Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Boss — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Boss
Chapitre 2
La journée passe difficilement. Je suis parti tard du pot de la veille, et je regrette un peu d'avoir bu autant de bières avec Assia. Seulement, entre ma récente rupture amoureuse et la rencontre déstabilisante avec Vaure, c'est comme si ma tête s'était mise en “off” et m'a donné tous les feux verts pour oublier ma triste existence du moment.
Bref. C'était cool. Mais là, il est 9h30, et si je ne prends pas une pause-café rapidement, je sens que je vais vite m'écrouler de fatigue sur mon clavier.
J'enregistre mes derrières tâches, me lève et parcours l'open space jusqu'à la salle de pause. Je passe devant le bureau de Vaure qui relève sur moi un regard curieux.
Bref. C'était cool. Mais là, il est 9h30, et si je ne prends pas une pause-café rapidement, je sens que je vais vite m'écrouler de fatigue sur mon clavier.
J'enregistre mes derrières tâches, me lève et parcours l'open space jusqu'à la salle de pause. Je passe devant le bureau de Vaure qui relève sur moi un regard curieux.
— Arrivée ce matin avec 15 minutes de retard, et à peine quarante-cinq minutes de travail avant de prendre une pause ? Me balance-t-il en haussant les sourcils. Sérieusement ?
Je me fige dans l'encadrement de sa porte, un peu refroidi par sa soudaine remontrance.
— La nuit a été courte, j'avoue dans une moue ennuyée. Je me mets au travail juste après. Promis, boss.
— Il y a intérêt, dit-il. On ne vous paie pas à rien faire.
— Vous croyez vraiment que je taffe ici depuis huit ans pour “rien faire”...? Je rétorque dans un rire outré.
— Il y a intérêt, dit-il. On ne vous paie pas à rien faire.
— Vous croyez vraiment que je taffe ici depuis huit ans pour “rien faire”...? Je rétorque dans un rire outré.
Non, mais il me saoule, lui…! À peine arrivé, il commence déjà à me fliquer ? Il va se calmer et rapidement.
Ses yeux bleus me dévisagent. Froidement. Silencieusement.
— Entrez et fermez la porte, m'ordonne-t-il alors.
— Pardon…?
— Pardon…?
Il ne répète pas. La tension soudaine dans l'air le fait à sa place.
Bon, ok… il vient d'arriver, mais ça reste le patron. J'ai pas trop envie de me faire virer pour un excès de zèle.
J'entre. Ferme la porte.
— Asseyez-vous.
Je contourne une des chaises postées devant son bureau. Lui est assis sur son fauteuil à roulettes juste derrière ce dernier. Adossé au dossier. Bras croisés. Chemise tirée sur son corps… plutôt bien foutu, on dirait.
— Je ne veux pas me prendre la tête avec mes employés dès le premier jour, m'explique-t-il simplement. Mais je n'ai pas envie non plus que tout le monde pense que les mauvaises habitudes prises avec mon prédécesseur peuvent perdurer. Quand on vient travailler, on vient à l'heure. On fait un effort vestimentaire et on fait au moins semblant de remplir ses missions.
— Je comprends. Mais mes missions sont remplies, je le contredis. Personne n'a à se plaindre de mon travail. Je fais ce qu'on me demande et dans les temps.
— Je comprends. Mais mes missions sont remplies, je le contredis. Personne n'a à se plaindre de mon travail. Je fais ce qu'on me demande et dans les temps.
Il se tait. Me regarde.
— Donc si je vous demande de venir à l'heure et de passer une chemise digne de ce nom, j'en comprends que je n'aurais aucune résistance de votre part…? Puisque vous faites “ce qu'on vous demande”...?
Merde. Il me prend aux mots, l'enfoiré.
— Voilà, c'est ça, je grince entre mes dents. Je viendrais bien à l'heure et referai ma garde-robe pour vous satisfaire.
— Je n'en demande pas tant, sourit-il. Un minimum, c'est tout.
— Je n'en demande pas tant, sourit-il. Un minimum, c'est tout.
Il m'indique la porte, alors qu'on se fixe encore. Il m'invite à sortir.
— Je ferais ce que vous me voulez, boss, je lui largue froidement.
— Bien.
— Après ma pause-café.
— Bien.
— Après ma pause-café.
Je me lève, et trace sans rien dire de plus.
…
Cette journée, et notamment mon entrevue avec Vaure, m'a laissé un drôle d'arrière-goût.
Ce nouveau patron va me faire chier, je le sens…
J'ai tenté de noyer ça dans les urgences, les mails en retard et les relances client. Et maintenant, 19h15, je range mes affaires pour enfin me casser.
Sauf que, en passant devant la salle d'archives, je le vois.
Sauf que, en passant devant la salle d'archives, je le vois.
Vaure.
Veste enlevée, chemise retroussée, accroupi devant une pile de boîtes blanches qui menacent de s'écrouler. Des documents éparpillés sur la table, d'autres encore dans des cartons entrouverts.
Il a l'air… moins contrôlé que d'habitude. Presque humain.
Je m'arrête à l'encadrement de la porte.
Il a l'air… moins contrôlé que d'habitude. Presque humain.
Je m'arrête à l'encadrement de la porte.
— Vous êtes en train de déménager ? Vous nous quittez déjà ?
Il relève la tête, visiblement surpris de me voir encore là.
— Ah, non, désolé, plaisante-t-il froidement. Audit demain matin. Je viens de découvrir que mon prédécesseur classait les justificatifs comme un enfant de quatre ans.
Je ris, malgré moi. Il esquisse un demi-sourire. Minuscule. Mais réel.
Je fais un pas dans la pièce.
Je fais un pas dans la pièce.
— Je peux vous filer un coup de main, si vous voulez.
— Jonas, ce n'est pas dans vos attributions, déplore-t-il dans un haussement de sourcils las. Et puis… Que faites-vous encore ici à cette heure-ci ?
— Je rattrape mon retard de ce matin, dis-je avec évidence. Apparemment, j'ai des efforts à faire.
— Jonas, ce n'est pas dans vos attributions, déplore-t-il dans un haussement de sourcils las. Et puis… Que faites-vous encore ici à cette heure-ci ?
— Je rattrape mon retard de ce matin, dis-je avec évidence. Apparemment, j'ai des efforts à faire.
Il me regarde quelques secondes. Il hésite. Puis se décale.
— Alors, venez. Mais vous allez détester ce que je vais vous montrer.
…
On passe quatre heures à trier, ranger, réorganiser.
Au début, on parle boulot.
Puis un peu moins.
Puis plus du tout.
Cette tâche administrative est effectivement un enfer. On doit tout revérifier sur plusieurs années, et les erreurs sont nombreuses.
Au début, on parle boulot.
Puis un peu moins.
Puis plus du tout.
Cette tâche administrative est effectivement un enfer. On doit tout revérifier sur plusieurs années, et les erreurs sont nombreuses.
Papiers manquants, mauvais tri, documents mal rédigés…
Je soupire, exaspéré, en constatant le travail qu'il nous reste à faire. Vaure relève la tête vers moi. Je le surprends à me regarder avec insistance, puis il dégaine son téléphone.
— Il est 21h passé, dit-il. Vous avez faim ?
— Heu… Un peu, oui. Pourquoi ?
— Parce que ça fait quatre heures qu'on bosse et qu'il reste pas mal à faire. Je vous propose de vous libérer si vous en avez marre, ou de vous payer à dîner si vous avez encore de l'énergie à revendre.
– Il y a encore beaucoup de taffe, j'affirme. Si je pars maintenant, vous en avez pour la nuit.
– Hum…
– Commandons à bouffer. Ça nous permettra de reprendre un peu de forces avant de poursuivre.
– Vous restez, donc ?
— Heu… Un peu, oui. Pourquoi ?
— Parce que ça fait quatre heures qu'on bosse et qu'il reste pas mal à faire. Je vous propose de vous libérer si vous en avez marre, ou de vous payer à dîner si vous avez encore de l'énergie à revendre.
– Il y a encore beaucoup de taffe, j'affirme. Si je pars maintenant, vous en avez pour la nuit.
– Hum…
– Commandons à bouffer. Ça nous permettra de reprendre un peu de forces avant de poursuivre.
– Vous restez, donc ?
Ses yeux brillent d'espoir.
Il a vraiment besoin d'un coup de main supplémentaire…
J'en rigole.
Il a vraiment besoin d'un coup de main supplémentaire…
J'en rigole.
– Mon premier date avec vous ? Je lui lance au tac-au-tac. Comment refuser ?
Je me mets à rire. Lui, pas du tout. Il se décompose et me fixe. Toute sa bonne humeur, son côté plus cool et détendu, tout ça s'évapore en l'espace de deux secondes.
– Je plaisantais, je précise dans un sourire ennuyé. Désolé si ça vous a mis mal à l'aise. J'ai cru comprendre que vous saviez pour moi.
– Savoir quoi ? Réplique-t-il impassiblement.
– Bah… Que j'aime les hommes.
– Savoir quoi ? Réplique-t-il impassiblement.
– Bah… Que j'aime les hommes.
Long silence.
– Enfin… Je ne vous drague pas, me reprends-je. C'était… Juste une blague. Je sais que vous ne me draguez pas non plus et…
Long silence.
– Une pizza, ça vous va ? Élude-t-il alors.
Hein ? Il s'en fout, de ce que je viens de dire, ou quoi ?!
Apparemment oui. Il zieute une appli de commande de bouffe sur son téléphone et ne relève ses yeux bleus que pour insister dans sa question.
– Oui, très bien, je finis par répondre. C'est nickel.
…
On mange côte à côte, sur le coin d'une table. Les dossiers sont repoussés, les couvercles des boîtes en carton forment des assiettes de fortune.
Il me regarde à un moment, au milieu d'un silence un peu trop long.
Il me regarde à un moment, au milieu d'un silence un peu trop long.
— Pourquoi vous êtes resté ? me demande-t-il. Vous n'étiez pas obligé.
— Vous étiez en galère.
— Vos collègues sont partis sans hésitation. “Galère” ou pas.
— Ouais, bah… Faut croire que j'ai encore un semblant d'humanité, moi, je ricane.
— Vous étiez en galère.
— Vos collègues sont partis sans hésitation. “Galère” ou pas.
— Ouais, bah… Faut croire que j'ai encore un semblant d'humanité, moi, je ricane.
Il ne dit rien. Baisse les yeux. Fixe un document posé sur le bureau sans même me voir. Il réfléchit.
— Ça n'a pas très bien commencé entre nous, pourtant, murmure-t-il. Vous auriez tout aussi bien pu passer devant cette porte sans vous arrêter.
Je hausse les épaules. Je ne dis rien, le temps de boire un coup dans ma canette de cola.
— Le fait que vous soyez rigide, c'est votre rôle de boss. Je ne vais pas vous en vouloir parce que vous faites ce que vous avez à faire.
— Peu d'employés me témoignent autant de compréhension, rit-il tout bas.
— Peu d'employés me témoignent autant de compréhension, rit-il tout bas.
On dirait de la gratitude, pourtant, moi, c'est sur son gloussement que je fixe mon attention. Un soupir grave, spontané, et… super séduisant. Je m'empresse de regarder ailleurs lorsque je me rends compte que je mate un peu trop sa bouche.
— Mouais…, dis-je simplement.
Ça annonce un début de phrase. Vaure me zieute, prêt à attendre la suite.
— Oui…? m'encourage-t-il.
— Je n'avais rien de prévu ce soir, et je fuis un peu mon appart, en ce moment, alors… Ça ne me dérange pas de rester, au contraire.
— Je n'avais rien de prévu ce soir, et je fuis un peu mon appart, en ce moment, alors… Ça ne me dérange pas de rester, au contraire.
Je rigole, un peu gêné par ma propre sincérité. Pas lui. Lui, il semble interloqué.
Je mords dans ma part de pizza, mâche pensivement. C'est lui, qui reprend la parole en croisant les bras contre sa poitrine. Sa chemise blanche prend immédiatement le pli de son corps, de son buste, de ses bras, et attire irrésistiblement mon regard.
Je mords dans ma part de pizza, mâche pensivement. C'est lui, qui reprend la parole en croisant les bras contre sa poitrine. Sa chemise blanche prend immédiatement le pli de son corps, de son buste, de ses bras, et attire irrésistiblement mon regard.
— Vous rencontrez des difficultés personnelles, constate-t-il. Mais ça reste tout de même remarquable de combler votre peine avec altruisme plutôt qu'en allant, par exemple, vous noyer dans l'alcool dans le bar d'à-côté. Vous paraissez dire que vos motivations sont guidées par égoïsme, mais… ce n'est pas l'impression que ça me donne.
— C'est parce que me saouler la gueule, je l'ai déjà fait. J'avais envie d'autre chose.
— C'est parce que me saouler la gueule, je l'ai déjà fait. J'avais envie d'autre chose.
Je me marre, avant de poursuivre, plus sérieusement :
— En fait… Je suis resté parce que je vous ai vu en galère, et que je sais que c'est chiant d'arriver dans une entreprise et être “le nouveau”. Et puis, ce qui vous tombe dessus, c'est pas rien. C'est carrément une inspection. Ce ne serait pas juste que l'entreprise, et vous, soyez entachés par la faute d'un directeur incompétent. Surtout que vous avez l'air carré dans votre travail. Enfin… C'est pas très cool, pour vous.
— C'est gentil, admet-il à voix basse en scrutant le sol.
— Et oui, effectivement, “je rencontre des difficultés personnelles”. Je me suis fait larguer, il y a deux semaines. Je n'ai pas encore les moyens de partir et lui non plus. Il découche à droite à gauche, pour qu'on évite de se croiser, mais… tout ça, c'est merdique. S'il est là, je le vois et ça me fait mal. S'il n'est pas là, j'imagine qu'il se tape une autre queue et ça me fait mal. Dans tous les cas…
— C'est gentil, admet-il à voix basse en scrutant le sol.
— Et oui, effectivement, “je rencontre des difficultés personnelles”. Je me suis fait larguer, il y a deux semaines. Je n'ai pas encore les moyens de partir et lui non plus. Il découche à droite à gauche, pour qu'on évite de se croiser, mais… tout ça, c'est merdique. S'il est là, je le vois et ça me fait mal. S'il n'est pas là, j'imagine qu'il se tape une autre queue et ça me fait mal. Dans tous les cas…
Je laisse ma phrase en suspens. Elle n'a pas vraiment besoin de fin, pourtant, le dirlo la termine quand même.
— Vous souffrez.
— Huhum.
— Huhum.
Il détourne les yeux. Un rictus ennuyé à peine perceptible aux coins de ses lèvres.
— Je comprends. Le mien est silencieux aussi.
— Une rupture ? Je l'interroge.
— Une rupture ? Je l'interroge.
Mes yeux se posent sur l'alliance qui brille à son doigt. Il la regarde également, déglutit un peu bruyamment et hoche la tête de gauche à droite.
“Non”.
Mais il n'ajoute rien de plus.
– Bref, coupe-t-il. On s'y remet…?
L'émotion qui vient de traverser ses yeux me touche brutalement. Me secoue, même. Je reste là, à le mater, sans comprendre ce qu'il se passe, mais en saisissant tout de même que le dirlo est en train d'en chier. Je ne réagis pas. Enfin…, je ne m'étale pas sur le sujet, et respecte son silence. À côté de lui, je continue de l'assister dans le classement des dernières boîtes.
— On a presque tout trié, je constate. Il ne reste plus que cette pile.
— On la fait ensemble ? propose-t-il.
— On la fait ensemble ? propose-t-il.
Pas “vous pouvez la faire” ni “je vais m'en charger”.
“Ensemble.”
“Ensemble.”
Je hoche la tête.
On se penche au même moment vers la même caisse.
Nos épaules se frôlent.
Il ne recule pas. Moi non plus. Je sens la chaleur de sa peau à travers sa chemise, son parfum discret, sec et boisé, différent de tout ce que je connais dans cette boîte — où les mecs sentent le gel coiffant et les déos bon marché. Mais lui, non. Son élégance m'envoûte, et, à un moment, je lève les yeux.
Ses siens se baissent sur moi.
Pas froidement.
Pas comme un patron regarde un subordonné.
Pas non plus comme un ami.
On se penche au même moment vers la même caisse.
Nos épaules se frôlent.
Il ne recule pas. Moi non plus. Je sens la chaleur de sa peau à travers sa chemise, son parfum discret, sec et boisé, différent de tout ce que je connais dans cette boîte — où les mecs sentent le gel coiffant et les déos bon marché. Mais lui, non. Son élégance m'envoûte, et, à un moment, je lève les yeux.
Ses siens se baissent sur moi.
Pas froidement.
Pas comme un patron regarde un subordonné.
Pas non plus comme un ami.
Il me regarde comme…
Je souris et tourne la tête. J'ai chaud, tout à coup. Parce que, ce que je ressens, la vague de chaleur qui me brûle de l'intérieur, c'est du désir. Et j'ai l'impression que, le temps de dix bonnes secondes à se mater dans le blanc des yeux, c'est ce qu'il a ressenti aussi.
Quand je jette un coup d'œil à nouveau sur lui, il observe le sol, une main contre la bouche. Gêné. Préoccupé, par ce qu'il se passe. L'épuisement se lit sur son visage, ses yeux sont rougis par le stress, et il donne l'impression de ne plus savoir réfléchir correctement.
Quand je jette un coup d'œil à nouveau sur lui, il observe le sol, une main contre la bouche. Gêné. Préoccupé, par ce qu'il se passe. L'épuisement se lit sur son visage, ses yeux sont rougis par le stress, et il donne l'impression de ne plus savoir réfléchir correctement.
— Ça, c'était bizarre, je lâche dans un gloussement.
Je ne cherche pas à le mettre mal à l'aise. Au contraire. J'ai envie de parler de ce qu'il vient d'arriver.
— Je vous prie de m'excuser, Jonas, déclare-t-il dans un froncement de sourcils coupable. Je suis un peu fatigué. Je ne me suis peut-être pas rendu compte, si je vous ai observé d'une manière qui…
— Eh, c'est bon, je le coupe dans un murmure. On s'en fout.
— Eh, c'est bon, je le coupe dans un murmure. On s'en fout.
Ses yeux bleus s'écarquillent. Il ne dit rien, et ne fait rien quand je me tourne vers lui et lui fait face. Il ne dit rien et ne fait rien non plus quand je m'assieds sur le bureau, quand je pose ma main sur sa hanche, ou que je le tire entre mes cuisses.
— Je ne saisis pas…, réplique-t-il en se crispant. Qu'est-ce que ça insinue…?
— Rien. Vous l'avez dit : c'est juste la fatigue, qui parle. On est deux mecs. À priori, qui se plaisent. Il n'y a rien de mal à ça.
— Rien. Vous l'avez dit : c'est juste la fatigue, qui parle. On est deux mecs. À priori, qui se plaisent. Il n'y a rien de mal à ça.
Il me mate sans répondre, et quand ma main se plaque à sa joue, il expire un soupir, bref, qui le surprend autant que moi.
De l'excitation.
Je ramène son visage vers le mien. La douceur de sa peau rasée, l'odeur virile d'après-rasage émoussée par une journée et une nuit de travail, la fragrance de sa sueur, ou celle de sa respiration contenue m'attirent comme un aimant.
Je vais embrasser mon boss ?
On dirait bien.
Mais ce n'est pas ça, le plus ouf.
Le plus ouf, c'est qu'il va m'embrasser aussi.
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