Lesbiennes
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Concerto à quatre mains — Chapitre 2 · Dans la loge
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
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Concerto à quatre mains
Chapitre 2 · Dans la loge
Encore enveloppées par les derniers échos du piano, par cette rumeur de velours qui flottait derrière le rideau, Marie m’attrapa par la main et me tira vers une alcôve discrète. Nous pénétrâmes dans une petite loge encombrée, tiède, presque secrète. Quelques lumières fébriles tremblaient au-dessus des coiffeuses et se reflétaient dans les miroirs, multipliant nos silhouettes comme autant de variations sur un même thème.
Sonia débarrassa un canapé de style Louis XV, couvert d’un velours rouge profond, des vêtements qui y étaient entassés. Puis, avec un sourire silencieux, elle nous fit signe de nous asseoir.
Marie s’approcha lentement de moi. Ses lèvres effleurèrent les miennes avec une douceur presque cérémonielle, puis elle m’embrassa. Son corps vint se presser contre le mien, chaud, impatient. Sa langue se glissa entre mes lèvres et trouva la mienne, donnant au baiser une profondeur nouvelle, plus insistante, plus humide. Je sentis aussitôt mon bas-ventre se réveiller, s’ouvrir à une chaleur familière, douce d’abord, puis de plus en plus envahissante.
Une de ses mains passa derrière ma nuque pour intensifier le baiser, tandis que l’autre déboutonnait habilement ma chemise. Du coin de l’œil, je cherchai Sonia. Elle s’était installée dans un fauteuil, un peu en retrait, et regardait la scène avec gourmandise, les lèvres pincées dans un sourire presque cruel.
Ma chemise ouverte, Marie découvrit mes seins, lourds, contenus dans une corbeille rouge plus vive encore que le velours du canapé. Elle les libéra un à un, avec une lenteur qui me fit frissonner, puis sa bouche descendit sur moi. Elle prit mes mamelons entre ses lèvres, les suçota, les mordilla doucement, avec une avidité qui me fit cambrer le dos.
Sonia se leva alors. Elle s’approcha de Marie, glissa ses mains sur ses hanches et remonta sa robe légère au-dessus de ses cuisses, puis de ses épaules, comme on soulève le rideau avant un deuxième acte. Bientôt, Marie ne fut plus qu’en petite tenue. Son corps fin, nerveux, vint s’écraser contre le mien et m’allongea sur le canapé.
L’air était chaud, lourd, saturé de parfum, de sueur naissante et de désir. Je me sentais étourdie par la proximité de Marie, par nos bouches qui ne cessaient de se chercher, de s’ouvrir, de se répondre. Sa main, devenue plus sûre, se glissa sous le tissu de mon pantalon et vint se poser sur ma vulve. Un soupir m’échappa. Puis un autre. Je posai mes mains sur ses fesses pour attirer son bassin contre moi, pour lui faire comprendre sans un mot que je voulais davantage.
J’avais trop chaud. Trop de tissu entre sa peau et la mienne. Trop d’obstacles. Je me dégageai un instant de notre étreinte, retirai mon pantalon, puis ma culotte, avant de dégrafer mon soutien-gorge. Le sourire de Sonia s’élargit. Toujours assise, les mains posées sur les accoudoirs de son fauteuil, elle passa lentement sa langue sur ses lèvres, comme si elle goûtait déjà ce qu’elle regardait.
Marie, elle, était restée allongée sur le canapé, en sous-vêtements. Son corps menu, souple, offert dans la pénombre rougeoyante de la loge, m’appelait avec une évidence presque douloureuse. Je tirai son string le long de ses hanches, lui soulevai les jambes, puis vins placer ma vulve contre la sienne.
Le contact nous arracha à toutes les deux un souffle bref.
Je me mis à onduler lentement du bassin, cherchant le frottement exact, la pression juste, cette note précise que le corps reconnaît avant même l’esprit. Mes petites lèvres glissaient contre les siennes, chaudes, humides, et mon clitoris venait caresser le sien dans un mouvement de plus en plus régulier. Marie agrippa mes épaules, puis mes hanches, m’invitant à poursuivre, à appuyer, à ne surtout pas rompre cette cadence.
Au rythme des frottements et des baisers que nous nous infligions presque avec fièvre, Marie et moi commençâmes à gémir. D’abord doucement, comme un prélude murmuré. Puis nos voix montèrent, se croisèrent, s’accordèrent. Une mélodie naissait de nos souffles.
Sonia sembla l’entendre.
Inspirée par ce duo charnel, elle se leva et vint s’asseoir sur l’accoudoir du canapé, juste au-dessus de la tête de Marie. Elle releva doucement sa robe noire, et je découvris qu’elle ne portait aucun sous-vêtement. Sa vulve apparut, lisse, ouverte, déjà brillante. Elle approcha son index et son majeur de son clitoris et commença à jouer avec elle-même comme elle avait joué du piano quelques minutes plus tôt : avec précision, avec science, avec cette manière presque insolente de faire naître la beauté du moindre mouvement.
Ses doigts composaient sur son sexe un air intime, obscène et sublime, qui répondait au rythme de nos cris. Je suspendis mes baisers pour la regarder plus précisément, sans cesser de faire tourner mon bassin contre celui de Marie. Nos vulves, elles, continuaient leur baiser mouillé, serrées l’une contre l’autre, échangeant leur chaleur et leurs fluides dans un frottement continu.
Le regard de Sonia était irréel. Un bleu métallique, profond, presque dangereux. Son sourire se relâcha peu à peu pour laisser place à des soupirs d’envie. Elle me fixait tandis que ses doigts experts allaient et venaient sur son intimité, à quelques centimètres seulement de mon visage.
J’approchai la bouche.
Ma langue sortit d’abord pour effleurer ses doigts humides, puis je les embrassai, mêlant ma salive à son plaisir. Enfin, je glissai ma langue plus bas, entre ses lèvres intimes, et l’ajoutai au mouvement de ses doigts. Je la léchai lentement, puis plus profondément, recueillant son goût, suivant les frémissements de son corps comme on suit une partition difficile.
Sonia gémit.
Ses cris montèrent dans la petite loge avec une ampleur presque lyrique. Il y avait dans sa voix quelque chose d’un chant d’opéra, une tension dramatique, une lumière aiguë qui fendait l’air. Chaque soupir semblait chercher sa note, chaque tremblement appelait le suivant.
Pendant ce temps, Marie agrippa mes seins avec plus de force, comme si elle voulait prendre possession de mon corps tout entier. Elle les malaxa à pleines mains, y déposa des baisers étouffés, puis, pour la première fois, brisa notre mutisme musical d’une voix rauque :
— Oui… fais-la chanter. Fais-nous jouir à l’unisson.
Ces mots me traversèrent comme un accord plaqué avec violence.
Ma langue redoubla d’efforts sur la vulve de Sonia. Je la léchai avec plus d’insistance, alternant la lenteur et la pression, tandis que ses doigts, toujours mêlés à ma bouche, accéléraient leur rythme. Elle haletait au-dessus de moi, ses cuisses tremblantes de part et d’autre de mon visage, son regard planté dans le mien avec une intensité qui me clouait sur place.
Marie sentit que l’orgasme de la pianiste approchait. Elle chercha ma main, attrapa deux de mes doigts et tenta de les guider vers son intimité. Mais nos vulves étaient collées l’une à l’autre, presque ventousées, trop humides, trop serrées dans leur étreinte pour se séparer. Nous glissions l’une contre l’autre avec une telle abondance que chaque mouvement semblait nous sceller davantage.
Alors Marie renonça à me détacher d’elle. Elle porta mes doigts à sa bouche, les suça avec une lenteur charnelle, puis les guida plus bas, vers cette autre ouverture offerte à mon toucher. Elle les y inséra elle-même, profondément, en poussant un gémissement étranglé.
Je perdis presque pied.
Mes doigts étaient serrés dans la chaleur intime de Marie. Ma langue se délectait du nectar de Sonia, se mêlant à ses doigts magiques. Ma vulve restait comprimée contre celle de Marie, qui, par à-coups, pressait mon clitoris avec une précision de plus en plus folle. Les cris mélodieux de Marie et Sonia résonnaient dans la petite pièce chaude, se répondaient, se superposaient, s’élevaient comme deux voix d’un même duo.
Tout devint musique.
Le canapé grinçait comme un vieux bois de scène. Les miroirs reflétaient des fragments de peau, des bouches ouvertes, des mains agrippées, des cuisses tendues. Les lumières vacillaient comme des chandelles dans une salle de concert abandonnée. Et au centre de cette loge, nos trois corps composaient une sonate indécente, une fugue de chair, de souffle et de salive.
Sonia fut la première à basculer.
Son corps se raidit au-dessus de moi. Ses doigts s’accrochèrent à mes cheveux et son cri jaillit, clair, puissant, presque trop beau, comme une note de soprano tenue au bord de la rupture. Un aigu vibrant, incandescent, qui emplit la pièce et sembla faire trembler les miroirs. Je sentis sa vulve se contracter contre ma bouche, son plaisir se répandre sur ma langue, et cette sensation m’arracha un gémissement à mon tour.
Marie suivit aussitôt. Ses jambes se refermèrent autour de moi, son bassin se souleva, ses doigts s’enfoncèrent dans mes hanches. Elle cria mon nom dans un souffle brisé, puis sa voix se perdit dans une série de plaintes plus graves, presque contralto, profondes et tremblantes. Sa chair se serra autour de mes doigts, son corps ondula sous le mien, et la pression de sa vulve contre la mienne devint insoutenable.
Alors mon propre orgasme monta, violent, lumineux, impossible à retenir.
Je me tendis entre elles deux, prise dans leur chaleur, dans leurs voix, dans ce triangle brûlant où chaque sensation appelait l’autre. Ma langue resta contre Sonia, mes doigts enfouis en Marie, mon sexe écrasé contre le sien. Tout se contracta en moi, puis céda d’un coup. Je jouis en poussant un cri qui ne m’appartenait presque plus, une note arrachée du fond de mon ventre, une note pleine, tremblante, qui vint rejoindre les leurs.
Pendant quelques secondes, nous ne fûmes plus trois femmes, mais un seul accord suspendu.
Un accord majeur, éclatant, irrévérencieux.
Puis les corps se relâchèrent.
Les souffles retombèrent peu à peu. La chaleur demeura, épaisse, magnifique, suspendue dans la loge comme après le dernier accord d’un concerto. Je me décollai doucement de Marie, encore tremblante, et levai les yeux vers Sonia. Ses joues étaient rouges, sa robe noire froissée sur ses hanches, son regard encore noyé de plaisir.
Je lui souris, la voix basse, presque étonnée de pouvoir encore parler.
— C’était délicieux… et en effet, une expérience sensorielle inoubliable.
Marie s’ajusta à côté de moi. Elle posa un baiser lent sur mon épaule, puis murmura avec un sourire :
— Et pourtant, tu n’as pas encore goûté au doigté de la pianiste…
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