Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Journal d'une vicieuse — Chapitre 1 · Jeunesse
Auteur
Journal d'une vicieuse
Chapitre 1 · Jeunesse
Une jeune femme mal dans sa peau
Au sortir de l'adolescence, j'étais une jeune fille très curieuse. C'était un bon point pour les études. Ma curiosité était une alliée précieuse pour développer mon intelligence. Je n'étais pas bête et mon envie de découverte touchait à de nombreux domaines. Tout ce que je ne comprenais pas me servait à repousser les barrières de cette incompréhension. Souvent, ce sont les quatorze ou quinze ans des jeunes filles qui les poussent à définir et à explorer leurs propres émotions. C'est aussi le moment où elles désirent apprendre à connaître leur propre corps.
Mais en ce qui me concerne, c'est seulement à partir de mes dix-huit printemps — une jolie façon de donner un âge pour les poètes — que je découvris mes premiers émois sensuels. Ma mémoire est plus précise pour évoquer certains détails de ma toute jeune sensualité. Je me souviens adorer partir dans de longues explorations de mon propre corps. De petites prospections de ce corps que la nature m'avait donné. Chaque matin au lever, comme chaque soir au coucher, je me faisais du bien en caresses et attouchements aux doigts.
Je n'avais pas à me plaindre de mon physique. Les fées avaient été gentilles avec moi et j'avais été plutôt gâtée. Elles m'avaient dotée d'une chevelure épaisse que je n'appréciais pas particulièrement. Un mélange de blondeur et de reflets tirant sur le roux, que les gens nommaient "blond vénitien" et qui, d'après certaines personnes, se mariait parfaitement avec un regard vert d'eau et un visage avenant. Car on me trouvait jolie. Les femmes de mon entourage, tout au moins, le disaient avec une certaine sincérité. Les mamans de mes amies, des voisines, des dames ayant une certaine expérience de la vie semblaient réellement le penser. C'était donc rassurant de les croire sur parole et sans chercher à aller plus loin.
L'utilisation de miroirs dans la vie courante ne m'intéressait pas spécialement. Je n'étais pas coquette. M'observer dans mes ébats solitaires, c'était tout autre chose. Me regarder dans ces moments de plaisir m'excitait énormément. J'étais véritablement obsédée par mon propre corps. J'avais fait des pieds et des mains pour que ma mère finisse par accepter de m'offrir une psyché. Le parfait outil pour fourbir mon narcissisme et enrichir mon autosexualité. Dès lors, je me gavais de mes propres reflets et jouissais de mes images intimes en gourmande insatiable. Je ne me lassais pas de moi-même et j'en étais autant troublée que perturbée. Je me sentais égoïste et vicieuse. Une petite vicieuse, mais pas une idiote et je finis par découvrir la triste histoire de Narcisse, amoureux de son propre reflet [1]. Cette référence m'avait réellement perturbée sans toutefois éteindre mes envies de jouir de mes petits jeux pervers.
Les garçons de mon âge étaient presque tous vierges, mais se seraient fait tuer plutôt que de l'avouer. Pour eux, de par ce que j'avais appris par d'autres filles, j'étais "vachement bandante". J'étais déjà montée en graine à cet âge ingrat. Une sacrée graine ! Une jeune fille à peine sortie de l'adolescence et bâtie comme je l'étais était peut-être "vachement bandante" pour les garçons, mais elle leur fichait une sacrée trouille. J'étais déjà proche des cent soixante-quinze centimètres et je me sentais souvent comme madame Gulliver se promenant dans les rues de Lilliput. C'était sans compter un corps de sportive accomplie et une poitrine assez lourde pour attirer de nombreux regards.
Un physique et des envies que je n'arrivais pas à assumer. J'étais avide d'espionner les gens dans leurs moments intimes, mais je n'avais jusqu'ici pas vu grand-chose et commençais à culpabiliser réellement. J'étais prête à m'offrir aux plaisirs de l'érotisme, mais je fichais la trouille à tous les mâles du voisinage. C'est ce qui pourrait résumer cette période de ma vie. Je me sentais vicieuse, mais également anxieuse sur le devenir de ma sexualité.
[1] Narcissisme. Une version différente existe où Narcisse est follement amoureux de sa sœur jumelle, morte très jeune.
Tout ça pour ça ?
S'il était facile d'épier les promeneurs dans leurs balades en bord de mer, je fantasmais d'autant plus sur les possibilités de voyeurisme forestier. Malheureusement, les forêts étaient peu nombreuses là où je vivais. Et puis, je n'aurais pas eu la possibilité de me rendre seule dans des bois. Certains petits parcs m'avaient offert certaines opportunités sympathiques. J'avais eu quelques agréables surprises en campagne. C'étaient de maigres débuts et si j'avais réussi à voler quelques moments intimes à celles et ceux que j'espionnais, je n'avais rien connu d'intense. Mon inexpérience ne m'aidait pas. J'arrivais à me repaître de bisous tendres, de baisers passionnés, et de caresses parfois sensuelles. Voilà quelles étaient mes seules réussites durant les premiers temps de mes pérégrinations de voyeuse. Puis j'eus droit à quelques jupettes relevées sur des fesses pas toujours jolies. Une unique fois, je pus observer un homme qui se masturbait.
Je m'étais arrêtée à une quinzaine de pas derrière lui, mais il s'agissait bien d'un voyeur. Le short baissé sur ses cuisses comme les mouvements de son bras droit ne laissaient planer aucun doute sur son activité. Il observait un couple allongé sur le sable herbeux. Je ne pouvais jurer de rien, mais il me semblait que les proies de ce voyeur étaient consentantes. L'homme et la femme étaient en tenues d'Adam et d'Ève et ne paraissaient pas s'offusquer du comportement de ce troisième larron. Je n'osais pourtant pas m'approcher afin d'en apprendre plus. Une scène que j'observais donc de loin et qui fut bien plus frustrante qu'elle n'était excitante.
***************
Maryse
Maryse
Généralement, nous avons toutes et tous quelqu'un de très proche autre qu'un parent. Des amis et des copains que nous aimons à des degrés divers. Et il y a toujours une amitié plus profonde et plus intense qui nous lie à une personne : ma meilleure amie se nomme Nolwenn. Nous partageons tout depuis que nous sommes gamines. Et aujourd'hui, le regard de Maryse sur moi me tétanise.
Maryse, l'épouse de Ronan et la maman de Nolwenn ; une femme qui a toujours été adorable avec moi... Je me souviens de la tristesse que j'avais éprouvée quand Nolwenn m'avait annoncé que ses parents voulaient se séparer. Le couple avait passé une année difficile qui s'achevait toutefois en beauté. Nolwenn m'avait confié que c'était comme si le mot divorce avait agi comme une formule magique. Un abracadabra qui avait ravivé un amour perdu. Mon amie avait vu ses parents se comporter en amoureux insatiables. C'était au point qu'elle en était un peu gênée. Maryse et Ronan vivaient une nouvelle vie.
Ce que j'appelais « mon comportement de petite vicieuse » avait bousculé ma jeunesse. Je vivais très mal ce que je considérais comme un comportement pervers. Si tenter d'explorer et de comprendre mes désirs et fantasmes ressemblait parfois à une petite obsession, je m'intéressais tout autant à ceux des autres.
Je n'étais pas, comme l'on dit souvent, une fille un peu trop curieuse. J'étais une voyeuse. Je n'étais pas une petite chipie. J'étais une jeune perverse. C'est tout au moins l'idée que je me faisais de mes désirs et de mes comportements. Et évidemment, je me posais les mauvaises questions.
**********************
Le regard de Maryse s'était levé sur moi et une brusque flambée de honte me brûla aussitôt les joues. Maryse, la mère de ma meilleure amie, m'observait maintenant d'un drôle d'air. Dans ma honte d'être découverte, je pouvais lire un mélange de surprise et de colère dans ses yeux sombres. Cette femme qui m'aimait beaucoup venait de découvrir mon infamie.
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Commentaires ()
Mignon out 💋
Merci
Bravo.
Ou dire que je suis une auteure géniale. Mais non...
Allez ! Va en paix car je ne te hais point 💋