Le contrat rose : bimbofication lesbienne
Chapitre 1 · La villa
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Le contrat rose : bimbofication lesbienne — Chapitre 1 · La villa

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Bimbo Aurora
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Le face-à-face entre les deux femmes fonctionne à merveille : d'un côté Sophia et son pull gris, ses livres empilés sur une coiffeuse à pompons, sa tendance à tout analyser pour garder le contrôle — de l'autre Valentina et ses ongles fuchsia, ses points d'exclamation, son sourire qui cache quelque chose. On aime la façon dont le récit joue sur cet écart, et la manière dont la tension s'installe sans jamais montrer toutes ses cartes.

Le contrat rose : bimbofication lesbienne

Chapitre 1 · La villa

La thèse ne s'écrirait pas mieux à Paris qu'ailleurs. C'était le raisonnement que Sophia avait tenu à sa directrice de recherche, au téléphone, trois semaines plus tôt, debout dans son studio de vingt mètres carrés du quatorzième arrondissement, entourée de piles de livres qui montaient jusqu'au plafond et d'une fenêtre qui donnait sur un mur de briques grises. Elle avait besoin de changer d'environnement, avait-elle dit. De calme. D'espace. Sa directrice avait soupiré et dit que tant qu'elle rendait ses cinquante pages avant septembre, elle pouvait écrire depuis la lune si ça lui chantait.
L'annonce était apparue sur un forum académique, ce qui avait d'abord semblé une garantie sérieuse. Chambre meublée dans villa privée, Côte d'Azur, loyer symbolique en échange de cohabitation, profil calme et studieux recherché. Sophia avait envoyé un email, y joint son CV académique par habitude, et reçu une réponse en moins d'une heure : Trop bien !!! Viens quand tu veux chérie !!! La chambre est trop belle tu vas adorer !!! Des bisous !!!
Elle avait relu la réponse deux fois, haussé les épaules, et réservé un billet de train pour Nice.
Elle arriva un mardi matin de mai avec deux valises dont l'une contenait exclusivement des livres, un sac à dos rempli de notes manuscrites et un thermos de café qu'elle avait rempli à la gare. Elle portait un jean délavé, un grand pull gris à col rond qui lui descendait jusqu'aux cuisses, des Converse blanches jaunies par le temps et ses lunettes rondes. Ses cheveux bruns étaient attachés en chignon serré. Elle n'avait pas de maquillage. Elle n'en portait jamais.
Le taxi la déposa devant une grille dorée automatique au bout d'une route côtière bordée de palmiers. Sophia sortit, regarda la grille, regarda son téléphone pour confirmer l'adresse, regarda à nouveau la grille. Elle appuya sur l'interphone.
Une voix répondit, lente et légèrement traînante, avec des intonations qui montaient à la fin de chaque phrase comme si tout était une question :
— Oui ?
— C'est Sophia. Sophia Marchand. Pour la chambre.
— Oh mon Dieu !!! T'es là !!! Une seconde chérie !!!
Les grilles s'ouvrirent lentement, avec une fluidité mécanique silencieuse qui trahissait leur prix. Sophia attrapa ses deux valises et remonta l'allée en marbre blanc.
La villa était blanche avec des volets rose pâle. Deux étages, terrasse en L sur le côté droit, piscine visible depuis l'allée, eau turquoise immobile sous le soleil de mai. Des bougainvilliers roses couraient le long de la façade. Tout était impeccable, géométrique, luxueux d'une façon qui ne cherchait pas à se cacher. Sophia fit mentalement le calcul du prix au mètre carré et se demanda comment le loyer pouvait être symbolique.
La porte d'entrée s'ouvrit avant qu'elle y arrive.
Sophia s'arrêta.
La femme qui se tenait dans l'encadrement de la porte mesurait, avec ses talons, quelque chose qui n'entrait dans aucune catégorie familière. Elle était naturellement grande, peut-être un mètre soixante-dix sans les talons, mais les talons ajoutaient une vingtaine de centimètres supplémentaires, des escarpins roses à plateforme. Elle portait une robe bandeau rose fuchsia qui s'arrêtait à mi-cuisse, en tissu extensible qui épousait chaque courbe sans équivoque. Les courbes en question étaient, Sophia nota avec le détachement clinique qu'elle appliquait à toute observation, extraordinaires dans leur amplitude et leur rondeur simultanée. Une poitrine que la robe contenait à peine et un bonnet dont la lettre alphabétique dépassait largement ce que Sophia aurait su nommer spontanément. Une taille qui semblait physiquement incompatible avec le reste, minuscule, une taille de guêpe, peut-être quarante-huit centimètres, peut-être moins.
Des hanches larges et des fesses volumineuses et hautes qui donnaient à la silhouette une forme de sablier porté à son expression la plus extrême.
Son visage était encadré de cheveux platine qui lui descendaient jusqu'à la taille, lisses et brillants. Synthétique. Ses lèvres étaient immenses, pulpeuses au point d'être la première chose que le regard enregistrait, recouvertes d'un gloss légèrement nacré. Ses sourcils étaient fins et arqués, tracés avec une précision qui, Sophia le comprendrait plus tard, était permanente. Son eye-liner noir formait un trait parfait au ras des cils, haut et bas, encadrant des yeux d'un vert clair légèrement agrandi par le maquillage. Ses ongles mesuraient facilement huit à dix centimètres, en acrylique rose fuchsia brillant.
Elle mâchait lentement un chewing-gum rose.
— Oh mon Dieu !!! T'es Sophia !!! dit-elle avec un sourire immense. Je suis trop contente que t'es là !!! Je suis Valentina !!!
Elle prononça son prénom avec un accent sur le i, comme une signature sonore.
— Bonjour, dit Sophia.
Elle remonta ses lunettes sur son nez.
Valentina se pencha pour attraper une des valises de Sophia et y parvint sans difficulté malgré ses ongles, avec une habileté gestuelle qui trahissait des années de pratique. Elle pivota sur ses talons de vingt-deux centimètres avec une fluidité parfaite et dit :
— Viens, je vais te montrer ta chambre, elle est trop belle, tu vas trop l'adorer, je te jure !!!
Sophia la suivit à l'intérieur.
L'intérieur de la villa était blanc, rose et doré dans des proportions variables selon les pièces. Le sol du couloir d'entrée était en marbre blanc veiné d'or. Les moulures du plafond étaient roses. Un lustre en cristal rose pendait au-dessus du salon, dont Sophia aperçut l'entrée en passant : canapés blancs en cuir, coussins roses et dorés empilés, une télévision de la taille d'une cloison entière fixée au mur, un tapis rose poudré à poils longs. Sur les tables basses, des magazines de mode et de beauté empilés en colonnes. Sur les murs, des miroirs dorés de toutes les tailles et quelques cadres avec des citations en lettres roses stylisées. Sophia eut le temps de lire Stay fabulous avant de tourner dans le couloir.
La chambre était au bout.
Valentina ouvrit la porte et dit :
— Voilà ta chambre, c'est trop mignon non ?
Les murs étaient rose poudré. Le lit double était recouvert d'une couverture rose à pompons. Au-dessus du lit, fixé au plafond, un miroir rectangulaire couvrait toute la surface. Sur le côté gauche, un dressing aux portes coulissantes miroirs. Sur le côté droit, une coiffeuse avec un miroir encadré d'ampoules rondes, comme dans les loges de théâtre. Le sol était recouvert d'un tapis rose à poils courts. Il y avait, Sophia le nota, peu de surfaces planes disponibles pour poser des livres.
— C'est... rose, dit Sophia.
— Trop, non ? dit Valentina avec enthousiasme, manifestement en accord total.
Sophia posa son sac à dos et regarda le miroir au plafond. Elle n'avait jamais dormi avec un miroir au plafond. Elle ne savait pas exactement pourquoi quelqu'un voudrait dormir avec un miroir au plafond.
— Les affaires dans le dressing, dit-elle en désignant les vêtements visibles derrière la porte entrouverte, c'est l'ancienne locataire qui a oublié ?
Valentina la regarda avec un léger froncement de ses sourcils parfaitement tracés.
— Mais non, chérie, c'est pour toi. C'est inclus.
— Inclus dans quoi ?
— Dans le contrat. T'as lu le contrat non ?
Sophia allait répondre que non, qu'elle l'avait signé sans le lire, quand Valentina sortit de la poche invisible de sa micro-robe un chewing-gum rose, le déballa avec ses ongles de dix centimètres avec une dextérité impressionnante, et dit :
— Viens, on va signer les papiers dans le salon, je t'ai fait un cocktail.
Le contrat faisait quarante-sept pages. La police d'écriture était minuscule. Les marges étaient larges. Sophia le prit, regarda la première page, vit les sous-titres : Clause 1 : Conditions de résidence. Clause 2 : Modalités de paiement. Clause 3 : Utilisation des espaces communs. Elle continua à feuilleter. Clause 12b : Soins esthétiques hebdomadaires inclus. Clause 23 : Intervention de remodelage corporel au terme du premier mois. Clause 31...
Valentina posa devant elle un grand verre de cocktail rose pétillant garni d'une tranche d'ananas et d'une paille rose.
— C'est ma recette secrète, dit-elle en s'asseyant en face de Sophia sur le canapé blanc, ses longues jambes croisées, ses escarpins roses posés sur le tapis. J'en bois trois par jour, c'est trop bon, goûte.
Sophia goûta par réflexe social. C'était effectivement très bon. Sucré, légèrement acidulé, avec une note florale et quelque chose d'autre, une légère amertume sous-jacente, chimique peut-être, qu'elle attribua à un fruit exotique qu'elle ne connaissait pas.
Elle reprit le contrat. Les clauses s'enchaînaient. Elle s'arrêta à la clause 31. Lut la première ligne. Maquillage permanent incluant... Elle tourna la page. Il y en avait encore vingt-trois.
Elle but une autre gorgée de cocktail.
— Tu signes là où c'est marqué en rose, chérie, dit Valentina en faisant tourner lentement son propre verre entre ses ongles fuchsia. Les détails c'est trop compliqué à lire, c'est juste des trucs légaux, genre.
Sophia regarda les post-its roses collés aux pages de signature. Elle était doctorante en philosophie. Elle avait lu Kant. Elle était parfaitement capable de lire quarante-sept pages de contrat.
Elle prit le stylo et signa sur le premier post-it rose.
Puis le deuxième.
Puis les suivants.
Elle finit son cocktail pendant qu'elle signait les dernières pages. Valentina sourit lentement, récupéra les pages signées et dit, en mâchant son chewing-gum avec une lenteur délibérée :
— T'inquiète pas chérie. Dans six mois tu seras exactement comme moi.
Sophia remonta ses lunettes sur son nez et dit :
— C'est une façon de parler, j'imagine.
Valentina la regarda avec ses yeux verts encadrés d'eye-liner parfait et dit :
— Genre non.
La nuit, Sophia s'allongea sur le lit rose en ayant réussi à faire de la place sur la coiffeuse pour empiler sept livres et son cahier de notes. Elle avait sorti Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, qu'elle lisait pour le quatrième chapitre de sa thèse, et l'avait posé ouvert sur sa poitrine.
Elle lut trois pages.
Ses yeux dévièrent vers le miroir au plafond.
Elle se vit allongée, jean slim, pull gris, chignon de travers. Elle vit autour d'elle le lit rose à pompons, les murs roses, la coiffeuse à ampoules. Elle pensa à Valentina dans la cuisine ce soir au dîner, en nuisette transparente rose pâle qui ne cachait strictement rien, se déplaçant entre les plans de travail en marbre avec une fluidité animale sur ses talons, préparant des salades avec ses ongles de dix centimètres comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Sophia pensa aux proportions de Valentina.
Elle essaya de reprendre Schopenhauer.
Elle repensa aux proportions de Valentina.
Ce n'était pas une attirance, se dit-elle. C'était une réaction esthétique à un stimulus inhabituel et extrême. Le cerveau humain répondait aux stimuli hors-norme par une attention accrue, c'était documenté. C'était de la curiosité intellectuelle, rien de plus.
Elle posa Schopenhauer sur la coiffeuse.
Elle regarda le miroir au plafond.
Sa main bougea lentement sous l'élastique de son jean.
Elle pensa à Valentina debout dans l'encadrement de la porte, la façon dont elle occupait l'espace sans effort, ses lèvres immenses légèrement entrouvertes, ses yeux verts qui regardaient Sophia de haut avec une expression qui n'était pas de la condescendance exactement mais quelque chose d'autre, quelque chose de plus doux et de plus sûr, comme quelqu'un qui connaît déjà la fin d'une histoire.
Dans le fantasme qui se construisit sans qu'elle l'organise vraiment, Valentina entrait dans la chambre, s'asseyait au bord du lit, la regardait dans le miroir au plafond, et disait, avec sa voix lente et traînante : Dans six mois tu seras exactement comme moi. Et dans le fantasme Sophia ne répondait pas, elle regardait Valentina qui la regardait dans le miroir, et quelque chose dans ce regard réinitié et multiplié par le miroir au plafond produisait une chaleur qui montait du bas du ventre et...
Sophia jouit en retenant sa respiration, les yeux fixés sur son propre reflet dans le miroir au plafond.
Elle resta immobile un moment, la main encore sous l'élastique du jean.
Puis elle se redressa, prit son cahier de notes, et écrivit d'une écriture soignée et analytique : Réaction psychologique prévisible au changement radical d'environnement. L'exposition soudaine à un stimulus esthétique inhabituel produit une activation des circuits de récompense. Rien d'alarmant. À surveiller.
Elle referma le cahier, éteignit la lumière de la coiffeuse.
Dans l'obscurité, elle entendit Valentina parler au téléphone dans le couloir, voix basse et lente :
— Oui, elle a signé. On commence demain.
Sophia fixa le plafond dans le noir.
Elle pensa qu'elle devrait peut-être relire le contrat demain matin.
Elle s'endormit avant d'avoir décidé si elle le ferait vraiment.
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