Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'annonce — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'annonce
Chapitre 1
J'avais rédigé l'annonce un mardi soir, les doigts légèrement hésitants sur mon téléphone, conscient de l'étrangeté de la chose.
— Homme, 34 ans, cherche femme pour regarder un film pornographique ensemble, côte à côte. Chacun se touche et peut regarder l'autre, mais aucun contact entre nous. Discret et respectueux.
Voilà, envoyée.
Après quelques réponses inappropriées, des hommes qui n'avaient pas lu, ou qui avaient lu en espérant que les mots signifiaient autre chose, j'en reçus une plus intéressante au troisième jour.
— J'ai lu ton annonce. L'expérience me tente. Je m'appelle Claire.
On avait échangé quelques jours, par messages brefs, comme deux personnes qui s'accordent sur les termes d'un contrat dont elles savent pertinemment qu'il n'est pas ordinaire. Elle avait une cinquantaine d'années, était divorcée et ses enfants adultes vivaient ailleurs.
Après quelques échanges, elle me proposa une rencontre chez elle.
Après quelques échanges, elle me proposa une rencontre chez elle.
— Vendredi, vingt heures. Je choisis le film, tu apportes une bouteille.
Son appartement était bien situé, en ville. Elle avait ouvert avant que je frappe, comme si elle avait entendu mes pas dans le couloir. Grande, les cheveux châtains mi-longs, elle portait un pantalon large en lin et un haut à fines bretelles bordeaux, les pieds nus sur le parquet. Pas de maquillage. Elle me regarda une seconde, me sourit, puis fit un pas de côté.
— Entre.
L'appartement était chaleureux, des livres partout, sur les étagères et en piles sur le sol, des plantes dont certaines débordaient de leurs pots, une lampe sur pied dont l'abat-jour projetait une lumière ambrée sur toute la pièce. Le canapé était large, profond, recouvert d'un tissu épais couleur sable. Et la télévision qui nous attendait.
Elle prit la bouteille, l'examina une seconde d'un œil approbateur, versa deux verres et les posa sur la table basse. Elle s'assit sur le côté gauche du canapé, se tourna légèrement vers moi, et me dit.
— On peut se regarder, mais aucun contact, d'aucunes sorte, à aucun moment. On est bien d'accord ?
— Oui, tout à fait.
— Bien.
— Oui, tout à fait.
— Bien.
Elle lança le film.
La première image : une pièce claire, une table de massage au centre, recouverte d'un drap couleur crème. Une femme entrait, la trentaine, brune, le corps plein et généreux, les hanches larges. Elle retirait son peignoir et le posait sur une chaise. Dessous, rien qu'une culotte fine qui disparaissait presque contre sa peau. Elle s'allongeait sur le ventre, les bras le long du corps, les fesses légèrement soulevées par la position, et fermait les yeux.
Un homme entrait. Grand, le torse nu, un pantalon de lin clair. Il versa de l'huile dans ses paumes, les frotta lentement l'une contre l'autre, et les posa à plat entre les omoplates de la femme. On entendit immédiatement le glissement de l'huile sur la peau. La femme expira longuement, avec quelque chose d'érotique.
Je bus une gorgée de vin. À côté de moi, Claire regardait l'écran.
Je bus une gorgée de vin. À côté de moi, Claire regardait l'écran.
Les mains de l'homme remontaient et descendaient le long de la colonne vertébrale, s'élargissant sur les épaules, revenant vers le bas du dos. Il appuyait avec les pouces dans les fossettes lombaires et la femme laissait échapper un soupir bref, à mi-chemin entre le soulagement et autre chose. Il descendit vers les fesses, d'abord par-dessus le drap, puis le drap glissa. Ses paumes se posèrent à même la peau, couvrirent entièrement les deux fesses avec une assurance tranquille, et les malaxèrent lentement. En réponse, la femme releva légèrement les hanches vers lui.
Je posai mon verre sur la table basse. Ma main se posa sur ma cuisse.
Claire fit de même. Elle tourna légèrement la tête vers moi et rencontra mon regard. Elle baissa les yeux vers ma main posée sur ma cuisse, puis les releva vers mon visage. Elle me sourit, puis défit le cordon de son pantalon.
Claire fit de même. Elle tourna légèrement la tête vers moi et rencontra mon regard. Elle baissa les yeux vers ma main posée sur ma cuisse, puis les releva vers mon visage. Elle me sourit, puis défit le cordon de son pantalon.
À l'écran, l'homme retourna la femme sur le dos. Il versa de l'huile sur sa poitrine et ses mains couvrirent les deux seins entièrement, les pétrissant avec cette même lenteur calculée, les pouces revenant sur les mamelons qui durcissaient visiblement sous la pression. La femme avait relevé un genou, et sa propre main descendit sur son ventre, hésita un moment juste au-dessus du bord de la culotte, puis elle la fit glisser le long des jambes et la laissa tomber quelque part hors du cadre.
Son sexe apparut à l'écran, épilé, légèrement luisant, les lèvres déjà gonflées et entrouvertes. L'homme regarda un long moment sans bouger. Puis il se pencha, et sa bouche se posa sur elle.
La femme arqua le dos immédiatement, les mains cherchant quelque chose à saisir dans le drap.
Je déboutonnai mon jean lentement, conscient que Claire regardait ou pouvait regarder, et que c'était précisément le pacte que nous avions conclu. Je me dégageai entièrement, déjà pleinement en érection, la verge dressée contre mon ventre, et refermai ma main dessus.
Claire observa. Son visage ne changea pas d'expression, mais ses lèvres s'entrouvrirent légèrement, comme si sa respiration avait décidé de prendre un peu plus de place. Puis sa main glissa sous son pantalon, et à la façon dont le tissu bougea, je compris qu'elle ne portait rien en dessous.
Claire observa. Son visage ne changea pas d'expression, mais ses lèvres s'entrouvrirent légèrement, comme si sa respiration avait décidé de prendre un peu plus de place. Puis sa main glissa sous son pantalon, et à la façon dont le tissu bougea, je compris qu'elle ne portait rien en dessous.
Je la regardai faire.
À l'écran, la langue de l'homme travaillait avec méthode : des cercles lents autour du clitoris, puis une pression directe et soutenue, puis les lèvres refermées pour sucer doucement. La femme avait glissé une main dans les cheveux de l'homme, pour accompagner ses caresses. Ses cuisses tremblaient par intermittence, d'une façon involontaire. Il introduisit un doigt, puis deux, courbés vers le haut, et débuta des va-et-vient lents et réguliers pendant que sa bouche continuait son travail. La femme gémissait maintenant sans retenue.
Ma main se referma plus fermement sur ma verge et je commençai à me masturber avec un rythme lent et régulier, le plaisir immédiat et dense.
Je regardai Claire.
Je regardai Claire.
Elle avait remonté son pantalon sur les cuisses pour avoir de l'espace, et le mouvement de son poignet sous le tissu était visible, effectuant des cercles réguliers. Ses cuisses étaient légèrement écartées, les pieds à plat sur le parquet. Elle avait fermé les yeux une seconde, une seconde seulement, puis les avait rouverts et m'avait regardé directement, sans transition, sans cet instant de gêne qu'on aurait pu attendre et qui n'arriva pas.
Elle regarda ma main qui allait et venait sur ma verge, longuement, et se mordit la lèvre. Ses yeux remontèrent ensuite vers les miens. Je ne détournai pas le regard.
À l'écran, la femme jouissait une première fois, visiblement avec intensité : le dos décollé de la table, les cuisses refermées autour de la tête de l'homme qu'elle retenait entre ses paumes, un cri long et montant qui se termina en halètements désordonnés. Il ne s'arrêta pas immédiatement, il continua, plus doucement, cherchant à prolonger l'orgasme. Puis il se redressa et se déshabilla entièrement sans hâte, les yeux posés sur elle.
Claire laissa échapper un son bref et discret en le voyant, quelque chose d'involontaire et d'infime. Je tournai la tête vers elle. Le mouvement de son poignet sous le tissu avait légèrement accéléré, ses joues s'étaient colorées d'un rose que la lumière ambrée rendait presque doré.
Elle me regarda regarder sa main et ne l'arrêta pas. Au contraire, elle dit d'une voix basse et parfaitement posée, première parole depuis le début du film :
— Continue de regarder.
Je continuai.
À l'écran, la femme s'était assise sur l'homme, face à lui, les mains posées sur ses épaules comme des points d'appui. Elle s'empala lentement, on voyait le sexe de l'homme disparaître en elle centimètre par centimètre, ses lèvres s'écarter et se refermer autour de lui dans une progression lente et inexorable. Elle s'immobilisa une seconde, les yeux fermés, recevant cette plénitude, puis commença à bouger. Des ondulations des hanches d'abord, circulaires, lentes, comme si elle cherchait l'angle précis. Puis des va-et-vient plus francs, les cuisses qui montaient et descendaient avec régularité, les seins qui suivaient le rythme dans un balancement naturel. Lui, la tenait par les hanches sans la guider, les mâchoires serrées, comme s'il cherchait à garder la maîtrise de ses sensations.
Elle accéléra, et les sons montèrent avec elle.
Ma main accéléra également, le pouce passant sur le gland à chaque remontée. La tension s'était déplacée dans mes cuisses et dans mon bas-ventre, se transformant en une accumulation qui demandait à être résolue.
Claire avait retiré sa main de sous son pantalon. Elle fit glisser le pantalon sur ses chevilles et le repoussa sur le sol sans cérémonie. Elle était nue de la taille aux pieds dans la lumière ambrée du salon. Elle écarta les jambes et posa une main à plat sur son sexe épilé, les lèvres gonflées et brillantes d'un rose foncé, et commença à se caresser franchement : deux doigts qui glissaient entre ses lèvres avec lenteur, remontaient en cercles précis sur son clitoris érectile, y revenaient, insistaient. Par moments, elle en glissait deux en elle, les retirait lentement, les portait brièvement à sa bouche, et recommençait.
Je la regardai faire sans détourner les yeux et serrai ma verge un peu plus fort.
À l'écran, la position avait changé. La femme était maintenant à genoux sur le canapé, penchée en avant, les avant-bras appuyés sur le dossier rembourré, les reins creusés dans une courbe qui offrait une vue des plus agréable. Lui debout derrière elle, les deux mains sur ses hanches. Il entra en elle d'un seul mouvement, profondément, et elle laissa tomber la tête en avant entre ses bras. Il commença à bouger, des coups de reins réguliers et profonds qui la faisaient légèrement basculer vers l'avant à chaque impact, le claquement de leurs corps qui se rejoignent, ses gémissements à elle qui montaient d'un cran à chaque fois, son souffle à lui de plus en plus court. Elle glissa une main entre ses propres cuisses, se caressa pendant qu'il la prenait, cette simultanéité ayant quelque chose d'infiniment érotique.
Claire, à côté de moi, avait accéléré. Ses doigts allaient vite sur son clitoris maintenant, avec cette précision qu'on n'acquiert que sur soi-même. Je voyais son ventre se contracter par vagues, ses cuisses frémir d'une façon involontaire. Elle avait renversé légèrement la tête en arrière, la nuque appuyée sur le dossier du canapé, la bouche entrouverte. Elle me regarda soudainement, les yeux mi-clos, et ne détourna pas le regard, elle me regarda me masturber.
La tension était devenue presque insupportable et ne demandait qu'à se libérer.
— Tu es près ? murmura-t-elle, sans que sa main ralentisse.
— Oui. Et toi ?
— Presque, dit-elle, et il y avait dans ce mot unique quelque chose qui ressemblait à une promesse.
— Oui. Et toi ?
— Presque, dit-elle, et il y avait dans ce mot unique quelque chose qui ressemblait à une promesse.
À l'écran, la scène finale débutait. Ils s'étaient replacés, elle allongée sur le dos, lui au-dessus, les bras tendus de chaque côté de ses épaules. Ils se regardaient. Il allait fort maintenant, claquant son bassin contre le sien avec une régularité inéluctable, le canapé qui bougeait sourdement. Elle avait glissé une main entre leurs deux corps, sur elle-même, les yeux accrochés aux siens. Son orgasme arriva en premier, avec cette violence douce et totale : un cri long, le dos soulevé, les jambes refermées autour de ses hanches pour le retenir. Il continua quelques secondes encore, les dents serrées, puis se retira, et sa main remplaça immédiatement l'absence. Il éjacula sur la poitrine de la femme, le premier jet long qui atteignit sa gorge, puis plusieurs fois encore, couvrant les deux seins et le ventre, avec le souffle haché. Elle le regardait, la main posée à plat sur son propre sexe encore palpitant, avec dans les yeux quelque chose qui ressemblait à de la satisfaction.
À côté de moi, Claire laissa échapper une longue expiration, totalement abandonnée, sans la moindre retenue. Son bassin se souleva légèrement du canapé, comme tiré par quelque chose d'intérieur. Ses doigts continuèrent encore un moment, plus lentement, l'accompagnant jusqu'au bout de ce que le plaisir avait à donner. Un deuxième frisson plus petit la traversa, comme une réplique après le séisme, puis ses mains s'immobilisèrent.
Ce son, cette vision, ses cuisses qui se refermaient sur sa propre main, son visage qui traduisait son abandon. Ce fut ce qui me fit basculer sans retour.
Le plaisir arriva en vague longue et irrésistible. Je me tournai légèrement et j'éjaculai, plusieurs fois, avec force, pendant que Claire regardait, le visage calme et rosé, les lèvres entrouvertes, le souffle encore un peu court.
Quand ce fut terminé, le salon était silencieux et l'écran était noir.
Ni elle ni moi ne parlâmes pendant ce qui me sembla être un long moment, assez long pour que le silence devienne confortable plutôt qu'embarrassant.
Ce fut elle qui bougea la première. Elle reprit son verre de vin sur la table basse et en but une longue gorgée, sans avoir remis son pantalon, sans paraître y penser. Je fis de même, non pas par mimétisme, mais parce que la chose semblait aller de soi.
— Bonne sélection, dit-elle enfin, la voix parfaitement posée, avec la satisfaction légèrement ironique de quelqu'un qui a obtenu exactement ce dont elle avait besoin.
Je regardai l'écran éteint une seconde avant de répondre.
— Excellente.
Elle hocha la tête avec cette satisfaction tranquille et définitive. Nous restâmes encore un moment ainsi, côte à côte dans la lumière ambrée, jusqu'à entamer une discussion destinée à nous connaître un peu plus, à défaut de l'avoir fait au début de la rencontre.
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Commentaires ()
Vont ils se revoir?
On attend la suite avec envie de voir si la suite me correspond merci
J’espère que la suite sera à la hauteur.