Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Rose des sables — Chapitre 1 · Mon couple parfait
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Rose des sables
Chapitre 1 · Mon couple parfait
La route est longue, mais douce et silencieuse. Ana sur le siège passager me regarde tendrement alors que je suis concentré sur la route. Nous n'avons rien à nous dire, mais j'adore partager ces longs silences où elle ne pense même pas à regarder son téléphone. Quand à son tour elle prend le volant, j'adore la regarder conduire, le mouvant de ses longues jambes dénudées lorsqu'elle embraye ou freine, la contraction de ses muscles, le soleil qui rayonne sur sa peau, ses cils.
Il fait chaud, c'est l'été, mais la douceur de la clim de notre véhicule nous donne parfois le frisson. La route est douce, car durant cet été, nous allons de lieu en lieu en évitant toujours les grands axes. Les lieux de villégiatures modestes que nous avons choisis jusque-là nous ont offert ce dont nous avions besoin. C'est-à-dire peu de choses. Nous nous dirigeons vers notre étape la plus longue. Un camping. Nous avons réservé sept jours, un emplacement et une toile de tente plutôt spacieuse avec deux compartiments.
Ana est grande, brune, cheveux courts ondulés et des yeux bleus magnifiques. Par sa silhouette et son regard, c'est la plus belle femme que j'ai jamais fréquentée. Elle a 37 ans et moi 39, notre histoire remonte à cinq années, bonheur et tumulte, un couple quoi.
Le camping est situé en forêt, non loin de la mer et de belles dunes. L'établissement du camp se fait de façon efficace et toujours en silence. Notre collaboration est parfaite. L'emplacement est ce qu'il est, une enfilade de tentes désordonnées dont la nôtre au milieu, au-dessus en surplomb, les camping-cars. Et je remarque un groupe de jeunes adultes, ensemble au milieu d'un groupement de tentes en hémicycle. L'inquiétude me gagne, jusqu'ici nous étions vraiment tranquilles tous les deux.
Enfin, nous nous en doutions. Nous fermons la tente et gonflons les matelas dans chacun des deux compartiments. J'éprouve le besoin de bouger ma grande carcasse après la route. Je me change, propose une marche à Ana. “Je vais me reposer avant d'aller dîner.” Short et polo blanc. Je m'active et vais prendre mes marques aux alentours comme j'aime faire. Sorti de ma tente, je croise le regard de nos voisins de camping en surplomb, sortant de leur camping, car. C'est elle qui semblait me regarder avec un grand sourire.
— Bonjour ! dis-je.
— Bonjour. Vous allez voir, c'est magnifique ici.
— Bonjour. Vous allez voir, c'est magnifique ici.
La très charmante jeune femme est rousse avec un doux visage et une frange, des taches de rousseur. Son top blanc et son short dévoilent une femme plutôt pulpeuse, de belles hanches et une poitrine qu'elle aime mettre en avant. Sa jovialité était contagieuse. Son homme grand, et fins cheveux gris longs attachés au visage anguleux, avait visiblement plusieurs années de plus qu'elle. Un couple mal assorti. Lui plus discret me salua de la main.
Je me retourne pour partir en balade, elle insiste pour me dire :
— Bonne promenade !
Je la remercie, elle ne m'a pas quitté des yeux.
La balade sur les dunes me fait grand bien et je décide de retourner à la tente. Ana est en tailleur avec un livre. “La balade était chouette” sont les seuls mots que nous échangeons avant de nous préparer pour dîner.
Le restaurant est joli, de belles ampoules sont accrochées dans les arbres, une piste de danse aménagée avec de longues planches de bois ajourées. Assis, nous nous regardons tendrement.
— Tiens ! Bonjour ! Sarah, enchantée ! dit la jeune rouquine du camping-car de sa petite voix.
— Ana, répond, surprise, ma compagne.
— Victor se présente le compagnon.
— Aster.
— La promenade était comment ? C'est beau hein ? me demande Sarah avant de poursuivre et s'adressant à Ana, nous avons échangé tantôt. Nous sommes vos voisins. Vous voulez prendre un verre ?
— Ana, répond, surprise, ma compagne.
— Victor se présente le compagnon.
— Aster.
— La promenade était comment ? C'est beau hein ? me demande Sarah avant de poursuivre et s'adressant à Ana, nous avons échangé tantôt. Nous sommes vos voisins. Vous voulez prendre un verre ?
Ana hésite, mais accepte, j'attends son aval sagement. Nous apprenons qu'ils viennent tous les ans ici, qu'elle a 27 ans et lui 51, ils se connaissent depuis trois ans. Elle est kiné et lui chirurgien. Ana parle de son métier d'architecte d'intérieur, ce qui passionne Sarah. Elles rigolent beaucoup toutes les deux. Puis la musique change : c'est Elvis “Can't help falling in love”. Sarah exulte et aspire son compagnon sur la piste, Ana me regarde tendrement et nous laissons aller à ce moment complice. Sarah et Victor s'embrassent, Ana pose sa tête sur mon épaule puis avant la fin de la chanson me dit :
— Allons dîner, je suis fatiguée.
Son ton change soudainement tout comme son air. Nos voisins poursuivent leur soirée au bar et semblent s'amuser comme des fous. Nous rentrons après avoir dîné.
Sous la tente, elle prend ses affaires pour aller faire sa toilette. “Moi j'irais après”, dis-je. Je me sens un peu triste. Ana a l'air maussade. Elle rentre, je prends sa suite aux sanitaires. Je croise Sarah.
— Oh Aster. Quel joli couple vous faites avec Ana, belle femme. T'en as de la chance...
Elle me touche le torse.
— J'espère que vous avez le confort que vous voulez dans votre tente, poursuit-elle. Si besoin, n'hésite pas Aster.
— Merci à vous. Votre camping-car est assez grand on dirait.
— Oh oui... On ne jure plus que par lui, quel bonheur ! C'est la liberté, tu sais. Venez prendre l'apéro demain avec Ana.
— Je lui en parle.
— Super. Bonne nuit !
— Merci à vous. Votre camping-car est assez grand on dirait.
— Oh oui... On ne jure plus que par lui, quel bonheur ! C'est la liberté, tu sais. Venez prendre l'apéro demain avec Ana.
— Je lui en parle.
— Super. Bonne nuit !
Elle monte sur ses pointes, m'enlace et m'embrasse chaleureusement la joue. Elle a l'habitude d'être au cou des grands hommes étant de très grande taille. Je me demande si elle me drague, et comment je peux plaire à une si charmante jeune femme du haut de mes 40 ans ou presque et de mes cheveux gris tout comme ma barbe négligée. Mais je savoure. C'est étrange.
Je rentre dans la tente, j'ouvre le voile derrière lequel Ana semble assoupie. M'immisce derrière elle comme chaque soir et comme chaque soir...
— Pas ce soir. Pas encore, je ne suis pas prête... Je suis désolée.
Et je regagne l'autre compartiment, chacun seul dans son matelas. Jusqu'ici nous avions deux chambres, c'était plus simple.
Je me suis souvenu de mon rêve le lendemain. Un rêve érotique, nu avec une femme dans une église, j'ai fait l'amour à cette femme. C'était Sarah. Pendant que Ana et un autre homme faisaient la même chose quelques bancs plus loin.
Ce matin, je me réveille seul dans la tente. Je fais un bilan de ma situation : depuis deux mois que nous nous sommes remis ensemble, nous avons fait une fois l'amour dans un soupir las où elle n'avait pas joui ni pris aucun plaisir. Depuis, je ne lui mets aucune pression ni à moi-même. Ces six mois de séparation m'ont permis de prendre du recul. Si elle m'a trompé, c'est aussi parce que je ne pouvais pas être là pour elle, trop occupé avec le boulot. Le sexe c'est le pansement. C'était une fois, un soir, et je l'avais quittée immédiatement. Je n'ai pas vraiment su ce qui s'était passé. Elle m'a dit : “Tu vas me quitter... j'ai fait une bêtise...” J'ai compris. Elle m'a dit “C'était rien, juste une fois, je ne supporte pas de te mentir” et j'ai pris ma décision.
Je le regrette et quand elle est revenue vers moi, je n'ai pas réfléchi un instant. Et mis à part le sexe, notre relation est paisible et amoureuse. Je ne sais pas ce qui déconne. Le sexe avant c'était... bien selon moi. Doux attentionné. C'était simple en tout cas. Des potes m'ont conseillé de pimenter les choses, mais que faire quand elle me dit qu'elle n'est pas prête ? Je suis patient. Je vais l'être jusqu'au bout.
Ana rentre dans la tente, je l'ai entendue arriver. Elle revient de son footing, elle plaisantait avec un mec. Bon je m'épargne la jalousie, mais franchement je suis perdu. Elle est en sueur, mais je la vois heureuse.
— J'ai couru avec un type hyper-sympa, hyper-drôle. Bon je me douche et on va déjeuner.
Je me lève. Je ne me prends pas la tête. Je prends quelques affaires et vais aux sanitaires. Comment veux-tu créer de l'érotisme ici, quelle idée à la con. On voulait être à la cool, mais en fait c'est le pire endroit pour reconquérir Ana. Je plonge mon visage dans un filet d'eau. J'enfile une chemise pour être présentable aux yeux du monde. Et en sortant...
— Tiens ! Mais c'est le voisin.
— Sarah, je l'imagine encore dans cette église. C'est quoi ce délire avec l'église...
— Salut... Sarah c'est ça ?
— Sarah, je l'imagine encore dans cette église. C'est quoi ce délire avec l'église...
— Salut... Sarah c'est ça ?
Je me rappelle parfaitement son prénom, mais bref...
— Hey bien dormi ? Nous avec Victor on a dormi comme des loirs. Dis, tu sais quoi, on devrait se faire une balade ensemble, on vous embarque dans notre GROS VÉHICULE.
— C'est gentil, je vais en parler à Ana.
— A Ana oui bien sûr... Elle est très belle ta copine. Ta femme ?
— Non copine.
— Oui... Une très belle femme. Sportive... je l'ai vu ce matin. Je l'ai croisée sur le sentier.
— Oui, elle court tous les matins.
— Oui, elle court... c'est ça. Bon on se croise plus tard ?
— C'est gentil, je vais en parler à Ana.
— A Ana oui bien sûr... Elle est très belle ta copine. Ta femme ?
— Non copine.
— Oui... Une très belle femme. Sportive... je l'ai vu ce matin. Je l'ai croisée sur le sentier.
— Oui, elle court tous les matins.
— Oui, elle court... c'est ça. Bon on se croise plus tard ?
Je ne suis pas assez idiot pour ne pas comprendre le sous-entendu. Mais l'intention m'échappe, de quoi elle se mêle.
Le petit-déjeuner se passe paisiblement. Ana sourit et me lâche :
— Je suis contente d'être là. Et tu sais quoi...
Elle s'approche de moi et me chuchote...
— Je crois que je suis prête...
Je ne réponds pas, je me dis que finalement il y a une issue heureuse... je ne m'imagine pas la tournure que va prendre notre situation en l'espace de quelques jours, à commencer par cette journée.
A suivre.
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