L'éveil de Manoé
Chapitre 1
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ tounet777 L'éveil de Manoé XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

L'éveil de Manoé — Chapitre 1

47 minutes
0
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de tounet777
tounet777
Histoires publiées
516
Abonnés
167
J'aime cumulés
6.3k

L'éveil de Manoé

Chapitre 1

La porte d'entrée claque, un bruit sec qui résonne encore dans ma poitrine alors que je lace mes baskets noires. Arthur est parti faire un tour, « pour respirer », a-t-il dit. En réalité, je sais qu'il fuit dès que les mots deviennent trop lourds, dès que je pose les questions qui fâchent. Le silence qui s'installe dans l'appartement est lourd, presque palpable. Sur la table de la cuisine, deux tasses de café à peine entamées refroidissent. Une scène devenue trop classique ces derniers mois.
Je me redresse et croise mon reflet dans le miroir du couloir. Manoé, quarante-deux ans, des cheveux bruns un peu rebelles que je tente de discipliner, une taille moyenne qui ne paie pas de mine. Mes yeux sont fatigués, cernés par les nuits de révisions. En baissant le regard, je ne peux m'empêcher de fixer ce petit ventre qui s'est installé avec le stress et le manque de sport. C'est un vrai complexe pour moi, une source d'insécurité constante, surtout quand je me compare aux critères parfaits des mecs de la communauté. À mon âge, reprendre des études pour décrocher le diplôme d'aide-soignant est un défi complet, mais ce soir, ce n'est pas le stress de l'école qui me tord le ventre. C'est Arthur. Cinquante et un ans, le charme mûr, et cette fâcheuse tendance à regarder ailleurs. À aller voir ailleurs. Il l'a déjà fait, à plusieurs reprises. Des « erreurs », disait-il. Des blessures mal refermées pour moi.
Je jette un œil à ma montre : 18h15. Ce soir, c'est le grand saut. Juin commence à peine, et j'attaque mon stage de nuit aux urgences. Sept semaines de tunnel, de 19h à 7h du matin. Douze heures de taf non-stop à courir dans les couloirs.
Avant de prendre mon sac, un vieux réflexe me pousse à déverrouiller mon téléphone. Le doute est un poison lent. Est-ce qu'Arthur profite de mes absences ? Est-ce qu'il recommence ? Dans un élan de colère mêlé à une curiosité morbide, je télécharge Grindr. Je me crée un profil rapide, sans photo de visage, juste une description évasive. Un exutoire. Un jeu pour voir ce qui se passe dehors, puisque chez moi, tout s'effondre.
La première nuit aux urgences est un tourbillon. Entre les admissions pour des accidents domestiques, les lits à changer, les constantes à prendre sous l'œil vigilant de ma tutrice, je n'ai pas le temps de souffler. Le bip des scopes, l'odeur d'antiseptique, la lumière crue des néons... tout est fait pour oublier ma propre vie.
Pourtant, vers deux heures du matin, lors d'une rare pause-café dans la salle de garde déserte, je rouvre l'application. Un profil retient mon attention. Pas très loin de l'hôpital. Le pseudo est simple, la photo montre un torse bien sculpté, une peau mate, chaleureuse. Tout l'inverse de moi et de mes complexes.
Soudain, l'icône de message clignote. C'est un profil encore mystérieux.
— [Grindr] Inconnu : Salut. Tu es dans le coin ? Discret ?
— [Grindr] Moi : Salut. Oui, discret. Je bosse là.
— [Grindr] Inconnu : Tu bosses dans quoi ? Moi c'est Gilles. 33 ans.
— [Grindr] Moi : Manoé. Je suis dans le médical.
Le courant passe étonnamment vite. Au fil des messages, Gilles se dévoile. Il est d'origine portugaise, mesure à peu près ma taille, le teint mat, les cheveux sombres. Il a une assurance qui me déstabilise et me plaît à la fois. La conversation devient rapidement plus intime, plus piquante. Très vite, on décide de lever le mystère et on s'envoie la photo de nos visages. En découvrant ses traits masculins bien dessinés et son regard ténébreux, je sens mon cœur accélérer. De son côté, mon visage brun de quadragénaire semble lui plaire tout autant, ce qui me rassure un peu par rapport à mes doutes physiques.
Il me fait comprendre qu'il n'est pas là pour enfiler des perles. Il m'envoie une photo d'un de ses attributs : une très belle queue, sombre, impressionnante. Un frisson me parcourt.
— [Grindr] Gilles : Tu me plais bien Manoé. Tu as un plan pour qu'on s'attrape ?
— [Grindr] Moi : C'est compliqué. Je fais des nuits de 12 heures en ce moment.
— [Grindr] Gilles : Passe-moi ton numéro, ce sera plus simple que sur cette appli de merde.
J'hésite. Penser à Arthur me donne un coup de poignard, mais la rancœur prend le dessus. Après tout ce qu'il m'a fait subir, qu'est-ce que ça peut faire ? C'est juste virtuel. Je lui donne mon numéro.
Les jours suivants se transforment en un ping-pong textuel incessant. On se parle au réveil, pendant mes pauses, avant qu'il ne reprenne le travail. Mais un problème de taille se pose rapidement : nos rythmes sont totalement incompatibles.
Gilles travaille dans le bâtiment, il finit ses journées à 18h. Moi, à 18h, je suis déjà en train d'enfiler ma blouse pour prendre mon service à 19h, et ce jusqu'au lendemain matin 7h. Quand je dors la journée, il est au taquet. Quand il rentre chez lui pour se détendre, je cours après les brancards.
— [SMS] Gilles : Je viens de débaucher. Je suis chaud bouillant là. On se capte où ? Tu as une voiture ?
— [SMS] Moi : Je viens d'arriver à l'hôpital Gilles... Je commence dans dix minutes pour 12 heures de taf. Impossible ce soir.
— [SMS] Gilles : Putain, tu fais chier avec tes horaires de nuit. Demain alors ?
— [SMS] Moi : Demain c'est pareil, je rempile. Je dors la journée.
Pour moi, la situation me convient presque. C'est un jeu de séduction sans danger. Je n'ai aucune intention de sauter le pas, je ne veux pas réellement tromper Arthur, malgré la distance abyssale qui s'installe entre nous à la maison. C'est une bouffée d'oxygène, une preuve que je peux encore plaire à un mec plus jeune et bien foutu, malgré ce petit ventre qui me gâche la vie dès que je me regarde nu.
Pour nourrir ce jeu et garder son attention, je commence à lui envoyer des photos de moi nu, prises à la dérobée dans ma salle de bain avant de partir au boulot. Je triche un peu sur les angles pour dissimuler mon complexe, ce qui semble marcher puisque Gilles en réclame toujours plus, de plus en plus ciblées.
— [SMS] Gilles : Envoie-moi des photos de toi en tenue de travail à l'hôpital, montre-moi ton petit cul dans ton pantalon blanc.
— [SMS] Gilles : Putain, t'as un super corps. J'ai trop envie de te goûter. Tu me rends dingue à bloquer comme ça.
Le manège dure deux semaines. Quinze jours de messages brûlants, de promesses en l'air, et de rendez-vous manqués à cause de mes gardes infernales aux urgences. La fatigue accumulée du stage commence à peser sur mes nerfs, et l'ambiance avec Arthur est glaciale. On cohabite comme des colocataires qui s'évitent.
Un après-midi, alors que je viens de me réveiller avec un mal de crâne carabiné, je reçois un message de Gilles. Le ton a changé.
— [SMS] Gilles : Bon Manoé, on va arrêter les frais je crois. Ça fait deux semaines qu'on tourne autour du pot. Les photos c'est sympa mais moi je suis un mec de terrain, j'ai besoin de concret.
Tu n'as jamais le temps, tes horaires c'est l'enfer. Je passe à autre chose. Bonne continuation pour ton stage.
Mon cœur rate un battement. Une pointe de déception me traverse, mêlée à une vieille insécurité : s'est-il lassé à cause de mes photos ? A-t-il deviné ce petit ventre que je cache tant bien que mal ? Ma raison reprend pourtant le dessus et je tape ma réponse avec un calme feint.
— [SMS] Moi : Je comprends tout à fait Gilles. C'est vrai que mes horaires sont impossibles en ce moment avec les urgences. Pas de souci, bonne continuation à toi aussi.
Je repose mon téléphone sur la table de nuit. C'est mieux comme ça. Le jeu est terminé avant de devenir dangereux.
Pourtant, le silence ne dure pas. Dès le lendemain après-midi, mon téléphone vibre à nouveau. C'est encore lui. On dirait que mon détachement l'a piqué au vif.
— [SMS] Gilles : J'arrive pas à te sortir de la tête. T'es chiant. J'ai trop envie de toi, ça pourrait être tellement sympa nous deux. Il faut qu'on trouve une solution, même rapide.
Je souris devant mon écran, flatté malgré moi. Mes complexes s'envolent le temps d'un instant. Le harcèlement textuel reprend de plus belle pendant plusieurs jours. Gilles est obsédé par l'idée de me voir, de consommer ce fantasme virtuel. Jusqu'au jour où il formule une proposition très directe.
— [SMS] Gilles : Écoute, j'ai une idée. Je sais où tu bosses. Ce soir, juste avant que tu embauches, ou pendant que tu y es, je viens. On se retrouve dans les toilettes publiques du parc juste à côté de l'hôpital. Tu me suces, je repars après que tu as tout avalé. Rapide, efficace. Qu'est-ce que t'en dis ?
Je relis le message deux fois. L'image me traverse l'esprit, crue, excitante, mais la réalité me rattrape aussitôt. Il est bientôt l'heure, je suis déjà dans le bus, le ventre noué par la garde qui m'attend.
— [SMS] Moi : C'est beaucoup trop juste niveau timing Gilles. Je cours déjà pour ne pas être en retard à ma transmission de 19h. Je ne peux pas faire ça à la va-vite entre deux portes.
— [SMS] Gilles : T'es pas joueur... Bon, et si je viens directement à l'hôpital ? Tu me fais monter, on trouve des toilettes tranquilles dans un couloir de l'administration ou des urgences durant la soirée, et on fait ça là-bas. Personne ne captera rien.
Cette fois, la panique se mêle à l'excitation. Les urgences de nuit sont un moulin, mais les caméras, la sécurité, le personnel qui tourne en permanence... C'est de la folie pure. Si je me fais choper, mon diplôme d'aide-soignant s'envole en fumée avant même d'exister. Et puis, l'idée de me dévoiler ainsi, dans la précipitation d'un recoin d'hôpital avec mes complexes physiques, me paralyse.
— [SMS] Moi : Les toilettes de l'hôpital ? Tu es fou, c'est beaucoup trop risqué ! Il y a des caméras partout, des infirmières, des internes qui bougent toute la nuit. Si on me chope, je perds mon stage et mon avenir. C'est non, impossible.
— [SMS] Gilles : Tu rates quelque chose Manoé. Dommage.
Après ce refus catégorique, le couperet tombe. Plus un message. Plus un signe de vie.
Les jours défilent, se ressemblent tous dans leur grisaille hospitalière. Une semaine passe, puis une deuxième. Presque quinze jours de silence radio absolu de la part de Gilles. Mon téléphone reste muet, les notifications Grindr ont disparu puisque j'ai fini par supprimer l'application, las d'attendre un signe qui ne vient pas.
À la maison, la tension avec Arthur est toujours là, sourde, larvée, mais nous n'avons même plus la force de nous disputer. Je rentre au petit matin, épuisé, observant mon corps fatigué dans le miroir avant de me glisser dans le lit froid alors qu'il se lève à peine. On s'échange des banalités sur le café ou les courses.
Pendant mes longues nuits à l'hôpital, entre deux entrées de patients et deux lavages de mains, mes pensées s'égarent parfois. Je repense aux messages de Gilles, à sa peau mate, au souvenir de son visage parfait sur l'écran, et à ses propositions folles dans les toilettes. Ce vide soudain me pèse plus que je ne veux bien l'admettre. J'en suis à la moitié de mon stage, et le silence de Gilles rend les nuits encore plus longues, me laissant seul avec mes doutes sur Arthur, mes insécurités physiques, et sur ce que je veux vraiment faire de ma vie.
Le silence s'est étiré de trois semaines supplémentaires. Vingt-un jours interminables à scruter l'écran de mon téléphone à la moindre vibration, pour ne découvrir que des notifications de l'école d'aide-soignant ou des alertes d'actualités. Trois semaines complètes sans le moindre signe de vie. Gilles s'était volatilisé, confirmant son statut de « mec de terrain » qui ne perd pas son temps avec les fantômes du virtuel. À la maison, l'atmosphère était devenue si dense qu'on aurait pu la couper au couteau. Arthur et moi ne nous parlions plus que par monosyllabes, deux spectres se croisant dans un couloir, évitant soigneusement de croiser le regard de l'autre de peur de déclencher l'incendie.
Puis est arrivé ce jeudi soir. Un jeudi béni sur le plan professionnel, puisque mon planning m'accordait un long week-end de repos : je ne reprenais mon stage aux urgences que le lundi suivant. Quatre nuits sans le stress des brancards, sans la lumière crue des néons, mais quatre nuits face à face avec le vide de mon couple.
La détonation a eu lieu vers 20 heures, pour une broutille. Une histoire de vaisselle mal rangée, ou peut-être de linge qui traînait. En réalité, c'était le prétexte que nous attendions tous les deux. Les mots ont fusé, acérés, venimeux. J'ai remis sur le tapis ses absences, ses regards fuyants, ses trahisons passées qui me rongent l'estomac. Arthur a hurlé que j'étais devenu paranoïaque, que mes études me rendaient fou, qu'il n'en pouvait plus de mon humeur de chien. La porte de la chambre a claqué, me laissant seul dans le salon, le cœur battant la chamade, les larmes de rage au bord des yeux.
C'est cette colère, ce sentiment d'injustice et d'abandon qui m'a fait saisir mon téléphone. Mes doigts tremblaient légèrement sur le clavier. J'ai ouvert notre fil de discussion SMS, resté lettre morte depuis trois semaines, et j'ai tapé, le ventre noué :
— [SMS] Moi : Salut Gilles. J'espère que tu vas bien ? Juste pour prendre des nouvelles.
J'ai posé l'appareil sur la table basse, regrettant mon geste à la seconde même. Une demi-heure s'est écoulée. Trente minutes passées à faire les cents pas dans la pièce, à écouter les bruits étouffés d'Arthur dans la chambre. Et puis, le téléphone a vibré. Un coup de jus m'a traversé l'échine.
— [SMS] Gilles : Whoaaaa ! Je ne pensais plus avoir de tes nouvelles toi. Quoi de neuf dans ton hôpital ?
Un immense soulagement, presque ridicule, m'a envahi. Le lien n'était pas totalement rompu malgré ces trois semaines de vide. L'adrénaline de la dispute avec Arthur s'est muée en une audace qui ne me ressemblait pas.
— [SMS] Moi : Ça va, fatigué mais j'ai un gros week-end de repos là. Tu serais dispo demain soir par hasard ?
La réponse n'a pas tardé, directe, teintée de cette assurance qui m'avait tant manqué.
— [SMS] Gilles : Demain oui je suis dispo, je finis le taf à 12h le vendredi. Mais pourquoi cette question ? Tu as encore prévu de me poser un lapin avec tes horaires de ministre ?
— [SMS] Moi : Non, pas de lapin cette fois. Je ne bosse pas du week-end. Je suis sérieux.
— [SMS] Gilles : Ah ouais ? Tu me motives là. Ben t'as qu'à venir à la maison vers 19h si tu veux. On sera tranquilles.
Mon estomac s'est contracté. Passer du virtuel au réel. Franchir cette ligne rouge que je m'étais juré de ne jamais dépasser. Tromper Arthur. L'idée me collait une nausée terrible, une culpabilité poisseuse qui me murmurait que j'étais en train de devenir ce que j'avais tant détesté chez lui. Mais le visage d'Arthur hurlant dans le salon est revenu me hanter. La balance a penché du côté de la vengeance, ou plutôt du besoin viscéral de me sentir vivant, désiré, regardé.
— [SMS] Moi : Oui pas de soucis. Envoie-moi ton adresse.
Quelques secondes plus tard, le point GPS s'affichait sur mon écran. Gilles habitait dans un petit village excentré, une commune rurale située à une bonne demi-heure de route de chez moi. Cet éloignement me rassurait autant qu'il matérialisait la gravité de ce que j'entreprenais. Ce n'était plus un jeu de couloir à l'hôpital. C'était un voyage prémédité.
La conversation a alors basculé dans le cru, comme pour sceller notre pacte de chair pour le lendemain. L'écran s'est illuminé sur une nouvelle photo de Gilles. Il était dans son lit, la pièce sombre seulement éclairée par la lueur de son téléphone. Il tenait son sexe en érection dans sa main mate. Sa queue était impeccablement rasée, nette, mise en valeur par ses bourses lourdes et pendantes qui pendaient sous la tension du désir. C'était d'une virilité brute, presque animale, qui m'a fait monter le rouge aux joues.
— [SMS] Gilles : Voilà ce qui t'attend demain mon grand. J'espère que t'es prêt. Envoie-moi une photo de ton petit cul avec un doigt dedans pour me faire patienter jusqu'à demain.
Mes complexes ont refait surface. Mon petit ventre, mes doutes... Mais l'excitation était trop forte. Je me suis glissé dans la salle de bain, j'ai verrouillé la porte. Évitant soigneusement de cadrer ma taille, j'ai cambré le dos, baissé mon boxer et pris le cliché demandé, un doigt enfoncé entre mes fesses, le cœur au bord des lèvres. J'ai envoyé le fichier en apnée.
— [SMS] Gilles : Putain oui... Magnifique. À demain Manoé. J'espère que cette fois-ci sera la bonne.
— [SMS] Moi : À demain.
J'ai éteint mon téléphone. La nuit a été un enfer de cogitations. Je me répétais en boucle, comme un mantra pour calmer mes crises d'angoisse : « Tu peux toujours dire non demain. Si tu arrives là-bas et que tu ne le sens pas, tu fais demi-tour. Tu es libre. Rien ne t'oblige à aller jusqu'au bout. »
Le lendemain, le vendredi, le réveil a été lourd. Arthur est parti au travail à la première heure sans m'adresser un mot, ni même un regard. Ce silence m'a paradoxalement aidé à construire mon mensonge. Vers 16 heures, la machine infernale du stress s'est mise en marche. Mon cœur s'est emballé sans raison apparente, mes mains sont devenues moites. Il fallait que je peaufine mon alibi.
J'ai envoyé un message à Arthur pour l'informer que je ne serais pas là pour le dîner. Je lui ai écrit que je passais la soirée chez Céline, une collègue d'études de ma promotion d'aide-soignant. Le choix de Céline n'était pas innocent : elle habitait dans un village voisin de celui de Gilles. Si jamais Arthur cherchait à me géolocaliser ou me demandait où j'étais, la cohérence géographique était parfaite. Un alibi en béton armé qui me donnait la nausée tant je devenais habile dans la tromperie.
C'est alors que la préparation physique a commencé. Une préparation minutieuse, presque rituelle, propre à ce genre de rendez-vous, mais amplifiée par mon statut de futur soignant qui connaît l'importance de l'hygiène, et par mes propres angoisses.
Je me suis enfermé dans la salle de bain. J'ai commencé par un rasage intégral et méticuleux. Sous la douche bien chaude, armé d'un rasoir neuf et de mousse, j'ai tondu les poils de mon pubis, puis, avec d'infinies précautions, ceux de mes bourses et de l'inter fessier. Chaque geste devait être parfait pour plaire à ce mec de trente-trois ans au corps d'athlète. Je surveillais mon reflet, rentrant le ventre dès que je croisais le miroir, maudissant ces quelques kilos superflus qui me complexaient tant.
Puis est venu le moment le plus redouté, mais indispensable pour ma sérénité d'esprit : le lavement. J'ai sorti de ma trousse médicale la canule rétractable et la poire d'eau tiède. C'est une procédure intime, inconfortable, qui brise instantanément le glamour de la séduction, mais mon angoisse d'un « accident » de parcours avec Gilles l'emportait sur tout le reste. À trois reprises, j'ai introduit l'eau, j'ai attendu, puis j'ai évacué, jusqu'à ce que l'eau soit absolument claire, limpide. J'étais propre. Net. Médicalement irréprochable.
Je me suis lavé le corps deux fois avec un gel douche au cèdre, insistant sur chaque pli de ma peau. Une fois sorti, je me suis brossé les dents pendant de longues minutes, frottant la langue, utilisant du fil dentaire puis un bain de bouche mentholé pour m'assurer une haleine fraîche. J'ai appliqué un déodorant neutre et deux gouttes d'un parfum discret sur mes clavicules.
En m'habillant – un jean propre qui emboîtait bien mes formes et un t-shirt noir simple – j'ai réalisé que j'étais très en avance. Il était à peine 17h15. L'attente dans l'appartement vide était au-dessus de mes forces. L'air y était devenu irrespirable. J'ai pris mes clés de voiture, mon téléphone, et je suis descendu.
Dès que je me suis installé au volant de ma petite citadine, j'ai branché le téléphone sur le tableau de bord et j'ai programmé le GPS vers l'adresse de Gilles. Le tracé bleu s'est affiché. J'ai démarré le moteur.
Pour masquer les battements désordonnés de mon cœur et faire taire la voix de la conscience qui hurlait à l'arrière de mon crâne, j'ai poussé le volume de l'autoradio au maximum. Une playlist de pop énergique a envahi l'habitacle. Je me suis mis à chanter. Fort. À tue-tête. Je hurlais les paroles des chansons, exagérant les intonations, forçant ma voix pour saturer l'espace sonore. C'était ma seule défense contre les idées noires, ma façon de me persuader que j'étais un mec de quarante-deux ans fun, excité par une aventure d'un soir, et non un homme marié en train de détruire son couple par désespoir.
Les paysages urbains ont laissé place à la périphérie, puis à des routes départementales bordées de champs de blé encore verts en ce début juin. Le soleil déclinait doucement, jetant de longues ombres sur le bitume. Plus je me rapprochais, plus ma gorge se nouait.
À 18 heures tapantes, ma voiture s'est garée sur le gravier d'un petit parking public désert, à l'entrée du village de Gilles. J'avais une heure d'avance. C'était volontaire. Je voulais me poser, respirer, regarder l'environnement et, encore une fois, me laisser le choix de fuir. Le moteur s'est éteint, plongeant l'habitacle dans un silence soudain et oppressant, seulement troublé par le cliquetis métallique du pot d'échappement qui refroidissait.
Je suis resté là, les mains agrippées au volant, les yeux fixés sur l'horizon. L'effet de la musique s'était dissipé, laissant place à une lucidité terrifiante. Mon jean me serrait un peu la taille, me rappelant mon petit ventre. Je me demandais ce que je foutais là, à attendre comme un adolescent un mec de dix ans de moins que moi, alors que mon mari m'attendait peut-être à la maison.
C'est exactement à ce moment-là, dans ce silence lourd de doutes, que mon téléphone a vibré sur le siège passager. Le flash de l'écran a éclairé l'habitacle assombri. C'était un message de Gilles.
Je l'ai saisi, le pouce glissant sur l'écran pour ouvrir le SMS.
— [SMS] Gilles : J'avais oublié de te dire, je ne serai pas seul ce soir. Mon copain sera là et je lui ai montré une photo de ton visage et de ton corps, il est ok. Est-ce que ça te dérange ?
Le choc a été si violent que j'ai cru que l'air manquait dans la voiture. Mon cœur a fait un bond prodigieux dans ma poitrine, se mettant à cogner contre mes côtes comme un animal en cage. Mes mains sont devenues instantanément glacées.
Un copain. Gilles était en couple. Et il ne m'en avait jamais parlé. Pire encore, il s'agissait d'une invitation pour un plan à trois.
Une panique totale, viscérale, m'a submergé. Toutes mes certitudes, déjà bien fragile, ont volé en éclats. Je me suis effondré contre le dossier du siège, fixant les lettres lumineuses sur l'écran noir. Est-ce que je devais démarrer la voiture, enclencher la marche arrière et fuir ce village à toute allure ? Rentrer chez moi, retrouver Arthur, et oublier cette folie ?
Mais une autre pensée, plus sombre, plus tordue, est venue s'immiscer dans mon esprit embrumé par le stress. Cela faisait plus d'un an qu'Arthur ne me touchait plus. Un an de rejet, un an de désert sexuel et affectif, un an à me sentir transparent, vieux, moche avec mon petit ventre. Un an sans avoir fait l'amour avec mon propre mari.
Et là, subitement, on me proposait de passer de rien... à un plan à trois. Deux mecs. Deux inconnus qui m'avaient vu en photo et qui me voulaient, moi, le quadragénaire complexé. Étais-je seulement prêt pour ça ? Mon corps, mon esprit, ma pauvre estime de moi-même allaient-ils survivre à une telle expérience ? Le vertige de l'inconnu se mêlait à une terreur absolue.
Mes doigts tremblants se sont posés au-dessus du clavier virtuel. Le curseur clignotait, impatient. J'ai inspiré une grande goulée d'air chaud, les yeux fixés sur les touches, prêt à basculer d'un côté ou de l'autre de mon destin.
Mes doigts tremblent légèrement au-dessus du clavier, suspendus entre la terreur et une excitation primitive qui me submerge tout entier. Je fixe le curseur clignotant. L'idée même d'un plan à trois, de deux corps masculins braqués sur le mien, me donne le vertige. Mais au point où j'en suis, après un an de désert, de rejet et de silence de la part d'Arthur, la balance de ma conscience s'est définitivement brisée. J'inspire une grande bouffée d'air frais par la fenêtre ouverte de ma citadine, et je tape :
— [SMS] Moi : Ok pas de soucis. Je viens juste de partir de chez moi, je risque d'avoir pas pas mal d'avance du coup.
La réponse s'affiche dans la foulée, presque instantanée.
— [SMS] Gilles : Ok, pas de problème mon grand, on t'attend.
Mon cœur manque un battement. On t'attend. Le pluriel est là, concret, officiel. Une vague d'audace inédite me pousse à taper la suite. Quitte à sauter dans le vide, je veux savoir à quoi ressemble le second homme.
— [SMS] Moi : Envoie-moi une photo de ton copain.
J'attends quelques minutes, le temps que le fichier charge. L'écran s'illumine de nouveau. La photo montre un homme adossé à un plan de travail, un sourire en coin, simplement vêtu d'un short en coton bas. C'est un blond athlétique, les muscles des bras et des pectoraux bien dessinés, le teint hâlé. Un pur beau gosse. Sous le cliché, le texte de Gilles achève de faire monter la température dans l'habitacle :
— [SMS] Gilles : Il s'appelle Micka, 34 ans. Beau gosse blond comme tu vois, bien foutu, et il a une belle bite bien épaisse. Tu vas te régaler.
Un frisson violent parcourt mon échine. À la peur se mêle maintenant un désir brûlant, presque insoutenable. Je regarde l'heure sur le tableau de bord : 18h15. Il me reste encore quarante-cinq minutes à tuer avant l'heure convenue, bien que je leur aie dit que je suis en route. Je ne veux pas donner l'impression du mort de faim qui campe devant chez eux. Je coupe le contact et j'attends une bonne demi-heure dans le parking désert, le ventre noué, les yeux rivés sur les aiguilles qui tournent avec une lenteur exaspérante.
À 18h50, je me décide enfin à démarrer. Les quelques rues du village défilent comme dans un rêve éveillé. Je tourne à l'angle indiqué par le GPS et je gare ma citadine sur le parking goudronné devant la maison. C'est une villa moderne, entourée de haies hautes qui préservaient parfaitement l'intimité.
Mes jambes sont en coton quand je sors du véhicule. Mes paumes sont moites. Je remonte l'allée de gravier, chaque pas résonnant comme un compte à rebours, puis je frappe trois coups fermes contre la porte d'entrée en bois sombre.
Le silence dure quelques secondes, puis la poignée bouge. La porte s'ouvre sur Gilles. En vrai, il est encore plus impressionnant que dans mes souvenirs ou sur ses photos : grand, la peau mate, un t-shirt moulant qui souligne sa carrure de mec de chantier, et ce regard d'une assurance absolue.
— Salut Manoé ! lance-t-il avec un grand sourire chaleureux.
Contre toute attente, il s'avance et me fait la bise, une bise franche, masculine, mais dont la proximité me fait tout de suite faire monter le rouge aux joues. Son parfum boisé m'enivre instantanément.
— Salut Gilles... dis-je, la voix un peu nouée.
— Viens, entre, ne reste pas là, dit-il en s'effaçant pour me laisser passer. On va se poser un coup sur la terrasse pour boire une bière fraîche et je vais te présenter à Micka.
Je le suis à travers un salon épuré et lumineux, débouchant sur une grande terrasse en bois exotique équipée de canapés confortables. C'est là que Micka est assis. En me voyant arriver, il se lève. Il est exactement comme sur la photo, grand, souriant, une décontractation naturelle qui contraste avec ma rigidité de quadragénaire stressé.
— Salut Manoé, enchanté, me dit-il en me tendant une main ferme que je serre.
— Enchanté Micka.
— Assieds-toi, installe-toi bien, ajoute Gilles en revenant de la cuisine avec trois bouteilles de bière bien fraîches. Tiens, c'est pour te détendre.
Le contact se noue avec une facilité déconcertante. Le courant passe presque tout de suite. Nous commençons à parler de tout et de rien : de mon stage éprouvant aux urgences, de leurs boulots respectifs, des anecdotes de la région. Les rires commencent à fuser. Le premier verre se vide rapidement, brisant la glace. Gilles ramène une deuxième tournée, puis une troisième. Sous l'effet de l'alcool et de l'ambiance chaleureuse, mes complexes s'envolent. Je ne vois plus le décalage d'âge, je ne pense plus à mon petit ventre que je tentais de rentrer au début. Je vois simplement deux hommes magnifiques qui me regardent avec un intérêt non feint, leurs yeux s'attardant régulièrement sur mes lèvres ou mes cuisses.
— Bon, il commence à faire un peu frais dehors, non ? glisse Gilles en posant sa bouteille vide sur la table basse, son regard plongeant directement dans le mien avec une intensité soudaine. On rentre à l'intérieur ?
Le ton vient de changer. Ce n'est plus de la camaraderie de terrasse. L'atmosphère se charge d'une tension sexuelle palpable en une fraction de seconde. Nous nous levons et nous regagnons le salon. Dès que la baie vitrée se referme, le piège de la séduction se referme sur moi.
Gilles n'attend pas. Il se tourne vers moi, pose ses deux grandes mains mates sur mes hanches et m'attire contre son torse puissant.
— Tu es encore plus beau en vrai que sur tes photos, Manoé, murmure-t-il.
Et il m'embrasse.
Le choc de ses lèvres contre les miennes m'arrache un gémissement étouffé. C'est un baiser chaud, furieux, affamé. Sa langue force le passage entre mes dents, trouvant la mienne dans un échange sauvage et fiévreux. J'agrippe ses épaules, perdant totalement pied. Micka s'approche par-derrière, collant son corps chaud contre mon dos, ses mains descendant le long de mes bras pour venir caresser mon torse à travers mon t-shirt noir.
Pendant que nos langues se mêlent à s'en étouffer, les mains habiles de Gilles se glissent sous mon vêtement. Il attrape le bas de mon t-shirt et l'emporte vers le haut, m'obligeant à lever les bras pour me déshabiller. En un instant, je me retrouve torse nu sous leurs regards brûlants. Dans le même temps, Micka se recule d'un pas pour retirer son propre short et son boxer, dévoilant un corps d'éphèbe parfait et, comme annoncé, une queue superbe, déjà lourde et bien dressée vers son nombril.
Gilles me murmure contre les lèvres, le souffle court :
— Allez, déshabille-moi, Manoé. Fais-toi plaisir.
Mes doigts tremblants d'excitation s'accrochent à son t-shirt, le soulevant pour découvrir ses abdominaux tracés et sa peau dorée. Je défais le bouton de son pantalon qu'il laisse glisser au sol avec son sous-vêtement. Sa queue jaillit, massive, impeccablement rasée, vineuse et pulsante de désir, exactement comme sur la photo de la veille. Je suis encadré par deux dieux grecs en érection complète, et le rouge me monte aux joues autant que l'excitation me tord le bas-ventre. Je déboutonne mon propre jean, que Gilles s'empresse de faire glisser le long de mes jambes avec mon boxer, me laissant totalement nu et vulnérable au milieu du salon.
— Viens là, dit Micka d'une voix rauque.
Ils me guident vers la chambre parentale, une pièce vaste plongée dans une pénombre intimiste, dominée par un grand lit king-size. Micka et Gilles s'allongent côte à côte sur le dos, au centre du matelas. Ils se prennent par la nuque pour s'embrasser langoureusement, leurs corps musclés se frôlant, m'offrant un spectacle d'une sensualité brute qui me coupe le souffle.
— C'est pour toi, Manoé... Amuse-toi, souffle Gilles entre deux baisers avec Micka.
Je m'avance à genoux sur le lit, le cœur battant à tout rompre. Je me positionne entre leurs deux corps. Mes mains se posent sur leurs cuisses fermes. Je penche la tête vers la queue de Gilles, ouvrant grand la bouche pour gober son gland déjà humide de présperme. Je pousse un long soupir de plaisir en sentant cette chaleur massive envahir ma gorge. Je commence à descendre le long de sa verge, aspirant de plus en plus fort, tandis que ma main droite attrape le sexe de Micka pour le masturber d'un mouvement régulier.
— Ahhh, oui, putain, tu suces tellement bien... gémit Gilles en arquant légèrement le bassin.
Au bout de quelques instants, je lâche Gilles pour passer à Micka. Je glisse ma bouche sur sa queue, beaucoup plus épaisse, qui remplit mes joues. Je force le passage, poussant le sexe de Micka tout au fond de ma gorge dans des gorges profondes rythmées, mes yeux s'humidifiant sous l'effort. Micka laisse échapper un râle grave, ses doigts venant se planter dans mes cheveux pour guider mon mouvement, sans pour autant me forcer.
— Regarde-le, Gilles... putain, c'est une merveille ce mec, souffle Micka, le souffle saccadé.
Je passe de l'un à l'autre, alternant les suçons appuyés, léchant leurs bourses lourdes, me gorgeant de leur odeur de mâles excités. La chambre n'est plus remplie que du bruit mouillé de mes aspirations et de leurs gémissements de plus en plus sonores. Mes crises d'angoisse de la veille se sont dissoutes dans cette débauche de plaisir pur.
Après de longues minutes de ce traitement, Gilles repousse doucement ma tête. Ses yeux sont sombres, chargés d'une luxure intense.
— À mon tour de m'occuper de toi, mon grand. Mets-toi à quatre pattes, face à Micka.
Je m'exécute sans ciller, l'esprit totalement embrasé par le désir. Je me positionne à genoux, les fesses cambrées et bien hautes, offrant mon intimité nettoyée et préparée au regard des deux hommes. Micka s'installe juste en face de moi, saisissant mon visage entre ses mains pour me réembrasser sauvagement, sa langue fouillant ma bouche pendant que je continue à exciter sa queue avec mes mains.
Derrière moi, je sens le souffle chaud de Gilles sur mes fesses. Soudain, sa langue se pose directement sur mon anus. Je sursaute, lâchant un cri de surprise qui se perd dans la bouche de Micka. Gilles commence à manger mon cul avec une ferveur incroyable, sa langue s'enfonçant profondément, tournant en cercle pour détendre les muscles. C'est une sensation d'une impudeur et d'un plaisir absolus. Je gémis continuellement contre les lèvres de Micka, le bassin secoué de légers spasmes.
— Tu es tellement propre, tellement excitant, murmure Gilles entre deux coups de langue. Je vais t'ouvrir, Manoé...
Micka lâche ma bouche et attrape mes deux mains, me maintenant fermement sur le lit pour m'ancrer. Je sens la pointe du gland massif de Gilles se caler contre mon entrée mouillée par sa salive et son propre jus.
— Respire bien, mon grand, me dit Gilles d'une voix douce mais ferme.
Il pousse lentement. Mon corps se tend, mes muscles soignants analysant la pénétration, mais la préparation minutieuse de l'après-midi paie : la queue de Gilles s'enfonce centimètre par centimètre, comblant le vide qui me ronge depuis un an. Je pousse un gémissement aigu, les yeux grands ouverts sur le torse de Micka.
— Ohhhh... Gilles... putain... murmuré-je dans un souffle.
— Je suis dedans, Manoé. Je bouge, d'accord ?
Il commence à retirer sa queue pour l'enfoncer de nouveau, doucement d'abord, puis de plus en plus fort. Le rythme s'accélère. Le bruit des impacts de son pubis contre mes fesses résonne dans la pièce. Je ne suis plus qu'un bloc de plaisir brut, gémissant à chaque va-et-vient. Micka, juste devant mon visage, profite de ma position pour me présenter sa queue épaisse. J'ouvre grand la bouche, continuant de le sucer frénétiquement pendant que Gilles me défonce le cul par-derrière. Les râles de Gilles deviennent plus rauques, ses mains agrippant mes hanches pour y planter ses ongles.
— On inverse, Gilles, j'en peux plus, je veux le prendre, lâche soudain Micka, la voix brisée par l'excitation.
Gilles se retire d'un coup sec, me laissant un sentiment de vide éphémère. En un clin d'œil, Micka prend sa place derrière moi. Sans ménagement, mais avec une précision diabolique, il enfonce sa grosse queue d'un seul coup. Je cambre le dos en lâchant un cri de douleur mêlé de jouissance pure. Micka commence à me prendre à fond, ses mouvements amples et puissants me projetant vers l'avant à chaque assaut. Gilles s'installe devant moi à genoux, recueillant mes gémissements et mes larmes de plaisir dans des baisers profonds, tout en me laissant lui sucer la queue dès qu'il s'écarte.
Puis, l'excitation atteint un niveau supérieur de perversion et de complicité. Gilles se repositionne, s'allongeant sur le côté tout en restant accessible, et Micka se décale légèrement.
— Viens là, Gilles, on se le fait ensemble, halète Micka.
Dans un enchaînement d'une luxure incroyable, Micka continue de m'enculer à fond tandis que Gilles vient s'installer de manière à ce qu'ils partagent l'espace, ou que Micka prend Gilles pendant que Gilles me possède. Les corps se mêlent dans une promiscuité totale. Gilles me tient le visage entre ses mains mates, m'embrassant avec un regard sombre, ténébreux, mais d'une sensualité tellement torride que j'en oublie mon propre nom. Ses yeux ancrés dans les miens me disent à quel point il me possède à cet instant.
Nous baisons ainsi pendant plus de deux heures, explorant chaque recoin de notre plaisir, changeant de position au gré de leurs envies et de mes soupirs d'extase. Mes cuisses tremblent de fatigue, ma peau est trempée de sueur, mais je ne veux pas que ça s'arrête.
— Allez, c'est l'heure du final, murmure Micka, le souffle court, les muscles bandés par l'effort. Manoé, monte sur moi.
Je m'installe à califourchon sur Micka, qui est allongé sur le dos. Je me laisse descendre lentement sur sa queue épaisse, l'absorbant entièrement jusqu'aux couilles, poussant un long gémissement de satisfaction. Évidemment, l'expérience n'est pas finie. Gilles s'installe juste derrière moi. Il enduit son sexe et mes fesses de lubrifiant, puis, saisissant ma taille, il pousse pour s'introduire à son tour à côté de la queue de Micka.
La double pénétration m'arrache un cri strident, un gémissement de pure folie qui résonne dans toute la maison. Mon cul est totalement distendu, rempli par la chair de ces deux hommes.
— Oh mon dieu ! Gilles ! Micka ! Je... ahhhh ! hurle-je, la tête jetée en arrière.
— Putain, t'es tellement serré, Manoé ! On y va ! crie Gilles.
Ils commencent à bouger en synchronisation, un rythme infernal qui me submerge totalement. Mes gémissements deviennent continus, des cris de plaisir pur, rythmés par les vagues de jouissance qui me traversent. Les deux queues frottent contre ma prostate, me menant au bord de l'orgasme sans même que je me touche.
— Je vais jouir, Manoé ! Je craque ! hurle Micka en se cambrant sous moi.
Dans un dernier élan sauvage, Micka pulse sa jouissance. Je ressens des jets brûlants et massifs inonder l'intérieur de mon cul, une quantité astronomique de sperme qui me fait frémir. Gilles, excité par les spasmes de Micka et mes cris, accélère ses derniers coups de boutoir avant de lâcher à son tour un long râle animal :
— Ahhhhh, putain, je viens !!!
Gilles décharge son sperme chaud juste après Micka, inondant le reste de mon rectum de sa semence. Le double fluide chaud déborde presque de mon anatomie.
Lorsqu'ils se retirent enfin doucement, le mélange de leur sperme et du lubrifiant coule le long de mes cuisses. Mais ils n'en ont pas tout à fait fini. Ils s'asseyent sur le lit et me présentent leurs queues encore demi-dures, luisantes de fluides et de ma propre intimité.
— Allez, nettoie-nous un peu, mon grand, dit Gilles avec un sourire arrogant mais tendre.
Je me penche et je lèche consciencieusement leurs sexes, savourant le goût âcre et salé de leur sperme mêlé, aspirant les dernières gouttes qui perlent encore de leurs urètres. Une fois le travail fini, nous nous écroulons tous les trois sur le lit, en sueur, le souffle court, les corps collants mais apaisés.
Une bonne demi-heure s'écoule dans un silence cotonneux, seulement troublé par le bruit de nos respirations qui reprennent un rythme normal. Nous parlons paresseusement de la performance, rigolant de l'intensité de la scène. Durant tout ce temps, Gilles ne détache pas son regard de moi. Il est allongé sur le côté, sa main mate glissant régulièrement sur mon torse et ma taille dans des caresses mutuelles pleines d'une tendresse post-coïtale inattendue.
Micka, qui observe le manège depuis un moment, finit par tourner la tête vers Gilles avec une pointe d'agacement dans la voix :
— Dis, tu vas arrêter de le regarder comme ça, oui ?
Gilles laisse échapper un petit rire amusé, sans pour autant détourner ses yeux sombres et magnétiques de mon visage. Il se redresse sur un coude et me demande :
— Tu fais quoi demain, Manoé ?
— Je... je pense aller à la plage, elle n'est pas très loin d'ici, dis-je, un peu troublé par cette attention.
Gilles jette alors un regard en coin à Micka, un sourire provocateur aux lèvres :
— J'ai le droit de jouer encore avec lui demain ?
Micka lève les yeux au ciel, visiblement agacé par la proposition, et répond d'un ton sec :
— Non, pas sans moi. Et tu sais très bien que demain je ne suis pas là, je bosse toute la journée.
Intérieurement, un immense sentiment de fierté et de flatterie m'envahit. Moi, le quadragénaire plein de complexes, je viens de susciter une pointe de jalousie et un désir de prolongation de la part de ce mec de terrain si inaccessible. Le regard ténébreux et incroyablement hot que Gilles continue de me lancer achève de me troubler profondément.
— Bon, dit Gilles en se levant finalement, dévoilant son corps superbe et encore marqué par l'effort. Tu veux prendre une douche, Manoé ? L'eau est bonne.
— Oui, avec plaisir, dis-je en me redressant, sentant le sperme couler légèrement entre mes fesses.
Après un passage rapide sous l'eau tiède pour retirer la sueur et les fluides, nous nous réhabillons sommairement : juste un t-shirt propre et un caleçon pour chacun. Nous retournons sur la terrasse, une nouvelle bière à la main, profitant de la douceur de la nuit de juin. L'ambiance est plus détendue que jamais, mais le désir flotte toujours dans l'air.
Gilles boit une gorgée de sa bière, regarde le fond du jardin où une douce lumière bleue s'allume, et se tourne vers moi avec ce même sourire en coin qui m'a fait perdre la tête :
— Et si on allait dans le jacuzzi ?
Nous traversons la pelouse fraîche de la nuit de juin pour rejoindre le fond du jardin, nos bouteilles de bière à la main. La douce lumière bleue du jacuzzi éclaire la vapeur qui s'en échappe, créant une bulle d'intimité hors du temps. Micka retire son caleçon sans la moindre gêne et glisse son corps athlétique dans l'eau bouillonnante. Je fais de même, encore un peu intimidé par ma nudité de quadragénaire, vite dissimulée par les remous et l'obscurité. Gilles me suivi de près. L'eau chaude enveloppe instantanément mes muscles fatigués, provoquant un soupir de soulagement.
Gilles choisit délibérément de s'installer sur la même banquette que moi, tout contre mon flanc, tandis que Micka s'assoit juste en face de nous, les bras écartés sur le rebord, nous observant d'un œil curieux mais détendu. Je prends une gorgée de ma bière, laissant la fraîcheur contraster avec la chaleur du bain.
Micka pose alors son regard sur moi, puis sur son compagnon, et pose la question qui le taraude visiblement depuis notre arrivée :
— Au fait, comment vous vous êtes connus tous les deux ? Et puis, Manoé... sans indiscrétion, qu'est-ce qui fait que, tout en étant marié, tu as dit oui pour venir ici ce soir ?
Pendant qu'il parle, je sens une main large et calleuse se poser sur ma cuisse, sous l'eau. C'est Gilles. Ses doigts commencent à tracer des cercles lents, remontant vers mon entrejambe. Ses yeux sombres ne me lâchent pas d'une semelle, chargés d'une intensité magnétique.
— On s'est croisés sur une application, commence Gilles d'une voix calme, sans cesser de me fixer. J'ai tout de suite aimé son profil, sa maturité. Et pour le reste... je crois que Manoé avait besoin de respirer.
Je prends la parole, la voix légèrement altérée par la caresse de Gilles qui effleure maintenant mon sexe au repos :
— C'est... c'est un peu ça. Avec Arthur, mon mari, c'est le désert le plus total depuis un an. Un rejet permanent. Quand Gilles m'a proposé cette expérience, j'ai eu peur, mais j'ai compris que si je ne faisais rien, j'allais m'éteindre. J'avais besoin de me sentir désiré, d'exister à nouveau dans le regard de quelqu'un.
Gilles sourit, un sourire d'une sensualité absolue. Sans décrocher un mot, il rapproche son visage du mien et m'embrasse. C'est un baiser profond, langoureux, qui goûte la bière et le sel de notre peau. Nos langues se cherchent à nouveau, rythmées par le bourdonnement des buses du jacuzzi. En face, Micka ne dit rien. Il boit sa bière en silence, le regard captivé par notre rapprochement.
La main de Gilles descend plus bas. Ses doigts agiles se glissent entre mes fesses et viennent masser doucement mon petit trou, encore détendu et lubrifié par notre longue session dans la chambre. Un gémissement discret m'échappe contre ses lèvres. Pour lui rendre la pareille, je glisse ma propre main sous l'eau et j'attrape sa queue. Elle réagit instantanément à mon contact, durcissant à vue d'œil sous mes doigts qui la coulissent régulièrement.
Micka, qui nous observe avec un sourire en coin, finit par lâcher ironiquement :
— Dites, je ne vous dérange pas trop, tous les deux ?
Gilles s'écarte doucement de ma bouche, un éclat de défi dans les yeux. Sans hésiter, il se lève d'un coup, l'eau ruisselant sur ses abdominaux parfaits et sa queue déjà droite et triomphante.
— Désolé Micka, mais j'ai encore envie de le baiser, lance-t-il d'une voix rauque qui ne tolère aucune discussion.
Il sort du jacuzzi, attrape deux serviettes sur un transat et m'en tend une, avant d'en jeter une troisième à Micka.
— Allez, venez, on rentre, ordonne Gilles.
Le choc thermique de l'air de la nuit me fait frissonner, mais l'excitation me maintient brûlant. Nous traversons à nouveau le salon en hâte, abandonnant nos serviettes au sol pour retrouver la pénombre de la chambre. Cette fois-ci, il n'y a pas de préliminaires, pas de bavardages inutiles. Le désir est brut, urgent.
Gilles me pousse sur le lit, me forçant à me mettre immédiatement à quatre pattes, les fesses offertes. Il s'aligne derrière moi et enfonce sa queue d'un coup sec, sans ménagement. J'émets un cri de surprise et de jouissance qui résonne contre les murs. Il me prend avec une violence sauvage, ses mains agrippant fermement mes hanches pour imprimer un rythme effréné. Juste en face de moi, Micka s'allonge sur le dos, saisissant ma nuque pour me forcer à l'embrasser, tandis que je sens les assauts de Gilles me secouer tout entier. Nous baisons ainsi de longues minutes, emportés par une frénésie animale où les gémissements et le bruit des corps qui s'entrechoquent saturent l'espace.
— On va venir, Manoé... ouvre la bouche ! grogne soudain Micka en se redressant à genoux devant mon visage.
Gilles se retire de mon cul d'un mouvement rapide, se plaçant juste à côté de Micka. Les deux hommes empoignent leurs sexes congestionnés, le geste rapide et saccadé. Je lève les yeux vers eux, le souffle court, les lèvres entrouvertes.
— Tiens, regarde-nous... murmure Gilles.
C'est Micka qui commence. Une première salve de sperme épais et blanc jaillit, venant s'écraser directement sur ma joue et mon menton. Presque simultanément, la queue de Gilles expulse de grands jets brûlants qui atteignent mon front, mes yeux fermés, et se déversent en abondance dans ma bouche ouverte. J'avale une partie de cette semence chaude et amère tandis que le reste macule mon visage, se mélangeant sur ma peau dans une preuve ultime de leur double possession. Ils lâchent de longs soupirs de soulagement, leurs corps retombant sur le matelas.
Après une rapide toilette, nous restons allongés tous les trois, discutant paresseusement de tout et de rien, refaisant le monde jusqu'à une heure du matin. L'ambiance est redevenue incroyablement amicale et sereine. Au moment de partir, nous nous saluons chaleureusement, et je reprends la route, l'esprit encore embrumé par les vapeurs de l'alcool et de la luxure.
Alors que je roule sur l'autoroute déserte, mon téléphone vibre sur le siège passager. Je profite d'un feu rouge à la sortie pour regarder l'écran :
— [SMS] Gilles : Je t'accompagne demain à la plage. Mais pas un mot à Micka, ok ?
Un sourire immense éclaire mon visage fatigué. Le lendemain après-midi, nous nous retrouvons comme convenu dans une crique isolée, un coin de rive sauvage bien connu de la communauté gay sur les bords du grand lac de la région, où les corps se dénudent en toute liberté. Nous laissons tomber nos vêtements et courons nous baigner nus dans l'eau douce et limpide du lac. La sensation de la fraîcheur lacustre sur ma peau nue, aux côtés de cet homme magnifique, me procure une liberté que je n'ai pas ressentie depuis des années.
Après la baignade, nous nous installons sur nos serviettes, à l'abri des regards derrière les roseaux et un grand rocher. Gilles se tourne vers moi, ses yeux ténébreux brillant sous le soleil :
— Tu ne veux pas me sucer, Manoé ?
Je ne me fais pas prier. Je me positionne à genoux entre ses cuisses écartées. Sa queue, chauffée par le soleil, s'est déjà réveillée. J'ouvre grand la bouche et je gobe son gland, savourant le goût brut et chaud de sa peau qui s'y mêle. Pendant vingt minutes complètes, je m'applique à lui donner la meilleure fellation possible. J'entoure sa verge de mes mains, faisant descendre mes lèvres le long de sa chair vineuse jusqu'à toucher ses bourses du bout de la langue. J'enchaîne les va-et-vient réguliers, alternant les aspirations puissantes et les gorges profondes qui me font monter les larmes aux yeux. J'utilisais mes doigts pour masser la base de son sexe pendant que ma bouche aspire le bout avec ferveur, provoquant chez lui des frémissements constants. Gilles attrape mes cheveux, guidant mon mouvement avec une intensité croissante alors que ses abdominaux se contractent sous l'effort.
— Ah, oui... Manoé, putain, je vais venir, prévient-il, la voix étouffée par le plaisir.
Je ne lâche pas prise. Au contraire, j'enfonce sa queue au plus profond de ma gorge au moment où il commence à jouir. Une première giclée massive de sperme chaud frappe le fond de mon palais, suivie de plusieurs autres jets puissants. Je garde tout en bouche, savourant l'instant, et j'avale chaque goutte de son jus jusqu'à la dernière, nettoyant son urètre d'un ultime coup de langue appliqué avant de me redresser, un filet de salive au coin des lèvres. Gilles me regarde, impressionné et totalement conquis.
Un an s'est écoulé depuis cette folle nuit de juin et cette après-midi au bord du lac. Contre toute attente, l'histoire ne s'est pas arrêtée là. Gilles et moi sommes toujours en contact régulier. Nous avons développé une complicité secrète et torride, et nous nous revoyons fréquemment pour baiser tous les deux, en cachette, dans la grande maison lorsque Micka est en déplacement pour son travail. Ces rendez-vous clandestins sont devenus mes bouffées d'oxygène, des moments de pure luxure où je m'abandonne totalement à la puissance et à la sensualité de Gilles.
Cette année de double vie a radicalement transformé l'homme que je suis. J'ai enfin repris totalement confiance en moi. Je ne vois plus mon corps de la même manière ; le regard brûlant de Gilles a effacé mes complexes de quadragénaire. Je m'épanouis dans cette liaison secrète, j'adore baiser avec lui en cachette, ressentir cette adrénaline du fruit défendu. Le plus ironique dans tout cela, c'est que j'ai fini par tout avouer à Arthur. Dans un élan de transparence ou peut-être pour provoquer une réaction, je lui ai raconté le plan à trois, les détails, les rencontres régulières avec Gilles... mais Arthur, enfermé dans son déni et son propre détachement, refuse catégoriquement de me croire. Il est convaincu que j'invente tout cela pour attirer son attention. Cela m'importe peu désormais. Qu'il me croie ou non, je sais ce que je vaux, je sais ce que je vis, et chaque fois que mon téléphone vibre avec le nom de Gilles, je sais que ma véritable vie m'attend ailleurs.
Fin.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
L'auteur n'a pas encore précisé si une suite est prévue.

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ Mireille47 Une première soirée d'été XSTORY
Une première soirée d'été
Chapitre 3
Par Mireille47
74
3
9.8k
Bi
✦ ArnaudLe Ma dernière fois en boîte de nuit XSTORY
Ma dernière fois en boîte de nuit
Chapitre unique
Par ArnaudLe
54
4
19.7k
Gays
✦ tounet777 Le calendrier des soldats du feu XSTORY
Le calendrier des soldats du feu
Chapitre 5
Par tounet777
39
1
3.4k
Gays
✦ Etrenu C'est donc cela le naturisme XSTORY
C'est donc cela le naturisme
Chapitre 7
Par Etrenu
38
11
13k
Gays
✦ yannlakeu Mon voisin est un gros porc et j'aime ça. XSTORY
Mon voisin est un gros porc et j'aime ça.
Chapitre 1
Par yannlakeu
406
12
172.9k
Hétéro
✦ Anthynéa Rêveries particulières XSTORY
Rêveries particulières
Chapitre 1
Par Anthynéa
51
3
15.4k
Bi
✦ draghixa Confession d'un homosexuel refoulé XSTORY
Confession d'un homosexuel refoulé
Chapitre 2
Par draghixa
23
3
12.3k
Gays
✦ Jane Does La lectrice XSTORY
La lectrice
Chapitre 2
Par Jane Does
62
1
3.4k
Hétéro
✦ Etienneguy48 Labourage dans le bureau du proprio hétéro du gym (01) XSTORY
Labourage dans le bureau du proprio hétéro du gym (01)
Chapitre 2
Par Etienneguy48
43
2
11.8k
Gays
✦ sylbi Au fil du temps XSTORY
Au fil du temps
Chapitre 3
Par sylbi
0
0
27
Gays

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio