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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Au fil du temps — Chapitre 4 · Gilles (4)

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sylbi
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Au fil du temps

Chapitre 4 · Gilles (4)

Enfin le jour de notre rendez-vous arriva. Valérie était dans une forme éblouissante, pleine d’entrain. Elle s’était de nouveau enfermée dans la salle de bain puis dans la chambre, avec cette fois encore interdiction pour moi d’entrer. Je ne voulais pas lui gâcher son plaisir et me préparais de mon côté. J’avais bien sûr pris les photos réalisées avec Gilles ainsi que mon appareil photo, au cas où… Pendant le trajet, je m’interrogeais sur ce qui allait se passer. Même si Valérie n’en avait pas reparlé, j’appréhendais un peu de me retrouver avec Gilles et de me livrer à lui sous les yeux de ma brunette. Et puis jamais je n’avais envisagé que Valérie puisse être simple spectatrice. Autant j’avais tiré grand plaisir de mes petits jeux avec Gilles lorsque nous étions seuls, autant je m’interrogeais sur ce que je pourrais ressentir à rejouer les mêmes scènes devant Valérie. Mais après tout pourquoi pas ? L’accueil de Gilles fut très chaleureux, bien plus détendu que lors de notre première rencontre. Valérie nous surprit en embrassant furtivement Gilles sur les lèvres plutôt que de lui faire la bise. À ce simple signe, je compris que c’est elle qui mènerait le bal cet après-midi. Comme Gilles nous entraînait vers le séjour où s’étaient déroulés nos premiers ébats, Valérie l’arrêta, lui prenant la main.
— Tu nous montres ta chambre ?
Oui, décidément, c’est elle qui allait diriger la suite des événements.
La chambre était spacieuse et lumineuse. Valérie s’installa sur le lit, nous faisant signe de venir l’encadrer. Puis elle sortit les photos qu’elle tendit à Gilles.
— Pas mal du tout votre petite séance à deux.
Gilles esquissa un sourire puis entreprit de regarder les photos.
— Tu es très doué pour l’effeuillage et ça m’a beaucoup plu de revoir ton corps. Sylvain m’a tout raconté et je dois dire que j’ai très envie de vous voir tous les deux ensemble.
— Euh pourquoi pas.
Gilles semblait à peine surpris, et visiblement ne se posait pas trop de questions.
— Mais avant je vais m’occuper un peu de toi.
Sans plus de cérémonie, Valérie poussa doucement Gilles, le faisant s’allonger sur le lit. Puis ses mains glissèrent sous le tee-shirt de notre hôte. Sous le tissu, je voyais ses mains caresser le torse de Gilles, s’attardant souvent sur ses tétons. Gilles ne restait pas inactif et ses mains partirent elles aussi en vadrouille sur le corps de ma belle.
Pour ma part, j’avais sorti mon appareil photo. Je tentais de figer sur la pellicule la progression du désir. Je me concentrais sur les yeux de mes modèles, essayant de saisir le trouble qui les envahissait. Puis Valérie se redressa, et privant toujours Gilles de l’accès à la moindre partie de sa peau, elle entreprit de finir de déshabiller sa proie qui se retrouva rapidement nue comme au jour de sa naissance. Mais j’étais prêt à parier qu’à sa naissance Gilles n’arborait pas une aussi belle érection. De nouveau cette jolie verge tendue fut au centre de mon objectif et de nouveau il me tardait de pouvoir la toucher, la goûter.
Pris dans le feu de l’action, mes doutes s’envolaient et je n’avais plus qu’une envie : les rejoindre sur le lit. Mais rien ne pressait et Valérie m’en aurait sûrement voulu si j’avais mis à mal sa petite mise en scène. Elle continuait d’ailleurs de porter notre ami à ébullition.
— C’est moi qui te mets dans un tel état ? lui demandait-elle en faisant glisser un doigt le long du membre gorgé de sang. Ou bien est-ce que ce sont les souvenirs de tes ébats avec Sylvain ? Tu sais, te voir en photo et entendre Sylvain me raconter tout ce que vous avez fait m’a rendue toute chose. Mon pauvre chéri n’a pas dormi beaucoup cette nuit-là. Ni les suivantes en fait. Je lui ai juste laissé reprendre un peu de forces ces derniers jours.
C’était la première fois que j’entendais Valérie aussi bavarde pendant l’amour. Gilles, lui, ne disait rien mais ses yeux, ses mains et son sexe parlaient à sa place. Ne pouvant glisser sous la jupe trop serrée, ses mains s’étaient faufilées sous le pull de Valérie dont il caressait les seins. Ma belle pinçait parfois ses lèvres comme pour ne pas laisser échapper un cri. Elle jouait la stoïque mais le rouge qui lui était monté aux joues attestait de son émoi. Elle se contentait toujours de légers effleurements, refusant à Gilles le plaisir de la caresser vraiment... Et elle parlait toujours.
— Tu sais, j’ai vraiment envie de vous voir vous donner du plaisir entre mecs. Je suis sûre que ce sera très beau. Voir tes mains le cajoler, ta bouche l’avaler…
Puis petit à petit, je pris un peu de recul, pour des plans plus larges. Valérie était à califourchon sur Gilles. Elle caressait et embrassait ses mamelons qui pointaient, durcis par le désir, preuve qu’il appréciait ce traitement au plus haut point. De son côté, il tentait de faire passer ses mains sous sa jupe mais elle se refusait à lui faciliter la tâche en laissant ses jambes contre les siennes. Je continuais mes clichés : gros plan sur la bouche de Valérie lorsqu’elle le mordillait, vue sur les mains de Gilles qui glissaient sur les rotondités de mon amante.
Gilles était toujours muet, mais ne restait pas inactif. Il avait fait passer le pull par-dessus la tête de Valérie, dévoilant ainsi un adorable soutien-gorge noir en dentelle qui soulignait la beauté et le galbe de ses seins. Je ne pus m’empêcher de prendre quelques clichés de ce buste qui m’émouvait si souvent. Comme Gilles faisait mine de vouloir ôter l’agrafe, elle le repoussa gentiment :
— Non plus tard.
Le sourire qu’elle m’adressa me fit chaud au cœur. Elle connaissait bien mon goût pour la lingerie et me faisait ce cadeau, pensant à moi, même lorsqu’elle était dans les bras d’un autre. Je lui rendis son sourire et me penchais vers elle pour l’embrasser. Baiser tout d’abord empreint de tendresse puis de plus en plus fougueux. Et pendant que nos lèvres se soudaient, que nos langues se mêlaient, je sentis l’une des mains de Gilles quitter les seins de Valérie pour venir se poser sur mon entrejambe. J’étais le seul à avoir conservé l’intégralité de mes vêtements mais les écrans de tissu rendaient le contact plus diffus, plus doux, comme la promesse de sensations plus fortes qui ne tarderaient pas à venir. J’étais bien sûr au garde-à-vous, le spectacle auquel j’avais assisté ne m’ayant pas laissé indifférent. En quelques instants, je devins le centre d’intérêt de Gilles et Valérie qui achevèrent ainsi de balayer les craintes que j’avais pu avoir. Tant bien que mal, je posais mon appareil devenu embarrassant sur la table de chevet toute proche pour éviter qu’il n’atterrisse par terre.
Je nouais mes mains derrière la nuque de Valérie, rendant notre baiser presque fusionnel. Gilles, lui, massait mon sexe, caressait mes cuisses ou mes fesses puis de nouveau se consacrait à Valérie. Je me décidais à regret à rendre sa liberté à Valérie. Ne souhaitait-elle pas nous regarder Gilles et moi ? Mes mains donc se dénouèrent, abandonnant sa nuque pour se porter sur les mamelons de Gilles. Comme je l’avais deviné, ils étaient très réactifs, déjà durcis par les caresses de Valérie. Je roulai sur le côté et posai ma tête sur le torse de Gilles. Notre premier « tête à tête » avait été assez frénétique, nous étions avides de plaisirs nouveaux. Cette fois je savais que nous prendrions notre temps. Pendant un instant, je songeais, amusé, que finalement le premier essai n’était pas le plus difficile : la soif de découvrir pouvait contrecarrer l’appréhension. La seconde fois, l’appréhension pouvait différer : il fallait faire au moins aussi bien. Et cette fois l’attrait de l’inconnu ne jouait plus en notre faveur. Mais à mon grand plaisir, il me semblait que nous nous en sortions plutôt bien. Gilles me tira de mes pensées en partant à l’assaut de ma boucle de ceinture. De ce méli-mélo de corps, la tâche était ardue et je vins à son secours. En fait, j’ôtais tout bonnement mon pantalon. Puis estimant que je l’avais assez aidé, je repris ma position contre lui. Ma bouche gourmande et curieuse parcourait son torse. Baisers papillonnant, légères morsures, petits bécots ou suçons, tout me semblait bon pour le sentir frémir. Valérie n’était d’ailleurs pas étrangère à tous les soupirs qui s’échappaient des lèvres de Gilles. Toujours à califourchon sur notre hôte, elle avait coincé le sexe tendu entre leurs deux bas-ventres et, d’un léger mouvement du bassin, le massait.
On eut dit que Valérie lui faisait l’amour, lentement, sa jupe faisant un écrin soyeux qui préfigurait la douceur de son intimité. Je levais un peu la tête pour observer les réactions de Gilles. Les yeux mi-clos, le souffle court, il soupirait d’aise. Parfois le soupir devenait râle lorsque Valérie accentuait son mouvement. Et il faisait tout pour que le désir soit contagieux. Consciemment ou non, il calquait les mouvements de sa main sur mon sexe sur ceux de Valérie. Et lui aussi repoussait le moment où nos peaux entreraient en contact et c’est donc à travers le tissu de mon caleçon qu’il me masturbait. Ce petit jeu de cache-cache avec le plaisir dura un moment. Gilles soupirait de plus en plus fort, sa main se crispait parfois un peu plus, me transmettant de très bonnes vibrations.
Puis Valérie le libéra de son étreinte. Une tâche maculait le devant de sa jupe. Jolie décoration pour le retour en métro…
Gilles ouvrit les yeux, semblant émerger d’un rêve.
— Vous vous rappelez, je veux vous regarder. Alors à vous de jouer.
Ça avait au moins le mérite d’être clair. Petit moment de flottement.
Valérie s’écarta de nous pour s’asseoir dans un fauteuil au coin de la pièce en face de nous. La main de Gilles enveloppait toujours mon sexe mais restait immobile. Et sa magnifique colonne pointait vers moi. Comment résister à une telle invitation ? Je me penchais un peu et goûtais au fruit défendu. D’abord du bout des lèvres pour en apprécier la fermeté. Puis avec la langue pour découvrir sa saveur un peu salée. Puis à pleine bouche pour profiter de son volume. Jetant aux orties tout semblant de pudeur, toute trace de retenue, je me lançais dans une fellation pleine de passion. Ma main enserrant la tige et entamant un lent va-et-vient, je posais mes lèvres sur le gland décalotté puis accélérant doucement le rythme de ma masturbation, j’avalai le membre tendu. Mes lèvres rejoignirent mes doigts, puis reculèrent, avancèrent de nouveau. Des bruits humides accompagnaient le mouvement de ma bouche. Je faisais jouer ma langue sur le bâton, comme on peut le faire sur une friandise pour la faire fondre. Et il était tout à fait dans mes intentions de le faire fondre… Ma bouche en guise de fourreau, je jouais les avaleurs de sabre. La main de Gilles avait repris son mouvement de branle à travers mon caleçon. La pression de sa main sur mon sexe était une bonne indication des sensations qu’il éprouvait et au fur et à mesure que je perfectionnais ma technique, ses mouvements se faisaient plus désordonnés, plus sporadiques. Gilles ne restait pas immobile pour autant. Les mouvements de ses hanches remplaçaient ceux de ses mains. Il poussa un long feulement lorsque je me mis à lui caresser les bourses. Son sexe palpitait entre mes lèvres, je le sentais vibrer, gonfler, se tendre. De temps à autre, je levais les yeux, pour suivre la progression du plaisir sur son visage. Lui ne me regardait pas : il avait les yeux fixés sur Valérie. Il faut dire que le spectacle était plaisant. Valérie s’est débarrassée de sa jupe et de tous les autres bouts de tissus qui la couvraient en fait, ne gardant qu’une paire de bas auto-fixants. Les jambes impudiquement écartées, elle nous offrait une vue imprenable sur son intimité. Elle se caressait doucement, effleurant son bouton d’un doigt. Son regard fixé sur nous, elle ne faisait qu’entretenir le feu sacré, voulait profiter de tout le spectacle que nous allions lui offrir avant de se laisser aller à un embrasement plus total. Je repris la verge tendue, l’avalais le plus loin possible, la faisant aller et venir, jouant des mains et des lèvres pour amener Gilles à crier grâce. Mais le bougre refusait de perdre aussi vite la partie. Alors interrompant un instant ma fellation, j’enduisis un doigt de salive. Lorsque ce doigt se posa entre les fesses de Gilles, celui-ci eut un sursaut. Le reprenant dans ma bouche, je conjuguais jeu de langue et massage de sa petite porte. Porte qui ne tarda pas à s’ouvrir. J’entrai donc. La tige que je cajolais eut un sursaut. Et comme j’allais plus avant, le sursaut se transforma en une sorte de palpitation.
— Attends Sylvain pas tout de suite.
— Oh si mon chéri, fais-le venir dans ta bouche.
Je mouillais un autre doigt. Qui n’eut aucun problème pour rejoindre le premier. Gilles poussa un petit cri. Puis les choses s’accélérèrent. Il prit ma tête entre ses deux mains et prit ma bouche comme il aurait pu le faire avec le sexe d’une femme. Mes deux doigts coulissaient en lui au rythme des mouvements de son bassin. Entre mes lèvres, je sentais la palpitation devenir vibration. Je le sentais vibrer dans ma bouche. Puis ce fut l’explosion. Gilles s’immobilisa pendant que son sperme giclait dans ma bouche. J’aimais cette saveur salée et un peu âcre. Je le dégustai longuement, attendant la détumescence totale de ce sucre d’orge si particulier.
Je « libérai » Gilles. Savourai encore sa généreuse libation. Valérie me sourit, son regard troublé par le plaisir qui naissait sous ses doigts. Je me mis à genoux devant elle et l’embrassais. La léchais, la goûtais. Ses doigts et ma langue se croisaient, se frôlaient, se touchaient. Pendant un court, bien trop court instant, Valérie plaqua mon visage contre son sexe. Puis elle me dit :
— Laisse ta place à Gilles.
Celui-ci ne se fit pas prier. Cette fois c’est donc moi qui jouais les voyeurs. Même si je ne voyais pas grand-chose tant Gilles était collé à Valérie. Lèvres contre lèvres, serais-je tenté de dire. Valérie appréciait, ses gémissements ne laissaient aucun doute à ce sujet. Machinalement, je me caressais doucement en les regardant. Puis ma belle capta mon regard, me désigna des yeux les fesses de Gilles. Elles étaient offertes. Et moi qui croyais que Valérie avait renoncé à nous diriger. Elle poursuivait sa mise en scène et nous étions toujours sous son contrôle. Mais pas une seule seconde, je ne songeais à m’en plaindre.
J’enfilais donc un joli préservatif goût fraise et m’emparais du tube de lubrifiant posé à côté de moi. Gilles avait tout prévu. Il sursauta un peu lorsque le gel froid le toucha. Mais bien vite je me chargeais de le réchauffer. Mes précédentes intrusions l’avaient déjà bien préparé et je ne tardais pas à faire coulisser mes doigts en lui. La réaction ne se fit pas attendre et il reprit rapidement de la vigueur.
— Prends-le !! Je veux vous voir !!
Valérie avait du mal à parler. Je la voyais se crisper, ses mains enserraient les bras du fauteuil. Et je savais ce qu’elle attendait pour se laisser aller. Alors pourquoi lui refuser ce plaisir ?? Je pénétrais Gilles lentement, mais d’un seul mouvement. Il soupira d’aise. Mes doigts vinrent emprisonner sa queue redevenue dure et je le caressais doucement. Il se redressa, abandonnant ses jeux de langue. Il voulait se donner en spectacle, que Valérie ne rate rien de ce qui allait suivre. Ses cuisses s’appuyèrent sur les miennes, ses fesses contre mon ventre. J’étais presque condamné à l’immobilité. Seules mes mains pouvaient bouger et je comptais bien en profiter. Nous regardions tous les deux Valérie qui avait de nouveau posé ses mains sur son sexe. Nous restâmes quelques instants ainsi, figés et prêts à nous lancer à l’assaut du septième ciel.
Ce fut Gilles qui bougea le premier, en entamant un lent va-et-vient. Je le pénétrais mais c’est lui qui me faisait l’amour. Le terme me parut bien choisi. Même s’il ne s’agissait que de plaisir et de sexe, nous faisions l’amour et partagions un moment unique. Valérie reprit aussi ses douces caresses pendant que je cajolais Gilles.
Notre trio passa petit à petit du lento à l’adagio puis à l’allegro. Gilles s’empalait sur moi et j’avais fait de mes mains un écrin qui enveloppait sa longue tige. Même si j’étais entré facilement en lui, Gilles m’emprisonnait de façon très étroite, faisait jouer ses muscles internes pour amplifier les sensations que je ressentais. Je savais que je ne tiendrais pas très longtemps, tous nos petits amusements qui avaient précédé avaient déjà bien entamé mon endurance. Valérie ne nous quittait pas des yeux. Et je la dévorais du regard. Les gémissements avaient cédé la place à de petits cris. Elle avait ce regard un peu flou, un peu fou des jouissances intenses. Puis Gilles se dégagea, bascula vers l’avant, ses épaules presque au sol, ouvert et offert. Le message était clair. Me redressant aussi, je me plaçais derrière lui. Cette fois, nulle lenteur n’était de mise. J’écartais ses fesses et le pris d’un seul coup.
— Vas-y, fort.
C’était de toute façon mon intention. Valérie elle aussi se déplaça. Vint dans mon dos. Je sentis ses seins contre mon dos, ses lèvres dans mon cou. Puis elle alla se placer devant Gilles pour de nouveau offrir son intimité à sa bouche avide. J’entrepris un pilonnage en règle. Sans la moindre brutalité mais sans répit, j’allais et venais. Mon ventre butait contre les fesses de Gilles, le collant à Valérie. Chacun de mes mouvements provoquait ainsi en elle un soubresaut de plaisir, lorsque les lèvres de notre amant s’appuyaient contre ses nymphes. Elle était si belle lorsque ses sens s’embrasaient. La voir aussi rayonnante eut raison de moi. Dans un dernier mouvement, j’explosais. Valérie me rejoignit. Expérience assez unique d’un plaisir simultané sans que nous nous touchions. Valérie s’allongea à même le sol, comme foudroyée, les yeux clos. Pour ma part, je ne bougeais plus. Gilles jouait à nouveau à m’enserrer. J’étais comme KO. Le plaisir irradiait de mon ventre, vague de chaleur et de vibrations mêlées. Mes mains posées sur son dos tremblaient et je devais m’appuyer sur lui pour ne pas basculer. Après un long moment, lorsqu’enfin j’eus repris le contrôle de mes nerfs, de mes muscles, je me dégageai pour m’allonger aux côtés de Valérie. Nous échangeâmes un long baiser. Gilles en profita pour me caresser. Il ôta le préservatif et entreprit de masser mon anus. Il était toujours en érection. Il m’interrogeait du regard, tout en faisant décrire à ses doigts de petits cercles. Là encore pas besoin d’être devin pour comprendre ce qu’il attendait. Je faillis dire non, j’avais vraiment besoin de souffler. Mais j’avais aussi très envie de le sentir en moi. Je voulais faire cette expérience. Plutôt qu’une longue explication, je me laissais faire. Gilles eut un sourire. Ses doigts se firent plus entreprenants, plus inquisiteurs. Détendu comme je l’étais, ils ne rencontrèrent pas grande résistance.
Gilles continuait à me détendre, parfois le froid d’une noisette de gel me faisait sursauter. Valérie émergea au moment où son majeur glissait en moi. Elle aussi me fit un sourire radieux qui me fit chaud au cœur. Et partout ailleurs. Elle m’embrassa une fois de plus. Me caressa la joue. Un deuxième doigt rejoignit le premier. Malgré la douceur de Gilles, je cessais de respirer un instant. Je changeai de position, adoptant à mon tour celle que Gilles avait prise quelques temps auparavant. Bien cambré, j’étais le symbole d’une totale acceptation de ce qui allait suivre. Gilles poursuivit un peu son doux massage puis enfila à son tour un préservatif. Le moment suprême était venu. Valérie avait pris mes deux mains dans les siennes, comme pour m’encourager. Sensation de pression. Pour une première, j’avais vu grand, j’espérais ne pas le regretter. Gilles attendit quelques secondes comme pour me laisser encore une fois le choix. Je m’efforçais de me détendre encore un peu plus. La pression se fit plus forte. Douleur et envahissement. Qui se calmèrent un peu, puis revinrent. Un feu, bien timide s’alluma. Flux et reflux de sensations. Chaleur et douleur. La chaleur l’emportait, peu à peu. Gilles s’avança encore un peu. Les flammèches se firent flammes. La douleur passa – enfin – à l’arrière-plan. Je ne bougeais pas, laissant à Gilles le soin de mener le bal. Il se mit à bouger, lentement, très lentement. Je n’avais plus mal. Je commençais même à apprécier pleinement. Ses doigts glissèrent sur mes bourses, sur mon sexe. Il était d’une douceur extrême, presque timide.
— Tu aimes ?
Le murmure de Valérie me tira de ma torpeur, de ma léthargie. Concentré sur les nouvelles sensations qui m’envahissaient, je l’avais presque oubliée.
— Je crois que oui.
En m’entendant, Gilles sut qu’il pouvait accélérer. Ce qu’il fit. Je ne tardais pas à m’embraser. C’était très différent de tout ce que j’avais pu connaître auparavant. J’avais le sentiment que Gilles effectuait un travail de sape qui allait me faire décoller. Cette fois j’étais le réceptacle, cette fois, c’était à moi de lui faire comprendre que j’aimais sa façon de me prendre. Je me mis donc à avancer pour aller au-devant de son sexe, pour en profiter pleinement. Sous ses doigts, peu à peu je rebandais. Toute timidité envolée, Gilles me sodomisait avec vigueur. Je l’entendais souffler dans mon dos. Je sentais ses gestes et mouvements devenir moins contrôlés.
Il allait jouir en moi !
L’idée me plaisait. Je prenais mon envol tout comme lui. Comme je l’avais fait, il se planta en moi lorsque survint l’orgasme en poussant un grand cri. Je sentais son sexe tressauter. Il n’en finissait plus de vibrer. Et continuait à me caresser.
Alors, sous les yeux de Valérie qui venait d’assister à ma première sodomie, je jouis entre ses doigts.
Après une douche plus que réparatrice, nous avons quitté Gilles. Nous avions décidé de nous revoir pour que Gilles puisse voir les photos prises avec Valérie. La vie en a décidé autrement. La femme de Gilles avait fini par comprendre certaines choses et décidé d’y mettre un terme. Je dois dire que Gilles fut ma meilleure expérience avec un homme et une des meilleures en couple et qu’il m’arrive encore de penser à lui.
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