Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Vingt ans, libre et sublimée par l'objectif — Chapitre 1 · FX30 et dentelle verte
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Vingt ans, libre et sublimée par l'objectif
Chapitre 1 · FX30 et dentelle verte
L'alcool coulait dans ma gorge mais ne parvenait pas à éteindre la tristesse qui brûlait ma poitrine. Pendant que je trinque à ma propre stupidité, je revois ses yeux quand il me demandait de ne pas être « vulgaire », cette prison invisible qu'il avait construite autour de moi pour mieux me tromper à l'abri des regards.
Mes cheveux châtains tombent un peu devant mon visage. Devant moi, Gab, mon meilleur ami depuis trois ans déjà. On avait commencé à boire à quinze heures, j'avais besoin de parler de ma rupture amoureuse. J'avais appris qu'il se tapait sa patronne au camping dans lequel il était allé bosser cet été. Un mois déjà de tromperie, qui avait fait voler un an de relation.
Dévasté, j'avais passé la matinée à pleurer. Lui qui me disait vomir la tromperie. Sacré connard. Ne sachant pas quoi faire, j'avais fini par l'appeler. Alors il m'a accueillie chez lui. On s'était servi quelques verres, et il m'avait écoutée pleurer.
Au bout d'un moment, mes larmes étaient sèches sur mes joues humides. D'une voix tremblante d'un mélange d'alcool et de rage, je dis :
— J'ai envie de me venger.
— C'est normal, essaye de rester dans la légalité quand même.
— Promis je ne le tuerai pas, c'est trop simple.
— Tu comptes le kidnapper et le torturer ?
— Non, je ne veux plus jamais revoir sa sale tronche.
— Logique.
— J'ai envie de me venger.
— C'est normal, essaye de rester dans la légalité quand même.
— Promis je ne le tuerai pas, c'est trop simple.
— Tu comptes le kidnapper et le torturer ?
— Non, je ne veux plus jamais revoir sa sale tronche.
— Logique.
Je réfléchis à peine à mes paroles. Je déverse juste tout ce que je voulais dire. Les brides qu'il m'avait mises finirent par sauter, sa parole ne valant plus rien à mes yeux. Parole d'un menteur.
— Vu qu'il croit être le seul à pouvoir jouer de ses charmes, je vais lui prouver que non.
— Et comment ?
— Je vais me taper son meilleur pote… ou son frère.
— Au moins c'est légal.
— Ou alors un mec de son équipe de baseball…
— C'est moins proche.
— Toute l'équipe ?
— Tu vas avoir du mal.
— Et comment ?
— Je vais me taper son meilleur pote… ou son frère.
— Au moins c'est légal.
— Ou alors un mec de son équipe de baseball…
— C'est moins proche.
— Toute l'équipe ?
— Tu vas avoir du mal.
C'est vrai qu'une équipe entière, ça va être dur… même si ça pourrait bien me faire kiffer.
— Pas faux, c'est peut-être un peu trop.
— Tu veux à tout prix te taper un mec proche de lui ?
— Oui, il m'a bridée durant toute cette année…
— Tu veux à tout prix te taper un mec proche de lui ?
— Oui, il m'a bridée durant toute cette année…
Je ne savais pas vraiment comment le dire. Je me souviens de ses remarques sur les autres, sur moi. Ses regards quand ma jupe était un peu courte. Ses menaces de partir.
— Il contrôlait tout : mes réseaux, mes sorties, mes tenues. J'ai accepté par amour. Quand je pense qu'il m'avait fait la gueule car j'avais parlé à des amis mecs un soir…
— Oui, tu m'en avais parlé.
— Alors maintenant je lâche la bride, je veux vivre et ressentir les moindres moments de ma vingtaine. Je veux posséder ma sexualité et mon corps. Et je veux bien lui faire comprendre.
— Oui, tu m'en avais parlé.
— Alors maintenant je lâche la bride, je veux vivre et ressentir les moindres moments de ma vingtaine. Je veux posséder ma sexualité et mon corps. Et je veux bien lui faire comprendre.
Il a laissé un léger silence avant de répondre. Je reprends une gorgée, j'ai la gorge un peu sèche avec la chaleur.
— Tape-toi son pote alors. Ou même un mec au bar et tu lui envoies la photo.
Une photo, mais oui ! C'était un génie !
— Oh, bonne idée ça !
— De quoi ?
— La photo ! J'adore ça en plus ! J'avais même hésité à créer un compte de photos érotiques avant lui !
— Fais attention qu'il ne la retourne pas contre toi quand même.
— De quoi ?
— La photo ! J'adore ça en plus ! J'avais même hésité à créer un compte de photos érotiques avant lui !
— Fais attention qu'il ne la retourne pas contre toi quand même.
J'avais mon idée. Mais je voulais plus. Je voulais une revanche. Reprendre le contrôle total de moi-même. Mais juste une photo avec un mec au hasard, c'est trop simple. Non, je veux plus grandiose. Je veux montrer que cette ère de bride, de contrôle était révolue.
— En fait, j'ai mieux. Je vais faire un film.
— Un film ? Un porno ?
— Un film ? Un porno ?
Il avait l'air un peu sur le cul.
— Oui, toi qui es en licence de cinéma, tu dois avoir des bases, non ?
— Un peu, enfin dans les courts-métrages, j'ai jamais fait de porno, moi.
— Ça ne doit pas être bien différent… il faut juste un autre acteur…
— Enfin pas que... moi je sais écrire des scripts et filmer… mais pour le montage, l'éclairage et le son, c'est plus complexe…
— Le montage je gère, t'inquiète ! Et pour le reste, t'as pas des contacts ?
— Parce que tu te sens prête à baiser devant nous ?
— Ça va être gênant au début… mais je crois que ça va m'exciter un peu. Mais du coup ? T'as des contacts ?
— J'ai bien un ami qui a bossé sur pas mal de petits projets, il en a fait avec moi… je lui demanderai demain si tu veux. Mais pas sûr qu'il soit gratuit.
— Oh, ça serait bien ça… et pour le budget, je payerai. Toi, tu me feras un prix d'ami ?
— Bien sûr, je ne te ferai rien payer.
— Nickel ça.
— Un peu, enfin dans les courts-métrages, j'ai jamais fait de porno, moi.
— Ça ne doit pas être bien différent… il faut juste un autre acteur…
— Enfin pas que... moi je sais écrire des scripts et filmer… mais pour le montage, l'éclairage et le son, c'est plus complexe…
— Le montage je gère, t'inquiète ! Et pour le reste, t'as pas des contacts ?
— Parce que tu te sens prête à baiser devant nous ?
— Ça va être gênant au début… mais je crois que ça va m'exciter un peu. Mais du coup ? T'as des contacts ?
— J'ai bien un ami qui a bossé sur pas mal de petits projets, il en a fait avec moi… je lui demanderai demain si tu veux. Mais pas sûr qu'il soit gratuit.
— Oh, ça serait bien ça… et pour le budget, je payerai. Toi, tu me feras un prix d'ami ?
— Bien sûr, je ne te ferai rien payer.
— Nickel ça.
Je continue de parler de mon projet. De l'acteur avec qui je voudrais jouer. Mon homme idéal, l'endroit... je pensais vraiment à tous les détails. Lui, il écoutait, mais je ne savais pas à quel point il était vraiment partant. On était ivres, je le savais. Mais c'était drôle à imaginer. On pensait à un script tout en parlant à cœur ouvert de nos désirs.
Vers trois heures du matin, je me décide à rentrer dormir. En partant, je lui fais un clin d'œil en disant :
— Dors bien, et pense à ton contact demain !
— Dors bien, et pense à ton contact demain !
Il rigole un peu en lui répondant :
— Bien sûr, et toi cherche un acteur alors.
— Bien sûr, et toi cherche un acteur alors.
Puis je pars en riant. Je bois un verre d'eau avant de dormir. Ma tête tourne quand je ferme les yeux et m'allonge. Je prendrai un Doliprane demain. Mais, même si la « soirée » n'était pas si gaie, j'ai bien aimé. On a pu parler, pleurer, rigoler un peu. On a échangé, parlé de nos désirs, nos passions.
Je m'endors en repensant à cette idée folle. C'est vrai que je m'étais déjà essayée à la photo érotique. Et je ne peux pas nier que mon corps rendait bien sur les clichés. Une silhouette en sablier faisant ressortir mes hanches et ma poitrine, et des iris ambrés qui étaient sûrement la partie que je préfère chez moi. Mes yeux se closent et je rêve d'un futur plus agréable. Des vacances au soleil et de mes chats.
Je me réveille, le soleil dans les yeux. Avec l'alcool, j'avais oublié de fermer le rideau hier. Je me lève, enfile une chemise par-dessus ma lingerie verte. Un tailleur vert et un pantalon de costume. Ma tête me lance, alors je prends un médoc avec mon jus de pomme.
Je passe la matinée à scroller, je repense à ma relation. Je revois nos bons moments... l'étaient-ils tant ? Et puis j'ouvre les yeux sur son contrôle. J'avais arrêté la salle, je ne mettais même plus mes jolies jupes. Il trouvait ce genre de fille « vulgaire », et moi je voulais lui plaire.
Dans l'après-midi, je me décide à envoyer un message à Gab :
« Cc, ça va depuis hier soir ? T'as pas vomi ? »
« Cc, ça va depuis hier soir ? T'as pas vomi ? »
Il ne lui faut pas longtemps pour me répondre. Il me dit que tout va bien et me demande pour moi. On discute un peu, je lui réponds entre la retouche de certaines de mis vieilles photos, celles que j'avais prises en photo sans jamais les publier. Puis je me décide à lui envoyer le message important :
« En fait, tu as contacté le mec pour le son et la lumière ? »
« Qui ? »
« En fait, tu as contacté le mec pour le son et la lumière ? »
« Qui ? »
Il avait l'air d'avoir oublié, ou alors il ne me prenait pas au sérieux quand je lui ai proposé. Logique.
« Ton contact, pour le film. »
Il met un peu de temps à répondre.
« Le mec pour nous aider à faire un porno ? »
« Bah oui, t'as oublié ? »
« C'est plutôt que je pensais que tu n'étais pas sérieuse. »
« Bah oui, t'as oublié ? »
« C'est plutôt que je pensais que tu n'étais pas sérieuse. »
Voilà, j'en étais sûr.
« Si… tu ne veux plus ? »
« Jsp, peut-être que si. Mais je voudrais qu'on en parle sobre avant. »
« Jsp, peut-être que si. Mais je voudrais qu'on en parle sobre avant. »
On devait se voir alors, ce soir ça serait pas mal.
« Ok, je passe chez toi après manger alors. 20h ? »
« Ok, à toute. »
« Ok, à toute. »
Je ferme mon portable en réfléchissant. Faire un porno, c'est pas rien. Il faut faire attention, ça aura sûrement des répercussions à vie sinon. Il m'avait l'air plus chaud hier, mais bon c'est normal. J'espère quand même qu'il va vouloir. C'est un artiste dans l'âme, alors je suis sûr qu'il va nous faire de super prises.
Je passe l'après-midi sur mon tel, je pense à mon ex. Je ne suis même plus sûre de vouloir lui envoyer le film. Il ne le mérite pas. Je ne veux plus jamais lui parler. Mais je veux toujours le faire.
Puis arrive vingt heures. J'entends Gab toquer et je lui ouvre. Il entre dans mon 18 mètres carrés d'un pas assuré. Un tee-shirt Star Wars et un jogging : le style n'a jamais été sa priorité. De toute manière, il ne pense qu'aux films. Il m'invite à m'asseoir et sert deux verres d'eau. On échange des banalités, puis j'entre dans le vif du sujet.
— Je veux tourner un porno.
— Toujours par esprit de vengeance ?
— Plus tant, en fait j'y ai réfléchi. C'est bien que ce soit fini nous deux. Ça fait toujours mal mais bon.
— C'est normal d'avoir mal.
— Oui, mais du coup le porno c'est pour moi que je le veux. Je veux faire l'expérience d'être une actrice. L'expérience du pouvoir ultime de mon corps.
— C'est bien dit.
— Te moques pas. Puis t'étais partant hier.
— Toujours par esprit de vengeance ?
— Plus tant, en fait j'y ai réfléchi. C'est bien que ce soit fini nous deux. Ça fait toujours mal mais bon.
— C'est normal d'avoir mal.
— Oui, mais du coup le porno c'est pour moi que je le veux. Je veux faire l'expérience d'être une actrice. L'expérience du pouvoir ultime de mon corps.
— C'est bien dit.
— Te moques pas. Puis t'étais partant hier.
Il met un petit temps à répondre. L'air de la pièce est un peu lourd. Enfin il lâche :
— Vrai. Et en soit je le suis encore. J'ai réfléchi, c'est un style qui m'attire, l'érotisme. Mais je n'ai jamais pu l'explorer.
— Alors c'est oui ?
— Presque. Je veux qu'on y réfléchisse avant.
— À quoi ?
— On en fait quoi après ? Comment recrute-t-on un acteur ? Où joue-t-on ?
— Vrai. Et en soit je le suis encore. J'ai réfléchi, c'est un style qui m'attire, l'érotisme. Mais je n'ai jamais pu l'explorer.
— Alors c'est oui ?
— Presque. Je veux qu'on y réfléchisse avant.
— À quoi ?
— On en fait quoi après ? Comment recrute-t-on un acteur ? Où joue-t-on ?
C'étaient des questions légitimes, même moi me les étais posées.
— Pour la suite, je pense que je vais le garder pour nous. Dans un cercle privé. Je n'ai pas envie de le publier à tout va en fait. Des photos tirées de la vidéo ok, mais pas la sextape.
— Oui, je préfère aussi.
— Pour l'acteur, je veux un inconnu. Alors j'ai pensé que je pourrais le rencontrer via un site de drague. Je fais un premier abord, puis après, rendez-vous chez moi avec toi pour en parler.
— C'est risqué non ? Vaut mieux le voir en ville.
— Ça me gêne d'en parler devant des gens.
— Logique, on peut trouver un coin calme. Un café vide ou un parc. Chez soi, c'est dangereux quand même.
— Bon très bien, on fera ça.
— Et pour le lieu ?
— Je ne sais pas encore vraiment. J'ai envie de marquer le coup, donc pas chez moi.
— En extérieur ? Forêt tranquille, parc…
— C'est pas tant ma came. Moi c'est plus bâtiment abandonné, chantier, hôtel. La ville en fait.
— Ok, faudra voir pour apporter le matos alors.
— Oui… et il y a la question du budget aussi.
— J'ai déjà la caméra, faudra juste payer André, l'ingé.
— À combien ?
— Pour la semaine, il prendra cent ou cent cinquante euros.
— Ok, ça t'irait si je payais 100, et toi 50 ?
— Pourquoi pas 75 chacun ?
— Car c'était mon idée.
— Bon très bien. Je lui envoie un message dans ce cas.
— Oui, je préfère aussi.
— Pour l'acteur, je veux un inconnu. Alors j'ai pensé que je pourrais le rencontrer via un site de drague. Je fais un premier abord, puis après, rendez-vous chez moi avec toi pour en parler.
— C'est risqué non ? Vaut mieux le voir en ville.
— Ça me gêne d'en parler devant des gens.
— Logique, on peut trouver un coin calme. Un café vide ou un parc. Chez soi, c'est dangereux quand même.
— Bon très bien, on fera ça.
— Et pour le lieu ?
— Je ne sais pas encore vraiment. J'ai envie de marquer le coup, donc pas chez moi.
— En extérieur ? Forêt tranquille, parc…
— C'est pas tant ma came. Moi c'est plus bâtiment abandonné, chantier, hôtel. La ville en fait.
— Ok, faudra voir pour apporter le matos alors.
— Oui… et il y a la question du budget aussi.
— J'ai déjà la caméra, faudra juste payer André, l'ingé.
— À combien ?
— Pour la semaine, il prendra cent ou cent cinquante euros.
— Ok, ça t'irait si je payais 100, et toi 50 ?
— Pourquoi pas 75 chacun ?
— Car c'était mon idée.
— Bon très bien. Je lui envoie un message dans ce cas.
Il sort son portable et commence à taper. Puis il relève les yeux, et demande :
— Tu me parlais de ta passion pour la photo hier. T'as envie de reprendre le boudoir alors ?
— Oui, avant lui j'avais déjà posté sur Insta. J'avais plutôt eu de bons retours. Ça me donnait vraiment l'impression d'être super belle. Je me suis sentie désirée, et ça me faisait du bien.
— Oui, c'est toujours agréable. Puis c'est aussi une validation de ton art en soi.
— C'est clair. J'aimais chacune des réactions. J'étais presque devenue addict aux likes.
— Je comprends, le premier film que j'ai mis en ligne, j'ai rechargé la page toutes les heures.
— Ah ah normal. Ça me manque de poster. C'est peut-être un peu ce que je recherche à travers l'idée du film. Être sublimée par l'objectif.
— Tu me parlais de ta passion pour la photo hier. T'as envie de reprendre le boudoir alors ?
— Oui, avant lui j'avais déjà posté sur Insta. J'avais plutôt eu de bons retours. Ça me donnait vraiment l'impression d'être super belle. Je me suis sentie désirée, et ça me faisait du bien.
— Oui, c'est toujours agréable. Puis c'est aussi une validation de ton art en soi.
— C'est clair. J'aimais chacune des réactions. J'étais presque devenue addict aux likes.
— Je comprends, le premier film que j'ai mis en ligne, j'ai rechargé la page toutes les heures.
— Ah ah normal. Ça me manque de poster. C'est peut-être un peu ce que je recherche à travers l'idée du film. Être sublimée par l'objectif.
Ma voie était un peu rêveuse, empreinte de nostalgie et d'admiration.
— Tu reprendras sûrement des photos dans les jours à venir. Ça te fera du bien.
— Oui… même maintenant en soit. Si t'es chaud ?
— Oui… même maintenant en soit. Si t'es chaud ?
Je voulais voir comment il allait se comporter derrière une caméra. J'avais bien sûr vu tous ses courts-métrages. Mais là, il allait me voir nue, alors je voulais déjà faire un premier test.
— Moi ?
Il avait l'air choqué.
— Oui, t'as de bonnes bases en photo non ?
— Je me débrouille.
— Alors fais-moi un shooting. Ça m'habituera à ta caméra, et toi à mon corps nu.
— Je me débrouille.
— Alors fais-moi un shooting. Ça m'habituera à ta caméra, et toi à mon corps nu.
Il a l'air d'hésiter. Il va refuser ?
— Ok, on peut essayer.
Il sort une barre LED de sous le lit. Moi, je me lève et je me place devant le mur blanc. Il prend sa Sony FX30, je connaissais bien cette caméra. Je l'avais souvent vue avec sur les tournages.
Je regarde son objectif. Mon sourire se fige un peu et j'essaie de plisser un peu mes yeux. Un regard pour faire fondre. Il règle sa caméra puis dit :
— Tu as déjà des idées de poses ?
— Tu as déjà des idées de poses ?
Bien sûr, des idées que j'avais refoulées, j'en avais tant.
— Vite fait. Je vais me déshabiller lentement. Je te laisse me shooter à chaque habit en moins.
Alors je commence une étrange danse. Ma veste glisse contre ma peau et je déboutonne ma chemise lentement. Je le vois capturer chaque pose, son âme entière uniquement concentrée sur la photo. Tandis que ma peau se découvre sous mes ongles azur, je sens que je stresse un peu. Je suis en train de me mettre nue devant un homme. Les paroles de mon ex me frappent dans ma tête : « Seule une pute ferait des photos de charme. ».
Je sens que mes jambes tremblent un peu. J'ai raison de faire ça ? Ou je ne suis qu'une fille misérable ? Des milliers d'incertitudes défilent en boucle dans ma tête. Et si Gab changeait son regard sur moi ? Il va juste penser que je suis une fille facile ?
Soudain, sa voix claire me sort de mes pensées noires. Il parle d'un ton professionnel, comme si je n'étais qu'un modèle et lui un photographe :
— Essaie de mettre tout ton poids sur ta jambe gauche.
— Essaie de mettre tout ton poids sur ta jambe gauche.
Je m'exécute silencieusement. C'est ce que je suis : un modèle comme un autre. Un humain, un être avec des désirs et une volonté. Pas juste l'objet de décoration d'un homme. Mes yeux ambrés fixent l'objectif, brillant de nouveau.
Bientôt, seule la dentelle verte de ma lingerie couvre mon corps. Il se concentre sur tous les réglages. Il me fait bouger un peu, déplace mes bras et mes mèches. Je prends encore quelques poses. Il me conseille sur les placements de mes bras, de mes jambes. Et puis on pose la caméra.
Il est toujours concentré sur l'appareil. Moi, je souris. Pas une remarque déplacée, pas de regard lubrique. Juste un pro. Je m'approche de lui, encore en lingerie, je voulais avoir son retour.
— Alors ça t'a plu ?
Il semble soudain perturbé, un peu rouge. Comme s'il était bien trop impliqué dans la photo pour remarquer avant que son amie était presque nue devant lui.
— Je… Oui.
Je souris, c'était nouveau pour nous deux. Mais c'était bien.
— Moi aussi. J'ai trop aimé.
Je commence à me rhabiller.
— Tu pourras m'envoyer les photos ? Je ferai les retouches, t'inquiète pas. Ah, et tu peux les garder pour ton portfolio bien sûr.
— Je le ferai alors. Je pourrai voir le final ?
— Abonne-toi à mon compte.
— Qui est ?
— Cherche un peu ! C'est en rapport avec moi, mais discrètement.
— Je le ferai alors. Je pourrai voir le final ?
— Abonne-toi à mon compte.
— Qui est ?
— Cherche un peu ! C'est en rapport avec moi, mais discrètement.
Je lui souris d'un air espiègle. Puis conclut :
— Bon, je vais y aller. Je te dirai demain pour le compte si t'as pas trouvé.
— Bon, je vais y aller. Je te dirai demain pour le compte si t'as pas trouvé.
Il rigole un peu.
— Okay, et crée ton compte pour pêcher notre acteur ce soir.
— Bien sûr ! Allez, passe une bonne nuit !
— Merci, toi aussi.
— Okay, et crée ton compte pour pêcher notre acteur ce soir.
— Bien sûr ! Allez, passe une bonne nuit !
— Merci, toi aussi.
Je sors de l'appartement. Je commence à fermer la porte, mais j'avais juste envie de dire ces derniers mots :
— Merci pour hier et aujourd'hui. Et merci de me suivre dans mes délires barrés. T'es vraiment super !
— Merci pour hier et aujourd'hui. Et merci de me suivre dans mes délires barrés. T'es vraiment super !
Avant même qu'il ne puisse répondre, je disparais dans le couloir. J'étais si gênée ! J'ai bien aimé le shooting. Ça m'a rappelé mes débuts en photo, notre première rencontre. C'était stressant de se découvrir devant quelqu'un. Je ne l'avais jamais vraiment fait. En général, je servais de modèle et de photographe. Mais là, je m'exposais directement à son regard, à son objectif, à ses pensées.
Alors j'étais heureuse qu'il ait gardé ce côté pro, cette manière de faire attention aux détails, aux ombres et à ma pose. Sans se préoccuper de mon corps nu.
Je finis par m'endormir, pensant au film, espérant avoir fait le bon choix.
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