La semaine fut en effet assez longue. Ayant beaucoup de boulot, je rentrai souvent fatigué à la maison. Enfin, pas assez fatigué pour ignorer toutes les avances que me faisait Valérie. Toutes les nuits ou presque, nous fîmes l'amour, rendant les nuits courtes. Étreintes assez classiques, sans que soit mentionné le nom de Gilles ni même prononcé la moindre allusion à ce que nous projetions de faire. Mais des corps à corps pleins de fougue et de passion, qui laissaient le lit dévasté et nous dessinaient de fort beaux cernes sous les yeux.
Le jour J fut enfin là.
Valérie s'enferma dans la salle de bains puis dans notre chambre pour se préparer. Je fus prié gentiment, mais fermement d'aller voir ailleurs si elle y était. Ne la trouvant point, je finis par rentrer pour la trouver toute pimpante. Jupe assez courte et moulante pour donner du relief à son délicieux postérieur, veste qui enserrait son opulente poitrine, maquillage discret, dans d'autres circonstances, je l'aurais volontiers chiffonnée un peu sur le lit. Durant le trajet en métro qui nous conduisit chez Gilles, nous n'en menions pas large à vrai dire. Les doutes revenaient en force à mesure que le rendez-vous approchait. Nous échangions des regards de plus en plus crispés, mais étions dans l'incapacité de nous parler. Difficile de parler d'un trio lorsque votre voisin n'est qu'à quelques centimètres. Finalement, notre trajet prit fin et nous n'avions pas encore renoncé. Avant de sortir de la bouche de métro, je pris Valérie par la main.
— Toujours décidée ?
— Oui, allons-y.
Dehors, je n'eus pas trop de mal à repérer Gilles qui était aussi grand que moi. Pendant que nous allions à sa rencontre, je le détaillais un peu : visiblement sportif, très roux, il semblait quelque peu crispé lui aussi.
— Gilles ? Bonjour, je suis Sylvain et voici Valérie.
— Bonjour, répondit-il en me tendant la main.
Il hésita quelque peu avant de faire une bise à Valérie.
— Vous me suivez ?
— En avant.
Nous n'en menions pas très large tous les trois. Que dire dans de telles circonstances ? Parler de la pluie et du beau temps ? Sujet un peu fade. Parler de ce qui nous réunissait aujourd'hui ? Difficile de lui demander en pleine rue s'il avait plus envie de mes doigts ou de la bouche de Valérie...
Arrivés chez lui, nous nous installâmes dans le salon, Valérie au milieu du canapé et moi à sa droite. Gilles nous servit des rafraîchissements puis s'assit à sa gauche. Je ne pus m'empêcher de sourire : Gilles nous dévorait du regard autant que nous l'observions. Mais comment est-on censés débuter un trio ??
— Pas déçu ?
Je sursautais presque en entendant la question de Valérie.
— Absolument pas, tu es ravissante.
— Et tu n'as pas encore tout vu.
Là, Valérie m'épatait. Où était donc passée sa timidité habituelle ? Loin de me plaindre, je l'embrassais dans le cou et posais une main sur sa cuisse, à la lisière de sa jupe.
— Montre-lui-en plus alors, lui soufflais-je à l'oreille.
Elle tourna légèrement la tête et m'embrassa à pleine bouche. Je sentis sa langue contre mes lèvres. Un baiser passionné s'ensuivit.
— Déshabille-moi. Lentement.
Ces quelques mots murmurés étaient le signal que j'attendais.
Nos lèvres se séparèrent et elle fit de nouveau face à Gilles qui avait sans nul doute possible entendu notre échange, mais attendait patiemment que son tour d'entrer dans la danse arrive. Sans cesser de bécoter le cou de Valérie, je m'attaquais au boutonnage de sa veste. Elle avait choisi une veste montant assez haut, sans doute pour que je ne puisse pas voir quels dessous elle portait avant le moment crucial.
Cela convenait tout à fait à mon désir de prendre mon temps pour dévoiler son corps à Gilles. Nous étions vraiment sur la même longueur d'onde tous les deux. Le premier bouton céda facilement, le second n'opposa guère plus de résistance. Ma main gauche caressait les cuisses de Valérie, la droite venait juste de disparaître sous sa veste. Et à ma plus grande surprise, nul obstacle ne s'interposa entre ma main et son sein.
Valérie sans dessous ! Je devais vraiment être aveugle pour ne pas l'avoir vu plus tôt !! Le contact de sa peau amplifia mon désir. Je fis rouler la pointe d'un mamelon entre deux doigts et aussitôt il se durcit. Durcissement contagieux, car je me sentais un peu à l'étroit dans mon boxer. Je passais d'un sein à l'autre, les caressant, les effleurant sans pour autant les exposer au regard de Gilles qui se tortillait sur le canapé.
Valérie décida de faire monter un peu la pression. Elle défit elle-même un nouveau bouton. Cette fois, la veste en s'ouvrant donna à Gilles un bel aperçu de la poitrine de Valérie. Il sembla retenir son souffle quelques secondes, avant d'exprimer son contentement :
— Tu es très belle, tu me plais beaucoup.
— Approche-toi un peu, tu verras mieux.
Ce disant, elle se redressa un peu, faisant pointer ses seins vers Gilles. Un regard vers le haut du pantalon de ce monsieur m'apprit qu'il était en pleine forme. La déformation me sembla d'une fort belle taille, ce qui ne fut pas pour me déplaire.
— Tu devrais libérer l'oiseau, Gilles, lui dis-je.
— Oui, je veux le voir moi aussi, renchérit Valérie.
— Avec joie.
Un bouton ouvert, une fermeture éclair descendue, quelques morceaux de tissu écartés et l'objet de notre convoitise apparut. Impressionnant, bien plus gros que moi, il me plut tout de suite.
— Hum on va se régaler, hein mon chéri ?
Le sens du partage de Valérie m'allait droit au cœur. Pour la remercier, je repris mes caresses sur ses seins. Elle adorait cette caresse et déjà je sentais son souffle s'altérer. Gilles avait entrepris de se caresser en nous regardant. Son sexe n'en finissait pas de se déployer et de gonfler. De le voir ainsi provoquait chez moi les mêmes réactions et ce fut avec un certain soulagement que je sentis la main de Valérie qui partait à l'aventure et qui après quelques contorsions ouvrit mon pantalon et me dégagea de mon boxer.
Je fus tenté de crier « Enfin libre », mais je préférais refaire quelques bisous dans le cou de mon amante. Et lorsqu'elle enserra ma virilité, je compris que moi aussi je pouvais passer à la vitesse supérieure. Ma main sur sa cuisse cessa d'être cajoleuse pour devenir exploratrice. Je retroussais la jupe, découvrais le haut de ses cuisses gainées de voile noir.
Complaisante Valérie écarta un peu plus les jambes afin que mon ascension continue. Ascension qui sans être divine me menait néanmoins vers le paradis.
Gilles n'en perdait pas une miette, ses yeux faisant d'incessants allers et retours entre les seins de Valérie et son entrejambe. Sa main s'activait toujours aussi lentement. Comme par jeu, Valérie avait adopté le même rythme à mon égard. Je ne savais plus où donner de la tête, des yeux, des mains. Nouveau moment de bonheur pour moi lorsque mes doigts quittèrent le voile pour glisser sur sa peau et enfin atteindre ce que je devinais être un string. Lorsque j'appuyais mes doigts sur la fine bande de tissu, Valérie ne put retenir une plainte. Ses seins durs, l'humidité déjà perceptible de son sexe témoignaient de son désir.
Assurément, nous avions trouvé comment débuter ce trio. J'entrepris de retirer sa veste à Valérie. Lorsque ce fut chose faite, je pus à loisir caresser son dos et ses seins. Je variais le rythme et l'intensité de la pression de mes mains, au gré de ses soupirs. J'attisais son désir, ne voulais pas l'emmener trop vite vers le plaisir. Mais ma belle refusait de me laisser mener sa barque et lorsque je la faisais trop languir, ses doigts sur mon sexe devenaient plus pressants. Nous jouions tous les deux une partie de cache-cache avec notre plaisir. Après un long moment à dessiner des arabesques sur le corps de Valérie, je décidais qu'il était temps que notre hôte se joigne à nos jeux.
Je pris la main de Valérie dans la mienne pour la poser sur le sexe de Gilles. Elle fit jouer ses doigts sur la colonne, comme pour en apprécier les dimensions. Il me sembla que celle-ci se dressait encore.
Valérie s'approcha davantage, pour mieux s'approprier le sexe tendu. Sans la moindre hésitation, elle entama une lente masturbation qui fit soupirer Gilles d'aise.
— Jeu de mains, jeu de vilains, dit l'adage. Je me décidai donc à être vilain moi aussi.
Mes doigts se posèrent de nouveau sur son string. Une tâche qui s'élargissait assombrissait le tissu rouge. À travers le textile, je sentais les nymphes de ma chérie s'ouvrir. Elle se pencha un peu plus en avant pour me laisser plus de liberté. Cette fois, mes doigts passèrent sous son string et j'entrepris de caresser son petit bouton qui sortait de son abri. La caresse dut plaire, car Valérie se pencha encore, me donnant ainsi la possibilité d'admirer et de prendre possession de son intimité offerte. Et je n'avais pas l'intention de laisser passer une si belle occasion. J'écartai le string et fis glisser mon majeur sur la fente humide. À chaque passage, ses lèvres s'entrouvraient dans un bruit mouillé des plus excitants, Valérie gémissait, tout en continuant de cajoler le sexe de Gilles. Sa bouche n'était plus qu'à quelques centimètres du gland luisant. Son souffle qui devenait plus court était la promesse d'une caresse qui ne tarderait pas à venir.
Gilles ne restait pas inactif et avait empaumé les seins de Valérie. Cette double caresse porta rapidement ses fruits. En ondulant du bassin pour mieux profiter de mes caresses, Valérie vient embrasser la tige qui se dressait devant elle. D'abord du bout des lèvres comme pour le goûter, puis à pleine bouche. Elle baisait le sexe de Gilles sur toute sa longueur, du méat jusqu'à la racine puis refit le trajet inverse. Gilles posa une de ses mains sur la nuque de Valérie, la massant du bout des doigts, pour l'encourager à poursuivre. Geste au sens sans ambiguïté, mais dont la douceur laissait toute latitude à Valérie pour s'exécuter. J'appréciais cette retenue dont il faisait preuve.
Valérie comprit très bien cette attente et sans plus attendre fit coulisser le sexe entre ses lèvres. Je vis la colonne disparaître partiellement trop longue pour être prise toute entière. Fasciné par ce que je voyais, j'avais cessé tout mouvement. Mais qu'importe, Valérie ondulant au rythme de la fellation qu'elle prodiguait faisait aller et venir mon majeur en elle. Spectacle si particulier de mon amante suçant un homme en se masturbant avec mon doigt alors que je les admirais tous les deux. Je mis cependant rapidement fin à ma passivité. Je m'agenouillais derrière elle. J'embrassais son dos, caressais ses épaules, explorais son antre. J'essayais de calquer mes mouvements sur les siens, et un second doigt vient rejoindre le premier. Elle était chaude, mouillée, accueillante. Et si désirable.
Mon érection devenait douloureuse, mais mon tour de caresses n'était pas encore venu. Je couvrais le dos de Valérie de baisers pendant qu'elle baisait les bourses de Gilles. Enserrant la queue entre deux doigts, elle alternait fellation et masturbation, douce pression et baisers plus appuyés.
Comme tétanisé, Gilles ne bougeait plus. Les yeux mi-clos, il savourait cet instant. Parfois sa main se crispait sur la nuque de Valérie, comme s'il voulait la retenir. Parfois au contraire, il appuyait pour mieux profiter de la caresse buccale.
Mon imagination s'embrasait. Tantôt je désirais moi aussi sentir des lèvres s'emparer de mon sexe, tantôt je rêvais que ma bouche goûtait enfin à ce sceptre tendu.
Valérie se faisait de plus en plus pressante, sa bouche ne libérait que de plus en plus rarement sa proie. Soudain, elle se redressa, se dégageant de mon étreinte. Elle défit sa jupe, enleva son string, ne gardant que ses bas. Et sans autre forme de procès, vint s'asseoir sur Gilles en lui tournant le dos. Elle s'empala lentement, en me fixant dans les yeux, le regard enfiévré par le désir et le plaisir naissant. Je connaissais ce regard qu'elle m'adressait. C'était le préambule à de longues et épuisantes étreintes qui ne s'achevaient en général que par ma capitulation. Défaite qui me laissait épuisé, mais ravi. Mais à deux, nous parviendrions peut-être à lui faire crier grâce.
Pendant un instant, je jouais à nouveau le rôle de voyeur. Le sexe de Gilles coulissait dans celui de Valérie, sous mes yeux. Mon amante se donnait à lui, sans retenue. Je n'en éprouvais nulle jalousie. Elle était si belle en ce moment. Ils étaient si beaux ensemble. Les gémissements de Valérie gagnaient en intensité, devenaient des cris. Les mains en coupe sous ses seins durs, Gilles caressait ses mamelons dressés. Je m'avançai. Mes lèvres se posèrent sur celles de ma belle pour un baiser fougueux. Nos langues se cherchèrent, se mêlèrent. Je sentais les mains de Gilles contre mon torse, profitant moi aussi des caresses qu'il prodiguait à Valérie. Au travers de ce baiser, je percevais aussi le puissant et lent va-et-vient de Gilles. Lorsque leurs deux bassins s'unissaient, Valérie poussait un cri, étouffé par mes lèvres. Mon sexe me faisait mal, tendu par le désir. Je n'osais pas me caresser de peur de faire exploser mon plaisir trop rapidement.
J'abandonnais les lèvres de Valérie pour embrasser ses seins. Gilles les soutint comme pour me présenter une offrande et les mamelons dardés furent l'hostie d'une célébration païenne. Je me penchais encore un peu pour boire à son calice. Ma langue dénicha son petit bouton qu'elle flatta. Puis j'embrassai ses lèvres, goûtant avec délice à son nectar. Plaisir redoublé puisque je pouvais enfin poser mes lèvres sur le sexe de Gilles. Au gré de leurs mouvements, ma langue caressait tour à tour nymphes gonflées par le désir et sexe turgescent. Mes mains s'égaraient sur les deux corps unis, caressant tantôt un sein dur, des bourses gonflées ou leurs sexes unis.
Les va-et-vient prirent de l'ampleur. Valérie gémissait et haletait lorsqu'elle retombait sur Gilles, la déferlante du plaisir allait bientôt la submerger. Je voulais voir ses yeux chavirer, je voulais voir leur bleu virer au gris, je voulais participer à cette envolée vers des cieux si cléments. Mes doigts remplacèrent donc ma bouche, mes yeux se rivèrent aux siens et mes lèvres articulèrent ce mot :
— Jouis.
Elle se laissa alors aller. Je vis ses ongles se planter dans les cuisses de Gilles et son corps s'arquer lorsqu'elle cria. Gilles ne bougeait plus, les spasmes de plaisir de Valérie se transformant en autant de palpitations autour de son sexe. Son regard se brouilla, mais il sut repousser l'onde de plaisir. Sans se désunir, ils s'allongèrent sur le canapé, Gilles guidant ma belle, privée de toute force. Je les caressais tous les deux, les embrassais tendrement. Petit à petit, Valérie reprit pied. Son sourire éblouissant me fit chaud au cœur.
Mes lèvres se soudèrent aux siennes. Ses doigts s'enroulèrent autour de mon sexe pour m'offrir de douces sensations. La pression était très légère, mais le désir si grand. Gilles n'ayant rien perdu de sa vigueur, elle poussa un long soupir en se séparant de lui et de nouveau me jeta un regard brûlant :
— Tu devrais le goûter.
Dire que j'en avais envie était un euphémisme. J'obtempérais donc. Le goût du plaisir de Valérie envahit tout d'abord ma bouche. Puis vient une saveur plus salée et piquante. Je m'en régalais, dégustais la colonne tendue comme s'il s'agissait d'une glace. Coup de langue sur la hampe, légers baisers sur le gland ou bien langue qui virevolte sur les bourses, je câlinais de mon mieux.
Visiblement, Gilles appréciait et donnait quelques coups de hanches pour m'inciter à le prendre dans ma bouche. Je le fis languir encore un peu puis l'avalai. Ses mains se joignirent sur ma nuque et comme avec Valérie tout à l'heure, il me massa quelques instants. Je ne bougeais pas, seule ma langue s'activait.
Mais cette fois, Gilles n'eut pas autant de retenue et avançant puis reculant, il fit jouer son sexe entre mes lèvres. Je le laissais faire, serrant juste un peu plus les lèvres pour accentuer la caresse. Gilles s'enfonçait le plus loin possible puis ressortait jusqu'à faire apparaître son gland entre mes lèvres. Valérie me caressait toujours aussi doucement, ses doigts enserrant ma tige, enveloppant mes bourses ou glissant entre mes fesses.
Ma résistance était mise à rude épreuve. Gilles aussi semblait proche de la rupture. Il s'immobilisa pour reprendre son souffle et faire baisser la pression. Valérie comprit que nous ne tiendrions plus très longtemps et nous fit signe de nous écarter. Elle se plaça entre nous. Tournant le dos à Gilles à qui elle offrait la charmante vision de ses fesses, elle reprit ses caresses sur mon sexe. Elle se pencha, je sentais son souffle m'envelopper. Par-dessus son épaule, elle jeta un regard à Gilles.
— Viens, prends-moi.
D'une seule poussée, il fut en elle. Ses mains se posèrent sur les deux globes et il entreprit un vigoureux va-et-vient. Les caresses que me prodiguait Valérie suivaient le même rythme et nous nous acheminions tous les trois vers un plaisir partagé. Me sentant sur le point de jouir, Valérie me prit dans sa bouche et c'est le contact de ses lèvres qui déclencha mon plaisir. Gilles me suivit en criant. Nous sentir exploser en elle provoqua la jouissance de ma belle, dernier maillon de cette chaîne de plaisir.
Nous restâmes quelques instants ainsi, sans bouger. Puis à regret, nous nous séparâmes, conscients de mettre ainsi fin à une expérience unique. Nous échangeâmes quelques caresses avant de nous diriger tout à tour vers la salle de bains. Pendant que Valérie se rafraîchissait, Gilles et moi décidâmes de nous revoir prochainement, seuls. Valérie et moi marchions vers le métro main dans la main. Je ne savais que dire. Ce fut Valérie qui reprit la parole la première.
— On recommencera bientôt ??
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