Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'initiation de Manon — Chapitre 3 · Première leçon
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'initiation de Manon
Chapitre 3 · Première leçon
La porte s'est refermée derrière moi à quatorze heures pile.
Claire m'a accueillie avec un sourire tranquille, comme si rien de tout cela n'était extraordinaire, comme si j'étais simplement venue prendre le café un samedi.
— Comment tu vas, Manon ?
— Bien, j'ai menti. Un peu nerveuse.
— Bien, j'ai menti. Un peu nerveuse.
Gilles a refermé la porte à clé, un geste discret, presque anodin, mais qui a fait quelque chose à mon ventre. On s'est installés au salon, le même canapé que la semaine précédente, et pendant quelques minutes on a parlé de rien. De mes examens. Du temps qu'il faisait. J'écoutais à peine. Mon corps entier était tendu vers un instant que je pressentais mais que je n'osais pas nommer.
Gilles m'a regardée. Vraiment regardée, cette fois, d'un regard qui n'avait plus rien de la conversation légère qu'on venait d'avoir.
— Déshabille-toi, Manon. Devant nous.
Les mots sont tombés sans emphase, comme une phrase qu'on aurait pu dire cent fois. Mon cœur a bondi dans ma poitrine. J'ai regardé Claire, cherchant peut-être une échappatoire, mais elle attendait, patiente, les mains posées sur ses genoux.
Je me suis levée. Mes doigts tremblaient pour dégrafer ma robe. J'ai retiré mes vêtements un par un, lentement, parce que mon corps refusait d'aller plus vite. Quand je me suis retrouvée nue, debout au milieu de ce salon que je connaissais depuis des années, le même canapé, la même bibliothèque, le même tapis, j'ai croisé les bras sur ma poitrine, presque par réflexe, cherchant à me couvrir.
— Ne te cache pas, a dit Gilles. Baisse les bras.
Je les ai baissés, avec effort, comme si chaque morceau de peau exposée me coûtait quelque chose.
— Tu as un corps magnifique, Manon. Il n'y a rien là-dedans qui mérite d'être caché. La honte, c'est un vêtement qu'on t'a appris à porter. Nous allons t'apprendre à l'enlever, comme le reste.
— Marche, a-t-il ajouté. D'un bout à l'autre du salon. Nue.
— Marche, a-t-il ajouté. D'un bout à l'autre du salon. Nue.
J'ai marché. Mes pas étaient raides, mécaniques, mes bras encore trop près de mon corps, mon menton baissé. Je sentais leurs deux regards sur moi comme deux points de chaleur, un sur ma poitrine, un sur mon ventre, et je ne savais plus où poser les yeux moi-même.
— Redresse-toi, a dit Claire, doucement. Sens ton corps entier, pas juste les endroits que tu voudrais cacher. Tes épaules aussi existent. Ton dos aussi. Sens que tu occupes cet espace, que tu as le droit d'y être exactement comme tu es.
J'ai essayé. Vraiment essayé. Mais quelque chose en moi résistait, une gêne ancienne, presque viscérale, contre laquelle ma volonté ne pouvait rien.
Gilles s'est tourné vers Claire.
— Montre-lui.
Claire s'est levée sans une hésitation. Elle a retiré ses vêtements avec une lenteur qui n'avait rien à voir avec ma propre pudeur. Chaque geste était fluide, assuré, presque paresseux. Puis elle a marché, nue, au milieu du salon, et j'ai compris en une seconde tout ce que Gilles voulait me montrer.
Elle ne marchait pas comme quelqu'un qui s'expose. Elle marchait comme quelqu'un qui habite sa propre peau. Son dos droit, ses hanches qui bougeaient sans chercher à plaire ni à se dissimuler, ses seins qui suivaient le mouvement de sa marche avec une gravité tranquille. Elle s'est arrêtée devant la fenêtre, la lumière de l'après-midi tombant sur elle, et elle est restée là, immobile, comme une statue vivante qui n'avait besoin de la permission de personne pour exister.
J'étais subjuguée. Il n'y a pas d'autre mot. Une femme de cet âge, la mère de ma meilleure amie, debout nue dans son salon, et jamais je n'avais vu quelque chose d'aussi désarmant de simplicité et, en même temps, d'aussi profondément érotique.
— Tu vois, a dit Gilles. Ce n'est pas une question d'âge, ni de silhouette parfaite. C'est une question de présence. Entraîne-toi chez toi, Manon. Seule dans ta chambre d'abord. Puis dans le reste de l'appartement. Familiarise-toi avec cette sensation-là. Ce que tu viens de voir, cela ne s'apprend pas en un après-midi.
J'ai pensé, malgré moi, à mon propre corps comparé au sien. Plus de vingt ans de moins, la peau plus ferme, les courbes plus hautes, tout ce que la logique aurait dû me dire en ma faveur. Et pourtant, debout dans ce salon, c'était moi qui avais l'air empruntée, presque enfantine, et c'était elle, avec ses quarante-huit ans, qui occupait l'espace comme une reine.
J'ai compris, dans cet instant précis, que la nudité n'avait rien à voir avec l'âge d'un corps. Elle avait à voir avec la permission qu'on se donnait de l'habiter. Et cette permission-là, je ne l'avais jamais eue. Personne ne me l'avait jamais donnée. Peut-être même que je ne me l'étais jamais accordée à moi-même.
Gilles s'est approché de moi. Il m'a pris doucement par le bras, m'a tournée vers le grand miroir. Je m'y suis vue en entier. Pas des fragments dans un miroir de salle de bain, mais tout mon corps, d'un coup, sous deux paires d'yeux qui l'observaient en même temps que moi.
— Regarde-toi, a dit Gilles.
J'ai détesté ce que j'ai vu, dans les trois premières secondes. Mes épaules trop rentrées. Mon ventre que j'avais toujours trouvé un peu trop rond. Puis quelque chose a basculé, sans que je sache exactement quand, et j'ai vu autre chose : une femme jeune, debout, entière, avec un corps qui ne demandait pas la permission d'exister.
Gilles a observé mon visage se transformer dans le reflet, plus que mon corps lui-même.
— Voilà, a-t-il murmuré. C'est ça que nous voulons te montrer.
Claire a souri, un sourire léger, tourné vers moi.
— Regarde, Manon.
Et sans prévenir, sans un mot de plus, elle a posé ses mains sur ses propres seins.
Ses doigts ont glissé le long de sa peau, lentement, remontant vers ses pointes déjà durcies, les pinçant à peine, un geste d'une tranquillité presque hypnotique. Puis ses mains ont descendu, le long de son ventre, jusqu'à ses cuisses, qu'elle a lentement écartées, debout, sans un instant de gêne. Elle a écarté ses lèvres avec deux doigts, m'offrant une vue que je n'avais jamais eue d'aussi près d'un corps de femme adulte, brillante, offerte, et son majeur a glissé en elle avec un naturel confondant.
Elle l'a ressorti, luisant, et l'a porté à sa bouche, l'a léché lentement, en nous regardant tour à tour, Gilles et moi, avec un sourire qui n'avait absolument rien de gêné.
C'était, pour elle, parfaitement normal. Je l'ai lu sur son visage, dans la façon dont elle occupait l'espace, dans le calme absolu de ses gestes. Et c'est peut-être ça, plus que tout le reste, qui a achevé de me bouleverser.
J'ai regardé Gilles. Son pantalon laissait deviner une érection qu'il ne cherchait pas à cacher, tendue, évidente, alors que son visage restait d'un calme presque déroutant. Cette contradiction, ce désir manifeste et cette maîtrise absolue, m'a fait prendre conscience d'un coup à quel point moi-même j'étais trempée, mes cuisses serrées l'une contre l'autre dans un réflexe inutile, mon souffle court, mes mamelons douloureusement tendus.
J'ai voulu porter ma main entre mes jambes. Le besoin était presque douloureux.
— Non, a dit Gilles.
Un seul mot. Suffisant pour arrêter mon geste avant même qu'il ne commence.
— Aujourd'hui, tu regardes. C'est tout.
Claire a continué. Elle prenait son temps, cette fois, savourant chaque geste, ses doigts allant et venant sur son sexe avec une lenteur presque cruelle, ses yeux passant de Gilles à moi, comme si elle lisait sur nos deux visages exactement l'effet qu'elle produisait.
— Je vois votre désir, a-t-elle murmuré, la voix déjà un peu brisée. À tous les deux.
Elle a accéléré. Son autre main s'est plaquée sur ses seins, ses ongles s'y enfonçant légèrement, et son souffle s'est mis à trembler, ses jambes à vaciller doucement, jusqu'à ce qu'un cri échappe de sa gorge, un cri long, intense, presque animal, qui a résonné dans tout le salon. Elle a joui debout, secouée de spasmes, une main toujours entre ses cuisses, l'autre s'agrippant au dossier d'une chaise pour ne pas tomber.
Gilles, lui, n'avait pas bougé. Son visage restait d'un calme absolu, presque serein, mais son érection, tendant douloureusement le tissu de son pantalon, racontait une tout autre histoire.
Moi, je tremblais. Mes cuisses tremblaient toutes seules, sans que je puisse rien y faire, et je me suis mordu la lèvre presque jusqu'au sang pour ne pas gémir à voix haute. Jamais un spectacle ne m'avait autant bouleversée. Je ne me retenais que parce que Gilles, à deux reprises, m'a jeté un regard bref, juste suffisamment ferme pour que mes mains restent immobiles.
Claire a mis un long moment à retrouver son souffle. Quand elle s'est enfin redressée, ses joues rosies, ses yeux encore un peu voilés, Gilles s'est tourné vers moi.
— La dernière fois, tu voulais savoir si cela pouvait faire mal. Nous allons te montrer.
Ils m'ont conduite dans la chambre d'amis. Claire a apporté une chaise qu'elle a installée face au lit, puis une serviette épaisse, qu'elle a posée sur l'assise avec un soin qui, à ce moment-là, m'a échappé complètement.
— Assieds-toi, a dit Gilles. Les mains dans le dos.
Je me suis assise. Il a sorti la corde noire, souple, et a attaché mes poignets derrière le dossier, puis, avec d'autres liens, il a fixé chacune de mes chevilles aux pieds de la chaise. Je ne pouvais plus bouger. Pas un centimètre.
— Gilles va s'occuper de moi, a dit Claire en s'approchant. Toi, tu regardes. Si tu n'étais pas attachée, tu ne pourrais pas t'empêcher de te toucher. Nous te connaissons déjà un peu, Manon.
Gilles s'est déshabillé à son tour, et cette fois je l'ai vu de près, entièrement. Son corps était celui d'un homme qui prenait soin de lui sans excès, des muscles longs, une peau encore ferme malgré les années. Son sexe, dressé, était beau, dessiné avec une justesse presque troublante, ni trop grand ni modeste, entouré d'une toison courte et entretenue, ses bourses lisses. J'ai senti ma bouche s'assécher.
Il s'est assis au bord du lit, a attrapé sur la table de chevet une sorte de plumeau, aux plumes fines et noires, et l'a fait glisser une fois contre sa propre paume, comme pour en tester la douceur. Puis il a fait un simple signe de tête à Claire.
Elle est venue s'installer en travers de ses genoux, son ventre et ses fesses reposant sur ses cuisses, ses mains et ses pieds touchant le sol, dans un abandon si naturel qu'il m'a semblé qu'elle avait fait ce geste mille fois. Sa position offrait tout, dos cambré, les fesses hautes, le visage tourné vers moi.
Gilles a commencé à la caresser. Le dos, les fesses, les cuisses, avec une délicatesse presque insupportable de douceur, la paume grande ouverte, remontant lentement le long de sa colonne, redescendant sur la courbe de ses hanches. Claire respirait déjà plus fort, les yeux mi-clos, son corps entier semblant fondre sous ses mains comme si chaque caresse la rendait un peu plus lourde, un peu plus offerte.
Puis, sans un mot d'avertissement, une première claque a résonné dans la pièce.
Le bruit m'a traversée comme une décharge, sec, plein, presque obscène dans le silence qui régnait jusque-là. Claire a sursauté, un petit son étranglé s'échappant de sa gorge, et la peau à l'endroit du coup a immédiatement rosi, une marque sur sa fesse, presque une caresse rendue visible. Une seconde claque a suivi, puis quelques autres, nettes, sonores, chacune venant percuter quelque chose en moi que je ne savais pas expliquer, quelque chose qui vibrait bien plus bas que mes oreilles.
Gilles s'est arrêté, a repris les caresses, tout en douceur, comme pour effacer ce qui venait d'être fait. Sa main s'attardant sur la peau chauffée, la massant presque, et Claire a soupiré, un soupir long, presque un ronronnement, en poussant légèrement ses hanches contre sa main. Puis il a dit, d'une voix calme :
— Dix. Compte.
Et les claques ont recommencé, plus régulières cette fois, vives, sonnant dans l'air de la chambre comme un métronome. Claire comptait, la voix un peu tendue à chaque chiffre, ses fesses tressautant sous chaque impact, ses cuisses se resserrant puis s'ouvrant à nouveau, comme si son corps ne savait plus s'il fallait fuir ou réclamer. Un. Deux. Trois. À la sixième, un gémissement lui a échappé, un son grave, presque rauque, qui n'avait rien d'une plainte, et je l'ai su, tout de suite, sans le moindre doute : ce n'était pas de la douleur.
C'était autre chose, quelque chose que mon propre corps reconnaissait sans que j'aie besoin qu'on me l'explique, une chaleur qui devait courir sous sa peau exactement comme elle courait sous la mienne, assise là, ligotée, à regarder.
À dix, Gilles a demandé, simplement, sa main posée à plat sur la croupe de Claire, comme pour en apprécier la chaleur :
— Tu aimes ça ?
— Oui, a répondu Claire, la voix rauque. Plus fort, mon amour.
— Oui, a répondu Claire, la voix rauque. Plus fort, mon amour.
Il a repris le plumeau, l'a fait glisser sur son dos, ses fesses rosies, entre ses cuisses, effleurant avec lenteur son intimité trempée. Claire a gémi, haletante, tout son corps se tendant vers ce contact léger comme s'il s'agissait de la caresse la plus intense qu'elle ait jamais reçue. Ses hanches ondulant à la recherche des plumes, son souffle se coupant, repartant, se coupant encore. J'ai vu ses doigts se crisper.
— Dix. Compte.
Les claques ont recommencé, plus fermes cette fois, et le son qu'elles produisaient sur la peau déjà chaude était différent, plus mat, plus profond. J'ai remarqué que je gémissais moi aussi, en rythme, exactement sur le tempo de Claire, alors que personne ne me touchait, que mon corps entier était ligoté à cette chaise, immobile, offert sans pouvoir se donner. Mes cuisses se contractaient à chaque impact comme si mon propre sexe recevait la même caresse invisible, et je sentais un filet de mon propre désir glisser le long de ma peau.
Gilles alternait maintenant, deux claques, puis le plumeau, ou ses doigts, glissant sur le sexe inondé de Claire. Je pouvais entendre, distinctement, le bruit humide que faisait sa main à chaque passage, un son obscène et magnifique qui emplissait la pièce autant que ses gémissements. La laissant trembler juste assez avant de reprendre.
Quand il la sentait vibrer au bord de quelque chose, il ajoutait deux claques de plus, jusqu'à dix, et Claire criait alors, un cri bref, précipité, comme si le plaisir et la douleur se confondaient en une seule sensation qu'elle ne cherchait pas à démêler.
À dix, Claire gémissait presque sans discontinuer, un son continu, magnifique, ses hanches roulant contre les cuisses de Gilles à la recherche d'une friction qu'il lui refusait obstinément.
— À genoux sur le lit, a dit Gilles.
Elle s'est positionnée, tremblante, et j'ai vu, à la lumière de la chambre, la peau de ses fesses rougie maintenant, marquée par la chaleur des mains de Gilles, deux zones plus sombres qui dessinaient presque la forme de sa paume. La respiration de Claire sifflait entre ses dents. Entre ses cuisses, sa peau luisait, humide jusqu'à mi-cuisse.
— Tu jouis quand je te le dis.
Elle a simplement hoché la tête, incapable de parler, les yeux fermés, la bouche entrouverte sur un souffle qui ne trouvait plus de mots.
Il a recommencé. Ses doigts effleurant son sexe. J'ai vu deux doigts s'enfoncer en elle, lentement, ressortir, replonger, tandis que son pouce venait presser son clitoris avec une régularité implacable, alternant avec le plumeau glissant sur ses cuisses tremblantes, puis à nouveau :
— Dix. Compte.
Deux claques, puis des caresses, encore, encore.
Claire ne comptait plus vraiment, elle gémissait, elle tremblait de tout son corps, ses seins se balançant au rythme de ses secousses, chaque chiffre semblant amplifier ses cris d'un degré supplémentaire, jusqu'à ce que les chiffres eux-mêmes se dissolvent dans un flot de sons informes.
Gilles, lui, restait d'un calme que je trouvais presque inhumain, son visage à peine crispé, sa respiration presque régulière, tant son désir, visible, tendu, douloureusement dressé contre son ventre, contrastait avec la maîtrise absolue de ses gestes. Cette dissonance entre son corps et son sang-froid m'a semblé, à cet instant, plus indécente que tout le reste.
Quand Claire a décompté dix, à la suite de la dernière claque, elle a poussé un long feulement, telle une femelle totalement offerte, son corps entier prêt à basculer, ses cuisses tremblant si fort que je les voyais vibrer d'où j'étais assise.
— Pas encore, a dit Gilles.
— Gilles..., a-t-elle supplié, un seul mot, tremblant, presque un sanglot.
— Gilles..., a-t-elle supplié, un seul mot, tremblant, presque un sanglot.
Il s'est positionné derrière elle, son sexe dressé, luisant déjà.
Dans le même geste, il a attrapé ses hanches et l'a pénétrée d'un seul coup, pleinement, s'enfonçant jusqu'à la garde.
— Maintenant.
Claire a explosé. Un cri de plaisir, plus intense encore que celui que j'avais entendu la première fois, s'est échappé d'elle tandis que tout son corps se convulsait, ses bras cédant, son visage s'écrasant dans le drap, ses doigts s'agrippant à n'importe quoi pour ne pas se dissoudre entièrement.
Gilles ne bougeait pas, ne la baisait pas. Il la maintenait, ses mains fermement agrippées à ses hanches, ses phalanges blanchies par la pression, son sexe fiché en elle, immobile, comme un ancrage au milieu de la tempête qui secouait Claire tout entière. Je voyais les muscles de son ventre à lui se contracter sous l'effort de rester immobile, de ne pas céder à son propre désir, et cette retenue, cette discipline au cœur même du plaisir, était peut-être la chose la plus troublante que j'aie vue de toute la journée.
J'étais tellement excitée qu'un souffle aurait suffi à me faire jouir. Mes cuisses tremblaient d'elles-mêmes, incontrôlables, mes seins n'étaient plus que deux masses tendues, douloureuses, mes mamelons si durs qu'ils en devenaient sensibles au simple contact de l'air. Mon souffle sortait par saccades, mes hanches cherchaient sans succès un point d'appui contre les liens qui les maintenaient immobiles.
J'ai compris, à cet instant précis, pourquoi Claire avait posé cette serviette épaisse sur la chaise : j'étais moi aussi inondée, complètement, mon désir s'écoulant de moi en spasmes que je ne contrôlais absolument pas, coulant le long de l'intérieur de mes cuisses jusqu'au tissu, chaque vague de plaisir chez Claire semblant en déclencher une réplique exacte, quoique inachevée, en moi.
Claire a fini par émerger de son orgasme, encore secouée de tremblements, des soupirs longs lui échappant encore, comme les dernières vagues d'une mer qui refuse de se calmer tout à fait. Elle s'est tournée vers moi, les cheveux collés aux tempes, les yeux brillants.
— Tu as vu, Manon ? Cela t'a plu ?
J'ai voulu répondre. Ma gorge était trop sèche, mon corps trop tendu pour former une phrase entière.
Elle s'est approchée, nue, m'a caressé la joue avec une tendresse presque maternelle qui contrastait de façon presque insoutenable avec ce que je venais de voir.
— Tu ne comprends pas encore tout, je le sais. Mais cela viendra.
Gilles s'est approché à son tour, son sexe toujours dressé, luisant du plaisir de Claire. Ses doigts ont effleuré mes lèvres intimes, gonflées, brûlantes, frôlant à peine mon clitoris. J'ai été traversée d'une décharge qui m'a secouée de la tête aux pieds, un gémissement long m'échappant malgré moi, mon corps entier basculant déjà vers la jouissance, si proche que j'en aurais pleuré.
Il a retiré sa main.
— Pas aujourd'hui. Je te l'avais dit. Aujourd'hui, tu regardes.
— Vous n'allez pas me laisser comme ça, j'ai balbutié. C'est pas possible.
— Vous n'allez pas me laisser comme ça, j'ai balbutié. C'est pas possible.
Claire s'est penchée vers moi, un sourire amusé au coin des lèvres.
— Tu aimerais qu'il te prenne là, maintenant ? Que sa queue te remplisse, comme il m'a prise devant toi ?
— Oh putain, oui, j'ai gémi, sans aucune retenue. S'il vous plaît. J'en ai tellement envie.
— Oh putain, oui, j'ai gémi, sans aucune retenue. S'il vous plaît. J'en ai tellement envie.
Elle a posé ses mains sur mes seins, faisant tourner mes pointes durcies entre ses doigts avec une lenteur délibérée. J'ai gémi encore, mon corps prêt à basculer au moindre geste supplémentaire. Puis elle a retiré ses mains.
— Pas aujourd'hui, Manon.
J'ai supplié. J'ai imploré, la voix cassée, les mots se bousculant sans cohérence.
Ils sont restés fermes, tous les deux, patients, inébranlables.
— Ce n'est pas une torture, Manon, a dit Gilles. C'est quelque chose que nous construisons pour toi. C'est un chemin sur lequel tu t'engages. Tu ne pensais pas avoir toutes les réponses dès le premier jour ? La frustration, la patience, cela fait partie du chemin. Tu dois apprendre.
J'ai encore supplié, un peu, par réflexe plus que par réel espoir. Puis quelque chose en moi s'est incliné, comme un début de compréhension, même si mon corps, lui, restait tendu comme une corde prête à rompre.
— Ce n'est pas fini, a ajouté Claire. Après tout le plaisir qu'il m'a donné, c'est à moi de m'occuper de lui.
Elle s'est penchée à mon oreille, sa voix se faisant plus basse.
— Tu en as assez vu pour aujourd'hui, Manon. Cette fois, tu ne pourras qu'écouter.
Je n'ai pas eu le temps de comprendre. Elle est allée chercher le bandeau, l'a posé sur mes yeux, et le noir m'a avalée.
À partir de là, je n'ai plus eu que des sons pour reconstruire ce qui se passait. Un froissement de draps. Un souffle qui s'accélère. Je n'arrivais pas à savoir si elle le suçait, si elle le montait, si c'était sa bouche ou son corps qui s'occupait de lui. Chaque bruit devenait une énigme que mon imagination s'empressait de combler, et cette incertitude, loin de m'apaiser, décuplait tout ce que je ressentais déjà.
À un moment, j'ai entendu Claire rire, un rire bas, étouffé contre quelque chose, sa main, peut-être, ou autre chose. Et ce rire m'a rendue presque folle de ne pas pouvoir voir. J'ai tenté de bouger mon propre corps, presque sans y penser, mes hanches essayant de frotter mon sexe détrempé sur la chaise, cherchant un soulagement que personne ne m'avait autorisé.
— Manon.
Un seul mot, la voix de Gilles, venu de nulle part précisément, sans que je sache s'il me regardait ou non depuis le lit. Je n'ai jamais compris comment il avait su. Mes hanches se sont figées, et j'ai senti mes joues brûler dans le noir absolu de mon propre aveuglement, honteuse d'avoir été prise sur le fait par un homme qui, à cet instant précis, n'avait probablement même pas les yeux ouverts.
Les gémissements de Gilles ont commencé à monter, lentement, prenant une ampleur que je n'avais jamais entendue chez un homme, des sons graves, presque désespérés dans leur intensité, jusqu'à ce qu'un rugissement libérateur emplisse toute la pièce. Je n'ai jamais su exactement ce qui s'était passé pendant ces quelques minutes. Mais mon corps entier tremblait, comme si j'en avais été, moi aussi, une partie invisible.
La lumière est revenue quand Gilles a retiré le bandeau. Il m'a détachée, les cordes tombant une à une. J'ai essayé de me lever, suis retombée sur la chaise, encore tremblante, mes jambes incapables de me porter. Claire m'a caressé les cheveux, tendrement.
— Prends ton temps.
J'ai fini par tenir debout, encore haletante.
— Rhabilles-toi, a dit Gilles.
— Vous allez juste me laisser comme ça ? j'ai demandé, encore stupéfaite.
— Oui, a répondu Gilles. Tu as eu ta première leçon aujourd'hui.
— Mais j'ai tellement envie. Je suis tellement excitée.
— Vous allez juste me laisser comme ça ? j'ai demandé, encore stupéfaite.
— Oui, a répondu Gilles. Tu as eu ta première leçon aujourd'hui.
— Mais j'ai tellement envie. Je suis tellement excitée.
Ils ont souri, tous les deux, du même sourire tranquille.
— C'est juste le début de ton initiation.
J'ai commencé à me rhabiller, mes gestes maladroits, mon corps encore parcouru de vagues sourdes.
— Quand est-ce que je pourrai revenir ?
— Dans une semaine, a dit Gilles. Peut-être deux. Cela dépendra de Julie. Quand elle ne sera pas là.
— Dans une semaine, a dit Gilles. Peut-être deux. Cela dépendra de Julie. Quand elle ne sera pas là.
Une semaine. Peut-être deux. J'ai eu l'impression qu'on venait de me condamner à une éternité.
— Souviens-toi, a ajouté Gilles au moment où je passais la porte. Apprivoise ton corps. Deviens plus à l'aise avec lui. Nue, chez toi.
Je suis rentrée presque en courant. Une fois dans ma chambre, je n'ai même pas pris la peine de me déshabiller. Je me suis jetée sur mon lit, ma main plongeant directement sous ma robe, et j'ai joui en moins d'une minute, un orgasme intense, brutal, qui m'a arraché un cri sourd contre mon oreiller.
Ça m'a soulagée, un peu. Ça a fait retomber la tension des dernières heures d'un cran, juste assez pour que je puisse respirer normalement.
Mon téléphone a vibré sur la table de nuit à cet instant exact, comme s'il avait attendu ce moment précis pour sonner.
Julie : “dis tu peux réviser lundi chez moi ? mes parents seront là mais on s'installera dans ma chambre 😊”
J'ai regardé l'écran, encore essoufflée, une goutte de sueur glissant entre mes seins, l'odeur de mon propre plaisir encore partout autour de moi dans les draps.
J'ai mis de longues secondes avant de répondre. : “ça roule, bien sûr”.
J'ai reposé le téléphone. Chez elle. Encore. Avec eux à quelques mètres, à faire semblant d'être la meilleure amie, normale.
Dans mon corps, l'incendie n'était pas éteint. Il brûlait encore, intense.
Une semaine, peut-être deux, pour être seule avec eux. L'attente allait être terrible.
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Commentaires ()
Plus sérieusement, je pense que ça dépend des moments du récit. Certains chapitres sont très centrés sur le ressenti féminin, mais les hommes, enfin Gilles surtout, ne sont pas laissés pour compte pour autant. Merci de lire d'aussi près et à bientôt.
Un plaisir de suivre cette histoire. Merci Haleros.
En tous cas, content que cette histoire te plaise.
Content que ce récit te plaise. Cela va continuer, Manon a bien des choses à découvrir ;)
Merci