeur, je me permets même de trainasser avec mes sacs histoire d'en profiter. Devant la porte, j'échange mes lunettes de soleil avec ma paire habituelle et ouvre avec le badge, je regarde la boîte aux lettres, il faudra aussi changer le nom dessus. Et surtout, il va falloir que j'aille à la commune pour opérer mon changement d'adresse officielle, prévenir le boulot et faire toutes les modifications en ligne. Je soupire, la simple idée de devoir faire tout ça m'ennuie, le revers de la médaille j'imagine. Je monte et range les courses, puis retourne sur le rebord de la fenêtre. Mon canapé n'arrivera que demain, j'ai tout le temps de choisir où il ira, j'ai opté pour du skaï, ça coûte plus cher mais c'est garanti sans risque d'acariens. Ça m'évitera de le traiter avec le produit à cinquante balles même pas remboursé par la mutuelle… Par contre, il faudra que je pense à le faire avec mon nouveau matelas.
On sonne. Tiens, mon oncle ne doit arriver que dans une heure. J'actionne l'interphone et la voix me réjouit, c'est celle de Nico, il a décidé de passer après son boulot pour me faire la surprise, et ce n'est pas la seule, il arrive avec un carton pris dans mon ancienne chambre chez ma mère. Il déballe fièrement ma chaîne hi-fi avec quelques vinyles, suivis d'une bouteille de mousseux accompagné de mes flûtes à champagne. Pendant que j'ouvre la bouteille et nous sers, il glisse mon album de Juliette Armanet dans l'appareil et me rejoins dans la partie cuisine pour trinquer au son du Dernier jour du disco.
Le dernier jour du disco, je veux le passer sur ta peau, à rougir comme un coquelicot.
Je lui fais visiter ma modeste demeure en lui exposant mes projets d'aménagement, Nico me regarde avec air malicieux, me voir m'emballer à ce point l'amuse, je dois avoir l'air d'un adolescent, ironique quand on sait que j'ai presque dix ans de plus que lui. Il me propose un second verre avant de chercher quelques outils dans sa voiture pour m'aider à monter mes meubles et pendant que nous buvons, nous dansons sur Boum boum baby, ma main libre sur sa hanche, la sienne sur mon épaule.
J'veux pas de chocolats, j'veux pas joujoux, j'veux juste ce mec-là, point c'est tout.
Mon regard plonge dans le sien, je nous imagine ici, lovés l'un contre l'autre sur le divan devant nos séries préférées, dans la cuisine pour préparer les boulets-frites maison de mon grand-père, jusqu'ici nous ne pouvions nous voir intimement que chez lui, aujourd'hui, nous sommes à égalité, ça compte beaucoup pour moi. Nico me tire de mes pensées, il est temps de se mettre au boulot.
Nous commençons par ma chaise de bureau, les roulettes sont chiantes à installer mais le reste est relativement simple, le plus gros morceau, c'est le lit. Ayant deux mains droites
Parce que je suis gaucher
, j'hésite à mettre la main dans le cambouis, je me contente de déchiffrer le plan et d'assister Nico en tenant les planches, lui passant les pièces et en soulevant le cadre pour lui permettre de tout fixer correctement. Arrivés à la moitié du montage, on sonne encore. Là, c'est mon oncle. Je lui ouvre et lui fais la bise, Nico sort de la chambre pour le saluer aussi, je lui propose une pause mais il préfère terminer le montage pendant que Tonton et moi déchargeons la camionnette. Il a pu trouver une place pas trop loin, heureusement, les cartons sont lourds, extrêmement lourd, pour la plupart des livres, ma bibliothèque entière, trois cents bouquins au bas mot, qu'on entasse dans le séjour pour ne pas déranger Nico. Mes vinyles et CD, DVD, jeux-vidéos, mes ustensiles de cuisines, assiettes et verres que l'on range directement dans les placards. Une demi-heure plus tard, on s'assieds tous les deux par terre, exténués, en sueur. Heureusement qu'il y a un ascenseur, sinon on aurait été frais tous les deux. Je sors deux bouteilles d'eau du frigo et lui en donne une. On avale de longs traits pour se réhydrater. Nico vient boire un coup, il fait mine de râler parce qu'on ne lui a rien proposé, je lui tends ma bouteille et il l'accepte. Mon oncle et moi nous relevons et d'un coup, Nico devient tout petit, il a quasiment deux têtes de moins que nous, sans parler de notre largeur d'épaules naturelle. Tonton s'en va, il va ramener la camionnette et rentrer, je lui demande de saluer ma mère pour moi en lui faisant la bise. Je le regarde par la fenêtre s'en aller, le ciel vire au mauve en cette fin d'après-midi. Nico prend mon bras et m'annonce que le lit est monté. Nous prenons le matelas, toujours au sol, et l'installons, puis ajoutons le linge de lit que j'ai acheté la semaine dernière en prévision. Et voilà, on en a fini pour aujourd'hui. D'autres meubles arriveront ce week-end, le strict nécessaire, et ma connexion internet sera prête demain. En attendant, Nico et moi profitons d'un dernier verre, toujours bercés par la voix de Juliette Armanet qui chante Tu me play.
Tout n'est pas clair dans ce désert, mais si j'suis sur terre, c'est pour te plaire
« Et si on le baptisait ? Demande Nico tout d'un coup.
— De quoi ?
— Le lit.
— Comment ça ?
— Roh, tu le fais exprès ? On l'essaye ?
— Aaah… Bien sûr, j'adorerais. »
Nos visages se rapprochent au ralenti, comme dans les films, on s'embrasse du bout des lèvres, de petits baisers pour se mettre en bouche. On a posé les verres sur le plan de travail pour mieux s'enlacer, se toucher, je ferme les yeux, nos bouches se collent, nos langues s'entremêlent et mes mains glissent sous sa chemise. Je sens la chaleur de son corps, même à travers ses vêtements, réchauffer mon âme. C'est une sensation grisante, enivrante, mais j'en veux plus, alors je défais les boutons de sa chemise et il fait de même, on les fait ensuite tomber sur le parquet. Je serre Nico contre moi, le tiens tout contre moi, j'ai besoin de sa peau contre la mienne, je la caresse, la goûte, la respire, j'y nourris mes sens. Ses bras étaient tout ce qu'il manquait à cet appartement pour devenir mon foyer. Dans un tango maladroit, nous nous dirigeons vers la chambre, esquivant les cartons, nous cognant contre le cadre de la porte jusqu'à atteindre le navire moelleux qui nous emportera vers la petite mort. Je l'allonge sur le lit, couvre son corps frêle et délicat de baisers en baissant son pantalon, l'excitation le gagne déjà, il bande autant que moi. Sa bite, longue et lisse frémit sous mes lèvres, je fais un french kiss envoûtant à son gland et régale mes oreilles de ses gémissements, plus ils sont aigus, plus il prend son pied et plus j'en veux encore. Je m'applique à bien le sucer, j'adore ça, je pourrais le faire pendant des heures, m'amuser avec ma langue sur le bout, aspirer sa verge douce et dure et le torturer en le maintenant au bord du précipice le plus longtemps possible. Je le regarde pendant de j'avale le liquide qui coule sur ma langue, j'adore lire le plaisir dans son visage, ça achève mon érection. J'en peux plus, mon caleçon aussi commence à devenir collant, je retire le bas à mon tour puis crachouille sur mes doigts pour masser son anus et bien le lubrifier tout en l'embrassant de plus belle. La dernière fois semble remonter à une éternité, on en a tellement envie, il écarte les cuisses et soulève son bassin, s'offrant à moi tout simplement.
Je le prends doucement, avec mille précautions mais sans éteindre le feu qui nous dévore, la chaleur de son joli petit cul m'étreint délicieusement, je fais des va-et-vient en lui, soupirant, sa bite contre mon ventre. Je parcours son buste de mes mains, frôlant parfois son sexe tendu et humide, mon être bouillonne, je cherche son accord dans son regard, dans ses yeux sublimes dont la lumière me guide dans mes tempêtes. Il me sourit, j'accélère. Il gémit de plus belle et la bête que je suis grogne, en sueur, me donnant corps et âme à mon homme jusqu'à en perdre le souffle. Il prend le relais et me chevauche, agrippé à mes hanches, il glisse une main dans la mienne, je la baise et la caresse, l'autre dans ma toison pectorale, j'en profite aussi pour chercher son gland que je titille pendant qu'il s'empale sur ma tige en se frottant contre mes doigts épais que j'utilise avec toute la dextérité qu'il m'est possible. Nico gémit de plus en plus, je le sens proche de jouir. Il retire ma main de son sexe, il veut que son orgasme vienne d'ailleurs, alors je prends une grande inspiration et le repousse pour me positionner à genoux sur le matelas, son bassin posé sur mes cuisses et malgré mon souffle erratique, je m'enfonce aussi sauvagement qu'il m'est possible, les yeux fermés, guidé uniquement par sa voix qui ahane des mots d'encouragement. Mes efforts sont récompensés quand son sphincter se resserre sur ma bite, ça y est, il vient, sa propre verge frémit en crachant quelques jets de sperme sur son ventre pendant que le mien se répand dans son cul. Épuisés, le corps dégoulinant, je m'écroule près de mon homme, mon amant, mon amour, et embrasse son gland, avalant les quelques gouttes qui perlent sur ma langue, puis sa bouche et enfin l'éternité.
Je suis allongé à ses côtés, le soleil qui envahit la chambre inonde son corps, l'imprègne de sa lumière. Mes yeux faiblissent, aveuglés, irradiés par cet éclat divin et je sombre dans le chasme de mon propre subconscient.
Lorsque je reviens à moi, il fait déjà jour, je jette un œil confus autour de moi. Mon vieux sommier craque lorsque je me relève, tandis qu'un frisson remonte le long de mes vertèbres qui craquent sous l'effort. Je passe une main sur mon visage en revenant brutalement à la réalité. Je vérifie que les dicos sont toujours bien en place et me rallonge sur le matelas défoncé en repensant à ce que je viens de vivre. Je ne me rendormirai pas, j'en suis incapable, je vais juste prendre un moment pour me repasser le film avant de commencer la journée, une de plus, comme d'habitude.
Imaginer l'amour, c'est tout ce qu'il me reste pour respirer encore. Je l'aimais cette vie que je n'aurai jamais, en tous cas pas ici
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Conteuse
21 septembre 2025 à 08:15
Magnifique !

La richesse des détails rend ce texte criant de vérité, alors qu'il est en même temps chargé de tendresse, ce qui le rend complexe dans la simplicité de ce qu'il raconte.

Vous avez beaucoup de talent,
Bravo.
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Pygmalion
17 septembre 2025 à 07:11
De rien. Ça me touche d'autant plus que, comme je l'ai dit, c'est une histoire qui n'est pas forcément réelle mais qui est fondamentalement vraie, et d'être arrivé à y insuffler assez de réalisme pour la rendre plus réelle justement et la faire résonner chez d'autres personnes, ça me fait très plaisir.
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Photo de profil de Gagou
Gagou
16 septembre 2025 à 23:45
C’est vraiment un jolie texte que tu nous livre là. Tu nous fais revivre les premiers instants de notre premier "chez nous", et qui plus est, avec une relation tout en finesse et en subtilité. Merci.
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Monsieur Plume
25 septembre 2024 à 10:09
Merci pour cette tranche de vie où, courageusement, tu te dévoiles (un peu ? Beaucoup ? Peu importe en fait). En tout cas cela se lit très bien et j’ai été porté par le style et la tendresse peut-être un brin nostalgique qui se dégage de ce texte vraiment touchant.
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Pygmalion
24 septembre 2024 à 23:53
Et bien, merci à vous deux, vos compliments me touchent.

@Wedreca, j'attendais pas trop fébrilement pour le moment parce que j'imaginais pas déjà des commentaires à cette heure-ci, c'était plus de la surprise ^^
Comme tu t'en doutes, raconter était facile, le style, c'est juste moi et ma façon de parler, un poil arrangé pour que ça sonne pas trop mal à lire. Pas besoin de chercher des tournures de phrases alambiquées ou des figures de styles qui passent inaperçues (même si c'est une bonne chose), c'est juste du naturel et je suis content que ça t'aie plu.

@Ben_Dover, tout est vrai, mais tout n'est pas réel pour autant et inversement. Par pudeur, j'ai brouillé un peu les pistes pour garder certaines choses et ne pas trop en dire sur moi. Je comprend que tu ne sois pas attiré par l'exercice, je ne l'étais pas non plus, mais sur le moment, j'ai eu envie de partager quelque chose qui vienne d'une facette de moi-même que je ne montre pas habituellement. Je ne pense pas que je le referai et ce sera sans doute ma seule "histoire vraie".
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Wedreca
24 septembre 2024 à 23:22
Mon cher Pygmalion,

Je te découvre dans un registre dans lequel je ne te connaissais pas... qui plus est pour une histoire vraie.

Déjà, c'est beau ! C'est beau comme tu écris... C'est beau comme tu te dévoiles. Et je me doute qu'à l'heure actuelle, tu dois traquer avec impatience, mais aussi un peu d'inquiétude, l'arrivée des commentaires (j'en sais quelque chose).

Eh bien, je te rassure, mon cher ami d'écriture : ta plume a fait des merveilles. Elle a su trouver les mots qui vont bien, je pense, pour exprimer ce que tu as dans le cœur. Je ne te dirai donc qu'une chose : bravo ! Bravo de l'avoir fait. Bravo de nous l'avoir partagé. Et merci... Merci de ta confiance ^^.

Wed
Soyez respectueux
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