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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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C'est votre faute ! — Chapitre 5 · Véronique

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C'est votre faute !

Chapitre 5 · Véronique

2 juillet
Mes vacances ont commencé par deux jours de pluie. J’espère que ça ira mieux demain, parce que monter une tente sous la pluie, ce n’est pas mon activité préférée. J’ai pris un peu de temps pour préparer mes affaires pour les trois semaines à venir, ce qui a été assez rapide : d’une année à l’autre, je stocke tout dans un box.
Carole et moi avons passé le reste du week-end à regarder des photos. Mes photos, enfin celles que je fais.
Ma charmante colocataire a en effet exhumé les albums que j’avais soigneusement exilés au fond d’un placard.
Dans un moment d’optimisme, j’ai cru qu’elle se lasserait vite, vu qu’Isa était le sujet de huit photos sur dix.
Mais non. Elle m’a questionné sur chaque page, parfois sur chaque photo. Certes, c’est flatteur de voir que ma modeste production l’intéresse, mais tout de même…
Là où je suis franchement gêné, c’est lorsqu’elle attaque la (longue) série de nus.
— Elle aimait poser nue, on dirait.
— Non, je devais la torturer, et ensuite j’en avais pour des heures à maquiller les traces.
Regard en coin, genre « Tu es sûr de vouloir jouer à ce petit jeu ? »
— Ben, en fait, oui, elle aimait bien. Les premières fois ont été assez laborieuses. Ni elle ni moi ne savions trop comment nous y prendre. Les poses étaient pour le moins coincées et manquaient de naturel. Sans parler de mes cadrages et de mes éclairages approximatifs.
— C’est toi ou elle qui a eu l’idée ?
— Un peu des deux. Je venais de lire un dossier sur le nu et je l’avais laissé sur la table et…
— C’est sûr que le rangement et toi…
J’encaisse sans rien dire. D’une part parce qu’elle a raison, et d’autre part parce que les souvenirs refont surface. Carole me ramène à la réalité.
— Et ensuite ?
— Ensuite ??
Je reprends tant bien que mal le fil de mon récit.
— Ensuite, eh bien, elle a lu le dossier et quelques photos lui plaisaient. Elle m’a demandé si je pouvais faire les mêmes avec elle. Et on a essayé.
— C’étaient lesquelles ?
— La série en noir et blanc sur le canapé.
— Effectivement, elles sont pas mal. Pas mal du tout.
Je souris, un peu distraitement. Carole interrompt ma nouvelle plongée dans mes souvenirs :
— Et tu les referais avec moi ?
Question piège ou réel intérêt ?
Carole ayant l’habitude de me prendre à contre-pied, je ne sais pas trop. Mais autant être honnête.
— Je ne crois pas, non. Je n’ai pas envie de refaire avec une autre ce que j’ai fait avec Isa.
— Et encore moins avec moi, n’est-ce pas.
Je hoche la tête sans rien ajouter.
— Tes scrupules t’honorent, mon preux chevalier. Et j’aurais sans doute été un peu ennuyée si tu avais dit oui, car je ne suis pas vraiment prête, moi non plus. Mais un jour, j’espère bien que je deviendrai ta muse.
Sur ces paroles pleines d’ambiguïté, elle reprend l’album et me bombarde de nouveau de questions. Mais elle a pris soin de tourner quelques pages, et les macros de fleurs et d’insectes sont beaucoup moins chargées de souvenirs.
**9 juillet**
Ma première semaine de vacances s’achève. Installation sans souci. J’ai gardé le matériel de camping que nous avions avec Isabelle et je suis très à l’aise dans une très grande tente. J’apprécie mes premiers moments de liberté.
Je me balade pas mal, je fais un peu de photos, je me repose. J’ai amené mon ordi portable qui me permet de faire du tri assez régulièrement dans mes prises de vues.
J’essaie aussi de faire un peu le point sur la tournure que prend ma vie :
Côté professionnel, je suis relativement optimiste. Même si certains aspects de mon boulot me déplaisent toujours autant, j’ai bon espoir que cela se passe bien. Après tout, si l’on m’a confié cette responsabilité, c’est que je suis sans doute capable d’y faire face.
Côté cœur, il est indéniable que la plaie ouverte par Isa se referme petit à petit. Il est aussi évident que la présence de Carole me rassure. Je suis comme la nature, j’ai horreur du vide, je ne suis pas fait pour vivre seul. Ou alors pas longtemps.
Durant cette semaine, Carole m’a manqué, c’est indéniable. Ses reparties me manquent, et nos petites joutes oratoires aussi.
Lorsque j’ai fait modifier mon bail, j’ai eu droit à un clin d’œil vaguement égrillard et complice de la part de notre DRH, qui m’a dit que j’avais bien raison de ne pas me laisser abattre et qu’une de perdue…
Je n’ai pas relevé. À quoi bon ? Aurait-il seulement compris que deux cœurs blessés n’aspirent pas forcément à se jeter dans le premier lit venu ?
Et puis mes incartades avec quelques hommes (dont Pierre) avaient su calmer mes ardeurs de solitaire qui n’est pas de bois.
Carole doit arriver par le train cet après-midi. Nous passerons quinze jours ensemble, ses vacances étant décalées par rapport aux miennes. À l’origine, il était prévu qu’elle aille passer trois semaines chez les parents de Pierre, mais leur rupture a sensiblement bouleversé ses projets.
— Si tu veux, viens me rejoindre. Ma tente a deux chambres séparées, ça ne posera aucun problème.
— Il semblerait que tu doives toujours jouer les bons samaritains avec moi.
— Ne t’en fais donc pas, tout est consigné dans un registre et, le moment venu, je te présenterai la facture.
— Tâche de ne pas me mettre trop à découvert.
Cet échange avait conclu notre petite discussion, et l’un comme l’autre nous étions très satisfaits de ne pas passer toutes nos vacances tout seuls.
Le camping où j’ai planté ma tente est tenu par un couple d’amis, Corinne et Christian. Découvert par le plus grand des hasards alors qu’Isa et moi visitions les châteaux de la Loire (ainsi que bon nombre de vignobles et fromageries), il nous avait beaucoup plu et, l’année suivante, nous y étions revenus. Nous nous étions très vite liés avec les propriétaires et je ne manquais pas une occasion d’y venir, pour des congés ou un simple week-end, parfois même sans Isa, car les environs fourmillaient de « coins photos ».
Et pour ma plus grande joie, mon futur poste va me permettre de n’être qu’à quelques dizaines de kilomètres de cet endroit.
Même si je suis en vacances, je me lève souvent assez tôt et, appareil en bandoulière, je fais une petite promenade avant que le camping ne s’éveille.
J’en profite pour saluer lapins, oiseaux et écureuils, en mettant quelques-uns dans ma boîte à images lorsqu’ils ne se montrent pas trop farouches. Ensuite, petit-déj et douche avant d’aller piquer une tête dans la piscine, qui n’est pas encore envahie par les autres vacanciers. Puis passage à l’accueil pour saluer Corinne et Christian.
— Bonjour Sylvain, tu as vu Véro ? Elle te cherchait.
Je souris un peu.
En fait, Véronique me cherche toujours, elle me court après depuis mon arrivée. Elle ne rate pas une occasion de passer quelques instants avec moi. Ce qui est loin d’être désagréable, car elle est très mignonne et sexy.
Presque aussi grande que moi, ce qui n’est pas si fréquent vu ma taille, des cheveux châtains clairs qui lui tombent jusqu’au bas du dos (j’adore les cheveux longs), de jolis yeux bleus très clairs, quelques charmantes courbes placées aux endroits stratégiques, elle est tout à fait à mon goût.
Moi qui ai un physique des plus banals, je suis d’ailleurs surpris qu’elle puisse s’intéresser à moi.
Elle aussi est une habituée et nous avions déjà un peu flirté lors de nos précédentes rencontres. Mais comme j’étais casé, cela n’avait pas été plus loin que quelques sous-entendus un peu coquins.
— Tu vas pas pouvoir te sauver, la voilà, me dit Christian, un brin rigolard.
De toute façon, je n’ai pas vraiment l’intention de l’éviter, bien au contraire. Ce petit jeu du chat et de la souris a duré bien assez longtemps.
Une main se pose sur mon épaule et le parfum de vanille qu’affectionne Véronique me parvient.
— Bonjour Sylvain.
Je me retourne, sa main toujours sur mon épaule. Quatre bises, la dernière effleure ses lèvres.
— Bonjour Véronique, en forme ?
Ses yeux brillent. Elle ne semble même pas surprise que je cède à ses avances. Je me demande si mon initiative en est bien une.
— Très bien, oui. Ça te tente, la piscine ? Il n’y a encore pas trop de monde.
— J’en sors, mais pourquoi pas ?
Corinne et Christian (surtout Christian) semblent amusés.
— Bonne baignade, nous lance-t-il avec un clin d’œil.
Mouais, si je ne me trompe pas, Véro et moi allons alimenter les ragots du camping pendant un bon moment.
Véro s’en moque totalement, pour preuve : elle me prend par la main et nous voici, comme deux collégiens, main dans la main, en route pour la piscine.
Je me tourne un peu vers elle. Le soleil dessine ses formes, qui me plaisent vraiment. Ses seins semblent libres sous la courte robe fleurie qu’elle porte. Au premier abord, ils semblent petits, mais à y regarder de plus près, je crois qu’il s’agit là d’une simple impression due à sa taille.
Arrivée à la piscine, elle ôte sa robe et enfile rapidement un haut de maillot de bain. Vision éphémère mais enchanteresse de deux petites aréoles assez claires aux pointes dressées. Par le froid ?
Elle plonge aussitôt. Moi, je prends mon temps. Et bien entendu, elle en profite pour m’éclabousser. Je plonge donc aussi, vers elle. Je profite de mon élan pour la renverser dans l’eau. Nous ressortons tous les deux la tête de l’eau en nous ébrouant et en rigolant. De vrais gamins.
Puis, sans nous concerter, chacun fait un pas vers l’autre et nous nous enlaçons.
Le premier baiser que nous échangeons n’a rien d’un baiser d’adolescent. Nous y mettons toute notre envie, toute notre fougue. Nos lèvres se touchent, nos dents se heurtent, nos langues se découvrent. Je la serre contre moi, ses bras me pressent contre elle. Le temps suspend son vol pendant que notre désir prend son envol.
Le grincement de la porte de la piscine nous ramène à la réalité. Un groupe de gamins bruyants investit les lieux. Dans les yeux de Véro, je vois comme une lueur de triomphe : « Tu es à moi » semblent-ils dire.
Je ne suis pas contre. Je suis partant à cent pour cent, en fait. Nouveau baiser, tout aussi passionné. J’avais presque oublié que c’était aussi bon.
— On sort ?
La question a fusé de nos lèvres presque simultanément. Mieux vaut partir tout de suite, avant que je ne sois plus présentable. Nous nous séchons le plus rapidement possible, et je frictionne un peu la longue chevelure de Véro.
Ma tente est la plus proche et, là encore, sans nous concerter, nous nous y dirigeons. Je crois que seuls un minimum de retenue et notre bonne éducation nous retiennent de courir.
Sitôt sous la tente, nous nous jetons l’un sur l’autre. Les maillots de bain sont défaits puis jetés. Je bascule Véronique sur le matelas, la couvre de baisers. J’aime le goût de sa peau, son odeur.
Pendant que je l’embrasse, que je la dévore, elle me caresse tout le corps. Je frissonne. J’ai envie d’elle. Mon sexe tendu se niche contre son ventre.
Ma bouche s’empare de son sein gauche, arrachant à Véro un soupir. Je me laisse glisser contre son corps. Ses mains se posent sur ma tête et elle appuie doucement lorsque je souffle sur son bouton avant que ma langue ne vienne lécher sa fente sur toute sa hauteur. Véro soupire, je me régale de son humidité qui ne doit rien à la piscine.
Ma langue plonge, son amante soupire d’aise. Son plaisir qui commence à couler me rend euphorique.
Maintenant, ses mains me plaquent contre elle lorsque ma langue débusque son clitoris. Elle étouffe un cri puis murmure :
— Prends-moi.
Pour cette première fois, nous n’avons envie ni l’un ni l’autre de faire durer.
Ma bouche la bâillonne pendant que j’entre en elle. Elle mord mes lèvres, veut crier quand nos bassins se soudent. Je suis en elle et ses jambes viennent m’emprisonner.
Il est près d’une heure quand nous émergeons de la tente. Nous sommes exténués, repus de plaisir. Véronique est une amante pour le moins surprenante, qui aime prendre des initiatives.
Le mot « non » ne semble pas faire partie de son vocabulaire sexuel. En revanche, « encore », je l’ai souvent entendu…
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