Coup de foudre sexuel entre femmes
Chapitre 1 · entrecuisses en feu
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✦ Vachette Coup de foudre sexuel entre femmes XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Coup de foudre sexuel entre femmes — Chapitre 1 · entrecuisses en feu

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Vachette
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Coup de foudre sexuel entre femmes

Chapitre 1 · entrecuisses en feu

Note de l'auteure :
 
 
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I. Le bonheur de trouver chaussure à son pied
 
 
 
 
 
 À première vue, le destin n'avait pas prévu de faire se rencontrer Angèle et Béatrice, et pourtant… Leurs chemins allaient se croiser d'une façon tout à fait fortuite et changer complètement leur vie.
 
 Béatrice de… était une vraie jeune bourgeoise parisienne, de quarante-cinq ans, habitant le quartier huppé de l'avenue Montaigne, à quelques numéros d'un grand palace internationalement renommé, où il lui arrivait de prendre un thé, dans l'après-midi, certains jours où elle avait envie de voir du monde, évitant ainsi de se faire envahir par le spleen, dans sa vie qu'elle trouvait monotone ; ce qui la requinquait pour quelque temps, en lui permettant de mieux supporter sa solitude.
 
 Cette jolie femme était de taille moyenne, châtain très clair, presque blonde, aux yeux noisette. Sa fine silhouette, son élégance, ses diverses qualités d'âme ainsi que, peut-être aussi, la petite fortune immobilière que lui avaient légué ses parents, tout cela avait compté dans le choix qu'avait fait son compagnon Alex en l'épousant. Le problème d'Angèle était qu'elle ne savait toujours pas dans quel ordre d'importance son mari classait ces éléments !
 
 Lui, il était capitaine de super tanker dans une grande compagnie pétrolière. Il voguait toujours sur les mers pour de longues périodes, avant de revenir au nid conjugal pour quelques semaines de vacances. Leur vie de couple sans enfant était assez banale : travail, fatigue, repos, besoin sexuel, pénétration, éjaculation, dodo. Il manquait quelque chose… Et elle, alors ?
 
 Béatrice, depuis quelques années, s'était fait une raison. Elle ne retrouverait plus avec Alex la fougue des débuts, le bouquet de fleurs et les orgasmes partagés, qui rendaient la vie belle et le bonheur possible. Malgré tout, elle mettait un point d'honneur à ne pas tromper son mari, cet homme qui travaillait dur, dans des conditions difficiles, pour la gâter du mieux qu'il pouvait, sans compter. Il l'aimait, elle en était sûre. Alors elle ne se sentait pas capable de lui avouer ce qu'elle trouvait ne pas aller au plan sexuel entre eux. Elle préférait se taire, bien souvent, après avoir plus ou moins bien simulé son orgasme au moment où lui prenait réellement le sien.
 Dans chaque soirée en amoureux, il y avait d'abord la première phase : baisers, caresses, mots censés être rassurants :
 - Hmm, oui c'est très bon, mon chéri.
 Puis c'était le sempiternel enchaînement des étapes post-coïtales : douche, retour au lit, bref câlin pour dire merci, quelques mots encore, lecture, indifférence, dodo.
 - Éteins la lumière, chéri, s'il te plaît.
 - Attends Béa, je termine mon chapitre.
 
 Béatrice avait heureusement une occupation qui la ravissait : ne travaillant pas, ayant Adrienne, sa bonne qui le matin lui faisait le ménage et les courses, elle se distrayait dans le shopping, pour lequel elle avait largement les moyens. C'était par passades ; elle dépensait.
 Le moment de sa vie qu'il me plaît de raconter ici, c'est celui qui commença par un jour où une simple envie d'acheter des nouvelles chaussures allait changer sa vie par le plus pur des hasards...
 
 Angèle avait trente-cinq ans. Mariée, sans enfants, c'était une belle brune aux yeux noirs, de taille et de corpulence élégamment féminines. Elle vivait en banlieue, à une heure de RER de son lieu de travail. C'était une personne très soignée, maquillée juste comme il fallait, habillée à la mode, mais jamais provocante dans ses tenues. Il n'eût pas fallu en être autrement, d'ailleurs, vu le style de la boutique qui l'employait : une enseigne de chaussures de l'avenue Montaigne, haut lieu du luxe parisien à la clientèle très fortunée ; un commerce où il ne suffisait pas de mettre des escarpins en rayons et attendre la cliente pour lui faire régler ses achats en caisse avant de sortir. Non, ici, la cliente était choyée, dorlotée, servie. Ça faisait partie du prix de l'article, celui qu'on vous emballait dans un joli carton, qu'on emportait ou qu'on se faisait livrer pour ne pas s'encombrer et aller ainsi plus facilement faire chauffer sa carte bancaire à loisir dans d'autres magasins du quartier ; question de soutien et de synergie entre les commerçants, dont tous profitaient.
 
 Dans le magasin de chaussures exclusivement féminines de l'avenue Montaigne, où Angèle était la cheffe d'une équipe de quelques jeunes femmes dont certaines débutaient, la sonnette retentit. ‘'Madame'', la patronne dont le petit bureau se tenait pas loin de la porte, voyant une cliente de belle allure se présenter, alla lui ouvrir la porte sécurisée, pour l'accueillir. Puis elle referma précautionneusement derrière la femme.
 - Bonjour madame, et bienvenue chez Chauss'lux. 
 C'était la formule consacrée, prononcée par le personnel et la propriétaire de l'établissement.
 - Angèle ? s'il vous plaît, appela-t-elle à voix feutrée.
 La jeune femme se présenta à la cliente sans avoir à lui répéter la formule complète.
 - Bonjour madame, que puis-je faire pour vous ? se contenta-t-elle de lui demander après avoir servi puis raccompagné une cliente étrangère jusqu'à la porte :
 - Good bye, madam, you'll be delivered at about six o'clock. See you soon.
 
 A l'instant même, Béatrice fut subjuguée par le charme de la vendeuse, que par ailleurs elle félicita, juste pour lui montrer qu'elle avait plaisir à lui dire un mot :
 - Vous parlez très bien l'anglais, mademoiselle, et vous êtes très élégante.
 - Merci madame ; c'est indispensable ici, voyez-vous. Une de mes collègues parle même le mandarin, répondit seulement Angèle pour éloigner d'éventuelles velléités de drague de la part de sa cliente, qui aurait été malvenues dans un endroit si sélect.
 - Oh ! c'est vrai que les Chinois adorent Paris et ses maisons de luxe, conclut Béatrice, qui en retour devrait faire avec rien de plus que le petit sourire aimable de la vendeuse, pas même un regard ambigu.
 
 Quatorze heures trente, ce n'était pas l'heure de pointe. Alors Béatrice et Angèle prenaient leur temps pour les essayages. Le choix était vaste, avec énormément de modèles artisanaux presque uniques.
 Les deux femmes allaient s'apprivoiser peu à peu au fur et à mesure du déballage des boîtes de chaussures : des escarpins tous plus beaux les uns que les autres. Angèle comprenait que pour cette dame, le prix n'était pas un frein majeur. Alors elle voyait déjà défiler les euros pour la commission qui lui reviendrait sur chaque article qu'elle vendrait. Un pourcentage faible, mais sur un gros prix.
 
 L'échange verbal fut vite teinté d'une certaine cordialité, au point que Béatrice ne quittait pas Angèle des yeux. Des sourires entre elles se faisaient plus doux, plus sincères, moins strictement commerciaux. La cliente, après avoir flashé sur elle, ne pouvait s'empêcher de dévisager la vendeuse pour apprécier son charme, magnifié par une tenue de qualité : chemisier blanc en satin avec décolleté discret, jupe noire arrivant à dix centimètres au-dessus du genou, bas ou collants très fins, couleur chair, chaussures à talons carrés qu'on pouvait penser être fournies par la maison, au vu de leur aspect luxueux.
 - C'est la maison qui vous habille ? lui demanda Béatrice.
 - Oui madame, des pieds à la tête.
 - Les autres vendeuses ne portent qu'une jolie blouse ; de très belle qualité, certes, mais pourquoi cette différence ?
 - Parce que je suis ‘'première vendeuse'' ; excusez-moi de me mettre en avant comme ça.
 - Vous êtes toute excusée, mademoiselle. Vous le méritez, sûrement.
 
 Le sourire d'Angèle qui se sentait flattée en devint presque… amical. Béatrice aurait aimé avoir assez de temps, au moment précis de cette rencontre inopinée, pour convenir avec Angèle de se voir en dehors du magasin, en privé. Pour cela il lui vint une idée à l'esprit :
 - Si je veux être livrée, c'est vous qui venez, mademoiselle ?
 - Si c'est loin, c'est plutôt un coursier, sinon ça peut être moi quand les clientes habitent sur mon chemin, ou pas très loin de là où je prends mon métro le soir, à la station Étoile.
 Alors Béatrice ouvrit vite son sac pour en tirer une carte de visite qu'elle tendit à Angèle.
 - C'est au bout de l'avenue, côté Champs, vous pourriez, ce soir ? Sans que ça vous mette trop en retard ?
 - C'est près d'ici et pratiquement sur mon trajet. Alors oui madame, je serai libre…
 - ‘'Béatrice'' ; si vous voulez bien. Ou même : ‘'Béa''.
 Angèle se sentit valorisée à l'idée qu'une telle dame lui demande d'une part un service sans que ce fût un ordre, et d'autre part lui propose de l'appeler par son prénom et même son diminutif.
 - Très bien... Béatrice ; alors, moi c'est Angèle. Angie, parfois...
 Nouvel échange de sourires, un peu plus intimes, cette fois.
 
 C'est là que la magie opéra, faisant qu'au même moment, comme si les deux femmes étaient en télépathie, chacune crut lire dans les yeux de l'autre un intérêt plus ‘'personnel'' que commercial. Angèle avait l'habitude de se faire courtiser. Même par des femmes. Elle avait déjà connu le plaisir saphique, mais jamais avec une cliente de la boutique. Trop risqué, pensait-elle, en cas de scène qu'aurait pu venir lui faire sur place une amante éconduite, jalouse ou dépitée. Elle était donc restée à chaque fois sur une relation géographiquement éloignée de la boutique, consciente que ses amies de banlieue ouvrière ne viendraient jamais faire leurs achats avenue Montaigne.
 
 C'est elle qui osa la première se lancer pour essayer d'intéresser Béatrice, en transgressant pour une fois ce principe de totale discrétion. Car dès la réception de cette jolie cliente à la porte du magasin, elle avait ressenti elle aussi un élan d'admiration lui traverser l'esprit, trouvant cette dame tout à fait charmante, pas seulement socialement, mais aussi et surtout… sensuellement.
 
 Alors pour la première fois, devant une cliente, elle allait oser ! Ce serait au moment de lui passer délicatement les souliers aux pieds. Pour ce faire elle prenait toujours appui sur un genou au sol tout en gardant en l'air celui de l'autre jambe qu'elle repliait. Alors dans cette posture elle s'arrangea pour lui faire voir négligemment ses dessous en écartant un peu ses cuisses. Béatrice comprit vite la manœuvre quelque peu perverse. Son regard descendit des yeux d'Angèle à ses genoux, qu'elle resta un long moment à contempler, espérant voir l'écartement s'élargir au point de lui offrir un panorama plus généreux, même furtivement, sur l'entrecuisse de la jeune femme.
 Angèle se sentait observée ; alors elle tenta de se faire naïvement encore un peu plus impudique. Béatrice comprenait sans rien dire que la vendeuse cherchait à la séduire, du moins en lui laissant voir sa culotte blanche en dentelle et la chair du haut de ses cuisses, au-dessus des bandes siliconées de ses bas.
 
 À son tour, Béatrice se lança dans l'impudeur. Elle écarta aussi ses jambes, mais n'ayant pas de raison de les soulever toutes les deux en même temps pour passer les chaussures à ses pieds, tout en tirant très légèrement sur sa jupe elle les leva l'une après l'autre, suffisamment haut et lentement pour qu‘Angèle pût apercevoir son string et son porte-jarretelles. Elle observa la réaction d'Angèle : ‘'ça y est, elle a vu'', se dit-elle.
 
 Oui, Angèle avait vu, qui regarda subrepticement les magnifiques jambes croisées l'une sur l'autre de sa cliente, et surtout elle avait compris. Les gestes chauds de Béatrice valaient mieux encore que les paroles d'un banal baratin de drague. C'est par ces échanges de visions sur leurs cuisses écartées que leur désir réciproque prit muettement vraiment naissance, cette fois.
 Sans un mot autre que leurs commentaires sur la qualité des chaussures, Béatrice et Angèle continuèrent les essayages, comme si de rien n'était. Mais les deux belles femmes venaient d'encaisser chacune quelques bons frissons dus à la seule excitation visuelle.
 
 Béatrice aurait bien aimé que cette situation peu commune débouchât sur une amitié… et plus si affinités. Angèle, elle, voyait déjà en cette superbe femme sa première amante de dix ans de plus qu'elle. ‘'Une vieille !'' pensa-t-elle intérieurement, avant de s'en vouloir pour ce manque de respect éhonté, puis de se reprendre :''non, idiote que tu es, une magnifique femme mûre à l'apogée de sa sensualité.
 
 Avenue Montaigne, Béatrice habitait au deuxième étage d'un bel immeuble cossu, ce qui laissa Angèle sans voix. Ayant reçu le code d'accès en échange de son coup de sonnette au visiophone, elle prit l'ascenseur. Béatrice l'attendait sur le palier.
 - J'ai préféré t'éviter de chercher ; il n'y a pas de noms sur les portes... Je peux te tutoyer, n'est-ce pas ?
 - Bien sûr, je vous l'aurais demandé, sinon. Mais excusez-moi, moi je ne sais pas tutoyer, surtout que vous êtes une cliente de la boutique….
 - Pas de problème, on verra ça, peut-être, si on en vient à mieux se connaître, précisa la bourgeoise sur un ton déjà presque complice. Entre.
 
 Superbe appartement, grand confort, en plein centre du Paris luxueux. Angèle admirait, levant les sourcils devant un tel décor.
 - Je vais te mettre à l'aise tout de suite, Angèle. Je n'ai pas trop de mérite, avoua Béatrice, car si l'immeuble entier m'appartient bien, c'est mes parents qui me l'ont légué. Heureusement que tous les appartements sont loués, sinon ce serait un gouffre infernal à entretenir. 
 Béatrice était une femme voulant rester simple.
 - On passe au salon ? Une petite coupe ? pour te remercier de ta livraison.
 - De rien, et merci à vous, Béatrice. Tenez, voilà vos chaussures. Vous avez eu très bon goût en prenant les deux, les noires et les dorées.
 
 Après quelques banalités de courtoisie et une paire de coupes de champagne, Béatrice se lança. Elle avait eu une bonne partie de l'après-midi pour réfléchir à sa proposition :
 - On ne va peut-être pas tourner autour du pot, si tu veux bien. J'ai envie de faire quelque chose avec toi et, sauf si je me trompe, je crois que je ne te suis pas indifférente, physiquement, n'est-ce-pas ?
 Angèle n'aurait jamais soupçonné Béatrice d'être aussi rapide en besogne !
 - Oui, on s'est bien fait comprendre, je crois, répond-elle en riant franchement, une dernière coupe à la main pour finir la bouteille, en trinquant de nouveau avec Béatrice. Elles se regardaient, chacune s'interrogeant sur les prochains mots de l'autre. Angèle prit la suite des opérations en main :
 - Je propose… qu'on se mette en sous-vêtements pour se parler dans ce canapé. Vous voulez bien ? Pour se sentir à l'aise. Car là je vous sens crispée.
 - Oui, je le suis.. C'est que… je n'ai jamais… Oh, et puis tu as raison après tout ; faisons comme ça ; ça me rendra certainement moins gourde !
 
 Angèle quitta ses vêtements de ville qu'elle avait remis après sa journée de travail. Ce qui l'arrangeait bien, car en sous-vêtements elle serait au même plan que Béatrice, aguicheuse, séductrice ; alors elle se sentirait plus à l'aise.
 - La belle tenue de travail, elle reste au vestiaire du magasin, précisa-t-elle comme pour s'excuser d'être maintenant moins tentante que lorsqu'elle la portait.
 Angèle eut bien raison d'apparaître presque nue, en soutien-gorge et slip blanc coordonnés et bordés de dentelle.
 - Oh, tu es magnifique comme ça. Tu as un corps parfait, Angie, lui dit son hôtesse tout en abaissant sa propre jupe, un peu gênée envers son invitée de se retrouver pour la première fois de sa vie devant une femme en tenue la plus érotique qui soit.
 - Hmm, ce body et vos bas avec des jarretelles, ça vous va tellement bien ! C'est trop classe et sexy. J'ai tout de suite flashé sur vos jambes, tout à l'heure... Vous êtes radieuse. J'adore cet ensemble rose. Très chic ; et excitant, je l'avoue.
 À ces mots flatteurs, Béatrice répondit par une minauderie, un sourire et un regard qui en disaient déjà long. Angèle n'eut alors qu'une idée en tête : trouver les arguments pour rester toute la soirée avec elle, cette dame du monde dont elle avait trop envie pour passer à côté d'une telle occasion ; occasion qui avait l'air de se présenter sous de très bons auspices.
 
 Puisque manifestement les deux femmes étaient là pour envisager une relation lesbienne, elles évitèrent les banalités sur la pluie et le beau temps ou les embarras de Paris, pour plutôt disserter brièvement sur leur vie, et principalement sur leur vie amoureuse, sensuelle ; sexuelle, même. Les coupes de champagne facilitaient sûrement la liberté de ton qu'elles allaient s'octroyer à ce sujet.
 - Je n'ai mon homme que le week-end, se lamentait Angèle. Il est routier à l'international, du lundi matin au vendredi soir il parcourt l'Europe entière. Heureusement qu'il me gâte au lit quand il rentre.
 - Tu fais le plein de plaisir pour la semaine, alors ?
 - Oui Béa, la plupart du temps. Mais je m'autorise à dévier un peu du droit chemin, avec une femme parfois, quand elle me plaît trop, et si elle veut de moi.
 Béatrice sourit en haussant les épaules. 
 - On ne doit pas te refuser souvent, à mon avis… À part ça, il sait que tu le trompes ?
 - Mais je ne le trompe pas ! ‘'Lécher c'est pas tromper'' aurait pu dire Thierry Ardisson ! … Mais sans rire, non, il ne le sait pas ; à quoi bon ? Le sexe avec une femme, j'aime beaucoup ; ça me détend, et ça m'aide à supporter ma condition, c'est bien.
 
 Béatrice parla à son tour de l'absence fréquente et des fatigues au travail de son mari, ainsi que des frustrations qu'elle ressentait.
 - Au début il me faisait bien jouir. J'aimais faire l'amour avec lui, plusieurs fois par nuit souvent. J'adorais être pénétrée, et pas forcément que… devant, mais aussi là où on ne risque pas de faire un bébé !
 Les deux femmes partirent dans un rire franc et complice. Puis Béatrice reprit :
 - Et puis voilà… Le temps, l'usure, le besoin de nouveauté. J'ai eu de plus en plus envie de trouver un amant, mais je n'ai jamais sauté le pas. Par respect pour mon mari.
 - Et les femmes, alors ? Parce que j'ai bien senti comme ça vous troublait de voir sous ma jupe tout à l'heure. J'ai vite compris que ça vous plaisait, les cuisses féminines.
 Béatrice était gênée, mais elle le savait, elle devait répondre, pour effectivement franchir un premier palier, celui où elle avouerait son attirance saphique restée secrète jusqu'ici.
 - Oui, tu m'a plu au premier regard, j'ai eu un choc en te voyant. Jamais ça ne m'était arrivé. J'ai souvent pensé à faire l'amour avec une femme, mais je ne savais pas comment être sûre que j'aimerais l'embrasser sur la bouche et lui lécher le sexe. De quoi aurais-je l'air, me disais-je, si je refusais l'obstacle devant une partenaire me réclamant la caresse la plus suave qui soit ? J'aurais honte de la frustrer. Car je sais le bien que ça procure, tout de même, un bon cunnilingus !
 
 Angèle souriait à Béatrice tout en l'écoutant et l'observant d'un regard compatissant. Elle ne vit qu'une façon d'avancer vers ce qu'elle souhaitait - finir la soirée en couchant avec elle - d'autant plus que jouer les initiatrices ajouterait encore à son plaisir. Elle se dit qu'il lui fallait absolument parler à voix basse avec Béatrice, maintenant, pour rendre l'ambiance plus sensuelle, et lui donner l'envie d'une certaine ‘'déviance'', la décomplexer, la libérer. Montrant l'exemple, elle se rapprocha d'Angèle sur le canapé, et la prit simplement par le cou pour lui susurrer à l'oreille :
 - Je crois qu'il est temps de passer dans la chambre, non ?
 Béatrice tourna son visage vers elle, sans objecter, se contentant de sourire. Alors Angèle la prit par la main, en lui chuchotant :
 - Montrez-moi, conduisez-moi, emmenez-nous.
 Voilà, Angèle venait de parler plus intimement à Béatrice, d'une façon calculée pour que ses douces paroles la fassent se relever du canapé en laissant sa main dans la sienne, bien serrée comme si elle tenait un trophée.
 - Viens, c'est par-là, murmura Béa, en déposant un bisou sur la main d'Angèle, du bout des lèvres, comme pour la remercier d'avoir si bien su lui parler et la mettre ainsi parfaitement à l'aise.
 
 
 
II. Le bonheur de prendre son pied
 
 Béatrice s'installa la première, s'allongeant sur le dos, lançant des regards crispés à Angèle qui lui souriait pour lui inspirer confiance, en se plaçant à son côté, le coude sur le matelas, l'avant-bras vertical, la tête en appui sur la paume de sa main. Oui, le corps de Béatrice, magnifié par sa lingerie de luxe moulante, suscitait la convoitise d'Angèle, qui sentait déjà une agréable humidité envahir la zone la plus typiquement féminine, et la plus chaude, de son corps. Alors elle s'approcha au plus près du visage de Béatrice pour lui parler à voix de plus en plus feutrée, usant de mots calculés pour la forcer à les accepter. Car pour ce faire elle avait une astuce, Angèle : elle aimait toujours commenter les caresses qu'elle prodiguait, pour amplifier l'effet de chacun de ses gestes sur le corps qu'elle voulait voir exulter.
 
 Elle commença par effleurer son ventre, par-dessus son body rose satiné. Et dorénavant, dès le premier mot qu'elle prononcerait, elle s'imposerait de tutoyer Béatrice ; qui d'ailleurs, ne sera pas choquée le moment venu, jetant juste un furtif regard étonné sur sa jeune amante.
 Angie se disait que dire ‘'tu'' à cette ‘'Madame de'' ... les rendrait égales devant le plaisir que leur complicité nouvelle semblait déjà garantir comme certain.
 - Il est chaud ton ventre, même à travers ta lingerie, je le sens. Ma caresse te fait tu bien, là ?
 - Oui, je l'attendais, avoua Béatrice en fermant les yeux.
 - Et là je remonte vers tes seins, j'ai trop envie. Tu sens que même sur les bonnets la caresse de mes doigts est excitante ? Je sens tes pointes ; elles doivent être belles et bonnes à sucer...Elles sont dures, hein, tu aimes ? 
 - Uih, j‘adore, elles sont très sensibles.
 - Et quand tu te masturbes, tu les tortures un peu, non ?
 Béatrice se mordait un doigt tout en répondant, pour se libérer en faisant les confidences qu'Angèle attendait d'elle. Elle hésita un moment avant d'admettre qu'elle se masturbait souvent... Puis elle passa aux aveux :
 - Oui, je les excite bien. Ça m'envoie du plaisir dans le sexe.
 - Ah oui, alors tu mouilles bien entre tes cuisses… À qui tu penses quand tu te branles, Béa ?
 La vulgarité de ce mot choisi ne la déstabilisa pas.
 - À une femme…. Au lit avec moi…
 - Et que te fait-elle ? Elle est sur toi ? Elle te lèche la chatte ? Raconte-moi...
 - Non, pas tout de suite, d'abord elle me suce les seins, tout en mettant sa main dans ma culotte, qu'elle voudrait m'enlever pour me lécher…
 - … Te lécher quoi ?
 - Me lécher...la chatte, répondit timidement Béatrice.
 - Hmm...et c'est très bon je suppose... Tu te laisses faire ?… Elle est comment cette chatte ?
 - Elle est... fondante ; ouais, juteuse ; c'est bon, sa langue dedans.
 
 Tout en lui parlant en termes érotiques, Angèle abaissa la dentelle en haut du body de Béatrice, qui pour la première fois, excitée par ce dialogue, laissait une femme capturer ses seins. Elle pressentait un plaisir très fort avec Angèle, qui n'en pensait pas moins, serrant fort ses mains sur ces globes de chair tendre offerts, pour en faire darder encore plus les tétons, ces bouts charnus si sensibles que maintenant il était temps de travailler de près avec la bouche.
 - Je vais m'occuper d'eux, Béa ; profite de moi. Sois pas gênée d'y prendre plaisir ! Ton superbe corps le mérite... Je vais les sucer encore plus fort tout en les aspirant. Je peux te les mordiller, aussi ?
 - Uih, uih, fais-le, je veux sentir ta bouche dessus. Oui, là, comme ça… Hmm… Fais-en ce que tu veux...
 
 Angèle, passant alternativement d'un sein à l'autre, insistait bien sur les bourgeons déjà en érection, qu'elle agaçait du bout de sa langue tendue pendant qu'elle massait l'aréole de l'autre sein pour rendre folle sa partenaire de sexe. Elle savait l'effet qu'une telle action produisait dans un vagin déjà excité, déjà demandeur.
 - Oh, que c'est bon, ça, marmonnait Béatrice en soupirant ; encore, fais-les durcir plus, mords-les...hoohh...je mouille… tu vas me lécher, hein ?
 
 Ses soupirs devinrent des gémissements plus prononcés quand Angèle redescendit une main vers l'entrejambe du body, tout en continuant d'honorer ses pointes sensibles de ses doigts habiles et de sa bouche gourmande.
 Béatrice haletait en la suppliant... mais de quoi faire ? Arrêter ? Continuer? Moins fort ? Plus fort ? Son esprit s'embrumait sous le plaisir. Heureusement, sa maîtresse savait comment s'y prendre pour faire jouir une femme en chaleur le plus violemment possible :
 - Encore un peu de patience. Laisse-moi faire. Ferme les yeux, Béa. Raconte-moi quand dans tes fantasmes, la femme te lèche la chatte.
 - Uih, elle me lèche en écartant ma culotte, c'est bon, même en rêve… Elle enfonce sa langue juste à l'entrée
 - Ça te fait bien de te sentir couler aussi sous ta culotte ? Encore plus, même ?
 - Oui… surtout quand elle aspire ma mouille. Après ses coups de langue, elle me traite de… salope ! J'aime ça ; je me sens devenir une vraie femme sensuelle.
 - Mais je le sais que tu es une bonne salope. Moi aussi j'aime ça ; ce soir tu es MA salope. Et je suis la tienne. Te caresser me fait mouiller aussi, tu sais. Tu sens bien mes doigts qui courent sur ton corps ?
 - Uihh c'est tellement bon.. T'es une vraie garce, aussi, qui aime le cul, hein ?
 - Ah oui, parle-moi comme ça, comme une pute ! Je devine tes lèvres en appuyant avec mon doigt là, juste au-dessus de ta fente, où ton plaisir se concentre; tu le sens ?
 - Oh oui… je veux que tu me touches, Angèle, j'aime ça. L'entrejambe de mon body s'ouvre, tu sais…
 - Oui, j'ai remarqué les boutons-pression. Tiens, je les fais sauter… voilà !...
 Sous le satin rose apparut le sexe excité de Béa, avec la chair de ses petites lèvres rougie et le sillon luisant déjà inondé de cyprine.
 - Oh, c'est un délice, d'enfoncer mon doigt dedans, hmm… pour te branler un peu.
 - Uih, pour moi aussi, caresse-moi, branle-moi, mets-en plusieurs, et n'oublie pas mes seins ; la poitrine et la chatte en même temps c'est trop bon ; je veux mouiller pour toi.
 Alors Angèle informa Béa - mais sans attendre d'elle ni réponse ni commentaire - qu'à partir de maintenant, elle allait s'occuper de son sexe avec sa bouche.
 - Tu vas pouvoir me parler librement comme une fille des rues, grossière, vulgaire, pour commenter le plaisir torride que tu vas recevoir dans ta chatte, Béa.
 - Ahhh oui, je veux ça aussi, ta langue pleine de salive dans mon trou !
 - Mais je n'arrive pas à bien lécher en même temps que je parle ; alors moi je vais me taire, et toi laisse-moi faire, tu vas jouir comme tu n'as jamais joui, même en prenant la bite de ton homme au plus profond dans ta chatte.
 - Oh, chut...tais-toi, tes mots ça me rend folle, je veux jouir, oui j'aime aussi la bite, et le jus chaud d'un homme, mais je veux jouir par toi, oui, sous tes mains, par ta bouche, par ta langue… Hmm, j'ai le ventre en feu.
 - Je vais éteindre l'incendie, alors, dit Angèle ; ne crains rien... Écarte bien tes cuisses pour moi.
 
 Angèle s'approcha pour discrètement renifler de près le sexe de Béatrice orné d'une petite toison humide qui descendait sur son pubis, jusqu'à la chair du clitoris dont le bouton restait encore caché sous son capuchon, à cet instant. L'odeur intime, enivrante, de la belle bourgeoise, là où suintait sa liqueur, était trop délicieusement sucrée pour qu'Angèle se privât de la lécher. Ça devenait même un devoir de l'honorer ! Elle voulait la recevoir en bouche, toute tiède, et l'avaler.
 En déglutissant, elle poussait des petits hmm, hmm, hmm… Et Béatrice resserrait alors plus fort ses cuisses sur les joues de sa partenaire :
 - Uih, vas-y, avec ta langue, j'ai la chatte en feu, Angie, mets-la dedans, bien baveuse, lèche ta salope…
 Angèle attrapa un oreiller épais pour le placer sous les fesses de Béatrice.
 - Lève-les un peu, que je t'installe bien.
 
 La belle bourgeoise se laissait faire, levant son bassin pour le surélever. Angèle s'allongea entre les cuisses de son amante écartées à l'équerre, et commença à en suçoter délicatement l'intérieur, du genou jusqu'à l'aine. Elle ne put s'empêcher de jouer un moment avec les jarretelles roses tendues à l'extrême, à les faire claquer sur la peau blanche, lisse et tiède de sa proie d'un soir. Puis elle avança sa bouche vers le lieu ultime du plaisir féminin, prête à lécher la chair détrempée qui s'offrait à elle dans un complet abandon, après avoir pris soin de caler les genoux de Béatrice sur ses épaules. Désormais, elle pouvait vénérer la douceur des bas ultra fins de Béatrice, en les caressant et les léchant comme s'il s'agissait de la peau naturelle de cette superbe femme du monde qu'elle, la petite employée du magasin de chaussures, allait pouvoir faire jouir en y mettant toute sa science, toute sa connaissance du corps et du plaisir féminins, tout son savoir-faire, qui la rendaient parfaitement sûre d'elle-même.
 La texture du nylon fin avait toujours déclenché une forte excitation chez Angèle lorsqu'elle caressait une femme ; la première sensation à lui faire ressentir des contractions dans son vagin qui fondait immédiatement en délicieux suintements sous son désir de jouir.
 
 Après avoir dégrafé les deux boutons-pression qui jusque là interdisaient encore l'accès aux quartiers privés de la dame, Angèle lui souffla doucement sur le sexe, plus précisément sur le clitoris, pour qu'elle sache bien que cette fois, on y était : Béatrice allait enfin goûter à l'expérience dont elle rêvait depuis longtemps.
 Le zéphyr chaud soufflé par Angèle donnait ainsi aux deux amantes le signal du départ vers les sommets du plaisir.
 - Hhaahh, que c'est bon ça, oohhh… soupirait la bourgeoise.
 
 Alors Angèle colla sa bouche pulpeuse sur les petites lèvres de Béatrice dont les soupirs cédèrent vite la place aux gémissements. Cette fois, le chemin vers la jouissance était engagé, le point de non-retour dépassé ; ce qui mènerait à l'orgasme. Inévitablement.
 Angèle se servait habilement de sa langue, léchant d'abord les sécrétions tièdes de sa belle, pour lui faire la chatte bien onctueuse et avaler ce précieux nectar de fête. Béatrice ondulait du bassin, de plus en plus fort. Grâce à l'oreiller sous son fessier, sa chatte devenait aisément accessible à la bouche charnue de son amante. Alors Angèle se régalait à lécher Béatrice du clitoris jusqu'à l'anus, en lui écartant les fesses pour mieux accéder à sa rosette étoilée.
 - Ohhh ? lâcha Béa, surprise ; ou ravie ?...
 
 Angèle continua selon son plan. Elle avait bien enregistré que la bourgeoise avait déjà goûté aux caresses à cet endroit, par action ou dans ses fantasmes. Mais peut-être n'avait-elle alors pensé qu'à un toucher anal au doigt, pas tout de suite avec la langue… Cependant Béatrice ne regrettait rien ; elle appréciait ; et même, elle en redemandait !
 - Oh oui, c'est bon ta langue sur le petit trou. Encore, encore… Enfonce-le et lèche ton doigt pour moi...Hmm.
 C'était un jeu d'enfant pour Angèle. 
 
 Pour la finir, elle lui enfonça son pouce dans le vagin, tournant autour de son entrée comme pour la dilater, pendant qu'elle agitait son majeur gardé serré dans le sphincter anal dont Béatrice, troublée à l'extrême en voyant Angèle lécher ses doigts pleins de mouille, n'aurait plus su dire s'il était déjà ouvert ou encore fermé !
 - Hooohh merci, c'est merveilleux ce que tu me fais, remets bien tous tes doigts dans mes trous, c'est si bon… Je ne vais pas tenir longtemps, hélas.
 
 Alors Angèle s'autorisa une pause de quelques secondes.
 - La chatte et le petit trou en même temps, c'est divin, non ?
 - Huihh, hhuih, t'arrête pas ! Profite de mon cul, de tout mon cul...
 - Et ma langue reste disponible, tu sais… et je sais m'en servir !… Tu vas voir.
 Angèle ouvrit sa bouche en grand, remit subtilement ses lèvres en forme de bouée autour du clitoris de Béatrice déjà en érection, pour entamer un travail lingual bien précis sur toute la longueur de la hampe en tirant fort sur cette chair sensible jusqu'à ce qu'apparût, quittant son capuchon, le bouton en lui-même, ce petit grain de nacre blanc surexcité, dur comme un diamant.
 - Hhahh, pas dessus tout de suite… c'est trop fort,… je veux profiter !
 
 Mais rien à craindre ; Angèle savait comment s'y prendre avec la pointe de sa langue sur un clitoris, sans narguer abusivement ce bouton du plaisir. Ce serait trop, pour l'instant. Alors, tirant plus fort encore sur le haut du sillon elle s'intéressa plus précisément au pied de l'organe enflé. Sous cette délicate caresse, Béatrice partait déjà loin vers le plaisir. Elle grommelait des sons incompréhensibles.
 - Ouiais, huiiih… Pffouuu que tu me fais tu bien… Ouais, jus' là, en ‘ssous du ‘outon, tourne bien ta langue ouiii, je vais ‘ouir vite.
 
 Angèle savait aussi comprendre, rien qu'à lire ses crispations et ses rictus sur son visage, quand une femme excitée n'était plus qu'à quelques secondes de l'orgasme. Alors elle acheva Béatrice en aspirant fortement son clitoris enfiévré tout en torturant les pointes impudiques de ses seins. Le bassin de la suppliciée du plaisir tressauta plusieurs fois. Son corps se cabrait et se détendait alternativement, jusqu'au moment où Angèle jugea qu'elle devait lâcher sa proie, pour se contenter de la caresser des pieds à la tête, doucement, tendrement, amoureusement presque. Elle voulait tellement que Béatrice eût un souvenir inoubliable de ce premier rapport lesbien !
 
 Quand elle reprit ses esprits, l'amante comblée resta muette pendant un bon moment, béatement souriante. Puis elle se confia :
 - Jamais je n'avais joui comme ça, tu sais. Oh la la… quel plaisir tu m'as donné ! C'est indescriptible.
 En disant ces mots, elle caressait les joues d'Angèle, dont une était encore plaquée sur son ventre, tout près de son pubis, comme si sa dominatrice voulait écouter de près le grondement de la révolution sensorielle qui venait d'y avoir lieu. Puis elle dit, d'une voix suave :
 - Voilà, c'est fini. Viens vers moi, Angie, je veux t'embrasser.
 
 Angèle pensait qu'une femme, même hétéro, accepterait toujours des caresses, des mains, des lèvres, une langue sur et dans son corps, car ça ne pouvait que se révéler au moins aussi doux qu'avec un homme. Mais un baiser profond, en mélangeant les salives au goût inconnu et en faisant se battre les langues même amies, l'apprécierait-elle vraiment ?
 - Oui, je tiens à te le donner, ce plaisir ; et de toute façon, il faut bien que j'y goûte ; ce sera mon premier baiser entre femmes en mettant la langue, tu sais. Viens Angie ; j'en ai vraiment envie.
 Angèle obtempéra, se disant qu'au pire, Béatrice n'aimerait pas, mais dans ce cas rien n'empêcherait de garder quand même intacte leur relation faite de caresses, d'attouchements, de masturbation et de travail sensuel sur tout le corps jusqu'à l'orgasme, alors...
 
 Angèle ôta son soutien-gorge puis s'étala de tout son long sur Béatrice pour lui accorder la primeur d'un baiser audacieux, chaud, mouillé, profond, qui dura… un certain temps, tandis que leurs seins et leurs ventres fusionnaient, ce qui renforçait le ressenti du baiser partagé. Les amantes se tenaient par le cou pour mieux apprécier leur sensuel bouche à bouche.
 Quand leurs lèvres furent usées, les deux femmes se replacèrent côte à côte sur le dos pour respirer longuement. Angèle attendait impatiemment la réaction de Béatrice.
 - J'ai bien fait d'oser, car tu vois, j'ai trouvé ça vraiment délicieux, lui dit-elle en affichant un large sourire de contentement. Ça m'a même de nouveau procuré de bonnes sensations… plus bas ! ajouta-t-elle en riant.
 Alors Angèle souffla, heureuse de savoir que l'obstacle qu'elle redoutait n'en était finalement pas un. Heureuse aussi de voir Béatrice prête à poursuivre leur première ‘'session''. Car ainsi elle aussi avait ses chances de recevoir à son tour, de son amante, l'orgasme dont tout son corps maintenant se languissait, après tant d'excitation accumulée en faisant si bien jouir Béatrice.
 Ne manquait donc plus qu'une dernière épreuve à faire passer à la novice…
 
 - Tu es trop fatiguée pour aller jusqu'au bout ce soir ? lui demanda Angèle.
 - Non, ce n'est pas ça, mais je suis tellement bien dans tes bras. C'est drôle … la plus jeune qui cajole la plus vieille !
 - Profite du plaisir que tu viens de prendre. Je te garde comme ça, enlacée, lui dit Angèle pour la rassurer. Et tu n'es pas vieille, à quarante-cinq ans !
 En effet, elle n'allait pas la laisser tomber, car elle avait trop envie de Béatrice, de la choyer, de l'exciter, de lui donner du plaisir. Une belle femme comme ça, il fallait la garder, en ne la brusquant pas, surtout. Déjà, chacune tenait farouchement à l'autre.
 - Allez, on essaye ? proposa Béa.
 - Quoi ?
 - Tu sais que ne l'ayant jamais fait, je ne sais pas si j'aimerai goûter la chatte d'une femme, même d'une belle fille comme toi.
 Angèle réfléchit, quelque peu désarçonnée.
 - Et si tu n'aimes pas, tu ne voudras plus rien faire avec moi, alors ?
 - Ne sois pas bête, Angie. Tant que tu voudras de moi, je voudrai de toi.
 
 La ‘'coach'' décida alors de tirer sa dernière cartouche. Collant ses lèvres à l'oreille de sa ‘'stagiaire'', elle lui murmura :
 - Tu vas goûter ma chatte, Béa. Je te préviens, elle va fondre dans ta bouche. Il faut que tu saches si tu aimes ça, lécher une femme. Les fantasmes, ça ne suffit pas.
 Béatrice prit le temps de donner une réponse posée, réfléchie.
 - Oui, je veux essayer ; et même si je n'aime pas, je te lécherai jusqu'à l'orgasme à ton tour. Je ne jouerai pas la profiteuse ingrate. Je te demanderai de te laisser aller sans t'occuper de moi. Je veux te voir jouir. Et on en reparlera après.
 - Alors reste bien à plat sur le dos, comme ça.
 Béa obéit à sa jeune maîtresse, qui lui précisa :
 - Je vais m'asseoir sur ta bouche. Tu vas me faire jouir avec ta langue. Tu verras, je suis tellement chaude que ça ne sera pas long à venir.
 - Oui, viens te faire lécher par ta salope. Et guide-la pour lui apprendre…
 
 Angèle s'agenouilla, écarta ses cuisses, puis vint chevaucher Béatrice tout en approchant sa chatte de sa bouche. Elle fit une halte en reposant un instant ses fesses sur la gorge de son amante, juste le temps de lui faire voir de près ce qu'elle ne verrait plus pendant l'action à venir, quand sa bouche serait collée comme une ventouse sur sa vulve : ses deux belles lèvres écarlates et luisantes…
 Angèle les écarta à deux mains pour lui faire admirer les parois roses de son vagin englué de cyprine, et son clitoris déjà tendu et enflé, prêt au plaisir.
 - Je vais emprisonner ta tête dans l'étau de mes cuisses : pendant que tu me lécheras et me suceras tu ne verras plus rien d'autre que ma poitrine, dont je vais m'occuper moi-même pour t'exciter encore plus, et mon visage quand je me tordrai de plaisir. Je suis sûre que tu aimeras me voir jouer avec mes pointes de seins pendant que tu boiras ma liqueur. Surtout pétris bien mes fesses tout en me léchant ; j'adore ça.
 
 Mais d'abord, les mains en appui sur le haut de la tête de lit, la poitrine pendante et offerte juste au-dessus de la bouche qui les attendait impatiemment pour happer ses mamelons, Angèle se fit provocante.
 - Tiens, suce-moi un peu d'abord, ma salope... Excite-moi bien, Béa…. Hhahh oui, mordille-les un peu, hmm...
 Elle ne voyait plus que le regard de Béatrice, qui exprimait un contentement non feint en lui tétant si avidement les seins.
 
 Puis, son entrecuisse indécent narguant son amante juste au-dessus de son visage, à cheval sur Béatrice, elle écarta ses genoux pour laisser descendre très lentement sa chatte déjà trempée sur sa bouche. Béatrice, jusqu'au dernier instant, se demandait, avec une certaine appréhension, ce qu'elle ressentirait en enfournant sa langue dans ce vagin suintant, fût-ce celui de sa belle et jeune dominatrice.
 Angèle ferma les yeux dès qu'elle sentit Béatrice œuvrer dans sa chatte. Étonnamment, le mouvement de sa langue était parfait. Alors elle comprit vite qu'elle l'avait bien observée faire sur elle, dix minutes plus tôt. L'élève était donc aussi douée que la maîtresse ! ce qui était rassurant.
 - Oh que tu es bonne, chérie ! tu aimes ma chatte ?
 
 Pour seule réponse, Béa, tout en continuant de lécher, fit un léger mouvement de tête et cligna des yeux pour acquiescer. Angèle lui sourit, en lisant son ravissement sur sa figure. Elle était soulagée de voir son amante aussi active que désireuse de la faire jouir.
 Puis elle se redressa, pour jouer elle-même avec ses tétons, en les martyrisant du bout des doigts, en les tordant, les pinçant, les étirant. Ses soupirs devinrent des râles, puis des gémissements, et enfin des rugissements au moment de l'orgasme :
 - Ohhh salope, tu me fais bien jouir ! ouiiii, oh que c'est bon dans ma chatte, continue, finis-moi, garce !
 
 Angèle enserrait encore entre ses cuisses les joues de sa chaude-bouillante bourgeoise quand l'excitation par la langue lui devint insupportable. Alors elle desserra son étau tout en repoussant tendrement le front de Béatrice pour lui faire lâcher prise.  
 - Oh oui, t'as été parfaite ! Oh mon Dieu, que j'ai joui fort ! Pffouuu… Ah j'en peux plus !…
 
 Angèle vint se replacer tout contre sa complice. Leurs corps étaient encore fiévreux. Après un long silence pendant lequel Béatrice, à l'aide de sa langue, finissait la toilette de ses propres lèvres qui venaient de dévorer goulûment une chatte pleine de cyprine, la conversation reprit :
 - Ç'aurait été dommage de ne pas se rencontrer, dit Angèle.
 - Oui, nous serions passées à côté d'une grande histoire de sexe, en effet. Maintenant je sais que j'aime le goût de ta chatte. Mais ça me chiffonne quand même un peu…
 - Quoi donc ?
 - On a à peine fini que déjà – c'est dû au fait de t'avoir fait jouir, sans doute – ça me donne de nouveau envie !
 
 Évidemment, c'était ça le risque. En se donnant du plaisir l'une après l'autre, la dernière servie restait éteinte un moment, tandis que l'autre, de nouveau surexcitée d'avoir conduit sa partenaire à l'orgasme, redevenait plus vite demandeuse.
 - À part dans un 69 réussi, dit Angèle, c'est souvent comme ça, tu sais.
 - Comment ça, un 69 réussi ?
 - En arrivant à l'orgasme juste ensemble… Mais c'est difficile, et assez rare.
 - Oui, je suppose, conclut Béatrice. Il faudrait qu'on se voie plus souvent et plus longtemps, alors, non ? Pour s'entraîner ! Qu'en dis-tu ?
 - J'aimerais bien, oui, une prochaine fois ; là je vais devoir partir pour ne pas manquer le dernier métro.
 
 Béatrice réfléchit un long moment tout en partageant un ultime câlin muet avec Angèle, avant de lui proposer :
 - J'ai bien une idée pour nous deux…
 - Je t'écoute.
 - Eh bien… j'ai une chambre de bonne au sixième étage ; tout confort, avec la télé et tout. Mais Adrienne ne l'utilise pas ; elle rentre chez elle, en banlieue, tous les soirs après sa journée chez ses employeurs ! En plus de ça chez moi elle ne vient que le matin. Alors, comme toi tu es seule la semaine, je pourrais… te la prêter du lundi soir au jeudi soir… À ton avis ?
 
 Angèle marqua d'abord la surprise. Puis elle apporta ses objections :
 - C'est gentil, merci, mais mon homme, qu'est-ce qu'il dirait de me savoir chez une femme toute la semaine ?
 - Eh bien rien, justement ; il pourrait même venir visiter la chambre, avant que tu ne te décides. Officiellement, tu serais une simple amie, à ses yeux, aux yeux de mon mari et à ceux des gens de l'immeuble. Et puisque ça t'éviterait des frais de transport, ton homme devrait être d'accord, tu ne crois pas ? Le mien, je suis sûre que ça lui irait, en tout cas. Il me saurait en bonne compagnie avec une copine.
 - Ah oui… Sûrement… Vu comme ça... ; et officieusement ?
 - Officieusement, et même secrètement, on serait… de fidèles amantes. Tu pourrais même descendre discrètement de quatre étages, le soir, pour venir dîner et...‘‘dormir'' avec moi.
 
 
**************
 
 C'est ainsi qu'Angèle et Béatrice devinrent des ‘'amantes clandestines''.
 Angèle, avec la bénédiction de son mari qu'elle ne voyait que le week-end chez eux, était logée gratuitement, en semaine, ‘'par une amie'' à deux pas de son travail, dans un immeuble chic d'excellente tenue.
 Béa n'étant plus seule, elle oubliait son spleen. Elle avait enfin compris qu'elle était, en fait, tout à fait bi, mais dans le déni depuis longtemps avant sa rencontre avec Angèle, celle qui la tirerait ensuite de sa torpeur sexuelle.
 
 Dorénavant leurs nuits chaudes passées à partager le même lit les combleraient toutes les deux de plaisir ; orgasmes assurés pour chacune. Et elles finiraient même par réussir des 69 parfaitement synchrones !
 Une nouvelle vie commençait pour ces deux femmes aussi belles que sensuelles.
 
 
FIN







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Photo de profil de Elwray
Elwray
3 mai 2026 à 04:52
L'érotisme délicieusement sensuel de ce texte colle parfaitement aux personnages qui en sont les acteurs.
Bravo, un texte magnifique une fois de plus!
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de XavierX
XavierX
27 avril 2026 à 08:27
Une histoire comme je les aime pour une rencontre entre femmes. Étant très cérébral j’ais grand plaisir à en lire certaines. Bravo et continuez.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Moutcho
Moutcho
27 avril 2026 à 06:51
Qu'elle récit passionnant et très excitant à lire
J'espère qu'il y aura une suite pour savoir comment ça se passe entre elles
Merci pour le plaisir de te lire c'est tellement bien raconter
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Sylvie la sissy
Sylvie la sissy
27 avril 2026 à 00:14
Très belle histoire
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de LecteurNu
LecteurNu
26 avril 2026 à 22:32
Merveilleuse histoire très érotique pleine d'images ces deux femmes pas du meme monde qui se retrouvent dans un monde parallele celui de l'amour entre femmes le summum de l'erotisme.
Merci
Soyez respectueux
Répondre

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