Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Domestication — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Domestication
Chapitre 1
Les portes du RER s’ouvrent, je fends avec fluidité et rapidité la foule pour respirer à nouveau l’air pur. Les corps se frottent, se frôlent et se heurtent parfois sans que cela n’ait rien de réjouissant même pour moi. En arrivant sur les bords du lac, je me détends enfin. C’est comme un signal, je suis bientôt chez moi. Mon dos se relâche, mon pas ralentit au point, mes poumons s’emplissent de cet air glacial qui n’a aucune odeur. J’ouvre un peu mon manteau marron clair révélant un pull bleu et doré avec une jupe bleue longue et fendue. Mes vêtements dissimulent parfaitement mes sous-vêtements en coton pratique. Marcher me fait du bien, je suis lasse. Le bruit de mes talons resonne sur le bitume. Je suis clerc d’huissier et la tension subie toute la journée me met les nerfs à vif. Les longues heures où je demeure assise à mon bureau à rédiger des actes puis les heures debout dans les transports en commun.
Je m’arrête un instant pour apposer mes mains en bas de mon dos pour m’étirer. Je suis une sédentaire aussi, bien qu’en bonne santé, je ne suis pas en forme. Les muscles de mon cou sont tendus et douloureux. Mon propre corps sollicite tout mon mental déjà usé par les incivilités et par mon inconfort dans la vie sociale. Je me sens vieille, bien que je n’aie que trente-quatre ans. A cette pensée, mon pas s’accélère. J’ai un besoin impératif de voir ma famille et je sais que je suis attendue impatiemment. Depuis quelques jours avec mon chéri, nous avons la garde de Filou, un labrador de couleur feu, et leur petite chatte, Chayenne, une Européenne noire et blanche avec des yeux verts magnifiques.
Nous hésitions depuis de longues années à prendre des animaux de compagnie. Nous nous disputions étant moi-même plus chien et mon conjoint plus chat. En réalité, notre véritable obstacle, c'est notre métier. Tous deux, nous avons peu de temps à la maison, alors prendre un animal est une grande responsabilité. Passé nos trente-deux ans, nous avons commencé à baigner dans un sentiment d’ennui qui entachait notre bonheur conjugal.
Il faut dire que nous sommes presque trop bien assortis. Tous les deux ronds, tous les deux châtains, tous les deux doux, tous les deux sereins dans la vie, du même âge, peu disposé à avoir des enfants, sans passion et dans des métiers confortables. Nous avions fait de nos vies et de notre appartement un nid confortable et accueillant dans lequel nous passons le plus clair de notre temps.
En vieux couple qui se respecte, après tout, nous sommes ensemble depuis près de dix ans et les nouvelles expériences se font rares. Le sexe, c’est au mieux une fois par semaine quand nous n’avons pas trop mangé avant d’aller dormir le samedi soir. Alors nous avons manifesté un changement contre le quotidien bien installé, contre l’ennui. Bien qu’heureux, notre couple avait besoin de renouveau. Aussi quand des amis nous ont demandé de prendre leurs animaux de compagnie en pension pour deux semaines, nous n’avons pas hésité. Ils ne sont pas réellement ma famille, mais ils en ont le goût, et je réalise que je rentre chez moi avec un réel plaisir.
A peine passé ma porte, je n’ai que le temps de sentir la senteur de feu de bois qui se dégage des bougies, que Filou me saute dessus en remuant vigoureusement de l’arrière-train manquant de me faire tomber. Alors j’ordonne fermement : “Filou assis.” Obéissant, il s’assoit tout en continuant à exprimer sa joie de me voir avec sa queue. Je lui donne toute une série d’ordres auxquels il réagit immédiatement avec joie : “debout”, “roule”, “bisous”. Il me donne des léchouilles entre chaque ordre, alors je lui embrasse tendrement la truffe, il remue la queue avec cette joie légère qui le caractérise. Je lui donne une friandise bien méritée.
En passant par la chambre pour aller à la douche, je vois la chatte qui repose sur le lit. Chayenne dort paisible et ne bouge pas d’une oreille à mon arrivée, me snobant de façon éhontée. Alors, je la laisse tranquille et me déshabille rapidement.
Enfin seule, je m’allume quelques bougies parfumées à la lavande. Juste moi, l’eau chaude et une musique reposante. Quel plaisir d'être nue, libérée de mes vêtements. Je caresse du bout des doigts mon corps sensible. Cette journée de frustration a fait grandir en moi un désir immense que je laisse enfin me submerger. Mon compagnon ne rentrant pas avant deux bonnes heures, je profite de ce moment précieux et égocentré. Je m’aime et j’en profite. Mes doigts glissent sur mon corps, jouent de mes tétons, écartent mes chairs humides. Mes gémissements sont à peine couverts par la musique. Filou m’a suivi dans la salle de bain. Je ne le vois pas, mais l’entends parfaitement : il couine. J'ai la sensation qu'il comprend parfaitement ce que je vis, le plaisir que je prends, j’en suis certaine. Nos bruits se mêlent. Je me caresse le clitoris avec plus d’ardeur sentant l’orgasme m’envahir. Quand je jouis à plein poumon, il hurle tel un loup pour célébrer mon orgasme.
Une vague de plaisir me parcourt comme jamais je n’en ai eu. Dans l'instant qui suit ma jouissance, je paresse dans l’eau avec la sensation d’avoir été satisfaite et honorée.
Toute souriante, les muscles encore engourdis par mon orgasme, je sors de la baignoire pour l’enlacer, le mouillant au passage. Une fois sèche, je retourne dans la chambre et cette fois-ci c’est cette coquine de Chayenne qui me regarde avec intérêt. Son nom est un jeu de mot entre chat et le poivre de cayenne, ce qui lui va comme un gant, car elle a un caractère épicé. J’en profite pour lui gratter le ventre et la prendre dans mes bras pour l’embrasser. Elle apprécie et ronronne tendrement à mes caresses. Son poil doux contre ma peau nue est très apaisant. Je la presse contre mon cœur entre mes seins en m’allongeant sur le lit. Sa chaleur, sa douceur, son ronronnement guérit tout. Quand elle en a assez, elle me mord, me laissant l’empreinte de ses dents sur la main et roule loin de moi. Je ne me formalise pas de son attitude sauvage. Au contraire, elle me fait tendrement sourire.
Toute souriante, les muscles encore engourdis par mon orgasme, je sors de la baignoire pour l’enlacer, le mouillant au passage. Une fois sèche, je retourne dans la chambre et cette fois-ci c’est cette coquine de Chayenne qui me regarde avec intérêt. Son nom est un jeu de mot entre chat et le poivre de cayenne, ce qui lui va comme un gant, car elle a un caractère épicé. J’en profite pour lui gratter le ventre et la prendre dans mes bras pour l’embrasser. Elle apprécie et ronronne tendrement à mes caresses. Son poil doux contre ma peau nue est très apaisant. Je la presse contre mon cœur entre mes seins en m’allongeant sur le lit. Sa chaleur, sa douceur, son ronronnement guérit tout. Quand elle en a assez, elle me mord, me laissant l’empreinte de ses dents sur la main et roule loin de moi. Je ne me formalise pas de son attitude sauvage. Au contraire, elle me fait tendrement sourire.
Sans même m’habiller, je retourne dans le salon. Filou a repris sa place au coin avec son air abattu. Je savoure quelques secondes en m’asseyant sur le canapé à le regarder se retenir avant de tapoter la place à côté de moi. Ce geste simple déclenche une fête d’enfer, il se frotte à mes jambes avec force avant de sauter sur le canapé. Il me lèche le visage avant que je parvienne à l’arrêter en rigolant. Jorik mon homme déteste ça, il trouve cela dégoûtant. Je n’apprécie pas davantage, mais ce petit-cœur de Filou parvient toujours à m’avoir. Je lui gratouille la tête comme à Chayenne, mais ses réactions sont si expressives. Il ouvre grand la gueule, remue la queue. Il s’allonge complètement sur moi, le ventre bien exposé que je gratouille pour lui. Nous chahutons ainsi ensemble un moment.
Quand je regarde l’heure, je sais que mon mari ne va pas tarder à rentrer, alors j’ordonne à Filou d’aller me chercher un plaid comme je lui ai appris. Tout excité de m’obéir, il se précipite, tandis que je vais me chercher une bouteille de vin et deux verres. Je ne suis pas peu fier d’être parvenu à lui apprendre un tel tour en si peu de temps. Je lui embrasse la truffe pour le remercier tandis qu’il bat de la queue comme toujours.
Je m'installe confortablement sur le canapé. Débordant d’enthousiaste, Filou me donne un coup dans le bras qui tient mon verre. Le vin se renverse sur moi. Il se précipite pour lécher le vin sur ma gorge. Sa langue épaisse lèche ma gorge, se glisse sur et même sous mes vêtements venant laper mon téton, ce qui me fait frémir. Je le frappe le museau et même temps que je crie :
— Non Filou ! Descends !
Penaud, il retourne à son panier toujours avec son même regard si triste, ses grands yeux marron et ses longs cils fixés sur moi, mais je ne céderais pas et l’ignore, me laissant poisseuse de vin et de bave. Après m’être nettoyé, l’alcool commençant à faire effet et Jorik n’étant toujours pas rentré, je lance un film pornographique sur l'écran de télévision. Je choisis rapidement parmi les recommandations à la une et avance directement à la scène de pénétration. Les gémissements, le bruit des chairs qui claquent, tout cela me donne chaud. Je me masturbe à nouveau sous les yeux de Filou qui m’observe attentivement, le regard curieux.
Mon copain arrive sur ces entrefaites. Il me regarde avec surprise et semble décontenancé dans un premier temps. Quand il comprend, le sang lui monte immédiatement à la tête et, heureux de me surprendre ainsi, il me propose son aide. Ce à quoi je réponds évidemment : “Viens vite, je t’attends.
— Tu es la plus merveilleuse des surprises.
Il se précipite dans la salle de bain pour se laver. Quand il en revient d’un pas vif, sans prendre la peine de se déshabiller, il s’agenouille devant moi pour me lécher comme un affamé. Très sensible à sa langue, je gémis. Ses doigts sur mon clitoris, il appuie fermement dessus en faisant des cercles. Mes cris résonnent dans l’appartement se mélangeant aux cris de l’actrice :
— Tu me fais bander avec tes bruits. Tu es meilleure que les professionnelles.
— Alors, n’attends pas et sers-toi de ton organe, dis-je en gémissant.
— Alors, n’attends pas et sers-toi de ton organe, dis-je en gémissant.
En réponse immédiate à mon ton péremptoire, il sort son pénis déjà dur en souriant. La capote vite enfilée, il joue entre mes lèvres du bas en me disant sur un ton taquin :
— Demande-le-moi plus gentiment.
Je grogne, frustrée, mais cède, incapable de me retenir plus longtemps :
— Prends-moi fort, je suis toute humi...
Avant que j’aie pu finir ma phrase, il m’enfonce son pénis d’un coup sec avec un sourire fripon que j'adore. Il ne me laisse pas le temps de me remettre avant de commencer ses va-et-vient. Les chairs claquent. Du coin de l’œil, je vois la curieuse Chayenne venir se lover contre Filou pour nous regarder. Tous les maîtres vous le diront, le sexe est une attraction pour ces petites bêtes qui adorent regarder. Ils se lèchent mutuellement, tendrement tandis que nous faisons l’amour sauvagement malgré la fatigue. C’était à se demander qui sont véritablement les animaux sous ce toit à cet instant. L’extase nous vient très rapidement. Jorik serre fort mes hanches de passion et me laisse des marques. Nous restons imbriqués quelques secondes en nous embrassant tendrement. Puis il m’embrasse sur le front avant d’aller se changer et de jeter la capote pleine de sperme.
J’éteins la télévision, les acteurs étant encore eux en pleines acrobaties dignes d’un cirque. En rangeant le salon, j’entends au loin mon chéri s’amuser avec Chayenne qui l’a suivi dans la chambre. Je l’entends bêtifier et elle ronronner fort. Tous les deux, ils s’adorent depuis le premier jour. Je suis presque jalouse, mais je me raisonne en me disant que c’est idiot d’être jalouse d’une chatte, et puis moi j’ai mon Filou. Je m’assois par terre pour qu’il vienne prêt de moi, fidèle. Son doux regard affectueux fixé sur moi. Sa truffe humide contre ma cuisse. Il me lèche lentement. Je savoure chaque instant de cette vie.
Au dîner, Jorik et moi nous mangeons tranquillement en amoureux un plat banal que nous avons préparé ensemble : des lasagnes aux légumes. Les animaux jouent gentiment entre eux dans leur coin. Cela nous fait comme un dîner spectacle jusqu’à ce que Jorik estime qu’ils fassent trop de bruit et leur ordonne de se calmer.
— Tu es trop rigide. Ils ont bien le droit de s’amuser et ils doivent se dépenser, lui rétorquai-je. Je leur souris en essayant de le faire comprendre qu’ils peuvent continuer. Filou a levé la tête tandis que Chayenne, en digne membre de son espèce, ignore royalement Jorik et continue de jouer.
— Pas quand nous mangeons ! Ils peuvent y aller plus doucement.
— Quand c’est toi qui joues avec Chayenne, qu’importe l’heure, cela ne t’embête pas.
— Pas quand nous mangeons ! Ils peuvent y aller plus doucement.
— Quand c’est toi qui joues avec Chayenne, qu’importe l’heure, cela ne t’embête pas.
Je le taquine un peu et il en rigole :
— Oui, mais ils s’entendent anormalement bien pour un chien et une chatte ! C’est surréaliste.
— Moi j’aime les voir ainsi. La maison est plus vivante et je me sens plus gaie, plus légère.
— Oui, je l’avais remarqué. Tu éprouves autant de joie à voir les autres en prendre qu’à le vivre toi-même.
— Moi j’aime les voir ainsi. La maison est plus vivante et je me sens plus gaie, plus légère.
— Oui, je l’avais remarqué. Tu éprouves autant de joie à voir les autres en prendre qu’à le vivre toi-même.
Jorik prend ma main qui sert avec tendresse. Ses yeux brillent de cet éclat d’amour qui me fait toujours fondre. Il n’a jamais cessé de me regarder comme cela.
Après le repas, nous devons sortir promener Filou. Il est déjà tard et nous sommes seuls dans le parc. Cette balade nous fait du bien malgré le froid. Demain, nous serons le premier jour de l’hiver. Jamais nous n'aurions pensé à profiter ainsi d’une balade nocturne sans Filou, et nous apprécions le moment. Je me colle à Jorik qui glisse une main au creux de mes reins. Dans son autre main, il tient fermement la laisse de Filou qui tire fort. Son collier l’étranglant un peu, ses maîtres nous avaient prévenus qu’il faisait beaucoup ça et qu’il ne fallait pas être compatissant pour mieux l’éduquer. Etant novice, je suis les conseils d’éducation qui me sont donnés. Pourtant, je sens bien que ce ne serait pas ma façon de faire.
Avec Jorik, nous nous embrassons longuement avant de rentrer. C’est Filou qui, en tirant sur sa laisse en direction de la maison, nous fait comprendre qu'il en a marre. Je lui remets d’abord son manteau que je lui avais retiré pour qu’il puisse jouer. A cause de son poil court et peu épais, il a vite froid.
Une fois de retour à la maison, Chayenne nous accueille en miaulant, fort mécontente d’être restée seule. Elle nous fait savoir son agacement et a pissé dans le panier de linge sale. Je suis bien obligée de la disputer, alors elle me fixe de ses yeux verts incroyables et feule mécontente avant de partir bouder dans son coin. Peu habituée, je fais des recherches et selon les articles que je peux lire, c’est une attitude naturelle pour les chats. Un moyen de communication comme un autre pour exprimer son mécontentement.
Un peu plus tard, elle trouve la capote que Jorik avait simplement jetée dans la poubelle de la salle de bain. Cette maline ne trouve pas de meilleure idée que de jouer avec, et ce qui devait arriver, arrive d’un coup de griffe, elle l'éclate avant de se rouler dedans. Son poil était recouvert et tout poisseux de sperme. En grimaçant de dégoût, nous la saisissons à deux avant qu’elle ne court et salisse tout l’appartement. A contrecœur, nous la lavons de force, ce qu’elle n’apprécia pas du tout. Ces miaulements déchirants firent aboyer Filou qui refuse de se taire. Alors pendant un quart d’heure, l’appartement se transforma en cirque bruyant.
Quand enfin nous nous glissons au lit, épuisés, Chayenne me surprend en venant d'elle se coller à moi et patoune sur ma poitrine en ronronnant pour me montrer qu’elle ne m’en veut pas. Elle est toute chaude contre moi. Nous dormons à quatre dans le lit, Jorik est dans mon dos et serre Filou dans ses bras. Nous sommes blottis et en sécurité tous ensemble. Il faudra nous acheter un lit plus grand pour plus tard, si nous adoptons nos propres animaux. En attendant, il est confortable de profiter de cette promiscuité et nous plongeons ensemble dans nos rêves.
Le lendemain matin, alors que tout le monde dort encore et qu’il fait froid, je me glisse hors du lit. La nuit a été reposante et calme. Je sens dans mon corps une légèreté. Une seule ombre à mon tableau idyllique : nous sommes samedi à savoir le dernier jour de garde.
Chayenne s’étire avec élégance et me suit hors du lit. Nous nous installons toutes les deux sur le canapé. Elle prend nettement moins de place que Filou et elle est si douce quand elle le veut bien se laisser caresser. Ses maîtres nous avaient prévenus qu’elle n’appréciait pas les câlins et encore moins ceux des étrangers. Pourtant après seulement une seule journée avec nous, elle était venue réclamer des câlins. Puis j’avais pu de moi-même lui en faire. Anthonia nous avait confirmé que c’était parfaitement exceptionnel. Elle nous a vite acceptés et a été accueillante malgré une attitude parfois plus sauvage. Aussi, quand elle me le permettait, j’adorais la faire ronronner pendant des heures, car il s’agit du son le plus délicat et le plus agréable à entendre. Ce précieux bruit me détend au plus profond de mon être. Bien au chaud sous un grand plaid, je la caresse lui provoquant ces sons que j’adore.
Nous finissons souvent par nous rendormir sur le canapé tandis que je la serre fermement dans mes bras après ce moment de joie.
Cette facilité dans notre attachement mutuel, je suis honnête, m’a parfois fait oublier que leur présence chez nous n'était que temporaire. Je n’avais jamais eu d’animaux de compagnie et n’imaginais pas ce que les gens pouvaient leur trouver. Je comprenais encore moins quand ils les traitaient en véritable humain ou les pleuraient. Je trouvais cela ridicule. Mais maintenant que j’ai ces deux boules d’amour sous les yeux, je me savais prête à embrasser pleinement cette vie.
Cette facilité dans notre attachement mutuel, je suis honnête, m’a parfois fait oublier que leur présence chez nous n'était que temporaire. Je n’avais jamais eu d’animaux de compagnie et n’imaginais pas ce que les gens pouvaient leur trouver. Je comprenais encore moins quand ils les traitaient en véritable humain ou les pleuraient. Je trouvais cela ridicule. Mais maintenant que j’ai ces deux boules d’amour sous les yeux, je me savais prête à embrasser pleinement cette vie.
Pourtant je m’interroge : est-ce ainsi avec n’importe quel animal ou est-ce Filou et Chayenne qui ne sont pas comme les autres ?
Lorsque Jorik se lève et qu’il nous voit, son visage s’éclaire d’affection et d’amour. Il prépare en silence le petit-déjeuner. Filou va le suivre en se faisant le plus discret possible. Quand le thé est chaud et les gaufres cuites, il vient caresser mes cheveux en me disant : “Réveille-toi mon amour.”
Lorsque Jorik se lève et qu’il nous voit, son visage s’éclaire d’affection et d’amour. Il prépare en silence le petit-déjeuner. Filou va le suivre en se faisant le plus discret possible. Quand le thé est chaud et les gaufres cuites, il vient caresser mes cheveux en me disant : “Réveille-toi mon amour.”
Je sors de mon sommeil et dans cet état de demi-conscience, Chayenne toujours lové contre moi, les mots sortent de ma bouche sans que je ne puisse prendre le temps d’y réfléchir :
— Ils vont me manquer.
Il soupire profondément avant de me répondre avec un sourire triste et entendu :
— Je sais à moi aussi. Nous devrions en discuter ce midi avec leurs maîtres. Ils nous conseilleront.
J’acquiesce, heureuse que nous soyons sur la même longueur d’onde.
Nous nous installons pour le petit-déjeuner et nous essayons tous de conserver une attitude joyeuse. Pourtant tout comme nous, Filou et Chayenne semblent plus faiblards que d’habitude.
Après un bref ménage, nous commençons à préparer le repas tôt. Nous avons choisi une recette qu’Anthonia et Valentin adorent. Nous serons quatre, mais nous préparons pour six personnes puisque Chayenne et Filou auront droit à leur part de ce repas. Je savoure de les choyer et de les habiller pour la dernière fois. Puis nous finissons de réunir les affaires de deux loulous qui prennent une mine basse. J’éprouve une pointe de fierté d’avoir su me faire aimer d’eux en si peu de temps malgré mon inexpérience et celle de Joris.
Après un bref ménage, nous commençons à préparer le repas tôt. Nous avons choisi une recette qu’Anthonia et Valentin adorent. Nous serons quatre, mais nous préparons pour six personnes puisque Chayenne et Filou auront droit à leur part de ce repas. Je savoure de les choyer et de les habiller pour la dernière fois. Puis nous finissons de réunir les affaires de deux loulous qui prennent une mine basse. J’éprouve une pointe de fierté d’avoir su me faire aimer d’eux en si peu de temps malgré mon inexpérience et celle de Joris.
La sonnette retentit. Je vais rapidement ouvrir à nos amis. Bien bronzés de leurs vacances en Espagne vers Valence où ils ont passé le plus clair de leurs temps à la “Platja de l'Arbre del Gos” comme ils disent avec l’accent alors qu’ils n’ont aucune notion d’espagnol. Leurs dents me paraissent plus jaunes malgré le contraste avec leurs épidermes brûlés par le soleil, leurs peaux plus fripées, la fragrance de leurs parfums trop forts se mélangent dysharmonie et leurs yeux me paraissent plus globuleux qu’auparavant. Je retiens une grimace de dégoût qui me surprend moi-même. En mon for intérieur, je me sermonne d’être en proie à une si méprisable jalousie, car sans les trouver attrayants, je ne les trouvais pas si repoussants avant... avant leur départ, avant la garde, avant Chayenne et Filou, avant l’harmonie, la joie et puis mon renouveau... J’ai changé sur ces dernières semaines. Bien plus que je ne l’aurais cru.
Nous les avons rencontrés dans un club assez osé, où nous sommes allés seulement une fois pour essayer de nouvelles choses. Si finalement nous n’avons pas participé, nous sommes repartis avec de nouvelles images plein les yeux et le numéro de téléphone d’une femme âgée qui a de l’expérience dans ces milieux alternatifs et qu’il faut absolument connaître. Le soir même, nous avions fait passionnément l’amour avec Jorik stimulé par les sensations de rébellion que nous éprouvions. Cela nous a suffi un moment, la seule sensation sans avoir réellement dépassé les limites. Mais au fil du temps, nous voulions plus. Nous avions vu la pomme rouge et nous voulions y croquer à pleines dents et en savourer le jus.
Alors ce n’est qu’après un temps de réflexion de plusieurs jours que nous avons appelé. Il nous faudra encore du temps et de longues discussions avant de pouvoir rencontrer les merveilleux Valentin et Anthonia. Ils nous firent connaître les joies et les plaisirs de la Domination et de la soumission.
Après nous avoir salués chaudement, et tandis qu’Henry retire ses chaussures avec difficultés, Monique s'exclame avec impatiente :
— Allez mes agneaux, venez m’embrasser.
C’est à cet ordre qu’Anthonia alias Chayenne et Valentin alias Filou reprennent “forme humaine” en se redressent pour saluer leurs véritables maîtres. Nous leur laissons de l’intimité pour que maîtres et animaux se retrouvaient tandis que nous servons l’apéritif en les attendant dans le salon.
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