Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bêta Sigma — Chapitre 1 · Chapitre 1 : où je fais la connaissance d'un beau quarterback
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Bêta Sigma
Chapitre 1 · Chapitre 1 : où je fais la connaissance d'un beau quarterback
Je remonte Prescott Street en traînant derrière moi ma petite valise. L'air froid de début novembre me mord la peau. Je ne suis clairement pas assez couvert pour la saison, mais il ne me reste rien d'autre que cette pauvre veste en cuir et les quelques autres fringues légères que je porte sur moi. Quand enfin mes pieds s'arrêtent devant un immense manoir, je peine à croire que ce soit la bonne adresse. Je jette un coup d'œil à la lettre de l'Université ; a priori, je suis bien au bon endroit. 219 Prescott Street.
Un grand manoir de style victorien trône au sommet de la colline. Qui croirait qu'un tel bâtiment puisse exister au cœur d'une ville aussi terriblement moderne que Chicago ? Et pourtant, il est bien là, rénové et parfaitement entretenu par les fonds de placement du campus. Seule marque anachronique sur la façade de cette magnifique demeure, deux lettres grecques au-dessus de la grande porte en bois sculpté : Bêta Sigma. La plus célèbre fraternité du campus, la plus ancienne – et surtout la plus select. Pour l'intégrer, il faut obligatoirement appartenir à l'équipe de foot universitaire – ou être, comme moi, victime d'un sinistre si exceptionnel que ce manoir devient soudain la seule possibilité de relogement acceptable.
Je sonne. Aucune réponse. Je frappe à la porte. Toujours rien. Je ne compte pas passer ma matinée dans le froid, je me permets donc de tourner la poignée. Le manoir n'est pas fermé à clef. J'entre donc en me frottant les mains pour me réchauffer. Un grand silence règne dans le manoir ; c'est dimanche, la plupart des occupants dorment encore, sans doute.
Curieux, je m'aventure dans le grand salon ; je contemple le luxe des boiseries, les bibliothèques chargées d'histoires et les magnifiques tableaux quand, soudain, un pas lourd dans les escaliers m'effraie. Derrière moi, une ombre s'étire au bas des marches. Quelqu'un descend. Je me fige, dans l'attente de voir débarquer l'un des résidents. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine quand je devine qu'il s'agit du beau Chris Wells, le quarterback des Bulls, l'équipe du campus. Pour l'avoir déjà vu sur le terrain, pendant les matchs, je reconnais ses cheveux blonds, en bataille de bon matin.
Grand et athlétique, il s'étire en bâillant. Alors qu'il entre plus clairement dans mon champ de vision, je m'aperçois qu'il ne porte qu'un simple boxer largement déformé par l'état matinal de son entrejambe. J'en reste sans voix ! Je ne m'attendais pas à ce que mon comité d'accueil soit aussi dénudé – voire impudique, à ce stade. Mais je ne vais pas m'en plaindre, la vue est à se damner !
Le physique très avantageux de Chris m'hypnotise tellement que j'en deviens presque sourd ? M'a-t-il parlé ? Je n'en sais rien, mais toujours est-il qu'il me passe devant pour traîner sa grande carcasse fatiguée jusque dans la cuisine, où il commence à se préparer un petit-déjeuner. Son gros paquet en demi-molle s'agite à chacun de ses pas ; ses pecs rebondissent, sautent sur place pour se réveiller un peu. Je ne peux pas m'empêcher de le mater ! Je n'ai jamais vu un mec aussi canon de toute ma vie – et avec aussi peu de vêtements. Alors qu'il se prépare un café, je tente de me faire remarquer d'une petite voix timide.
— Heu, salut, désolé de déranger, mais on m'a dit de me présenter ici ce matin. C'est bien le manoir des Bêta Sigma ?
Question stupide, je l'admets. J'ai bien vu l'écriteau à l'entrée, sans parler du fait que j'ai actuellement devant moi l'un des joueurs les plus populaires du campus. Chris se retourne lentement vers moi, une main sur le comptoir et l'autre tenant une tasse de café fumante. Il me regarde des pieds à la tête, comme s'il ne m'avait vraiment pas remarqué avant. Il esquisse un demi-sourire narquois et me lance avec un ton détaché :
— Ouais, c'est bien chez nous ici... T'es qui déjà ? Un nouveau ? Bah allez, entre, n'aie pas peur, je ne mords pas !
Chris boit une gorgée de son café noir sans me quitter des yeux ; il prend un malin plaisir à essayer de me mettre mal à l'aise avec son corps presque nu, c'est évident. Mes yeux tombent une fois encore sur son caleçon - un sous-vêtement assez moulant qui laisse peu de place à l'imagination, même avec un membre au repos.
Dans l'attente de ma réponse, Chris décide de se cuisiner un truc. Il sort une poêle et se met aux fourneaux en faisant exprès d'agiter ses fesses musclées juste sous mon nez. Impossible de ne pas zyeuter ! Je mate son cul pendant qu'il se fait frire des œufs. La tension monte déjà dans mon caleçon, rien qu'en regardant ce dos d'athlète en pleine action. Putain, c'est magnifique ! Mais j'essaie de me contenir et d'expliquer la situation en bafouillant.
— Euh, bah en fait, ma chambre étudiante a brûlé et le doyen m'a dit de venir ici pour... Enfin parce qu'il y a des chambres libres, apparemment... Je sens que... je risque de me plaire ici... Enfin, si je ne me suis pas trompé et qu'il y a bien de la place pour moi.
Chris hausse les épaules, l'air indifférent. Il verse ses œufs brouillés dans une assiette et se retourne vers toi, le plat à la main. Son caleçon est toujours aussi moulant et ne laisse pas beaucoup de place à l'imagination. Il s'appuie contre le comptoir et croise les jambes, faisant ainsi saillir davantage son entrejambe.
— Mouais, on a bien quelques chambres de libres, en effet... Mais c'est pas gratuit hein ! Y a des règles à respecter ici.
Il plante sa fourchette dans ses œufs et en prend une bouchée sans te quitter des yeux. Un filet de jaune d'œuf coule au coin de sa bouche ; il l'essuie négligemment du revers de la main.
— T'as quel âge déjà ? Tu m'as l'air bien jeune pour être étudiant...
Chris m'examine sous toutes les coutures. Ses yeux bleus me passent au scalpel, comme s'il cherchait quelque chose sur mon visage ou mon corps qui pourrait lui en apprendre plus sur moi. Pas de chance pour lui, j'ai appris par la force des choses à me protéger contre ce genre d'inspections qui tentent de vous sonder jusqu'à l'âme. Le quarterback n'abandonne pas pour autant, même s'il se radoucit.
— Et t'as un nom ? Parce que moi c'est Chris - Chris Wells. T'es nouveau dans le coin ou quoi ?
Il ponctue sa question d'un clin d'œil appuyé et se penche en avant, offrant ainsi une vue imprenable sur son torse musclé et ses abdominaux parfaitement dessinés.
— Allez accouche ! C'est quoi ton petit nom ? Et ne me dis pas que t'as oublié hein !
Chris affiche un large sourire narquois. C'est bien le genre de garçon qui prend plaisir à mettre les autres mal à l'aise par son sans-gêne. Il s'imagine sûrement que sa nudité risque de me perturber... Je souris à mon tour. Il m'amuse, ce Chris, avec ses airs de beau gosse et son côté arrogant. Je m'installe sur l'une des chaises hautes du comptoir de la cuisine, croise mes mains et appuie ma tête dessus. Puisqu'il réclame des infos sur moi, autant lui en donner quelques-unes :
— Je m'appelle Noah. J'ai vingt ans. Je viens du campus de New York. On m'a transféré à la rentrée, mais j'ai visiblement un karma de merde... J'me suis retrouvé dans la chambre du dealer du coin, un mec qui adorait fabriquer des trucs de synthèse. Il était tellement doué, ce con, qu'il a provoqué un incendie. Résultat : j'ai plus de chambre, et le campus est terrifié à l'idée que je les poursuive en justice. Mais j'm'en fous, si on me reloge ici, alors j'ai tiré le gros lot !
Je ris. Mes yeux se promènent sur le corps impressionnant du quarterback. Je me mords la lèvre inférieure, un peu malgré moi – c'est un tic, dès que je vois un truc qui me plaît. Or, j'ai entendu un tas de choses sur ce garçon, Chris Wells... Plusieurs filles de mon amphi en parlaient comme d'un queutard invétéré. Une vraie légende sur le campus ! La légende et moi, on se regarde donc les yeux dans les yeux pendant qu'il termine de manger ses œufs.
— Enchanté Noah. T'es nouveau ici alors ? Je me demande bien pourquoi. T'as déménagé ? Tu voulais être plus près de papa maman ? Ou plus loin, peut-être ?... C'est pas tous les jours qu'on voit un joli petit cul comme le tien traîner dans le coin.
Chris se lèche les lèvres d'un air suggestif tout en examinant derechef mon corps. Il s'attarde un instant de plus sur mes fesses moulées dans un jean trop petit. Puis, avec un sourire satisfait, il se lève sans se presser et rince son assiette sale dans l'évier. Il continue la conversation par-dessus son épaule musclée :
— Tu peux rester ici autant que tu veux, mec. Mais faudra quand même nous rendre quelques services, si tu vois ce que je veux dire... En échange du gîte et du couvert quoi. Et t'en fais pas que j'ai déjà des idées pour mettre ton joli petit cul au travail, eh eh !
Je rosis sous l'effet du compliment. Venant d'un mec aussi bien foutu, c'est flatteur ! Et même si j'ai l'habitude qu'on commente mon physique - notamment sur les applis de rencontre - je ne m'attendais pas à ce que la star du campus soit aussi directe dans ses propos, surtout vu sa réputation de serial baiseur auprès de ces dames. J'acquiesce toutefois quand il me dit que je devrais rendre service, même si le double sens me paraît évident. Je remonte une manche, flex un biceps - certes moins impressionnant que les siens - et lui dit en riant :
— T'inquiète, y en a là-dessous. Je pourrais vous arranger pour des petits travaux ou des trucs dans le genre.
Chris rigole à son tour. C'est vrai que je ne suis pas forcément le stéréotype du petit étudiant coincé qui débarque à peine. En troisième année de droit, je remplis bien les costumes quand il faut comparaître aux audiences ; le tennis m'a forgé un physique certes encore un peu sec, mais musclé. Je suis sûr qu'avec un peu d'entraînement, je pourrais égaler celui du quarterback, d'ici à plusieurs mois. Et j'ai beau avoir un an d'avance dans mes études, ma taille compense ma jeunesse ; si Chris est grand, il ne me manque pas beaucoup de centimètres pour le rattraper. Je me lève, me présente devant lui et, comme pour faire concurrence à ses airs arrogants, je lui demande avec un grand sourire :
— Du coup, c'est OK ? Tu me montres ma chambre ? J'avoue que je loge dans un vieux motel depuis presque une semaine, je rêve d'une bonne douche et d'un lit moelleux !
Le beau sportif hoche la tête. Après un rapide tour du rez-de-chaussée, nous montons à l'étage et parcourons un long couloir aux accents victoriens – comme ceux des grandes maisons d'aristos que l'on voit dans les séries anglaises. Chris s'arrête finalement devant une porte fermée, au fond du couloir. Il tourne la poignée et me laisse entrer le premier, comme un galant gentleman en sous-vêtements.
— Voilà ta nouvelle piaule ! Elle est pas aussi grande que la mienne, mais c'est sûrement déjà mieux que le trou à rat où tu squattais avant. Fais comme chez toi. La salle de bain est juste en face, tu peux te servir de tout ce qu'il y a dedans.
Après cette brève présentation des services proposés, Chris reste planté dans l'encadrement de la porte, les bras croisés sur son torse musclé. Il me regarde m'avancer dans la chambre et guette la moindre de mes réactions. Mais c'est qu'il serait presque mignon dis donc, à s'inquiéter pour mon confort.
— Alors ? Elle te plaît ? C'est quand même mieux que le motel où t'étais obligé de te taper des plans cul glauques avec des inconnus, non ?
Je pouffe. Il est direct, le quarterback, dis donc ! Je lui réponds du tac au tac :
— Baiser dans un vieux motel, moi ? Tu déconnes ! J'ai dit que je ne pouvais pas recevoir, comme ça j'ai passé une nuit vite fait au chaud dans un lit décent, et j'ai pu prendre une douche sans avoir une horde de vieux pervers en train de laisser traîner leurs yeux sur mes fesses. Mais ça, c'est beaucoup mieux, j'avoue !
Je siffle d'admiration. Le manoir des Bêta Sigma possède un style unique – le charme de l'ancien. Les cadres sculptés des fenêtres s'harmonisent à merveille avec le grand lit en bois clair, soigneusement ciselé. Le parquet risque de grincer quand on se lève la nuit, mais qu'importe. L'endroit est assez spacieux, il y a même un bureau pour que je puisse travailler, et une petite bibliothèque. Chris m'informe que la salle de bain d'en face sert à trois d'entre nous, dont lui. Je hausse les sourcils et lui lance avec un petit sourire :
— Hâte de te croiser à la sortie de la douche ! Enfin, tu ne seras pas plus à poil que maintenant à mon avis, mais bon...
Ma remarque teinte ses jolies pommettes d'un léger rouge. Pourtant, j'ai beau afficher une confiance en moi et une assurance certaine devant Chris, je n'ai pas non plus l'habitude d'être le centre de l'attention – j'essaie juste de ne pas me laisser écraser par son charisme et ses belles prunelles. Avec une fierté non dissimulée, il recoiffe ses cheveux blonds, puis passe une main sur ses abdos et ses pecs. Mes yeux s'attardent une seconde de trop sur ses larges tétons beiges – je crois n'avoir encore jamais vu un mec avec des mamelons aussi sexy. Et vu comment ils pointent après que sa paume les a effleurés, ils doivent être sensibles... Chris me donne une tape dans le dos en me répondant :
— Moi aussi, j'ai hâte de voir ce que ça donne quand tu sortiras de là en petite tenue ! Et ne sois pas gêné, on n'est pas très pudiques dans l'équipe tu sais, ça nous arrive même parfois de nous trimballer sans aucun vêtement sur le cul... Bon ben je te laisse t'installer tranquillement. Si tu as besoin de quoi que ce soit n'hésite pas à me demander – ou à alpaguer les autres gars. Tu verras, ils sont vraiment sympas, mes coéquipiers, et on sera tous ravis de t'aider à t'intégrer au mieux parmi nous. À plus tard !
Chris referme la porte derrière lui et je reste seul dans ma nouvelle chambre. Enfin je profite enfin d'un vrai lit – et surtout d'une vraie douche ! Je passe un long moment sous l'eau chaude, avant de regagner ma chambre – car c'est bien ma chambre, comme j'aime à me le répéter joyeusement. Après le calvaire que je viens de traverser, je mérite au moins ça !
A peine séché, je m'installe en caleçon sur le lit moelleux afin de profiter d'une sieste bien méritée. Je ne tarde pas à sombrer en songeant au corps de rêve du beau Chris Wells.
*
Voici mon premier chapitre d'un texte que j'ai écrit récemment. N'hésitez pas à me faire part de votre avis.
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