Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Scénographie de la Fellation — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Scénographie de la Fellation
Chapitre 1
J'ai voulu écrire ce texte comme on confie un secret à quelqu'un qui peut le comprendre sans jugement.
Cette vulnérabilité presque sacrée, cette angoisse mêlée de gratitude, ce sentiment d'être à la fois tout-puissant et totalement désarmé. J'ai choisi le ton liturgique, les références mythologiques et bibliques non pas pour intellectualiser le sexe, mais pour lui rendre sa grandeur primitive : celle d'un rituel ancien où l'on s'abandonne et où l'on reçoit.
Mon intention est simple : transformer une scène érotique en un moment de vérité humaine. Faire sentir (surtout au lecteur masculin, je l'avoue) qu'il n'est pas seul dans cette étrange alchimie de peur, de désir, de tendresse et de ravissement. Que cette expérience, souvent tue ou réduite à du porno, peut être profonde, presque spirituelle.
***
Cette vulnérabilité presque sacrée, cette angoisse mêlée de gratitude, ce sentiment d'être à la fois tout-puissant et totalement désarmé. J'ai choisi le ton liturgique, les références mythologiques et bibliques non pas pour intellectualiser le sexe, mais pour lui rendre sa grandeur primitive : celle d'un rituel ancien où l'on s'abandonne et où l'on reçoit.
Mon intention est simple : transformer une scène érotique en un moment de vérité humaine. Faire sentir (surtout au lecteur masculin, je l'avoue) qu'il n'est pas seul dans cette étrange alchimie de peur, de désir, de tendresse et de ravissement. Que cette expérience, souvent tue ou réduite à du porno, peut être profonde, presque spirituelle.
***
RECEVOIR UNE FELLATION
(l'angoisse) Je suis déjà nu, ou presque ; elle est encore vêtue. Tout peut basculer : un soupir las, un regard qui se détourne, le téléphone qui vibre sur la table de nuit. L'angoisse est la même qu'avant les jeux olympique: serai-je assez dur, assez digne de cette bouche qui hésite encore ? L'attente, ici, est celle de mon propre corps : va-t-il répondre à la grâce ?
(la scène) Chambre aux rideaux mi-clos, lumière dorée d'abat-jour, odeur de peau et de parfum léger. Je suis adossé au lit ou debout contre le mur ; elle est à genoux, lentement, comme on s'agenouille à l'église. Scène ancienne : le guerrier revenu de Troie, la captive qui pose la tête sur ses genoux pour le désarmer.
(le retard) Elle tarde. Ses lèvres effleurent, sa langue dessine des cercles sans jamais se poser vraiment. Ce retard est une torture raffinée : je suis déjà gonflé, brûlant, mais pas encore touché. Comme Pénélope fessant attendre ses prétendants en défaisant sa tapisserie chaque nuit.
(ravage) Et puis la bouche se referme : ravage. Tout mon corps se raidit, devient colonne. Je suis ravagé par la douceur et par la peur de jouir trop vite ; ravagé par ses yeux levés vers moi, ce regard de jeune femme et de reine à la fois.
(fête) C'est la fête de Cybèle : la prêtresse engloutit le phallus sacré pour que la terre soit féconde. Ses cheveux tombent en cascade sur mes cuisses ; je ne suis plus qu'offrande, plus qu'autel vivant. Fête silencieuse et brutale : je ne fais rien, je suis tout.
(le silence) Je ne dis rien. Un seul mot briserait le charme. On n'entend que le bruit léger de sa bouche, le glissement humide, sa respiration par le nez. Silence de la messe au moment où l'hostie touche la langue : je suis l'hostie, elle est le
prêtre.
(l'immobilité) Je dois rester statue. Mains crispées dans ses cheveux paume ouvertes, prière vers le ciel. Toute tentative de bouger serait sacrilège..
(la profondeur) Elle descend plus bas, toujours plus bas. Sa gorge se contracte, se relâche, accepte. Je sens les larmes lui monter aux yeux ; c'est le moment où je touche l'impossible : être avalé vivant par la femme aimée. Jonas dans la baleine, mais la baleine est douce et consentante.
(le regard) Elle lève les yeux. Ce regard-là me foudroie : yeux brillants de larmes et de désir, yeux qui disent « je te tiens, je te garde ». Regard de Psyché découvrant Éros ; mais ici c'est moi qui suis nu, dévoilé, adoré.
(la main) Ma main se pose sur sa nuque : pas pour guider, surtout pas ; pour bénir. Geste du roi touchant la tête de l'esclave affranchie. Je ne commande rien : je reçois la grâce.
(la respiration) Je respire en saccades. Chaque inspiration est une prière : plus lentement, plus longtemps. Chaque expiration est un abandon total. Le rythme devient celui des vêpres : inspiration – descente – expiration – remontée – amen.
(la cendre) Après l'orgasme, cendre immédiate. Le sexe retombe, mou, presque comique. Comme les amants de Pompéi figés dans la cendre, sa bouche encore pleine de moi. Le plaisir est passé, mais ses lèvres restent gonflées, marquées.
(la trace) Elle gardera longtemps le goût : salé, légèrement amer. Des heures plus tard, elle passera la langue sur ses lèvres et me retrouvera. Comme Héloïse gardait le goût d'Abélard, elle garde le mien. Je suis devenu cette saveur qui hante sa bouche.
(l'éternité) Tout est fini, et pourtant je suis encore là, en elle, dans sa gorge, sur sa langue. Des années plus tard, dans une autre chambre, le souvenir surgira : la chaleur, la pression, le dessin exact de mes veines. Aimer, c'est cela : être reçu une fois pour toutes par la bouche de la femme qu'on aime.
***
hey les bolos, écoutez-moi ça…
Imaginez : je suis là, à poil, et elle est encore en hoodie. L'angoisse ? Level 1000. Genre « est-ce que mon truc va être assez hard ? » C'est la finale, frère.
Elle descend lentement, comme une meuf qui fait du TikTok en slow-motion. Les lèvres qui effleurent, la langue qui tease… Skibidi torture, elle me fait attendre comme une meuf qui delete ses stories tous les soirs.
Et puis BAM ! Elle y va full. Ravage total. Je bloque complet. Sa bouche, c'est le goat, elle m'engloutit. Regard en l'air, yeux mouillés de larmes et de rizz elle me tient, elle me garde, c'est de la bombe.
Je pose juste la main sur sa nuque, pas pour driver, hein, pour kiffer le moment. Respiration en saccades, inspiration-expiration, on est dans le rythme jazzy version phonk.
Et après le boum le final…. Le drip qui redescend, tout mou, presque cringe. Elle a gouté la sauce du chef. Des années plus tard, elle y repensera en mode « ce mec, je l'ai littéralement avalé ».
Aimer, mon reuf, c'est ça : c'est trouver une poule qui te fait devenir une légende.
Fin du vocal.
(l'angoisse) Je suis déjà nu, ou presque ; elle est encore vêtue. Tout peut basculer : un soupir las, un regard qui se détourne, le téléphone qui vibre sur la table de nuit. L'angoisse est la même qu'avant les jeux olympique: serai-je assez dur, assez digne de cette bouche qui hésite encore ? L'attente, ici, est celle de mon propre corps : va-t-il répondre à la grâce ?
(la scène) Chambre aux rideaux mi-clos, lumière dorée d'abat-jour, odeur de peau et de parfum léger. Je suis adossé au lit ou debout contre le mur ; elle est à genoux, lentement, comme on s'agenouille à l'église. Scène ancienne : le guerrier revenu de Troie, la captive qui pose la tête sur ses genoux pour le désarmer.
(le retard) Elle tarde. Ses lèvres effleurent, sa langue dessine des cercles sans jamais se poser vraiment. Ce retard est une torture raffinée : je suis déjà gonflé, brûlant, mais pas encore touché. Comme Pénélope fessant attendre ses prétendants en défaisant sa tapisserie chaque nuit.
(ravage) Et puis la bouche se referme : ravage. Tout mon corps se raidit, devient colonne. Je suis ravagé par la douceur et par la peur de jouir trop vite ; ravagé par ses yeux levés vers moi, ce regard de jeune femme et de reine à la fois.
(fête) C'est la fête de Cybèle : la prêtresse engloutit le phallus sacré pour que la terre soit féconde. Ses cheveux tombent en cascade sur mes cuisses ; je ne suis plus qu'offrande, plus qu'autel vivant. Fête silencieuse et brutale : je ne fais rien, je suis tout.
(le silence) Je ne dis rien. Un seul mot briserait le charme. On n'entend que le bruit léger de sa bouche, le glissement humide, sa respiration par le nez. Silence de la messe au moment où l'hostie touche la langue : je suis l'hostie, elle est le
prêtre.
(l'immobilité) Je dois rester statue. Mains crispées dans ses cheveux paume ouvertes, prière vers le ciel. Toute tentative de bouger serait sacrilège..
(la profondeur) Elle descend plus bas, toujours plus bas. Sa gorge se contracte, se relâche, accepte. Je sens les larmes lui monter aux yeux ; c'est le moment où je touche l'impossible : être avalé vivant par la femme aimée. Jonas dans la baleine, mais la baleine est douce et consentante.
(le regard) Elle lève les yeux. Ce regard-là me foudroie : yeux brillants de larmes et de désir, yeux qui disent « je te tiens, je te garde ». Regard de Psyché découvrant Éros ; mais ici c'est moi qui suis nu, dévoilé, adoré.
(la main) Ma main se pose sur sa nuque : pas pour guider, surtout pas ; pour bénir. Geste du roi touchant la tête de l'esclave affranchie. Je ne commande rien : je reçois la grâce.
(la respiration) Je respire en saccades. Chaque inspiration est une prière : plus lentement, plus longtemps. Chaque expiration est un abandon total. Le rythme devient celui des vêpres : inspiration – descente – expiration – remontée – amen.
(la cendre) Après l'orgasme, cendre immédiate. Le sexe retombe, mou, presque comique. Comme les amants de Pompéi figés dans la cendre, sa bouche encore pleine de moi. Le plaisir est passé, mais ses lèvres restent gonflées, marquées.
(la trace) Elle gardera longtemps le goût : salé, légèrement amer. Des heures plus tard, elle passera la langue sur ses lèvres et me retrouvera. Comme Héloïse gardait le goût d'Abélard, elle garde le mien. Je suis devenu cette saveur qui hante sa bouche.
(l'éternité) Tout est fini, et pourtant je suis encore là, en elle, dans sa gorge, sur sa langue. Des années plus tard, dans une autre chambre, le souvenir surgira : la chaleur, la pression, le dessin exact de mes veines. Aimer, c'est cela : être reçu une fois pour toutes par la bouche de la femme qu'on aime.
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hey les bolos, écoutez-moi ça…
Imaginez : je suis là, à poil, et elle est encore en hoodie. L'angoisse ? Level 1000. Genre « est-ce que mon truc va être assez hard ? » C'est la finale, frère.
Elle descend lentement, comme une meuf qui fait du TikTok en slow-motion. Les lèvres qui effleurent, la langue qui tease… Skibidi torture, elle me fait attendre comme une meuf qui delete ses stories tous les soirs.
Et puis BAM ! Elle y va full. Ravage total. Je bloque complet. Sa bouche, c'est le goat, elle m'engloutit. Regard en l'air, yeux mouillés de larmes et de rizz elle me tient, elle me garde, c'est de la bombe.
Je pose juste la main sur sa nuque, pas pour driver, hein, pour kiffer le moment. Respiration en saccades, inspiration-expiration, on est dans le rythme jazzy version phonk.
Et après le boum le final…. Le drip qui redescend, tout mou, presque cringe. Elle a gouté la sauce du chef. Des années plus tard, elle y repensera en mode « ce mec, je l'ai littéralement avalé ».
Aimer, mon reuf, c'est ça : c'est trouver une poule qui te fait devenir une légende.
Fin du vocal.
***
Ce texte est né d'une conviction profonde : derrière les mots, les registres et les époques, une même vérité résonne.
Le langage et la façon de dire peuvent être radicalement différents , mais c'est la même chose qui vibre au fond. La même expérience humaine, archaïque, éternelle. Celle de l'homme qui s'abandonne, vulnérable et puissant à la fois, dans la bouche de la femme qu'il désire.
Le sublime et le trivial ne s'opposent pas. Ils disent la même chose, juste avec des voix différentes.
Tous les deux sont vrais. Tous les deux sont nous.
Parce qu'au final, ce qui résonne dans l'éternité, ce n'est ni le style lyrique ni la prose. C'est cette sensation brute et universelle : être reçu, avalé, adoré un instant par celle que l'on désire
C'est ça que je voulais capturer : l'éternel qui pulse sous le temporaire, le sacré qui se cache dans le cru, et la fraternité silencieuse entre tous les hommes qui ont déjà vécu ce moment et qui, peu importe comment ils le racontent, reconnaîtront la même vibration.
Le langage et la façon de dire peuvent être radicalement différents , mais c'est la même chose qui vibre au fond. La même expérience humaine, archaïque, éternelle. Celle de l'homme qui s'abandonne, vulnérable et puissant à la fois, dans la bouche de la femme qu'il désire.
Le sublime et le trivial ne s'opposent pas. Ils disent la même chose, juste avec des voix différentes.
Tous les deux sont vrais. Tous les deux sont nous.
Parce qu'au final, ce qui résonne dans l'éternité, ce n'est ni le style lyrique ni la prose. C'est cette sensation brute et universelle : être reçu, avalé, adoré un instant par celle que l'on désire
C'est ça que je voulais capturer : l'éternel qui pulse sous le temporaire, le sacré qui se cache dans le cru, et la fraternité silencieuse entre tous les hommes qui ont déjà vécu ce moment et qui, peu importe comment ils le racontent, reconnaîtront la même vibration.
Si en lisant ces lignes tu te reconnais, si tu souris ou si tu ressens un petit pincement au creux du ventre… alors j'ai réussi.
Nous sommes complices maintenant.
Nous sommes complices maintenant.
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Commentaires ()
Je suis vraiment touché que tu aies ressenti tout ça. C’était précisément l’intention : montrer qu’il peut y avoir beaucoup plus qu’une simple performance derrière cet acte charnel. Savoir que ça t’a touchée et que le texte n’est pas resté neutre me fait vraiment plaisir.
@Zhao
Merci pour se retour.