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✦ Ephenea69 Convoqué par la RH XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Convoqué par la RH — Chapitre 1 · L'engrenage

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Ephenea69
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L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.

Ce qui séduit d'emblée, c'est le rythme : des phrases courtes, sèches, qui claquent comme des horaires de planning, et soudain un dialogue qui fait sourire. L'alchimie entre Léo et Camille s'installe sans forcer, dans les petits riens — le café trop sucré, le « non » qui veut dire « entre quand même ». On sent la tension monter sans qu'il se passe grand-chose, et c'est justement pour ça qu'on tourne les pages.

Convoqué par la RH

Chapitre 1 · L'engrenage

Léo referma la porte de son bureau vitré d'un geste un peu trop sec.
Huit heures douze.
Il regarda l'heure sur son écran, soupira et posa son téléphone à côté du clavier.
La journée n'avait même pas commencé qu'il était déjà en retard sur son propre planning.
Il retira sa veste, la suspendit au dossier de sa chaise et passa une main dans ses cheveux avant d'allumer son ordinateur. Dans le reflet sombre de l'écran, il aperçut son visage fatigué.
Un mètre quatre-vingt-cinq, une carrure qu'il entretenait tant bien que mal entre deux réunions, des épaules larges et cette allure de type qu'on remarquait dans un couloir sans qu'il cherche vraiment à se faire remarquer.
Discret.
C'était le mot qui revenait le plus souvent dans ses évaluations annuelles.
Discret, fiable, un peu trop stressé parfois — mais efficace.
Chez Aérolys, société de services aéroportuaires installée aux abords d'un grand hub régional, Léo occupait un poste qu'il avait mis quatre ans à obtenir : N+2 du personnel navigant, responsable d'une vingtaine de managers qui eux-mêmes encadraient au quotidien les équipes en piste et en cabine.
Sur le papier, une position solide.
Dans les faits, une pression permanente.
Les plannings qui explosaient, les absences de dernière minute, les audits de sécurité, les réclamations, les arrêts maladie, les conflits entre managers et, au-dessus de tout ça, une direction qui attendait des résultats sans jamais vraiment demander comment on les obtenait.
Léo avait appris à ne pas se plaindre.
Il encaissait.
Il réglait.
Puis il rentrait chez lui.
Et le lendemain, il recommençait.
Il ouvrit sa boîte mail.
Quarante-sept nouveaux messages.
— Évidemment...
Il allait ouvrir le premier lorsqu'une silhouette apparut derrière la vitre de son bureau.
Trois petits coups contre la porte.
Léo leva les yeux.
Camille.
Elle entrouvrit la porte sans attendre qu'il réponde.
— Je peux ?
— Non.
Elle entra quand même.
— Parfait.
Léo esquissa un sourire.
C'était devenu une sorte de rituel entre eux.
Camille savait qu'il disait non par principe et Léo savait qu'elle entrerait quoiqu'il arrive.
— Tu es encore arrivé avant moi, constata-t-elle.
— Il est huit heures douze.
— Justement.
— Tu commences à quelle heure ?
— Huit heures.
— Donc tu es en retard.
— Non. Je suis ponctuelle avec une marge de négociation.
Léo secoua la tête.
— Tu inventes des horaires maintenant ?
— Je suis RH. J'invente des règles.
Elle posa un gobelet de café sur le coin de son bureau.
— Tiens.
Léo regarda le café, puis Camille.
— C'est quoi ?
— Du café.
— Je vois bien que c'est du café.
— Alors pourquoi tu demandes ?
— Parce que tu ne m'apportes jamais de café.
— Justement. Profite. C'est exceptionnel.
Il prit le gobelet.
— Il y a quoi dedans ?
Camille croisa les bras.
— Rien.
— Camille.
— Deux sucres.
— Tu sais que je prends sans sucre.
— Je sais.
Elle sourit.
— Mais je voulais voir si tu t'en rendrais compte.
Léo goûta.
Il fit immédiatement une grimace.
Camille éclata de rire.
— Ah ! Je le savais !
— Tu es insupportable.
— Et pourtant tu bois.
— Parce que j'ai besoin de café.
— Pas de problème. Demain, je t'en ramène un sans sucre.
— Non.
— Pourquoi ?
— Parce que demain tu vas oublier.
— Probable.
Ils se regardèrent une seconde avant de rire tous les deux.
C'était ça, avec Camille.
Il ne savait pas exactement quand leur relation avait commencé à devenir aussi naturelle.
Ils n'étaient pas particulièrement proches en dehors du travail. Ils ne se racontaient pas leurs vies. Ils ne s'écrivaient pas le soir. Ils ne se voyaient jamais le week-end.
Et pourtant, au bureau, Camille était probablement la personne avec laquelle Léo échangeait le plus.
Elle passait régulièrement devant son bureau.
Parfois pour une vraie question RH.
Parfois pour une signature.
Et parfois sans aucune raison valable.
Elle entrait, s'asseyait deux minutes, lui racontait une anecdote sur un manager ou une absurdité qu'elle venait d'entendre à la machine à café, puis repartait comme si elle n'avait jamais été là.
Léo avait fini par prendre l'habitude de lever les yeux lorsqu'il entendait ses pas dans le couloir.
Il savait reconnaître sa démarche.
Et Camille, de son côté, savait parfaitement quand il était de mauvaise humeur.
Ce matin-là, elle remarqua immédiatement son visage fermé.
— Mauvaise journée ?
— Elle a commencé il y a douze minutes.
— Donc oui.
— Oui.
Elle s'approcha de son bureau.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Rien.
— Léo.
— Camille.
— Ne fais pas ton Léo.
— Je suis littéralement Léo.
Elle sourit.
— Tu vois ? Tu vas déjà mieux.
Il leva les yeux vers elle.
— Tu fais ça exprès.
— Toujours.
Elle lui adressa un petit signe de la main et sortit.
Léo la regarda disparaître derrière la vitre.
Il sourit malgré lui.
Puis son téléphone sonna.
La parenthèse était terminée.
À dix heures vingt-six, Léo était déjà dans sa troisième réunion.
À onze heures trois, il avait reçu deux appels urgents.
À onze heures dix-sept, un manager lui annonça qu'il avait quatre absences imprévues sur la même équipe.
À onze heures quarante-deux, la direction lui demanda un état des effectifs « pour hier ».
À onze heures cinquante-huit, il réalisa qu'il n'avait toujours pas touché à son café.
Le gobelet était froid.
Il allait le jeter lorsqu'un message apparut sur son écran.
Camille Vasseur — RH
Tu es vivant ?
Léo tapa rapidement :
Malheureusement.
La réponse arriva presque immédiatement.
Dommage. J'avais prévu de te faire travailler cet après-midi.
Il sourit.
Je savais que tu étais là pour ça.
Exactement.
Quelques secondes passèrent.
Puis :
Tu m'en veux toujours pour le café ?
Léo regarda le gobelet posé à côté de son clavier.
Il était horrible.
Mensonge.
Il était très mauvais.
Je l'ai goûté.
Alors tu savais.
Oui.
Pourquoi tu me l'as donné ?
La réponse mit un peu plus de temps à arriver.
Pour avoir une excuse pour venir te voir.
Léo resta immobile devant l'écran.
Il relut le message.
Une fois.
Puis une deuxième.
Avant de recevoir un nouveau message :
Je plaisante 😌
Il souffla par le nez.
Bien sûr.
Il retourna à son travail.
Mais le sourire resta quelques secondes sur son visage.
Camille avait vingt-six ans, un rire qui portait dans tout l'open space et cette manière bien à elle de désamorcer n'importe quelle tension avec une blague au bon moment.
Blonde, les cheveux mi-longs, des lunettes rondes qui lui donnaient un air presque étudiant malgré ses trois ans d'ancienneté au service RH, elle avait appris très tôt à jouer avec les deux visages que lui imposait son métier.
Devant la direction, elle savait se faire parfaitement professionnelle.
Calme.
Précise.
Presque austère.
Avec les équipes, elle redevenait celle qu'on croisait à la machine à café et qui vous arrachait un sourire sans effort.
Léo l'appréciait.
Beaucoup.
Mais il n'y avait jamais pensé autrement.
Pour lui, Camille était simplement devenue une présence familière dans ses journées.
Quelqu'un qui rendait les journées difficiles un peu moins pénibles.
Quelqu'un dont il connaissait les habitudes.
Elle détestait les réunions avant neuf heures.
Elle mettait toujours son téléphone en silencieux, mais oubliait systématiquement de le remettre en sonnerie.
Elle buvait trois cafés avant midi.
Et lorsqu'elle était contrariée, elle remontait ses lunettes sur son nez avec l'index avant de répondre.
Léo connaissait même son rire.
Il y en avait plusieurs.
Le petit rire poli qu'elle utilisait en réunion.
Le rire franc lorsqu'un collègue disait quelque chose de drôle.
Et celui, beaucoup plus rare, qu'elle avait lorsqu'elle était réellement surprise.
Camille, elle, connaissait tout autant Léo.
Elle savait qu'il tapotait son stylo contre son bureau lorsqu'il réfléchissait.
Qu'il disait « ça marche » lorsqu'il voulait mettre fin à une conversation.
Qu'il vérifiait trois fois ses mails avant de les envoyer lorsqu'ils concernaient la direction.
Et surtout, elle savait qu'il disait toujours oui.
Même lorsqu'il aurait dû dire non.
C'était probablement ce qui l'avait intriguée chez lui au départ.
Pas son physique.
Pas son poste.
Pas son sérieux.
Sa manière de vouloir tout régler.
Tout le temps.
À quatorze heures sept, Camille passa devant son bureau.
La porte était entrouverte.
Elle frappa deux fois.
— Léo ?
— Oui ?
Elle passa la tête.
— Tu as deux minutes ?
Il regarda son écran.
Il avait précisément zéro minute.
— Non.
Elle entra.
— Parfait.
— Tu fais toujours ça.
— Quoi ?
— Tu demandes si j'ai deux minutes et tu entres quand même.
— Parce que si tu avais vraiment voulu que je parte, tu aurais fermé la porte.
Il regarda la porte entrouverte.
— C'est ton raisonnement ?
— Oui.
— Il est mauvais.
— Mais tu ne me fais pas sortir.
Elle avait raison.
Il soupira.
— Qu'est-ce qu'il te faut ?
— Le tableau de suivi des heures de vol, celui du mois dernier.
— Pourquoi ?
— Parce que je dois le présenter en salle 2.
— Quand ?
— Dans dix minutes.
Léo regarda l'heure.
Quatorze heures huit.
— Tu plaisantes ?
— Pas du tout.
— Camille...
— S'il te plaît.
Elle joignit les mains devant elle avec une expression volontairement suppliante.
Léo la fixa quelques secondes.
— Tu sais que tu es pénible ?
— On me le dit souvent.
— Très souvent ?
— Principalement par toi.
— Parce que je suis honnête.
— Parce que tu m'adores.
Léo éclata de rire.
— Va-t'en.
— Le tableau ?
Il secoua la tête.
— Je te l'imprime.
— Merci.
— Et tu me dois un café.
— Deux cafés.
— Sans sucre.
— Je sais.
Elle lui sourit et ressortit.
Léo se leva immédiatement.
Il chercha le fichier, l'ouvrit, vérifia les données, lança l'impression.
Puis, au lieu d'attendre tranquillement que l'imprimante termine son travail, il vérifia l'heure.
Quatorze heures douze.
Il avait encore huit minutes.
Il attrapa les feuilles et traversa le couloir presque au pas de course.
Lorsqu'il arriva en salle 2, il était légèrement essoufflé.
Camille était seule.
Elle leva les yeux.
— Tu es venu vite.
— Tu avais dit dix minutes.
— J'avais dit dix minutes, oui.
Elle prit les feuilles.
Leurs doigts se touchèrent brièvement.
Un contact insignifiant.
Une fraction de seconde.
Mais Camille ne retira pas immédiatement sa main.
Elle le regarda.
Pas comme elle regardait les autres.
Ou du moins, Léo eut cette impression sans savoir pourquoi.
— Tu pouvais prendre ton temps, dit-elle finalement.
— Tu avais une réunion.
— Elle n'a pas commencé.
— Alors je suis en avance.
— De beaucoup.
Un sourire apparut sur son visage.
— Merci, Léo.
Il haussa les épaules.
— Pas de problème.
Il allait repartir.
— Attends.
Il se retourna.
Camille avait posé les documents sur la table.
— Tu veux un café ?
Léo sourit.
— Sans sucre ?
— Sans sucre.
— Alors oui.
Elle lui fit signe de s'asseoir.
— Cinq minutes.
— J'ai du travail.
— Cinq minutes.
Il hésita.
Puis s'assit.
Cinq minutes devinrent quinze.
Ils parlèrent du travail, évidemment.
D'un manager qu'ils trouvaient tous les deux particulièrement compliqué.
D'une réunion de direction qui approchait.
Puis, sans vraiment savoir comment, la conversation dériva.
Camille raconta une anecdote sur son appartement.
Léo lui parla d'une série qu'il regardait.
Elle se moqua de ses goûts.
Il se moqua des siens.
Ils rirent.
À un moment, Camille le regarda en silence.
— Quoi ? demanda-t-il.
— Rien.
— Tu me regardes bizarrement.
— Je réfléchis.
— À quoi ?
Elle sourit.
— À rien d'important.
Il ne chercha pas davantage.
Quelques minutes plus tard, Léo retourna à son bureau.
Il ne remarqua pas que Camille le suivait du regard depuis la salle 2.
Les semaines suivantes, leur complicité devint progressivement une habitude.
Un café.
Une plaisanterie.
Un message.
Une porte entrouverte.
Un « tu as cinq minutes ? » qui en devenait régulièrement vingt.
Rien qui aurait pu paraître étrange à quelqu'un d'extérieur.
Au contraire.
Ils semblaient simplement bien s'entendre.
Léo ne se posait aucune question.
Camille non plus, du moins en apparence.
Elle savait pourtant qu'elle cherchait de plus en plus souvent une raison de passer devant son bureau.
Elle pouvait envoyer un mail.
Elle préférait venir.
Elle pouvait demander une information à son manager.
Elle demandait à Léo.
Elle pouvait attendre le lendemain.
Elle trouvait toujours une raison de venir le jour même.
Et Léo, sans s'en rendre compte, avait commencé à l'attendre.
Un lundi matin, quelques semaines plus tard, Léo referma la porte de son bureau vitré d'un geste un peu trop sec.
Huit heures douze.
Encore en retard sur son propre planning.
Il posa son sac, alluma son écran.
Un nouveau message l'attendait.
De : Camille Vasseur (RH)
Objet : Dossiers navigants — urgent
Léo, j'ai besoin que tu me redescendes les fiches d'évaluation de ton équipe avant midi. On en a discuté la semaine dernière, je crois ? Merci d'avance 🙂
Il fronça les sourcils.
Il ne se souvenait d'aucune discussion de ce genre.
Mais ce n'était pas le genre de détail sur lequel il s'attardait un lundi matin.
Il commença à ouvrir les dossiers.
À neuf heures trois, Camille passa devant sa porte.
Elle s'arrêta.
Léo leva les yeux.
Elle lui adressa un sourire.
— Bonjour, monsieur le retardataire.
— Bonjour, madame RH.
— Tu as vu mon mail ?
— Oui.
— Tu vas me détester.
— Probablement.
— D'accord.
Elle continua son chemin.
Puis revint de trois pas.
— Et Léo ?
— Oui ?
— Merci pour vendredi.
Il haussa un sourcil.
— Vendredi ?
— Le café.
— Ah.
Il sourit.
— Celui sans sucre ?
— Celui-là.
Elle repartit.
Léo resta quelques secondes à la regarder s'éloigner.
Puis il retourna à son écran.
Il ne savait pas encore que ce genre de petits moments allait devenir important.
Il ne savait pas non plus que certaines relations ne commencent jamais par un événement spectaculaire.
Elles commencent par des habitudes.
Un café.
Une plaisanterie.
Un message auquel on répond trop vite.
Une personne dont on remarque l'absence avant même de remarquer sa présence.
Et parfois, sans qu'on sache exactement quand, quelque chose change.
Camille avait commencé à le remarquer.
Léo, lui, n'avait encore rien compris.
Mais l'engrenage, lui, avait déjà commencé.
Silencieusement.
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Chapitre 2 · Le premier doute
Léo est cadre dans une entreprise où rien ne semble jamais dépasser la ligne. Camille, chargée des ressources humaines, s'est glissée dans son quotidien presque sans qu'il s'en aperçoive. Mais la jeune femme de 26 ans observe, analyse, et vient de remarquer quelque chose chez lui. Une petite faille. Une particularité. Quelque chose qu'elle n'avait pas prévu de chercher — et qu'elle n'est pas certaine de vouloir laisser tranquille.
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